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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 20:00

Extrait de l’Audience Générale du Pape Benoît XVI du 19 décembre 2007.

Chers frères et sœurs!

Au cours de ces journées, alors que nous nous approchons de la grande fête de Noël, la liturgie nous pousse à intensifier notre préparation, en mettant à notre disposition de nombreux textes bibliques de l'Ancien et du Nouveau Testament, qui nous incitent à bien cerner le sens et la valeur de cette fête annuelle.

Si, d'une part, Noël nous fait commémorer le prodige incroyable de la naissance du Fils unique de Dieu de la Vierge Marie dans la grotte de Bethléem, de l'autre, il nous exhorte également à attendre, en veillant et en priant, notre Rédempteur lui-même, qui au dernier jour "viendra juger les vivants et les morts".

Peut être qu'aujourd'hui, nous aussi en tant que croyants, nous attendons réellement le Juge ; mais tous nous attendons la justice. Nous voyons tant d'injustice dans le monde, dans notre petit monde, chez nous, dans notre quartier, mais également dans le grand monde des Etats, des sociétés. Et nous attendons que justice soit faite. La justice est un concept abstrait : on fait justice. Nous attendons que vienne concrètement celui qui peut faire la justice. Et nous prions en ce sens : Viens, Seigneur Jésus Christ, comme Juge, viens selon ta manière. Le Seigneur sait comment entrer dans le monde et instaurer la justice. Nous prions afin que le Seigneur, le Juge, nous réponde, qu'il instaure réellement la justice dans le monde.

Nous attendons la justice, mais cela ne peut pas être seulement l'expression d'une certaine exigence à l'égard des autres. Attendre la justice au sens chrétien indique surtout que nous commençons nous-mêmes à vivre sous le regard du Juge, selon les critères du Juge ; que nous commençons à vivre en sa présence, en réalisant la justice dans notre vie. Ainsi, en réalisant la justice, en nous mettant en présence du Juge, nous attendons la justice dans la réalité. Tel est le sens de l'Avent, de la vigilance. La vigilance de l'Avent signifie vivre sous le regard du Juge et nous préparer ainsi nous-mêmes et le monde à la justice. De cette façon, en vivant sous le regard du Dieu-Juge, nous pouvons ouvrir le monde à la venue de son Fils, préparant notre cœur à accueillir "le Seigneur qui vient". L'Enfant, que les bergers adorèrent dans la grotte de Bethléem il y a environ deux mille ans, ne se lasse jamais de nous rendre visite dans la vie quotidienne, alors que nous marchons en pèlerinage vers le Royaume. Dans son attente, le croyant se fait alors l'interprète des espérances de l'humanité tout entière ; l'humanité aspire à la justice et ainsi, bien que parfois de manière inconsciente, elle attend Dieu, elle attend le salut que Dieu seul peut nous donner.


Pour nous chrétiens cette attente est marquée par la prière assidue, comme cela apparaît dans la série particulièrement suggestive d'invocations qui nous sont proposées, au cours de ces jours de la Neuvaine de Noël, que ce soit dans la Messe, dans le chant de l'Evangile, ou dans la célébration des Vêpres avant le cantique du Magnificat. Chacune des invocations, qui implorent la venue de la Sagesse, du Soleil de justice, du Dieu-avec-nous, contient une prière adressée à l'Attendu des nations, afin qu'il hâte sa venue. Invoquer le don de la naissance du Sauveur promis signifie cependant également s'engager à en préparer la voie, à lui préparer une demeure digne, non seulement là où nous vivons, mais surtout dans notre âme. En nous laissant guider par l'évangéliste Jean, cherchons donc au cours de ces journées à tourner notre esprit et notre cœur vers le Verbe éternel, vers le Logos, la Parole qui s'est faite chair et de la plénitude duquel nous avons reçu grâce après grâce (cf. 1, 14.16). Cette foi dans le Logos Créateur, dans la Parole qui a créé le monde, en Celui qui est venu comme un Enfant, cette foi et sa grande espérance apparaissent aujourd'hui malheureusement éloignées de la réalité de la vie vécue chaque jour, publique ou privée. Cette vérité apparaît trop grande. Nous nous arrangeons nous-mêmes selon les possibilités que nous trouvons, c'est tout au moins ce qu'il semble. Mais de cette façon, le monde devient toujours plus chaotique et aussi violent : nous le voyons chaque jour. Et la lumière de Dieu, la lumière de la Vérité, s'éteint. La vie devient obscure et sans boussole.


Comme il est alors important que nous soyons réellement chrétiens et qu'en chrétiens nous réaffirmions avec force, à travers notre vie, le mystère du salut que contient la célébration du Noël du Christ! A Bethléem s'est manifestée au monde la Lumière qui illumine notre vie ; la voie qui nous conduit à la plénitude de notre humanité nous a été révélée. Si l'on ne reconnaît pas que Dieu s'est fait homme, quel sens cela a-t-il de fêter Noël? La célébration devient vide. En tant que chrétiens nous devons tout d'abord réaffirmer avec une conviction profonde et sincère la vérité du Noël du Christ, pour témoigner face à tous de la conscience d'un don inouï, qui est une richesse non seulement pour nous, mais pour tous.
C'est de là que naît le devoir de l'évangélisation qui est précisément la communication de cet "eu-angelion", de cette "Bonne Nouvelle". C'est ce qui a récemment été rappelé par le document de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, intitulé
Note doctrinale sur quelques aspects de l’Évangélisation, que je désire soumettre à votre réflexion et à votre approfondissement personnel et communautaire (…).

Demandons au Seigneur d'ouvrir notre âme, afin de pouvoir entrer dans le mystère de son Noël. Que Marie, qui a donné son sein virginal au Verbe de Dieu, qui l'a contemplé enfant entre ses bras maternels, et qui continue à l'offrir à tous comme Rédempteur du monde, nous aide à faire du prochain Noël une occasion de croissance dans la connaissance et dans l'amour du Christ.


Lire le texte intégral de l'Audience Générale du Pape Benoît XVI

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Published by Matthieu BOUCART - dans Benoit XVI
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