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28 avril 2006 5 28 /04 /avril /2006 12:42

«Il m'est évident qu'il y a un Être nécessaire, éternel, suprême, intelligent ;

ce n'est pas de la foi, c'est de la raison.»

(Voltaire)

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Published by Matthieu BOUCART - dans Citations
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commentaires

Matthieu 01/05/2006 17:43

Cher Miky,
Je te remercie de t'être donné du mal pour me répondre, et d'avoir consacré un article entier pour réagir à l'un des sujets qui me tient le plus à coeur, et qui constitue l'une des grandes découvertes dans ma vie de foi : à savoir que la science, loin de s'opposer à la foi, donne des raisons puissantes de croire en l'existence d'un Dieu créateur.
Je regrette bien sûr à ce stade de ne t'avoir pas convaincu (peut-être n'y parviendrai-je de toute façon pas), mais je n'en suis qu'au tout début de ma réflexion. Je t'invite instamment à demeurer attentif à la suite de mes développements sur le thème "Dieu existe-t-il?", car j'aurais l'occasion de préciser peu à peu ma pensée. Je te demande juste un peu de patience...

Miky 01/05/2006 09:21

Salut Matthieu,
Tu dis : "Pour autant, si la science ne prouve pas Dieu, elle fournit de nombreuses raisons de croire en son existence."
Je le conteste également. Voir mon nouvel article :
La science donne-t-elle des raisons de croire en Dieu ?
Enfin c'est plus une petite compil' de référence qu'un véritable article que je n'ai pas encore eu le temps d'écrire.
"C'est logique et admissible par la raison : car si Dieu est bien le Créateur de ce monde, si ce monde vient bien de Lui, alors l'étude de ce monde, même dans sa matéralité la plus matérielle, que ce soit au microscope ou à la lunette astronomique, peut me dire quelque chose de Lui, au même titre que la toile de la Joconde peut me dire quelque chose de son génial auteur, Léonard de Vinci."
Le problème c'est que notre expérience nous a bien montré que les toiles étaient peintes par des peintres, comment elles sont peintes et pour quels motifs. Donc au vu de la Joconde, il est normal d'en inférer l'existence d'un auteur et ses caractéristiques. C'est de la remobilisation, pour un cas particulier, d'une connaissance préalable.
Mais en ce qui concerne l'univers en son entier, on n'a pas cette connaissance préalable. On l'aurait si on avait pu observer d'autres univers et leurs dieux respectifs en train de les former. A ce moment là, oui, on pourrait légitimement inférer l'existence d'un Dieu à l'origine de notre univers et se prononcer valablement quant à ses caractéristiques.
Amicalement,
Miky

Miky 30/04/2006 18:38

Bien Matthieu, appelle cela comme tu veux. Disons que je crois quand même en une transcendance (mais j'ignore de quoi elle peut bien être peuplée) et en un absolu. Par raisonnement analogique (tu remarqueras au passage que je ne me cantonne pas au raisonnement scientifique), l'idée d'une sorte de "divinité" me paraît plausible :
Analogie n°1 :
- les fourmis sont aux chiens ce que les chiens sont à l'humain
- les chiens sont à l'humain ce que l'humain est à X.
X = Dieu, esprits, extraterrestres, informaticiens faisant tourner un vaste programme de simulation dans lequel nous vivons, etc.
Analogie n°2 :
- communauté de neurones en interaction ---> conscience cérébrale
- communauté d'humains en interaction  ---> conscience planétaire (= Dieu ?)
Analogie n°3 :
1)
- La raison est un produit de l'évolution néodarwinienne
- La foi est un produit de l'évolution néodarwinienne
2)
- La raison nous donne accès au réel
- La foi nous donne accès au réel
Analogie n°4 :
1)
- L'usage de la raison nous donne satisfaction
- L'usage de la foi nous donne satisfaction
2)
- La raison nous donne accès au réel
- La foi nous donne accès au réel
Bon, je suis passé très vite sur mes raisonnements. Ca mériterait un développement plus approfondi (dans un prochain article)
Amicalement,
Miky

Matthieu 30/04/2006 16:52

Miky,
Pardonne mon espièglerie, mais tu te dis athée faible à 40 % : veux-tu dire athée faible à tendance gnostique, ou à tendance agnostique? Et dans ce dernier cas : à tendance agnostique faible ou forte? Et selon quel pourcentage?...
Je te taquine...
En réalité, même si j'entend bien tes classifications, qui ont le mérite de rendre compte des subtilités et de la complexité de l'esprit humain que l'on a toujours tendance à caricaturer, en réalité disais-je, je m'en tiens à ce qu'écrivent les philosophes athées sur leur athéisme.
Dans un livre-débat récemment paru aux éditions du Cerf ("Dieu existe-t-il encore?") le philosophe André Comte Sponville, opposé à Philippe Capelle, écrit ceci :
"Je suis athée (...). [Entendons-nous bien là-dessus : je ne suis pas contre Dieu] : non seulement parce qu'il n'y a pas lieu d'être contre ce qui n'existe pas, ni contre ceux qui y croient (...) mais aussi parce que Dieu, à tout prendre, je serais plutôt pour...
"Je suis pour, comme la plupart des gens, je veux dire que je préfèrerais qu'il existe ; mais ce n'est pas une raison suffisante pour y croire. Et il se trouve en l'occurrence que je n'y crois pas. Pourquoi? Je n'ai pas de preuves : personne n'en a. Mais j'ai un certain nombre de raisons ou d'arguments qui me paraissent plus forts que ceux allant en sens contraire. Disons que je suis un athée non dogmatique [encore une distinction pour tes classifications Miky!] : je ne prétends pas savoir que Dieu n'existe pas : je crois qu'il n'existe pas (...).
"Certains en concluront peut-être que je suis moins athée qu'agnostique... Ils auraient tort. L'agnostique, c'est celui, sur la question de l'existence de Dieu, qui s'en tient à l'aveu de son ignorance (agnôstos, en grec, c'est l'inconnu ou l'inconnaissable), qui refuse de se prononcer sur ce qu'il ignore, qui défend une espèce de neutralité ou d'indifférence en matière de religion. Disons qu'il coche la case "sans opinion" du grand sondage métaphysique.
"Tel n'est pas mon cas! Je reconnais bien volontiers mon ignorance, qui est celle de tout être humain ; mais pas plus que les croyants, je ne renonce pour autant à me prononcer, à choisir, à "parier" comme disait Pascal (...). Je ne suis ni neutre, ni indifférent (...).
"Dieu existe-t-il? La question est commune aux croyants, aux agnostiques et aux athées. Ce sont leurs réponses qui les opposent ou les distinguent. Ni les uns ni les autres ne savent ce qu'il en est : mais les croyants croient  que Dieu existe, les agnostiques ne se prononcent pas, les athées croient qu'il n'existe pas.
"L'athéisme est une croyance négative (a-théos, en grec, cela signifie "sans Dieu"), mais c'est bien une croyance - moins qu'un savoir, donc, mais plus que le simple aveu d'une ignorance, ou que le refus prudent ou confortable de se prononcer.
"C'est en quoi je suis athée, j'y insiste, et non agnostique. "Nous sommes embarqués", comme disait Pascal : la question de Dieu nous est posée - par notre finitude, par notre angoisse, par notre histoire, par notre culture, par notre intelligence, par notre ignorance même. Je ne peux prétendre qu'elle ne m'intéresse pas, ni feindre de n'avoir, sur la réponse, aucune opinion".

Miky 30/04/2006 13:58

Cher Matthieu,
Je répond d'abord à ton dernier message.
Tout d'abord je t'invite à lire ou relire mon article sur l'athéisme : Comprendre l'athéisme
Etymologiquement, athéisme signifie absence de théisme (donc absence de croyance en Dieu).
Avec le même préfixe sont formés des mots comme amoral, arationnel, etc.
Mais ce qui est amoral n'est pas forcément immoral, ce qui est arationnel n'est pas forcément irrationnel.
De même, l'athéisme n'est pas forcément ce que l'on pourrait appeler l'itthéisme. Malheureusement, le mot n'existe pas, et on appelle donc indifférement "athéisme" l'absence de croyance en Dieu, et la croyance en l'inexistence de Dieu.
On précise donc parfois en ajoutant un qualificatif :
- athéisme faible = absence de croyance en l'existence de Dieu
(c'est ce type d'athéisme que je revendique en général)
- athéisme fort = croyance en l'inexistence de Dieu
(qui me paraît aussi défendable ou aussi peu défendable que le théisme ; sauf lorsqu'il s'agit d'une opposition spécifique au théisme classique [Dieu = omniscient, tout-puissant, moralement parfait], lequel à des conséquences empiriques testables et réfutées)
A la question : "quel est le réel au-delà de nos mesures ?", ma réponse est simplement "je ne sais pas".
Amicalement,
Miky
PS : J'ajouterais que l'athéisme (absence de théisme) n'est pas non plus nécessairement ce qu'on pourrait appeler l'adéisme (absence de déisme).
Pour ma part, si je devais estimer par un pourcentage ma position quant à l'existence ou non de Dieu, je dirais que je suis (grosso modo) :
Athée faible à 40%
Athée fort à 10%
Théiste "moderne" à 10% (essentiellement théologie du Process, dysthéisme et open theism)
Théiste "classique" à 0% (à cause du problème du Mal)
Déiste à 40% (je suis essentiellement "convaincu" par l'argument de la simulation de Nick Bostrom, les arguments pragmatiques à la William James, ainsi que par l'hypothèse du cerveau planétaire en sciences de la complexité ; j'écrirai des articles à ce sujet ultérieurement, dans ma rubrique "pour une spiritualité laïque")