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24 janvier 2007 3 24 /01 /janvier /2007 09:52

[Lu dans la dernière livraison de la revue « Philosophie magasine » n° 5 de décembre 2006 – janvier 2007, cette intéressante réflexion de Denis Moreau, professeur de philosophie à l’université de Nantes, sur la question du "statut de la raison en contexte religieux".]

L’attention portée au court passage sur la critique de l’islam chez un Byzantin du XIVe siècle a pu masquer le thème central du « discours de Ratisbonne » prononcé par Benoît XVI en septembre : le statut de la raison, considérée en elle-même, et dans son éventuel usage en contexte religieux.

 

Sur la première question, le pape s’oppose sans surprise à une conception positiviste qui réserverait la rationalité aux seules sciences exactes. Il esquisse une « critique de la raison moderne » et réclame un « élargissement de notre concept de raison et de l’usage de celle-ci », notamment aux domaines de la philosophie et de la théologie.

 

Sur la seconde question, la thèse est schématiquement la suivante : lorsqu’on estime que Dieu existe, ou bien on considère qu’il y a du rapport, de la ressemblance entre raison humaine et raison divine ; Dieu et ce qui le concerne – la « religion » – sont alors légitimement objets d’un discours rationnel. Nous pouvons par exemple raisonner et débattre pour tenter de confirmer ou de critiquer les prescriptions morales des religions. Ou bien on estime que « Dieu est absolument transcendant, [que] sa volonté n’est liée à aucune de nos catégories, fût-ce celle du raisonnable ». Dans ce cas, Dieu est hors de portée de notre raison, ses décisions sont de notre point de vue aussi arbitraires qu’indiscutables (« c’est ainsi parce que Dieu l’a voulu »), et il est envisageable d’imposer l’obéissance aux prescriptions religieuses par des voies elles aussi arbitraires, notamment par la contrainte.

 

Le texte fait ensuite l’éloge de la rationalité et de la philosophie, présentées comme les outils privilégiés d’une religion ouverte au dialogue, et condamne l’irrationalisme religieux, qui dériverait facilement vers des formes violentes.

 

Cette analyse conduit-elle à superposer le couple rationalisme-irrationalisme ainsi entendu au couple christianisme-islam ? En quelques lignes caricaturales, Benoît XVI signale une forme d’irrationalisme islamique. Mais le volet polémique de sa critique de la déraison en théologie vise d’abord et explicitement la tradition intellectuelle chrétienne issue des théologies « volontaristes » du XIVe siècle (…).

 

Ce texte dégage donc une opposition de fond entre deux conceptions de la religion, mais ne la réduit pas à un choc du christianisme et de l’islam. Il suggère plutôt un affrontement séculaire et répété entre deux tendances présentes aussi bien dans l’islam que dans le christianisme. Ainsi considéré, il invite les croyants de tous pays à se défier de l’irrationalisme religieux et à s’unir en une sorte d’internationale philosophique pour discuter sous les auspices de la « rationalité élargie ». L’idée est assurément contestable. Mais après tout, on a connu et on connaît encore quelques croyants affairés à des activités moins raisonnables et pacifiques que celles-ci proposées.

 

Exagérons, pour conclure. Quel est le dernier ouvrage écrit par une personnalité d’envergure planétaire et qui défend mordicus l’importance de la philosophie et du travail des philosophes ? L’encyclique « Foi et raison » de Jean-Paul II. Et c’est l’actuel Pape qui a conduit une bonne partie des intellectuels, éditorialistes et chroniqueurs occidentaux à s’interroger, le temps d’une polémique, sur le statut de la raison, l’importance de la philosophie et leur rôle dans le dialogue entre les cultures. De là une question qu’on posera aux membres et sympathisants de l’Eglise catholique : êtes-vous toujours à la hauteur des exigences rationnelles de vos pontifes ?

 

Et à ceux qui ne partagent pas les options religieuses de Benoît XVI, on pourrait demander s’il est bien raisonnable de laisser aux papes et à certains de leurs coreligionnaires le quasi-monopole de la défense publique de la philosophie.

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commentaires

Hiba 30/09/2018 21:16

Pour parler d'une autre religion comme l'Islam ,il faut bien savoir ses principes,et faire une recherche profonde afin de pouvoir critiquer sur son irraisonnabilité.

Miky 23/07/2007 13:41

Je n'ai pas réussi à accéder au site. Cela confirme la thèse du complot :-)

ti'hamo 22/07/2007 15:29

...non, mais, arrête, c'est vrai : c'est comme aussi cette horrible maladie dont on m'a parlé (on en a même fait des chansons, ainsi les messages de prévention peuvent passer malgré la censure du complot mondial pour nous cacher la vérité),
une maladie due (scientifiquement parlant) à un excès de libération de certaines hormones et neuro-tranmetteurs dans le cerveau - s'apparentant donc aux drogues les plus dures -, qui aboutissent à une perversion et un obscurcissement du jugement,
- une psychose mentale dont on peut voir d'ailleurs, dans toute l'histoire humaine, combien elle a été soit prétexte à des meurtres, harcèlements, suicide, bouffées délirantes, soit un moyen de manipulation, utilisé par nombre de gourous, sectes, ou tout bêtement gens malhonnêtes -,
une réaction excessive à des stimuli anodins (cf hystérie et hypersensibilité), alternant avec des phases de profonde dépression (cf syndrome bipolaire), le tout doublé d'une psychose obsessionnelle mono-focalisée.

On nomme ça l'amour et y a des recrudescences alors, méfiance, mais vous saurez tout en allant voir mon site "http://tout-le-monde-est-fou-sauf-moi.com".

Matthieu 22/07/2007 07:37

Une maladie mentale... Peut-être souhaiteriez me faire interner? Comme au bon vieux temps du communisme soviétique...
http://totus-tuus.over-blog.com/article-3020571.html

MauriceChampion 21/07/2007 22:03

Ni Dieu, ni Diable, seulement et totalement une maladie psychiatrique.
 

Schizophrénie et croyances.
 

Après les primates, il y a eu des hommes dont certains souffrent d'une maladie nommée «schizophrénie»; lesquels dans leurs perceptions hallucinatoires croient entendre le Divin - et voient ses envoyés - leur donnant des ordres. Ils sont alors en certitude d’être désignés pour une mission divine.
 


 

Psychose hallucinatoire, délires mystiques, croyances, religions.
 

D’un autre âge, ceux qui se disaient en communication avec Dieu étaient et sont encore appelés «prophètes» avec leurs écrits indiscutables.
 

De nos jours, ceux qui entendent des voix ont pour certitude que Dieu leur parle ; ce sont nos jeunes en psychose hallucinatoire paranoïde (schizophrénie) dont le traitement relève de la psychiatrie.
 


 

Ce qui est inscrit sur la notice pharmaceutique d’un antipsychotique de dernière génération : «... est utilisé pour traiter une maladie qui s’accompagne de symptômes tels que entendre, voir et sentir des choses qui n’existent pas, avoir des croyances erronées...».
 

Cette relation croyances/psychose vous semble inadmissible, alors je vous mets au défi de citer une seule autre manifestation qui soit à la fois l’œuvre présumée de l’Au-delà et également les symptômes d’une maladie.
 


 

Bien et Mal, Bons et Méchants, Dieu et Diable, Enfer et Paradis, tout ce monde binaire, sans positions intermédiaires ainsi que les angoisses sur le futur, avec son extrémité qu’est la fin du monde, sont toutes les perceptions qui envahissent le psychotique schizophrène. Il est normal que les religions les aient intégrées, les croyances sont les relais des perceptions psychotiques.
 


 

Il est temps de ne plus vénérer cette maladie extrémiste. Que diriez-vous si l’on vénérait le cancer, le sida... toutes ces maladies qui rongent le malade, sa famille et la société.
 

En terminer avec la schizo : même si l’on n’a pas encore le vaccin, lorsque l’on a la clé, va-t-on rester dans cette irréalité encore des milliers d’années ?
 


 

En France, chaque année, 8000 jeunes entrent dans cette maladie ; il est temps de faire comprendre ce mal et sa relation avec le mystique et donc de faire de la prévention par l'explicatif.
 

Un père en prise avec cette « maladie de la croyance totalement mystique».
 

Maurice Champion - http://monsite.orange.fr/champion20.
 

(Si Jeanne d’Arc avait compris que la psychose parlait, Elle ne serait pas allée à Reims.)
 

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