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6 février 2008 3 06 /02 /février /2008 14:13


Extrait de l’homélie du Pape Benoît XVI prononcée lors des Vêpres mariales avec les religieux et séminaristes de Bavière à la Basilique d’Altötting, le 11 septembre 2006.

Dans ce lieu de grâce, Altötting, nous sommes réunis (…) dans la Basilique Sainte-Anne devant le sanctuaire de sa fille, la Mère du Seigneur. Nous nous sommes réunis pour nous interroger sur notre vocation au service de Jésus Christ et pour comprendre notre vocation sous le regard de sainte Anne, dans la maison de laquelle a mûri la vocation la plus grande de l'histoire du salut. Marie reçut sa vocation de la bouche de l'Ange. L'Ange n'entre pas chez nous de façon visible, mais le Seigneur a un projet pour chacun de nous, Il appelle chacun par son nom. Notre devoir est donc de devenir des personnes à l'écoute, capables de percevoir son appel, courageuses et fidèles, pour le suivre et, à la fin, devenir des serviteurs fiables qui ont accompli de bonnes oeuvres avec le don qui leur a été confié.

Nous savons que le Seigneur cherche des ouvriers pour sa moisson (…). Mais il manque d'hommes disposés à devenir des ouvriers pour la moisson de Dieu (…). Le Seigneur frappe (…) à [la porte de] notre propre coeur. Seigneur, me veux-tu? N'est-ce pas une trop grande tâche pour moi? Ne suis-je pas trop petit pour cela? "N'aie pas peur" a dit l'Ange à Marie. "Ne crains pas, je t'ai appelé par ton nom" nous dit [le Seigneur] à travers le prophète Isaïe (43, 1) – dit-il à chacun de nous.

Où allons-nous, si nous disons "oui" à l'appel du Seigneur? La description la plus concise de la mission sacerdotale – qui vaut également pour les religieux et les religieuses – nous est donnée par l'évangéliste Marc qui, dans le récit de l'appel des Douze, dit : "Il en institua Douze pour être ses compagnons et pour les envoyer" (Mc 3, 14). Etre avec Lui et, en tant qu'envoyés, être en chemin vers les personnes – ces deux choses vont ensemble et, ensemble, constituent l'essence de la vocation spirituelle, du sacerdoce. Etre avec Lui et être envoyés – deux choses indissociables l'une de l'autre. Seul celui qui est "avec Lui" apprend à le connaître et peut l'annoncer vraiment. Et celui qui est avec Lui ne garde pas pour lui-même ce qu'il a trouvé, mais doit le transmettre.

Il en est de même pour André, qui dit à son frère Simon : "Nous avons trouvé le Messie!" (Jn 1, 41). Et "il l'amena à Jésus", ajoute l'évangéliste (Jn 1, 42). Le Pape Grégoire le Grand, dans l'une de ses homélies, dit un jour que les anges de Dieu, quelle que soit la distance qu'ils parcourent pour leurs missions, sont toujours en chemin en Dieu. Ils sont toujours avec Lui. Et, en parlant des Anges, saint Grégoire pensait également aux Evêques et aux prêtres : où qu'ils aillent, ils devraient toujours "être avec Lui". La pratique le montre : là où les prêtres, en raison de leurs devoirs importants, permettent que leur présence aux côtés du Seigneur se réduise toujours davantage, ils perdent alors, en dépit de leur activité assurément héroïque, la force intérieure qui les soutient. Ce qu'ils font devient à la fin un activisme vain. Etre avec Lui – comment cela peut-il se réaliser? Eh bien, la première chose et la plus importante pour le prêtre est la Messe quotidienne, célébrée toujours avec une profonde participation intérieure. Si nous la célébrons véritablement comme des hommes de prière, si nous unissons notre parole et notre action à la parole qui nous précède et au rite de la célébration eucharistique, si dans la communion, nous nous laissons véritablement embrasser par Lui et que nous l'accueillons – alors nous sommes avec Lui.

Une façon fondamentale d'être avec Lui est la Liturgie des Heures : au cours de celle-ci, nous prions en tant qu'hommes qui avons besoin du dialogue avec Dieu, touchant toutefois également toutes les autres personnes qui n'ont ni le temps, ni la possibilité pour une telle prière. Afin que notre Célébration eucharistique et que notre Liturgie des Heures demeurent emplies de sens, nous devons nous consacrer toujours à nouveau à la lecture spirituelle de l'Ecriture Sainte ; non seulement déchiffrer et expliquer les paroles du passé, mais rechercher la parole de réconfort que le Seigneur m'adresse à présent, le Seigneur qui aujourd'hui m'interpelle au moyen de cette parole. Ce n'est qu'ainsi que nous serons en mesure d'apporter la Parole sacrée aux hommes de notre temps comme Parole présente et vivante de Dieu.

Une façon essentielle d'être avec le Seigneur est l'Adoration eucharistique. Altötting, grâce à Monseigneur Schraml, a obtenu une nouvelle "salle du trésor". Là où jadis, étaient conservés les trésors du passé, des objets précieux de l'histoire et de la piété, se trouve à présent le lieu du véritable trésor de l'Eglise : la présence permanente du Seigneur dans son Sacrement. Le Seigneur, dans l'une de ses paraboles, nous parle du trésor caché dans le champ. Celui qui l'a trouvé, nous raconte-t-il, vend tous ses biens pour pouvoir acheter le champ car le trésor caché dépasse tout autre valeur. Le trésor caché, le bien au-dessus de tous les autres biens, est le Royaume de Dieu – c'est Jésus lui-même, le Royaume en personne. Dans l'Hostie sacrée, il est présent, le véritable trésor, que nous pouvons toujours atteindre. Ce n'est que dans l'adoration de cette présence que nous apprenons à le recevoir de façon juste – nous apprenons à dialoguer, nous apprenons de l'intérieur la célébration de l'Eucharistie.

Je voudrais citer à ce propos une belle parole d'Edith Stein, la sainte co-patronne de l'Europe, qui écrit dans l'une de ses lettres : "Le Seigneur est présent dans le tabernacle avec divinité et humanité. Il est là, non pas pour lui-même, mais pour nous : car sa joie est d'être avec les hommes. Et parce qu'il sait que nous, tel que nous sommes, avons besoin de sa proximité personnelle. La conséquence pour tous ceux qui ont des pensées et des sentiments normaux est de se sentir attirés et de s'arrêter là à chaque fois et aussi longtemps que cela leur est permis" (Gesammelte Werke, VII, 136f).

Nous aimons être avec le Seigneur! Là, nous pouvons parler avec Lui de tout. Nous pouvons lui soumettre nos questions, nos préoccupations, nos angoisses. Nos joies. Notre gratitude, nos déceptions, nos requêtes et nos espérances. Là, nous pouvons également lui répéter toujours à nouveau : "Seigneur, envoie des ouvriers à ta moisson! Aide-moi à être un bon ouvrier dans ta vigne!".



Lire le texte intégral de l'homélie du Pape Benoît XVI

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