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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 14:44

Extrait de l’exhortation apostolique post-synodale sur la Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Eglise, donnée par Benoît XVI le 30 septembre 2010, en la 6e année de son pontificat.

 

L’annonce de la Parole de Dieu et les jeunes

 

104. Le Synode a réservé une attention particulière à l’annonce de la Parole divine aux nouvelles générations. Les jeunes sont dès à présent des membres actifs de l’Église et ils en représentent l’avenir. En eux, nous trouvons souvent une ouverture spontanée à l’écoute de la Parole de Dieu et un désir sincère de connaître Jésus. C’est durant la période de la jeunesse, en effet, qu’émergent de façon irrépressible et sincère les questions sur le sens de la vie personnelle et sur l’orientation à donner à sa propre existence. Seul Dieu sait apporter une véritable réponse à ces questions. Cette attention au monde des jeunes implique le courage d’une annonce claire ; nous devons aider les jeunes à acquérir une intimité et une familiarité avec la Sainte Écriture, pour qu’elle soit comme une boussole qui leur indique la route à suivre. C’est pourquoi ils ont besoin de témoins et de maîtres, qui marchent avec eux et qui les forment à aimer et à communiquer à leur tour l’Évangile surtout aux jeunes de leur âge, devenant ainsi eux-mêmes des annonciateurs authentiques et crédibles.

 

Il faut que la Parole divine soit aussi présentée dans ses implications vocationnelles afin qu’elle aide et oriente les jeunes dans leurs choix de vie, y compris vers la consécration totale. D’authentiques vocations à la Vie consacrée et au sacerdoce trouvent un terrain propice dans le contact régulier avec la Parole de Dieu. Je répète encore aujourd’hui l’invitation, faite au début de mon pontificat, à ouvrir les portes au Christ : « Celui qui fait entrer le Christ, ne perd rien, rien – absolument rien de ce qui rend la vie libre, belle et grande. Non! Dans cette amitié seulement, s’ouvrent largement les portes de la vie. Dans cette amitié seulement, se libèrent réellement les grandes potentialités de la condition humaine. Chers jeunes : n’ayez pas peur du Christ! Il n’enlève rien, et il donne tout. Celui qui se donne à lui, reçoit le centuple. Oui, ouvrez, ouvrez tout grand les portes au Christ – et vous trouverez la vraie vie ».

 

L’annonce de la Parole de Dieu et les migrants

 

105. La Parole de Dieu nous rend attentifs à l’Histoire et à tout ce qui naît en elle de nouveau. C’est pourquoi le Synode, au sujet de la mission évangélisatrice de l’Église, a voulu aussi porter son attention sur le phénomène complexe des mouvements migratoires, qui ont pris ces dernières années des proportions inédites. Surgissent ici des questions très délicates au sujet de la sécurité des nations et de l’accueil à réserver à ceux qui cherchent un refuge, de meilleures conditions de vie, la santé et un travail. De très nombreuses personnes, qui ne connaissent pas le Christ ou qui en ont une image erronée, s’installent dans des pays de tradition chrétienne. Dans le même temps, des personnes appartenant à des peuples profondément imprégnés par la foi chrétienne émigrent vers des pays où l’annonce du Christ et une Nouvelle Évangélisation sont nécessaires. Ces situations offrent de nouvelles possibilités pour la diffusion de la Parole de Dieu. À ce propos, les Pères synodaux ont affirmé que les migrants ont le droit d’entendre le kérygme, qui leur est proposé et non imposé. S’ils sont chrétiens, ils ont besoin d’une assistance pastorale adéquate pour renforcer leur foi et être eux-mêmes porteurs de l’annonce évangélique. Conscients de la complexité du phénomène, il est nécessaire que tous les diocèses intéressés se mobilisent afin que les mouvements migratoires soient aussi considérés comme une occasion de découvrir de nouvelles modalités de présence et d’annonce. Ils doivent pourvoir, selon leurs possibilités, à une animation et à un accueil adaptés de ces frères, pour que touchés par la Bonne Nouvelle, ils deviennent eux-mêmes des messagers de la Parole de Dieu et des témoins de Jésus Ressuscité, espérance du monde.

 

L’annonce de la Parole de Dieu et les personnes qui souffrent

 

106. Durant les travaux synodaux, l’attention des Pères s’est souvent portée sur la nécessité d’annoncer la Parole de Dieu à tous ceux qui se trouvent également dans un état de souffrance physique, psychique ou spirituelle. En effet, c’est lorsqu’il connaît la douleur que naissent de manière plus aiguë dans le cœur de l’homme les questions ultimes sur le sens de sa propre vie. Si la parole de l’homme semble devenir muette devant le Mystère du mal et de la souffrance et si notre société semble n’accorder de valeur à l’existence que si elle correspond à certains niveaux d’efficacité et de bien-être, la Parole nous révèle que ces circonstances sont aussi mystérieusement « embrassées » par la tendresse de Dieu. La foi, qui naît de la rencontre avec la Parole divine, nous aide à considérer la vie humaine comme digne d’être pleinement vécue même lorsqu’elle est brisée par le mal. Dieu a créé l’homme pour le bonheur et pour la vie, tandis que la maladie et la mort sont entrées dans le monde comme conséquence du péché (cf. Sg 2, 23-24). Mais le Père de la vie est le médecin par excellence de l’homme et il ne cesse de se pencher avec tendresse sur l’humanité souffrante. Nous contemplons le sommet de la proximité de Dieu avec la souffrance de l’homme en Jésus lui-même qui est la Parole incarnée. Il a souffert avec nous et il est mort. Par sa Passion et sa mort, il a assumé en lui et a transformé jusqu’au bout notre faiblesse.

 

La proximité de Jésus à l’égard des personnes qui souffrent ne s’est pas interrompue ; elle se prolonge dans le temps grâce à l’action de l’Esprit Saint dans la mission de l’Église, dans la Parole et dans les Sacrements, dans les hommes de bonne volonté, dans les activités d’assistance que les communautés promeuvent dans la charité fraternelle, en dévoilant ainsi le vrai visage de Dieu et son amour. Le Synode rend grâce à Dieu pour le témoignage lumineux, et souvent caché, de nombreux Chrétiens – prêtres, religieux et laïcs – qui ont prêté et continuent de prêter leurs mains, leurs yeux et leur cœur au Christ, véritable médecin des corps et des âmes! Il exhorte encore à continuer à avoir soin des personnes malades en leur apportant la présence vivifiante du Seigneur Jésus, dans la Parole et dans l’Eucharistie. Qu’elles soient aidées à lire l’Écriture et à découvrir que, dans leur condition, elles peuvent participer d’une façon particulière aux souffrances rédemptrices du Christ pour le Salut du monde (cf. 2 Co 4, 8-11. 14)!

 

L’annonce de la Parole de Dieu et les pauvres

 

107. La Sainte Écriture révèle la prédilection de Dieu pour les pauvres et les nécessiteux (cf. Mt 25, 31-46). Souvent, les Pères synodaux ont rappelé la nécessité que l’annonce évangélique, l’engagement des Pasteurs et des communautés soient orientés vers ces frères. En effet, les premiers à avoir droit à l’annonce de l’Évangile sont précisément les pauvres, qui ont besoin non seulement de pain, mais aussi de paroles de vie. La diaconie de l’amour, qui ne doit jamais faire défaut dans nos Églises, doit toujours être unie à l’annonce de la Parole et à la célébration des saints Mystères. En même temps, il faut reconnaître et valoriser le fait que les pauvres eux-mêmes sont aussi des agents d’Évangélisation. Dans la Bible, le véritable pauvre est celui qui s’en remet totalement à Dieu et Jésus lui-même, dans l’Évangile, appelle bienheureux ceux à qui « appartient le Royaume des Cieux » (Mt 5, 3; cf. Lc 6, 20). Le Seigneur exalte la simplicité de cœur de celui qui reconnaît en Dieu sa vraie richesse, qui met en lui, et non dans les biens de ce monde, son espérance. L’Église ne peut décevoir les pauvres : les Pasteurs sont appelés à les écouter, à apprendre d’eux, à les guider dans leur foi et à les motiver pour qu’ils soient des artisans de leur propre histoire.

 

L’Église sait aussi qu’il existe une pauvreté qui est vertu, à cultiver et à choisir librement, comme l’ont fait de nombreux saints, et qu’il existe une misère qui est souvent le résultat d’injustices, qui est provoquée par l’égoïsme, qui a pour symptôme l’indigence et la faim et qui alimente les conflits. Quand l’Église annonce la Parole de Dieu, elle sait qu’il faut favoriser un « cercle vertueux » entre la pauvreté « à choisir » et la pauvreté « à combattre », redécouvrant la sobriété et la solidarité, comme valeurs évangéliques et, en même temps, universelles. Ce qui comporte des choix de justice et de sobriété.

 

La Parole de Dieu et la sauvegarde de la Création

 

108. L’engagement dans le monde, que requiert la Parole divine, nous pousse à regarder avec des yeux nouveaux le cosmos tout entier, créé par Dieu et qui porte déjà en lui les traces du Verbe, par lequel tout a été fait (cf. Jn 1, 2). En effet, nous avons aussi, comme Chrétiens et messagers de l’Évangile une responsabilité vis-à-vis de la Création. Si, d’un côté, la Révélation nous fait connaître le dessein de Dieu sur le cosmos, de l’autre, elle nous amène aussi à dénoncer les attitudes erronées de l’homme, quand il ne reconnaît pas toutes les choses comme l’empreinte du Créateur, mais comme une simple matière à manipuler sans scrupules. De cette manière, l’homme manque de l’humilité essentielle qui lui permet de reconnaître la Création comme un don de Dieu qu’il doit accueillir et utiliser selon son dessein. Au contraire, l’arrogance de l’homme qui vit ‘comme si Dieu n’existait pas’, le porte à exploiter et à défigurer la nature, en ne reconnaissant pas en elle une œuvre de la Parole créatrice. À partir de cette vision théologique, je désire répéter les affirmations des Pères synodaux, qui ont rappelé qu’accueillir la Parole de Dieu témoignée dans l’Écriture Sainte et dans la Tradition vivante de l’Église, engendre une nouvelle manière de voir les choses, en promouvant une authentique écologie, qui plonge sa racine la plus profonde dans l’obéissance de la foi, en développant une sensibilité théologique renouvelée à la bonté de toutes les choses créées dans le Christ. L’homme a besoin d’être à nouveau éduqué à l’émerveillement et à reconnaître la beauté authentique qui se manifeste dans les choses créées.

 

 

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Published by Matthieu BOUCART - dans Benoit XVI
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