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10 juin 2007 7 10 /06 /juin /2007 10:29

 Dieu s’est fait pain, et non pas acier, caviar ou étoffe,

parce que le pain est porteur d’un symbolisme inouï.

Fruit de la terre et du travail des hommes,

il représente à la fois l’action merveilleuse de Dieu

et celle de l’homme.  

Il est cadeau de Dieu : pas besoin d’être poète pour admirer à cette période de l’année les magnifiques champs de blé qui déjà commencent à se dorer, les épis drus et serrés qui demain donneront de beaux grains gonflés de farine. Et dans ce regard sur les blés, nous englobons tout ce qu’il y a dans la nature : le soleil et la mer et la lune et les vents et les pluies sans lesquels ces blés ne seraient pas là. Tout est cadeau de Dieu, et symbolisé par ce pain. Il est aussi cadeau de Dieu parce qu’il est nourriture tellement riche et à la portée du plus pauvre. Et c’est ainsi que de lui-même, le pain invite à la louange du Créateur.

Mais il est aussi cadeau de l’homme : le pain doré qui sort au petit matin du four du boulanger est le fruit du travail de l’homme. Il est fait de farine, d’eau, de sel et de levure, mais aussi de combien de sueurs! Sueurs du mitron, mais aussi du cultivateur qui a labouré, semé, désherbé, moissonné dans la poussière. Sueurs de tous ces hommes qui ont construit les semoirs et les moissonneuses-batteuses. Sueurs des ingénieurs qui ont inventé ces machines.

Oui, le pain représente aussi symboliquement tout le travail des hommes. Quelle offrande merveilleuse le prêtre fait alors à Dieu quand il lui offre à chaque messe ce pain si humble et si riche de symbolisme.

Voilà pourquoi le Christ a choisi le pain comme signe de sa présence à nos côtés pour louer le Père : de ce pain, le Christ va faire son propre corps. Le blé, la belle farine ont dû être humanisés par l’homme pour devenir baguette ou miche paysanne. Cette fois, le Christ va faire un pas de plus : diviniser cette pauvre réalité matérielle, de sorte que la louange de l’homme devant la beauté du monde va pouvoir devenir la louange du Fils à son Père pour le monde, de sorte que le travail de l’homme, représenté par ce pain, va devenir travail du Christ.

« L’hostie consacrée, ce n’est pas le Christ qui tombe du ciel dans un morceau de pain ; l’hostie consacrée, c’est l’homme christifié, l’homme devenu Christ » (Père Varillon).

L’Eucharistie, c’est le pain de la louange, c’est le chant d’amour de toute la création qui remonte vers Dieu par le Christ fait pain. « Il prit du pain et rendît grâces ». C’est aussi l’homme qui offre à Dieu le plus beau fruit de la terre : son propre Fils. Louange qui monte chaque jour de nos autels à l’heure où tant de blasphèmes et de haines montent parfois vers le ciel.

Mais le pain, si beau soit-il, n’est pas fait pour rester en vitrine. Il est fait pour être mangé. Il n’entretiendra la vie de l’homme qu’en étant lui-même consommé, détruit. Nous retrouvons l’une des grandes lois de la vie : « si le grain ne meurt pas ». On pourrait imaginer la fable du petit pain qui ne veut pas être mangé, qui se cache au fond d’une armoire, et qui finit en quelques jours par devenir pain rassis et moisi, dont personne ne veut plus.

Et là encore, ce symbolisme de la nourriture qui est détruite pour donner la vie va être particulièrement révélateur du sacrifice que le Christ a fait de lui-même pour que tous ses frères les hommes possèdent sa vie. Le Christ, sous les apparences du pain rompu, est bien le Christ de la Croix. Ce pain rompu nous rappelle que nos messes nous projettent vingt siècles en arrière, devant le grand sacrifice du Calvaire. Surtout, que sur l’autel, le Christ est bien présent sous les deux espèces qui, ici, sont symboliquement (mais seulement symboliquement) séparées, pour mieux évoquer la séparation qui se réalisa sur la Croix, du sang qui jusqu’à la dernière goutte quitta son corps sacré. En offrant ce pain au Père, nous offrons le seul sacrifice qui peut lui plaire : celui de son Fils, en qui Dieu reconnaît tous les sacrifices de toutes les religions, mais aussi le sacrifice de tous ceux qui ont donné leur vie pour une cause. « Ceci est mon corps ».

On sait combien le pain dans la vie courante est un symbole de communion. Manger à la même table, partager le même pain unit profondément les êtres. Il a vraiment fallu, pour qu’on s’en rende compte, qu’on invente ces inhumains selfs où chacun remplit son plateau, paie, puis va chercher une place où il va pouvoir manger tout seul, un peu comme le chien qui va dans un coin savourer son os à l’abri de la convoitise des autres. Le pain partagé, c’est un symbole tellement fort de l’amitié et de l’amour, que celui qui ne se sent plus compris dans le groupe familial refuse de se mettre à table avec les autres : il ne mangera pas ou ira manger seul sa pitance dans son coin.

On comprend là encore que le Christ ait choisi le pain pour manifester sa volonté de réunir tout le peuple de Dieu. Tous ceux qui reçoivent son corps sacré dans l’Eucharistie sont unis au Christ bien sûr, dans ce contact charnel et formidable avec la chair du Christ, mais par le fait même, ils sont unis entre eux.

Impossible pour un conjoint de s’approcher de la sainte table alors qu’il rejette l’amour de l’autre. « Va d’abord te réconcilier avec ton frère… » Impossible de s’approcher du Prince de la Paix avec la haine au cœur. Nous savons bien que le grand rêve de l’œcuménisme ne sera pleinement réalisé que lorsque tous pourront s’asseoir à la même table eucharistique, en donnant le même sens à ce repas. 

EN CONCLUSION 

Terminons avec le Père Monier : « Ô Homme, pauvre, anxieux, Homme qui a faim ! Viens à Bétlhéem (maison du pain), là est le pain de vie. Mange sa parole, l’intonation de sa voix, son regard aimant et lumineux. »

Les déportés des camps savaient quel réconfort fut pour eux ces parcelles d’hostie distribuées sous le manteau. Dans son livre sur Dachau, le Dr Py, un déporté, raconte comment il sentit monter soudainement en lui une tendresse infinie pour ceux-là même qui le torturaient, comment il fut soulevé d’un bonheur et d’un amour inattendus, parce qu’au fond de sa pochette, dans un papier plié, il avait oublié un instant, un tout petit fragment d’hostie.

Ø Père Denis SONET, in L’Evangile au présent, Tome II, « Du Carême B au Carême C », Editions Fates 1997, page 93 et s.

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commentaires

jeandaix 11/06/2007 22:49

Merci de prendre connaissance de l’appel ci-après qui pourrait s’intituler : alerte incendie.
 


 

Ami(e) blogueur(se), lecteurs et lectrices de ce blog,
 


 

 Vous êtes sensibles aux problèmes de santé et d’environnement. Sinon vous allez l’être, par force. Vous savez que l’incendie est allumé dans la forêt, c’est le réchauffement planétaire. Les fumées toxiques portées par le vent se font déjà sentir, les plus faibles de vos proches en ressentent les effets dans leur santé. Il y a urgence d’agir, sans attendre les secours publics, lents à intervenir parce qu’insuffisamment informés, ou négligents  lorsque des intérêts financiers s’y opposent. Il a fallu cinquante ans pour l’amiante !
 


 

Il appartient à chacun d’agir sans délai pour sa propre protection et celle de sa famille. LES SOLUTIONS EXISTENT. Notre centre de réflexion Jeandaix les propose, dans les Dialogues avec Marianne. Nous devons avertir nos voisins de l’imminence du danger et des moyens de l’éviter. Après l’appel de Paris du docteur Belpomme et celui de Nicolas Hulot, nous lançons un appel pressant et plus large. RELAYEZ cet appel d’urgence, par vos réseaux familiaux, relationnels, professionnels, syndicaux et associatifs, auprès des candidats et des élus, par Internet, par écrits, par tous vos contacts (rien ne vaut le contact de personne à personne).
 


 

C’est chacun de nous qui formons l’opinion publique en l’informant, l’éduquant pour ainsi faire pression sur les pouvoirs publics.
 


 

Le danger imminent est un risque mais aussi une chance pour nous pousser à inventer une nouvelle façon de vivre, de mieux vivre ensemble. Jeandaix propose des pistes. Contribuez à les enrichir et surtout à les concrétiser.
 

A nous de construire cette nouvelle société et d’en imposer les lois aux législateurs !
 


 

Jeandaix a développé une connaissance holistique qui répond aux interrogations sur l’énergie, l’univers, la vie et la spécificité de l’homme. Il souhaite la partager avec vous à travers les « Contes des mille et une vies » déjà publiés et un nouveau, initiatique : le Conte des deux cerisiers, en forme de feuilleton hebdomadaire.
 


 

Nous avons à initier un changement de paradigme pour engendrer l’indispensable émergence d’une nouvelle civilisation.
 


 

En vous remerciant par avance de vos visites, vous et vos commentaires seront toujours les bienvenus, à bientôt, Jeandaix.
 





PS A travers contes et articles, je poursuis une initiation progressive à la spiritualité. Voir par exemple l'anthropoLOGIQUE 

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