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31 mai 2008 6 31 /05 /mai /2008 20:14

Nous avons vu la semaine dernière qu’au pied de la Croix, Jésus en confiant Marie au disciple qu’il aimait, avait voulu non seulement pourvoir, en bon fils qu’il était, à la douloureuse solitude de sa mère après Son départ vers le Père, mais bien davantage : la consacrer dans son rôle de maternité spirituelle envers tous les hommes rachetés par la Croix. Nous avons relevé à ce sujet de nombreux indices dans l’Evangile de Jean nous invitant à une lecture spirituelle du don de Marie à Saint Jean, bien au-delà de l’aspect purement affectif que semble revêtir à première lecture ce dernier geste du Seigneur envers sa mère éplorée, quelques instants avant sa mort.

Nous avons vu que dans son Evangile, Saint Jean voit en Marie LA Mère par excellence (cf. notre précédent article, n°4, 5 et 8). Non seulement elle y est toujours désignée en effet comme la « Mère de Jésus » (et jamais par son prénom), mais dans ce passage de Jn 19. 25-27, Jésus la consacre Mère de tous ses disciples, Mère de son Eglise, et au-delà : Mère de tous les hommes, de tous les « Vivants » (signification, rappelons-le, du nom de « Eve »)…

10.
L’analyse approfondie du texte même de ce passage évangélique de Jn 19. 25-27 renforce cette impression d’un texte à très haute portée symbolique et à forte signification spirituelle, bien loin du simple récit anecdotique, secondaire, sans importance. Je souhaiterais aujourd'hui m’arrêter particulièrement sur le verset 26, extrêmement riche et dense. Littéralement : « Jésus, voyant LA mère et le disciple qu'il aimait se tenant auprès, dit à LA mère : femme, voici ton fils. »

Relevons d’abord le « Jésus voyant… dit ». Il s’agit là d’un
« schème de révélation déjà employé par Saint Jean pour préciser tant la vocation de Jésus (1. 29-34) que celle des premiers disciples (1. 35-39 ; 47-51). A chaque fois, il y a corrélation entre voir et dire, le nom ainsi donné en fonction d’une vision quasi prophétique prenant valeur de vocation : à Jésus d’Agneau de Dieu, à Simon de Pierre, à Nathanaël de Véritable Israël. Or ici, ce que voit Jésus n’est pas seulement « sa mère » ou « le disciple », mais précisément l’une et l’autre, l’une près de l’autre. Si bien que la révélation va porter sur leurs relations profondes, naturellement insoupçonnables. » (Bible Chrétienne, II*, Commentaires, p. 735)

11.
Ne revenons pas sur l’expression « LA Mère » employée par deux fois dans ce verset (cf. précédent article, n° 5) et spécialement relevée par le Cardinal Lustiger dans le petit clip publié il y a peu sur ce même Blog, mais arrêtons-nous un instant sur la première parole de Jésus, adressée à sa Mère : « Voici ton fils ».

- l’expression « Voici » employée par Saint Jean est un autre schème de révélation biblique que l’on retrouve souvent dans le quatrième Evangile ; ainsi quelques versets plus haut : « Voici l’homme… voici votre roi » (Jn 19. 5. 14) et au tout début de l’Evangile : « Voici l’Agneau de Dieu » (Jn 1. 15. 29. 36) ; « Voici un véritable fils d’Israël » (Jn 1. 47) ; et encore : « Voici ton Roi qui vient » (Jn 12. 15) ; « Mon commandement, le voici » (Jn 15. 12) ; etc. Ces deux schèmes de révélations joints ensemble par Saint Jean dans un même verset laissent augurer une Révélation de la plus haute importance, à un moment clef de l’Histoire du Salut, l’Heure où Jésus sur la Croix dépose sa vie pour le Salut du monde ; nous sommes ici très précisément au sommet de la Passion du Seigneur (cf. précédent articlen°7). Et que va dire Jésus en cet instant crucial ?

-
« Voici ton Fils » : Jésus commence par donner Jean pour fils à Marie, ce qui montre bien que le sens du geste de Jésus n’est pas d’abord de confier sa mère au disciple.
« L’important est (…) qu’entre ses deux proches, Jésus révèle un lien de mère à enfant. En ces deux versets, tout porte donc à donner à la double expression « Voici ton Fils… Voici ta Mère » le maximum de force effective et réaliste ». (Bible Chrétienne, II*, Commentaires, p. 734).

Et cette Révélation ne concerne pas le seul Saint Jean, qui est ici anonyme et désigné par sa seule qualité de Disciple. Manière de signifier que dans la figure du « Disciple », Saint Jean
« doit représenter tous les disciples qui sont aimés de Jésus et du Père, du fait qu’ils pratiquent des commandements » (A. Feuillet, cité par J. Laurenceau, op.cit, page 152 – cf. Jn 14. 21). Au-delà de la personne de Saint Jean, c’est donc chacun des disciples du Seigneur qui se voit confié à Marie.

12.
Nous sommes donc bien en présence, dans ce passage de Jn 19. 26, d'une Révélation du Seigneur de la plus haute importance sur la maternité surnaturelle de Marie envers les disciples du Christ sauvés par la Croix.

« Sur le Calvaire, c’est un enfantement dans la douleur qui s’accomplit. Combien plus que l’Apôtre, la Mère de Dieu peut-elle dire à chacun de nous :
« Mes petits enfants que dans la douleur j’enfante à nouveau » (Ga 4. 19) ! Marie qui avait enfanté virginalement sans douleur le Fils de Dieu, enfante maintenant spirituellement l’humanité dans une douleur qui l’unit à celle de Jésus crucifié ». (P. de Menthière, op. cit. pages 159). En Jn 19. 25-27, la parabole des douleurs de Jn 16. 21 s’accomplit en la mère de Jésus qui devient ainsi, par la parole de son Fils, la mère de tous les rachetés. « Entre Jn 16. 21 compris symboliquement et la scène du Calvaire, la connexion est évidente. Tel était le glaive qui, d’après la prophétie de Syméon en Lc 2. 35 devait « transpercer l’âme » de Marie » (Bible Chrétienne, II*, Commentaires, p. 735).

« Les paroles si essentielles du Christ en Croix,
« Voici ton Fils », sont (...) d’une sobriété telle, faisait remarquer le Pape Jean-Paul II, qu’elles font penser à une formule quasi sacramentelle. Marie est dès lors constituée, on dirait presque consacrée, comme Mère de l’Eglise du haut de la Croix » (Redemptoris Mater, n°40).

13.
« Peut-on imaginer quel déchirement et quel glaive de douleur ce dut être pour Marie de s’entendre dire par Jésus « Femme, voici ton Fils » ? (…) [Marie] reçoit Jean comme fils, en lieu et place du Fils de Dieu ! Comme Abraham, elle accepte dans la foi le suprême sacrifice. Comme Abraham, en acceptant de perdre, elle retrouve. Car ce n’est pas Isaac seulement qui est rendu à Abraham, mais Isaac et tout le peuple de la Promesse qu’il porte en lui. De même, Marie, ayant consenti au sacrifice de sa maternité divine, la retrouve dans le plein accomplissement d’une maternité spirituelle. Elle devient Mère du peuple de Dieu comme Abraham est père du peuple de la Promesse. Si l’Ecriture n’hésite pas à appeler le patriarche « notre père à tous » (Rm 4. 16 ; cf. Lc 16. 24), la Vierge n’est-elle pas bien davantage « notre Mère à tous » ? » (P. de Menthière, op. cit. page 159).

Il ne faut sans doute pas exagérer la perte que Marie subirait en recevant le disciple à la place de Jésus, car il n’est pas tant question ici de substitution que d’extension universelle de cette première maternité. Comme l’écrivait Saint Louis-Marie Grignion de Montfort :
«  Si Jésus-Christ, le Chef des hommes, est né en [Marie], (…) les membres de ce chef doivent aussi naître en elle par une suite nécessaire. Une même mère ne met pas au monde la tête ou le chef sans les membres, ni les membres sans la tête… de même, dans l’ordre de la grâce, le chef et les membres naissent d’une même mère ».

« C’est par la maternité que Dieu est devenu le Fils de l’homme, et c’est par la maternité que l’homme devient fils de Dieu »
(Guillaume de Menthière, op. cit, page 167).
Le Magnificat en Saint Luc vient confirmer, s'il en était besoin, que la maternité de Marie doit concerner « toutes les générations » (Lc 1. 48).

Il est à noter aussi qu'à partir de ce moment-là, les mots de « père », « mère », « frère », « sœur », « femme », « homme », habituellement employés pour désigner nos liens charnels d'appartenance familiale, prendront un sens spirituel, pour désigner nos nouveaux rapports en Jésus-Christ. C’est une Famille en effet que Jésus est venu constituer et rassembler, une Famille selon la grâce qui naît de l'union de son Cœur transpercé sur la Croix avec le Cœur transpercé (par le glaive de douleur) de la Vierge Marie, constituée – ou consacrée – par Jésus, au paroxysme de son oeuvre rédemptrice, Mère de cette Nouvelle Famille.

14.
Enfin… l’expression : « Femme » : « Femme, voici ton Fils »

L’emploi de ce terme par Jésus est suffisamment insolite pour attirer notre attention. Il s’agit en effet d’une appellation tout à fait inhabituelle de la part d’un fils pour sa mère. Elle ne peut donc être involontaire…

Cette expression nous renvoie à trois passages bibliques importants.

15.
Le premier est le récit de la chute dans le Livre de la Genèse, au Chapitre 3, où il est longuement question de la « Femme » : « Dieu dit au serpent : « je mettrai une hostilité entre la Femme et toi, entre sa descendance et ta descendance : sa descendance t’écrasera la tête… » L’homme appela sa femme Eve – la « vivante » - parce qu’elle fut la mère de tous les vivants » (Gn 3. 15. 20).

Nous sommes encouragés à opérer ce rapprochement avec le livre de la Genèse par l’allusion même que Saint Jean fait du
« jardin », qui n’est pas sans évoquer le jardin d’Eden servant d’arrière-fond aux chapitres 3 et 4 du livre de la Genèse : « Il y avait un jardin, au lieu où il avait été crucifié, et dans ce jardin, un tombeau neuf… » (Jn 19. 41).

De plus, la maternité nouvelle de Marie où le Disciple prend la place de Jésus n’est pas sans nous rappeler la parole d’Eve en Gn 4. 25 :
« Dieu m’a accordé une autre descendance à la place d’Abel puisque Caïn l’a tué ».

16.
Cette nouvelle descendance confiée par Jésus à Marie dans la personne du Disciple tendrait donc à faire de Marie la Nouvelle Eve, la Mère de tous les Vivants, rachetés par le sang précieux du Christ, le Nouvel Adam (cf. par exemple 1 Co 15. 45).

Cette interprétation est confirmée par le deuxième texte biblique auquel renvoie Jn 19. 25-27 : l’épisode des noces de Cana, au Chapitre 2 du même Evangile (cf. précédent article, n°9). Dans ce passage aussi, Jésus appelle sa mère
« Femme ». Dans un Evangile aussi composé que celui de Saint Jean, cela ne saurait être sans dessein. Et de fait, Marie va provoquer le premier « signe » annonciateur de l’Eucharistie et de la Passion du Sauveur, en anticipant « l’Heure » de Jésus ; cette Heure même qui s’accomplira en Jn 19. 25-27 (cf. Jn 19. 28).

A Cana, Saint Jean nous présente Marie dans un rôle d’intercession auprès de Jésus ; elle « provoque » l’Heure de Jésus – qui est l’Heure du relèvement de l’humanité –, comme Eve « provoqua » la chute d’Adam :
« A Cana, la Vierge sollicite le Nouvel Adam pour le bien, comme à l’aube de la Création, Eve avait sollicité Adam pour le mal. » (Guillaume de Menthière, op.cit., page 158). En outre, elle apparaît déjà comme « la femme qui par son action, favorisa la foi au Christ de la communauté naissante » (Paul VI, Marialis Cultus, 1972), comme une anticipation de son rôle maternel à venir envers les disciples du Christ.

17.
Le troisième passage biblique auquel le mot « Femme » en Jn 19.26 renvoie est indiscutablement le chapitre 12 du Livre de l’Apocalypse, dont l’auteur n’est autre… que Saint Jean lui-même ! Dans ce passage, il est question d’une « Femme ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de Douze étoiles. Elle était enceinte et elle criait, torturée par les douleurs de l’enfantement (…). Or, la femme mit au monde un fils, un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations, les menant avec un sceptre de fer ». L’identité de « l’enfant mâle » ne fait guère de doute ici : il s’agit bien du Christ, la référence au sceptre de fer renvoyant à un psaume messianique bien connu : le psaume 2 (cf. v. 9). La Femme dont il est question ici est donc la Mère de Jésus en personne, cette même « Femme » qui fut interpellée par son Fils au pied de la Croix : la Femme de l’Apocalypse apparaît d'ailleurs comme une personne bien identifiée, une personne individuelle.

L’Apocalypse met ensuite en scène le Dragon
« rouge feu », qui se met « à poursuivre la Femme qui avait mis au monde l’enfant mâle », et qui, rempli de colère contre elle, s’en va faire la guerre à « tout le reste de sa descendance ». Tout le reste de sa descendance ? Quelle descendance ? Celle des « frères et sœurs » que l’on prête à Jésus ? Non point. Mais Saint Jean le dit explicitement : « ceux qui observent les commandements de Dieu et qui gardent le témoignage pour Jésus ». L’Apocalypse vient donc confirmer ici notre interprétation de Jn 19. 25-27. La Femme de l’Apocalypse se révèle être la Nouvelle Eve, la Mère du Messie et de tous les fidèles du Seigneur gardant le témoignage pour Jésus à travers les siècles, ceux-là même que Jésus sur la Croix avait confié à sa Mère en la personne du "Disciple" comme ses propres Fils.

Le rapprochement de la
« Femme » de l’Apocalypse avec la « Femme » de la Genèse et la « Femme » de Jn 19. 25-27 se trouve, ainsi que nous pouvons le voir, solidement fondé, l’Apocalypse ne laissant planer aucun doute sur l’identité du Dragon rouge, désigné comme le « Serpent des origines, celui qu’on nomme démon et Satan, celui qui égarait le monde entier » (Ap 12. 9) ; et Saint Jean présentant la Femme « couronnée d’étoiles » dans un rôle de maternité spirituelle douloureuse s’étendant à tous les disciples que Jésus aime, ces mêmes disciples que Marie reçut de Jésus comme ses propres Fils au pied de la Croix : « Femme, voici ton Fils… Voici ta Mère ».

On voit donc ici bibliquement fondé : le lien filial particulier qui nous unit, chacun de nous, disciples de Jésus, à la Vierge Marie ; l’Assomption de cette dernière : son rôle maternel n’est pas un rôle achevé, passé, mais actuel et toujours présent : c’est aujourd’hui que la Vierge glorieuse enfante des disciples à la vie nouvelle en Jésus-Christ, et protège l’Eglise des attaques du Démon ; enfin, son Couronnement dans le Ciel (Ap. 12. 1), qui fait d’elle pour nous une Reine et une Souveraine, en plus d’une Mère. Tout se tient !

18.
Bien sûr, la Femme de l’Apocalypse peut être aussi considérée comme un personnage collectif : l’Eglise du Seigneur. Elle a en effet tous les traits de la Jérusalem qui a « mis sur sa tête le diadème de la gloire de Dieu » (Ba 5. 1). Ou comme disait encore le prophète Isaïe : « Avant d’être en travail, elle a enfanté, avant que lui viennent les douleurs, elle s’est libérée d’un garçon. Qui a jamais entendu une chose pareille ? Qui a jamais vu semblable chose ? Un pays est-il mis au monde en un seul jour ? Enfante-t-on une nation en une seule fois ? A peine était elle en travail que Sion a enfanté ses fils » (Is. 66. 6-8).

Ce même passage d’Isaïe, indirectement évoqué par Jésus dans le passage cité plus haut de Jn 16. 21 dans lequel le Seigneur assimile son Heure à l’Heure de la femme enceinte sur le point d'enfanter, renvoie tout à la fois à la Sion idéale (symbolisant Israël) annoncée par les Prophètes, qui dans la douleur donne le jour à un nouveau peuple de Dieu (cf. aussi Is 26. 17-21), et à la première femme de la Genèse dont la fonction providentielle, comme celle de toute femme, est de faire venir des hommes dans le monde
« avec l’aide de Yahvé » (Gn 4.1). Ainsi, « les hommes viendront normalement dans le monde messianique par la médiation de Marie, la Femme par excellence de la Nouvelle Alliance, à la fois la Nouvelle Eve et l’incarnation de la Sion idéale des prophètes » (J. Laurenceau, op. cit., page 149). « Au Calvaire, le Seigneur Jésus révèle à sa Mère qu’en elle s’accomplit le mystérieux enfantement du peuple nouveau par la Fille de Sion. En consentant dans la foi à la mort de son Fils, elle enfante avec lui les disciples pour lesquels il donne sa vie par amour » (page 153). On notera que ce rapprochement entre Marie et la Fille de Sion se trouve présent dans l’Evangile dès l’Annonciation, avec le « Réjouis-toi » par lequel les prophètes (ex. Sophonie 3) annoncent à la Fille de Sion la présence du Seigneur au-dedans d’elle...

« L’évocation de ces textes prophétiques relatifs à Sion [nous] permet [donc] de comprendre que l’interprétation mariale et l’interprétation ecclésiale du texte de l’Apocalypse ne sont pas exclusive l’une de l’autre »
(Guillaume de Menthière, op. cit, page 162) ; qu'elles ne s'opposent pas l'une et l'autre.

« Il est très conforme à la pensée biblique de représenter la collectivité comme incarnée dans une personne individuelle »
 : que l’on songe par exemple à la figure du Fils de l’Homme en Daniel 7 ; « et inversement chaque personne individuelle représente beaucoup plus qu’elle-même. Ainsi, Jacob par exemple, est à la fois le patriarche et tout le peuple qui en est issu. »

La Femme de l’Apocalypse peut donc être vue tout à la fois comme la Vierge Marie en personne, et tout le peuple messianique issu de son sein virginal.

(à suivre…)

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commentaires

Miky 04/05/2009 10:47

Bien... alors la prochaine fois que mon épouse souhaitera un câlin, je lui proposerai plutôt d'aller communier :-) (mais comme je ne suis pas catho, ce sera avec du pain et du vin [et aussi du fromage] ; il paraît que les hosties n'ont pas très bon goût)

Matthieu 03/05/2009 22:07

... qui s'accomplit pleinement dans l'Eucharistie.

Miky 03/05/2009 20:23

"Que Marie soit l'épouse du Christ ne doit pas être entendu, naturellement, au sens charnel, mais en un sens spirituel, mystique."De deux choses l'une : ou bien il s'agit d'une métaphore (en ce cas elle est inappropriée, semble-t-il, puisqu'elle sème la confusion) ; ou bien c'est réellement (quoique spirituellement et mystiquement) que Marie est l'épouse du Christ. Mais dans ce dernier cas, tu ne pourras pas faire l'économie que de considérer cette relation comme incestueuse : d'après la doctrine (chère à l'Eglise, et que je partage également) de l'hylémorphisme, l'âme et le corps forment une unité harmonieuse et indissoluble dans chacun de nos actes. Par conséquent, l'union spirituelle trouve son expression naturelle dans l'union charnelle...

Matthieu 03/05/2009 17:00

Que Marie soit l'épouse du Christ ne doit pas être entendu, naturellement, au sens charnel, mais en un sens spirituel, mystique. Jésus-Christ lui-même dans l'Evangile se présente comme l'Epoux (Mt. 2.19) ; l'Epoux de "Jérusalem", de la "fille de Sion" dont la Vierge Marie est la plus noble figure (cf. Is 54. 14, 62. 4 ; Os. 2. 18...), mais qui désigne en réalité la Communauté de l'Eglise, qui forme un seul Corps avec son Seigneur, et chacune de nos âmes en particulier. C'est chacun de nous que le Seigneur vient épouser! Les Noces de l'Agneau sont avec l'humanité toute entière! Pourquoi donc la Vierge Marie devrait-elle en être exclue? Si l'Eglise est l'épouse du Christ, si chacune de nos âmes, Jonas, sont l'épouse du Christ, à plus forte raison celle de la Vierge Marie, si particulièrement unie à Jésus dans sa maternité divine.Alors tu vas peut-être te récrier : "Mais moi, Jonas, je ne suis pas l'épouse du Christ"! Je te renverrai alors à 2 Co 11. 1-3 : "Pourriez-vous supporter que je sois un peu fou dans mes paroles? Oui, vous allez le supporter (...). Car je vous ai fait rencontrer le seul Epoux : vous êtes l'épouse vierge et sainte que j'ai présentée au Christ".Ce rapprochement de la Vierge Marie avec la figure de Eve me paraît d'autant plus pertinent que le mystère du Christ s'accomplit dans la Vierge Marie, ainsi que l'écrivait le Père Molinié, un autre prêtre dominicain! La figure de la Nouvelle Eve nous aide ainsi à comprendre le mystère du Christ, le mystère de l'Eglise, le mystère de la Vierge Marie, et le mystère de la Nouvelle Création! Comment pourrions-nous donc nous en passer?

Jonas 03/05/2009 15:06

J'avoue que je suis toujours un peu gêné par l'assimilation de Marie à Eve et à l'ambiguïté que cela génère en faisant de Marie la mère et l'épouse de son fils Jésus.On n'a pas besoin de cela pour tirer la richesse (purement symbolique et théologique, car historiquement quasi impossible, ce qui n'enlève rien à sa force) de ce texte.

Jonas 03/05/2009 15:00

Je me permets de te signaler ce petit article que j'ai commis sur le blog dont je suis le blogmestre et qui a eu l'honneur d'un avis favorable de Dominique Cerbelaud, dominicain dont tu as sans doute entendu parler : Marie, Fille de Sion et Mère des chrétiens

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