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3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 09:48

Extrait de l’Audience Générale du Pape Benoît XVI à son retour du Brésil, le 23 mai 2007.

Mon voyage a tout d'abord eu la valeur d'un acte de louange à Dieu pour les "merveilles" accomplies chez les peuples de l'Amérique latine, pour la foi qui a animé leur vie et leur culture pendant plus de cinq cents ans. Dans ce sens, cela a été un pèlerinage, qui a atteint son sommet dans le Sanctuaire de la Madone d'Aparecida, première Patronne du Brésil.

Le thème de la relation entre foi et culture a toujours une grande importance pour mes vénérés prédécesseurs Paul VI et Jean-Paul II. J'ai voulu le reprendre en confirmant l'Eglise qui est en Amérique latine et aux Caraïbes, sur le chemin d'une foi qui s'est faite et qui se fait histoire vécue, piété populaire, art, dans un dialogue avec les riches traditions précolombiennes et, ensuite, avec les multiples influences européennes et d'autres continents. Le souvenir d'un passé glorieux ne peut bien sûr pas ignorer les ombres qui accompagnèrent l'œuvre d'évangélisation du continent latino-américain : en effet, il n'est pas possible d'oublier les souffrances et les injustices infligées par les colonisateurs aux populations autochtones, souvent foulées au pied dans leurs droits humains fondamentaux. Mais le fait de mentionner, à juste titre, ces crimes injustifiables – des crimes par ailleurs déjà condamnés par des missionnaires comme Bartolomé de Las Casas et par des théologiens comme Francesco da Vitoria de l'Université de Salamanque – ne doit pas empêcher de prendre acte avec gratitude de l'œuvre merveilleuse accomplie par la grâce divine parmi ces populations au cours de ces siècles. L'Evangile est ainsi devenu sur ce Continent l'élément porteur d'une synthèse dynamique qui, avec différents aspects selon les divers pays, exprime toutefois l'identité des peuples latino-américains. Aujourd'hui, à l'époque de la mondialisation, cette identité catholique se présente encore comme la réponse la plus adaptée, à condition d'être animée par une sérieuse formation spirituelle et par les principes de la doctrine sociale de l'Eglise (…).

Dans la cathédrale de São Paulo, j'ai rencontré les Evêques du Brésil, la Conférence épiscopale la plus nombreuse du monde. Leur témoigner le soutien du Successeur de Pierre était l'un des objectifs principaux de ma mission, car je connais les grands défis que l'annonce de l'Evangile doit affronter dans ce pays. J'ai encouragé mes confrères à poursuivre et à renforcer l'engagement de la nouvelle évangélisation, en les exhortant à développer de manière ramifiée et méthodique la diffusion de la Parole de Dieu, afin que la religiosité innée et diffuse des populations puisse être approfondie et devenir une foi mûre, une adhésion personnelle et communautaire au Dieu de Jésus Christ. Je les ai encouragés a retrouver partout le style de la communauté chrétienne primitive, décrite dans le Livre des Actes des Apôtres : assidue dans la catéchèse, dans la vie sacramentelle et dans la charité active. Je connais le dévouement de ces fidèles serviteurs de l'Evangile, qu'ils veulent présenter sans réductions ni confusions, en veillant sur le dépôt de la foi avec discernement ; leur préoccupation constante est également de promouvoir le développement social principalement à travers la formation des laïcs, appelés à assumer des responsabilités dans le domaine de la politique et de l'économie. Je rends grâce à Dieu de m'avoir permis d'approfondir la communion avec les Evêques brésiliens, et je continue à les porter toujours dans ma prière.

Un autre moment caractéristique du voyage a sans aucun doute été la
rencontre avec les jeunes, espérance non seulement pour l'avenir, mais force vitale également pour le présent de l'Eglise et de la société. C'est pourquoi la veillée qu'ils ont animée à São Paulo du Brésil a été une fête de l'espérance, illuminée par les paroles du Christ adressées au "jeune riche", qui lui avait demandé: "Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle?" (Mt 19, 16). Jésus lui indiqua tout d'abord "les commandements" comme le chemin de la vie, puis il l'invita à tout quitter pour le suivre. Aujourd'hui aussi, l'Eglise fait la même chose : elle repropose tout d'abord les commandements, véritable chemin d'éducation de la liberté au bien personnel et social, et surtout elle propose le "premier commandement", celui de l'amour, car sans l'amour, même les commandements ne peuvent pas donner un sens plein à la vie et procurer le véritable bonheur. Seul celui qui rencontre en Jésus l'amour de Dieu et se met sur cette voie pour le faire régner parmi les hommes, devient son disciple et son missionnaire. J'ai invité les jeunes à être des apôtres des jeunes de leur âge ; et ce en soignant toujours leur formation humaine et spirituelle ; à avoir une grande estime du mariage et du chemin qui conduit à celui-ci, dans la chasteté et la responsabilité ; à être également ouverts à l'appel à la vie consacrée pour le Royaume de Dieu. En résumé, je les ai encouragés à mettre à profit la grande "richesse" de la jeunesse, pour être le visage jeune de l'Eglise.

Le sommet du voyage a été l'inauguration de la Cinquième Conférence générale de l'épiscopat latino-américain et des Caraïbes, dans le Sanctuaire de Notre-Dame d'Aparecida. Le thème de cette grande et importante assemblée, qui se conclura à la fin du mois, est "Disciples et missionnaires de Jésus Christ, afin que nos peuples aient la vie en Lui - Je suis le chemin, la Vérité et le Vie". Le binôme "disciples et missionnaires" correspond à celui que l'Evangile de Marc rapporte à propos de l'appel des Apôtres : "(Jésus) en institua douze pour qu'ils soient avec lui, et pour les envoyer prêcher" (Mc 3, 14-15). Le mot "disciples" rappelle la dimension de la formation et de l'imitation, de la communion et de l'amitié avec Jésus ; le terme "missionnaires" exprime le fruit de la condition de disciple, c'est-à-dire le témoignage et la communication de l'expérience vécue, de la vérité et de l'amour connus et assimilés. Etre disciples et missionnaires comporte un lien étroit avec la Parole de Dieu, avec l'Eucharistie et les autres Sacrements, vivre dans l'Eglise dans une écoute obéissante de ses enseignements. Renouveler avec joie la volonté d'être disciples de Jésus, d'"être avec Lui", est la condition fondamentale pour en être des missionnaires "en repartant du Christ", selon le mandat du Pape Jean-Paul II à toute l'Eglise après le Jubilé de l'An 2000. Mon vénéré Prédécesseur a toujours insisté sur une évangélisation "nouvelle dans son ardeur, dans ses méthodes, dans son expression", comme il affirma précisément en s'adressant à l'Assemblée du CELAM, le 9 mars 1983, à Haïti (cf. Insegnamenti VI/1 [1983], 698).

 


Lire le texte intégral de l'Audience Générale du Pape Benoît XVI

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