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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 23:00

Suite de la lettre apostolique du Pape Jean-Paul II sur le sens chrétien de la souffrance humaine (Salvifici Doloris, le 11 février 1984).

 

22. A la perspective du Royaume de Dieu est liée l'espérance de la gloire dont l'origine se trouve dans la Croix du Christ. La Résurrection a révélé cette gloire – la gloire eschatologique – qui, dans la Croix du Christ, était complètement obscurcie par l'immensité de la souffrance. Ceux qui communient aux souffrances du Christ sont aussi appelés, moyennant leurs propres souffrances, à prendre part à la gloire. C'est ce que Paul exprime en divers endroits. Il écrit aux Romains : « Nous sommes... cohéritiers du Christ, puisque nous souffrons avec lui pour être aussi glorifiés avec lui. J'estime en effet que les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous ». Dans la deuxième lettre aux Corinthiens, nous lisons : « Car la légère tribulation d'un instant nous prépare, jusqu'à l'excès, une masse éternelle de gloire, à nous qui ne regardons pas aux choses visibles, mais aux invisibles ». L'Apôtre Pierre exprimera cette vérité dans les paroles suivantes de sa première lettre : « Dans la mesure où vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que, lors de la révélation de sa gloire, vous soyez aussi dans la joie et l'allégresse ».

 

Le motif de la souffrance et de la gloire a un caractère strictement évangélique qui s'éclaire par la référence à la Croix et à la Résurrection. La Résurrection est devenue avant tout la manifestation de la gloire qui répond à l'élévation du Christ par la Croix. Si en effet la Croix a représenté aux yeux des hommes le dépouillement du Christ, elle a représenté en même temps aux yeux de Dieu son élévation. Sur la Croix, le Christ a atteint et réalisé sa mission en toute plénitude : en accomplissant la volonté de son Père, il s'est réalisé en même temps lui-même. Dans la faiblesse, il a manifesté sa puissance, et dans l'humiliation, toute sa grandeur messianique. Ne trouve-t-on pas une preuve de cette grandeur dans toutes les paroles prononcées durant l'agonie sur le Golgotha, et spécialement celles qui concernent les auteurs de la crucifixion : « Père, pardonne-leur : ils ne savent ce qu'ils font »? Ces paroles s'imposent comme un exemple suprême à ceux qui communient aux souffrances du Christ. La souffrance est aussi un appel à manifester la grandeur morale de l'homme, sa maturité spirituelle. Les martyrs et les confesseurs du Christ des diverses générations en ont donné la preuve par leur fidélité à ces paroles : « Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l'âme ».

 

La Résurrection du Christ a révélé « la gloire du siècle à venir » et en même temps elle a confirmé « l'exaltation de la Croix » : cette gloire qui est comprise dans la souffrance même du Christ, telle qu'elle s'est bien souvent reflétée et qu'elle se reflète encore dans la souffrance de l'homme comme expression de sa grandeur spirituelle. Il faut rendre témoignage de cette gloire non seulement aux martyrs de la foi mais aussi aux nombreux autres hommes qui parfois, sans avoir la foi au Christ, souffrent et donnent leur vie pour la vérité ou pour une juste cause. Dans leurs souffrances à tous est confirmée d'une manière particulière la haute dignité de l'homme. 

 

 

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Published by Matthieu BOUCART - dans Salvifici Doloris
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