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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 06:15

Extraits des audiences générales des 29 mars et 5 avril 2006 du Pape Benoît XVI.

Chers frères et soeurs,

 

Dans la nouvelle série de catéchèses, commencée il y a quelques semaines, nous voulons considérer les origines de l'Eglise, pour comprendre le dessein originel de Jésus, et comprendre ainsi ce qui est essentiel à l'Eglise, ce qui subsiste au fil des temps qui changent. Nous voulons ainsi comprendre également pourquoi nous sommes dans l'Eglise et comment nous devons nous engager à vivre cela au début d'un nouveau millénaire chrétien.

 

Considérant l'Eglise naissante, nous pouvons en découvrir deux aspects : un premier aspect est fortement mis en lumière par saint Irénée de Lyon, martyr et grand théologien à la fin du IIe siècle, le premier à nous avoir donné une théologie en quelque sorte systématique. Saint Irénée écrit : "Là où se trouve l'Eglise, il y a aussi l'Esprit de Dieu; et là où se trouve l'Esprit de Dieu, il y a l'Eglise, ainsi que toute grâce ; car l'Esprit est vérité" (Adversus haereses, III, 24, 1:  PG VII, 966). Il existe donc un lien profond entre l'Esprit Saint et l'Eglise. L'Esprit Saint construit l'Eglise et lui donne la vérité, répand l'amour – comme le dit saint Paul – dans les coeurs des croyants (cf. Rm 5, 5).

 

Puis il y a un deuxième aspect. Ce lien profond avec l'Esprit n'efface pas notre humanité avec toute sa faiblesse, et ainsi, la communauté des disciples connaît dès le début non seulement la joie de l'Esprit Saint, la grâce de la vérité et de l'amour, mais également l'épreuve, constituée surtout par les oppositions aux vérités de foi, avec les atteintes à la communion qui s'ensuivent. De même que la communion dans l'amour existe depuis les origines et existera jusqu'à la fin (cf. 1 Jn 1, 1sq), dès le début surgit aussi malheureusement la division. Nous ne devons pas nous étonner que celle-ci existe également aujourd'hui : "Ils sont sortis de chez nous – dit la Première Lettre de Jean – mais ils n'étaient pas des nôtres ; s'ils avaient été des nôtres, ils seraient restés avec nous. Mais pas un d'entre eux n'est des nôtres, et cela devait être manifesté" (1 Jn 2, 19). Il existe donc toujours le risque, dans la vie du monde et également dans les faiblesses de l'Eglise, de perdre la foi, et ainsi de perdre aussi l'amour et la fraternité. Celui qui croit à l'Eglise de l'amour et veut vivre dans cette Eglise a donc le devoir précis de reconnaître également ce danger et d'accepter que la communion avec celui qui s'est éloigné de la doctrine du salut n'est pas possible (cf. 2 Jn 9-11).

 

La première Lettre de Jean montre clairement que l'Eglise naissante fut bien consciente de ces tensions possibles dans l'expérience de la communion : il n'y a pas de voix dans le Nouveau Testament qui ne s'élève avec plus de vigueur pour souligner la réalité et le devoir de l'amour fraternel entre les chrétiens ; mais cette même voix s'adresse avec une grande sévérité aux adversaires, qui ont été membres de la communauté et qui, à présent, ne le sont plus. L'Eglise de l'amour est aussi l'Eglise de la vérité, entendue d'abord comme fidélité à l'Evangile qui a été confié par le Seigneur Jésus aux siens. La fraternité chrétienne naît du fait d'avoir été constitués enfants du même Père par l'Esprit de vérité : "En effet, tous ceux qui se laissent conduire par l'Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu" (Rm 8, 14). Mais la famille des fils de Dieu, pour vivre dans l'unité et dans la paix, a besoin d'être gardée dans la vérité et guidée avec un sage discernement faisant autorité : c'est ce qu'est appelé à faire le ministère des Apôtres. Et ici nous arrivons à un point important. L'Eglise est entièrement de l'Esprit, mais elle possède une structure, la succession apostolique, dont la responsabilité est de garantir le fait que l'Eglise demeure dans la vérité donnée par le Christ, de laquelle vient également la capacité d'aimer (…). 

 

A travers le ministère apostolique, l'Eglise, communauté rassemblée par le Fils de Dieu qui s'est incarné, vit au cours du temps en édifiant et en nourrissant la communion dans le Christ et dans l'Esprit, à laquelle tous sont appelés et dans laquelle ils peuvent faire l'expérience du salut donné par le Père. En effet, les Douze – comme le dit le Pape Clément III, successeur de Pierre à la fin du I siècle – eurent soin de se constituer des successeurs (cf. 1 Clém 42, 4), afin que la mission qui leur était confiée soit poursuivie après leur mort. Tout au long des siècles, l'Eglise, organiquement structurée sous la direction de ses Pasteurs légitimes, a ainsi continué à vivre dans le monde comme un mystère de communion, dans lequel se reflète dans une certaine mesure la communion trinitaire elle-même, le mystère de Dieu lui-même. 

L'Eglise se révèle ainsi, en dépit de toutes les fragilités humaines qui appartiennent à sa physionomie historique, une merveilleuse création d'amour, faite pour rendre le Christ proche de chaque homme et de chaque femme qui désire vraiment le rencontrer, jusqu'à la fin des temps. Et dans l'Eglise, le Seigneur demeure toujours notre contemporain. L'Ecriture n'est pas une chose du passé. Le Seigneur ne parle pas dans le passé, mais parle dans le présent, il parle aujourd'hui avec nous, il nous donne la lumière, il nous indique le chemin de la vie, il nous donne la communion et ainsi, nous prépare et nous ouvre à la paix.

 

Lire le texte intégral de l'audience générale du Pape Benoît XVI du 29 mars 2006

Lire le texte intégral de l'audience générale du Pape Benoît XVI du 5 avril 2006

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