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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 11:17

« La politique, c’est-à-dire l’organisation de la Cité

et l’élaboration de ses projets collectifs,

 relève de l’ordre naturel

 et doit mettre en œuvre un débat rationnel

 ouvert sur la transcendance. »

 (Commission théologique internationale,

 in Nouveau regard sur la loi naturelle, § 98)

 

En réaction au projet du gouvernement français d’instituer prochainement le mariage homosexuel – conformément à l’une des promesses de François Hollande durant la campagne présidentielle –, des catholiques font circuler une pétition visant à demander au Président de la République l’organisation d’un référendum sur cette question. 

Beaucoup s’offusquent – à juste titre – qu’une loi de cette importance puisse être votée à la hussarde, sans que les citoyens aient eu le droit à un débat national à la hauteur de l’enjeu. S’agissant d’un choix de civilisation, ils demandent que les Français soient consultés et appelés à statuer directement, par la voie juridique la plus solennelle. 

La proposition est motivée par de très bonnes intentions. Il s’agit de solliciter l’ouverture d’un grand débat démocratique pour sensibiliser l’ensemble des Français sur l’importance de cette réforme, et leur faire prendre conscience des conséquences funestes qui en découleraient sur le lien social et l’avenir du pays. 

Je ne puis cependant m’empêcher d’être profondément choqué qu’une telle proposition provienne de frères catholiques. Pour une raison simple : nous sommes là dans un domaine qui touche à l’humain en ce qu’il a de plus fondamental : sa dignité, son identité, sa vocation. Nous sommes dans le domaine des droits fondamentaux, ceux-ci mêmes qui, précisément, ne sont pas négociables, qu’on ne peut brader ni remettre en question, fût-ce de manière démocratique. 

L’essence de la démocratie, nous le savons, est la souveraineté du peuple. Mais la souveraineté populaire ne signifie pas que le peuple soit le monarque absolu ! Le peuple est libre de choisir sa destinée, de déterminer le modèle social dans lequel il veut vivre ; libre d’organiser sa vie comme il l’entend mais… dans une certaine limite. 

Il est des questions qui ne relèvent pas du débat démocratique – des sujets sur lesquelles il est moralement interdit de statuer, impossible de transiger. Cf. à ce sujet la vidéo du philosophe Alain Finkelkraut (24'45 à 26'26). 

Par exemple : on ne peut pas demander aux Français par voie de référendum si les Juifs sont des êtres humains – ou si l’anthropophagie est un mode de nutrition comme les autres. Ces questions remettent en cause la dignité de la personne humaine ; or, c’est précisément la ligne rouge qu’une démocratie ne doit pas dépasser – à peine de se renier elle-même, et d’ouvrir la porte au totalitarisme. 

La liberté ne signifie nullement l’anarchie. L’anarchie débouche inévitablement sur la loi du plus fort – qui n’est plus un régime de liberté (pour les moins forts, en tous les cas). En économie, une liberté non régulée conduit in fine à des situations oligopolistiques ou monopolistiques, et donc : à la destruction de la liberté elle-même. 

Cela peut paraître paradoxal, mais c’est dans la reconnaissance de ses limites que la liberté peut exister et s’épanouir. Livrée à elle-même, elle s’auto-détruit inexorablement. 

Eh bien : il en est de même sur le plan de l’organisation politique! Si la démocratie autorise aujourd’hui la remise en question des valeurs humaines universelles et transcendantes, alors demain, elles seront remises en question. Ce n’est pas là une hypothèse d’école : il suffit d'ouvrir nos livres d’histoire pour s’en convaincre. 

Or, la question du mariage relève des droits fondamentaux et naturels de l’homme – de ces droits que les Etats ont le devoir d’assurer et protéger, auxquels ils ne peuvent attenter. 

Cela ressort très clairement de l’article 16 de la Déclaration Universelle des droits de l’homme, promulguée à l’unanimité des Etats membres de l’Organisation des Nations Unies (dont la France) en 1948. 

Selon le Point 1 : « A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution. » On relèvera ici que le droit au mariage est attaché à la notion de « nubilité », donc : à la capacité de procréer – non à celle du « sentiment amoureux ». L’homme et la femme ont le droit de se marier dès lors qu’ils ont (ou sont légalement réputés avoir) les capacités physiologiques d’avoir des enfants. Le mariage auquel les hommes et les femmes ont droit est donc le mariage de type hétérosexuel, qui vise à la construction d’une famille. On ne peut séparer les deux perspectives : autoriser le mariage et interdire d’avoir une famille. Le droit d’avoir une famille est indissociablement lié au droit au mariage. Si donc on donnait le droit de se marier aux couples homosexuels au nom d'une interprétation erronée de l'article 16 de la Déclaration de 1948, il faudrait leur accorder aussi le droit d’adopter des enfants. 

Mais c’est le Point 3 qui me paraît essentiel pour notre propos : « La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'Etat. » La famille ici considérée est la famille naturelle – celle qui fleurit naturellement dans toutes les civilisations du monde. C’est le modèle le plus universel, celui que rencontre tout être humain – considérant que tout être humain est né d’un père et d’une mère de sexe différent, avec lesquels il constitue une famille. Or, cette famille naturelle a droit, nous dit le texte, à « la protection de la société et de l’Etat ». C’est un droit ! Un droit de l’homme ! Un droit fondamental ! Au même titre que le droit à la vie, à la liberté, au respect de sa vie privée, à la nationalité, à la propriété… 

« Au lendemain de la Deuxième Guerre Mondiale, la communauté des nations, tirant les conséquences des complicités étroites que le totalitarisme avait entretenues avec le pur positivisme juridique, a défini dans la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948) des droits inaliénables de la personne humaine qui transcendent les lois positives des Etats et doivent leur servir de référence et de norme. Ces droits ne sont pas simplement concédés par le législateur : ils sont déclarés, c’est-à-dire que leur existence objective, antérieure à la décision du législateur, est rendue manifeste. Ils découlent en effet de la « reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine » (Préambule). » (Commission théologique internationale, Ibid., § 5) 

On est donc en droit d’exiger de l’Etat (et de la société : ce qui inclut, me semble-t-il, les médias) la protection de la famille naturelle, exigée par la Déclaration universelle des droits de l’homme. On n’a pas à demander au peuple s’il souhaite remettre en question ce droit : il est inaliénable ; il appartient au patrimoine moral commun à toute l’humanité. Les « comportements moraux universels sont appelés par la nature même de l’homme : ils expriment la manière dont l’homme doit s’insérer de façon à la fois créative et harmonieuse dans un ordre cosmique ou métaphysique qui le dépasse et donne sens à sa vie. Cet ordre est en effet imprégné par une sagesse immanente. Il est porteur d’un message moral que les hommes sont capables de déchiffrer. » (Commission théologique internationale, Ibid., §12) 

Or, l’accès au mariage de personnes de même sexe bouleverserait en profondeur l’institution, et le dénaturerait substantiellement. 

Comme l’écrivait le P. Mathieu Rouger : « L’orientation sexuelle n’a pas l’objectivité de l’identité sexuelle. L’expérience prouve qu’elle peut changer au cours de la vie et elle n’apparaît pas sur les cartes d’identité. Compte tenu de l’extrême souplesse de fait des obligations juridiques liées au mariage, rien n’empêcherait le cas échéant que deux hommes ou deux femmes totalement hétérosexuels se « marient » pour des raisons fiscales ou en vue d’un « regroupement » professionnel… Le mariage ne serait plus en réalité qu’une association contractuelle d’intérêts privés. On ne serait donc pas passé du PACS au mariage mais on aurait résorbé le mariage, institution sociale, dans le PACS, contrat privé. L’ouverture du mariage aux partenaires de même sexe reviendrait finalement à supprimer le mariage civil. » Sans compter le risque de surenchère qui pourrait en découler : « Pourquoi le mariage unit-il deux personnes ? Parce qu’il s’agit d’un homme et d’une femme, en vue notamment de la procréation. Si l’on sort de ce modèle, pourquoi limiter à deux le nombre de partenaires ? (…) Quels seraient donc les arguments probants qui permettraient de restreindre les ouvertures d’un "mariage" désormais détaché de son lien objectif avec la procréation ? Se posent d’ailleurs non seulement la question des partenaires multiples mais aussi celle des relations intrafamiliales ou intergénérationnelles. » 

Un internaute écrivait ceci, dans le groupe Facebook Pour l’Humanité Durable : « Mardi après midi, j'ai assisté au Sénat à un de ces pseudo-débats qui tiennent davantage de la conférence de consensus que de l'échange d'arguments contradictoires (…) autour de la proposition de loi visant à l'ouverture du mariage aux personnes de même sexe et à l'ordonnancement des conditions de la parentalité. (…) Nous avons eu confirmation de la part des trois intervenants, tous dévoués à la cause (la bonne cela va de soi... – celle des personnes homosexuelles…) que le mariage des personnes du même sexe n'était en fait qu'une étape vers un processus de déconstruction organisé du schéma familial "traditionnel" marqué ô scandale du sceau de la culture judéo-chrétienne ainsi que des institutions qui s'y rattachent (…). Suppression des exigences de fidélité entre époux, de communauté de vie, de solidarité ainsi que de l'obligation de passer devant un juge pour divorcer. J'en passe et des meilleures (…). Bref, on se demande bien pourquoi ouvrir le mariage aux couples de même sexe si c'est en définitive pour le vider de sa substance. » 

Voilà pourquoi la proposition du référendum est une folie – une aberration venant de catholiques, pleins de bonne volonté sans doute et dont la bonne foi n’est pas en cause, mais visiblement mal informés. 

Je voudrais ici rappeler ces paroles du Pape Benoît XVI à la Commission théologique internationale : « En raison de l'influence de facteurs d'ordre culturel et idéologique, que la société civile et séculière d'aujourd'hui se trouve dans une situation d'égarement et de confusion : on a perdu l'évidence originelle des fondements de l'être humain et de son action éthique, et la doctrine de la loi morale naturelle s'oppose aux autres conceptions qui en sont la négation directe. Tout cela a des conséquences immenses et graves dans l'ordre civil et social. Chez de nombreux penseurs, semble aujourd'hui dominer une conception positiviste du droit. Selon eux, l'humanité ou la société, ou de fait la majorité des citoyens, devient la source ultime de la loi civile. Le problème qui se pose n'est donc pas la recherche du bien, mais celle du pouvoir, ou plutôt de l'équilibre des pouvoirs. A la racine de cette tendance se trouve le relativisme éthique, dans lequel certains voient même l'une des conditions principales de la démocratie, car le relativisme garantirait la tolérance et le respect réciproque des personnes. Mais s'il en était ainsi, la majorité d'un moment deviendrait la source ultime du droit. L'histoire démontre avec une grande clarté que les majorités peuvent se tromper. La véritable rationalité n'est pas garantie par le consensus d'un grand nombre, mais seulement par la compréhension qu'a la raison humaine de la Raison créatrice et par l'écoute commune de cette Source de notre rationalité. 

« Lorsque les exigences fondamentales de la dignité de la personne humaine, de sa vie, de l'institution familiale, de la justice, de l'organisation sociale, c'est-à-dire les droits fondamentaux de l'homme, sont en jeu, aucune loi faite par les hommes ne peut renverser la règle écrite par le Créateur dans le cœur de l'homme, sans que la société elle-même ne soit dramatiquement frappée dans ce qui constitue sa base incontournable. La loi naturelle devient ainsi la véritable garantie offerte à chacun pour vivre libre et respecté dans sa dignité et à l'abri de toute manipulation idéologique et de toute décision arbitraire ou d'abus du plus fort. Personne ne peut se soustraire à cet appel. Si, en raison d'un obscurcissement tragique de la conscience collective, le scepticisme et le relativisme éthique parvenaient à effacer les principes fondamentaux de la loi morale naturelle, l'ordre démocratique lui-même serait radicalement blessé dans ses fondements. » 

Certains me disent : « Tu as raison Matthieu. Mais chut ! c’est un positionnement stratégique. On fait ça pour obtenir un grand débat national et donner ainsi la possibilité aux Français de rejeter la proposition du gouvernement. Sans le référendum, la loi passera en quelques semaines. On ne peut pas rester inactifs! » 

Mais c’est là un raisonnement digne de Machiavel!  « Je suis contre le référendum, mais je vais le demander quand même POUR obtenir un débat. C'est savamment calculé... » Un chrétien cependant a un devoir de cohérence : s’il considère que la question ne relève pas, dans son essence, de la délibération électorale – ce que lui enseigne son pape et les évêques unis à lui –, alors il ne faut pas demander de référendum – c’est aussi simple. 

Et si on demande quand même un référendum, alors il faut se préparer à en assumer toutes les conséquences, à savoir : le double risque d’un désaveu électoral et de la remise en cause progressive d’autres droits fondamentaux de l’homme. 

Autoriser un référendum sur le mariage homosexuel créerait en effet un dangereux précédent. Si la France s’arrogeait le droit de mettre aux voix, par référendum, un droit fondamental proclamé par l’article 16 de la Déclaration de 1948, alors demain, rien n’empêcherait que certains demandent que l’on mette aussi aux voix l’article 3, puis l’article 6, puis l’article 11… Ce serait l’ensemble de la structure éthique mise en place par les Etats après le traumatisme de la Seconde Guerre Mondiale qui s’exposerait à être progressivement démantelé. Ce serait la porte ouverte au retour à la Barbarie… 

On notera en passant que c’est la même logique qui conduit aujourd’hui certains à demander l’égalité des droits pour les couples homosexuels qui pourrait conduire demain (ce qu’à Dieu ne plaise !) une autre majorité politique à dénier aux homosexuels la qualité d’être humain… Ce serait nécessairement bon, puisque majoritairement admis! Pas sûr que le mariage homosexuel serve, à long terme, la "cause" homosexuelle…  

Je déplore donc le calcul politicien de certains de mes frères et amis catholiques – qui les conduit à solliciter du président de la République un référendum sur une question qui touche à l’essence de l’humanité. 

D’autant qu’il s’agit à mon avis d’un mauvais calcul. On part un peu vite du présupposé qu’un débat de grande envergure ferait pencher les électeurs du bon côté, et que les Français rejetteraient majoritairement le mariage homosexuel. J’aurais plutôt tendance à penser le contraire… Compte tenu du délabrement moral de nombre de nos concitoyens, et des moyens de propagande massive dont la Pensée Dominante dispose, je ne mettrais pas ma main à couper que le bon sens finisse par l’emporter. Il est extrêmement dangereux de jouer avec le feu. 

Que se passerait-il si demain, une majorité de Français votaient POUR le mariage homosexuel, à l’occasion d’un référendum demandé par les catholiques? Que ferait-on alors? Devrait-on cesser d’être catholique? Devrait-on reconnaître quelque légitimité au mariage homosexuel? On ne peut demander l'application des règles de la démocratie, et ne pas jouer le jeu jusqu'au bout si ces règles se retournent contre vous. Si les catholiques persistent, après leur défaite électorale, à combattre le mariage homosexuel, on leur reprochera de ne pas être cohérent avec eux-mêmes (puisque le référendum, c'est eux-mêmes qui l'auront demandés!) ou de ne pas être authentiquement démocrates (ce qui pour le coup, ne serait pas complètement faux…). Le fossé grandirait davantage entre la République et les catholiques, qui auraient perdu le peu de crédibilité qu’il leur reste dans l’esprit de beaucoup de gens...  

Qu’un débat soit nécessaire, cela est absolument évident. Mais il existe bien d’autres moyens de le susciter. Nous sommes à l’ère des communications modernes et des réseaux sociaux. Les chrétiens disposent aujourd’hui d’outils nombreux et puissants pour susciter la réflexion. Certains d’entre eux sont engagés politiquement, et peuvent peser dans les débats – beaucoup d’hommes politiques s’interrogent ; ils sont à l’écoute des arguments évoqués, leur avis n’est pas tranché ; c’est un sujet qui est loin de faire l’unanimité, qui transcende les clivages partisans. 

Et puis… il reste une voie qui a fait ses preuves : la manifestation. Les plus anciens d’entre vous se souviennent de la gigantesque manifestation pour l’école libre qui rassembla en 1984 plus d'un million de personnes dans la rue – et provoqua le retrait de la loi Savary. François Mitterrand avait dit alors : « Quand il y a plus d'un million de gens dans la rue qui ne veulent pas d'un texte, on retire le texte ». La franc-maçonnerie se demande encore comment elle a pu échouer sur une question aussi importante – après avoir réussi à faire passer tous ses autres projets… Cf. la vidéo sur la franc-maçonnerie (46'52 à 48'53). 

Si par malheur, en dépit de tous nos efforts, la loi sur le mariage homosexuel venait à être adoptée par le Parlement, ce ne serait pas la fin du monde : nous ne serions pas complètement démunis. 

Il y aurait tout d’abord de grandes chances qu’elle soit déclarée inconstitutionnelle – parce que contraire à l’article 16 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, dont la Constitution française reconnaît la primauté sur les lois françaises. 

Si tel n’était pas le cas (on ne peut jurer de rien dans ce beau pays...), de nombreux maires ont d’ores et déjà annoncé qu’ils refuseraient de célébrer des mariages homosexuels dans leur municipalité – une résistance civique s’organiserait. L’Eglise elle-même pourrait célébrer des mariages sacramentels sans attendre que les époux passent préalablement à la mairie... 

Enfin et surtout, il y aurait l’espoir qu’une prochaine majorité parlementaire abroge un jour cette loi... 

Si le mariage homosexuel, en revanche, était adopté par la voie du référendum, on ne pourrait plus en sortir – sauf… à renverser la République! 

J’implore donc les chrétiens engagés dans le bon combat à réfléchir aux conséquences de leurs actes. Les bonnes intentions ne suffisent pas – l’enfer en est pavé… Il faut mener une réflexion approfondie sur le droit naturel et le problème que pose à la démocratie, objectivement, le positivisme juridique ; inventer des modes d’actions qui soient compatibles avec ce que l’Eglise demande ; et… ne pas négliger les moyens spirituels de combat qu’elle nous donne : la prière personnelle, le jeûne, la célébration de l’eucharistie, le sacrement de pénitence, l’étude de la Parole de Dieu… 

Si je veux que les hommes politiques se convertissent, je dois commencer par convertir mon propre cœur. Toute âme qui s’élève élève le monde. Et sans le Seigneur, nous ne pouvons rien faire. Or, nous sommes aujourd’hui dans une situation comparable à celle de David contre Goliath. La plus redoutable des armes dont nous disposons, c’est (à l’instar du jeune David) notre foi en Dieu, le Vivant. Cela suffit – pourvu que nous l’ayons aussi grosse qu’une graine de moutarde... 

Remettons donc l’avenir de la France entre les mains de notre Dieu – sûr qu’il nous aime et nous protège, qu’il est avec nous, et qu’il interviendra si nous l'en supplions. N’oublions pas que, comme disait Jeanne d’Arc : « L’homme combat, mais c’est Dieu qui donne la victoire ! »

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Published by Matthieu BOUCART - dans Questions d'actualité
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commentaires

André Faye 28/01/2013 14:05

membre du mouvement VEEA, je suis heureux de trouver une si belle mise en forme de ma convistion profonde. Merci.

J. Caza 25/01/2013 00:40


Tout à fait d'accord sur le fond (s'agissant de la pertinence de la loi du plus grand nombre, plus connue sous le nom de "démocratie"). Mais si le
but n'est pas d'avoir seulement raison, avec la satisfaction intellectuelle qui l'accompagne, mais de GAGNER CE COMBAT contre un projet de loi ravageur et
mortifère, alors tout est bon à prendre, y compris le risque d'un référendum qui peut être gagnable à condition de s'en donner les
moyens plutôt que de débattre du sexe des anges.... Pour être efficace, il faut savoir faire preuve de pragmatisme. Et pour être
entendu, qui mieux que "la voix du peuple" peut aujourd'hui porter notre message ? Certainement pas nos intellectuels de pacotille... Ne reste donc que le rapport de forces. Et, dans cette hypothèse,
l'alternative est - comme toujours - très simple : soit on fait parler les bulletins de vote,
soit la rue...
Certains, par "pureté idéologique" (à vrai dire, par "purisme"), n'ont pas voulu participer à la manif du 13, jugeant celle-ci pas assez "catho" à leur goût. On a envie de leur dire, nous qui
avons fait plus de onze heures de train dans la journée pour aller défiler dans la capitale : "Eh bien, crevez avec vos certitudes ! Car qui a
commencé à inverser "le cours de l'histoire", sinon ces centaines de milliers de courageux venus défendre avec leurs pieds non une religion, mais tout
simplement leurs familles et leur civilisation. Alors ne les découragez pas avec vos arguties d'intellos, car vous risquez de vous retrouver bien seuls, avec, en
fin de compte, vos seuls yeux pour pleurer.

Matthieu 25/01/2013 18:36



"Ne reste donc que le rapport de forces. Et, dans cette hypothèse, l'alternative est - comme toujours - très simple : soit on
fait parler les bulletins de vote, soit la rue..."


Eh bien pour toutes les raisons évoquées plus haut, je choisis la rue. Le rapport de force y est en notre faveur. Nous avons les moyens de faire plier le gouvernement. N'ayons pas peur!



VIAUD Pierre 24/01/2013 19:48


Il y a une question de fond et une question d'opportunité


Sur le fond vous avez tout à fait raison. Les principes de la loi naturelle ne peuvent être mis aux voix. Mais je me demande si vous suivez si peu l'actualité politique que vous vous ne vous
soyez pas aperçu que la légitimité démocratique repose justement sur la négation de la loi naturelle. La reconnaissance d'une loi naturelle est antinomique de la démocratie. La démocratie en
affirmant la souveraineté populaire commet à nouveau le péché d'Adam. C'est à l'homme démocratique de décider du bien et du mal. L'avortement est contraire à la loi naturelle, les
expérimentations sur l'embryon sont contraires à la loi naturelle, ça n'empèche aucunement qu'ils soient devenus légaux. Et c'est une mentalité couramment répandue. Je peux vous dire qu'ayant
fréquenté nombre de braves gens responsables d'associations familiales, je me suis rendu compte que la plupart (hormis ceux des A.F.C.) n'accptent ni loi divine, ni loi naturelle, ni même la
notion de bien commun. La liberté individuelle l'emporte sur toute autre considération. La loi doit accompagner les moeurs.


C'est sans doute épouvantable. Mais quand parle-t-on de loi naturelle dans nos églises? Enseigne-t-on encore les Commandements de Dieu au catéchisme. Je me suis attaché à participer aux débats en
vue de la révision de la loi bioéthique. Ils offraient l'occasion de réaffirmer la diginité de l'embryon et d'espérer ainsi revenir sur l'avortement (c'est d'aileurs ce qui m'a été reproché).
Malheureusement bien que ces débats fussent ouverts à tous, je n'ai pas vu beaucoup de catholiques à mes côtés.


Il faut cesser de prendre nos désirs pour des réalités. Nous sommes dans une société infrapaïenne. Il ne suffit pas d prier ou de jeûner (ce que je ferai demain) Il faut se mettre au travail. Se
former, former les jeunes, chercher des arguments ne reposant pas sur l'autorité, mais sur la raison. Et ceci sur le long terme. Car la loi naturelle est conforme à la raison. C'est pourquoi si
on avait fait un travail intelligent on n'aurait pas à craindre un référendum. On est en démocratie, on n'y peut rien. Redouter l'opinion publique ne nous empèchera pas de succomber sous son
poids. On ne changera pas de régime du jour au lendemain. Alors il faut faire triompher nos idées. Tout débat ouvert sur la place publique peut y contribuer. A condition qu'ayant manifesté en
masse le 13 janvier nous ne reprenions pas nos pantoufles une fois la victoire obtenue ou la défaite consommée.


Quand à l'opportunité de ce référendum, je ne saurais rein en dire. C'est la roulette russe. Mais qui ne tente rien n'a rien.


P.Viaud  

Matthieu 24/01/2013 22:45



"La reconnaissance d'une loi naturelle est antinomique de la
démocratie." Je ne crois pas non. L'idéal de la démocratie n'est pas la négation de la loi naturelle - car alors, on ne pourrait être simultanément catholique et démocrate. La
démocratie est un système ("le pire des systèmes, disait Churchill, ...à l'exception de tous les autres"!) qui, pour subsister, doit se fixer des limites. Car il comprend en
lui-même le germe de sa propre destruction. On l'a vu de manière très édifiante en Allemagne au siècle dernier. C'est la raison pour laquelle les démocraties ont souhaité proclamer dans des
déclarations solennelles, au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, des droits naturels, inaliénables et imprescriptibles de l'Homme : pour que plus jamais l'humanité ne connaisse un
tel déchaînement de la Barbarie.


C'est cet édifice protecteur qui, aujourd'hui, menace de se fissurer. Avec toutes les dégats collatéraux - dont on n'a pas pris la mesure - qui risquent d'en découler à terme, ainsi que je l'ai
indiqué dans mon article.


 


"Quand à l'opportunité de ce référendum, je ne saurais rien en dire. C'est la
roulette russe. Mais qui ne tente rien n'a rien."  Personnellement, je ne comprends ABSOLUMENT PAS cet argument. Sans doute parce que je ne suis pas un adepte de
la roulette russe... Je l'entendrais s'il n'y avait pas d'alternative au référendum. Mais il y en a une, toute simple : le retrait pur et simple du projet de loi.


Très honnêtement, je ne comprends pas la timidité des opposants au projet de loi. Nous sommes forts (nous l'avons montré le 13 janvier dernier), spirituellement vigoureux (nous le
verrons demain 25 janvier) et... nous n'osons pas demander le retrait pur et simple de la loi, alors que nous avons l'expérience qu'une forte mobilisation populaire peut faire reculer un
gouvernement (je veux parler bien évidemment de la loi sur l'école libre et de la grande manifestation de 1983 qui provoqua son retrait, et... la chute du gouvernement).


Alors quoi? Nous avons la mémoire courte? De quoi avons-nous peur?



François de Joux 24/01/2013 10:43


L'analyse est pertinente et sans appel.


Souvenons-nous que cette idée de referendum est venue des politiciens de l'UMP, pour ne pas la nommer, ravis de cette idée susceptible de refaire l'unité de leur camp. 


Sur cette affaire, ils instrumentalisent cyniquement les catholiques, dans leur intérêt.


Ils sont contre le mariage pour tous pour suivre leur électorat, pas par conviction profonde. Ils sont contre le mariage pour tous pour affaiblir le gouvernement, et cette raison est suffisante à
leurs yeux. Ils sont homophobes en vérité, et n'ont pas un regard de charité envers les personnes homosexuelles, ce que devrait faire l'Eglise. 


On m'a toujours appris à séparer le spirituel du politique, mais on est là en pleine confusion. N'y a-t'il pas même un "Parti démocrate Chrétien" particulièrement actif sur le sujet, et qui sort
des arguments tellement stupides qu'on en viendrait à devenir patisan de la loi.


Ne nous laissons pas embrigader! Réfléchissons par nous-même, avec l'aide de Matthieu!

Barbotin 23/01/2013 15:25


Trrès modestement, j'étais déjà opposé au référendum qui présente le risque( plus que non négligeable) d'être mis devant une majorité non conforme à nos valeurs; les arguments présentés ne font
que conforter mon opinion.


Nos élites de droite, supposées être de notre bord, auraient été bien avisés de choisir un autre angle d'attaque de cette loi. Je suis déçu de leur faible mobilisation et de la pauvreté de leur
contre-argumentations.


Conclusion: ne comptons que sur nous-même pour combattre une loi particulièrement néfaste pour l'avenir de notre société