Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 juillet 2009 5 17 /07 /juillet /2009 18:05



Extrait du discours du Pape Benoît XVI lors de sa rencontre avec les jeunes et les séminaristes au séminaire St Joseph de New York, le 19 avril 2008. 


Chers amis, l'exemple des Saints nous invite (…) à considérer quatre aspects essentiels du trésor de notre foi : la prière personnelle et le silence, la prière liturgique, la charité vécue et les vocations.

Le plus important est que vous développiez une relation personnelle avec Dieu. Cette relation s'exprime dans la prière.
 De par sa nature même, Dieu parle, écoute et répond. Saint Paul nous rappelle en effet que nous pouvons et devons "prier sans cesse" (cf. 1 Th 5, 17). Loin de nous replier sur nous-mêmes et de fuir les hauts et les bas de la vie, à travers la prière nous nous tournons vers Dieu et, à travers Lui, nous nous tournons les uns vers les autres, y compris les personnes marginalisées et celles qui suivent des voies qui ne sont pas celles de Dieu (cf. Spe Salvi, n. 33). Comme les Saints nous l'enseignent de manière particulièrement vivante, la prière devient l'espérance en acte. Le Christ était leur compagnon de toujours, avec lequel il parlait à chaque instant sur leur chemin au service des autres.

Il y a un autre aspect de la prière que nous devons nous rappeler : la contemplation dans le silence. Saint Jean, par exemple, nous dit que pour accueillir la révélation de Dieu il faut d'abord écouter et ensuite répondre en annonçant ce que nous avons vu et entendu (cf. 1 Jn 1, 2-3 ; Const. 
Dei Verbum, 1).N'avons-nous pas peut-être un peu perdu l'art d'écouter? Laissez-vous un peu d'espace pour entendre le murmure de Dieu qui vous appelle à la bonté? Chers amis, n'ayez pas peur du silence et du calme, écoutez Dieu, adorez-le dans l'Eucharistie! Laissez sa parole façonner votre chemin comme un développement de la sainteté.

Dans la liturgie nous trouvons l'Eglise tout entière en prière. Le mot "liturgie" signifie la participation du Peuple de Dieu à 
"l'œuvre du Christ prêtre et de son Corps qui est l'Eglise" (Sacrosanctum Concilium, n. 7). En quoi consiste cette œuvre? Elle se réfère avant tout à la Passion du Christ, à sa mort et sa résurrection et à son ascension – ce que nous appelons "Mystère pascal". Elle se réfère aussi à la célébration de la liturgie elle-même. Les deux significations sont en effet liées de manière inséparable, car cette "œuvre de Jésus" est le véritable contenu de la liturgie. A travers la liturgie, l'"oeuvre de Jésus" est continuellement mise en contact avec l'histoire, avec notre vie, pour la façonner. Nous avons ici un nouvel aperçu de la grandeur de notre foi chrétienne. Chaque fois que vous vous réunissez pour la messe, quand vous allez vous confesser, chaque fois que vous célébrez un des sacrements, Jésus est à l'œuvre. A travers l'Esprit Saint, il vous attire vers lui, dans son amour sacrificiel pour le Père, qui devient amour pour tous. Nous voyons ainsi que la liturgie de l'Eglise est un ministère d'espérance pour l'humanité. Votre participation pleine de foi est une espérance active qui aide à maintenir le monde – les saints comme les pécheurs – ouvert à Dieu; voilà la véritable espérance humaine que nous offrons à chacun (cf. Spe Salvi, n. 34).

Votre prière personnelle, vos moments de contemplation silencieuse et votre participation à la liturgie de l'Eglise vous rapprochent de Dieu et vous préparent également à servir les autres. Les Saints qui nous accompagnent ce soir nous montrent que la vie de foi et d'espérance est aussi une vie de charité.
 En contemplant Jésus sur la Croix nous voyons l'amour sous sa forme la plus radicale. Nous pouvons commencer à imaginer le chemin de l'amour sur lequel nous devons avancer (cf. Deus caritas est, 12). Les occasions pour avancer sur ce chemin sont nombreuses. Regardez autour de vous avec les yeux du Christ, écoutez avec ses oreilles, ayez les mêmes sentiments que lui et pensez avec son cœur et son esprit. Etes-vous prêts à tout donner pour la vérité et la justice, comme Il le fit?

(…) Chers jeunes, pour finir je voudrais vous dire encore un mot sur les vocations. Tout d'abord, mes pensées vont à vos parents, à vos grands-parents et à vos parrains et marraines. Ils ont été vos premiers éducateurs dans la foi. En vous présentant pour le Baptême, ils vous ont donné la possibilité de recevoir le don le plus grand de votre vie. Ce jour-là, vous êtes entrés dans la sainteté de Dieu lui-même. Vous êtes devenus des fils et des filles adoptifs du Père. Vous avez été incorporés au Christ. Vous avez été transformés en demeures de son Esprit. Prions pour les pères et les mères du monde entier, en particulier pour ceux qui luttent à chaque instant – socialement, matériellement, spirituellement. 
Honorons la vocation du mariage et la dignité de la vie familiale. Reconnaissons toujours que les familles sont le lieu où naissent les vocations.

Rassemblés ici au "Saint Joseph Seminary", je salue les séminaristes présents et, de fait, j'encourage tous les séminaristes partout en Amérique. Je suis heureux de savoir que votre nombre augmente! Le peuple de Dieu attend de vous que vous soyez des prêtres saints, sur un chemin quotidien de conversion, en suscitant chez les autres le désir d'entrer plus profondément dans la vie ecclésiale des croyants. 
Je vous exhorte à approfondir votre amitié avec Jésus, le Bon Pasteur. Parlez avec Lui cœur à cœur. Rejetez toute tentation d'ostentation, de carriérisme ou de vanité. Recherchez un style de vie vraiment caractérisé par la charité, la chasteté et l'humilité, à l'imitation du Christ, le Prêtre Suprême éternel dont vous devez devenir l'image vivante (cf. Pastores dabo vobis, n. 33). Chers séminaristes, je prie pour vous chaque jour. Rappelez-vous que ce qui compte devant le Seigneur est de demeurer dans son amour et de faire rayonner son amour pour les autres.

(…) Mes amis, je vous le demande à nouveau, que dire du moment présent? Que recherchez-vous? Qu'est-ce que Dieu vous suggère? L'espérance qui ne déçoit jamais est Jésus Christ. Les saints nous montrent l'amour désintéressé de son chemin. En tant que disciples du Christ, leurs itinéraires extraordinaires se développèrent au sein de cette communauté de l'espérance qui est l'Eglise. Et c'est de l'intérieur de l'Eglise que vous trouverez vous aussi le courage et le soutien pour marcher sur la voie du Seigneur. 
Nourris par la prière personnelle, préparés par le silence, façonnés par la liturgie de l'Eglise, vous découvrirez la vocation particulière que le Seigneur vous réserve. Embrassez-la avec joie. Aujourd'hui, c'est vous qui êtes les disciples du Christ. Faites rayonner sa lumière sur cette grande ville et au delà. Montrez au monde les raisons de l'espérance qui est en vous. Parlez avec les autres de la vérité qui vous rend libres. Avec ces sentiments de grande espérance en vous, je vous salue d'un "au revoir", dans l'attente de vous rencontrer à nouveau à Sydney, en juillet, pour la Journée mondiale de la jeunesse! Et, en gage de mon affection pour vous et pour vos familles, je vous donne avec joie ma Bénédiction apostolique.


Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI

Partager cet article

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Benoit XVI
commenter cet article

commentaires

Matthieu 20/07/2009 00:22

Merci à tous de votre amitié. J'y puise beaucoup de consolation et de réconfort. C'est une grâce que de vous compter parmi mes fidèles lecteurs.Peut-être écrirai-je un jour sur ce que je traverse actuellement. C'est beaucoup plus qu'une panne d'inspiration. C'est une véritable épreuve spirituelle, dont Rimbaud disait qu'elle était plus rude qu'un combat d'hommes. Beaucoup de repères se brouillent, des fondations sont ébranlées, mais le Seigneur est là, mon roc éternel. "Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal car tu es avec moi, ton bâton me guide et me rassure" (Ps 22). Ma vie toute entière est suspendue à l'acte de foi, comme le disait joliement le Père Berthet au sujet du prêtre.

Hervé 19/07/2009 23:35

Oui, comme l'écrit mon homonyme, bon courage, Matthieu ! J'espère moi aussi que tu retrouveras vite ton enthousiasme (mot qui inclut "théos", donc Dieu :-) ) et que tu nous proposeras bientôt à nouveau des articles écrits par toi-même et non plus seulement des homélies du Pape d'il y a 2 ans...En union de prières, Hervé

RV 19/07/2009 09:05

Personnellement, j'ai assez régulièrement des périodes de saturation d'écriture : impossible d'avoir des idées. Ca dure 15 jours-3 semaines, et puis ça repart.  Je me dis que l'âme, c'est un peu comme la terre : il faut des périodes de "jachère" pour que la terre puisse se "renouveler".  Allez, courage Matthieu : ça va repartir !  RV

Jonas 18/07/2009 22:41

Cher Matthieu, Quand j'ai un "gros coup de fatigue", ce qui à mon âge est de plus en plus courant, je relie le passage d'Elie à l'Horeb (1Rois 19,3-15) et ce "lève-toi et mange, sinon le chemin sera trop long pour toi", qui m'a fait découvrir la force de l'Eucharistie dans un long temps de chômage.Et qui se termine par la fausse brise légère qui est "le murmure d'un silence ténu" ?C'est pas beau ça ?Courage, vieux frère ! Ecoute le murmure du Seigneur, sois fort et prends courage.

Matthieu 18/07/2009 19:57

Non, non, je ne suis pas malade Miky. Merci de t'inquiéter. Je suis juste... épuisé, à tous points de vue. Il faut que les batteries se rechargent. Sans doute le Seigneur m'émonde-t-il un peu rudement en ce moment...