Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 18:25

Chers amis, en ce dernier jour de l’année 2010, je vous offre ce petit témoignage de vie (publié l’année dernière sur un autre blog) qui m’a valu l’insigne honneur d’une magnifique illustration sous forme de BD par Armelh – que vous pourrez retrouver en lien au bas de l’article. A toutes et à tous, je souhaite de tout coeur une très bonne et sainte année 2011 !

 

Hier matin, je prends le métro pour me rendre au travail.

 

Je m'assieds et plonge le nez dans mon bouquin du moment : "Les métaphysiques principales" de Claude Tresmontant.

 

Le livre est exigeant, je dois me concentrer pour en assimiler la pensée.

 

Entre une femme, style soixante-huitard attardée, avec sa guitare. Je la croise souvent le matin. Elle a un côté attachant et agaçant à la fois. Attachant, parce qu'elle est touchante de simplicité et de sincérité. Agaçante parce que ses chansons sont vraiment niaises et répétitives (du style : "je vais t'emmener à la campagne, au milieu des fleurs et des tournesols"...). Une vraie caricature de la militante écolo!

 

Elle est agaçante surtout parce qu'elle m'empêche de me concentrer sur mes lectures très sérieuses...

 

Perturbé de nouveau par sa voix nasillarde, je me retrouve donc à lire dix fois la même phrase sans en comprendre le sens - et je fulmine intérieurement...

 

Elle termine son premier "tour" de chant, et voilà que de manière tout-à-fait inattendue, elle annonce qu'elle va chanter maintenant le Gloria des "Anges dans nos campagnes"! Et elle invite les voyageurs à chanter avec elle!

 

Je suis scotché.

 

Elle se met à entonner le "Glo-o-o-o-o, o-o-o-o, o-o-o-o-ria, in excelsis deo"...

 

Bien sûr, tout le monde reste sérieux dans le wagon. Certains (comme moi) font semblant de ne pas entendre, d'autres sourient (on se sait si c'est de complicité ou de pitié...).

 

Et là, dans mon coeur, j'entends : "chante!"

 

Oh non Seigneur, pas ici! Avec tous ces gens! Avec cette femme pathétique. Je ne peux pas.

 

"Chante!"

 

Mais je lis Tresmontant! C'est sérieux, ça Tresmontant! Il faut que je me concentre!

 

"Chante! N'es-tu pas mon chantre animateur lors de mes eucharisties dominicales? Tu connais parfaitement ce chant. Chante!"

 

Et là, je me retrouve tout bête...

 

Si j'avais été un enfant, j'aurais chanté...

 

Si j'avais été avec un frère chrétien, j'aurais chanté...

 

Mais j'étais là, seul, dans mes pensées très sérieuses, et je n'ai pas chanté...

 

Je n'ai pas chanté la gloire de Dieu dans le métro quand l'occasion m'en était donnée.

 

Je n'ai pas saisi cette occasion en or d'annoncer aux hommes la venue du Sauveur.

 

Et la dame de '68 est sortie de la rame...

 

Le plus cocasse dans l'histoire, est que dans mon cheminement intérieur de consécration à la Sainte Trinité par Marie, je me consacre cette semaine à l'esprit d'enfance...

 

Qu'il est profondément enfoui en nous, notre esprit d'enfance... 

 

 

Voir l'illustration BD de cet article par Armelh

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Témoignage
commenter cet article
7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 13:02

Cet été, au cours de ma retraite au sanctuaire de Notre Dame de Monligeon, une dame vient me voir et me dit :

 

Vraiment, je suis admirative de votre foi, de la manière dont vous la vivez. Je suis impressionnée par votre ferveur, votre recueillement, votre piété…

 

Evidemment, j’étais un peu gêné par tant de dithyrambes. Surtout que je n’avais pas l’impression d’être aussi rayonnant que cela…

 

– Je me sens toute petite quand je vous vois, poursuit la dame. J’ai 70 ans, et je suis loin d’en être là où vous êtes. Comme j’aimerais avoir ne serait-ce qu’un peu de votre foi…

 

Elle me fait part alors de ses difficultés à croire. Elle va même jusqu’à me dire qu’elle n’a pas la foi !

 

Je doute tellement… Comment savoir si tout cela est bien réel, si ce n’est pas de l’auto-suggestion ?

 

Elle me demande un conseil pour croire davantage.

 

Je lui dis alors :

 

Je ne crois pas que vous n’ayez pas la foi. La foi, vous l’avez : sinon, vous ne seriez pas ici, en ce lieu de prière ; vous ne vous seriez pas inscrite à la retraite ; vous ne participeriez pas aux offices. Si vous faites tout cela, c’est que vous avez la foi !

 

La dame semble dubitative.

 

Votre foi me paraît même plus héroïque que la mienne, parce que vous croyez dans la "nuit obscure". Tandis que moi, il est vrai que le Seigneur me gratifie de grandes grâces sensibles en ce temps de retraite : je me sens porté. Il est donc plus facile pour moi de croire… Mais comprenez que vous n’avez pas moins la foi que moi. Vous l’avez même sans doute plus grande que moi.

 

Je lui parle alors de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, en lui rappelant qu’elle aussi a connu, à la fin de sa vie, de grandes tentations contre la foi. Elle aussi avait l’impression que le ciel était vide, et que Dieu n’existait pas. C’est alors qu’elle a multiplié les actes de foi, comme jamais elle ne l’avait fait auparavant. « Je crois, disait elle, parce que je veux croire. »

 

« Ma Mère bien-aimée, écrit-elle dans l’Histoire d’une âme, je vous parais peut-être exagérer mon épreuve ; en effet si vous jugez d’après les sentiments que j’exprime dans les petites poésies que j’ai composées cette année, je dois vous sembler une âme remplie de consolations et pour laquelle le voile de la foi s’est presque déchiré, et cependant… ce n’est plus un voile pour moi, c’est un mur qui s’élève jusqu’aux cieux et couvre le firmament étoilé… Lorsque je chante le bonheur du Ciel, l’éternelle possession de Dieu, je n’en ressens aucune joie, car je chante simplement ce que je veux croire. Parfois, il est vrai, un tout petit rayon de soleil vient illuminer mes ténèbres, alors l’épreuve cesse un instant, mais ensuite le souvenir de ce rayon, au lieu de me causer de la joie, rend mes ténèbres plus épaisses encore. » (Manuscrit C, Folio 8, Recto)

 

La dame m’écoute attentivement.

 

En fait, m’enhardis-je, je pense que ce n’est pas avec la foi que vous avez un problème, mais avec la raison. Car les objections qui peuplent votre esprit peuvent être combattues aisément par un travail intellectuel. Vous verriez alors que les raisons de croire sont infiniment plus nombreuses et plus convaincantes que les raisons de ne pas croire.

 

Je lui évoquais le cas du Père Molinié, qui révélait que sa foi était si bien enracinée dans sa raison, que pour qu’il perde vraiment la foi, il faudrait qu’il en vienne aussi à perdre la raison !

 

Je l’invitais donc à lire des ouvrages de métaphysique et de théologie pour approfondir tel ou tel aspect de sa foi lui posant problème. Cela tombait bien d’ailleurs, puisque notre retraite était prêchée par le Père Descouvemont. Je lui suggérais donc ses excellents livres (tel son magistral « Guide des difficultés de la foi catholique »), et bien sûr, de ne pas hésiter à aller le voir pour l’interroger sur telle ou telle question lui faisant difficulté.

 

De cet entretien, je retiens l’importance de la démarche intellectuelle dans la vie de foi. Un chrétien ne peut pas faire l’économie de bonnes et saintes lectures. C’est vraiment quelque chose de vital. Une foi non enracinée dans la raison reste à la merci de la première bourrasque – de la moindre contradiction. Il est vraiment capital que nous nourrissions notre âme avec des aliments spirituels : l’Ecriture sainte, bien sûr, au premier chef, avec ses commentaires (il en existe de nombreux remarquables tels ceux de Marie-Noëlle Thabut, du P. Sonet...). Mais pas seulement : la vie et les écrits des saints peuvent puissamment nourrir notre vie spirituelle, de même que les documents du Magistère et certains ouvrages de métaphysique, de théologie, d’apologétique, d’histoire de l’Eglise… Il ne faut pas hésiter à fréquenter habituellement une librairie religieuse, et à fureter dans ses rayons  même s'il est souhaitable et prudent de se faire conseiller par quelqu’un de confiance, car malheureusement, il existe aussi des livres qui peuvent nous faire du mal…

 

A l’ère des communications modernes, il existe également de nombreuses manières de se cultiver par internet. On y trouve ainsi de nombreux cours disponibles, téléchargeables, dispensés par des professeurs de grande qualité ; des enseignements divers audios et vidéos. Il existe des radios chrétiennes, avec des émissions très édifiantes (en podcasts)...

 

Et peut-être dans votre ville trouverez-vous des conférences, des débats et discussions, des occasions de rencontre avec des prêtres, des théologiens, des philosophes…

 

Il est vraiment important pour un chrétien de lire (ne serait-ce que des magazines!), écouter, réfléchir, approfondir, chercher, questionner, écrire peut-être… La pire des choses, quand on a des objections (et on en a tous !), c’est de les mettre de côté – de faire comme si elles n’existaient pas, en pensant que notre foi suffira à les surmonter (ou en considérant que notre foi se situant au-delà de la raison, elle n'a pas à être en phase nécessairement avec notre raison – c'est l'erreur du fidéisme).

 

Il ne faut pas faire violence à notre raison, en lui imposant des choses qu’elle ne peut pas accepter… Car le retour de bâton pourrait être extrêmement douloureux. Il existe certes des mystères dans notre foi que notre raison ne peut comprendre pleinement. Mais pour adhérer à ces mystères, encore faut-il que nous ayions... des raisons de le faire.

 

L’homme est fait pour croire et penser sa foi avec sa raison. Si la foi vient à manquer, la raison se heurte à ses propres limites, elle tâtonne et finit par "dévisser"... ; et si la raison n’est pas nourrie, la foi se trouve à la merci de tous les courants d’idées : elle s’expose à être ballotée « à tout vent de doctrine » (cf. Ep 4. 14-15), à être la proie des sectes et des superstitions – ou à dégénérer en athéisme larvé, sous couvert d'un vernis religieux (voire en athéisme tout court!).

 

Réglons donc notre pensée sur l’enseignement solide reçu de l’Eglise « dans la foi et l’amour que nous avons en Jésus-Christ » (cf. 2 Tm 1. 13). Et comme dirait le P. Guy Gilbert : bûchons notre foi !

 


Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Témoignage
commenter cet article
5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 13:44

Nous avons tous fait, je pense, au moins une fois dans notre vie, l’expérience de la prière. Et tous, nous avons été affronté, à un moment ou à un autre, au problème d’une prière inexaucée. 

Il y avait quelques années que je ne demandais plus rien à Dieu dans ma prière. Je veux dire, rien de très précis. Je demandais certes au Seigneur, pour moi et pour mes frères, sa grâce, le don de la sainteté, de son Esprit…. Et je faisais mienne les demandes du Notre Père, spécialement dans la prière du chapelet. Mais il y a bien longtemps que je ne portais plus d’intention particulière dans ma prière. Non par manque de confiance en Dieu, mais parce que je concevais davantage (et conçois toujours) la prière comme un rendez-vous d’amour avec Dieu, le lieu de ma rencontre personnelle et intime avec Lui ; un temps de cœur à coeur vécu dans le silence intérieur et la plus totale gratuité. Vous le savez bien : quand on aime quelqu’un, on aime à le rencontrer, à passer du temps avec lui, à demeurer en sa présence. On ne va pas d’abord voir un ami parce qu’on a quelque chose à lui demander, mais parce qu’on est heureux d’être en sa présence, et que cette présence suffit à combler notre cœur.

Un jour toutefois, mon père spirituel me confia une intention particulière à porter dans la prière, concernant un point de ma vie dont le changement était indispensable à mon avancée spirituelle, mais dont la réalisation ne dépendait pas de moi. Je me mis donc à prier à cette intention avec grande confiance, puisque la demande était légitime (c’est-à-dire : objectivement conforme à la volonté de Dieu), et portée dans l’obéissance à mon père spirituel. La neuvaine que j’avais entreprise à cette intention s’écoula, lentement, paisiblement… jusqu’à son terme. Mais arrivé au terme celle-ci, rien ne se produisit. Rien… Pas le moindre signe positif d’un début d’exaucement ; pas même le plus petit frémissement d’un quelconque évènement qui m’aurait donné à penser que ma prière avait été entendue ; rien, tout simplement, rien

Bon, qu’à cela ne tienne, me dis-je. Je vais réitérer ma prière. La liturgie nous donnait alors à méditer des passages de l’Evangile de Luc où Jésus exhorte ses disciples à la persévérance dans la prière, et à l’insistance dans nos demandes, jusqu’à « casser le oreilles » au Seigneur et se faire importun (à l’instar de la veuve éplorée auprès du juge inique – cf. Luc 18,1-8). Je pris donc la décision de refaire une neuvaine, aux Saints Anges gardiens celle-là (nous étions fin septembre, et la fête des Anges Gardiens est fixée au 2 octobre). Cette seconde neuvaine fut âpre et difficile. Mon esprit était rongé par le doute, j’avais beaucoup de mal à me concentrer en priant, beaucoup de peine à « entrer » dans cette neuvaine. Celle-ci arriva péniblement à son terme,… sans que rien ne se produisit non plus ! Mais alors : rien de rien ! Le Ciel demeurait imperturbablement fermé à ma demande. Si bien que je ne pus m’empêcher de me demander s’il y avait bien quelqu’un là-haut ! (Cette histoire que je vous raconte date de l’année dernière… comme quoi, on a beau avoir la foi chevillée au corps, toute prière inexaucée est une épreuve pour la foi).

J’étais dans une grande incompréhension, et dans une révolte grandissante envers Dieu dont je ne comprenais pas le silence. Je me remis alors en question, me demandant si l’inexaucement de ma prière ne venait pas de moi, de telle mauvaise disposition intérieure, de telle inconversion, que sais-je…

Je m’en ouvris à mon père spirituel. Celui-ci m’écouta avec attention, un léger sourire aux lèvres. Il me dit que j’avais bien fait de réitérer ma demande, et m’invita… à recommencer encore ! Puis l’air de rien, il me glissa : « peut-être pourrais-tu entreprendre cette fois une neuvaine à Sainte Thérèse »… Sainte Thérèse ! mais c’est bien sûr, comment n’y avais-je pas songé plus tôt ?! Sa fête était passée, mais nous étions encore en octobre. Et me revenaient en mémoire les quelques grâces signalées qu’elle m’avait naguère adressées, ainsi qu’à ma famille, laissant entrevoir peut-être un lien particulier entre elle et moi (on dit que ce sont les Saints qui nous choisissent, et non l’inverse…)

Je commençais donc ma troisième neuvaine, toujours à la même intention. Et là encore, la neuvaine fut très dure à vivre spirituellement. Un grand combat s’engageait en moi, entre la foi et le doute, l’espérance et le désespoir, la confiance et la méfiance. Un combat, comme disait Rimbaud, plus rude encore qu’un combat d’homme à homme... Les jours passaient, et je voyais venir avec grande appréhension la fin de la neuvaine. Je m’attendais au fond de moi à être déçu, et me faisais violence pour confesser au Seigneur ma foi en lui et dans l’exaucement de ma demande.

C’est alors qu’un évènement survint. Un évènement malheureux… Le vendredi soir (au 8e jour de la neuvaine), ma mère, affolée, m’appelle au bureau : « Ton frère est à l’hôpital, aux urgences. Il vient d’avoir un accident de moto » ! Bouleversé par cette nouvelle, je rentre chez moi précipitamment. Arrivé à la maison, ma mère m’apprend que mon frère est dans l’attente de se faire opérer, et qu’il devrait probablement l’être dans la nuit. Il garde, semble-t-il, le moral, mais sent des picotements dans ses membres, ce qui indique que la moelle épinière est irritée... Toute la famille est plongée dans l’angoisse, et nous craignons tous que mon frère perde l’usage de ses jambes. Il est vivant, certes, et l’accident aurait pu se révéler mortel, mais son état reste sérieux, et tout se jouera durant l’opération, dans la nuit.

Je me souviens que ce soir là, j’étais dans l’impossibilité de prier. Je me culpabilisais, en me disant que si j’étais un bon chrétien, je devrais veiller et prier toute la nuit, en implorant du Seigneur sa grâce et son secours. Mais j’étais véritablement vidé, et sans force. Je n’ai pu qu’allumer ma télévision, et regarder l’un des épisodes de la vie de Jean-Paul II qui était alors diffusé sur une chaîne franco-allemande. L’épisode du soir relatait l’attentat dont le Pape avait été victime, le 13 mai 1981 : on voyait le Saint Père ensanglanté être transporté d’urgence à l’hôpital, être opéré… Le pronostic vital n’était pas bon, si bien que l’on demanda à l’un des prêtres présent (je ne me souviens plus de qui il s’agissait) de lui administrer les derniers sacrements. Puis, ô miracle ! l’opération se déroula pour le mieux, et le Pape put finalement se rétablir. Je regardais ces images, sans faire le lien (à ce moment là) avec l’accident de mon frère ; j’étais trop bouleversé et inquiet… Puis je m’endormis lamentablement, non sans avoir offert à Dieu, dans une ultime pensée, mon incapacité de prier… (Avec le recul, je me dis que je faisais là sans doute l’expérience des Apôtres qui, à Gethsémani, alors que Jésus était en agonie, s’endormirent à force de tristesse…)

Le lendemain, je me réveillais. Ma mère m’appela, et m’annonça que l’opération s’était bien passée : mon frère était sauvé ! Soulagement… Nous décidâmes d’aller lui rendre visite tous ensemble, en famille, le lendemain, dimanche. Nous y allâmes comme prévu, et nous rendîmes (c’est chouette, le passé simple) à l’hôpital de La Pitié Salpétrière où mon frère se trouvait. Nous passâmes de longues minutes dans la salle d’attente, avant de le retrouver, salement amoché, mais vivant et sauvé, le sourire aux lèvres !

Au cours de ces interminables minutes d’attente, mon attention était attirée par une petite affiche qui se trouvait placardée un peu partout dans l’hôpital : la petite silhouette que j’y entrevoyais m’était familière… Je m’approchais, et quelle ne fût pas ma surprise quand je reconnus… Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus ! Interloqué, je lus le texte : celui-ci annonçait la présence des reliques de Sainte Thérèse dans la chapelle de l’hôpital pendant plusieurs jours, jusqu’à… ce dimanche ! Ma sœur (qui ignorait tout de ma neuvaine) m’adressa un sourire complice : « Tu veux qu’on y aille ? » Ni une, ni deux, nous voilà donc tous cheminant dans la nuit froide vers la chapelle de l’hôpital. Nous y entrons. L’assemblée chantait le « Salve Regina ». Je croise une personne de ma paroisse, qui me lance, radieuse : « cela fait plaisir de voir quelqu’un de Saint Léon ! » « Vous arrivez à temps, me dit-elle, Thérèse va bientôt partir… » Je sens mon cœur battre la chamade. Une grande image de Thérèse est dressée ; je la vois fixer sur moi un regard pétillant et pénétrant. Je suis abasourdi. « Si tu voulais un signe, Matthieu, tu es servi… » Je m’assieds sur une chaise, à proximité du reliquaire, et ne cesse de regarder, subjugué, cette image de Thérèse. « Elle est là »… me dis-je ; c’est fou, c’est inouï, jamais je n’ai eu l’intention de venir ici – et pour cause ! – ; j’ignorais même que les reliques de Thérèse (celles-là même qui font le tour du monde !) se trouvaient là, ce jour là… J’étais bluffé. Et je priais, en rendant grâce à Dieu de l’incroyable évènement que j’étais en train de vivre.

Le prêtre annonce au micro que la voiture devant emporter le reliquaire va arriver d’un instant à l’autre. Il demande six volontaires pour porter le reliquaire. Ma sœur se tourne vers moi ; elle me dit avec ce même sourire complice que tout à l’heure : « Tu vas porter le reliquaire de Sainte Thérèse ? » Du tac au tac, sans réfléchir, je lui réponds : « Seulement si elle me choisit…. » A peine ai-je eu le temps de finir ma phrase, qu’une dizaine de personne se présentent devant le prêtre, parmi lesquels six heureux élus sont choisis. « Bon, c’est pas grave, c’est déjà incroyable d’être là », me dis-je. Merci Seigneur.

Quelques minutes passent, puis on annonce au prêtre que le véhicule est arrivé. Il demande alors à l’assemblée de faire place, afin de laisser passer le reliquaire. Puis il appelle les six élus chargés de le transporter jusqu’à la voiture. Par je ne sais quel heureux hasard (?), cinq seulement se présentent… Le prêtre se tourne alors vers moi, me désigne du doigt, et dit : « Vous ! » D’un bond, je me précipite, et nous voilà tous les six portant le reliquaire (le looooouurrrrrd reliquaire) de Thérèse jusqu’à la sortie de la chapelle, où nous sommes accueillis sous une pluie de pétales de roses (« Il faut que je me pince, je vais me réveiller… », me dis-je). Nous plaçons ensuite le reliquaire dans la voiture, et voyons celle-ci s’éloigner et disparaître dans la nuit, en chantant d’une même voix : « Aimer, c’est tout donner, et se donner soi-même »…

Me reviennent alors au cœur les paroles du jour, entendues à la messe de ce 30e dimanche ordinaire. L’évangile était celui du pharisien et du publicain. Et la première lecture était un passage du livre de Ben Sirac le Sage : « Celui qui sert Dieu de tout son cœur est bien accueilli, et sa prière parvient jusqu’au ciel. La prière du pauvre traverse les nuées ; tant qu’elle n’a pas atteint son but, il demeure inconsolable. Il ne s’arrête pas avant que le Très-Haut ait jeté les yeux sur lui, prononcé en faveur des justes et rendu justice » (cf. Si 35. 12-18). « Ouaaaah », me dis-je émerveillé, en relisant le texte après coup… Suivait le psaume 33 : « Le Seigneur regarde les justes, il écoute, attentif à leurs cris. Le Seigneur entend tous ceux qui l’appellent : de toutes leurs angoisses, il les délivre. Il est proche du cœur brisé, il sauve l’esprit abattu. »

Après cette journée, l’issue de ma neuvaine, l’exaucement ou non de ma prière, m’étaient devenus égal. Mon cœur était dans la joie, parce que le Seigneur s’était souvenu de moi, qu’il avait posé son regard sur moi, qu’il m’avait parlé de telle sorte qu’il aurait fallu que je sois singulièrement sourd pour ne pas entendre ce qu’il avait à me dire. Je gardais donc tous ces évènements dans mon cœur, et ne fus point offusqué… de ne pas voir ma demande exaucée, malgré ma troisième tentative. Sans doute aurais-je dû entreprendre ensuite une quatrième neuvaine. J’ai mis un an avant de m’y mettre, et à l’heure où je vous écris, je suis en plein dedans. On verra quelle en sera l’issue. Mais l’essentiel n’est pas là, je crois. L’essentiel, c’est cette assurance reçue un soir d’octobre, au plus sombre de la nuit (et cela aussi en un sens spirituel…) que Dieu écoute nos prières ; que pas un de nos soupirs ne lui échappe. Dès lors, ne nous offusquons pas de n’être pas exaucé dans l’une quelconque de nos demandes. Prions, demandons, implorons, crions, jusqu’à devenir importuns… mais consentons dans la paix à la volonté de Dieu, telle qu’elle se révèle dans les évènements de notre vie (« Père, éloigne de moi ce calice… mais non pas ma volonté, mais ta volonté »). Croyons que si Dieu ne nous exauce pas, c’est qu’il a ses raisons ; que rien de nos efforts pour faire ce que nous croyons être la volonté de Dieu n’est jamais perdu (qui sait par exemple si cette troisième neuvaine n’a pas value à mon frère une protection spéciale de Petite Thérèse…) ; que toute contrariété, toute souffrance, toute prière inexaucée, nous unit intimement à Jésus sur la Croix, et nous donne l’occasion de grandir dans la foi, l’espérance et l’amour ; que « tout est grâce », comme aimait à dire Thérèse ; et que nous, qui plaçons notre confiance en Dieu, n’avons pas à nous inquiéter : nous sommes, quoiqu’il arrive, entre de bonnes mains…

Oui, avec confiance et grande reconnaissance, croyons que « Dieu veille sur ceux qui le craignent, sur ceux qui mettent leur espoir en son amour » (Ps 32).

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Témoignage
commenter cet article
9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 17:04

Cher Hervé,

Je voudrais réagir ici au commentaire que tu as bien voulu me laisser, suite à une réponse que j’avais adressée à l’un de mes lecteurs (Stéphane) qui m’interpellait – de manière virulente – sur l’Eglise catholique
. Cette interpellation suivait de quelques jours un long commentaire d’e-x-o-d-e sur le même thème (La vraie lecture de l'Ecriture, commentaire n°13).

« Cher Stéphane
, écrivais-je. Je te répondrai avec plaisir, ainsi qu'à e-x-o-d-e que je n'oublie pas. Les éléments que vous abordez tous les deux nécessitent, vous vous en doutez, une réponse un peu étoffée de ma part. Je n'y répondrai donc pas tout de suite (faute de temps...). Mais soyez assuré que j'y répondrai du mieux que je pourrai dès que le Seigneur voudra bien. »

C’est cette dernière expression qui t’a interrogé et décidé à prendre ta plume (ou saisir ton clavier !) pour m’écrire ce petit mot :

« Excuse-moi, mais cela peut sembler un peu étrange, comme formulation :

« - Le Seigneur t'empêche-t-il de répondre ? (je crois que non, mais c'est ton boulot et tes autres activités -très utiles et nécessaires - qui ne te laissent pas le loisir de rédiger 15 articles par jour, ce qui est très légitime et laisse + de temps à tes lecteurs pour tout lire ;-)

« - Attends-tu le feu vert explicite du Seigneur pour écrire tes textes ? Peut-être te faut-il prier un peu après avoir rassemblé les diverses sources et ébauches d'articles, mais le Christ a-t-il une part si active dans le fonctionnement de ton blog que tu devrais Le consulter avant d'y écrire quelque chose ?

« - Peut-être voulais-tu dire que tu essaies de répondre vite, "
Inch' Allah !", comme disent les Musulmans ;-) ou bien "à la grâce de Dieu"...

« Personnellement, je renverrais vers d'autres lectures, du type
Abrégé du Catéchisme de l'Eglise Catholique, que l'on peut trouver sur le site du Vatican. Et puis est-ce que certains de tes contradicteurs n'ont pas davantage le souhait de critiquer la foi catholique plutôt que d'entrer dans un réel dialogue ouvert et raisonnable?? Si j'avais un blog, je ne m'engagerais pas à répondre personnellement à chacun par un réponse complète et adaptée : il y a d'autres moyens d'utiliser ses nuits ! »

Tout d’abord, cher Hervé, je m’empresse de répondre à ta première question. C’est ta première hypothèse, bien sûr, qui est la bonne. Comme tu le fais justement remarquer, mon « boulot et mes autres activités » m’absorbent le plus clair de mon temps. Je ne puis donc écrire ainsi que je le voudrais sur ce Blog. Dans un sens, je m’en réjouis, car je pourrais passer mes journées devant mon ordinateur, ce qui ne serait sans doute pas très bon pour mon équilibre personnel ! Mais dans un autre, je m’en afflige, car je ne te cache pas que j’aimerais pouvoir consacrer plus de temps aux passionnantes discussions philosophiques et théologiques de ce Blog qu’à la tenue d’assemblées générales d’approbation de comptes ou à l’établissement de dossiers de financement pour des entreprises… Cela dit, toutes ces occupations, comme tu le dis si bien, sont « très utiles et nécessaires », et ma vocation aujourd’hui est d’être juriste dans le monde. Je dois donc privilégier mon « devoir d’état » à toutes ces activités bloggistiques. Je le regrette parfois, mais c’est encore la meilleure manière de faire la volonté de Dieu ! Comme l’écrivait le Père Jacques Philippe dans son petit ouvrage « A l’école de l’Esprit Saint » : « De ma vocation particulière (…) et de ma situation de vie (mes devoirs professionnels, etc.) découle tout un ensemble d’exigences qui sont la volonté de Dieu sur moi. Une inspiration [du Saint-Esprit] ne peut me demander quelque chose qui serait en contradiction manifeste avec l’accomplissement de ce que l’on appelait autrefois les devoirs d’état ». C’est donc en ce sens Hervé qu’il faut comprendre ma réponse à Stéphane : à savoir que je lui ferai une réponse « complète et adaptée » lorsque, mon devoir d’état accompli selon la Volonté du Seigneur, je serai en mesure de travailler à une réponse sérieuse à ses objections.

« Attends-tu le feu vert explicite du Seigneur pour écrire tes textes ? »
Non, bien sûr. Mais je prends au sérieux tous les désirs de mon cœur, en me disant que si je suis poussé à écrire tel article (une fois mon devoir d’état accompli), c’est sans doute que l’Esprit Saint m’y conduit.

Ce qui me donne cette assurance, c’est le fait tout d’abord d’être baptisé et confirmé. Or, comme tu le sais, le Baptême a pour effet de nous incorporer à l’Eglise, Corps du Christ : « Les baptisés, nous dit le Catéchisme, sont devenus des pierres vivantes pour l’édification d’un édifice spirituel, pour un sacerdoce saint. Par le Baptême, ils participent au sacerdoce du Christ (…). Le Baptême donne part au sacerdoce commun des fidèles (…). Devenus fils de Dieu par la régénération baptismale, les baptisés sont tenus de professer devant les hommes la foi que par l’Eglise, ils ont reçu de Dieu, et de participer à l’activité apostolique et missionnaire du Peuple de Dieu » (CEC 1267 et s). Quant à la Confirmation, elle « perfectionne le sacerdoce commun des fidèles, reçu dans le Baptême, et le confirmé reçoit la puissance de confesser la foi du Christ publiquement, et comme en vertu d’une charge » (CEC 1305).

Ma conviction de faire la volonté de Dieu en écrivant sur ce Blog s’enracine ensuite dans le fait d’accomplir une œuvre d’évangélisation en Eglise ; d’avoir reçu d’elle mandat pour agir. Non pas un mandat explicite et formel. Mais un « feu vert » reçu d’un ministre ordonné, dans l’accompagnement spirituel et le discernement des esprits. Cela me permet de croire que le Seigneur veut cette œuvre, et qu’Il travaille avec moi (ce que j’ai déjà expérimenté de manière tangible dans l’écriture…) ; que je n’accomplis pas seulement une œuvre humaine – mon petit projet à moi –, mais une œuvre d’évangélisation qui s’inscrit dans la grande Mission universelle de l’Eglise.

« Personnellement, je renverrais vers d'autres lectures, du type
Abrégé du Catéchisme de l'Eglise Catholique, que l'on peut trouver sur le site du Vatican. Et puis est-ce que certains de tes contradicteurs n'ont pas davantage le souhait de critiquer la foi catholique plutôt que d'entrer dans un réel dialogue ouvert et raisonnable ?? Si j'avais un blog, je ne m'engagerais pas à répondre personnellement à chacun par un réponse complète et adaptée : il y a d'autres moyens d'utiliser ses nuits ! »

Tout d’abord, je dirais que c’est bien de renvoyer ses lecteurs à de bonnes et saines lectures, comme le Catéchisme de l’Eglise Catholique ou son Abrégé que tu cites. C’est bien… mais je crains que dans la plupart des cas, cela ne soit insuffisant voire inefficace. Surtout si ton interlocuteur n’est pas catholique (ce qui a quelques chances d’arriver !). Car il faudra bien dans ce cas que tu lui expliques les raisons pour lesquelles tu considères ce Catéchisme (ou son Abrégé) comme un document faisant autorité. Ce ne sera pas forcément une évidence pour lui (demande à Stéphane !).

Ensuite, j’ajouterais que s'il est bon de renvoyer la solution des questions difficiles aux Evêques et au Magistère,… il est bon aussi que la réponse vienne de toi. Non pas que celle-ci doive être nécessairement autre que ce qu’enseigne le Magistère ! mais il me paraît important qu’elle vienne de ton propre fond ; que la réponse magistérielle soit intériorisée et assimilée ; que tu te la sois pleinement appropriée. Ce qui suppose de « bûcher » les textes du Magistère (ce que tu fais déjà très bien).

A la question de Jésus « pour les hommes, qui suis-je ? », on répondrait sans doute aujourd’hui à l’instar des disciples : eh bien Seigneur, tel philosophe dit ceci ; tel Evêque dit cela ; et Jésus sera bien content de l’apprendre... Mais je pense qu’il arrivera immanquablement un moment où comme à Césarée-de-Philippe, le Seigneur fixera son regard dans le tien, et te posera à TOI Hervé LA question, la seule qui compte à Ses yeux :
« Et toi Hervé, que dis-tu ? Pour toi, qui suis-je ? »

Au fond, je prends toute interpellation de mes lecteurs comme une interpellation personnelle de Jésus à mon endroit. Quand Miky m’interroge ou discute mes arguments ; quand le Pasteur Eric Georges me fait connaître sa propre conception de l’Evangile ; quand Stéphane invoque l’Ecriture Sainte pour discréditer l’Eglise catholique ; c’est Jésus qui, quelque part, m’interroge et me provoque à une réponse personnelle : « Et toi, Matthieu ? Que dis-tu ? Pour toi, qui suis-je ? » Mon dialogue avec mes lecteurs est comme l’expression concrète de mon dialogue intérieur avec Jésus.

Alors, tu n’as pas tout à fait tort de dire qu’il y a sans doute parmi mes lecteurs quelques « Ponce Pilate » qui aiment à poser des questions… sans se soucier vraiment des réponses que je pourrais leur apporter ! Mais vois-tu Hervé, je prends le parti de considérer a priori tout lecteur comme de bonne volonté (même si j’ai peut-être tort – et j’ai sans doute tort…).

Ensuite, il ne faut jamais oublier que nous dialoguons sur un Blog. C’est-à-dire en public. Qu’il y a dès lors quelques chances pour que mes débats avec Miky, le Pasteur Eric, e-x-o-d-e, Salam, Christophe Moreau… ou Hervé de P ! soient lus par un grand nombre de lecteurs, au-delà même de ceux qui suivent ces débats au quotidien (depuis que j’ai accès aux stats de mes articles avec la version 2 d’over-blog, je peux savoir par exemple que mon article sur la luxure, publié en juin 2007, a été visualisé plus de 850 fois depuis septembre 2007! Et ce n’est pas fini…). Il est donc possible que tous ces échanges produisent quelques « effets collatéraux » (que j’espère heureux !). Tu ne te souviens peut-être pas d’Anne-Sophie, une lectrice de la première heure (que je salue bien amicalement, si elle est toujours là…) ; elle me faisait part à une époque de son trouble vis-à-vis de la foi (voir
Je pense, donc... Dieu EST, Commentaire 1 à 13). Or, il se trouve qu’à l’occasion d’un dialogue avec Miky, elle m’a écrit le plus beau des messages qu’on pouvait m’écrire, et qui reste pour moi la plus belle des récompenses (cf. Dieu existe-t-il ? (2), Commentaire n°4) ; un message qui tient en ces quelques mots : « Vous m’avez réconcilié avec la religion »

Il faut donc répondre aux objections, Hervé. Même si elles sont posées par des personnes mal intentionnées, beaucoup d’autres peuvent les porter aussi et avoir besoin d’une lumière particulière qui les aidera à grandir dans la foi (et soi-même le premier ! Comme aimait à le dire le Père Bernard Bro, « pour progresser, rien n’est plus utile que celui qui a de bonnes objections ».)

Le Seigneur ne nous demande pas de chercher la bonne terre pour y mettre le grain. Il nous demande de semer. Sur tous les terrains. Rappelle-toi le proverbe : « A semer trop peu, on récolte trop peu ; à semer largement, on récolte largement » (2 Co 9. 6). Le Seigneur ne nous demande pas non plus de convaincre. Mais simplement de dire (souviens-toi cette parole de Bernadette au Curé de Lourdes, incrédule devant les révélations de cette fillette de 14 ans : « Je ne suis pas chargée de vous convaincre, mais de vous le dire »).

Ainsi, quand Stéphane écrit que la doctrine catholique est en opposition avec la Bible, et que l’enseignement de l’Eglise romaine est une trahison de la Parole de Dieu
, il faut lui répondre. Son interpellation (qui émane sans doute – je veux le croire – d’un apôtre zélé de l’Evangile, sincèrement désireux de plaire à son Seigneur) est sérieuse, l’objection partagée par beaucoup, y compris parmi les catholiques (inutile de se voiler la face). Puisque le propos est intelligent et argumenté, il mérite une réponse intelligente et argumentée.

Idem lorsque e-x-o-d-e m’écrit ne pas comprendre qu'il soit possible de tirer de Mt 16. 17-18 (« Tu es Pierre… ») l’affirmation de « la prédominance de l’Eglise romaine », ainsi que la justification de « sa hiérarchie et l’autorité infaillible du Pape. » Dans ce texte évangélique, écrit e-x-o-d-e, « Jésus s’adresse à Pierre et ne dit pas que ce dernier aura des successeurs officiels sous la forme de la papauté, que ces successeurs hériteront de son autorité personnelle. » Et de poursuivre avec des arguments tirés de l’histoire du christianisme. Comment réagir, face à de telles interrogations ? Faut-il les ignorer ? Renvoyer au Magistère ? Ou bien répondre ? Eh bien moi, Hervé, j’ai pris le parti (dans la mesure que le Seigneur veut bien m’accorder) de répondre. D’entrer dans un vrai dialogue avec mes lecteurs. Un dialogue cordial, respectueux, ouvert et accueillant à des pensées différentes de la mienne ou de celle de l’Eglise, mais sans concession sur ce que je crois être juste et vrai, et que j’ai la grâce de pouvoir exprimer en toute liberté sur ce Blog – merci Over-Blog ! Et c’est la Parole même de Dieu qui m’exhorte à ce choix, comme cette parole de St Pierre : « soyez toujours prêts à rendre compte à quiconque vous le demande de l’espérance qui est en vous » (1 P 3. 15), ou celle-ci encore de Saint Paul : « Malheur à moi, si je n’évangélise pas ! » (1 Co 9. 16)

Alors, c’est vrai que c’est exigeant. Que ça me mange beaucoup de temps, et qu’il m’arrive de dormir un peu moins bien peut-être que dans une vie pépère au coin du feu. Mais l’aventure est passionnante ! Elle me permet de rencontrer (fut-ce de manière virtuelle) des personnes que je n’aurais jamais connu autrement ; elle me fournit l’occasion de « bûcher ma foi » comme dit le Père Guy Gilbert, et de grandir dans l’amour de Dieu et de mes frères ; elle me donne le privilège de pouvoir faire connaître la vérité de la foi au plus grand nombre par la grâce de l’Internet. Bref, de vivre pleinement avec les moyens modernes de communication mon sacerdoce de baptisé-confirmé, dans la joie de contribuer ainsi (à l’humble place qui est la mienne) au ré-enchantement du monde par l’annonce de l’Evangile.

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Témoignage
commenter cet article
4 septembre 2006 1 04 /09 /septembre /2006 08:41

La Communauté de la Sainte Trinité au grand complet.

De gauche à droite : Frère Jean, Frère Ephrem, Soeur Marie-Agnès et Soeur Claire.

Chers amis lecteurs,

Je souhaiterais vous parler aujourd’hui de la Communauté de la Sainte Trinité. Il s’agit d’une petite Communauté religieuse établie dans l’Aisne, auprès de laquelle je suis allé trouver refuge au début du mois d’août.

C’est une Communauté que j’ai découvert un peu par hasard, en cherchant sur Internet un lieu de retraite pour cet été. Je voulais fuir cette année un peu le bruit des grands rassemblements, pour m’établir « à l’ombre des ailes » du Seigneur, dans la fraîcheur et le silence d’un cloître. Je réalisais en effet que depuis ma conversion, je n’étais jamais encore allé me ressourcer au pays des moines.

J’ai naturellement songé aux grands monastères français, en particulier St Benoît sur Loire qui m’attirait beaucoup, mais aucun d’entre eux ne pouvait m’offrir un séjour de plus de cinq jours. « C’est la règle dans les monastères », m'informa-t-on. Or, j’étais dans un tel état de fatigue que je souhaitais ardemment trouver un lieu où demeurer un temps significatif pour y refaire mes forces. Je restais donc un peu sur ma faim…

Et puis, le « hasard » fit bien les choses... Au gré de mes investigations sur la « toile », je tombais sur le site de la Communauté de la Sainte Trinité. Sur les sites en fait, car il en existe deux à ce jour.

Cette Communauté m’attira immédiatement, en raison de son étrange particularité. « Nous sommes un groupe de sœurs et de frères menant depuis 1987 la vie monastique dans le renouveau charismatique » est-il ainsi écrit sur leur site Internet. Voilà qui me paraissait bien insolite, tant ces deux mondes (monastique et celui du Renouveau) m’apparaissaient éloignés, sinon opposés…

Cette spécificité n’était pas pour me déplaire, et me revenaient en mémoire ces très belles paroles du Pape Benoît XVI aux évêques Allemands (à l’occasion des dernières JMJ à Cologne, le 21 août 2005), qui invitait les fidèles à découvrir la « particularité » des mouvements et communautés, « qui semble étrangère à de nombreuses personnes », et à accueillir ces derniers « comme une richesse, comprenant que dans l'Eglise, il existe de nombreuses voies et que toutes ensemble, elles forment une symphonie de la foi. »

C’est cette « symphonie de la foi » qu’il me semblait retrouver précisément dans cette description de la Communauté, avec cet enracinement profond dans la tradition bénédictine la plus ancestrale (« Nos journées sont rythmées par les offices liturgiques propres aux monastères de Saint Benoît, la prière personnelle, la lecture biblique et le travail »), et en même temps cette ouverture aux dons charismatiques de l’Esprit : « L’exercice des charismes découle [du] don reçu à la Pentecôte. Louange, chant en langues, prophétie, prières de guérison, compassion, évangélisation. Les dons charismatiques découlent d’une vie toute [ouverte] à [l’action de] l’Esprit-Saint. »

La communauté de la Trinité, « issue à la fois d'une expérience de la vie monastique à l'école de St Benoît, lui-même dépendant de la tradition monastique de l'Orient, et du Souffle de Pentecôte, permettant à tout courant spirituel de raviver son inspiration originelle » me paraissait donc récapituler à merveille ce qu'est l'Eglise toute entière dans sa diversité et son unité.

Deux autres aspects de la Communauté me séduisaient beaucoup : la dimension de la formation à la vie selon l’Esprit (« Apprentissage d’une manière d’être, de comportements « spirituels » (c’est-à-dire, animés par l’Esprit). La communauté nous donne les moyens de nous rendre de plus en plus dociles aux mouvements de l’Esprit. »), et la dimension « charismatique » de la guérison intérieure (« Les personnes blessées (...) sont amenées (…) à retrouver une progressive liberté. Notre communauté poursuit ce but de guérison de la personne par l’accueil de l’Esprit-Saint au fond du cœur ».)

Je trouvais également intéressant que la Communauté offrît la possibilité de stages d’une année, centrée sur la conversion du cœur, la guérison intérieure, et le discernement d’une vocation, dans la vie fraternelle, le travail, l’accueil, les retraites et les sessions animées par la Communauté. Ce triptyque conversion – guérison – discernement d’une vocation dans le cadre d’une année de « stage » me paraissait être une autre originalité "prophétique".

« La communauté reçoit toute l’année pour des séjours individuels de quelques jours ou bien d’une semaine » indiquait encore le site Internet : l’offre proposée me paraissait donc convenir parfaitement à ce que je cherchais, puisque semblant induire quelque souplesse au regard de la règle des 5 jours, et c’est ainsi que j’obtins en effet très facilement de pouvoir accomplir un séjour prolongé d’une dizaine de jours, conformément à mon souhait.

Le site précisait le cadre général du séjour individuel : « Participation aux temps de prière et aux travaux de la communauté ». Voilà encore un privilège spécifique à cette communauté que d’offrir non seulement la possibilité d’un temps « classique » de retraite, mais aussi une véritable insertion dans la vie quotidienne et fraternelle des moines et moniales, une véritable « immersion » dans la vie monastique par la participation aux offices et au travail (manuel) des membres de la Communauté. Rares, me semble-t-il, sont les monastères qui permettent ainsi d’entrer dans la vie des moines, et de partager leur quotidien, comme un membre à part entière de la Communauté.

Ces dix jours ont donc été pour moi vraiment salutaires. J’avais décidé en effet de « jouer le jeu à fond », et de m’impliquer totalement dans la vie de la Communauté. Après quelques jours un peu difficiles (avec un réveil matinal à 5 h 30 pour les Vigiles, une liturgie dans laquelle il faut bien "entrer", ou encore les mains dans la boue pour ramasser les haricots, ou dans les ronces pour élaguer un prunier, moi l'intello de service…), je me suis finalement bien « intégré » et vite senti à mon aise, et je sais avec le recul avoir reçu de nombreuses grâces, peut-être de guérison (l’avenir me le confirmera), mais sans aucun doute de prières : je vois bien combien ma vie intérieure a été profondément renouvelée. De toute mon âme, j’en rends grâce au Seigneur !

La Communauté de la Sainte Trinité a été fondée par un ancien ermite, moine bénédictin, Frère Ephrem (diacre) qui a été touché un jour par l’expérience du Renouveau. Ephrem est le grand personnage de la Communauté. Doté indiscutablement d’un charisme de guérison et aussi, dirais-je, d’enseignement et de prédication (je l’ai entendu ainsi prêcher pendant une heure vingt, sans que l'attention de ses auditeurs ne fléchisse un seul instant…), il remplit son ministère avec beaucoup de simplicité et d’humilité : « Chaque jour, écrit-il dans sa lettre d’information du mois de mars 2006, nous butons sur nos insuffisances personnelles et communautaires, qui nous ramènent à la réalité et nous évitent de nous croire déjà arrivés. Et c’est alors que nous pouvons dire avec Saint Paul que la puissance de Dieu se manifeste dans la faiblesse. »

La Communauté est composée également de Frère Jean, un autre moine ayant fait l'expérience de l’effusion de l’Esprit : un véritable puit de science parlant toutes les langues du monde, qui a lu tous les livres de la terre, mais garde un coeur et une âme d'enfant de Dieu qui est une vraie joie (et un vrai repos) pour qui le rencontre. Sœur Claire est la dernière arrivée : ancienne chanteuse lyrique incollable sur la musique rock des années 70-80, et ancienne pilote de karting (!), très savante sur les questions de cosmologie, c'est une personnalité très étonnante et attachante, dont la voix contribue beaucoup à la beauté de la liturgie, et par la bouche de laquelle le Seigneur prend plaisir à parler au coeur de ceux  qui viennent prier avec la Communauté. Il existe également une sœur Oblat (Marie-Agnès), biologiste de profession qui vit dans le « monde », puis quelques autres laïcs qui résident au Prieuré.

Trois religieux (Ephrem, Jean et Claire) vivant sur place, voilà bien une toute petite Communauté, me direz-vous ! Toute petite en effet… Ephrem m’avait personnellement averti par e-mail : « Nous sommes une petite communauté, encore commençante, de 5 membres [il comptait les laïcs…]. Je vous dis cela pour que vous ne vous attendiez pas à autre chose. » Mais outre que cela permet vraiment au retraitant d’être accueilli comme un frère, et de se sentir très vite « de la famille », il se trouve que la Providence m’a conduit à emporter avec moi un vieux cahier de notes sur lequel j’avais reporté quelques paroles d’un certain Cardinal… Ratzinger, extraites d’un texte paru dans la revue théologique Kephas datée des mois d’octobre à décembre 2004, sur le thème de la Nouvelle Evangélisation. Voilà ce qu’écrivait alors le futur Pape Benoît XVI :

« La pauvreté la plus profonde est l’incapacité d’éprouver la joie, le dégoût de la vie, considérée comme absurde et contradictoire. Tous ont besoin de l’Evangile ; l’Evangile est destinée à tous, et pas seulement à un cercle déterminé, et nous sommes donc obligés de chercher de nouvelles voix pour porter l’Evangile à tous.

« Mais ici se cache une tentation : la tentation de l’impatience, de chercher les grands nombres. Ce n’est pas la méthode de Dieu. Pour le Royaume de Dieu, comme pour l’Evangélisation, est toujours valable la parabole du grain de Sévené (Mc 4. 31-32). Le Royaume de Dieu recommence toujours de nouveau sous ce signe. La Nouvelle Evangélisation ne peut pas signifier : attirer tout de suite par de nouvelles méthodes plus raffinées les grandes masses qui se sont éloignées de l’Eglise. La Nouvelle Evangélisation signifie : oser de nouveau l’humilité du petit grain, en laissant Dieu choisir quand et comment il grandira (Mc 4. 26-29). Toutes les grandes choses commencent toujours par un petit grain et les mouvements de masse sont toujours éphémères. Les grandes réalités commencent dans l’humilité. Dieu ne compte pas avec les grands nombres ; le pouvoir extérieur n’est pas le signe de sa présence. Un vieux proverbe dit : « Le succès n’est pas un nom de Dieu ». La Nouvelle Evangélisation doit se soumettre au mystère du grain de sénevé, et de doit pas prétendre produire tout de suite un grand arbre. »

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Témoignage
commenter cet article
21 juin 2006 3 21 /06 /juin /2006 18:04

Alors que tous les "enfants de Medjugorje" s'apprêtent à fêter dans la joie le 25e anniversaire des apparitions de la Vierge Marie dans ce petit village de Bosnie-Herzégovine, ce samedi 24 juin 2006 (qui tombe providentiellement cette année le jour où l'on célèbre habituellement... le Coeur immaculé de Marie!), je vous propose un petit témoignage personnel rédigé au pied levé à la demande d'une amie étudiante.

 

Je suis allé à Medjugorje la première fois en pélerinage-retraite en 2002. Pourquoi avoir choisi Medjugorje comme destination ? J’en avais certes beaucoup entendu parler, notamment dans la presse catholique, mais plutôt en mal, il faut bien le dire. C’est l’enthousiasme de deux grands témoins qui m’ont finalement décidé à m’y rendre : un prêtre et un évêque, le Père Daniel Ange et Mgr André-Mutien Léonard, évêque de Namur.

 

A cette époque de ma vie, je sentais que le Seigneur voulait m’apprendre à connaître sa Mère. Depuis ma conversion, j’ai toujours eu beaucoup de difficulté à prier Marie, à vivre avec Marie. Je n’ai pas de dévotion « naturelle » envers Marie. Mais à Medjugorje, j’ai réalisé l’importance de la Sainte Vierge dans le projet de Dieu, ainsi que dans ma propre vie de foi. « Tu es venu ici, à Medjugorje, pour rencontrer la Femme », m’a murmuré un jour le Seigneur.

 

Quelque chose du mystère de Dieu m’était ainsi révélé en Marie. Car comment mieux entrer dans la connaissance du Tout-Autre qu’est Dieu, sinon en apprenant à connaître l’Autre, qu’est la Femme.

 

Beaucoup craignent que la dévotion à Marie ne détourne les âmes du Christ. Quelle erreur ! La dernière parole de Jésus sur la Croix, avant de rendre l’esprit, fut adressée à Jean, et à travers lui, à toute l’Eglise : « Voici ta Mère »Comment prétendre être fidèle au Christ si l’on n’écoute pas sa parole, et si l’on ne prend pas Marie chez soi, comme lui-même nous le demande. En vérité, qui n’a pas Marie pour Mère n’a pas Jésus pour Maître et pour Seigneur.

 

Beaucoup trouvent que Marie parle beaucoup à Medjugorje, et que cela contraste singulièrement avec la figure de Marie dans les Evangiles, femme d’oraison, de contemplation et de silence, gardant toutes choses dans son cœur. Mais « quiconque s’abaisse sera élevé », annonçait prophétiquement le Seigneur Jésus. Après l’abaissement de Marie au temps de sa vie terrestre, n’assistons-nous pas au temps de son élévation, de sa glorification ?

 

Beaucoup de pélerins reçoivent de nombreuses grâces sensibles à l’occasion de leur pèlerinage, et j’en ai moi-même reçu beaucoup à Medjugorje, spécialement au cours de mon premier voyage. Mais au-delà de tout cela, il y a la présence de Marie que tout le monde peut expérimenter d’une manière ou d’une autre. A Medjugorje, nous ne voyons pas Marie, nous ne l’entendons pas à la manière des voyants. Elle reste invisible à nos yeux. Mais nous pouvons tous faire l’expérience d’une rencontre avec celle qui nous conduit à son Fils Jésus.

 

A Medjugorje, Marie nous révèle à nous même. La mission d’animation liturgique que j’accomplis dans l’Eglise aujourd’hui, je l’ai reçu là-bas. Je venais comme beaucoup à Medjugorje avec mes blessures, mes peines, mes souffrances ; j’y attendais la guérison, la délivrance, une lumière spéciale sur ma vie. Je n’ai rien reçu de cela, mais je suis reparti avec une Mission pour l’Eglise, Mission que je continue d’accomplir aujourd’hui au service de mes frères. Non, décidément, les chemins du Seigneur ne sont pas nos chemins…

 

 

(Cf. La position de l'Eglise sur Medjugorje + Bibliographie février 2006).

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Témoignage
commenter cet article
12 février 2006 7 12 /02 /février /2006 15:40

Ainsi que je l’ai déjà écris, j’ai toujours cru en l’existence de Dieu ("Je pense... donc Dieu EST!").

 

Pour autant, je n’ai pas eu d’éducation religieuse par mes parents. Mon père était résolument athée, considérant toutes croyances comme autant de « superstitions » ; ma mère était surtout soucieuse d’éducation morale. Je lui dois beaucoup d’ailleurs ; sans elle, je serai certainement devenu un voyou, à l’âge de l’adolescence en particulier où j’aurais vraiment pu basculer…

 

Mais pas d’éducation spirituelle, pas d’éveil à la vie de prière, pas de discussions sur Dieu, sur la vie de Jésus ou sur l’Eglise, pas de pieuses lectures comme tant de familles chrétiennes où l’on se nourrit véritablement de la vie des Saints.

 

Je n’en veux à personne, ni à mon défunt père à qui je dois d’avoir goûté la tendresse du Père des Cieux, ni à ma chère mère envers qui je suis infiniment débiteur… Et d’autant moins d’ailleurs que le Seigneur a tout arrangé…

 

Je dois tout de même à mes parents de m’avoir inscrit dans une école privée catholique à Amiens où j’allais pour la première fois entendre parler de Jésus.

 

Les frères qui nous enseignaient étaient des gens tout à fait ordinaires. Habillés en civil, ils ne se distinguaient pas du reste du monde. Pour le petit garçon de huit ans que j’étais, rien ne « détonnait » dans leur comportement. Je ne suis même jamais posé la question de savoir pourquoi on les appelait « frères ». Non, on les appelait comme ça, voilà tout. Certainement même que le mot « frère » était synonyme de « professeur ». Certains étaient forts gentils avec moi, d’autres forts sévères. Tout comme les autres, qui n’étaient pas frères. Bref, ce ne sont pas eux qui m’ont parlé de Jésus.

 

Les cours de catéchisme étaient vraiment formidables : c’était le seul moment où l’on pouvait chahuter dans la classe, et s’envoyer des avions en papier, sans se faire « engueuler ». Nous savions en effet que la dame catéchiste « tendrait l’autre joue », et que la colère est un vilain péché... Bref, ce n’est pas là que j’ai entendu parler de Jésus.

 

J’ai tellement peu entendu parler de Jésus dans cette école catholique, que j’ai refusé fermement de faire ma première communion quand l’occasion se présenta. J’étais alors très idéaliste, et je voyais bien comment mes camarades vivaient la préparation de cet évènement : les uns parlait avec des scintillements dans les yeux… de la jolie montre qui leur serait offerte, les autres du jeu électronique tant rêvé qui leur était promis ce jour-là. J’étais écoeuré ; je ne me reconnaissais pas dans cette mascarade, je ne voulais pas y participer. Aussi, j’ai dit NON.

 

Parce que personne ne m’avait vraiment parlé de Jésus.

 

Personne… Sauf peut-être ce professeur de CM1, un jeune laïc de 35 ans (il doit bien en avoir aujourd’hui 60…), passionné de Jésus, qui nous en a parlé deux ou trois fois dans l’année, mais d’une manière telle que je l’ai jamais oublié.

 

Je me souviens en particulier d’un temps de réflexion sur le Saint Suaire de Turin, et d’un autre sur la crucifixion, au cours duquel ce professeur nous expliquait la mort à petit feu et par asphyxie du supplicié : « dans la position du crucifié, les muscles des épaules, pectoraux et intercostaux soutiennent le corps, et se fatiguent rapidement. Or, ces muscles sont ceux qui assurent la respiration. Pour les soulager, le condamné se soulève sur ses pieds encloués, créant une nouvelle douleur. Les muscles des jambes se fatiguent à leur tour et le corps retombe. Cette alternance entre blocage et détente respiratoire finit par créer des crampes conduisant à l'asphyxie. Pour accélérer la mort, les jambes du condamné sont brisées à la barre de fer (crurifragium). Le condamné ne peut plus alors se redresser et s'épuise rapidement. »

 

A une autre occasion (sans doute autour de Pâques), nous fut projeté en salle audio-visuelle le film de Franco Zeffirelli : « Jésus de Nazareth ». De ce premier visionnage, j’ai été très marqué par la scène de la Croix, sur laquelle Jésus, l’Innocent par excellence, meure ignominieusement dans la solitude et l’abandon. Déjà, la Croix de Jésus s’imprimait dans mon cœur et dans mon âme. Une grande affection naissait alors en moi pour cet homme qui avait tant souffert, et qui avait tant aimé, jusqu’à ces bourreaux pour qui il implore la Miséricorde de son Père : « Père, pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font »

 

Ce jeune professeur laïc de CM1 ne saura sans doute jamais l’importance qu’il a eue dans ma vie de foi… Ce n’est même véritablement que maintenant que j’en prends moi-même conscience, rétrospectivement.

 

Un autre homme aura sans doute joué un rôle essentiel pour moi à cette époque : l’aumônier de l’Ecole. Là, c’était surprenant. Autant les « frères » étaient en fait des professeurs qui de français ou de latin, qui de mathématiques…, autant ce jeune abbé n’enseignait rien… Son seul travail, c’était de nous parler de belles choses. De l’amour, du respect que l’on doit aux autres, du pardon, de la paix, de la joie… Sa matière à lui, c’était la vie. C’était bien agréable de l’écouter. Il était d’une gentillesse exquise, d’une très grande délicatesse et douceur. Je ne me souviens pas l’avoir entendu parlé explicitement de Jésus (même s’il a dû le faire !), mais je me souviens avoir été impressionné de ce qu’il était, tout simplement : un homme chargé de parler de Dieu, de Jésus, et des belles choses de la vie, à plein temps. J’allais apprendre quelques années plus tard qu’il s’agissait d’un prêtre. Oui (et là, je m’adresse aux prêtres qui peut-être me lisent), son témoignage au Père aumônier, le seul qui m’ait vraiment touché, ce n’est pas une parole de sa bouche, ce n’est pas un sermon enflammé, ce n’est pas même un beau geste qui m’aurait marqué : c’est le fait même qu’il soit prêtre. Ce faisant, il était pour moi le témoin de quelque chose de grand et de beau, de suffisamment beau et grand en tout cas pour que cela mérite qu’on lui consacrât toute sa vie…

 

A la réflexion, j’ai sans doute refusé de faire ma première communion non parce qu’on ne m’avait pas parlé de Jésus, mais parce que j’avais de Jésus une si haute considération, grâce à l’enseignement de mon professeur de CM1 et l’exemple du Père aumônier, que je ne Le retrouvais pas dans les préoccupations fort matérielles de mes camarades de classe.

 

Je quittais mon Ecole catholique quelques années plus tard pour entrer au lycée. Je n’avais pas alors la foi, mais le Seigneur m’avait parlé à travers ces deux grands témoins. Le bon grain était semé…

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Témoignage
commenter cet article
15 janvier 2006 7 15 /01 /janvier /2006 01:01

 

Cher ami lecteur,

 

J’ai toujours cru en Dieu. Je crois que je peux dire cela. J’ai toujours été, dès le plus jeune âge, saisi par le fait d’être, d’exister. Pouvoir respirer, voir, sentir, penser… Pouvoir dire « MOI », « JE »… Cela m’a toujours fasciné, je ne m’y suis jamais habitué. Mon existence a toujours été un sujet d’étonnement, de stupeur. Oui, aussi fou que cela puisse paraître, je suis, j’existe, je vis… MOI…

 

« Nous entrons dans la vie comme si elle nous était due, écrit le Père Stan Rougier, dans son autobiographie spirituelle,alors que tout est miracle ! Jamais je n’ai pu considérer mon existence comme naturelle (…). Ce que je ressens à la fois de plus étrange et de plus personnel en moi, c’est l’impossibilité où je suis de me familiariser avec mon existence. »

 

Cela m’a toujours impressionné, car il s’en serait fallu de peu –et c’est un euphémisme– pour que je n’existe pas... Songez… Quelle pouvait donc être, à l’aube des temps, la probabilité que je vienne un jour au monde, MOI, et pas un autre,… Pour que je naisse, il me fallait remporter un premier concours, contre des centaines de millions de concurrents. C’était bien sûr perdu d’avance… Qui voudrait tenter un concours administratif aujourd’hui en sachant que des centaines de millions de candidats postulent…  pour UN seul poste disponible ?

 

Et je prolongeais la réflexion : pour que mes « concurrents » existent, et que le « concours » puisse se dérouler, il fallait que mon père et ma mère viennent eux-mêmes au monde, et qu’ils remportent chacun leur propre couronne, contre des centaines de millions d’autres candidats, et ainsi de suite pour mes grands-parents, et jusqu’au bout de la chaîne… Et si mon père et ma mère ne s’étaient pas rencontrés ?...

 

Pour ne prendre que les deux derniers siècles, « il aura fallu pas moins de deux cent cinquante six (256 !) ancêtres pour que chacun de nous existe ! Enlève un seul de ces maillons, fais manquer le rendez-vous entre ton trisaïeul et sa compagne, et tu n’existes pas. Un autre existera, ça ne sera pas toi. » (Stan Rougier, op. cit., « Dieu était là, et je ne le savais pas », Presses de la Renaissance, 1998).

 

Tout cela me donnait le vertige. Dire qu’il suffisait d’un tout petit « grain de sable » pour que je ne vienne pas à l’existence. Par exemple, lorsque j’entends mon grand-père me narrer ses souvenirs de guerre en Indochine, je me dis qu’il aurait pu mourir quinze fois. Et je ne serais pas né... S’il avait été tué, comme tant de jeunes soldats français de son âge, ou bien s’il n’avait pas rencontré ma grand-mère au hasard d’une expédition, ou bien encore s’il n’y avait pas eu la guerre en Indochine,… Je ne serai pas né.

 

« Chacun de nous doit la vie à un nombre phénoménal d’individus qui se sont cramponnés à la planète contre vents et marées, glaces et bêtes sauvage, hordes voisines et virus… A détourner quiconque de toute pensée de suicide ! Notre vie a coûté trop cher à trop de monde ! » (Stan Rougier, op.cit).

 

Oui, c’est fou, je vis, je respire, j’existe. Et je ne m’y habitue pas. C’est tellement beau, tellement… improbable. Cela ne PEUT pas être le fruit du hasard. Tout petit déjà, j’en avais la conviction intime. Non pas de preuves, bien sûr, mais comme une intuition très profonde et indiscutable. J’étais habité par cette certitude que je devais mon existence à Quelqu’un, et que ma vie ne pouvait être purement accidentelle. Je ne pouvais imaginer être le fruit d’une succession ininterrompue d’« aléas » et de coïncidences décidément trop nombreuses et trop heureuses... Cela faisait trop de hasards…

 

L’existence de Dieu s’est donc toujours imposée pour moi comme une évidence… Et même si un peu plus grand, j’ai été confronté aux grandes questions de l’existence, même si ma « croyance » allait être bousculée parfois par les interrogations et le doute, rien y faisait : je croyais en Dieu, c’était profondément ancré en moi, c’était indéracinable. Je croyais en Dieu parce que je croyais en MOI, en ma propre existence, et que celle-ci attestait par elle-même l’existence même de Dieu. La meilleure preuve de l’existence de Dieu pour moi, c’était moi-même, ma vie, mon être… Dieu ne pouvait pas ne pas être, puisque moi-même, j’étais.

 

« Je n'hésite pas à dire, proclamait Gandhi, que je suis plus persuadé de l'existence de Dieu que de notre propre existence en cet espace. »

 

Mon existence était pour moi un fait tellement prodigieux, tellement « miraculeux », tellement « trop-beau-pour-être-vrai », qu’elle ne pouvait pas ne pas avoir été voulue. Le fait que je puisse exister, MOI, me faisait pressentir que j’avais été désiré, MOI, par Quelqu’un, un TU qui me préexistait et sans Qui je n’aurais pu voir le jour, puisque je ne me suis pas donné l’être moi-même. Mon existence elle-même me révélait donc un Amour, un Choix, une Election : « Nous sommes les élus d’un choix qui nous dépasse », écrit encore le Père Stan, et qui ne se limite pas à la seule décision de nos parents de nous concevoir.

 

« Nos parents ne nous ont pas inventés. Ils le savent mieux que personne. Ils ont transmis le patrimoine génétique d’une lignée d’ancêtres, c’est déjà un cadeau fabuleux, mais ils ne nous ont pas inventés. Ils ont choisi d’avoir un enfant, mais ils ne nous ont pas choisis, nous. Ils ne sont pas nos créateurs, mais nos procréateurs… C’est bien grâce à l’employé des postes qu’un message nous parvient, mais ce n’est pas lui qui a écrit le message. » (Stan Rougier, op.cit.)

 

J’existais, et ma vie attestait donc de l’existence d’un Être préexistant ; l’existence même de MON être me révélait un Amour, un Désir, une Volonté sur MOI, qui me posait dans l'existence, sans laquelle je n'aurais pu être, et qui donnait unsens à ma vie, même si je ne savais pas encore lequel.

 

(A suivre…)

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Témoignage
commenter cet article
1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 00:00

Cher ami lecteur,

 

L'année 2005 s'achève en cette nuit, tandis qu'une nouvelle année commence...

 

Les fins d'années sont toujours propices aux bilans, aux rétrospectives, et aux divers souvenirs, un peu nostalgiques parfois... A l'image de Marie, que nous célébrons dans la liturgie de ce jour en sa qualité de Mère de Dieu, nous gardons tous les évènements de l'année écoulée et les méditons dans notre coeur.

 

Nous ne pouvons pas pour notre part ne pas songer en cet instant précis à notre Pape Jean-Paul II, parti rejoindre cette année la Maison du Père en la vigile de la Fête de la Divine Miséricorde, une semaine après Pâques. "Combien nous sommes-nous sentis abandonnés après le départ de Jean-Paul II, s'exclamait Benoit XVI sur la Place St Pierre, lors de la messe inaugurale de son Pontificat, le 24 avril dernier.  Pendant plus de 26 ans, ce Pape a été notre pasteur et notre guide sur le chemin à travers ce temps. Il a franchi le seuil vers l’autre vie – entrant dans le mystère de Dieu. Mais il n’accomplissait pas ce passage tout seul. Celui qui croit n’est jamais seul – il ne l’est pas dans la vie, et pas même dans la mort. À ce moment-là, nous avons pu invoquer les saints de tous les siècles – ses amis, ses frères dans la foi, sachant qu’ils ont été le cortège vivant qui l’a accompagné dans l’au-delà, jusqu’à la gloire de Dieu. Nous savons que son arrivée était attendue. Nous savons désormais qu’il est parmi les siens et qu’il est vraiment chez lui."

 

"Nous pouvons être sûrs que notre Pape bien-aimé est maintenant à la fenêtre de la maison du Père, qu’il nous voit et qu’il nous bénit" avait-t-il encore déclaré quelques jours avant son élection, lors de la messe de funerailles de son illustre prédécesseur, le 8 avril dernier.

 

Mais les regards et les pensées ne sont pas exclusivement notalgiques et tournés vers le passé en cette nuit de la Saint Sylvestre, ils sont aussi résolument tournés vers l'avenir. Un avenir que l'on envisage de manière optimiste, et que l'on célèbre avec force cotillons et champagne...

 

Les débuts d'années civiles peuvent également être pour certains le temps d'une remise en question, et des grandes résolutions ; pour beaucoup, l'occasion de repartir d'un nouveau pied, de prendre un bon pli par une décision concrète, de saisir l'occasion du changement d'année pour changer quelque chose dans leur comportement, qu'il s'agisse d'arrêter de fumer, de décider de faire un régime ou de se (re)mettre à pratiquer un sport.

 

"Si nous déracinions chaque année un seul vice, bientôt nous serions parfaits." est-il écrit dans l'Imitation de Jésus-Christ (Livre 1, Chapitre 11).

 

Il y a une grande résolution, pour ma part, qui a profondément transformé mon existence. C'était fin 1997. J'avais décidé pour la nouvelle année 1998 de commencer à me mettre sérieusement à la prière. J'avais lu quelque part qu'un "bon" chrétien doit prier chaque jour, le matin et le soir, un temps suffisamment conséquent. Comme j'étais chrétien, au moins par héritage familial et par tradition, et que je voulais devenir "bon", je me suis dit : "Tiens, pourquoi pas?" Je me disais qu'au pire, à défaut de me faire du bien, la prière ne pourrait pas me faire de mal. Et je me suis mis ainsi en marche... Je priais le matin et le soir, une demi-heure à chaque fois, et tâchais de demeurer fidèle à ce rendez-vous quotidien.

 

Au départ, je ne savais pas trop comment m'y prendre. J'essayais d'imaginer que le Seigneur me regardait avec amour pendant mon temps d'oraison, et puis je parlais, je parlais beaucoup... Je disais au Seigneur tout ce que j'avais sur le coeur, je lui partageais mes joies, mes peines... Je le remerciais pour le don de la vie, de la foi, de la prière,... Pour ma famille... Pour cette résolution que je parvenais à tenir... Je lui demandais pardon pour mes nombreux péchés... Et je lui demandais son secours et son aide dans ma vie quotidienne (le contexte était alors difficile : j'étais au chômage depuis plusieurs mois).

 

J'avais parfois l'impression de parler à mon mur, et me demandais si je n'étais pas un peu cinglé. Je ne pouvais m'empêcher de me dire en moi-même : "Et si Untel me voyait... Il me prendrait pour un  fou!"

 

Un évènement majeur s'est produit alors. La Parole de Dieu s'est "invitée" dans ma prière. A travers un calendrier distribué par des Protestants, je découvrais chaque jour un ou deux versets de la Bible, avec une courte méditation qui me permettait de saisir l'étonnante actualité de la Parole de Dieu. Et cette lecture quotidienne me faisait entrer dans un véritable dialogue avec Dieu. Il me parlait dans sa Parole, et je Lui répondais dans ma prière. Je découvrais plus tard les revues Magnificat et Prions en Eglise, et découvrais la richesse de la liturgie catholique qui offre chaque jour à la méditation des fidèles un texte de l'Ancien Testament, un psaume, et un texte de l'Evangile. J'étais bouleversé à l'idée que ces textes soient lus le même jour par des millions de croyants à travers le monde. Oui, vraiment, je réalisais que Dieu parle encore AUJOURD'HUI à son peuple, et j'étais émerveillé à l'idée que les catholiques du monde entier, sur quelque continent qu'ils se trouvent, reçoivent chaque jour la même nourriture de la part du Seigneur de l'univers. Et dire que certains pensent que Dieu est muet...

 

Et puis le mystère de la rencontre avec le Seigneur s'est produit. Cela est difficile à expliquer avec des mots, mais mon coeur a saisi la présence de Dieu. Il était , tout simplement. Présent dans sa Parole... Présent à mon coeur, à mon âme, à ma vie... J'ai un peu fait l'expérience de ces gardes juifs que l'on avait envoyé arrêter Jésus, et qui sont revenus bouleversés de leur expédition après avoir écouté son enseignement. Quand on leur demandait "Pourquoi ne l'avez-vous pas ramené ?" Les gardes répondirent : "Jamais un homme n'a parlé comme cet homme !"  (Jn 7. 46).

 

A l'instar des gardes de l'Evangile, jamais je n'avais entendu ailleurs une telle parole, d'une telle profondeur, d'une telle vérité sur l'homme. J'avais lu jusqu'alors de nombreux ouvrages, mais aucun ne me paraissait plus pénétrant, plus juste, plus éclairant sur la nature humaine et le mystère de la vie que la Bible.

 

Cette expérience de la rencontre avec Dieu était fondamentalement une expérience de Vérité. Je ressentais sans doute ce qu'Edith Stein vécut, pendant l'été 1921, lorsqu'elle se rendit pour quelques semaines à Bergzabern (Palatinat), dans la propriété de Madame Conrad-Martius, disciple de Husserl (cette dame s'était convertie, en même temps que son époux, à la foi évangélique). Un soir, Édith trouva dans la bibliothèque l'autobiographie de Sainte Thérèse d'Avila. Elle la lut toute la nuit. "Quand je refermai le livre, je me dis : ceci est la vérité".

 

Lorsque je réfléchis aujourd'hui à cette rencontre personnelle avec le Dieu Vivant et Vrai, qui allait entraîner quelques mois plus tard ma conversion, deux paroles de Jésus dans l'Evangile me reviennent à l'esprit. La première, adressée à Pilate : "Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix." (Jn 18. 37). Et ce passage de l'Evangile du Bon Pasteur : "Quand [le berger] a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un inconnu, elles s'enfuiront loin de lui, car elles ne reconnaissent pas la voix des inconnus (...). Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent". (Jn 10. 4-5. 14)

 

Oui, dans la fréquentation quotidienne de la Parole de Dieu et dans la prière que j'avais résolu d'entreprendre matin et soir en cette année 1998, mon coeur a mystérieusement reconnu la voix du Bon Pasteur. Il n'y avait alors pas de doute. C'était Lui...

 

Voilà ce qu'une simple résolution de début d'année a pu provoquer dans mon coeur de jeune homme. Voilà ce que réalise la prière dans l'âme que celui qui la pratique.

 

La prière peut profondément changer notre vie, car elle est ouverture du coeur à Dieu qui peut alors agir dans l'âme qui s'offre à Lui.

 

Auras-tu toi aussi le désir, cher ami lecteur, de prendre cette résolution de la prière en cette nouvelle année 2006?

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Témoignage
commenter cet article
24 décembre 2005 6 24 /12 /décembre /2005 18:51

Cher ami lecteur,

 

C'est du Périgord que je t'écris ce petit mot, dans la verte campagne où je prends quelques vacances bien méritées avec ma famille. Nous nous apprêtons à fêter Noël dans quelques petites heures maintenant.

 

Noël... Voilà bien une fête qui fut ô combien mystérieuse pour moi pendant de longues années.

 

Pendant longtemps (jusqu'à ma conversion en fait), j'associais Noël au scintillement des sapins, aux jolies décorations dans les boutiques, au Père Noël et aux cadeaux dans la cheminée.

 

Quand j'étais petit, tout cela me ravissait, et m'emplissait d'une joie toute enfantine.

 

Mais arrivé à l'âge de l'adolescence, j'ai commencé à ressentir un profond malaise, et à me poser la question du sens de tout cela. Une profonde tristesse me saisissait tout entier, et je me sentais ce jour-là plus qu'un autre profondément seul.

 

Les cadeaux reçus me faisaient bien plaisir, mais pourtant, je ressentais un grand vide en moi. Il y avait quelque chose à l'intérieur de moi qui n'arrivait pas à être comblé, malgré l'affection de mes parents, et l'athmosphère toute spéciale de cette nuit.

 

Ce n'est qu'après ma conversion que j'ai compris la raison de ce vide intérieur, de cette mortelle tristesse. On ne m'avait pas parlé jusque là de l'essentiel. J'étais dans la nuit, dans les ténèbres de ce monde, en compagnie des bergers. Je n'avais pas encore reçu la lumière.

 

Un jour, cette lumière pour moi s'est levée. "Le peuple qui habitait le pays de l'ombre et de la mort a vu se lever une grande lumière" écrit le Prophète Isaïe (9.1). Cette lumière est descendue jusqu'à moi... "La grâce de Dieu s'est manifestée" (Tite 2. 11).

 

Dans leur nuit, les bergers ont été soudain éblouis par la lumière éclatante venue du ciel. Un ange de Dieu leur est apparu pour leur annoncer cet unique essentiel que mon coeur attendait de recevoir depuis des années sans même que je le sache, et que tant d'hommes et de femmes ignorent encore aujourd'hui dans notre monde :

 

"Voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur" (Luc 2.10-11).

 

Voilà le mystère de Noël qui prenait enfin sens pour moi. Le voile se déchirait, et Noël devenait enfin Bonne nouvelle.

 

Oui, ce bébé tout emmailloté, couché dans une mangeoire, entouré de la présence et de l'amour de Marie et Joseph, était Celui que j'attendais. Il n'avait pourtant rien à m'offrir cet enfant, tout vulnérable, tout pauvre sur la paille de la crèche. Et pourtant, mon âme pressentait quelque chose du mystère de cette naissance, pour le monde, et aussi pour ma vie. Et je me retrouvais de nouveau avec les bergers, dans la grotte de Béthléem cette fois, à adorer mon Seigneur...

 

Il est grand le mystère de la Foi...

 

Tout au long de ce temps de Noël qui s'ouvre ce soir, gardons au coeur cette parole révélée par l'Ange, et laissons nous interpeller par ce message, cette Bonne Nouvelle qui nous concerne tous et chacun personnellement, qui que nous soyons, et où que nous en soyons sur le chemin de cette vie :

 

"Aujourd'hui nous est né un Sauveur".

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Témoignage
commenter cet article