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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 17:54

Suite de la lettre apostolique du Pape Jean-Paul II sur le sens chrétien de la souffrance humaine (Salvifici Doloris, le 11 février 1984).

 

10. Cette question [« Pourquoi le mal dans le monde »], l'homme peut l'adresser à Dieu avec toute l'émotion de son coeur, l'esprit saisi d'étonnement et d'inquiétude ; et Dieu attend la demande et l'écoute, comme nous le voyons dans la Révélation de l'Ancien Testament. Dans le Livre de Job, la question a trouvé son expression la plus vive.

 

On connaît l'histoire de cet homme juste, qui, sans aucune faute de sa part, est éprouvé par de multiples souffrances. Il perd ses biens, ses fils et ses filles, et finalement il est lui-même atteint d'une grave maladie. Dans cette horrible situation, il voit arriver chez lui trois vieux amis qui – chacun avec des mots différents – cherchent à le convaincre que, puisqu'il a été frappé par des souffrances aussi variées et aussi terribles, il doit avoir commis quelque faute grave. Car la souffrance – disent-ils – atteint toujours l'homme comme peine pour un délit. Elle est envoyée par Dieu, qui est absolument juste, et elle trouve sa motivation dans l'ordre de la justice. On dirait que non seulement les vieux amis de Job veulent le convaincre de la justesse morale du mal, mais qu'en un certain sens ils tentent de défendre à leurs propres yeux le sens moral de la souffrance. Pour eux, celle-ci ne peut avoir de sens que comme peine pour le péché, en se plaçant donc exclusivement sur le terrain de la justice de Dieu, qui récompense le bien par le bien et punit le mal par le mal.

 

Le point de référence, dans ce cas, est la doctrine exprimée en d'autres écrits de l'Ancien Testament qui nous montrent la souffrance comme une peine infligée par Dieu pour les péchés des hommes. Le Dieu de la Révélation est Législateur et Juge à un degré qu'aucune autorité temporelle ne peut atteindre. En effet, le Dieu de la Révélation est avant tout le Créateur de qui vient, en même temps que l'existence, le bien qui est qualité essentielle de la Création. En conséquence, la violation consciente et libre de ce bien de la part de l'homme est non seulement une transgression de la loi mais en même temps une offense au Créateur, qui est le Premier Législateur. Cette transgression a le caractère de péché, au sens exact, c'est-à-dire biblique et théologique, de ce terme. Au mal moral du péché correspond la punition qui garantit l'ordre moral au sens transcendant où cet ordre est établi par la volonté du Créateur et Législateur suprême. De là découle aussi l'une des vérités fondamentales de la foi religieuse, fondée également sur la Révélation : Dieu est un juge juste qui récompense le bien et punit le mal. « Tu es juste, Seigneur, en toutes les choses que tu as faites pour nous, toutes tes œuvres sont vérité, toutes tes voies droites, tous tes jugements vérité. Tu as porté une sentence de vérité en toutes les choses que tu as fait venir sur nous... Car c'est dans la vérité et dans le droit que tu nous a traités à cause de nos péchés ».

 

Dans l'opinion exprimée par les amis de Job se manifeste une conviction que l'on trouve aussi dans la conscience morale de l'humanité : l'ordre moral objectif requiert une peine pour la transgression, pour le péché et pour le délit. A ce point de vue, la souffrance apparaît comme un « mal justifié ». La conviction de ceux qui expliquent la souffrance comme punition du péché s'appuie sur l'ordre de la justice, et cela correspond à l'opinion exprimée par un ami de Job : « Je parle d'expérience, ceux qui labourent l'iniquité et sèment le malheur, les moissonnent ».

 

 

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Published by Matthieu BOUCART - dans Salvifici Doloris
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