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10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 23:23


Première Partie
: LA CREATION


LA STRUCTURE INTELLIGENTE DE L'UNIVERS
 

    




Chers amis lecteurs,

Pour tenter de répondre à la question de l’existence de Dieu, nous avons commencé par contempler le monde qui nous entoure, de l’infiniment grand à l’infiniment petit, en nous attardant plus longuement sur la plus curieuse des créatures que l’univers ait enfantée : l’homme.

Je voudrais aujourd’hui (pour clore cette première partie) m’étonner avec vous de la remarquable adaptation des capacités intellectuelles de l’homme à l’activité scientifique, qui lui permet de scruter l’univers et d'en connaître la structure, la genèse et le développement.

Comment ne pas être émerveillé en effet à la considération que notre univers se donne ainsi à connaître et comprendre à nos humaines intelligences ? Comment ne pas s'exclamer avec Albert Einstein que
 « ce qu’il y a de plus incompréhensible dans l’Univers, c’est qu’il soit compréhensible. »

« A priori,
 considérait le célèbre physicien allemand, on devrait s’attendre à un monde chaotique, qui ne peut en aucune façon être saisi par la pensée. On pourrait, et même on devrait s’attendre à ce que le monde soit soumis à la loi dans la mesure seulement où nous intervenons avec notre intelligence ordonnatrice. Ce serait une espèce d’ordre comme l’ordre alphabétique des mots d’une langue. L’espèce d’ordre, par contre, créé par exemple par la théorie de la gravitation de Newton est d’un tout autre caractère. Car si les axiomes de la théorie sont posées par l’homme, le succès d’une telle entreprise suppose un ordre d’un haut degré du monde objectif qu’on n’était, a priori, nullement autorisé à attendre. C’est cela le miracle qui se fortifie de plus en plus avec le développement de nos connaissances. »

Selon Paul Davis : « On [pourrait par exemple] aisément imaginer un monde dans lequel les phénomènes se produisant en un point donné de l’univers, ou à un niveau donné de taille ou d’énergie, seraient étroitement emmêlés avec tout le reste, d’une façon qui interdirait de comprendre l’ensemble au moyen de simples séries de lois. Ou, pour emprunter une comparaison au jeu de mots croisés, au lieu d’avoir affaire à une grille de mots séparément identifiables et inter-reliés, nous n’aurions comme solution qu’un seul et unique mot extrêmement compliqué. Nous ne pourrions alors comprendre l’univers que sur le mode du tout ou rien. » (cité par Michael Denton, in « L’évolution a-t-elle un sens ? » Fayard 1997).

Aristote, lui aussi, avait été extrêmement frappé en son temps de voir combien la structure du monde s’adaptait si bien à la compréhension humaine. Pour le philosophe grec, nous rapporte Jonathan Lear (cité par Michael DENTON, in « L’évolution a-t-elle un sens ? » Fayard 1997), « l’étude de la nature révélait que le monde avait pour sens d’être connaissable ; l’étude de l’âme humaine révélait que l’homme avait pour sens de connaître. C’est comme si le monde et l’homme avaient été faits l’un pour l’autre. »


Le mathématicien Eugen Wigner était quant à lui extrêmement fasciné par la correspondance inattendue du langage mathématique, élaboré par l’esprit humain, avec la réalité du monde physique. « On ne peut s’empêcher de penser, disait-il à l'instar d'Albert Einstein, que cela tient du miracle (…). Le langage des mathématiques est approprié à la formulation de lois de la physique, et c’est là un merveilleux cadeau que nous ne comprenons pas, ni ne méritons »...

Comment donc expliquer que la nature se laisse déchiffrer par l’homme sous des formes mathématiques ? Comment rendre compte rationnellement du fait que l’ordre de la nature soit compréhensible à nos humaines intelligences selon une grille de lecture mathématique ? La question mérite d’être posée, d’autant plus que les mathématiques connaissent une extraordinaire fécondité : tous les phénomènes physiques, de la simple chute des corps aux plus effrayantes abstractions quantiques, de la ronde des astres à l’électromagnétisme, tous ces phénomènes se plient aux lois mathématiques ! Les mathématiques ont l’étonnant pouvoir de prédire l’effet précis des lois physiques avant toute expérimentation, l’observation ne faisant que confirmer après coup les calculs effectués. Et l’on a toujours su inventer des outils mathématiques de plus en plus performants pour accéder de mieux en mieux aux subtilités du monde sensible. C’est pourquoi les mathématiques sont considérées comme une science à part entière. Car contrairement aux autres pratiques culturelles (telles que la musique, le théâtre ou la littérature), elles contribuent à forger une représentation juste et utile du monde de manière rigoureuse et contrôlable, et permettent à l’homme de mettre au point des objets techniques d’une très grande complexité : des pans entiers de notre « réalité », notamment technologique, ont ainsi été engendrés par la pensée mathématique (songeons à l’avènement de l’ordinateur et du numérique par exemple…).

« L
a chose surprenante, affirme le Pape Benoît XVI, est que cette invention de notre esprit humain [l’invention des mathématiques] est vraiment la clef pour comprendre la nature, que la nature est réellement structurée de façon mathématique et que nos mathématiques, inventées par notre esprit, sont réellement l'instrument pour pouvoir travailler avec la nature, pour la mettre à notre service, pour l'instrumentaliser à travers la technique. Cela me semble une chose presque incroyable [cf. le « miracle » d’Einstein…] qu'une invention de l'esprit humain et la structure de l'univers coïncident : les mathématiques, que nous avons inventées, nous donnent réellement accès à la nature de l'univers et nous le rendent utilisable. La structure intellectuelle du sujet humain et la structure objective de la réalité coïncident donc : la raison subjective et la raison objective dans la nature sont identiques (…). Dans ce sens, il me semble précisément que les mathématiques (…) nous montrent la structure intelligente de l'univers.

« Certes, les théories du chaos existent également, mais elles sont limitées car si le chaos prenait le dessus, toute la technique deviendrait impossible. Ce n'est que parce que notre mathématique est fiable que la technique est fiable. Notre science, qui permet finalement de travailler avec les énergies de la nature, suppose une structure fiable,
intelligente, de la matière. Et ainsi, nous voyons qu'il y a une rationalité subjective et une rationalité objective de la matière, qui coïncident. » (Benoît XVI, le 6 avril 2006).

Cette coïncidence entre la pensée mathématique de l’homme et la réalité du cosmos dans son intelligibilité révèle-t-elle un ordre mathématique objectif du cosmos, ainsi que l’affirme le Pape Benoît XVI, ou bien traduit-elle une opération de « rationalisation » du cosmos par l’homme (comparable au fait par exemple de discerner des formes dans les étoiles, qui n’ont pas d’existence en elles-mêmes, mais qui sont un moyen pour l’homme de se donner des repères dans un univers qui n’en a pas par lui-même). Ou comme le titrait la livraison du mois de septembre 2007 de la revue Science et Vie : les mathématiques, « réalité du monde ou invention de l’esprit ? »

L’universalité des mathématiques plaide nettement, me semble-t-il, en faveur de l’existence d’un ordre mathématique objectif du réel : pour toutes les civilisations en effet, deux et deux font quatre! Et il est remarquable que par des chemins différents, des mathématiciens puissent parvenir – et parviennent souvent – à des objets semblables. Même s’il existe une très grande variété de formes d’expressions mathématiques, il est intéressant de noter que toutes ces formes sont compatibles entre elles, et qu’il est possible de les réinterpréter sous une autre forme, comme celle qui est pratiquée à ce jour par la communauté mathématique mondiale.

Dans le numéro précité du mois de septembre 2007 de la revue Science et Vie, consacré à cette question de l’origine des mathématiques, Jean-Paul Delahaye, mathématicien et Professeur à l’Université des Sciences et Technologies de Lille, déclarait : « Quand je fais des mathématiques, je suis convaincu d’avoir à faire à une réalité indépendante de moi, qui n’a pas attendu que je sois présent pour prendre la forme que je lui découvre. Je trouve [par exemple] que 17 est un nombre premier, ce n’est pas moi qui le décide ! De même, les propriétés de la fonction sinus me sont imposées (…). D’aucuns pensent que notre cerveau est « cablé » pour manipuler les nombres, mais je ne crois pas que ce câblage est ce qui produit les mathématiques. La couleur est une réalité physique préexistante à nos capteurs sensoriels ! Les mathématiques aussi. »

Jean-Pierre Bourguignon, mathématicien au CNRS, Directeur de l’Institut des Hautes Etudes Scientifiques, faisait remarquer pour sa part que « lorsque nous pensons pratiquer les mathématiques les plus abstraites, on se rend compte qu’elles trouvent toujours un écho dans la réalité. S’il existe une limitation à cette possibilité, nous ne l’avons pas encore rencontrée (…). En toute rigueur, l’efficacité des mathématiques reste problématique. »

Quant à Anouk Barberousse, philosophe, chargée de recherche à l’Institut d’Histoire et de Philosophie des Sciences et des Techniques, elle avouait être fascinée par le fait que « les mathématiques sont caractérisées par une cohérence impressionnante, presque surhumaine. »

« Presque surhumaine »
… Voilà donc le « gros » mot lâché ! La réflexion d’Anouk Barberousse est intéressante à plus d'un titre, et d'autant plus pertinente à la vérité qu’elle a le mérite – même si les auteurs précités se récrieraient sans doute en lisant cela ! – de soulever la grande question posée par l’organisation intelligente de l’univers, la seule question : comment expliquer autrement que par une origine « sur-humaine » ou « sur-naturelle » l’existence de cet extraordinaire ordre mathématique régnant dans l’univers, dont l’existence ne peut manifestement pas être le fruit de notre imagination puisqu’elle s’inscrit indiscutablement dans la réalité objective elle-même ? Avec cette question subsidiaire : comment expliquer que ce gigantesque univers, dans lequel nous ne sommes rien moins qu’un petit grain de poussière infinitésimal, soit en même temps et paradoxalement à la mesure de notre intelligence, au point que celle-ci soit capable pour ainsi dire de l’absorber (dans l’espace et dans le temps) ?

« Naturellement,
disait le Pape Benoît XVI, personne ne peut prouver – comme on le prouve par l'expérience, dans les lois techniques – que les deux [intelligences – celle qui existe dans l’Univers et la nôtre propre] soient réellement le fruit d'une Unique Intelligence, mais il me semble que cette unité de l'intelligence, derrière les deux intelligences, apparaît réellement dans notre monde. Et plus nous pouvons instrumentaliser le monde avec notre intelligence, plus apparaît le dessein de la Création.

« A la fin, pour arriver à la question définitive, je dirais : Dieu existe, ou il n'existe pas. Il n'existe que deux options.

« Ou l'on reconnaît la priorité de la raison, de la Raison créatrice qui est à l'origine de tout et le principe de tout (…),

« Ou l'on soutient la priorité de l'irrationnel, selon laquelle tout ce qui fonctionne sur notre terre ou dans notre vie ne serait qu'occasionnel, marginal, un produit irrationnel – la raison serait un produit de l'irrationalité.

« On ne peut pas en ultime analyse « prouver » l'un ou l'autre projet, mais la grande option du christianisme est l'option pour la rationalité et pour la priorité de la raison. Cela me semble une excellente option, qui nous montre que derrière tout se trouve une Grande Intelligence, à laquelle nous pouvons nous fier (…).

« Si nous regardons les grandes options, l'option chrétienne est également aujourd'hui la plus rationnelle et la plus humaine. C'est pourquoi nous pouvons élaborer avec confiance une philosophie, une vision du monde qui soit fondée sur cette priorité de la raison, sur cette confiance que la Raison créatrice est amour, et que cet amour est Dieu. »





Bibliographie de la partie consacrée à l’homme et à la structure intelligente de l'Univers
 :

- Dominique MORIN, « Dieu existe-t-il ? », Les Carnets de Fête et saisons, Carnet n° 6, 1993

- Jacques LACOURT, « Croire en Dieu : est-ce possible aujourd’hui ? », Droguet & Ardant, 1991

- Mgr André-Mutien LEONARD, « Les raisons de croire », Communio Fayard 1987

- Michaël DENTON, « L’évolution a-t-elle un sens ? » Fayard 1997

- Lucien ISRAËL, « Cerveau droit, cerveau gauche », Plon 1995

- Jean-Marie PELT, « Dieu de l’univers », Fayard 1997

- Science & Vie, « D’où viennent les maths ? Réalité du monde ou invention de l’esprit ? », septembre 2007, n° 1080

 

Et quelques précieux liens sur internet :
http://lecerveau.mcgill.ca/flash/d/d_01/d_01_cr/d_01_cr_ana/d_01_cr_ana.html
http://ophtasurf.free.fr/loeil.htm

http://www.doctissimo.fr/html/dossiers/cholesterol/sa_3819_cholesterol_coeur_pompe.htm

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commentaires

J-P Crespin 16/01/2013 21:45


 Comme convenu, je dépose mon commentaire ici, sur le blog :


L'existence se vérifie par la preuve ou les preuves réitérées. On connaît l'existence du fisc
: elle est patente pour presque tous les citoyens. L'existence de Dieu est aussi difficile à prouver que celle des farfadets, korrigans ou autres trolls que l'on peut croire avoir rencontrés au
cours de nos promenades nocturnes. Je ne crois pas que ce soit essentiellement une question philosophique mais plutôt une question de bon sens dans le domaine métaphysique et/ou cosmologique.
Moi, je réponds que je ne sais pas apporter une réponse à ça car je n'ai aucun élément en la faveur de l'existence de Dieu ou en la faveur de son inexistence avérée. Dans le doute abstiens-toi !
Je suis donc agnostique et rempli de doutes multiples depuis plus de 60 ans. J'adore l'idée d'un Karamatsouk ! ;o)) J'ai vu par contre agir récemment un "de par Dieu" et je me pose des questions
quant à son omnipotence, sa nature divine et son karma. C'est un rat ce Poutine !


 


Pour faire écho au commentaire de Frédéric, ci-dessus, je voudrais évoquer  à mon tour le propos d'un scientifique de carrure tout à fait semblable à
celle d'Isaac Newton, qui, lui, s'émerveille au point d'y croire...


 


Rappelons-nous le dialogue entre Napoléon Ier et le savant Pierre-Simon de LAPLACE, concernant la nuance entre théorie prédictive et théorie explicative :


     – Napoléon Ièr : Monsieur de Laplace, je ne trouve pas dans votre système mention de Dieu.


     – Laplace : Sire, je n’ai pas eu besoin de cette hypothèse. 


     – Napoléon Ier :   L’hypothèse de Dieu avait le mérite d’expliquer tout.


     – Laplace répondit : Cette hypothèse, Sire, explique en effet tout mais ne permet de prédire rien. En tant que savant, je me dois de vous founir des travaux
permettant des prédictions.


On arrive tout droit dans une problématique qui ne pourra être tranchée que par le rasoir d'Ockham :  Couper tout ce qui dépasse !

frederic 10/03/2009 17:35

je suis complétement d'accord, et sur ce sujet j'ai une citation de Newton sur mon blog «La merveilleuse constitution de l'univers avec son harmonie incomparable n'a pu se faire que selon les plans d'un être omniscient et tout-puissant. Cela demeure ma plus haute et ultime conviction.» NEWTON Isaac mathématicien, physicien, astronome et philosophe britannique Tiré de «Principes mathématiques de la philosophie naturelle»http://dieu-atheisme.over-blog.com/article-24757607.html

Danielle 12/02/2008 12:30

Bonjour ! un ptit coucou ! bonne semaine ! bisous !

salam 11/02/2008 02:31

Salam, Shalom, Paix!Message aux membres des Gens du Livre:Merci de rendre accessible sur ton blog le module "newsletter", afin de faciliter le suivi des parutions par les membres de la communauté!Que la Paix soit sur toi.

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