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10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 09:15

Cher Miky,

Je voudrais revenir sur ton échange avec RV (que je salue bien fraternellement au passage à mon tour !) sur la raison et la foi (Cf. Le mystère Jésus, Commentaires n° 12 à 17).

Pour vous répondre à l’un et à l’autre, je voudrais partir de l’ouvrage "Le choix de Dieu" du Cardinal Lustiger, dont nous célébrons les funérailles aujourd’hui. Cet article me fournit l’occasion de rendre hommage au grand théologien qu’il fut, et à l’archevêque des mains duquel j’ai eu la grâce de recevoir le sacrement de confirmation, un inoubliable 16 mai 1998 en la Paroisse St Léon , à Paris...

Dans un chapitre consacré à la « Raison, la science et la foi », le Cardinal pose tout d’abord l’affirmation selon laquelle il est possible, selon la foi catholique, de démontrer par l’usage de la raison, l’existence de Dieu. « Parce que l’homme est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Dieu a mis en l’homme un pouvoir raisonnable de connaissance de la vérité, qui doit lui permettre d’accéder à la vérité suprême qui est Dieu (…) Dès le moment où l’homme est fait pour Dieu et où Dieu donne à l’homme raison, liberté et intelligence, Dieu donne à l’homme le pouvoir de le reconnaître. Au nom même de la foi, le croyant est amené à affirmer le pouvoir de la raison humaine. »

Il est donc dans la nature de l’homme raisonnable de pouvoir parvenir à la connaissance de l’existence de Dieu. Tout homme peut accéder à cette connaissance, et non pas seulement le chrétien féru de théologie naturelle. Cette connaissance est universelle, et provient de la raison. Telle est cette « amorce de croyance en l'existence de Dieu » que tu évoques, et que tu appelles indûment « Foi ». Ainsi, l'homme qui contemple le ciel étoilé ne peut qu’être saisi par l’harmonie et la beauté qui règne dans la nature ; et s’il en vient à penser à Dieu, c’est que sa raison lui aura inspiré que tout cela ne peut qu’être l’œuvre d’un génial Artisan.

Comme l’écrivait Voltaire : « En apercevant l’ordre, les lois mécaniques et géométriques qui règnent dans l’univers, je suis saisi d’admiration et de respect. Si les ouvrages des hommes me forcent à reconnaître en nous une intelligence, je dois en reconnaître une bien supérieure agissant dans la multitude de tant d’ouvrages. J’admets cette intelligence suprême sans craindre que jamais on puisse me faire changer d’opinion. Rien n’ébranle en moi cet axiome : tout ouvrage démontre un ouvrier » (Enéide).

La foi ne se réduit donc pas à un sentiment. D’ailleurs, pour qu’un sentiment naisse pour quelqu’un, encore faut-il croire en son existence. Et cela est objet de raison, non de foi.

Pourtant Miky, tu soulèves une vraie question. Si la croyance en l’existence de Dieu est admissible rationnellement, et universellement connaissable par tous les hommes, comment se fait-il que beaucoup ne croient pas ? Comment se fait-il que tu n’y croies pas ? « Aucun argument en faveur de Son existence, ne peut, il me semble, me convaincre. (…) Je ne parviens pas à être convaincu par les arguments en faveur de l'existence de Dieu. »

Reprenons notre lecture du « Choix de Dieu » du Cardinal Lustiger.

« La révélation renforce l’optimisme fondamental sur l’outil intellectuel et sur sa validité, mais elle dévoile que les hommes sont blessés dans leur liberté, leur conscience, leur raison. « L’insensé dit en son cœur : « Dieu n’existe pas » (Ps 14/13, 53/52). La raison a voulu être souveraine ; elle a voulu se donner à elle-même ses propres mesures, alors qu’elle demeure appelée à la recevoir dans le respect d’une objectivité donnée par ailleurs et d’une finalité originaire.

« La raison n’existe pas indépendamment des volontés, des désirs, des choix. Pour que l’homme se laisse convaincre par les preuves de l’existence de Dieu, il faut que sa raison purifiée et ordonnée accepte de se laisser convaincre.

« Le travail de la raison sur l’affirmation de Dieu reçoit toute sa force de conviction dans l’acte de foi, qui est lui-même le fruit d’une guérison de Dieu, d’une grâce. Alors, la raison peut-elle accéder à son pouvoir propre si elle ne reçoit pas sa guérison de Dieu ? C’est la frontière – ou l’alliance – de la raison et de la foi. Frontière « irritante » pour le croyant comme pour l’incroyant. Le croyant ne peut renoncer à la raison, et en même temps il reconnaît dans la foi un surpassement de la raison. Une sagesse ou une lumière qui le dépasse et qui, en lui donnant accès à Dieu, le rend accessible à lui-même. »

A la question posée un peu plus loin : « Concevez-vous que la raison est la maladie de l’homme », le Cardinal répond : « Non. Mais l’impuissance à accueillir la vérité est la maladie de la raison. L’homme est blessé (…). Blessé par son péché et par sa condition déchirée jusqu’en sa raison. »

La pensée de RV est donc parfaitement orthodoxe, lorsqu’il affirme « qu'il ne faut peut-être pas trop enfermer la foi dans "l'intellectuel" ». Car notre raison est abîmée. A vouloir « enfermer » la foi dans une théologie par trop desséchante et intellectualiste, on risque d'étouffer la foi au point de la faire mourir (cf. les Pharisiens, les scribes et autres docteurs de la Loi, à l’époque de Jésus). Plus encore : à vouloir réduire la totalité de la réalité à ce qui est mesurable, vérifiable expérimentalement, et perceptible par nos sens, on en vient finalement à réduire l’homme lui-même en mutilant sa raison. Cela est paradoxal, mais… « trop de raison tue la raison » ; et a contrario, une certaine renonciation à la raison « raisonnante » peut nous donner accès à une Raison supérieure, un "Ultra-rationnel" que notre raison blessée ne peut atteindre par elle-même.

Là donc réside la principale « pathologie » de notre raison : dans cette tendance orgueilleuse à vouloir « enfermer » la totalité de la réalité dans ce qui lui est immédiatement accessible, au point d’exclure la question de Dieu et de la renvoyer dans le seul domaine de la subjectivité (je te recommande à ce sujet la lecture de la mémorable conférence du Pape Benoît XVI à l'Université de Ratisbonne, le 12 septembre 2006).

Tu seras peut-être heurté par l’emploi du terme de « maladie » ou de « blessure » au sujet de l’impossibilité de croire. Mais tu as écris un jour au sujet de l’athéisme : « Je ne suis pas convaincu que c'est plus parfait, mais je n'arrive pas à faire autrement. » Eh bien il y a peut-être une grâce à demander au Seigneur, une grâce de guérison et de purification de la raison. Et j’en viens à ma conclusion, que je t’offre comme un cadeau et que je livre à ta méditation avant de partir pour quelques jours de vacances, en te remerciant Miky pour tout ce que tu apportes à ce Blog par tes nombreux commentaires toujours enrichissants, et en te demandant pardon pour mes répliques un peu raides parfois.

Cette conclusion, la voici. Elle est tirée à nouveau du « Choix de Dieu » du Cardinal Lustiger.

« Celui qui hésite entre décider de croire ou attendre le foudroiement de Dieu est semblable à celui qui, dans une pièce obscure, recherche un interlocuteur inconnu et se voit pris dans une situation intolérable. Pourquoi celui vers qui il clame ne répond-il pas ? A qui me demande en cette situation : « Que faire ? », je suggère de prier conditionnellement : « Toi, Dieu que je cherche ou que je fuis, je ne sais si tu existes, mais donne moi de te rencontrer et de te reconnaître. » En effet, celui qui est engagé dans ce débat est déjà situé par rapport à Dieu, même s’il ne sait pas ce qui doit encore mûrir en lui. « Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvé ». Cette phrase de Pascal exprime bien la situation de celui qui hésite devant Dieu. »

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commentaires

Miky 04/09/2007 23:50

Tiens, pour prendre un exemple, l'auteur de http://www.dieuexiste.com/ est lui aussi persuadé de détenir une démonstration convaincante appuyé par des arguments rationnels et objectifs, et pense que ses contradicteurs sont de mauvaise foi, aveuglés, intellectuellement bornés, psychologiquement perturbés, etc. Pourtant tu reconnais toi-même que sa "démonstration" et ses présomptions à l'égard de ses contradicteurs ne tiennent pas la route... Comme quoi, il ne suffit pas simplement d'affirmer être objectif et rationnel et d'affirmer avoir des contradicteurs qui, pour reprendre les termes de Tresmontant (qui est également un auteur apprécié par Miteny), sont dans : "les passions, les préférences secrètes, les hostilités inavouées", pour que cela soit vrai...
(Je te rassure, je tiens tes arguments pour bien meilleurs que les siens. Et j'espère que tu m'accorderas que les miens sont aussi bien meilleurs que les siens).

Miky 04/09/2007 21:51

""S'ils ne sont pas absolument convainquants et sont sujets à discussion, cela voudra dire que la démonstration en question n'en sera pas une."

Si Miky, mais tu seras libre d'y adhérer ou non."
Donc selon toi, je suis de mauvaise foi ? Tu sais que je pourrais alors te dire la même chose : mes contre-arguments sont objectivement convaincants mais tu es libre d'y adhérer ou non...

""Si les arguments de théologie naturelle sont encore discutés aujourd'hui, c'est que précisément, ils ne démontrent rien du tout... Vas-tu enfin l'admettre ?"

Non, car la démonstration reste objectivement convaincante (j'y renvoie mes lecteurs : http://totus-tuus.over-blog.com/article-7006879.html). Ainsi, je dirais qu'elle est édifiante, mais non contraignante."
Précisément non, elle n'est pas objectivement convaincante, et j'ai apporté des objections objectivement convaincantes à tes arguments. Mais bien sûr, on va tourner en rond et se rejetter la balle sans arrêt, chacun prétendant que c'est lui qui a proposé un argument convaincant et que c'est l'autre qui est aveuglé. C'est pourquoi je préfère qu'on en reste sur le plan du débat d'idée, plutôt que de "psychologiser" l'adversaire...
D'ailleurs, tu n'as toujours pas répondu sur le théorème de Bayes...
"D'où vient que les vérités métaphysiques n'aient pas la même force de persuasion que les vérités dans l'ordre physique?

Claude Tresmontant nous éclaire à ce sujet" :
Ce que dit Tresmontant pourrait parfaitement être retourné aux croyants. Ceux-ci sont travaillés par leurs passions, préférences secrètes, hostilités inavoués, qui interfèrent dans l'appréciation des arguments, car admettre l'agnosticisme remettrait en cause leur existence. C'est pourquoi ils ne peuvent admettre les arguments objectifs en faveur de l'agnosticisme.
Mieux vaut donc laisser là ces enfantillage et en revenir aux arguments eux-mêmes. Tu n'es pas d'accord avec mes réfutations, mais tu dois admettre quand même, je l'espère, que je ne les ai pas tiré d'un chapeau. Je les fais reposer sur des principes logiques, rationnels, mathématiques (ex. : le théorème de Bayes, mais peut-être vas-tu me dire que ce théorème est faux ?).

Matthieu 04/09/2007 19:08

"S'ils ne sont pas absolument convainquants et sont sujets à discussion, cela voudra dire que la démonstration en question n'en sera pas une."
Si Miky, mais tu seras libre d'y adhérer ou non.
"Si les arguments de théologie naturelle sont encore discutés aujourd'hui, c'est que précisément, ils ne démontrent rien du tout... Vas-tu enfin l'admettre ?"
Non, car la démonstration reste objectivement convaincante (j'y renvoie mes lecteurs : http://totus-tuus.over-blog.com/article-7006879.html). Ainsi, je dirais qu'elle est édifiante, mais non contraignante.
D'où vient que les vérités métaphysiques n'aient pas la même force de persuasion que les vérités dans l'ordre physique?
Claude Tresmontant nous éclaire à ce sujet :
"L'humanité est travaillée par des passions si violentes qu'elle ne parvient pas à s'élever d'une manière unanime jusqu'à la considération du bien commun, et la soumission à ses exigences (...).
"Il est peut-être aisé de se mettre d'accord sur le fait que deux et deux font quatre, car cela nous est indifférent. Mais dès que les intérêts humains entrent en jeu, les passions se mêlent, comme on sait, à la recherche de la vérité. Cela est vrai en science comme en politique et en philosophie.
"En science, les intérêts sont plus subtils. Mais l'histoire des sciences, l'histoire de la physique, de la biologie, de la médecine, montre que les passions jouent un rôle considérable dès lors qu'une découverte nouvelle, une théorie révolutionnaire, vient mettre en question un acquis, un enseignement reçu, des structures mentales habituelles, une vérité que l'on croyait inébranlable. Chaque découverte importante a provoqué, on le sait, une résistance violente de la part des docteurs de la Loi ancienne, aussi bien en physique qu'en astronomie, en chimie, en biologie, en médecine, en psychologie...
"En philosophie, les problèmes soulevés engagent tout l'homme. Les conclusions auxquelles on aboutira comportent des conséquences pratiques, concrètes. Elles seront susceptibles d'exiger des transformations dans la vie même du philosophe qui sera conduit à les reconnaître pour vraies. Comment s'étonner dans ces conditions que les passions, les préférences secrètes, les hostilités inavouées, jouent un rôle dans la conduite du raisonnement, dans le choix des éclairages, dans l'appréciation des arguments?"
(Claude Tresmontant, "Comment se pose aujourd'hui le problème de l'existence de Dieu", Editions du Seuil 1966, page 65).

Miky 03/09/2007 19:40

"L'existence de l'Amour peut être démontrée de manière rationnelle à partir de la réalité objective (les mariages, les témoignages de ceux qui en vivent...), mais les arguments invoqués ne seront pas absolument convainquants et toujours sujets à discussion (à partir du chiffre des divorces, des témoignages contraires...)"
S'ils ne sont pas absolument convainquants et sont sujets à discussion, cela voudra que la démonstration en question n'en sera pas une.
La vérité du théorème de Pythagore peut être démontrée. Cela veut dire qu'une fois vérifié que le raisonnement est correct, il n'y a plus matière à discussion. L'affaire est close. Connais-tu des religions en géométrie ? Non, bien sûr.
Si les arguments de théologie naturelle sont encore discutés aujourd'hui, c'est que précisément, ils ne démontrent rien du tout... Vas-tu enfin l'admettre ?
" tant que tu n'en auras pas fait toi-même l'expérience."
D'où je dois en déduire que la seule manière d'avoir la preuve de l'existence de Dieu est de le rencontrer soi-même. Soit, j'attends donc qu'il vienne me voir ou que tu me dises où le trouver (ne me réponds pas : "dans l'Eucharistie", car entre dire qu'un bout de pain peut devenir Dieu et dire que Dieu n'est un bout de pain au sujet duquel un prêtre a prononcé quelques formules "magiques"... la nuance est mince).

Matthieu 03/09/2007 19:03

"Je ne vois pas comment tu peux concilier les deux. A la fois dire que la métaphysique nous apporte des vraies certitudes quant à l'existence de Dieu, et en même temps affirmer que Dieu nous laisse libre de croire."
C'est oublier Miky que les vérités métaphysiques n'ont pas la même force contraignante que les vérités dans l'ordre physique.
Prenons l'exemple de l'Amour.
L'Amour existe-t-il? Oui, tu le vois bien, tu en fais toi-même l'expérience avec ta fiancée. Mais voilà : certains n'y croient pas... L'existence de l'Amour peut être démontrée de manière rationnelle à partir de la réalité objective (les mariages, les témoignages de ceux qui en vivent...), mais les arguments invoqués ne seront pas absolument convainquants et toujours sujets à discussion (à partir du chiffre des divorces, des témoignages contraires...) tant que tu n'en auras pas fait toi-même l'expérience.
Si tu ne crois pas en l'amour, et que tu rechignes à en faire l'expérience, alors les choses se compliqueront : tu auras peu de chances de pouvoir le rencontrer...

Miky 02/09/2007 19:04

Je ne pense pas que l'on peut s'en tirer ainsi. Notre raison sera contrainte à nous faire croire en Dieu à la mesure inverse de la liberté de croire qu'il voudra bien nous donner. Donc soit Dieu nous laisse entièrement libre de croire ou de ne pas croire, mais alors, cela signifie qu'il n'y a pas significativement plus d'arguments en faveur qu'en défaveur du théisme ; soit il y a bien significativement plus d'arguments en faveur qu'en défaveur du théisme, mais alors nous ne sommes plus libres de croire ou non (ou moins en tous les cas). Je ne vois pas comment tu peux concilier les deux. A la fois dire que la métaphysique nous apporte des vraies certitudes quant à l'existence de Dieu, et en même temps affirmer que Dieu nous laisse libre de croire. C'est vouloir concilier la chèvre et le chou. Et que dire de la théologie naturelle ! Elle va contre les desseins de Dieu de préserver notre liberté de croire, puisque son but et de fournir des bonnes raisons de croire en Dieu...
Donc soyons clair et concrets : selon toi, y a-t-il plus d'arguments objectifs et rationnels (les seuls qui nous intéressent ici) en faveur du théisme ou de l'athéisme ou d'aucun des deux ? Car il suffirait qu'il y ait 51% d'arguments en faveur du théisme et 49% en faveur de l'athéisme, pour que je penche davantage vers le premier que vers le deuxième. Si tu me réponds "en faveur du théisme", alors, sachant que ces arguments sont objectifs et rationnels et que mon but dans la vie est d'avoir une vision du monde qui colle au plus près de la réalité, cela implique, qu'au moins intellectuellement sinon émotionnellement, je devrais nécessairement, si on m'expose ces arguments, les comprendre et y adhérer. Et donc je ne serais plus libre de croire ou non.
Mais c'est le contraire qui se produit : émotionnellement, je serais plutôt porté à croire, mais intellectuellement, aucun de tes arguments ne me satisfait. Donc j'en conclus qu'il n'y a pas de tels arguments objectifs et rationnels, et donc que Dieu, s'il existe, préserve à 100% ma liberté de croire. Mais cela veut dire aussi que la théologie naturelle est vaine.

Matthieu 02/09/2007 15:32

"Je me dis (...) la chose suivante : Si Dieu existe et qu'il est tout-puissant, il peut, s'il veut que je crois en lui, faire en sorte que j'y crois. Puisque je ne crois pas en lui, c'est donc, ou bien qu'il ne souhaite pas particulièrement que je crois en lui, ou bien qu'il n'est pas tout-puissant. Le Dieu en lequel tu crois étant tout-puissant, alors s'il existe, il ne tient pas particulièrement à ce que je crois en lui. Tu vas me dire : "Oui mais Dieu respecte notre liberté". Cela n'a rien à voir. La vérité doit s'imposer à partir du moment où l'on applique la méthode adéquate pour la trouver et qu'elle est accessible. On n'a pas le choix d'y croire ou de ne pas y croire. Je n'ai pas le choix de croire que la Terre est plate, car cela s'impose à moi qu'elle est ronde."
Je te renvoie à ce sujet au commentaire n°12 de RV sur le fil suivant :
http://totus-tuus.over-blog.com/article-7004127-6.html
Le Père François Varillon n'écrivait pas autre chose :
"Dieu seul respecte absolument la liberté de l'homme. Il la crée: ce n'est pas pour la pétrifier ou la violer. C'est pourquoi jamais il ne crie ni n'impose. Il suggère, il propose, il invite. Il ne dit pas "Je veux", mais "Si tu veux..." Des expressions comme "commandements de Dieu", "volonté de Dieu" doivent être critiquées, comprises selon l'amour. Dieu ne reproche pas : il abandonne ce soin à notre conscience. "Il est plus grand que notre coeur" (1 Jn 3. 20). Il reste caché pour n'être pas irrésistible ; son invisibilité est pudeur. Il ne veut pas que nous puissions le "prouver" de telle manière que notre raison soit contrainte. L'indiscrétion, incompatible avec la majesté, signifierait une extension de l'amour de soi : cela même que finalement nous discernons à la racine de nos impérialismes et de nos cléricalismes." (François Varillon, L'humilité de Dieu, Le Centurion 1974, page 91).

Miky 31/08/2007 00:13

"Mais si tel est bien le cas, pourquoi ne consacres-tu pas le plus clair de ton énergie à Le chercher?" :
Car autant j'avoue ma totale ignorance en ce qui concerne l'(in)existence de Dieu, autant je (crois) savoir que la raison naturelle ne permet pas de prouver son (in)existence. Donc si la raison naturelle est impuissante à percer ce mystère, que me reste-t-il ? Attendre un miracle ?
Je ne suis pas entièrement sûr (même si j'en suis pas mal certain et qu'aucun contre-argument convaincant ne m'a été donné) toutefois que la raison naturelle ne peut permettre de prouver l'(in)existence de Dieu. C'est pourquoi, le plus clair de mon énergie, je le consacre à exposer au mieux mes arguments, en attendant que peut-être quelqu'un leur porte un coup fatal.
"Pourquoi t'épuiser à défendre un agnosticisme vide de sens et d'amour" :
Parce que c'est la seule position qui me paraît rationnelle sur le plan de la connaissance. Mais détrompe-toi, il n'est pas si vide de sens et d'amour. Pourquoi forcément craindre l'incertitude et l'inconnaissable ? C'est plutôt une invitation à l'humilité et à l'engagement dans l'action, car rien n'est encore couru d'avance.
"Pour ma part, si j'avais le moindre doute quant à l'existence de Dieu, eh bien je crois que je ferais le choix de Dieu (ou le "pari" de Pascal), et je tâcherais d'aller jusqu'au boût pour être sûr de ne pas passer à côté de quelque chose de grand dans ma vie. Et ce n'est qu'après avoir épuisé toutes mes forces à Le chercher que je pourrais dire alors : "j'ai cherché Dieu de toutes mes forces, et je ne l'ai pas trouvé. Dès lors, c'est sans regret que je fais l'option de l'athéisme"." :
Le pari de Pascal pourrait se concevoir s'il n'y avait que le choix entre l'athéisme et le catholicisme romain et apostolique et que ces deux options soient équiprobables a priori. Ce n'est évidemment pas le cas. En embrassant le Dieu d'Abraham, je risque peut-être de passer à côté de Toutatis, d'Osiris, de Zeus, de Vishnou, etc. Quant à la probabilité a priori de l'existence de Dieu (celui d'Abraham j'entends), on ne peut l'appréhender objectivement. Et si je laisse parler ma subjectivité, cette dernière m'incline à penser que cette probabilité a priori est faible.
"Compte tenu de l'importance de l'enjeu pour notre vie sur la terre et après la mort, pourquoi ne pas aller à la rencontre de cette étrange tribu croyante et essayer de vivre selon ses propres moeurs pour vérifier si ce qu'ils expérimentent est réel, et non le fruit de leur imagination?"
J'imagine que bien entendu, compte tenu de l'importance de l'enjeu pour notre vie sur la terre et après la mort, tu as été à la rencontre des diverses tribus que sont les juifs, musulmans, protestants, bouddhistes, athées, etc. et que tu a essayé de vivre selon leurs propres moeurs pour vérifier si ce qu'ils expérimentent est réel, et non le fruit de leur imagination... Tu as beaucoup de temps libre si c'est le cas :-)
Blague à part, tu sembles oublier que j'ai été chrétien durant un temps non négligeable, que j'ai vécu parmi les chrétiens et que j'ai vécu selon les moeurs chrétiennes... jusqu'à ce que je sente que cela ne me correspondait plus.
Je me dis de toute façon la chose suivante :
Si Dieu existe et qu'il est tout-puissant, il peut, s'il veut que je crois en lui, faire en sorte que j'y crois. Puisque je ne crois pas en lui, c'est donc, ou bien qu'il ne souhaite pas particulièrement que je crois en lui, ou bien qu'il n'est pas tout-puissant. Le Dieu en lequel tu crois étant tout-puissant, alors s'il existe, il ne tient pas particulièrement à ce que je crois en lui. Tu vas me dire : "Oui mais Dieu respecte notre liberté". Cela n'a rien à voir. La vérité doit s'imposer à partir du moment où l'on applique la méthode adéquate pour la trouver et qu'elle est accessible. On n'a pas le choix d'y croire ou de ne pas y croire. Je n'ai pas le choix de croire que la Terre est plate, car cela s'impose à moi qu'elle est ronde.
"Ah bon, parce que tu as déjà observé la vie quotidienne des Gaulois, toi?" :
Les événements historiques peuvent ne pas être observables. Pour les attester, des témoignages concordants de témoins dignes de foi et des indices matériels convergents suffisent, pour autant, toutefois, que les événéments historiques en question ne transgressent pas les lois connues de la nature (car à affirmation extraordinaire, preuve extraordinaire).
"Point du tout! Il suffit de raisonner correctement, et de se dire : si la cause de l'esprit humain ne peut pas être d'ordre naturel, eh bien, c'est qu'il est d'ordre surnaturel. Tu vois Miky, cela vient tout seul, naturellement, sans effort." :
Sauf que précisément, rien ne prouve que la cause de l'esprit humain n'est pas naturel.
Au fait, je remarque que tu n'as toujours rien répondu à mes articles sur l'inférence à la meilleure explication et le théorème de Bayes (je veux dire : sur le fond). Es-tu d'accord qu'on ne peut inférer (de manière bayésienne) l'existence de Dieu ?
Amicalement,
Miky

Matthieu 30/08/2007 18:40

"C'est (...) assez paradoxal. Comment la raison pourrait-elle démontrer que certaines vérités doivent être admises si ces vérités excèdent les capacités de la raison à les admettre ?..."
Réponse : http://totus-tuus.over-blog.com/article-6460621.html
Réitérée ici : http://totus-tuus.over-blog.com/article-6934932.html
"Je ne dénie pas a priori l'existence de Dieu." En voilà une information! A lire tes nombreux articles, j'aurais plutôt crû le contraire... En tous les cas, j'en prends acte et m'en réjouis. Mais si tel est bien le cas, pourquoi ne consacres-tu pas le plus clair de ton énergie à Le chercher? Si Dieu existe vraiment, tu imagines les conséquences pour ta vie, et pour la vie des hommes? Pourquoi t'épuiser à défendre un agnosticisme vide de sens et d'amour, et ne pas te mettre en quête de Celui-là seul qui pourrait combler ton coeur : Dieu, ton Créateur et Sauveur. Pour ma part, si j'avais le moindre doute quant à l'existence de Dieu, eh bien je crois que je ferais le choix de Dieu (ou le "pari" de Pascal), et je tâcherais d'aller jusqu'au boût pour être sûr de ne pas passer à côté de quelque chose de grand dans ma vie. Et ce n'est qu'après avoir épuisé toutes mes forces à Le chercher que je pourrais dire alors : "j'ai cherché Dieu de toutes mes forces, et je ne l'ai pas trouvé. Dès lors, c'est sans regret que je fais l'option de l'athéisme".
Tout cela pour te dire que je ne comprends pas ton "agnosticisme pratique et métaphysique". Tu dis : on ne peut pas savoir. D'autres disent : si! on peut savoir! Dieu existe, nous l'avons rencontré! Compte tenu de l'importance de l'enjeu pour notre vie sur la terre et après la mort, pourquoi ne pas aller à la rencontre de cette étrange tribu croyante et essayer de vivre selon ses propres moeurs pour vérifier si ce qu'ils expérimentent est réel, et non le fruit de leur imagination? Un peu d'esprit d'aventure, Miky!
Matthieu : "C’est à mon humble avis une erreur, qui conduit à une mutilation de la raison que rien ne justifie, les sciences positives et historiques ayant largement démontré la validité de la réflexion rationnelle pour découvrir des réalités non observées" Miky : "Non-observées, oui. Mais non-observables, c'est encore une autre affaire !"
Ah bon, parce que tu as déjà observé la vie quotidienne des Gaulois, toi?
"Pour croire que la raison peut permettre d'affirmer l'existence du surnaturel, il faut déjà croire que le surnaturel existe (et que l'esprit humain est un de ses effets)."
Point du tout! Il suffit de raisonner correctement, et de se dire : si la cause de l'esprit humain ne peut pas être d'ordre naturel, eh bien, c'est qu'il est d'ordre surnaturel. Tu vois Miky, cela vient tout seul, naturellement, sans effort.

Miky 29/08/2007 21:56

Cher Matthieu,
« Non pas « extra » rationnelle, mais « supra » rationnelle ou « trans » rationnelle. En tous les cas : métaphysique. Or, la métaphysique est une activité de la raison. C’est donc en vertu même de la raison que nous sommes conduit à admettre des vérités qui dépassent notre raison (« dépasser » ne voulant pas dire « contrarier »…). » :
"supra", "trans", etc. à ta guise. Mon "extra" ne visait pas une autre signification. La métaphysique est une activité de la raison, mais pas de la pure raison. Elle repose sur un certain nombre de postulats que, faute de mieux, je qualifierais d' "intuitifs", mais qui n'appartiennent pas aux propositions admises ou découvertes par les sciences de la nature ou la logique, et qui ne se déduisent pas de ces dernières. Lorsque ces postulats ne sont pas explicités, et que l'on fait comme s'ils n'étaient pas à l'oeuvre, alors on embrouille les esprits... La raison, certes, nous conduit à admettre ses propres limites, mais elle ne nous dit pas qu'au-delà de ces limites, il nous faut croire ceci ou cela. C'est d'ailleurs assez paradoxal. Comment la raison pourrait-elle démontrer que certaines vérités doivent être admises si ces vérités excèdent les capacités de la raison à les admettre ?...
« Ou comme l’écrit le Père Pagès sur son site au sujet de la nature incréée de Dieu : « Pourquoi dire que Dieu est Cause de Lui-même nous ferait-il sortir de la logique puisque c'est la seule conclusion à laquelle la logique nous conduit ? Effectivement, il est nécessaire d'admettre que Dieu ne soit pas comme nous... Lui seul en effet ne dépend de personne pour exister. Mais sans l'accueil de son existence, nous sommes dans l'incapacité de rendre compte du fait que nous n'existons pas par nous mêmes, à l'instar de tout ce qui existe, et qui n'est pas Dieu... Pourquoi dénier a priori à Dieu le fait d'exister ? En quoi serait-ce plus logique que d'admettre son existence (alors qu'un rigoureux raisonnement nous amène à la reconnaître) ? »» :
Je ne dénie pas a priori l'existence de Dieu. Ce qu'il y a, c'est que je ne l'affirme pas non plus (a priori ou a posteriori). Et je ne dis pas que poser Dieu pour rendre compte de l'existence du monde est plus ou moins logique qu'une autre proposition. En fait, je pense que des trois possibilités que tu évoquais, toutes conduisent à des problèmes, des apories... On peut choisir d'en préférer une plutôt que les autres, mais sur le plan de la connaissance, il faut admettre qu'il existe un point aveugle insondable. Athéisme, Panthéisme, Théisme, aucune de ces solutions n'est satisfaisante pour l'esprit. Et encore qu'une serait plus satisfaisante, rien ne garantie que c'est la bonne, car encore une fois, le monde n'a pas à se conformer à nos capacités de compréhension.
« Tu ne fais pas assez confiance, selon moi, en la capacité de la raison de croire en l’existence de réalités qui la dépassent. Tule reconnais d’ailleurs toi-même : « je professe une totale ignorance en ce qui concerne les questions métaphysiques ». C’est là l’objet principal de notre désaccord. Quand je dis que « trop de raison tue la raison », je fais allusion à cette tentation de notre raison à vouloir réduire la connaissance du réel à ce qui est mesurable, vérifiable expérimentalement, et perceptible par nos sens. C’est à mon humble avis une erreur, qui conduit à une mutilation de la raison que rien ne justifie, les sciences positives et historiques ayant largement démontré la validité de la réflexion rationnelle pour découvrir des réalités non observées. » :
Non-observées, oui. Mais non-observables, c'est encore une autre affaire !
« L’esprit humain n’est pas surnaturel, mais sa Cause est surnaturelle. Dès lors, il n’est pas étonnant qu’il soit naturellement conduit au surnaturel, dès lors qu’il remonte à sa Cause… » :
Donc, pour croire que la raison peut permettre d'affirmer l'existence du surnaturel, il faut déjà croire que le surnaturel existe (et que l'esprit humain est un de ses effets).
Bien amicalement,
Miky

Matthieu 27/08/2007 19:17

Réponse au Commentaire n°1 (et indirectement au Commentaire n°7 de Pierre Omer)

Cher Miky,

Heureux de te retrouver après quelques jours de vacances.

« L'(in)existence de Dieu ne peut être connue par
la raison. C'est
une question extra-rationnelle. »

Non pas « extra » rationnelle, mais « supra » rationnelle ou « trans » rationnelle. En tous les cas : métaphysique. Or, la métaphysique est une activité de
la raison. C
’est donc en vertu même de la raison que nous sommes conduit à admettre des vérités qui dépassent notre raison (« dépasser » ne voulant pas dire « contrarier »…).

Ou comme l’écrit le Père Pagès sur son site au sujet de la nature incréée de Dieu : « Pourquoi dire que Dieu est Cause de Lui-même nous ferait-il sortir de la logique puisque c'est la seule conclusion à laquelle la logique nous conduit ? Effectivement, il est nécessaire d'admettre que Dieu ne soit pas comme nous... Lui seul en effet ne dépend de personne pour exister. Mais sans l'accueil de son existence, nous sommes dans l'incapacité de rendre compte du fait que nous n'existons pas par nous mêmes, à l'instar de tout ce qui existe, et qui n'est pas Dieu... Pourquoi dénier a priori à Dieu le fait d'exister ? En quoi serait-ce plus logique que d'admettre son existence (alors qu'un rigoureux raisonnement nous amène à la reconnaître) ? »

« Il est intéressant de noter comment tu argumentes de façon diamétralement opposée face à ma position agnostique. Lorsque j'affirme que la raison ne peut permettre d'atteindre des vérités métaphysiques, tantôt tu trouves que je ne fais pas suffisamment confiance en la raison (cf. ton article "est-il raisonnable de croire... en la raison ?"), tantôt (comme ici) tu trouves que je fais trop confiance à la raison ("trop de raison tue la raison" dis-tu). Il faudrait voir à te décider : suis-je trop rationnel ou pas assez à ton goût ? »

Tu ne fais pas assez confiance, selon moi, en la capacité de la raison de croire en l’existence de réalités qui
la dépassent. Tu
le reconnais d’ailleurs toi-même : « je professe une totale ignorance en ce qui concerne les questions métaphysiques ». C’est là l’objet principal de notre désaccord. Quand je dis que « trop de raison tue la raison », je fais allusion à cette tentation de notre raison à vouloir réduire la connaissance du réel à ce qui est mesurable, vérifiable expérimentalement, et perceptible par nos sens. C’est à mon humble avis une erreur, qui conduit à une mutilation de la raison que rien ne justifie, les sciences positives et historiques ayant largement démontré la validité de la réflexion rationnelle pour découvrir des réalités non observées.

Cf. http://totus-tuus.over-blog.com/article-6934932.html

« Avec un brin de provocation, j'estime avoir une attitude d'humilité face au Mystère de l'Être, supérieure à celle de bien des chrétiens qui prétendent connaître une bonne fois certains aspects de ce Mystère. »

Une chose est la question de l’existence de l’Être, une autre est celle du Mystère de l’Être. La question de l’existence de l’Être peut être résolue par
la raison. Le Mystère
de l’Être en revanche est inaccessible à la seule raison. Pour pouvoir pénétrer ce Mystère, il faut que l’Être lui-même se manifeste. L’initiative par laquelle l’Être se fait connaître aux hommes est la « Révélation ». Pour l’accueillir comme venant de Dieu et y adhérer par la foi, il faut se mettre à genou, et accepter de recevoir la connaissance de la Vérité d’un plus Grand que nous. C’est donc bien l’humilité qui est la clef de la connaissance du mystère de l’Être.

« N'est-ce pas là une attitude plus orgueilleuse, que de prétendre ainsi que l'esprit humain, qui fait partie de la nature, puisse s'élever jusqu'à la connaissance de réalités surnaturelles ? A moins de considérer que l'esprit humain est lui-même, en partie, surnaturel, mais cela non plus n'est guère modeste... »

L’esprit humain n’est pas surnaturel, mais sa Cause est surnaturelle. Dès lors, il n’est pas étonnant qu’il soit naturellement conduit au surnaturel, dès lors qu’il remonte à sa Cause…
 

Pierre Omer 24/08/2007 02:49

Mt 16:15-" Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? "
 

Mt 16:16-Simon-Pierre répondit : " Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. "
Mt 16:17-En réponse, Jésus lui dit : " Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t'est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux.
 


 

Un diamant si beau soit-il ne dévoilera pas son éclat s'il n'est pas illuminé par les rayons de la lumière du soleil.
 


 

Ainsi en est-il de la Foi. Lorsque l'intelligence issue de notre organe de la pensé, qui est propre à notre mental, est éclairée par la lumière que Dieu irradie dans notre âme et dans notre coeur il ne reste plus rien d'autre que notre décision d'identification. 
 


 

S'il n'en n'était pas ainsi le "Logos" grec et autres lumières issues des petits et des grands luminaires qui existent pour éclairer la vie des hommes auraient fait connaître depuis longtemps la voie unique qui mène, non pas à l'immortalité, mais à l'Éternité de la Vie Divine partagé entre tous ceux qui l'ont reconnu en eux.
 


 

La raison sans la Révélation intérieur est impuissante à appréhender le Bien caché en l’homme puisque ce dernier à perdu ses prérogative originel. Bien plus, en état de « Chute » les pieds en haut la tête en bas quel bien peut provenir de la lumière inférieur qui éclaire l’organe de la raison ?
 


 

Comme Ste-Thérèse de l’Enfant Jésus en a si bien témoigné « …lorsque tous le sensible m’a été enlevé il ne restait que ma décision ».
 


 

"Il faut consentir à rester toujours pauvre et sans force et voilà le difficile (...). C'est la confiance qui doit nous conduire à l'Amour."
 

 Amour ici au Sens de Vérité et de Connaissance. Elle est tout entière incluse dans le Sens et la Raison de « La Charité ».
 


 

La raison seul est impuissante à contenir, comme un vase l’eau, la connaissance essentielle et unique qui est au cœur de la « Confiance » car comment le pourrait-elle ? Elle qui est si riche de sens et connaissance et qui suit les cycles de ce qui passe et ce passe sous le soleil.
 


 

Vous aurez beau contempler la création dans ces hauteurs indéfini et imperceptible que vous ne verriez que l’enveloppe du fruit qui doit murir à l’ombre de la Croix.
 


 

Je vous cite :
 

« Nous pouvons parvenir à une connaissance certaine de l’existence de Dieu à partir d’une réflexion métaphysique sur l’univers. »
 


 

Qu’entendez-vous par « connaissance » certaine ?
 


 

Serait-ce l’appréhension de l’idée d’un auteur qui est à l’origine de l’univers visible uniquement ou cela inclut-il l’univers invisible ?
 


 

La raison sans la vue de l’entendement peut-elle donner à l’homme la joie de l’émerveillement face à l’incommensurable ? Et n’y a-t-il pas de plus Grande Vue et Contemplation que la vision d’un homme Juste selon le Christ-Jésus ?
 


 

Les dons de la nature se suffisent-ils à eux-mêmes pour permettre à l’homme de « Connaître Dieu » ? Vous oubliez trop facilement, il me semble, qu’en ce bas monde tout à été remis au prince de ce monde. N’y a-t-il pas là une quelconque parenté avec le « pharisianisme » et la science qu’il portait en son sein ?
 

A mon avis, la « raison » de l’Église repose sur le mandat de faire connaître Dieu en donnant aux hommes la « Vie » de Celui-ci. Ce qui est une « Connaissance » direct et intime pour tous ceux qui l’on reconnu en « Soi ».
 

Et cette Connaissance est la Croissance de ceux qui ont reconnu la « Raison » de Dieu.
 


 

Ce que je porte à votre attention n’est en soi qu’un simple avis personnel sans plus.
 

Adri 22/08/2007 00:03

Sympa ton blog, faudra que je vois ça de plus prêt. : )A bientôt.

RV 18/08/2007 09:01

Plus je pense aux rapports entre la foi et la raison (avec les modestes moyens intellectuels qui sont les miens), et plus je me dis que c'est là un sujet dont on n'a pas fini de découvrir la richesse.
Juste deux exemples :
1)-L'Eglise a déclaré "vénérables" les parents de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus (je ne me souviens plus s'ils ont été canonisés ou pas...) alors que le papa, après plusieurs attaques cérébrales, avait perdu la raison.
2)-Certaines personnes qui croyaient en Dieu et en son Fils Jésus ne sont pas parvenus au salut (comme Judas, ainsi que nous l'explique Maria Valtorta).
Comme quoi, la question de la foi et de la raison est vraiment très complexe et très profonde.
C'est pourquoi je pense, comme je l'ai dit plus haut, que ce sont TOUS LES HOMMES qui, d'une manière ou d'une autre, ont besoin de guérison.
RV
:0101:

Miky 17/08/2007 22:07

Ce que j'appelle "amorce de croyance en Dieu", c'est ce qui provient du coeur, tel que le défini Pascal :
http://www.philoreligion.com/article-5630466.html

Miky 16/08/2007 10:36

RV,
1°) Tu as une conception bien particulière de l'humilité...
2°) Si je suis choqué par ce genre de propos, c'est que tout d'abord ils ne reposent sur rien (en effet, si ma raison est malade, qu'on me montre alors quelles sont les erreurs logiques ou factuelles que je commets dans mes arguments agnostiques), qu'ils évacuent vite le problème à peu de frais : "ben c'est normal que tu ne sois pas d'accord avec mes arguments éminemment concluants en faveur du théisme, t'es malade de la raison ! inutile que je reformule ou que j'approfondisse, tu ne comprendrais pas davantage ; et inutile que je réponde à tes objections, elles sont ineptes mais tu ne t'en rends pas compte parce que ta raison est déficiente, et de toute façon tu n'arriverais pas à saisir la profondeur de mes contre-objections ; tout ce que je peux faire, c'est prier pour toi pour que tu sois un peu moins con.", et qu'ils sont irréfutables au sens poppérien (si j'apportais un argument contre le caractère malade de ma raison, on pourrait l'évacuer vite fait sans analyse, en arguant que cet argument est faux mais que ma raison malade ne peut pas parvenir à s'en rendre compte). Bref, ce genre de psychologisation est la porte ouverte au dogmatisme et au paternalisme.

RV 16/08/2007 09:04

Micky,
Juste deux petites remarques en passant :
1)-Au sujet de l'orgueil et de l'humilité.
L'humilité, à mon sens, consiste aussi à savoir accepter la grandeur qui est en nous (et pas seulement à reconnaître notre petitesse). En ce sens, dire que la raison peut nous conduire à Dieu est une preuve de l'humilité, de la part de l'homme.
2)-Au sujet de la psychologisation des non-croyants.
Je crois qu'il ne faut pas que tu soies choquer d'entendre dire que l'incapacité à accueillir la vérité est la maladie de la raison. Cette phrase n'est pas une attaque contre les non-croyants (d'ailleurs, comment pourrait-on les convertir si on les traitait de "malades" ?) (/101:). Simplement, cette phrase concerne chacun d'entre nous (croyants compris). En effet, il y a beaucoup de non-croyance chez les croyants. Beaucoup de prêtres et d'évêques ne croient plus en certains points essentiels de la foi (l'existence d'un purgatoire, par exemple, l'authenticité des apparitions de la Vierge, sa conception virginale...).
Tu vois donc que c'est NOTRE RAISON A TOUS qui a besoin d'être guérie.
RV

Miky 15/08/2007 19:33

Cher Matthieu,
"Il est donc dans la nature de l’homme raisonnable de pouvoir parvenir à la connaissance de l’existence de Dieu. Tout homme peut accéder à cette connaissance, et non pas seulement le chrétien féru de théologie naturelle. Cette connaissance est universelle, et provient de la raison. Telle est cette « amorce de croyance en l'existence de Dieu » que tu évoques, et que tu appelles indûment « Foi »."
Précisément, non. Ce n'est pas cette « amorce de croyance en l'existence de Dieu » que j'évoque. Je t'ai déjà dit que pour moi, l'(in)existence de Dieu ne peut être connue par la raison. C'est une question extra-rationnelle.
"Ainsi, l'homme qui contemple le ciel étoilé ne peut qu’être saisi par l’harmonie et la beauté qui règne dans la nature ; et s’il en vient à penser à Dieu, c’est que sa raison lui aura inspiré que tout cela ne peut qu’être l’œuvre d’un génial Artisan."
Tu emploies le verbe "saisir" (qui plus est au passif) et après tu parles de "raison". Tu es bien sûr de ne pas t'emmêler les pinceaux ? Si l'homme pense à Dieu après avoir contemplé le ciel étoilé, cette idée lui aura été suggéré par une émotion esthétique, et non par la raison. Je le répête : un raisonnement rationnel ne peut qu'organiser les données sensibles ou fonctionner à vide.
"Comme l’écrivait Voltaire : « En apercevant l’ordre, les lois mécaniques et géométriques qui règnent dans l’univers, je suis saisi d’admiration et de respect. Si les ouvrages des hommes me forcent à reconnaître en nous une intelligence, je dois en reconnaître une bien supérieure agissant dans la multitude de tant d’ouvrages. J’admets cette intelligence suprême sans craindre que jamais on puisse me faire changer d’opinion. Rien n’ébranle en moi cet axiome : tout ouvrage démontre un ouvrier » (Enéide)."
L'admiration, le respect, bref des émotions. J'ai déjà expliqué pourquoi l'analogie de l'horloge et de l'horloger ne fonctionnait pas avec l'univers, et tu n'as pas apporté de nouveaux arguments à l'encontre de ma réfutation. Tu as même reconnu qu'heureusement, les preuves de l'existence de Dieu ne reposaient pas exclusivement sur l'analogie, concédant ainsi, il me semble, le caractère peu convaincant du raisonnement analogique, puis tu as embrayé sur l'argument cosmologique (qui est un argument a priori et non a posteriori, j'y reviendrai). Je n'ai pas envie de me répêter sans cesse.
"La foi ne se réduit donc pas à un sentiment. D’ailleurs, pour qu’un sentiment naisse pour quelqu’un, encore faut-il croire en son existence. Et cela est objet de raison, non de foi."
Le terme de "foi", tel que j'ai l'employé, n'est pas un sentiment pour une personne, mais est un sentiment au sujet de la réalité. Le sentiment que cette réalité a un sens transcendant, qu'elle est l'oeuvre d'un Créateur personnel, etc.
"La pensée de RV est donc parfaitement orthodoxe, lorsqu’il affirme « qu'il ne faut peut-être pas trop enfermer la foi dans "l'intellectuel" ». Car notre raison est abîmée. A vouloir « enfermer » la foi dans une théologie par trop desséchante et intellectualiste, on risque d'étouffer la foi au point de la faire mourir (cf. les Pharisiens, les scribes et autres docteurs de la Loi, à l’époque de Jésus). Plus encore : à vouloir réduire la totalité de la réalité à ce qui est mesurable, vérifiable expérimentalement, et perceptible par nos sens, on en vient finalement à réduire l’homme lui-même en mutilant sa raison. Cela est paradoxal, mais… « trop de raison tue la raison » ; et a contrario, une certaine renonciation à la raison « raisonnante » peut nous donner accès à une Raison supérieure, un "Ultra-rationnel" que notre raison blessée ne peut atteindre par elle-même."
Il est intéressant de noter comment tu argumentes de façon diamétralement opposée face à ma position agnostique. Lorsque j'affirme que la raison ne peut permettre d'atteindre des vérités métaphysiques, tantôt tu trouves que je ne fais pas suffisament confiance en la raison (cf. ton article "est-il raisonnable de croire... en la raison ?"), tantôt (comme ici) tu trouves que je fais trop confiance à la raison ("trop de raison tue la raison" dis-tu). Il faudrait voir à te décider : suis-je trop rationnel ou pas assez à ton goût ?
"Là donc réside la principale « pathologie » de notre raison : dans cette tendance orgueilleuse à vouloir « enfermer » la totalité de la réalité dans ce qui lui est immédiatement accessible, au point d’exclure la question de Dieu et de la renvoyer dans le seul domaine de la subjectivité (je te recommande à ce sujet la lecture de la mémorable conférence du Pape Benoît XVI à l'Université de Ratisbonne, le 12 septembre 2006)."
Tu me fais un faux procès : il n'y a que les athées et les théistes purs et durs (disons "gnostiques", par opposition à "agnostiques") qui enferment la totalité de la réalité dans ce qui est immédiatement accessible à la raison. "Ce qui est rationnel est réel, ce qui est réel est rationnel", c'est là la position d'un Hegel, lequel était théiste. Il n'est pas étonnant qu'un athée comme Marx se soit inspiré de l'hégélianisme, il partage entre autre, semble-t-il, le même a priori épistémologique. D'où peut-être l'athéisme d'état qui sévissa en U.R.S.S. sous le marxisme-léninisme.
Quant à moi qui suis certes athée mais surtout agnostique, j'enferme si peu la totalité de la réalité dans ce qui est immédiatement accessible à la raison, que je professe une totale ignorance en ce qui concerne les questions métaphysiques. Avec un brin de provocation, j'estime avoir une attitude d'humilité face au Mystère de l'Être, supérieure à celle de bien des chrétiens qui prétendent connaître une bonne fois certains aspects de ce Mystère. N'est-ce pas là une attitude plus orgueilleuse, que de prétendre ainsi que l'esprit humain, qui fait partie de la nature, puisse s'élever jusqu'à la connaissance de réalités surnaturelles ? A moins de considérer que l'esprit humain est lui-même, en partie, surnaturel, mais cela non plus n'est guère modeste...
"Tu seras peut-être heurté par l’emploi du terme de « maladie » ou de « blessure » au sujet de l’impossibilité de croire. Mais tu as écris un jour au sujet de l’athéisme : « Je ne suis pas convaincu que c'est plus parfait, mais je n'arrive pas à faire autrement. » Eh bien il y a peut-être une grâce à demander au Seigneur, une grâce de guérison et de purification de la raison. Et j’en viens à ma conclusion, que je t’offre comme un cadeau et que je livre à ta méditation avant de partir pour quelques jours de vacances, en te remerciant Miky pour tout ce que tu apportes à ce Blog par tes nombreux commentaires toujours enrichissants, et en te demandant pardon pour mes répliques un peu raides parfois."
Je vois surtout, et déplore, qu'au lieu d'attaquer de front les arguments agnostiques ou de se remettre en question, l'Eglise romaine, et toi avec, semblez préférer la "psychologisation" à deux balles de vos contradicteurs...
"« Celui qui hésite entre décider de croire ou attendre le foudroiement de Dieu est semblable à celui qui, dans une pièce obscure, recherche un interlocuteur inconnu et se voit pris dans une situation intolérable. Pourquoi celui vers qui il clame ne répond-il pas ? A qui me demande en cette situation : « Que faire ? », je suggère de prier conditionnellement : « Toi, Dieu que je cherche ou que je fuis, je ne sais si tu existes, mais donne moi de te rencontrer et de te reconnaître. » En effet, celui qui est engagé dans ce débat est déjà situé par rapport à Dieu, même s’il ne sait pas ce qui doit encore mûrir en lui. « Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvé ». Cette phrase de Pascal exprime bien la situation de celui qui hésite devant Dieu. »"
La prière conditionnelle, j'ai déjà essayé sans succès. La prochaine échéance est cependant la prochaine St-Nicolas, puisque cette fois-ci c'est ma future belle-mère qui a demandé à ce que Dieu vienne m'appeler à Lui ce jour-là. Brrr... le suspens est insoutenable... :-)
Amicalement,Miky

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