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27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 23:08


Le 25 mai 2006, après la cérémonie d'accueil à l'aéroport de Varsovie, le Pape Benoît XVI a été conduit à la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Varsovie pour y rencontrer le clergé polonais. Le cardinal Glemp a accueilli le Pape, qui s'est ensuite adressé au clergé. Voici quelques extraits du texte des discours du cardinal Glemp et du Pape Benoît XVI.

 



Allocution du cardinal Jozef Glemp


TRÈS CHER SAINT PÈRE !

(…) Nous vous accueillons à Varsovie, chronologiquement la troisième capitale de la Pologne et dont le coeur est sa cathédrale. Ce n'est pas la plus ancienne, ni la plus grande, elle est pourtant la maison de Dieu, qui, tel un miroir, reflète pleinement l'histoire du peuple polonais. Cette cathédrale, plusieurs fois détruite et toujours rebâtie avec ténacité, est devenue un signe de la foi en la résurrection, la renaissance et son renouveau (…).

Après la Seconde Guerre mondiale, quand toute la ville de Varsovie et sa cathédrale étaient en ruines, le clergé était dirigé par le cardinal Primat August Hlond, toujours fidèle à l'espérance. Il écrivait aux prêtres qui avaient survécu au camp de concentration de Dachau : « Oubliez vos blessures, préparez-vous psychologiquement à ce qui nous attend dans le pays, à ce que la nation attend de nous. Par les décrets impénétrables de la Providence, la Pologne a survécu à tout ce qu'un homme et une nation peuvent endurer. Ces plaies ne peuvent être guéries que par un amour sans limites et le dévouement total, naturellement avec la grâce de Dieu et l'aide de Notre-Dame » (Rome, 10 juin 1945).

(…) Cent fois le Primat Stefan Wyszynski s'est adressé aux fidèles ici, pendant les longues années de son difficile ministère. Il avait toujours aimé la Vierge Marie, Mère du Christ, la regardant comme le don le plus grand que notre Sauveur a fait à l'Église, et ses trois années de prison n'ont fait qu'approfondir cet amour. Il regardait le mal qui se répandait comme un manque d'amour, et c'est pourquoi après avoir recouvré la liberté, il sentit le besoin de consacrer la nation à Marie. Devant l'icône miraculeuse de Jasna Góra il pria : « Ô Marie, nous te confions cette immense foule d'hommes privés d'amour et de la grâce sanctifiante. Refuge des pécheurs, que ton regard miséricordieux se tourne vers nous ! Nous aussi nous sommes de cette multitude des plus pauvres, parce que nous aussi nous sommes faibles, pécheurs » (Jasna Góra, 25 août 1960).

Saint Père ! (…) Nous sommes soutenus par la grâce de Dieu tandis que l'intercession de la Mère de Dieu est la garante de notre fidélité à l'Église et à l'Évangile. Nous voulons en assurer Votre Sainteté, et nous demandons votre bénédiction pour la suite du chemin que les Polonais ont à parcourir, de manière spéciale pour le clergé dans sa sainte fidélité à l'Église.


Discours de Benoît XVI

Je vous rencontre aujourd'hui dans la grande cathédrale de Varsovie, dont chaque pierre évoque l'histoire tragique de votre capitale et de votre pays. Combien d'épreuves n'avez-vous pas subies dans un passé récent ! Nous faisons mémoire des témoins héroïques de la foi qui ont donné leur vie pour Dieu et pour leur prochain, aussi bien les saints canonisés que les gens ordinaires qui ont persévéré dans la rectitude, l'authenticité et la vertu, ne cédant jamais au désespoir (…).Souvenons-nous avec admiration et gratitude de ceux qui ne se sont pas laissé submerger par les forces du mal, et apprenons d'eux le courage d'être constant dans notre adhésion à l'Évangile du Christ.

Je vous rencontre aujourd'hui, prêtres appelés par le Christ à le servir dans le nouveau millénaire. Vous avez été choisis du milieu du peuple, consacrés pour agir en relation avec Dieu, pour offrir des dons et des sacrifices pour les péchés. Croyez à la puissance de votre sacerdoce ! Par la vertu du sacrement, vous avez reçu ce que vous êtes.
Quand vous prononcez les mots Je et mon (« Je vous pardonne... Ceci est mon corps... »), vous le faites non pas en votre nom propre mais au nom du Christ, « in persona Christi », qui veut utiliser vos lèvres et vos mains, votre esprit de sacrifice et votre talent. Au moment de votre ordination, par le signe liturgique de l'imposition des mains, le Christ vous a pris sous sa spéciale protection ; vous êtes cachés sous ses mains et dans son Coeur. Immergez-vous dans son amour, et donnez-lui votre amour ! Quand vos mains furent consacrées par l'huile, signe du Saint-Esprit, elles étaient destinées à servir le Seigneur comme ses propres mains, dans le monde d'aujourd'hui. Elles ne peuvent plus être au service de buts égoïstes, mais doivent continûment être dans le monde témoin de son amour.

La grandeur du sacerdoce du Christ peut nous faire trembler. Nous pouvons êtes tentés de demander avec Pierre : « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis pécheur » (Lc 5, 8) parce que nous trouvons difficile de croire que le Christ nous a spécifiquement appelés. N'aurait-il pas pu choisir quelqu'un d'autre, plus capable, plus saint ? Mais Jésus nous a regardés avec amour, chacun de nous, et nous pouvons avoir confiance dans ce regard. Ne nous laissons pas prendre par la hâte, comme si le temps consacré au Christ dans la prière silencieuse était du temps perdu. Au contraire, c'est précisément alors que mûrissent les fruits merveilleux du service pastoral. Il n'y a pas lieu de se décourager quand la prière demande un effort ou parce que nous avons l'impression que Jésus reste silencieux. Oui, il est silencieux, mais il est à l'oeuvre.
À ce propos, j'aime à rappeler mon expérience de l'année dernière à Cologne. J'ai été témoin de l'inoubliable profond silence d'un million de jeunes au moment de l'adoration du Saint-Sacrement. Ce silence de prière nous unissait, nous donnait grande consolation. En un monde où il y a tant de bruit, tant d'agitation, le temps d'une adoration silencieuse de Jésus caché dans l'hostie est une nécessité. Soyez assidus à la prière d'adoration et enseignez-la aux fidèles. Elle est source de réconfort et de lumière de façon toute particulière pour ceux qui souffrent.

Les fidèles n'attendent qu'une seule chose de la part des prêtres : qu'ils soient des spécialistes de la rencontre entre Dieu et l'homme. On ne demande pas au prêtre d'être un expert en économie, en ingénierie ou en politique. On attend qu'il soit un spécialiste de la vie spirituelle.
Avec cela en vue, quand un jeune prêtre fait ses premiers pas, il faut qu'il puisse se référer à un maître expérimenté qui l'aidera à ne pas se perdre dans le dédale des idées mises en avant par la culture du moment. Devant la tentation du relativisme ou de la permissivité, il n'y a absolument pas nécessité que le prêtre soit au courant de tous les plus récents courants de pensée dans leurs fluctuations ; ce que les fidèles attendent de lui, c'est d'être un témoin de la sagesse éternelle contenue dans la Parole révélée (…). Nous croissons en maturité affective lorsque notre coeur adhère à Dieu. Le Christ a besoin de prêtres qui aient atteint cette maturité, qui soient virils, capables d'exercer une authentique paternité spirituelle. Pour que cela se produise, les prêtres se doivent d'être honnêtes avec eux-mêmes, ouverts à leur directeur spirituel et confiants dans la miséricorde divine (…).

Restez fermes dans la foi ! Je vous confie la devise de mon pèlerinage. Soyez authentiques dans votre vie et votre ministère. Le regard fixé sur le Christ, vivez une vie de modestie en solidarité avec ceux vers qui vous êtes envoyés. Soyez au service de tous ; soyez accessibles dans les paroisses et aux confessionnaux, accompagnez les nouveaux mouvements et associations ; aidez les familles, n'oubliez pas les liens avec les jeunes ; souvenez-vous des pauvres et des délaissés. Si vous vivez de la foi, le Saint-Esprit vous suggérera ce que vous devez dire et comment vous devez servir.

Je vous bénis tous !
 



Lire le texte intégral des deux discours

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