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26 juillet 2007 4 26 /07 /juillet /2007 17:27

Extrait du Message du Pape Benoît XVI pour la 43e Journée mondiale de prière pour les vocations, en date du 5 mars 2006.

Le Père, rappelle l'Apôtre, « nous a dévoilé le mystère de sa volonté, ... le dessein de réunir tout sous un seul Chef, le Christ » (Ep 1, 9.10). Et il ajoute, non sans enthousiasme : « Quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu'ils sont appelés selon le dessein de son amour. Ceux qu'il connaissait par avance, il les a aussi destinés à être l'image de son Fils, pour faire de ce Fils l'aîné d'une multitude de frères » (Rm 8, 28-29).

 

La perspective est vraiment fascinante : nous sommes appelés à vivre en frères et sœurs de Jésus, à nous sentir fils et filles du même Père. C'est un don qui bouleverse toute idée et tout projet exclusivement humains. La confession de la vraie foi ouvre grand les esprits et les cœurs à l'inépuisable mystère de Dieu, qui pénètre l'existence humaine. Que dire alors de la tentation, très forte de nos jours, de nous sentir autosuffisants jusqu'à nous fermer au mystérieux plan de Dieu à notre égard ? L'amour du Père, qui se révèle dans la personne du Christ, nous interpelle.

Pour répondre à l'appel de Dieu et se mettre en chemin, il n'est pas nécessaire d'être déjà parfaits. Nous savons que la conscience de son péché a permis au fils prodigue de se mettre sur le chemin du retour et de faire ainsi l'expérience de la joie de la réconciliation avec son Père. La fragilité et les limites humaines ne représentent pas un obstacle, à condition qu'elles contribuent à nous rendre toujours plus conscients du fait que nous avons besoin de la grâce rédemptrice du Christ. Telle est l'expérience de saint Paul, qui confiait : « Je n'hésiterai pas à mettre mon orgueil dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ habite en moi » (2 Co 12, 9).

 

Dans le mystère de l'Église, Corps mystique du Christ, la puissance divine de l'amour change le cœur de l'homme, le rendant capable de communiquer l'amour de Dieu à ses frères. Au cours des siècles, tant d'hommes et de femmes, transformés par l'amour divin, ont consacré leurs existences à la cause du Royaume. Déjà sur les rives de la mer de Galilée, beaucoup se sont laissés séduire par Jésus : ils étaient à la recherche de la guérison du corps ou de l'esprit, et ils ont été touchés par la puissance de sa grâce. D'autres ont été choisis personnellement par Lui et sont devenus ses apôtres. Nous trouvons aussi des personnes, comme Marie-Madeleine et d'autres femmes, qui l'ont suivi de leur propre initiative, simplement par amour, mais qui, comme le disciple Jean, ont occupé également une place spéciale dans son cœur. Ces hommes et ces femmes, qui ont connu à travers le Christ le mystère de l'amour du Père, représentent la multiplicité des vocations présentes depuis toujours dans l'Église. Le modèle de celui qui est appelé à témoigner d'une manière particulière de l'amour de Dieu est Marie, la Mère de Jésus, directement associée, dans son pèlerinage de foi, au mystère de l'Incarnation et de la Rédemption.

 

Dans le Christ, Chef de l'Église, qui est son Corps, tous les chrétiens forment « la race choisie, le sacerdoce royal, la nation sainte, le peuple qui appartient à Dieu pour annoncer ses merveilles » (1 P 2, 9). L'Église est sainte, même si ses membres ont besoin d'être purifiés, pour que la sainteté, don de Dieu, puisse resplendir en eux jusqu'à son plein éclat. Le Concile Vatican II met en lumière l'appel universel à la sainteté, en affirmant que « les disciples du Christ, appelés par Dieu, non au titre de leurs œuvres mais au titre de son dessein et de sa grâce, justifiés en Jésus notre Seigneur, sont véritablement devenus, dans le baptême de la foi, fils de Dieu, participants de la nature divine et, par conséquent, réellement saints » (Lumen gentium, n. 40). Dans le cadre de cet appel universel, le Christ, Souverain Prêtre, dans sa sollicitude pour l'Église, appelle ensuite, à chaque génération, des personnes qui prendront soin de son peuple; en particulier, il appelle au ministère sacerdotal des hommes qui exerceront une fonction paternelle, dont la source est dans la paternité même de Dieu (cf. Ep 3, 14).

 

La mission du prêtre dans l'Église est irremplaçable. Par conséquent, même si on note dans certaines régions une pénurie de prêtres, il ne faut jamais perdre la certitude que le Christ continue à susciter des hommes qui, comme les Apôtres, en abandonnant toute autre préoccupation, se consacrent totalement à la célébration des saints mystères, à la prédication de l'Évangile et au ministère pastoral. Dans l'Exhortation apostolique Pastores dabo vobis, mon vénéré Prédécesseur Jean-Paul II écrivait à ce sujet : « La relation du prêtre avec Jésus Christ et, en lui, avec son Église s'inscrit dans l'être même du prêtre, en vertu de sa consécration ou de l'onction sacramentelle, et dans son agir, c'est-à-dire dans sa mission ou dans son ministère. En particulier, le prêtre ministre est serviteur du Christ présent dans l'Église mystère, communion et mission. Du fait qu'il participe à l'‘onction’ et à la ‘mission’ du Christ, il peut prolonger dans l'Église sa prière, sa parole, son sacrifice, son action salvifique. Il est donc serviteur de l'Église mystère parce qu'il accomplit les signes ecclésiaux et sacramentels de la présence du Christ ressuscité » (n. 16).

 

Une autre vocation spéciale, qui occupe une place d'honneur dans l'Église, est l'appel à la vie consacrée. À l'exemple de Marie de Béthanie qui, « se tenant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole » (Lc 10, 39), de nombreux hommes et femmes se consacrent à une suite totale et exclusive du Christ. Tout en accomplissant divers services dans le domaine de la formation humaine ou du soin des pauvres, dans l'enseignement ou dans l'assistance aux malades, ils ne considèrent pas ces activités comme le but principal de leur vie, parce que, comme l'a bien souligné le Code de Droit canonique, « la contemplation des réalités divines et l'union constante à Dieu dans la prière seront le premier et principal office de tous les religieux » (can. 663, § 1). Et, dans l'Exhortation apostolique Vita consecrata, Jean-Paul II notait : « Dans la tradition de l'Église, la profession religieuse est considérée comme un approfondissement unique et fécond de la consécration baptismale en ce que, par elle, l'union intime avec le Christ, déjà inaugurée par le Baptême, se développe pour être le don d'une conformation qu'exprime et réalise plus complètement la profession des conseils évangéliques » (n. 30).

 

En nous souvenant de la recommandation de Jésus : « La moisson est abondante, et les ouvriers sont peu nombreux ; priez donc le Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson ! » (Mt 9, 37), nous éprouvons grandement le besoin de prier pour les vocations au sacerdoce et à la vie consacrée. Il n'est pas surprenant que, là où l’on prie avec ferveur, les vocations fleurissent. La sainteté de l'Église dépend essentiellement de l'union avec le Christ et de l'ouverture au mystère de la grâce, qui agit dans le cœur des croyants.

 

Lire le texte intégral du message du Pape Benoît XVI pour la 43e Journée mondiale de prière pour les vocations, le 5 mars 2006

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