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13 mai 2007 7 13 /05 /mai /2007 09:53

En ce dimanche 13 mai 2007, nous fêtons le 90e anniversaire de la première apparition de la Sainte Vierge Marie aux trois jeunes bergers de Fatima.

 

Je vous propose en cette occasion de réfléchir sur l’importance de la Sainte Vierge dans le Plan de Dieu à travers cette très belle méditation du Père Marie-Dominique Molinié, issue de son ouvrage, grand classique de la littérature spirituelle, intitulé : "Le courage d'avoir peur".


 

Dieu n’a rien conçu ni accompli sur la terre sans [Marie]… et surtout pas Jésus-Christ. Le Christ et sa Mère constituent un mystère unique… un peu comme les trois Personnes de la Sainte Trinité sont un seul Dieu.

 

D’abord Ils constituent à eux seuls toute la perfection du genre humain : et ceci en deux Personnes, chacune avec un nom irremplaçable… (…) Leur dialogue (qui est déjà trinitaire puisque le Christ est le Verbe) exprime tout ce que les hommes peuvent dire à Dieu et se dire entre eux.

 

Le Christ est le premier-né de toute créature, Il contient virtuellement la perfection des fruits de sa fécondité. Mais justement, Il est destiné à produire des fruits éternels et ne peut être dit fécond sans ces fruits eux-mêmes. Sans doute la Sainte Vierge est-elle le fruit par excellence qui assure la perfection de la fécondité du Christ. Mais Elle est destinée à être féconde à son tour : le dialogue de Jésus et Marie dit tout, mais il a besoin de nous, pour surabonder en reflets infinis. En un sens, on peut dire avec St Paul : nous achevons dans notre corps ce qui manque à la Passion du Christ… et à la Compassion de Marie.

 

Il reste vrai que la plénitude du mystère du Christ s’accomplit dans la Sainte Vierge d’une manière privilégiée : à un certain point de vue, ce n’est pas le Christ seul qui contient tous les hommes, mais le Christ et sa Mère réunis.

 

Le Christ n’a pas besoin de Marie au point de vue du mérite, de la satisfaction, de la plénitude. Mais pour exprimer la splendeur de la vie humaine divinisée, Il a besoin d’être deux parce que c’est essentiel à la nature humaine. La nature humaine ne peut pas manifester toute sa perfection dans un homme ou une femme seuls, la raison la plus profonde en étant que l’homme est déjà par nature un reflet de la vie trinitaire – ce qui suppose un dialogue et une distinction des personnes. Sans le dialogue avec un autre être humain, plus précisément avec une femme, le Christ ne peut pas expliciter toutes les profondeurs du mystère de l’homme.

 

Le Christ est la source de toute grâce, spécialement de la plénitude offerte à la Sainte Vierge. Mais la structure même de la grâce capitale exige qu’elle se développe et se prolonge dans la grâce de Marie. La maternité de la Sainte Vierge explicite la nuance maternelle du mystère du Salut : le Verbe reçoit de Marie l’humanité sans laquelle Il ne serait pas prêtre. Le Sang du Christ est le sang de Marie… Elle a communiqué à son Fils une sensibilité profondément féminine, particulièrement réceptive à l’onction miséricordieuse du Saint-Esprit. Toute l’infirmité de sa nature, Jésus la doit à la Sainte Vierge – et par conséquent la Passion.

 

(…) Autrement dit, la distinction naturelle entre Jésus et Marie (distinction de la mère et du fils – de l’homme et de la femme) est prise en charge par la grâce qui transforme leur dialogue en un reflet des dialogues trinitaires.

 

Le Christ et Marie sont inséparables, mais on peut être attiré plus ou moins vers l’un ou l’autre : en regardant Marie on peut mieux soupçonner l’Esprit maternel du Christ.

 

Toute grâce est désormais un prolongement du jeu de l’amour entre Jésus et Marie : être sauvé, c’est être emporté dans leur dialogue trinitaire. Quand nous prions, nous pouvons regarder le Sauveur comme Elle Le regardait (elle est sauvée comme nous, plus que nous). Mais nous pouvons aussi regarder la Sainte Vierge comme Jésus la regardait : « Voici ta Mère » Il y a des nuances et des variétés infinies. Ainsi comprise, la « dévotion à la Sainte Vierge » n’est plus un moyen offert à notre faiblesse, c’est déjà le Ciel.

 

(…) La Sainte Vierge n’ajoute rien à la Trinité, aucune splendeur, aucune perfection, aucun amour : mais elle ajoute une personne nouvelle, regardant les Trois comme les Trois se regardent, avec la nuance originale de son visage propre, celui de la petitesse et de la pauvreté (c’est le sens du Magnificat).

 

Cela me permet de répondre à l’objection la plus profonde qu’on oppose à la dévotion mariale : si la Sainte Vierge n’est pas un pur miroir qui mène à Dieu, elle fait écran – si elle est un pur miroir, pourquoi la regarder, Elle ? « Je n’aime pas la Sainte Vierge parce que c’est Elle, je l’aime comme un sacrement, comme le canal de la vie trinitaire où se trouvent les seules Personnes que j’aime »… Réponse : ce serait vrai si Dieu Lui-même n’aimait que Lui, et non pas aussi la personne de Marie… et la nôtre. Marie (et chacun de nous) devient ainsi (qu’on me pardonne l’expression) comme intérieure à la Sainte Trinité.

 

A partir de là, chacun de nous a son chant et sa nuance particulière. Certains sentent que la Sainte Vierge forme en eux le visage du Christ, ils se sentent fils de Marie. D’autres au contraire seront aimantés vers le visage du Christ à la manière dont Marie était fascinée par Lui. Les uns regardent Marie avec le visage de Jésus – les autres, Jésus, avec le visage de Marie… tout cela n’étant que nuances, car c’est leur dialogue même que nous aimons de toute façon, et à travers lui, la vie trinitaire. Telle est notre destinée ; reproduire en nous telle nuance de l’amour entre Jésus et sa Mère, cette nuance qui sera notre Nom nouveau. Voilà ce que nous pouvons entrevoir de ce que Dieu réserve à ceux qui L’aiment…

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