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31 décembre 2007 1 31 /12 /décembre /2007 00:00


Chers amis lecteurs,

Tandis que l’année 2007 vit ses dernières heures, voici que l’année 2008 se profile à l’horizon, avec ses promesses et ses espoirs, comme une page blanche sur laquelle un nouveau chapitre de l’histoire de notre vie va s’écrire.


Chacun pressent bien en ce moment que les compteurs vont être comme remis à zéro ; que tout redevient possible pour tous ; que tout peut recommencer, comme une nouvelle naissance… ; qu’il n’y a donc pas en définitive de fatalité et que nous demeurons libres de construire notre vie et de l’orienter différemment que par le passé (c’est un peu du reste le sens des bonnes résolutions que nous prenons habituellement à pareille époque de l’année). Ou comme disait le poète espagnol Antonio Machado (1875-1939) : « Marcheurs, il n'y a pas de chemin ; le chemin se fait en marchant »...

En ce réveillon du 31 décembre, tous les habitants de cette terre vont donc se souhaiter une « bonne » année ; une année pleine de bonheur, de santé, de prospérité, de joie familiale, d’amour… Et toute l’équipe du Blog Totus Tuus (c’est-à-dire… moi-même !) s’associera naturellement à ces vœux de bonheur et de paix.

Pour l’heure, je voudrais vous partager mon étonnement, renouvelé chaque année, de voir les hommes ainsi célébrer dans la liesse et… aussi bruyamment le passage d’une année à l’autre. Outre l’ivresse de liberté qui découle certainement du sentiment dont je parlais plus haut de pouvoir prendre un nouveau départ après des années de « galère », j’y vois comme le signe tangible que l’homme, malgré l’expérience accumulée au cours de sa vie, les nombreuses désillusions rencontrées, les épreuves traversées, les souffrances endurées, demeure inébranlablement et fondamentalement un être d’espérance. Comme une certitude diffuse au fond de son cœur qu’il est fait pour le bonheur, et que l’Histoire de ce monde, son histoire personnelle, l’y conduit inexorablement. Et que si ça n’est pas pour aujourd’hui, eh bien, ça sera pour demain !

Dans sa dernière encyclique, Spe Salvi, le Pape Benoît XVI nous invite à réfléchir sur cette indéracinable Espérance qui habite le cœur de tout homme ; cette Espérance que nous avons tous, non seulement de vivre et de vivre longtemps, mais de vivre bien, heureux et en paix sur cette terre, ce que nous pouvons appeler la vie en plénitude, ou la vraie vie. Au fond, à y bien regarder, c’est la seule chose que nous désirons vraiment. Ce vers quoi nous voulons tous bien « marcher », pour reprendre l’expression d’Antonio Machado. Et c’est ce que nous nous souhaiterons bien volontiers les uns les autres, en cette nuit du réveillon de la Saint Sylvestre.

« Mais ensuite (…), nous dit le Pape, en regardant mieux, [nous devons reconnaître que] nous ne savons pas de fait ce qu'en définitive nous désirons, ce que nous voudrions précisément. Nous ne connaissons pas du tout cette réalité ; même durant les moments où nous pensons pouvoir la toucher, nous ne la rejoignons pas vraiment (…). » (Benoît XVI, Spe Salvi, n° 11). Nous disons tous OUI à la vie en plénitude, à la vraie vie. Et nous nous la souhaitons les uns pour les autres. Mais nous avons du mal à lui donner un contenu précis. Nous savons assurément ce qu’elle n’est pas. Mais ce qu’elle est véritablement, voilà qui ne nous apparaît pas clairement…

« Toutefois, poursuit le Pape, dans notre non-savoir, nous savons que cette réalité doit exister. Il y a donc en nous, pour ainsi dire, une « savante ignorance » (Saint Augustin). Nous ne savons pas ce que nous voudrions vraiment ; nous ne connaissons pas cette « vraie vie » ; et cependant, nous savons qu'il doit exister un quelque chose que nous ne connaissons pas et vers lequel nous nous sentons poussés. » (Benoît XVI, Spe Salvi, n° 11)

Comme cela est manifeste, en ce réveillon du 31 décembre ! Nous désirons pour nous et pour chacun le bonheur, une vie belle et remplie. Et cependant… nous ne savons pas ce que nous demandons. Nous n’avons de cette vie rêvée et idéale, de ces « plein de bonnes choses » que nous nous souhaitons chaque année, entre paillettes et cotillons, avec force foie gras et champagne, aucune expérience véritable. Les années passent, et nous devons bien constater que les années écoulées n’ont pas correspondu à ce que nous en avions attendu à leur tout début ; que la plénitude de bonheur et de joie espérée n'a pas été, malgré quelques moments d’exception, au rendez-vous... « Nous désirons en quelque sorte la vie elle-même, la vraie vie (…), mais, en même temps, nous ne connaissons pas ce vers quoi nous nous sentons poussés. Nous ne pouvons pas cesser de nous diriger vers cela et cependant nous savons que tout ce que nous pouvons expérimenter ou réaliser n'est pas ce à quoi nous aspirons. » (Benoît XVI, Spe Salvi, n° 12)

Eh bien, nous dit le Pape, « cette « chose » inconnue est la véritable « espérance » qui nous pousse et le fait qu'elle soit ignorée est, en même temps, la cause de toutes les désespérances comme aussi de tous les élans positifs ou destructeurs vers le monde authentique et vers l'homme authentique. » (Benoît XVI, Spe Salvi, n° 12)

L’universalité de ce désir de plénitude – de cette Espérance – qui habite le cœur de l’homme sous toutes les latitudes et longitudes nous révèle, me semble-t-il, deux vérités fondamentales sur l’homme. 1°) que nous sommes tous faits pour le bonheur, puisque nous y tendons comme la limaille de fer vers l’aimant (nous aussi, en un sens, tendons vers l’Aimant !) ; et… en même temps 2°) que ce bonheur pour lequel nous sommes faits nous renvoie à une expérience de vie qui ne se situe pas sur cette terre, mais dans un au-delà de notre propre existence ici-bas. Comme un indice finalement que cette terre n'est pas la patrie définitive. C’est du reste ce que disait la Vierge Marie à la petite Bernadette, à Lourdes : « Je ne vous promets pas d’être heureuse dans ce monde, mais dans l’autre »

Ce bonheur auquel nous aspirons serait donc « quelque chose comme le moment rempli de satisfaction, dans lequel la totalité nous embrasse et dans lequel nous embrassons la totalité. Il s'agirait du moment de l'immersion dans l'océan de l'amour infini, dans lequel le temps – l'avant et l'après – n'existe plus. Nous pouvons seulement chercher à penser que ce moment est la vie au sens plénier, une immersion toujours nouvelle dans l'immensité de l'être, tandis que nous sommes simplement comblés de joie. Nous devons penser dans ce sens si nous voulons comprendre ce vers quoi tend l'espérance [des hommes]. » (Benoît XVI, Spe Salvi, n° 12)


***

Nous évoquions il y a un instant l’apparition de la Vierge Marie à Sainte Bernadette. Eh bien précisément, 2008 sera la grande année jubilaire du 150e anniversaire des apparitions de Lourdes ! Sans doute serait-il bon en cette nouvelle année 2008 de découvrir, redécouvrir, ou faire découvrir le récit et les messages de ces importantes apparitions de la Mère de Dieu à la grotte de Massabielle.

Ce qui me frappe le plus dans les messages de Lourdes, c’est l’insistance de la Vierge Marie, par trois fois répétée, sur la nécessité de la pénitence : « Pénitence, pénitence, pénitence » (qui n’est pas sans rappeler le « priez, priez, priez » de Medjugorje). Pénitence… Voilà bien un mot poussiéreux, sorti depuis longtemps de notre vocabulaire courant, et un message du coup ignoré ou méconnu, que nous pourrions approfondir en cette année jubilaire. Avec en arrière-fond, le souvenir de ces paroles terribles de Notre Dame à Fatima, prononcées quelques années plus tard : « Beaucoup d’âmes vont en enfer, parce qu'il n‘y a personne qui se sacrifie ni prie pour elles. » (19 août 1917). Notons bien ici que Marie ne dit pas : « Beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles ont commis beaucoup de péchés », mais « parce qu'il n‘y a personne qui se sacrifie ni prie pour elles »...

« Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs », nous demande donc la Sainte Vierge à Fatima, comme à Lourdes le 24 février 1858 : « Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! Priez Dieu pour les pécheurs ! Allez baiser la terre en pénitence pour les pécheurs ! »

Faire des sacrifices pour les pécheurs ? C’est ce que Marie nous demande. Offrons donc au Seigneur le parfum de nos privations volontaires, de nos efforts, et faisons de cette année jubilaire 2008 un grand Carême d’amour, dans la Joie de contribuer au Salut des âmes perdues. Ce sera notre manière de « baiser la terre en pénitence pour les pécheurs », à l’invitation de Notre Dame. Et si les mortifications volontaires nous coûtent trop et nous paraissent trop dures, sachons que nous pouvons toujours offrir à Dieu les souffrances que la vie nous fait subir sans que nous les ayons recherchées : « La pensée de pouvoir « offrir » les petites peines du quotidien, qui nous touchent toujours de nouveau comme des piqûres plus ou moins désagréables, leur attribuant ainsi un sens, était une forme de dévotion, peut-être moins pratiquée aujourd'hui, mais encore très répandue il n'y a pas si longtemps. Dans cette dévotion, il y avait certainement des choses exagérées et peut-être aussi malsaines, mais il faut se demander si quelque chose d'essentiel qui pourrait être une aide n'y était pas contenu de quelque manière. Que veut dire « offrir » ? Ces personnes étaient convaincues de pouvoir insérer dans la grande compassion du Christ leurs petites peines, qui entraient ainsi d'une certaine façon dans le trésor de compassion dont le genre humain a besoin. De cette manière aussi les petits ennuis du quotidien pourraient acquérir un sens et contribuer à l'économie du bien, de l'amour entre les hommes. Peut-être devrions-nous nous demander vraiment si une telle chose ne pourrait pas redevenir une perspective judicieuse pour nous aussi. » (Benoît XVI, Spe Salvi, n° 40)

Ce que nous pourrions faire de mieux pour nous et pour les pécheurs en cette année 2008, c’est aussi et sans aucun doute nous consacrer au Cœur immaculé de la Vierge Marie. Le 13 juillet 1917, après avoir montré durant quelques instants aux trois jeunes bergers (de 7, 9 et 10 ans) le feu éternel et les souffrances des damnés, la Vierge leur dit ceci : « Vous avez vu l’enfer où vont aboutir les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Coeur Immaculé ». Et le même jour : « Si l’on fait ce que je vous dirai, beaucoup d’âmes se sauveront et l’on aura la paix »

Eh bien prenons au sérieux ces messages célestes, dont l’authenticité est aujourd’hui reconnue par la Sainte Eglise Catholique. Et consacrons-nous généreusement au Cœur immaculé de Marie, selon le désir même de notre Dieu. Nous pouvons par exemple concrètement demander à un prêtre de notre paroisse de nous imposer le scapulaire du Mont Carmel ; nous engager à prier chaque jour le Saint Rosaire (ou tout au moins le chapelet) ; approfondir notre connaissance de la Sainte Vierge et notre dévotion envers elle en lisant quelques bons ouvrages de piété tels que le Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge de St Louis Marie Grignion de Montfort, Les gloires de Marie de St Alphonse de Liguori, ou tout autre ouvrage sur les apparitions de Lourdes et Fatima. N’hésitons-pas non plus à nous consacrer à Jésus par Marie en paroisse et en famille.

Prenons en tous les cas avec confiance la main de notre Maman du Ciel ; et engageons-nous avec elle, à la suite du Christ et selon la volonté de Dieu, dans la grande œuvre de Rédemption du monde entier. Prions intensément pour les pécheurs, et changeons dans notre vie ce qui doit être changé. Puisons pour cela à la source des grâces de cette année jubilaire pour nous convertir vraiment et grandir dans la foi, l’Espérance, et l’amour de Dieu et de nos frères. Allons chercher en particulier les Indulgences dont nous avons tellement besoin pour nous purifier et renaître à la vraie vie d’ores et déjà offerte à tous les croyants ; redécouvrons le bonheur d’être en paix avec Dieu ! Car la vraie vie, la vie en plénitude, la vie éternelle, « c’est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus Christ » (Jn 17. 3).

***

Préparons-nous enfin à accueillir notre Pape au deuxième semestre de cette année 2008. Prions pour lui et à ses intentions mensuelles. Prions pour tous les jeunes qu’il rencontrera en juillet prochain à Sydney, à l’occasion des prochaines Journées Mondiales de la Jeunesse – comme le point d’orgue annoncé de cette nouvelle année 2008.

Prions aussi pour la France et ses gouvernants.

J’aurais la joie pour ce qui me concerne de célébrer le 16 mai prochain le 10e anniversaire de ma conversion ! Dix années de vie chrétienne et d’amitié avec le Seigneur. Dix années de vie en plénitude, par delà les peines et les souffrances. Que le Seigneur soit béni de nous combler ainsi des vraies joies du Ciel, et de nous donner un tel avant-goût de ce qui nous attend dans l’Eternité bienheureuse !

Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne et sainte année 2008, dans l’Espérance du grand bonheur qui vient et qui ne décevra pas !

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commentaires

Théo 01/01/2008 22:28

Bonne année, Matthieu.

Danielle 01/01/2008 17:57

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