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22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 16:35

Extrait du discours du Pape Benoît XVI à la Curie romaine, le 22 décembre 2006.

L'année qui touche à son terme (…) reste marquée dans notre mémoire par la profonde empreinte des horreurs de la guerre qui s'est déroulée aux environs de la Terre Sainte, ainsi que, en général, du danger d'un affrontement entre cultures et religions – un danger qui pèse encore de manière menaçante sur ce temps historique. Le problème des chemins vers la paix est ainsi devenu un défi de première importance pour tous ceux qui ont le souci de l'homme. Cela vaut en particulier pour l'Eglise, dont les débuts ont été accompagnés par une promesse signifiant à la fois une responsabilité et un devoir : "Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix aux hommes objets de sa complaisance" (Lc 2, 14).

Ce salut de l'ange aux pasteurs au cours de la nuit de la naissance de Jésus à Bethléem révèle un lien indissoluble entre la relation des hommes avec Dieu et leur relation réciproque. La paix sur la terre ne peut pas être trouvée sans la réconciliation avec Dieu, sans l'harmonie entre le ciel et la terre. Cette corrélation entre le thème de "Dieu" et le thème de la "paix" a été l'aspect déterminant des quatre Voyages apostoliques de cette année : c'est à ces derniers que je voudrais revenir en mémoire en ce moment.

Il y a tout d'abord eu la Visite pastorale en Pologne , le pays natal de notre bien-aimé Pape Jean-Paul II. Le voyage dans sa patrie a représenté pour moi un profond devoir de gratitude pour tout ce que, au cours du quart de siècle de son service, il m'a donné, à moi personnellement, mais surtout à l'Eglise et au monde. Son don le plus grand pour nous tous a été sa foi inébranlable et le caractère radical de son dévouement. "Totus tuus" était sa devise : dans celle-ci se reflétait tout son être. Oui, il s'est donné sans réserve à Dieu, au Christ, à la Mère du Christ, à l'Eglise : au service du Rédempteur et à la rédemption de l'homme. Il n'a rien conservé, il s'est laissé consumer jusqu'au bout par la flamme de la foi. Il nous a ainsi montré comment, en tant qu'hommes de notre époque, on peut croire en Dieu, dans le Dieu vivant qui s'est rendu proche de nous dans le Christ. Il nous a montré qu'un dévouement définitif et radical de toute sa vie est possible et que, précisément lorsqu'on se donne, la vie devient grande, vaste et féconde.

En Pologne, partout où je me suis rendu, j'ai trouvé la joie de la foi. "La joie de Yahvé est votre forteresse" – dans ce pays on a pu faire l'expérience, comme étant une réalité, de cette parole que, face à la misère du nouveau début, le scribe Esdras adresse au peuple d'Israël à peine rentré de l'exil (Ne 8, 10). J'ai été profondément frappé par la grande cordialité avec laquelle j'ai été partout accueilli. Les gens ont vu en moi le Successeur de Pierre à qui est confié le ministère pastoral de toute l'Eglise. Ils voyaient celui à qui, malgré toute la faiblesse humaine, s'adresse, aujourd'hui comme alors, la parole du Seigneur ressuscité : "Pais mes brebis" (cf. Jn 21, 15-19) ; ils voyaient le Successeur de celui à qui Jésus dit, aux environs de Césarée de Philippes : "Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise" (Mt 16, 18). Pierre, en soi, n'était pas un roc, mais un homme faible et inconstant. C'est pourtant précisément de lui que le Seigneur voulut faire la pierre et démontrer que, à travers un homme faible, Il soutient lui-même solidement son Eglise et la conserve dans l'unité. Ainsi, la visite en Pologne a été pour moi, au sens le plus profond, une fête de la catholicité. Le Christ est notre paix qui réunit ceux qui sont séparés : au-delà de toutes les différences des époques historiques et des cultures, Il est la réconciliation. A travers le ministère pétrinien, nous faisons l'expérience de cette force unificatrice de la foi qui, toujours à nouveau, à partir des nombreux peuples, édifie l'unique Peuple de Dieu. C'est avec joie, que nous avons réellement fait l'expérience que, provenant de nombreux peuples, nous formons l'unique Peuple de Dieu, sa sainte Eglise. C'est pourquoi, le ministère pétrinien peut être le signe visible qui garantit cette unité et qui forme une unité concrète.
Je voudrais remercier encore une fois de manière explicite et de tout coeur l'Eglise qui est en Pologne de cette expérience émouvante de la catholicité.

Dans mes déplacements en Pologne je ne pouvais pas manquer de me rendre à Auschwitz-Birkenau, sur le lieu de la barbarie la plus cruelle – de la tentative d'effacer le peuple d'Israël, de rendre ainsi vaine l'élection faite par Dieu, de bannir Dieu lui-même de l'histoire. Ce fut pour moi un motif de grand réconfort de voir à ce moment-là un arc-en-ciel apparaître dans le ciel, alors que devant l'horreur de ce lieu, dans l'attitude de Job, j'invoquais Dieu, ébranlé par la frayeur de son absence apparente et, dans le même temps, soutenu par la certitude que Celui-ci, même dans son silence, ne cesse d'être et de demeurer avec nous. L'arc-en-ciel a été comme une réponse : Oui, Je suis là, et les paroles de la promesse, de l'Alliance, que j'ai prononcées après le déluge, sont valables aujourd'hui aussi (cf. Gn 9, 12-17).



Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI

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