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1 février 2006 3 01 /02 /février /2006 13:05

LETTRE ENCYCLIQUE
DEUS CARITAS EST
DU SOUVERAIN PONTIFE
BENOÎT XVI
AUX ÉVÊQUES
AUX PRÊTRES ET AUX DIACRES
AUX PERSONNES CONSACRÉES
ET À TOUS LES FIDÈLES LAÏCS
SUR L'AMOUR CHRÉTIEN

 

[Nous commençons aujourd'hui notre lecture commentée de la première Encyclique du Pape Benoît XVI.

[1ère remarque : cette Encyclique s’adresse aux chrétiens. Les enseignements du Saint Père dans la présente encyclique doivent donc être lus comme tels par les non chrétiens ou non croyants. C’est un Papa (sens du mot « Pape ») qui écrit à ses enfants.]

 

INTRODUCTION

1. «Dieu est amour : celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu en lui» (1 Jn 4, 16). Ces paroles de la Première Lettre de saint Jean expriment avec une particulière clarté ce qui fait le centre de la foi chrétienne : l’image chrétienne de Dieu, ainsi que l'image de l'homme et de son chemin, qui en découle.

[Ce qui constitue le centre de notre foi (le mot «centre» revient trois fois dans ce premier paragraphe), c’est l’image chrétienne du Dieu Amour. L’amour de Dieu n’est donc pas quelque chose d’anecdotique, de secondaire, c’est le cœur du cœur de la Révélation divine. On ne peut rien comprendre à la foi chrétienne, ni à la morale chrétienne, si l’on oublie que l’homme est appelé à une relation personnelle avec un Dieu qui est Amour. Non pas un tyran, un Dictateur céleste, mais un Papa chéri (sens du mot « Abba »), un Dieu qui n’est qu’amour et Miséricorde pour l’homme.]

De plus, dans ce même verset, Jean nous offre pour ainsi dire une formule synthétique de l’existence chrétienne : «Nous avons reconnu et nous avons cru que l’amour de Dieu est parmi nous». Nous avons cru à l’amour de Dieu : c’est ainsi que le chrétien peut exprimer le choix fondamental de sa vie.

À l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive. Dans son Évangile, Jean avait exprimé cet événement par ces mots : «Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui [...] obtiendra la vie éternelle» (3, 16).

[Le chrétien ne croit donc pas à une vague déité sans nom ni sans visage. Pour lui, Dieu, c’est Quelqu’un. Quelqu’un avec qui on peut nouer une relation, Quelqu’un qui nous veut le plus grand bien, et qui agit concrètement dans chacune de nos existences.

[Quelqu’un, cela suppose une altérité, donc une relation avec un autre que soi, avec différent de soi ; cela suppose une remise en question de soi-même, une tension vers l’Autre, une écoute, et par là même, un renoncement à notre propre volonté pour se rendre attentif à une autre volonté, une autre Parole que la nôtre… Telle est la conversion chrétienne : Se tourner vers Quelqu’un.

[Mais sans une rencontre personnelle avec Dieu, sans cette expérience de l’évènement de l’Amour de Dieu, quelle qu’en soit la forme, rien ne peut se faire dans notre vie, rien ne peut durablement changer, aucune conversion véritable n’est possible. Car seul l’Amour mérite d’être écouté et suivi ; seul l’Amour est digne d’amour. C’est sans doute la raison pour laquelle le Pape a souhaité parler de l’Amour de Dieu dans sa première Encyclique : afin de favoriser cette rencontre de l’homme avec l’Amour de Dieu, Principe de toutes les vertus humaines, et de l’héroïsme des Saints.]

En reconnaissant le caractère central de l’amour, la foi chrétienne a accueilli ce qui était le noyau de la foi d’Israël et, en même temps, elle a donné à ce noyau une profondeur et une ampleur nouvelles. En effet, l’Israélite croyant prie chaque jour avec les mots du Livre du Deutéronome, dans lesquels il sait qu’est contenu le centre de son existence : «Écoute, Israël: le Seigneur notre Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force» (6, 4-5). Jésus a réuni, en en faisant un unique précepte, le commandement de l’amour de Dieu et le commandement de l’amour du prochain, contenus dans le Livre du Lévitique : «Tu aimeras ton prochain comme toi-même» (19, 18 ; cf. Mc 12, 29-31).

Comme Dieu nous a aimés le premier (cf. 1 Jn 4, 10), l’amour n’est plus seulement un commandement, mais il est la réponse au don de l'amour par lequel Dieu vient à notre rencontre.

[Dieu nous a aimé le premier... C’est la découverte de cet Amour primordial qui va faire naître en nous le désir de plaire à Dieu, comme un fiancé cherche à plaire à sa fiancée, et de lui rendre amour pour amour. La morale chrétienne n’est rien d’autre que le débordement d’amour de l’homme envers son Dieu à qui il offre et consacre sa vie.

[« Dans la bouche de Jésus (…), écrivait le père Raniero Cantalamessa, prédicateur de la Maison pontificale, se convertir (…) signifie (…) saisir le salut qui est venu aux hommes gratuitement, à travers l’initiative libre et souveraine de Dieu.

[« Il n’y a plus, d’abord, la conversion de la part de l’homme et ensuite le salut, comme récompense de la part de Dieu ; mais d’abord le salut, comme offre généreuse et gratuite de Dieu, puis la conversion comme réponse de l’homme. C’est en cela que consiste la «Bonne Nouvelle», le caractère joyeux de la conversion évangélique.

[« Dieu n’attend pas que l’homme fasse le premier pas, qu’il change de vie, qu’il fasse de bonnes œuvres, comme si le salut était une récompense due à ses efforts. Non, il y a d’abord la grâce, l’initiative de Dieu. En cela, le christianisme se distingue de toute autre religion : elle ne commence pas par prêcher le devoir mais le don ; elle ne commence pas par la loi mais par la grâce. » (Méditation de l’Evangile du dimanche 22 janvier 2006)]

Dans un monde où l’on associe parfois la vengeance au nom de Dieu, ou même le devoir de la haine et de la violence, c’est un message qui a une grande actualité et une signification très concrète.

C’est pourquoi, dans ma première Encyclique, je désire parler de l’amour dont Dieu nous comble et que nous devons communiquer aux autres.

Par là sont ainsi indiquées les deux grandes parties de cette Lettre, profondément reliées entre elles.

La première aura un caractère plus spéculatif, étant donné que je voudrais y préciser – au début de mon Pontificat – certains éléments essentiels sur l'amour que Dieu, de manière mystérieuse et gratuite, offre à l'homme, de même que le lien intrinsèque de cet Amour avec la réalité de l'amour humain.

La seconde partie aura un caractère plus concret, puisqu'elle traitera de la pratique ecclésiale du commandement de l'amour pour le prochain. La question est très vaste, un long développement dépasserait néanmoins le but de cette Encyclique. Je désire insister sur certains éléments fondamentaux, de manière à susciter dans le monde un dynamisme renouvelé pour l'engagement dans la réponse humaine à l'amour divin.

[1ère partie

L’unité de l’amour dans la création et dans l’histoire du salut
- Un problème de langage [2]
- « Eros » et « Agapè »  - différence et unité [3-8]
- La nouveauté de la foi biblique [9-11]
- Jésus-Christ : l’amour incarné de Dieu [12-15]
- Amour de Dieu et amour du prochain [16-18]

2ème partie

Caritas :  l’exercice de l’amour de la part de l’Eglise en tant que communauté d’amour
- La charité de l’Eglise comme manifestation de l’amour trinitaire [19]
- La charité comme tâche de l’Eglise [20-25]
- Justice et charité [26-29]
- Les nombreuses structures de service caritatif dans le contexte social actuel [30]
- Le profil spécifique de l’activité caritative de l’Eglise [31]
- Les responsables de l’action caritative de l’Eglise [32-39]

Conclusion [40-42].]

 

Lire le texte intégral de l'Encyclique

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