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28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 23:00

Extrait de l’Audience Générale du Pape Benoît XVI du 11 avril 2007.

Au cours de ces journées, la liturgie rappelle plusieurs rencontres que Jésus eut après sa résurrection : avec Marie-Madeleine et les autres femmes qui étaient allées au sépulcre de bon matin, le jour suivant le samedi ; avec les Apôtres réunis incrédules au Cénacle ; avec Thomas et les autres disciples. Ces diverses apparitions constituent également pour nous une invitation à approfondir le message fondamental de la Pâque. Elles nous incitent à reparcourir l'itinéraire spirituel de ceux qui ont rencontré le Christ et qui l'ont reconnu lors des premiers jours après les événements pascals.

L'évangéliste Jean rapporte que Pierre et lui-même, ayant entendu la nouvelle annoncée par Marie-Madeleine, étaient accourus, presque en compétition, vers le sépulcre (cf. Jn 20, 3sq). Les Pères de l'Eglise ont vu dans leur hâte à se presser vers la tombe vide une exhortation à l'unique compétition légitime entre les croyants : la compétition dans la recherche du Christ. Et que dire de Marie-Madeleine ? En pleurs, elle reste à côté de la tombe vide avec l'unique désir de savoir où l'on a emporté son Maître. Elle le retrouve et le reconnaît lorsqu'Il l'appelle par son nom (cf. Jn 20, 11-18). Nous aussi, si nous cherchons le Seigneur avec une âme simple et sincère, nous le rencontrerons, ce sera même Lui qui viendra à notre rencontre ; il se fera reconnaître, il nous appellera par notre nom, c'est-à-dire qu'il nous fera entrer dans l'intimité de son amour.

Aujourd'hui, Mercredi de l'Octave de Pâques, la liturgie nous fait méditer sur une autre rencontre singulière du Ressuscité, celle avec les deux disciples d'Emmaüs (cf. Lc 24, 13-35). Alors qu'ils rentraient chez eux, inconsolables, le Seigneur se mit en marche avec eux sans qu'ils le reconnaissent. Ses paroles, commentant les Ecritures qui le concernaient, rendirent ardents le cœur des deux disciples qui, parvenus à destination, lui demandèrent de rester avec eux. A la fin, lorsqu'Il "prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna" (v. 30), leurs yeux s'ouvrirent. Mais à cet instant même, Jésus disparut de leur vue. Ils le reconnurent donc lorsqu'il disparut. Commentant cet épisode évangélique, saint Augustin observe : "Jésus partage le pain, ils le reconnaissent. Alors, ne disons plus que nous ne connaissons pas le Christ ! Si nous croyons, nous le connaissons ! Mieux encore, si nous croyons, nous l'avons ! Ils avaient le Christ à leur table, nous l'avons dans notre âme". Et il conclut : "Avoir le Christ dans son cœur représente beaucoup plus que l'avoir dans sa propre demeure : en effet, notre cœur est plus proche de nous-mêmes que notre maison" (Discours 232, VII, 7). Cherchons vraiment à porter Jésus dans notre cœur.

Dans le prologue des Actes des Apôtres, saint Luc affirme que le Seigneur ressuscité "c'est à eux [les apôtres] qu'il s'était montré vivant après sa Passion : il leur en avait donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur était apparu" (1, 3). Il faut bien comprendre : lorsque l'auteur saint dit "qu'il s'était montré vivant" cela ne veut pas dire que Jésus était revenu à la vie d'avant, comme Lazare. La Pâque que nous célébrons, observe saint Bernard, signifie "passage" et non "retour", car Jésus n'est pas revenu dans la situation précédente, mais "il a franchi une frontière vers une condition plus glorieuse", nouvelle et définitive. C'est pourquoi, il ajoute, "à présent, le Christ est vraiment passé à une vie nouvelle" (cf. Discours sur la Pâque).

Le Seigneur avait dit à Marie-Madeleine : "Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père" (Jn 20, 17). C'est une expression, qui nous surprend, surtout si on la compare avec ce qui se passe, en revanche, avec Thomas l'incrédule. Là, au Cénacle, ce fut le Ressuscité lui-même qui présenta ses mains et son côté à l'Apôtre pour qu'il les touche et en tire la certitude que c'était vraiment Lui (cf. Jn 20, 27). En réalité, les deux épisodes ne sont pas en opposition; au contraire, l'un aide à comprendre l'autre. Marie-Madeleine voudrait à nouveau avoir son Maître comme avant, considérant la Croix comme un souvenir dramatique à oublier. Mais désormais il n'y a plus de place pour une relation avec le Ressuscité qui soit purement humaine. Pour le rencontrer il ne faut pas revenir en arrière, mais se mettre d'une nouvelle façon en relation avec Lui : il faut aller de l'avant! C'est ce que souligne saint Bernard : Jésus "nous invite tous à cette vie nouvelle, à ce passage... Nous ne verrons pas le Christ en nous tournant en arrière" (Discours sur la Pâque). C'est ce qui s'est passé pour Thomas. Jésus lui montre ses blessures non pour oublier la Croix, mais pour la rendre inoubliable également à l'avenir. En effet, c'est vers l'avenir que le regard est désormais tourné. Le devoir du disciple est de témoigner de la mort et de la résurrection de son Maître et de sa vie nouvelle. C'est pourquoi Jésus invite son ami incrédule à "le toucher" : il veut en faire un témoin direct de sa résurrection.

Chers frères et sœurs, nous aussi, comme Marie Madeleine, Thomas et les autres apôtres, nous sommes appelés à être des témoins de la mort et de la résurrection du Christ. Nous ne pouvons pas garder la grande nouvelle pour nous. Nous devons l'apporter au monde entier : "Nous avons vu le Seigneur!" (Jn 20, 25).



Lire le texte intégral de l'Audience Générale du Pape Benoît XVI

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