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1 juin 2007 5 01 /06 /juin /2007 06:16

Extrait du discours du Pape Benoît XVI pour l’inauguration de l’Année académique 2005-2006 au siège romain de l’Université catholique du Sacré-Cœur (Gemelli), le 25 novembre 2005.

Revenons donc à la question : quelle culture ? Je me réjouis que le Recteur, dans son discours d'introduction, ait placé l'accent sur la "mission" originelle et toujours actuelle de l'Université, c'est-à-dire celle d'effectuer de la recherche scientifique et des activités didactiques selon un projet culturel et formateur cohérent, au service des nouvelles générations et du développement humain et chrétien de la société.

 

A cet égard, le Pape Jean-Paul II a laissé un patrimoine d'enseignement très riche, qui a atteint son sommet dans la Constitution apostolique Ex corde Ecclesiae de 1990. Il a toujours démontré que le fait d'être "catholique" ne pénalise en rien l'Université, mais la valorise plutôt au maximum. En effet, si la mission fondamentale de toute université est "la quête continuelle de la vérité à travers la recherche, la préservation et la communication du savoir pour le bien de la société" (ibid., n. 30), une communauté académique catholique se distingue par l'inspiration chrétienne des individus et de la communauté elle-même, par la lumière de foi qui éclaire la réflexion, par la fidélité au message chrétien tel qu'il est présenté par l'Eglise et par l'engagement institutionnel au service du peuple de Dieu (cf. ibid., n. 13).

 

L'Université catholique est donc un grand laboratoire où, selon les diverses disciplines, on élabore sans cesse de nouveaux parcours de recherche dans une confrontation stimulante entre la foi et la raison qui vise à retrouver la synthèse harmonieuse atteinte par Thomas d'Aquin et par les autres grandes figures de la pensée chrétienne, une synthèse malheureusement contestée par des courants importants de la philosophie moderne. La conséquence de cette contestation a été que, comme critère de rationalité, s'est affirmé de manière toujours plus exclusive celui de la démonstrabilité à travers l'expérimentation. Les questions fondamentales de l'homme – comment vivre et comment mourir – apparaissent ainsi exclues du domaine de la rationalité et sont laissées à la sphère de la subjectivité. La conséquence est qu'à la fin disparaît la question qui a donné origine à l'université – la question de la vérité et du bien – qui est remplacée par la question de ce qui est faisable.

Voilà alors le grand défi des Universités catholiques : placer la science dans l'horizon d'une rationalité véritable, différente de celle aujourd'hui largement dominante, selon une raison ouverte à la question de la vérité et aux grandes valeurs inscrites dans l'être lui-même, et donc ouverte au transcendant, à Dieu.

Or, nous savons que cela est possible précisément à la lumière de la révélation du Christ, qui a uni en lui Dieu et l'homme, l'éternité et le temps, l'esprit et la matière : "Au commencement était le Verbe" – le Logos, la raison créative. – "Et le Verbe s'est fait chair" (Jn 1, 1.14). Le Logos divin, la raison éternelle, est à l'origine de l'univers et en Christ, il s'est uni une fois pour toutes à l'humanité, au monde et à l'histoire. A la lumière de cette vérité capitale de la foi et, dans le même temps, de la raison, il est à nouveau possible, en 2000, de conjuguer foi et science. C'est sur cette base, voudrais-je dire, que se déroule le travail quotidien d'une Université catholique. N'est-ce pas une aventure enthousiasmante? Oui, sans aucun doute car, en agissant à l'intérieur de cet horizon de sens, on découvre l'unité intrinsèque qui relie les diverses branches du savoir : la théologie, la philosophie, la médecine, l'économie, chaque discipline, jusqu'aux technologies les plus spécialisées, car tout est lié.

 

Choisir l'Université catholique signifie choisir cette orientation qui, malgré les limites historiques inévitables, caractérise la culture de l'Europe, à la formation de laquelle les Universités nées historiquement "ex corde Ecclesiae" ont apporté une contribution fondamentale.

 

C'est pourquoi, chers amis, avec une passion renouvelée pour la vérité et pour l'homme, jetez les filets au large, dans la haute mer du savoir, en ayant confiance dans la parole du Christ, même lorsqu'il vous arrive de connaître la fatigue et la déception de n'avoir rien "pêché". Dans la vaste mer de la culture, le Christ a toujours besoin de "pêcheurs d'hommes", c'est-à-dire de personnes conscientes et bien préparées qui mettent leurs compétences professionnelles au service du bien, et donc au service du Royaume de Dieu. Le travail de recherche au sein de l'Université, s'il est accompli dans une perspective de foi, fait déjà partie de ce service au Royaume et à l'homme!

Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI à l'Université catholique du Sacré-Coeur, le 25 novembre 2005

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