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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 09:40

Extrait des Audiences Générales du Pape Benoît XVI des 13 et 20 août 2008.

Chers frères et sœurs!

De retour de Bressanone, où j'ai pu passer une période de repos, je suis content de vous rencontrer et de vous saluer, chers habitants de Castel Gandolfo, et vous pèlerins qui êtes venus aujourd'hui me rendre visite. Je voudrais encore une fois remercier ceux qui m'ont accueilli et ont veillé sur mon séjour en montagne. Ce furent des jours de détente sereine, au cours desquels je n'ai cessé de rappeler au Seigneur tous ceux qui s'en remettent à mes prières. Et ils sont vraiment très nombreux tous ceux qui m'écrivent en me demandant de prier pour eux. Ils m'expriment leurs joies, mais aussi leurs inquiétudes, leurs projets de vie, ainsi que les problèmes familiaux et professionnels, les attentes et les espoirs qu'ils portent dans leur cœur, avec les angoisses liées aux incertitudes que l'humanité vit en ce moment. Je peux assurer que je me souviens de tous et de chacun, en particulier lors de la célébration quotidienne de la Messe et de la récitation du Rosaire. Je sais bien que le premier service que je peux rendre à l'Eglise et à l'humanité est précisément celui de la prière, parce qu'en priant je place entre les mains du Seigneur avec confiance le ministère qu'il m'a lui-même confié, avec le destin de toute la communauté ecclésiale et civile.

Celui qui prie ne perd jamais l'espérance, même lorsqu'il en vient à se trouver dans des situations difficiles voire humainement désespérées. C'est ce que nous enseigne la Sainte Ecriture et ce dont témoigne l'histoire de l'Eglise. Combien d'exemples, en effet, pourrions nous apporter de situations où ce fut véritablement la prière qui soutint le chemin des Saints et du peuple chrétien! Parmi les témoignages de notre époque je voudrais citer celui de deux saints dont nous célébrons ces jours-ci la mémoire : Thérèse Bénédicte de la Croix, Edith Stein, dont nous avons célébré la fête le 9 août, et Maximilien Marie Kolbe, que nous célébrerons demain, 14 août, veille de la solennité de l'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie. Tous deux ont conclu leur vie terrestre par le martyre dans le camp d'Auschwitz. Apparemment leurs existences pourraient être considérées comme un échec, mais c'est précisément dans leur martyre que resplendit l'éclair de l'Amour, qui vainc les ténèbres de l'égoïsme et de la haine. A Saint Maximilien Kolbe sont attribuées les paroles suivantes qu'il aurait prononcées en pleine fureur de la persécution nazie : "La haine n'est pas une force créatrice : seul l'amour en est une". Et il apporta une preuve héroïque de l'amour en s'offrant généreusement en échange de l'un de ses compagnons de prison, une offrande qui culmina par sa mort dans le bunker de la faim, le 14 août 1941.

Edith Stein, le 6 août de l'année suivante, à trois jours de sa fin dramatique, approchant des consœurs du monastère de Echt, en Hollande, leur dit : "Je suis prête à tout. Jésus est ici aussi au milieu de nous, jusqu'à présent j'ai pu très bien prier et j'ai dit de tout mon cœur : "Ave, Crux, spes unica"". Des témoins qui parvinrent à échapper à l'horrible massacre racontèrent que Thérèse Bénédicte de la Croix, tandis qu'elle revêtait l'habit carmélitain, avançait consciemment vers sa mort, elle se distinguait par son comportement empli de paix, par son attitude sereine et par des manières calmes et attentives aux nécessités de tous. La prière fut le secret de cette sainte copatronne de l'Europe, qui "même après être parvenue à la vérité dans la paix de la vie contemplative, dut vivre jusqu'au bout le mystère de la Croix" (Lettre apostolique Spes aedificandi, Enseignements de Jean-Paul II, XX, 2, 1999, p. 511).

"Ave Maria!"
 : ce fut la dernière invocation sur les lèvres de Saint Maximilien Marie Kolbe tandis qu'il tendait le bras à celui qui le tuait par une injection d'acide phénique. Il est émouvant de constater comment le recours humble et confiant à la Vierge est toujours une source de courage et de sérénité. Alors que nous nous préparons à célébrer la solennité de l'Assomption, qui est l'une des célébrations mariales les plus chères à la tradition chrétienne, nous renouvelons notre consécration à Celle qui depuis le Ciel veille à tout instant sur nous avec un amour maternel. Tel est en effet ce que nous disons dans la prière familière du "Je vous salue Marie", en lui demandant de prier pour nous "aujourd'hui et à l'heure de notre mort".

Chers frères et sœurs, jour après jour, l'Eglise nous offre (…) la possibilité de cheminer en compagnie des Saints. Hans Urs von Balthasar écrivait qu'ils constituent le commentaire le plus important de l'Evangile, une mise en œuvre de celui-ci au quotidien et qu'ils représentent donc pour nous un réel chemin d'accès à Jésus. L'écrivain français Jean Guitton les décrivait "comme les couleurs du spectre par rapport à la lumière", parce qu'avec des tonalités et des accents propres à chacun d'eux, ils reflètent la lumière de la sainteté de Dieu. Combien est important et profitable, par conséquent, l'engagement de cultiver la connaissance et la dévotion des saints, à côté de la méditation quotidienne de la Parole de Dieu et d'un amour filial pour la Vierge!

La période des vacances constitue assurément une période utile pour prendre en main la biographie et les écrits de certains saints ou saintes en particulier, mais chaque jour de l'année nous offre l'opportunité de nous familiariser avec nos patrons célestes. Leur expérience humaine et spirituelle montre que la sainteté n'est pas un luxe, n'est pas le privilège d'un petit nombre, un objectif impossible à atteindre pour un homme normal ; elle est, en réalité, le destin commun de tous les hommes appelés à être des fils de Dieu, la vocation universelle de tous les baptisés. La sainteté est offerte à tous, même si tous les Saints ne sont pas égaux : ils sont en effet, comme je l'ai dit, le spectre de la lumière divine. Et un grand Saint n'est pas nécessairement celui qui possède des charismes extraordinaires. Il y en a en effet un grand nombre dont le nom n'est connu que de Dieu, parce que sur la terre ils ont en apparence conduit une existence tout à fait normale. Et ce sont justement ces Saints "normaux" qui sont les Saints que Dieu veut. Leur exemple témoigne que c'est seulement en étant en contact avec le Seigneur que l'on se remplit de sa joie et que l'on est en mesure de répandre partout la sérénité, l'espérance et l'optimisme.
Considérant justement la variété de leurs charismes, Bernanos, grand écrivain français qui fut toujours fasciné par l'idée des Saints – il en cite un grand nombre dans ses romans –, note que "toute vie de Saint est comme une nouvelle floraison du printemps". Que cela advienne également pour nous! Laissons-nous pour cela attirer par le charme naturel de la sainteté! Que Marie, la Reine de tous les Saints, Mère et Refuge des pécheurs, nous obtienne cette grâce !


Source AG 13 août 2008 - Source AG 20 août 2008

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Published by Matthieu BOUCART - dans Benoit XVI
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