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31 mars 2006 5 31 /03 /mars /2006 12:11

ROME, Lundi 27 mars 2006 (ZENIT.org) – Au cœur de la crise qui agite la France autour du « Contrat première embauche » (CPE) Mgr Vingt-Trois, archevêque de Paris, a lancé un message de responsabilisation et d’espérance aux milliers d’étudiants rassemblés pour le pèlerinage de Chartres, les 25 et 26 mars (cf. http://catholique-paris.cef.fr). 

Voici quelques extraits de l’homélie de Mgr Vingt-Trois :

« Nous
[vivons] une crise qui exprime une anxiété par rapport à l’avenir. Il me semble que cette anxiété doit nous faire réfléchir sur la manière dont nous nous représentons l’avenir. Qui a les solutions de l’avenir ? Qu’attendons-nous de l’avenir ? Quelle est notre espérance ? 

« Pour beaucoup, la seule espérance qui les motive est celle de la
sécurité : sécurité de l’emploi, sécurité du niveau de vie, sécurité de la santé, etc. 

« Mais qui peut vous laisser croire, ou vous faire croire, qu’il vous apportera ces garanties ? Honnêtement, je ne crois pas que quiconque aujourd’hui puisse vous garantir cette sécurité, pas plus que vous assurer que vous aurez un niveau de vie comparable à celui de vos parents. 

« Derrière cette promesse en trompe-l’œil, il y a un jugement qui se dessine sur les valeurs communément admises dans notre société. 

« La question radicale est de savoir à quoi nous accordons le plus de prix et ce qui peut vous conduire à une véritable maîtrise de votre vie et à un accomplissement de vos capacités, à un équilibre qui vous permette de connaître le bonheur. Pas seulement un petit bonheur mesurable par les sécurités du contrat social, pas seulement le bonheur d’un CDI ou d’une profession protégée, mais le bonheur réel et profond qui donne la joie d’être au monde et de vivre. 

« Ce bonheur-là, personne ne peut l’apporter tout cuit sur un plateau avec le talisman d’un diplôme. Il faut le construire et le reconstruire chaque jour, parce que ce bonheur là ne résulte pas de ce que les autres ou la société pourraient nous donner, mais de la décision d’engager notre vie pour le service des autres et pour la transformation du monde. Ce bonheur, il est le fruit de l’amour qui transforme notre vie et qui lui donne une dimension nouvelle. Il n’est pas le repos après l’effort, il est le réveil quotidien de l’inquiétude pour la vie de nos frères 


« (…) La lumière que nous donne le Christ, c’est d’abord sa parole qui nous indique les chemins de la vie et du bonheur. 

« Finalement, la question qui s’impose à nous est la suivante : le Christ, avec sa parole, sa présence sacramentelle dans la vie de l’Église, son Esprit qui nous habite, le Christ Jésus est-il vraiment la lumière de notre vie quotidienne ? Est-il celui en qui nous mettons notre confiance pour notre avenir, celui qui ne déçoit pas et qui ne trompe pas, celui qui nous garantit la véritable sécurité, celle qui vient de Dieu. 
 


« Mes chers amis, les circonstances nous mettent tous devant un choix auquel nous ne pouvons pas échapper : quelle est la valeur suprême de notre vie ? Est-ce que nous sommes prêts à faire confiance à Dieu et à risquer nos sécurités dans le service de nos frères ? Ou bien préférons-nous la sécurité de la société de consommation et de la protection du niveau de vie ? 
 


« Personne ne peut imposer la réponse à ces questions. La réponse doit jaillir de votre liberté et de votre désir d’aimer et de servir vos frères. Mais si vous choisissez la liberté dans le Christ, je peux vous garantir qu’il ne vous laissera pas tomber et qu’il vous comblera de joie. Si vous choisissez la sécurité garantie par la société, j’espère que vous savez ce que vous faites et que vous assumerez vos déceptions (…). »
 



+
André Vingt-Trois

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commentaires

Armand 31/03/2006 20:26

Bonjour Matthieu, Bonjour Miky, Félicitations pour ce blog très intéressant ! Dans le texte que tu cites, j'ai été frappé par la phrase suivante : « La question radicale est de savoir à quoi nous accordons le plus de prix et ce qui peut vous conduire à une véritable maîtrise de votre vie et à un accomplissement de vos capacités, à un équilibre qui vous permette de connaître le bonheur." Elle me parait très actuelle. En effet, avec l’évolution de la société et de la technologie, la distance entre le désir et son assouvissement s’est réduite à l’extrême. Autrefois, entre le désir de voir quelqu’un et sa réalisation, il y avait, 20 km de marche à pied, ou 100 ou 1000... Des jours et des jours parfois … Maintenant, on prend sa voiture, le TGV, l’avion ; on MSN avec ses copains, on skype au bout du monde, on explore un site québécois, japonais, brésilien. Autrefois, on voulait écouter de la musique ? On faisait 10 bornes à pied pour écouter l’harmonium de l’église d’à côté ou on se taillait une flûte dans un roseau. Maintenant, on choisit en une seconde un morceau parmi les 5000 qui sont sur notre ipod. On court le risque d’être maîtrisé, parfois réduit en esclavage, par nos désirs et leur satisfaction immédiate. D’où le mot important de la phrase que tu cites « la maîtrise ». Et pour qu’il y ait maîtrise, il faut qu’il y ait eu au préalable une réflexion sur ce « à quoi nous accordons le plus de prix ». C’est facile à dire, mais pas facile à réaliser... C’est le moins qu’on puisse dire. Recherche philosophique, théologique, illumination de la foi … jamais totalement résolu de toute façon. Autre mot important : « l’équilibre ». L’excès, dans un sens ou dans un autre, bien tentant, conforme à l’esprit souvent systématisant, réducteur, peu enclin à la nuance, de l’être humain, est de nature à nous éloigner de notre objectif de bonheur, avec les autres et par les autres. Comme c’est difficile dans un monde qui sans cesse nous pousse à la consommation, à la surconsommation, à l’excès, à la transgression ! Beaucoup de choses sont bonnes avec le bon dosage. Si elles sont absentes, on dépérit, si elles sont en excès, elles peuvent être mortelles. C’est le fameux arbre de la connaissance de bien et du mal du paradis avant le péché originel. Avant la chute qui nous marque tous, mystérieusement, il était facile de distinguer le bien du mal. C’était évident, spontané, donné. Après la chute, on se gratte la tête, on philosophe, on cherche et seul la grâce reçue par le Sauveur nous aide à nous y retrouver, nous aide à faire le bon usage des dons de la nature. Y a-t-il un pilote dans l’avion ? Voilà la grande question. Un pilote dans notre avion, dans mon avion, dans ton avion … Maîtrisons nous notre vie ou sommes nous maîtrisés par les évènements et nos désirs ? C’est la grandeur et de l’homme et de la femme d’aujourd’hui d’être capable de se piloter soi-même, de définir le cap, l’altitude, la vitesse pour aller vers le bonheur, avec et pour les autres, à contribuer – c’est un grand mot, mais qui a du sens- au salut du monde, à notre petite échelle bien entendu. Pour un chrétien ce bonheur passe par l’amour donné et reçu du prochain, par l’amour donné et reçu de celui qui Est Voilà, je voulais écrire deux lignes et j’en ai écris plus … Amicalement, Armand.

Miky 31/03/2006 14:57

Cher Matthieu,
Bonne nouvelle : enfin un article avec lequel je suis (à peu près) d'accord ;-) Modulo les passages sur le Christ et Dieu, quoique si faire confiance en Dieu et choisir sa liberté dans le Christ veut simplement dire faire confiance aux valeurs humanistes et choisir sa liberté dans l'action charitable, ça me convient...
Amitiés,
Miky

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