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3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 08:51



Le vendredi 26 mai 2006, le Pape Benoît XVI a concélébré l’Eucharistie sur la Place Pilsudski à Varsovie avec les cardinaux, évêques, prêtres et 270.000 fidèles venus de Pologne et de nombreux pays. Voici quelques extraits de son homélie.

 


Je rends grâce au Seigneur qui m'a accordé de pouvoir venir aujourd'hui sur cette place historique. Ici, à la veille de la Pentecôte, Jean-Paul II prononça les paroles significatives de la prière : "Que descende ton Esprit. Et qu'il renouvelle la face de la terre!". Et il ajouta : "De cette terre!". En ce même lieu, fut donné le dernier salut, lors d'une cérémonie funèbre solennelle, au grand Primat de la Pologne, le Cardinal Stefan Wyszynski, dont nous rappelons en ces jours le XXVe anniversaire de la mort.

Dieu unit ces deux personnes non seulement à travers la même foi, la même espérance et le même amour, mais également à travers les mêmes événements humains, qui ont si profondément lié l'une et l'autre à l'histoire de ce peuple et de l'Eglise qui y vit. Au début de son Pontificat, Jean-Paul II écrivit au Cardinal Wyszynski : "Sur le Siège de Pierre, il n'y aurait pas ce Pape polonais qui aujourd'hui, rempli de la crainte de Dieu mais également de confiance, commence le nouveau pontificat, si n'avaient pas existé Ta foi, qui ne s'est pas pliée face à la prison et la souffrance, Ton espérance héroïque, Ta confiance entièrement donnée à la Mère de l'Eglise; s'il n'y avait pas eu Jasna Góra et toute cette période de l'histoire de l'Eglise dans notre patrie, liée à Ton service d'Evêque et de Primat" (Lettre de Jean-Paul II aux Polonais, 23 octobre 1978). Comment ne pas rendre grâce à Dieu pour ce qui a été réalisé dans votre patrie et dans le monde entier, au cours du Pontificat de Jean-Paul II ? Devant nos yeux ont eu lieu des changements de systèmes politiques, économiques et sociaux tout entiers. Dans plusieurs pays, les populations ont recouvré la liberté et le sens de la dignité. "N'oublions pas les exploits du Seigneur" (cf. Ps 78, 7).

(…) La foi, comme connaissance et profession de la vérité sur Dieu et sur l'homme, "naît de ce qu'on entend ; et ce qu'on entend, c'est l'annonce de la parole du Christ", dit saint Paul (Rm 10, 17). Au cours de l'histoire de l'Eglise, les Apôtres ont prêché la Parole du Christ en se préoccupant de la remettre intacte à leurs successeurs, qui à leur tour l'ont transmise aux générations successives, jusqu'à nos jours. Beaucoup de prédicateurs de l'Evangile ont donné leur vie précisément à cause de la fidélité à la vérité de la Parole du Christ. Et ainsi, de l'attention pour la vérité est née la Tradition de l'Eglise.

Tout comme dans les siècles passés, aujourd'hui aussi il existe des personnes ou des milieux qui, s'éloignant de cette Tradition, voudraient falsifier la Bonne Parole et rejeter de l'Évangile les vérités qui, selon eux, sont trop gênantes pour l'homme contemporain. Ils s'efforcent de créer l'impression que tout est relatif, que les vérités de la foi dépendent de la situation historique et du jugement humain. L'Église ne peut pourtant pas condamner au silence l'Esprit de vérité. Les successeurs des Apôtres, avec le Pape, sont responsables de la vérité de l'Évangile, et tous les chrétiens sont appelés à prendre sur eux une part de cette responsabilité en acceptant l'autorité de son enseignement. Chaque chrétien doit confronter ses propres idées avec les enseignements de l'Évangile et de la Tradition de l'Église pour respecter fidèlement la parole du Christ, même si elle est exigeante et humainement difficile à comprendre. Nous ne pouvons pas succomber à la tentation du relativisme ou de l'interprétation subjective et sélective des Saintes Écritures. Seule l'autorité de la vérité permet d'adhérer au Christ, qui est mort et ressuscité pour notre salut.

Le Christ dit en effet : "Si vous m'aimez...". La foi ne signifie pas seulement accepter un certain nombre de vérités abstraites à propos des mystères de Dieu, de l'homme, de la vie et de la mort, des réalités futures. La foi consiste en un rapport intime avec le Christ, un rapport fondé sur l'amour de Celui qui nous a aimés le premier (cf. 1 Jn 4, 11), jusqu'à l'offrande totale de lui-même.
"Or, la preuve que Dieu nous aime, c'est que le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs" (Rm 5, 8). Quelle autre réponse pouvons-nous donner à un amour aussi grand, sinon celle d'un coeur ouvert et prêt à aimer?

Mais que signifie aimer le Christ? Cela signifie avoir confiance en Lui également à l'heure de l'épreuve, Le suivre fidèlement également sur la Via Crucis, dans l'espérance que bientôt viendra le matin de la résurrection. En nous confiant au Christ, nous ne perdons rien, mais nous gagnons tout. Entre ses mains notre vie acquiert son sens véritable. L'amour pour le Christ s'exprime dans la volonté d'harmoniser sa propre vie avec les pensées et les sentiments de son Coeur. Cela se réalise à travers l'union intérieure fondée sur la grâce des Sacrements, renforcée par la prière, la louange, l'action de grâce et la pénitence incessantes. Sans oublier l'écoute attentive des inspirations qu'il nous transmet par sa Parole, par les personnes rencontrées et par les situations de la vie courante. L'aimer signifie mener avec lui un dialogue perpétuel, pour connaître sa volonté et l'accomplir avec ferveur.

Mais vivre sa propre foi comme un rapport d'amour avec le Christ signifie également être prêts à renoncer à tout ce qui constitue la négation de son amour. Voilà pourquoi Jésus a dit aux Apôtres : "Si vous m'aimez, vous observerez mes commandements". (…) Jésus nous a (…) montré avec une nouvelle clarté le centre unifiant des lois divines révélées sur le Sinaï, c'est-à-dire l'amour de Dieu et du prochain (…).

Chers Frères et Soeurs, la foi, l'adhésion au Christ, se révèle par l'amour qui décuple le bien que le Créateur a inscrit dans la nature de chacun et chacune de nous, dans la personnalité de chaque homme et dans tout ce qui existe au monde. Celui qui croit et qui aime devient ainsi le constructeur de la véritable "civilisation de l'amour" dont le Christ est le centre (…).

Restez forts dans la foi, transmettez-la à vos enfants, témoignez de la grâce, dont vous avez fait l'expérience de manière si abondante à travers l'Esprit Saint dans votre histoire.
 



Lire le texte intégral de l'homélie du Pape Benoît XVI

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