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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 09:40

Extrait de l’Audience Générale du Pape Benoît XVI sur Jean Scot Érigène, le 10 juin 2009.

 

Chers frères et sœurs,

 

Je voudrais parler aujourd'hui d'un penseur important de l'Occident chrétien : Jean Scot Erigène, dont les origines restent toutefois obscures. Il venait certainement d'Irlande, où il était né au début du IXe siècle, mais nous ne savons pas quand il a quitté son île pour traverser la Manche et prendre ainsi pleinement part au monde culturel qui renaissait autour des carolingiens, et en particulier autour de Charles le Chauve, dans la France du IXe siècle. De même que l'on ignore la date exacte de sa naissance, l'on ignore également l'année de sa mort qui, selon les experts, devrait toutefois se situer aux alentours de l'an 870.

 

Jean Scot Erigène possédait une culture patristique, tant grecque que latine, remarquable : il connaissait en effet directement les écrits des Pères latins et grecs. Il connaissait bien, entre autres, les oeuvres d'Augustin, d'Ambroise, de Grégoire le grand, grands Pères de l'Occident chrétien, mais il connaissait tout aussi bien la pensée d'Origène, de Grégoire de Nysse, de Jean Chrysostome, et d'autres Pères chrétiens d'Orient non moins importants. C'était un homme exceptionnel, qui maîtrisait à cette époque également la langue grecque. Il révéla une attention toute particulière pour Saint Maxime le Confesseur et surtout pour Denys l'Aréopagite (…).

 

En vérité, le travail théologique de Jean Scot ne connut pas beaucoup de succès. Non seulement la fin de l'ère carolingienne relégua ses œuvres dans l'oubli ; mais une censure de la part des autorités ecclésiastiques jeta également une ombre sur sa figure. En réalité, Jean Scot représente un platonisme radical, qui semble parfois s'approcher d'une vision panthéiste, même si ses intentions personnelles et subjectives furent toujours orthodoxes. Certaines œuvres de Jean Scot Erigène sont parvenues jusqu'à nous, parmi lesquelles méritent en particulier d'être rappelés le traité "sur la division de la nature" et les "Expositions sur la hiérarchie céleste de saint Denys". Il y développe des réflexions théologiques et spirituelles stimulantes, qui pourraient suggérer d'intéressants approfondissements également aux théologiens contemporains. Je me réfère, par exemple, à ce qu'il écrit sur le devoir d'exercer un discernement approprié sur ce qui est présenté comme auctoritas vera, ou sur l'engagement à continuer de rechercher la vérité jusqu'à ce que l'on parvienne à en faire quelque expérience dans l'adoration silencieuse de Dieu.

 

Notre auteur dit : "Salus nostra ex fide inchoat : notre Salut commence avec la foi". Nous ne pouvons donc pas parler de Dieu en partant de nos inventions, mais de ce que Dieu dit de Lui-même dans les Saintes Ecritures. Mais, étant donné que Dieu ne dit que la vérité, Scot Erigène est convaincu que l'autorité et la raison ne peuvent jamais être en opposition l'une avec l'autre ; il est convaincu que la véritable religion et la véritable philosophie coïncident. Dans cette perspective, il écrit : "Tout type d'autorité qui n'est pas confirmée par une véritable raison devrait être considérée comme faible... Il n'est, en effet, de véritable autorité que celle qui coïncide avec la vérité découverte en vertu de la raison, même s'il devait s'agir d'une autorité recommandée et transmise par les saints Pères pour la postérité" (1, PL122, col 513BC). Par conséquent, il avertit : "Qu'aucune autorité ne t'intimide ni ne te distraie de ce que te fait comprendre la persuasion obtenue grâce à un comportement droit et rationnel. En effet, l'autorité authentique ne contredit jamais la juste raison, pas plus que cette dernière ne peut jamais contredire une véritable autorité. L'une et l'autre proviennent sans aucun doute de la même source, qui est la sagesse divine" (I, PL 122, col 511B). Nous voyons ici une courageuse affirmation des valeurs de la raison, fondée sur la certitude selon laquelle l'autorité véritable est raisonnable, car Dieu est la raison créatrice.

 

L'Ecriture elle-même n'échappe pas, selon Erigène, à la nécessité d'être étudiée en utilisant le même principe de discernement. En effet, l'Ecriture – soutient le théologien irlandais en reproposant une réflexion déjà présente chez Saint Jean Chrysostome – bien que provenant de Dieu, ne serait pas nécessaire si l'homme n'avait pas péché. Il faut donc en déduire que l'Ecriture fut donnée par Dieu dans une intention pédagogique et par miséricorde afin que l'homme puisse se rappeler de tout ce qui avait été gravé dans son cœur dès le moment de sa création "à l'image et ressemblance de Dieu" (cf. Gn 1, 26) et que le péché originel lui avait fait oublier. Erigène écrit dans les Expositiones : "Ce n'est pas l'homme qui a été créé pour l'Ecriture, dont il n'aurait pas eu besoin s'il n'avait pas péché, mais c'est plutôt l'Ecriture – tissée de doctrine et de symboles – qui a été donnée pour l'homme. En effet, grâce à elle, notre nature rationnelle peut être introduite dans les secrets de l'authentique et pure contemplation de Dieu" (II, PL 122, col 146C). La parole de l'Ecriture Sainte purifie notre raison quelque peu aveugle et nous aide à revenir au souvenir de ce que nous portons, en tant qu'image de Dieu, dans notre cœur, rendu hélas vulnérable par le péché.

 

De là découlent certaines conséquences herméneutiques, en ce qui concerne la façon d'interpréter l'Ecriture qui peuvent indiquer aujourd'hui encore la juste voie pour une lecture correcte de l'Ecriture Sainte. Il s'agit en effet de découvrir le sens caché dans le texte sacré et cela présuppose un exercice intérieur particulier, grâce auquel la raison s'ouvre au chemin certain vers la vérité. Cet exercice consiste à cultiver une disponibilité constante à la conversion. Pour parvenir, en effet, à la vision profonde du texte, il est nécessaire de progresser simultanément dans la conversion du cœur et dans l'analyse conceptuelle de la page biblique, qu'elle soit à caractère universel, historique ou doctrinal. C'est en effet uniquement grâce à la purification constante tant de l'œil du cœur que de l'œil de l'esprit, que l'on peut en acquérir une compréhension exacte.

 

Ce chemin d'un accès difficile, exigeant et enthousiasmant, fait de conquêtes constantes et de relativisations du savoir humain, conduit la créature intelligente jusqu'au seuil du Mystère divin, là où toutes les notions révèlent leur faiblesse et leur incapacité et imposent donc, avec la simple force libre et douce de la vérité, d'aller toujours au-delà de tout ce qui est continuellement acquis. La reconnaissance adorante et silencieuse du Mystère, qui débouche sur la communion unificatrice, se révèle donc comme l'unique voie d'une relation avec la vérité qui est à la fois la plus intime possible et la plus scrupuleusement respectueuse de l'autre. Jean Scot – utilisant également dans ce contexte un vocabulaire cher à la tradition chrétienne de langue grecque – a appelé cette expérience à laquelle nous tendons"theosis"ou divinisation, à travers des affirmations hardies au point qu'il fut possible de le soupçonner de panthéisme hétérodoxe. Quoi qu'il en soit, l'émotion demeure profonde face à des textes comme celui-ci, où, ayant recours à l'antique métaphore de la fusion du fer, il écrit : "Ainsi, de même que tout le fer devenu brûlant se liquéfie au point qu'il ne semble plus y avoir que le feu, et toutefois les substances de l'un et de l'autre demeurent distinctes, ainsi, il faut accepter qu'après la fin de ce monde, toute la nature, tant corporelle qu'incorporelle, manifeste uniquement Dieu et demeure toutefois intègre de façon telle que Dieu puisse être d'une certaine façon compris tout en reste incompréhensible et la créature elle-même soit transformée, avec une merveille ineffable, en Dieu" (V, PL 12, col 451B).

 

En réalité, la pensée théologique de Jean Scot est la démonstration la plus évidente de la tentative d'exprimer ce qui peut être dit du Dieu indicible, en se fondant uniquement sur le mystère du Verbe incarné en Jésus de Nazareth. Les nombreuses métaphores qu'il utilise pour indiquer cette réalité ineffable démontrent combien il est conscient de l'insuffisance absolue des termes avec lesquels nous parlons de ces choses. Il demeure toutefois l'enchantement et cette atmosphère d'authentique expérience mystique que l'on peut de temps à autre toucher du doigt dans ses textes. Il suffit de citer, pour le démontrer, une page du De divisione naturae qui touche en profondeur également notre âme de croyants du XXIe siècle : "Il ne faut rien désirer d'autre – écrit-il – que la joie de la vérité qui est le Christ, ni rien éviter que Son absence. Celle-ci, en effet, devrait être considérée comme l'unique cause de tristesse totale et éternelle. Ote-moi le Christ, et il ne me restera aucun bien, et rien ne m'affligera plus que son absence. Le plus grand tourment d'une créature rationnelle est la privation et l'absence de Lui" (V, PL 122, col 989a). Ce sont des paroles que nous pouvons faire nôtres, en les traduisant en prière à Celui qui constitue également le désir ardent de notre cœur.

 

 

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commentaires

Matthieu 01/12/2010 14:54



Cher Mikaël,


 


Le premier pas vers l’humanisation consisterait à faire le bien ou à éviter le mal.


 


Utiliser volontairement un préservatif à des fins
contraceptives, ce n’est pas un bien (cf. Com 16) – puisque cela traduit un refus d’ouverture à la vie. Et cela n’évite pas un mal, car la « multiplication des gamins sans père » ou les
avortements ne sont pas la conséquence nécessaire d’une absence de contraception (on peut très bien accueillir la vie et assumer sa
paternité).


 


L’homme qui se livre à une relation impure commet
donc un péché ; s’il met un préservatif à des fins exclusivement contraceptives, il en commet un second ; et s’il contribue à l’avortement de l’enfant « non désiré » ou s’il
abandonne la maman, il en commet un troisième.


 


Conclusion : en voilà un qui a vraiment
besoin de rencontrer Jésus-Christ, son Sauveur!



Mikaël 01/12/2010 10:15



Armel h : "Dans le cas du
préservatif dans l'exemple particulier cité, passer de "se prostituer" à "se prostituer en se protégeant pour soi ET pour ses partenaires". Ce n'est pas un moindre mal (situation statique et
calcul statistique) mais un premier pas (situation dynamique)."


 


Soit. Mais même en concevant la chose ainsi, ne pourrait-on pas semblablement écrire que passer de "se prostituer" (et multiplier les gamins sans père ou pire : multiplier les avortements) à "se
prostituer en utilisant un préservatif" (pour éviter de multiplier les gamins sans père ou les avortements), c'est un premier pas (situation dynamique) vers l'humanisation, vers la sainteté,
selon une progression, propre à chacun et aux diverses circonstances ?



Matthieu 28/11/2010 12:14



Cher
RV, "le pape
parle uniquement du cas de la prostitution", mais il le cite à titre d'exemple. Il y a donc d'autres
exemples que celui de la prostitution. Tel celui évoqué plus haut par l'abbé Grosjean (Com 18) : celui d'"une jeune fille qui n'en a rien à
foutre de la doctrine de l'Eglise, qui est déjà dans un état de péché mortel, qui est séropositive, et qui s'apprête à coucher avec des dizaines de garçons, leur transmettant le virus et la
mort."


 


En fait, il n'y a rien de
nouveau sous le soleil. Le Pape reprend la doctrine de la prévention "ABC" initiée par l'OMS et préconisée depuis plusieurs années par l'Eglise catholique, en développant particulièrement dans son livre le point "C" - qui
ne doit cependant pas faire oublier les points "A" et "B" précédents (qui ont la priorité!)... ni que le "C" dans le milieu scolaire est en général synonyme de mauvaise note!



armel h 27/11/2010 23:42



"Le moindre mal, pour ces personnes, ne serait-ce pas d'utiliser des moyens - certes non-abortifs - de
contraception, plutôt que de donner naissance à des malheureux ? Qu'en penses-tu ?"


Mais il n'est pas question de "moindre mal", mais de premier pas vers l'humanisation, vers la sainteté.


Il ne s'agit pas du tout de calculer d'illusoires et hypothétiques (et absurdes) sommes de bonheur et de malheur puis de comparer les résultats obtenus et choisir la voie la
plus rentable statistiquement en capital-bonheur,


mais d'une progression, propre à chacun et aux diverses circonstances ; la question est donc d'où l'on part et où l'on va.


 


Dans le cas du préservatif dans l'exemple particulier cité, passer de "se prostituer" à "se prostituer en se protégeant pour soi ET pour ses partenaires". Ce n'est pas un
moindre mal (situation statique et calcul statistique) mais un premier pas (situation dynamique).



Mikaël 27/11/2010 14:50



Bonjour Xavier,


 


(vous êtes bien Raistlin de la Cité Catholique, n'est-ce pas ? )


 


Vous dites :


 


"L'exemple que vous prenez n'est pas vraiment similaire. Déjà parce que nul n'est mis en danger de mort lorsqu'un enfant est attendu (et prédire que cet enfant sera malheureux, voilà quelque
chose d'assez peu pertinent, personne ne pouvant dire ce que sera sa vie)."


 


Donc il vaut mieux concevoir (et je dis bien "concevoir" pour préciser ma pensée : une fois conçu, on ne va pas le tuer, de même qu'on ne tue pas les personnes nées qui se trouvent être
handicapées ou malheureuse) un être qui a de fortes chances d'être très malheureux, plutôt que de commettre le "péché" de contraception, c'est cela ?


 


"Cependant - et je tiens à rappeler que je ne suis pas du tout expert en casuistique - un prêtre pourrait autoriser la contraception non abortive si par exemple :



1- Toute nouvelle grossesse serait dangereuse (voire fatale) pour la vie de la mère.


2- Les époux n'ont ni la volonté ni la rigueur pour mettre en place les méthodes de régulation naturelle des naissances."


 


Je suppose que votre 1 et votre 2 doivent être compris comme deux conditions nécessaires, n'est-ce pas ?


 


Bien cordialement,


Mikaël




RV 27/11/2010 14:22



Oui, attention de ne pas tout mélanger.


Je crois que la phrase du pape est extrêmement mal comprise. Le pape ne dit pas aux gens de mettre des préservatifs si ils ont le sida, et ceci afin de ne pas contaminer leur partenaire. Ca,
c'est une déformation des médias (et aussi de certains milieux catholiques de tendance très libérale qui voudraient que l'église cautionne l'usage du préservatif). Le pape parle uniquement du cas de la prostitution.


 


Le cardinal Burke a fait une mise au point très intéressante
http://www.americatho.org/les-americains-du-vatican/le-cardinal-burke-et-le-%e2%80%9cmontage%e2%80%9d-sur-benoit-xvi-et-les-preservatifs?utm_source=feedburner&utm_medium=twitter&utm_campaign=Feed%3A+americatho-org+%28AmeriCatho%29


 


RV


                     



Matthieu 27/11/2010 10:38



Les journaux télévisés ne sont pas réputés pour faire dans la nuance... Ce n'est pas d'aujourd'hui que le monde ne connaît pas l'Eglise (cf. 1 Jn 3. 1).


 


Cela n'en rend que plus important les mises au point telles celles du P. Grosjean. Après, "celui qui peut comprendre, qu'il comprenne" (Mt 19. 12)!



Sceptique 27/11/2010 04:46



"Ce n'est pas un feu vert àla contraception et au vagabondage sexuel"...


 


Il n'empêche que c'est bien comme cela que c'est perçu par la grande majorité des gens.


Regardez la une des journaux télévisés : "L'Eglise change enfin de cap par rapport au préservatif"



Matthieu 26/11/2010 22:44



Je ne résiste pas à la (bonne) tentation de reproduire ici un passage de la réponse du P. Grosjean à ses
détracteurs - à laquelle je souscris entièrement et sans réserve en ma qualité de baptisé - et qui a le mérite de bien situer la discussion de ce fil sur
l'usage du préservatif (afin qu'il n'y ait pas le moindre malentendu sur le sens de mon propos) :


 


"Comme prêtre catholique, j'adhère de toute mon coeur et de toute mon intelligence à la doctrine d'Humanae Vitae et
de Veritatis splendor (y compris sur les actes intrinsèquement mauvais).


 


J'adhère de tout mon coeur et de toute mon intelligence au Magistère du Pape. 


 


Tout ce que j'ai pu écrire et dire n'est rien, et ne vaut rien, sur
les points qui pourraient sembler s'écarter du magistère.


 


et je confirme avec le pape, comme je l'ai écrit, que le préservatif "ne peut pas être considéré comme une
solution morale."


 


Maintenant, quand vous êtes face à un prostitué masculin, qui se sait porteur du virus, et qui vous explique
que ce soir, il va avoir des multiples relations sexuelles. Quand vous êtes face à une jeune fille qui n'en a rien à foutre de la doctrine de l'Eglise, qui est déjà dans un état de péché mortel,
qui est séropositive, et qui s'apprête à coucher avec des dizaines de garçons, leur transmettant le virus et la mort... on est face à l'urgence d'une mesure primaire de prudence sanitaire.
L'urgence sanitaire. On est pas là pour additionner tous les péchés mortels dans un petit calcul de petit boutiquier. On est dans un cas particulier (le Cardinal Ratzinger disait pour cette
raison que le préservatif relevait de la "casuistique"), qui appelle une mesure d'urgence, qui ne peut en aucun cas devenir une règle morale universelle.


 


Le fait que cette fille, ce prostitué ait au moins le soucis de ne pas transmettre la mort n'enlève en rien
son péché (vagabondage sexuel), mais représente un début de prise de conscience qu'il ne peut pas faire n'importe quoi.


 


Je ne lui donne pas un "feu vert" dont il n'a pas besoin , de même qu'il ne m'a pas demandé mon avis pour
aller coucher. Je peux simplement souhaiter qu'il n'additionne pas les crimes. Qu'il soit responsable vis à vis des conséquences dramatiques de sa conduite dramatique (…).


 


Je ne recommande pas de faire un mal. J'enseigne d'éviter le mal que sont ces relations sexuelles multiples.
Point.


 


Si quelqu'un n'en a rien à faire de ce chemin que propose l'Eglise, et s'il se met en
situation de péché, je peux souhaiter qu'il préserve au moins la vie de ses complices.


 


Ce n'est en rien un "feu vert" à la contraception. Ni au vagabondage sexuel
"couvert"."



Matthieu 26/11/2010 22:26



Un intéressant débat suite
à l'article P. Grosjean
sur le site Padreblog.fr :


 


http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=573535#thread


(à lire surtout : la réponse du P. Grosjean)



Matthieu 26/11/2010 17:27



Petit rappel de la position de l'Eglise sur la contraception :


 


http://totus-tuus.over-blog.com/article-4929982.html



Matthieu 26/11/2010 17:16



L’Eglise ne peut pas enseigner le « moindre mal » parce qu’elle ne peut pas enseigner le mal
du tout ! Ce n’est pas sa vocation ; elle n’a pas été mandatée pour cela ; elle faillirait à sa mission si elle s’y risquait.



Matthieu 26/11/2010 17:07



Cher Mikaël,


 


Comme l’exprime très bien Xavier, un enfant n’est pas une maladie mortelle. Sa venue n’est
jamais un mal en soi – quelque soient les circonstances qui l’entourent (qui elles, peuvent être mauvaises). A contrario : entraver une
conception de manière artificielle pour éviter d’avoir à assumer la responsabilité de ses actes est toujours un mal. Dès lors, mettre un préservatif dans une relation impure revient à
ajouter le mal au mal – ce dont le pécheur qui commet son forfait se moque sans doute pas mal, entre nous soit dit…


 


Maintenant : mettre un préservatif pour empêcher de transmettre à son partenaire un
virus mortel (ou pour se préserver soi-même d’une contamination), ce n’est pas un mal, mais un bien (alors même que les circonstances qui l’entourent sont mauvaises) : un premier pas vers
une responsabilisation de la personne, selon les explications du Pape et du P. Frederico Lombardi (cf. Com 6 ci-dessus). C’est le comportement inverse
qui ajouterait le mal au mal – et qui serait comparable à un véritable assassinat. Ici : dans son péché, la personne met un frein au mal
– une limite. C’est pourquoi je ne parlerais pas ici de « moindre mal », mais de « moindre bien ».



Xavier 26/11/2010 14:41



@MiKaël


 


L'exemple que vous prenez n'est pas vraiment similaire. Déjà parce que nul n'est mis en danger de mort lorsqu'un enfant est attendu (et prédire que cet enfant sera malheureux, voilà quelque chose
d'assez peu pertinent, personne ne pouvant dire ce que sera sa vie). Ensuite parce que les méthodes naturelles sont efficaces, certes moins simples que les méthodes artificielles, mais efficaces
quand même.  Nous ne sommes donc pas dans une perspective de vie ou de mort avec comme seule "protection" le recours à un moyen illicite.


 


Cependant - et je tiens à rappeler que je ne suis pas du tout expert en casuistique - un prêtre pourrait autoriser la contraception non abortive si par exemple :


1- Toute nouvelle grossesse serait dangereuse (voire fatale) pour la vie de la mère.


2- Les époux n'ont ni la volonté ni la rigueur pour mettre en place les méthodes de régulation naturelle des naissances.



RV 26/11/2010 14:14



Je rajoute juste une toute petite chose pour conclure mon intervention sur ce fil.


 


On dit souvent : "Il y a des gens qui peuvent être chastes et d'autres qui ne peuvent pas se retenir".


En fait, je pense que la chasteté est (doit être) un combat pour tout le monde.


Il n'y a pas des gens pour qui c'est facile et d'autres pour qui c'est moins facile. c'est dur pour tout le monde car notre tendance naturelle nous pousserait (si nous l'écoutions) à nous laisser
aller à nos moindres désirs.


  


RV






Mikaël 25/11/2010 19:11



Cher Matthieu,


 


Il me semble qu'il y a un petit souci de cohérence dans cette perspective du préservatif moindre mal pour réduire le risque de contamination dans le cas des personnes incapables de vivre la
chasteté. En effet, il me semble que le même raisonnement pourrait être appliqué à la contraception. Je m'explique : certaines personnes ne réunissent pas les conditions matérielles, affectives,
spirituelles, etc., requises pour assurer une vie décente - je ne dis même pas idéale... - à d'éventuels enfants. L'Eglise enseigne que ces personnes doivent donc rester continentes ou utiliser
les méthodes naturelles de régulation des naissances (et encore, seulement si elles sont mariées et au sein de leur couple). Cependant, certaines personnes, nous l'avons vu - et le pape l'admet -
ne parviennent pas - au moins complétement et/ou immédiatement - à vivre la chasteté. Le moindre mal, pour ces personnes, ne serait-ce pas d'utiliser des moyens - certes non-abortifs - de
contraception, plutôt que de donner naissance à des malheureux ? Qu'en penses-tu ?


 


Bien à toi,


Mikaël



RV 24/11/2010 09:40



Précision : mais à mon avis, dans le cas d'un couple marié dont l'un des deux époux aurait contracté le sida (par transfusion sanguine, par exemple), il me semble que ce couple offrirait un très
beau sacrifice à Dieu en pratiquant l'abstinence.


 


Mais bon, nous sommes là sur un terrain qui me dépasse un peu car c'est très compliqué. Je dis juste ce que je sens, ce qui me semble le plus conforme à l'enseignement de l'Eglise.


Si le pape disait autre chose, je m'y plierai, bien sûr.


 


RV






RV 24/11/2010 09:03



S'il n'est pas considéré comme un moyen de contraception, alors peut-être est-il posible de l'autoriser au sein d'un couple marié dont l'un des deux époux a contracté le sida... je ne sais pas...


 


RV






Matthieu 23/11/2010 19:23



Cher RV, le préservatif n'est pas à considérer ici comme un moyen de contraception, mais comme un
instrument de prévention contre le SIDA (que ne connaissait pas Humanae Vitae).


 


(Je te renvoie au débat que nous avons eu l'année dernière à ce sujet :


- http://totus-tuus.over-blog.com/article-29324520-6.html#anchorComment ;


- http://totus-tuus.over-blog.com/article-29628060-6.html#anchorComment).



RV 23/11/2010 19:06



Matthieu,


 


Merci pour le lien avec les propos du Pape. Donc, c'est bien ce que je disais : le Pape ne s'adresse pas à tout le monde. Il parle de cas particuliers, et notamment d'un cas particulier : la
prostitution.


 


Mais de toute façon, en matière de sexualité, le texte officiel de l'Eglise demeure "Humanae vitae" (même si certains prêtres et évêques se permettent de prendre des distances par rapport à ce
texte) et, dans ce texte, les choses sont extrêmement claires : seule les méthodes de contraception naturelles sont cautionnées par l'Eglise (ce qui, de mon point de vue, est la position la plus
cohérente et la plus limpide que l'Eglise puisse donner).


 


Si on dit aux gens : "Si vous ne pouvez pas vous abstenir, alors utilisez le préservatif" (ce que Humanae vitae - et donc l'Eglise - ne dit pas), alors il ne peut pas y avoir d'éducation à la
chasteté parce que les gens vont s'engouffrer dans cette brêche et tous vont être trop heureux de dire qu'il font partie des gens qui "ne peuvent pas s'abstenir".


 


RV






Matthieu 23/11/2010 18:53



Cher RV,


 


Ton analogie n’est pas adaptée, car ce n’est pas tout ou rien justement.


 


L’Eglise ne dit pas : « Si vous ne pouvez demeurer chaste, eh bien mettez des préservatifs et
faites ce que vous voulez! » Elle dit : « Si vous ne pouvez demeurer chaste, eh bien mettez un préservatif pour ne pas contracter (ou transmettre à autrui) une maladie
mortelle ». (Eh oui : Dieu ne veut pas la mort du pécheur…)


 


Autrement dit, pour reprendre ton analogie, c’est comme si le professeur disait à ses élèves :
« Bon, eh bien ceux qui, ce soir, n'aurons pas le temps de faire l’exercice 5 de mathématiques, qu’ils fassent au moins l’exercice 4 qui est plus facile… plutôt que de ne rien
faire ! ».


 


L’Eglise invite donc chacun à poser un acte de responsabilité morale ; personne n’est exonéré de
toute obligation morale.


 


Comprends bien RV qu’il ne s’agit pas de préconiser le « moindre mal », mais d’éviter justement
d’ajouter le mal au mal – en y posant une limite ; de proposer plutôt le « moindre bien » à ceux qui seraient incapables d’accomplir le « plus grand bien ».


 


En l’occurrence, le « moindre bien » consiste dans « un premier pas vers une moralisation, un premier acte de responsabilité pour
développer de nouveau la conscience du fait que tout n'est pas permis et que l'on ne peut pas faire tout ce que l'on veut. » (Benoît XVI, cf. ce qu’il a vraiment dit).


 


Cette position du Pape « manifeste (…) une vision compréhensive et prévoyante, attentive à
découvrir les petits pas – même si ce sont les premiers et qu'ils sont encore confus – d'une humanité souvent spirituellement et culturellement très pauvre, vers un
exercice plus humain et responsable de la sexualité. » (P. Frédérico Lombardi)


 


(Pour un rappel de la doctrine de l’Eglise concernant la prévention du SIDA et l’usage du
préservatif :


cf. http://totus-tuus.over-blog.com/article-5018903.html


cf. http://totus-tuus.over-blog.com/article-29628060.html)



RV 23/11/2010 16:24



Matthieu,


Au sujet de ce qu'à dit le Pape, je pense qu'il faudrait d'abord que nous sachions ce qu'il a dit exactement. D'après ce que j'ai cru comprendre, il pense que le préservatif peut être utilisé
dans un seul cas précis : celui de la prostitution.


Donc, si ça se trouve, nous parlons dans le vide.


En attendant d'y voir plus clair, je voudrais juste dire une petite chose : quand tu dis que l'appel de l'Eglise est un appel à la responsabilité (quand elle appelle "ceux qui ne peuvent
s'abstenir" à utiliser un préservatif), et bien, pour une fois (c'est rare), je ne suis pas d'accord avec toi.


C'est comme si un professeur disait à ces élèves : "Bon, et bien ceux qui, ce soir, n'aurons pas le temps de faire leur devoirs, qu'ils ne les fassent pas !"


Tu auras beau m'expliquer que le professeur fait confiance à ses élèves et qu'il fait appel à leur sens de leur responsabilité, et bien moi je te guarantis que le lendemain, 100% des élèves
n'auront pas fait leur devoir.


Pour le préservatif, c'est pareil. Si l'Eglise disait : "Ceux qui ne peuvent se retenir d'avoir des rapports sexuels, qu'ils utilisent un préservatif", et bien tout les jeunes y verraient une
manière pour l'Eglise de cautionner leurs actes.


Surtout quand on sait la violence des pulsions sexuelles chez certains jeunes, et surtout quand on sait l'empressement qu'ont certains de s'engouffrer dans la plus petite faille de premissivité.


 


RV (grand oposant à l'usage des moyens de contraceptions autres que naturels. heureux toutefois de participer à cette discussion comme "au bon vieux temps").






Matthieu 23/11/2010 14:14



Cher Mikaël, cher RV, cela me fait plaisir de vous revoir ici! Cela me rappelle le bon vieux
temps… 


  


Effectivement Mikaël, je n’ai pu m’empêcher de sourire, je le confesse…


 


Merci Xavier de votre important rappel – je pense toutefois que Mikaël connaît mieux la
position de l’Eglise en matière de morale (quoiqu’il n’y adhère pas) que certains de ses interlocuteurs catholiques…


 


Cher RV, inviter « ceux qui ne peuvent s’abstenir » à utiliser le préservatif, ce
n’est pas les inviter à ne pas s’abstenir ! Il n’y a pas là incitation à la débauche, mais à la responsabilité. L’Eglise a une parole pour tous, elle tient compte de la réalité de chacun.
Elle sait que la chasteté est un rude combat. Elle enseigne que celle-ci n’est pas une utopie, mais un chemin de vie, d’amour vrai et de bonheur. Bien plus : elle en témoigne à travers ceux de ses enfants qui la vivent au quotidien et en rayonnent de joie – qu’il s’agisse de moines, de prêtres, de consacrés ou d’époux
chrétiens vivant selon l’esprit de l’Evangile.


 


« Tous les gens vont dire qu'ils
ne peuvent pas s'abstenir, dans ce cas-là » : Mais
l’Eglise fait confiance aux hommes pour discerner le bien et le mal ; pour recevoir son enseignement moral – qui est vérité (or l’homme est fait pour la vérité) ; et pour choisir de
préférence le bien au mal. Comme le rappelle Xavier, l’Eglise montre toujours la voie du meilleur ; mais elle propose aussi des paliers
intermédiaires pour ceux qui ne sont pas tout de suite capables du meilleur. L’Eglise a souci du faible et du pauvre (moralement parlant).


 


« Si l'Eglise se met à dire aux
gens : "C'est vous qui décidez si vous utilisez un préservatif ou pas", et bien dans ce cas il est clair que tout le monde va en utiliser... » Et pourtant, l’Eglise ne peut rien dire d’autre puisque ce sont bien « les
gens » qui décident, et non l’Eglise à leur place... Elle renvoie donc chacun à sa conscience et à sa liberté – en nous donnant pour guide la lumière de son enseignement moral, car
« c’est de Sion que vient la Loi ; de Jérusalem, la Parole du Seigneur » (Is. 2. 3). Elle fait confiance à l’homme pour choisir le
bien (parce que Dieu lui-même fait confiance à l’homme). En fait, l’Eglise a
une vision de l’homme bien plus optimiste que la tienne (en tout cas : que celle que tu exposes ici).


  


« que l'acte
sexuel est intrinsèquement lié à la procréation est une vérité qui est vraie pour tous les hommes. » Oui, mais cela ne signifie pas que l’acte sexuel doive être nécessairement fécond pour
être moralement licite ! En réalité, l’acte sexuel est d’abord lié à l’amour conjugal : il est le lieu privilégié de la communion d’amour
entre les époux dont l’union est consacrée. La procréation, elle, est une surabondance – à laquelle les époux doivent toujours être accueillants
quand elle survient, et vers laquelle ils doivent tendre avec responsabilité (ce qui autorise par conséquent une certaine régulation des
naissances).



RV 22/11/2010 19:36



L'Eglise invite "ceux qui ne peuvent s'abstenir" à utiliser le préservatif, dit l'internaute du commentaire précédent.


Mais tous les gens vont dire qu'ils ne peuvent pas s'abstenir, dans ce cas-là. Et notamment les jeunes !


Le fait que l'acte sexuel est intrinsèquement lié à la procréation est une vérité qui est vraie pour tous les hommes. "Humanae vitae" est très clair à ce sujet.


Si l'Eglise se met à dire aux gens : "C'est vous qui décidez si vous utilisez un préservatif ou pas", et bien dans ce cas il est clair que tout le monde va en utiliser... et adieu la chasteté,
adieu le lien entre sexualité et naissance, adieu la grandeur de l'homme.


RV






Xavier 22/11/2010 14:34



Cher Mikaël,


A l'évidence, vous connaissez mal l'enseignement de l'Église en matière de morale. S'il va de soi que l'usage du préservatif est illicite, l'Église a constamment enseigné qu'entre deux maux,
il fallait choisir le moindre et, sur le terrain, les pasteurs invitent ceux qui sont malades et ne peuvent s'abstenir d'avoir des relations sexuelles, à protéger leurs partenaires.


Ainsi, il faut distinguer ce qui relève de l'enseignement universel de l'Église et ce qui relève des cas particuliers. Il est étonnant que par ignorance, certains fassent de ces déclarations une
révolution dans la doctrine morale de l'Église alors qu'il s'agit là de choses acquises depuis longtemps.


Seulement, il ne faut pas confondre le moindre mal avec le bien. L'Église, dans son enseignement universel, nous montre le bien.


Cordialement,



Mikaël 21/11/2010 00:57



Cher Matthieu,


 


Tiens tiens, intéressant : Jean Scot Erigène aurait donc à nouveau les bonnes grâces du Saint-Siège ? Bon point pour lui (le Saint-Siège je veux dire...). Un autre bon point c'est la toute
récente déclaration de Benoît XVI sur le préservatif. Et à ce sujet, je t'invite à jeter un coup d'oeil ici, ça devrait te faire agréablement sourire



 


Amicalement,


Mikaël



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