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10 juin 2006 6 10 /06 /juin /2006 13:04

 

Chers amis lecteurs,

 

Nous poursuivons avec le Père Daniel-Ange, auteur du livre "Touche pas à ma Mère", notre réflexion sur la maternité virginale de Jésus.

 

Après avoir énuméré les présupposés idéologiques sous-jacents à la négation de ce mystère, le Père Daniel-Ange nous convie à une promenade dans le Nouveau Testament, et tout d'abord... dans les Evangiles eux-mêmes.

 

Le premier contradicteur de Jacques Duquesne en effet, ce sont les Evangiles, dans lesquels rien n'est affirmé avec plus de netteté que la naissance virginale de Jésus. C'est une évidence qui ressort de tous les Evangiles.

 

1°) L'Evangile de Matthieu :

 

Il y a tout d'abord la généalogie du Christ. Jésus est présenté comme fils d'Abraham et fils de David... par l'intermédiaire de Joseph, qui est présenté par Matthieu, en rupture avec tout ce qui précède, comme "l'époux de Marie de laquelle fut engendré Jésus".

 

Cette rupture dans la généalogie est tellement spectaculaire que Matthieu se sent obligé d'expliquer ce qui s'est passé. Et c'est la suite de son texte : l'annonce à Joseph. Littéralement, l'Ange dit à Joseph : "Ton épouse fut trouvée ayant en son ventre de par l'Esprit Saint". Ce qui signifie clairement que quelqu'un d'autre que lui est intervenu dans cette mystérieuse conception de Jésus, quelqu'un que l'Ange désigne comme... "l'Esprit Saint".

 

Matthieu cite ensuite la prophétie d'Isaïe, en 7.14 : "Voici que la vierge concevra..." Là dessus, de nombreux exégètes font remarquer que le terme hébreu employé pour désigner la "vierge" signifie en réalité "la jeune fille", et qu'il est donc abusif d'invoquer ce texte pour affirmer que le Messie devait naître d'une vierge. Mais la traduction grecque de laquelle s'inspire Matthieu retient, elle, la référence à la "vierge", par fidélité à la prophétie même d'Isaïe qui évoque indiscutablement une "vierge"! Car autrement, où serait le signe pour Achaz? Qu'y aurait-il d'extraordinaire en effet dans le fait qu'une "jeune fille" enfante? Pour frapper le Roi Achaz, il fallait un grand signe, un signe extraordinaire : ce signe ne pouvait donc résider que dans l'enfantement d'une vierge, car là précisément est l'extraordinaire! Si la "jeune fille" évoquée par Isaïe n'était pas "vierge", toute l'argumentation du prophète tomberait à l'eau...

 

Joseph troublé, devant la grandeur du mystère, souhaite se retirer. Mais l'ange insiste : c'est lui (et non Marie) qui donnera son nom à Jésus, et qui l'inscrira ainsi dans la généalogie davidique. Il est remarquable à cet égard de relever que ni Matthieu, ni Luc n'ont voulu fait de Marie la fille de David, généalogiquement parlant : ils ont ainsi préféré prendre le risque que l'on doute de la filiation davidique de Jésus, plutôt que de sa filiation divine!

 

Il est remarquable aussi de noter que Joseph n'est mentionné dans les Evangiles que dans les passages où il est précisément affirmé que Jésus n'est pas le fruit de sa propre chair!

 

2°) L'Evangile de Luc

 

Dans le récit de l'Annonciation, l'ange Gabriel salue Marie en prononçant les mots "Réjouis-toi". Référence explicite au "réjouis-toi" à la fille de Sion. Or, dans tous les prophètes, la fille de Sion est vierge...

 

Vient ensuite la double annonce : Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils. Il sera Fils du Très Haut et Fils de David. Il y a donc ici conjonction entre la généalogie divine de Jésus, et sa naissance humaine en Marie.

 

Réaction de Marie à cette annonce : "Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge" Réponse de l'Ange : "L'Esprit Saint viendra sur toi". Et voici qu'un signe est donné à Marie : "voici qu'Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu'on l'appelait : 'la femme stérile'". Comme pour Isaïe 7.14, où serait le signe ici si Elisabeth n'était pas une miraculée? Elle reçoit un enfant alors qu'elle est stérile : là est le signe! L'Ange dit d'ailleurs à Marie : "Rien n'est impossible à Dieu". Sur quoi peut donc bien porter l'impossibilité ici, sinon précisément dans le fait qu'une femme stérile puisse enfanter, comme Sarah. Ce qui est donc clairement sous entendu ici, c'est que si une femme stérile et âgée peut enfanter, pourquoi une vierge ne le pourrait-elle pas? Le signe répond en outre directement à la question de Marie : "Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge? Dois-je m'unir à Joseph?"

 

Lorsque Jésus a 12 ans, et que Marie et Joseph le retrouvent après trois jours de recherche dans le Temple de Jérusalem, Marie dit à Jésus : "Vois comme ton père et moi avons souffert en te cherchant". "Ton père et moi"... Réponse Jésus : " Ne le saviez-vous pas ? C'est chez mon Père que je dois être". "Chez mon Père"... A 12 ans, Jésus est donc parfaitement conscient de son identité.

 

En Luc 3. 23 : "Jésus avait environ trente ans ; il était, croyait-on, fils de Joseph". "Croyait-on"...

 

Malgré que Joseph ne soit pas le père naturel de Jésus, sa présence est essentielle dans le Plan de Dieu. Il est tout d'abord pour Jésus le signe visible et sensible de son Père du Ciel. Il est aussi le premier père adoptif : le premier de tous les parents adoptifs qui vont aimer un enfant de tout leur coeur, alors qu'il n'est pas de leur propre chair. Il est un père dans la foi, car il lui est demandé de consentir au mystère, de dire "oui" au "oui" de Marie. Il est enfin le premier des pères spirituels qui engendre spirituellement un enfant qui n'est pas de sa chair. Il est ainsi le "staretz"... de Dieu!

 

3°) L'Evangile de Marc

 

En 6.3, Jésus est étrangement désigné comme étant le fils de Marie, et non celui de Joseph, alors que le contexte se prêterait pourtant à une telle dénomination : "N'est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ?"

 

Sur les "frères et soeurs" de Jésus, voir : Jésus a-t-il eu des frères et des soeurs?

4°) L'Evangile de Jean

 

Dans le prologue, Jean nous dit que Jésus n'est engendré "ni du sang, ni d'un désir d'homme, mais de Dieu".

 

En 8.48, les pharisiens lui lancent : "Nous, nous ne sommes pas nés de la prostitution!" Jésus leur dira : "C'est de Dieu que je suis sorti".

 

5°) En Saint Paul

 

Dans l'Epître au Galate, en 4.4, Saint Paul écrit : "Dieu a envoyé son Fils ; il est né d'une femme". "Né d'une femme" : dans la culture hébraïque, voilà une expression bien étrange...

 

Au ras des Evangiles et du Nouveau Testament, il s'impose donc une évidence : c'est que le fait a précédé l'interprétation. Il y a eu un fait incontournable, qui a beaucoup gêné les Evangélistes, mais que ceux-ci n'ont pu taire, un fait dont il a bien fallu ensuite expliquer le sens. La vérité est ici proclamée au risque de ses conséquences, car elle est scandale impossible à expliquer aux hommes : elle est de l'ordre d'une intervention gratuite de Dieu.

4e étoile : au ras des Evangiles

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commentaires

Dugas 11/06/2006 04:03

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