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18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 18:20


Deuxième Partie
: LA RAISON


INTRODUCTION

 

 


Chers amis,

Nous commençons aujourd’hui la deuxième grande partie de notre réflexion sur l’existence de Dieu.

Dans la première partie, nous avons posé ouvertement la question – sans doute la plus cruciale, la plus importante pour un être humain et la vie des hommes en général, en même temps que certainement l’une des plus taboues et des moins débattues dans notre société d’aujourd’hui : Dieu existe-t-il ?

Nous avons tenté de démontrer que, s’il est vrai qu’il n’existe pas – et qu’il n’existera jamais ! – de preuves « scientifico-expérimentales » de l’existence de Dieu (pas plus d’ailleurs qu’il n’existe et n’existera de preuves « scientifico-expérimentales » de l’inexistence de Dieu), nous avons dans l’œuvre grandiose de la Création un signe évident de l’existence d’une Intelligence souveraine et toute-puissante à l’œuvre dans l’univers ; une manifestation sensible de la gloire et de la majesté de Dieu.

La splendeur de notre univers – de l’infiniment grand à l’infiniment petit, en passant par le monde terrestre des minéraux, des végétaux, des animaux et des hommes –, nous livre un témoignage éloquent de l’existence d’un Artiste génial et supérieur ; d’une Présence d’Amour à l’origine de toute chose dans ce monde.

Alors croyez bien, chers amis, que je n’oublie pas le problème du mal et de la souffrance.

Il est certain que l’existence du Mal dans le monde constitue une objection sérieuse contre l’existence de Dieu, contre sa bonté infinie ou sa Toute-Puissance. Et nous aurons l’occasion de revenir ultérieurement sur ce délicat sujet qui est, en fait, au cœur même de la Bible et du Message chrétien.

Mais le désordre est la contrepartie de l’ordre. La maladie, par exemple, est la rupture du merveilleux équilibre du vivant. Il faut donc bien expliquer l’ordre avant le désordre ; pourquoi il y a équilibre avant de réfléchir sur le déséquilibre.

Il faut expliquer pourquoi il y a du bien dans notre existence – sans quoi le Mal ne nous révolterait même pas. L’existence du Mal ne nous blesse profondément que dans la mesure où nous faisons tous l’expérience du bien – ou d’un bien, dont le mal nous prive – et parce que nous sentons bien, au fond de notre cœur, que nous sommes appelés à vivre autre chose que le mal et la souffrance.

Pour le théologien Claude Tresmontant, le mal n’est un scandale que « par rapport à la théologie juive et chrétienne » : « il ne se pose pas du tout dans la perspective athée. En effet, dans cette perspective, s’il est vrai que la matière est le premier être, l’Être absolu qui ne dépend d’aucun autre, si elle a produit seule et « par hasard » les êtres organisés, comme le pensaient les philosophes atomistes, il faut s’estimer heureux qu’il n’y ait pas plus de monstres et de ratés dans la nature. S’il se trouve quelque échec, quelque animal mal constitué, quelque enfant mal formé, si tout ne va pas pour le mieux, nous ne pouvons pas nous en prendre à la matière aveugle. Nous ne pouvons nous en prendre à personne. Le miracle, c’est que les êtres soient, en général et le plus souvent, réussis et même beaux, qu’il y ait si peu de monstres, que nous soyons tous constitués d’une manière qui, en gros, est viable. C’est un miracle, quotidiennement renouvelé et stupéfiant.

« Nous l’avons vu : dans la perspective athée, ce qui fait problème, ce n’est pas le problème du mal qui est dans le monde, mais c’est d’abord l’existence du monde, qui est impensable, et puis l’existence des êtres organisés, le fait même de l’organisation ; en somme la réussite éclatante que constitue l’existence de la vie, des êtres vivants, de l’évolution biologique. Ce qui fait difficulté, dans la perspective athée, ce n’est pas l’existence du mal dans le monde, mais l’existence du bien, du bon, de l’être, de la vie… »

L’existence du Mal ne doit donc pas nous aveugler, et nous voiler la beauté première et primordiale de l’univers, l’organisation admirable du Cosmos, ou encore l’existence d’hommes et de femmes sur cette terre (pas toujours médiatiques il est vrai) qui luttent de toutes leurs forces contre le Mal, certains parfois au prix de leur vie…

Bref, le bien, ça existe aussi ! Et ça existe d’abord !

Aussi, avant d’examiner la question de savoir pourquoi il y a du Mal dans notre monde, il faut s’interroger sur la question de savoir pourquoi il y a du bien. Car, comme disait Saint Augustin : si Dieu n’existe pas, d’où vient le bien ?

Saint Thomas d’Aquin allait jusqu’à considérer l’existence du mal comme une preuve tangible de l’existence de Dieu ! Car pour qu’il y ait du mal, il faut qu’il y ait des êtres souffrant de ce mal. Si ces êtres n’existent pas, le mal non plus ne peut pas exister. D’où vient donc qu’il y ait des êtres capables de souffrir ? Pour le docteur angélique, le mal nous interpelle vivement sur l’existence de ces êtres souffrants qui, avant d’être souffrants, sont des êtres tout simplement dont l’existence, en tant que telle, interroge notre raison (cf. Summa contra Gentiles, III, 71). Il n’y aurait pas de souffrance s’il n’y avait pas d’êtres souffrants ; il n’y aurait pas d’êtres souffrants s’il n’y avait pas d’êtres du tout ; il n’y aurait pas d’êtres du tout si Dieu n’existait pas. Le mal nous révèle donc – à la manière d’un « négatif » photographique – l’existence de Dieu.

La question « du bien, du bon, de l’être, de la vie » se posant avant même celle du mal, nous allons poursuivre notre réflexion sur l’existence de Dieu en approfondissant la question de la rationalité de notre foi (nous aborderons dans la troisième partie la question de la Révélation).

Il est habituel d’opposer Dieu et la Raison. C’est ainsi que nombre d’athées rejettent Dieu au nom d’une Raison qui ne pourrait, selon eux, reconnaître pour vraie que ce que l’on pourrait voir, toucher et mesurer. Il leur paraît déraisonnable, absurde, voire nuisible d’adhérer à une « réalité » qui ne puisse se démontrer de manière « scientifique » – surtout lorsqu’elle implique autant de contraintes dans la vie des hommes que celle de Dieu.

Mais certains croyants eux-mêmes pensent que l’existence de Dieu n’a pas à être justifiée par la Raison ! Ils estiment que les vérités de la foi ne s’appuient sur aucun préambule rationnel ; que la Foi possède en elle-même sa propre raison et sa propre justification. Ils la considèrent comme une pure affaire d’expérience ou de sentiment, une question de conviction personnelle et subjective. Selon cette perspective, l’homme croit parce qu’il veut bien croire – un point, c’est tout ! Il n’y a pas à argumenter ni à débattre vainement ; on croit ou on ne croit pas. La question de l’existence de Dieu ressortirait de l’opinion de chacun, non d’une vérité objective démontrable rationnellement.

Ce sont ces deux types de considération dont nous allons tenter de démontrer la fausseté. Nous allons voir en effet que non seulement il est raisonnable de croire, mais qu’il est plus raisonnable de croire que de ne pas croire ; et bien plus : qu’il est absurde de ne pas croire.

(à suivre…)



Bibliographie de cette Introduction :

- Jacques LACOURT, « Croire en Dieu : est-ce possible aujourd’hui ? », Droguet & Ardant, 1991
- Mgr André-Mutien LEONARD, « Les raisons de croire », Editions Communio Fayard, 1987
- Claude TRESMONTANT, « Comment se pose aujourd'hui le problème de l'existence de Dieu », Editions du Seuil, 1966 

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