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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 12:07

Extrait de l’exhortation apostolique post-synodale sur la Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Eglise, donnée par Benoît XVI le 30 septembre 2010, en la 6e année de son pontificat.

 

77. Le Synode, en soulignant l’exigence intrinsèque de la foi d’approfondir la relation avec le Christ, Parole de Dieu parmi nous, a voulu aussi mettre en évidence le fait que cette Parole appelle chacun en termes personnels, révélant ainsi que la vie elle-même est vocation par rapport à Dieu. Cela veut dire que plus nous approfondissons notre relation avec le Seigneur Jésus, plus nous nous apercevons qu’il nous appelle à la sainteté, au moyen de choix définitifs par lesquels notre vie répond à son amour, assumant des tâches et des ministères pour édifier l’Église. Dans cette perspective se comprennent les invitations faites par le Synode à tous les chrétiens d’approfondir leur relation avec la Parole de Dieu en tant que baptisés, mais aussi en tant qu’appelés à vivre selon les divers états de vie. Ici nous touchons l’un des points cardinaux de la doctrine du Concile Vatican II qui a souligné la vocation à la sainteté de tout fidèle, chacun dans son propre état de vie. C’est dans la Sainte Écriture que se trouve révélée notre vocation à la sainteté : « Vous serez saints parce que je suis Saint » (Lv 11, 44; 19, 2; 20, 7). Saint Paul en souligne, à son tour, la racine christologique : dans le Christ, le Père « nous a choisis avant la Création du monde, pour que nous soyons, dans l’amour, saints et irréprochables sous son regard » (Ep 1, 4). Ainsi pouvons-nous entendre comme adressé à chacun de nous son salut aux frères et aux sœurs de la communauté de Rome : « À tous les bien-aimés de Dieu … aux saints par vocation, à vous grâce et paix de par Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ. » (Rm 1, 7).

 

a) Parole de Dieu et Ministres ordonnés

 

78. Avant tout, en m’adressant maintenant aux Ministres ordonnés de l’Église, je leur rappelle ce qu’a affirmé le Synode : « La Parole de Dieu est indispensable pour former le cœur d’un bon Pasteur, Ministre de la Parole ». Évêques, prêtres, diacres ne peuvent en aucune façon penser vivre leur vocation et leur mission sans un engagement ferme et renouvelé de sanctification qui trouve l’un de ses piliers dans le contact avec la Bible.

 

79. Pour ceux qui sont appelés à l’épiscopat, et qui sont les premiers annonciateurs autorisés de la Parole, je désire réaffirmer ce qui a été dit par le Pape Jean-Paul II dans l’Exhortation apostolique post-synodale Pastores gregis. Pour nourrir et faire progresser sa vie spirituelle, l’Évêque doit toujours mettre « à la première place la lecture et la méditation de la Parole de Dieu. Tout Évêque devra toujours se confier et se sentir confié “à Dieu et à son message de grâce, qui a le pouvoir de construire l’édifice et de faire participer les hommes à l’héritage de ceux qui ont été sanctifiés” (Ac20, 32). C’est pourquoi, avant d’être un transmetteur de la Parole, l’Évêque, avec ses prêtres et comme tout fidèle, bien plus comme l’Église elle-même, doit être un auditeur de la Parole. Il doit être comme “à l’intérieur” de la Parole, pour se laisser garder et nourrir par elle, comme dans le sein maternel ». À l’imitation de Marie, Virgo audiens et Reine des Apôtres, je recommande à tous mes frères dans l’épiscopat la lecture personnelle fréquente et l’étude assidue de la Sainte Écriture.

 

80. À l’attention des prêtres aussi, je voudrais rappeler les paroles du Pape Jean-Paul II qui, dans l’Exhortation apostolique post-synodale Pastores dabo vobis, a rappelé que « le prêtre est avant tout Ministre de la Parole de Dieu. Il est consacré et envoyé pour annoncer à tous l’Évangile du Royaume, appelant tout homme à l’obéissance de la foi et conduisant les croyants à une connaissance et à une communion toujours plus profonde du Mystère de Dieu, à nous révélé et communiqué par le Christ. C’est pourquoi le prêtre lui-même doit tout d’abord acquérir une grande familiarité avec la Parole de Dieu. Il ne lui suffit pas d’en connaître l’aspect linguistique ou exégétique, ce qui est cependant nécessaire. Il lui faut accueillir la Parole avec un cœur docile et priant, pour qu’elle pénètre à fond dans ses pensées et ses sentiments et engendre en lui un esprit nouveau, “la pensée du Christ” (1 Co 2, 16) ». Ainsi, ses paroles, et plus encore ses choix et ses attitudes seront toujours plus transparents à l’Évangile, l’annonceront et en rendront témoignage. C’est seulement “en demeurant” dans la Parole que le prêtre deviendra parfait disciple du Seigneur, connaîtra la vérité et sera vraiment libre.

 

En définitive, l’appel au sacerdoce demande d’être consacrés « dans la vérité ». Jésus lui-même formule cette exigence à l’égard de ses disciples : « Consacre-les par la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde » (Jn 17, 17-18). Les disciples sont en un certain sens attirés dans l’intimité de Dieu par leur immersion dans la Parole de Dieu. La Parole de Dieu est, pour ainsi dire, le bain qui les purifie, le pouvoir créateur qui les transforme dans l’être de Dieu. Et puisque le Christ lui-même est la Parole de Dieu faite chair (Jn 1, 14), qu’il est « la vérité » (Jn 14, 6), alors la prière de Jésus au Père « Consacre-les par la vérité » veut dire au sens le plus profond : « Fais qu’ils ne soient qu’un avec moi, le Christ. Attache-les à moi. Attire-les en moi. » Et, de fait, il n’existe qu’un seul prêtre de la Nouvelle Alliance, Jésus-Christ lui-même. Il est donc nécessaire que les prêtres renouvellent toujours plus profondément leur conscience de cette réalité.

 

81. Je voudrais me référer aussi à la place de la Parole de Dieu dans la vie de ceux qui sont appelés au diaconat, non seulement comme degré précédant l’ordre du presbytérat, mais comme service permanent. Les Normes fondamentales pour la formation des diacres permanents affirment que de « l’identité théologique du diaconat, dérivent avec clarté les traits de sa spiritualité spécifique, qui se présente essentiellement comme une spiritualité du service. Le modèle par excellence est le Christ serviteur, qui a vécu totalement au service de Dieu pour le bien des hommes ». Dans cette perspective on comprend que, dans les différentes dimensions du ministère diaconal, « un élément caractéristique de la spiritualité diaconale est la Parole de Dieu, dont le diacre est appelé à être l’annonciateur autorisé, en croyant ce qu’il proclame, en enseignant ce qu’il croit, en vivant ce qu’il enseigne ». Je recommande donc que les diacres nourrissent leur vie d’une lecture croyante de la Sainte Écriture avec l’étude et la prière. Qu’ils soient introduits à la Sainte Écriture et à sa juste interprétation; à la théologie de l’Ancien et du Nouveau Testament ; au rapport réciproque entre l’Écriture et la Tradition ; en particulier à l’usage de l’Écriture dans la prédication, dans la catéchèse et dans l’activité pastorale en général.

 

b) La Parole de Dieu et les candidats à l’Ordination

 

Le Synode a accordé une importance particulière au rôle décisif de la Parole de Dieu dans la vie spirituelle des candidats au sacerdoce ministériel. Les candidats au sacerdoce doivent apprendre à aimer la Parole de Dieu. Que l’Écriture soit donc l’âme de leur formation théologique, en soulignant la circularité indispensable entre exégèse, théologie, spiritualité et mission. Les aspirants au sacerdoce ministériel sont appelés à une profonde relation personnelle avec la Parole de Dieu, en particulier dans la Lectio divina, pour que leur vocation elle-même se nourrisse de cette relation : c’est dans la lumière et dans la force de la Parole de Dieu que chacun peut découvrir, comprendre, aimer et suivre sa vocation propre et accomplir sa mission, faisant grandir dans le cœur les pensées de Dieu, de sorte que la foi, en tant que réponse à la Parole, devienne le nouveau critère de jugement et d’évaluation des hommes et des choses, des événements et des problèmes.

 

Cette attention à la lecture priante de l’Écriture ne doit en aucune façon alimenter une dichotomie par rapport à l’étude exégétique demandée au temps de la formation. Le Synode a recommandé que les séminaristes soient aidés concrètement à voir la relation entre l’étude biblique et la prière avec l’Écriture. Étudier les Écritures doit rendre plus conscient du Mystère de la Révélation divine et nourrir une attitude de réponse priante au Seigneur qui parle. De même, une authentique vie de prière ne pourra que faire grandir dans l’âme du candidat le désir de connaître toujours plus le Dieu qui s’est révélé dans sa Parole comme amour infini. Par conséquent, on devra apporter le plus grand soin à cultiver dans la vie des séminaristes cette réciprocité entre étude et prière. Dans ce but, il faut que les candidats soient initiés à une étude de la Sainte Écriture par des méthodes qui en favorisent une telle approche intégrale.

 

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Published by Matthieu BOUCART - dans Benoit XVI
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