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18 octobre 2006 3 18 /10 /octobre /2006 08:59

 

[Cher Hervé, comme promis, je te livre ce magnifique passage tiré de l’ouvrage "La Parole, braise en ton coeur" du Père Daniel-Ange, Edition des Béatitudes, janvier 2004]

 

 

Au commencement de tout, il y a la Parole.

 

Elle n’est pas un son, pas un message, pas une expression de la pensée. Elle est Quelqu’un, ne Personne éternelle et immortelle. Vivant de toujours à toujours.

 

Ainsi le chante Saint Jean (1.1), dans la grande hymne ouvrant la symphonie de son Evangile : « Au commencement était le Verbe. Le Verbe était Dieu ! » 

 

Parole vivante du Père, elle résonne dans le vide et le silence originels. Et voilà les Anges, le cosmos et surtout l’homme surgissant dans l’existence, sur simple appel de cette voix de la Parole. 

 

Des millénaires plus tard, elle retentit dans le désert, s’adressant personnellement à un homme précis : « Abraham ! Pars ! » Et voilà le peuple de Dieu lancé à travers l’Histoire : l’Eglise que la Parole ne va plus cesser de guider, d’éclairer, d’inspirer, telle l’étoile des mages. Mais à partir de cet instant précis, tout est renversé : c’est ce peuple qui devient le berceau, l’écrin, la caisse de résonance de la Parole. 

 

La Parole s’en remet humblement à cette Eglise qu’elle a elle-même suscitée, éveillée à l’existence et formée. Bref, d’un côté la Parole est le « milieu créateur » de l’Eglise. De l’autre, l’Eglise est le « milieu porteur » de la Parole. 

 

D’un côté, l’Eglise est engendrée par la Parole. De l’autre, la Parole est enfantée dans l’Eglise. 

 

D’un côté, l’Eglise est née de la Parole. De l’autre, elle est son lieu de naissance sur terre, son berceau, son Bethléem… 

 

Dis-moi donc, comment la Parole de Dieu a-t-elle pu parvenir jusque dans mes mains, sur mes lèvres, dans mon cœur ? Tout simplement par l’Eglise. En effet, il n’y aurait pas de Parole, s’il n’y avait pas d’abord un peuple. Dieu n’aurait pas pu parler, s’il n’y avait pas d’abord eu des gens pour écouter, pour recueillir sa Parole et essayer d’en vivre. Des gens dont, en sens inverse, la Parole finit par faire un peuple. Un peuple convoqué et rassemblé par la Parole. 

 

Donc, il n’y aurait pas de Bible, s’il n’y avait eu d’abord Israël. Il n’y aurait pas de prophètes, s’ils n’avaient eu personne à qui s’adresser. Il n’y aurait pas d’Evangile, s’il n’y avait eu les disciples de Jésus pour transmettre sa vie et son message. Il n’y aurait pas les lettres des Apôtres, s’il n’y avait eu d’abord des personnes à qui écrire. Bref, pas d’Ecritures, s’il n’y avait eu d’abord des communautés vivantes qui les garderaient et les transmettraient aux générations futures. 

 

Le peuple précède, porte et transmet la Parole. L’Eglise est donc avant la Parole. Et la Parole est au-dedans de l’Eglise. L’Eglise en dévoile la beauté, en décrypte les secrets, en descelle les sceaux, en diffuse la voix. 

 

Preuves a contrario : tant de sectes citent la Bible à tort et à travers, tant de non-croyants la dissèquent comme un écrit humain. A la limite, en isolant des extraits du contexte, on peut lui faire dire n’importe quoi, cela parce qu’elle n’est pas reçue dans l’Eglise. Perle arrachée à la Couronne, se perdant dans un marécage. Ou nourrisson qui meurt, arraché à son berceau ! On ne peut donc jamais séparer la Parole de la Tradition vivante de l’Eglise. 

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2 octobre 2006 1 02 /10 /octobre /2006 15:12

Chers amis lecteurs,

 

Je vous propose pour bien commencer la semaine deux articles pleins de fraicheur, de grâce et de poésie :

 

1- Pourquoi le ciel est-il bleu? (RV)

 

2- Un très beau (et édifiant!) témoignage (Maria 83)

 

Et puis nous songerons, avec toute l'Eglise et  tous les enfants de Marie qui lui sont spécialement consacrés, que nous sommes entrés hier dans le mois du Rosaire : 

 

3- En ce mois d'octobre... (Yves)

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3 septembre 2006 7 03 /09 /septembre /2006 12:11

Chers amis lecteurs,

 

En me promenant sur les Blogs ce dimanche, j'ai pu me rejouir à la lecture de très bons articles, sur des sujets divers, que je souhaiterais vous partager :

 

1- Le "Créationnisme" est-il un délit? (Patrice de Plunkett)

 

2- L'esprit des "Lumières" (Mickaël)

 

3- Par notre Prière (Olivier)

 

4- Le dernier mot de Jean-Paul II (Yves)

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15 juin 2006 4 15 /06 /juin /2006 10:39

Chers amis lecteurs,

 

Voici un article du Père Joseph-Marie VERLINDE, publié sur le site Final Age, écrit en réponse à un texte du psychiatre américain Scott Peck, sur la croyance en Dieu.

 

« Lorsque nous les scientifiques regardons, depuis la supériorité de notre scepticisme, le phénomène de la croyance en Dieu, il ne nous impressionne pas.

 

« Nous voyons le dogmatisme et ce qui en découle : les guerres, l’Inquisition et les persécutions.

 

« Nous voyons l’hypocrisie de gens qui prônent la fraternité et tuent leur prochain au nom de leur foi, s’emplissent les poches au détriment des autres, agissent avec brutalité et cruauté.

 

« Nous voyons la multiplication anarchique des rituels et des images, sans consensus : tel dieu est une femme à six bras ; tel autre est un homme assis sur un trône ; tel autre est un éléphant ; tel autre encore, l’essence du néant ; nous voyons des panthéons, des dieux pour chaque famille, des trinités, des unités…

 

« Nous voyons l’ignorance, la superstition, la rigidité.

 

« Le bilan n’est pas fameux.

 

« Il est tentant de penser que l’humanité serait en meilleure posture sans sa croyance en Dieu, que Dieu n’est pas seulement un cadeau promis qui n’arrive jamais mais, s’il arrive, un cadeau empoisonné.

 

« Il serait même raisonnable de conclure que Dieu n’est qu’une illusion destructrice de l’esprit humain, et que la croyance en Dieu constitue une forme très répandue de psychopathologie qu’il faut absolument guérir.

 

« Alors on peut se poser la question suivante : la croyance en Dieu est-elle une maladie ?

 

« Est-ce la manifestation d’un transfert, une idée de nos parents provenant du microcosme et incorrectement transférée dans le macrocosme ?

 

« Ou, autrement dit, une telle croyance, est-elle une forme de pensée infantile ou primitive dont nous devons nous débarrasser en cherchant de plus hauts niveaux de conscience et de maturité ? »

 

Scott Peck, Le chemin le moins fréquenté

 

Cette longue citation donne le ton du discours religieux du Nouvel Age, dont le célèbre psychiatre américain Scott Peck est un des principaux porte-paroles.

 

Nous avons bien compris qu’il ne s’agit pas de devenir ni a-religieux ni a-thée : mais de passer de la croyance « traditionnelle » en un Dieu transcendant, à celle d’un divin immanent qui s’identifierait ultimement aux profondeurs de notre propre intériorité psychique.

 

Mais pour en arriver là, il faut au préalable opérer la déconstruction de la religion.

 

Pour ce faire, notre auteur suit une stratégie « classique » de dénigrement, qui se déploie en trois étapes.

 

1°) Il commence par traîner la religion devant le tribunal de l’histoire.

 

Toutes les horreurs – « guerres, l’Inquisition et les persécutions » - ne sont-elles pas dues au fanatisme religieux ? (La référence incontournable à l’Inquisition précise si besoin est, quelle religion est visée en premier.)

 

Aucune allusion à l’action pacificatrice des saints ni à leurs œuvres de charité qui ont marqué durablement notre culture : la religion est réduite à ses exactions, c’est-à-dire à ses parodies mensongères, fruits de la trahison de l’homme et non de la grâce divine.

 

Ce discours caricatural est hélas passé dans les axiomes - c’est-à-dire les propositions que l’on ne remet plus en question - du nouveau paradigme, comme en témoigne entre autres, le succès du Da Vinci Code.

 

2°) Suit la dénonciation de l’hypocrisie, de la cupidité, et de la violence des hommes religieux.

 

L’argument est d’autant plus fragile, qu’il est évident que ces comportements ne sont pas l’apanage des croyants, loin s’en faut.

 

Ils ne découlent donc pas de l’orientation religieuse de leur vie, mais tout au contraire du « vieil homme », c’est-à-dire de la part non convertie de leur humanité.

 

Ils ne sont pas une conséquence de la religion, mais du péché qui nous oppose à Dieu et aux autres au lieu de nous y « relier ».

 

3°) La thèse suivante est particulièrement pauvre et à vrai dire surprenante sous la plume d’un auteur aussi cultivé - ou du moins sensé l’être. Comment pouvez-vous, Mr Scott Peck, faire fi de toute la pensée symbolique, et identifier les croyances à leurs représentations extérieures ?

 

Soit vous avouez votre complète ignorance en la matière – auquel cas il vaudrait mieux ne pas aborder le sujet – soit vous profitez de votre autorité intellectuelle pour diffuser délibérément une vision réductrice, bien plus : un véritable pastiche de la pensée religieuse, dans l’intention de la discréditer aux yeux de vos lecteurs.

 

« L’ignorance » que vous dénoncez, ne fleurit pas là où vous prétendez la dévoiler, et c’est en mettant comme vous le faites le mensonge au service d’a prioris réducteurs, que l’on construit les « dogmatismes » les plus « rigides ».

 

Au terme de cette caricature de procès, je comprends que « le bilan ne soit pas fameux ».

 

En fait, vous avouez vos prémisses dans ce que vous faites apparaître comme une conclusion : « L’humanité serait en meilleure posture sans sa croyance en un Dieu qui n’est pas seulement un cadeau promis qui n’arrive jamais mais, s’il arrive, un cadeau empoisonné ».

 

Telle est sans doute l’image de Dieu à laquelle votre histoire personnelle vous a conduite ; mais une étude tant soit peu approfondie de la question aurait dû vous faire découvrir que la relation établie par la majorité des hommes avec l’Etre divin qu’ils invoquent, ne se réduit pas à cette caricature.

 

Il est effectivement « raisonnable de conclure » que le dieu que vous décrivez « n’est qu’une illusion destructrice de l’esprit humain, et que la croyance » en cette idole « constitue une forme très répandue de psychopathologie qu’il faut absolument guérir ».

 

Mais cette critique, et le travail de purification qui en découle, n’effleurent même pas la foi authentique ; car celle-ci est essentiellement une relation d’amour, une communion libératrice, avec le Dieu vivant et vrai, qui se révèle en Jésus-Christ, et se donne à connaître dans l’Esprit.

 

Nous arrivons ainsi à la question - ou plutôt à la conclusion sous forme interrogative - à laquelle vous vouliez aboutir : « On peut se poser la question suivante : la croyance en Dieu est-elle une maladie ? Est-ce la manifestation d’un transfert, une idée de nos parents provenant du microcosme et incorrectement transférée dans le macrocosme ? Ou, autrement dit, une telle croyance, est-elle une forme de pensée infantile ou primitive dont nous devons nous débarrasser en cherchant de plus hauts niveaux de conscience et de maturité ? »

 

Sans hésitation je réponds : assurément, la relation à Dieu que vous décrivez relève de la pathologie et doit faire l’objet de soins appropriés. Mais comment pouvez-vous réduire tout le phénomène religieux à une telle pathologie collective ? Comme votre prédécesseur Freud, vous jetez allègrement l’enfant avec l’eau du bain et identifiez purement et simplement la religion à ses déviances pathologiques.

 

Qu’il y ait des formes de religiosité qui relèvent de la névrose obsessionnelle, c’est hélas évident ; tout comme il est évident qu’un certain nombre de croyants sont restés à l’étape infantile de leur relation à Dieu. Mais affirmer comme vous le faites que toutes les croyances religieuses ne sont que des pathologies ou des stagnations dans l’évolution spirituelle de l’individu, est tout simplement malhonnête.

 

En fait ce soi-disant « raisonnement » n’est qu’une captatio benevolentia ayant pour but de conduire le lecteur à renoncer à ses croyances pour s’engager dans la quête de « niveaux de conscience » supérieurs.

 

Nous retrouvons le thème central du Nouvel Age : le chemin de la vraie religion consisterait pour chacun à découvrir sa propre divinité immanente en expérimentant les états modifiés de sa conscience, auxquels des techniques appropriées peuvent lui donner accès.

 

Scott Peck est séduisant ; son discours se veut profondément humain, spirituel même : ne va-t-il pas jusqu’à affirmer que « Dieu a toujours été avec nous et le sera toujours » ? Mais il ajoute : « La jonction entre Dieu et l’homme est en partie la jonction entre le conscient et l’inconscient. Pour être plus direct, notre inconscient est Dieu. Dieu qui est en nous. Nous avons toujours fait partie de Dieu. De mon point de vue, l’inconscient collectif est Dieu, le conscient est l’homme en tant qu’individu, et l’inconscient personnel est la jonction entre les deux. »

 

Inutile de préciser que la croyance en un divin impersonnel, qui s’identifie à l’énergie psychique collective d’où émaneraient nos consciences individuelles, est franchement incompatible avec la foi chrétienne.

 

Nous constatons [d’ailleurs] que la déconstruction de la religion « traditionnelle » n’a d’autre but que de lui substituer une religion de remplacement exaltant la divinité de l’inconscient collectif...

 

 

 Voir aussi les dernières vidéos du Père Joseph-Marie Verlinde :

Dieu au delà de tout

Une stratégie tristement célèbre

 

Réécouter l'interview audio du Père J.M. VERLINDE sur la question de la vérité et de la pluralité des religions

Réécouter l'interview audio du Père J.M. VERLINDE sur le Da Vinci Code

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8 juin 2006 4 08 /06 /juin /2006 10:09

Quelques jours après avoir été convié à s'exprimer sur le film Da Vinci Code à l'occasion de sa sortie mondiale, le Père Joseph-Marie VERLINDE était à nouveau le « Grand Témoin » de la station chrétienne Radio Notre Dame pour la fête de l'Ascension, jeudi 25 mai 2006.

 

Le Père Joseph-Marie est prieur de la fraternité monastique de la Famille Saint Joseph. Docteur en philosophie et en chimie nucléaire, professeur de philosophie de la nature et de théologie au séminaire de Bellay-Ars, le Père Joseph-Marie est l'un des grands spécialistes français des questions touchant à l’ésotérisme, l’occultisme et les nouvelles religiosités. Il vient tout récemment de publier aux Presses de la Renaissance un important ouvrage consacré aux Impostures anti-chrétiennes, qui s'impose d'ores et déjà comme l'un des grands titres de l'année.

 

Dans la première partie de son intervention, le Père VERLINDE aborde les questions :

 - du christianisme face aux naturalismes, tendances spontanées de l'homme à diviniser la nature ;

 - de la recherche de l'unique vérité,

 - et de la pluralité des religions.

 

Interview du Père Verlinde (partie 1) : 


Dans la seconde partie de son intervention, le Père Joseph-Marie VERLINDE s'exprime sur les questions :

 - de l'activité du démon dans notre monde (eh oui...) ;

 - de la raison et du rationnalisme ;

 - de l'Eglise et de la modernité ;

 - du retour du religieux dans la post-modernité.

 

 

Interview du Père Verlinde (partie 2) : 

 

 

Voir aussi sur cet important sujet de la Vérité l'animation vidéo : Les chrétiens possèdent-ils la vérité?

 

Réécouter l'interview du Père J.M. VERLINDE sur le Da Vinci Code

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4 juin 2006 7 04 /06 /juin /2006 11:27

Voici un magnifique texte du Père Jean LAFRANCE que j’invite en ce beau jour de Pentecôte tous les Blogueurs catholiques à garder au cœur dans leur relation avec leurs lecteurs :

« Ce qu’il y a de désespérant dans la prédication chrétienne ou dans l’Ecriture, c’est qu’il faudrait d’abord vous mettre en contact avec le ciel ou avec l’Esprit Saint.

« Je puis dire les choses de différentes façons, mais je ne peux jamais en transmettre la saveur si l’Esprit de Dieu ne s’en mêle pas.

« Ainsi, au moment où je désire vous parler de l’Esprit Saint, je suis bien obligé de reprendre les mots de l’Ecriture, les mots prononcés par Jésus dans son Discours après la Cène, mais ces mots ne deviendront pour vous paroles de Dieu que dans la mesure où ils seront prononcés par un visage. Il faut que les yeux de Jésus s’animent et vous regardent, que sa bouche vous adresse une parole qui transforme votre cœur et allume en lui le feu de son Esprit.

« Saint Augustin dira les choses d’une autre manière quand il évoquera l’action du Maître intérieur. C’est à propos de la parole de Saint Jean au sujet de l’action de l’Esprit qu’il précisera la relation entre celui qui parle au-dehors et celui qui enseigne au-dedans :

« L’onction que vous avez reçue de lui demeure en vous et vous n’avez pas besoin que quelqu’un vous enseigne, car son onction vous enseigne tout » (1 Jn 2. 27).

« Augustin continue en disant : « Pourquoi tout cela ? Il n’y a qu’à vous abandonner à son onction, et cette onction vous enseignera tout. Voyez donc ce grand mystère, frères : le son de nos paroles frappe vos oreilles, le Maître est à l’intérieur. Ne pensez pas que l’on puisse apprendre quelque chose d’un homme. Nous pouvons attirer votre attention par le tapage de notre voix ; s’il n’y a pas au-dedans quelqu’un pour nous enseigner, ce tapage est inutile » (« Commentaire sur la première Epître de Saint Jean », L. IV, ch. II, PLT XXXV.)

« Le Christ avait des moyens extraordinaires pour faire pressentir à ses auditeurs la vie éternelle : il multipliait les pains, non pas seulement pour donner à manger à la foule, mais pour les mettre en présence de la puissance de Dieu. Et ce moyen était décevant, même pour Jésus, car son auditoire fut déçu et se mit à proclamer que ses paroles étaient non seulement intolérables, mais qu’on ne pouvait même pas les supporter (Jn 6. 60) ! A son tour, Saint Paul comprendra que le prestige de la parole et de la sagesse ne peut pas grand-chose pour annoncer le mystère de Dieu, si la puissance de l’Esprit ne vient pas opérer des signes éclatants pour mettre ses auditeurs en présence de l’invisible (cf. 1 Cor 2. 4-5).

« Lorsqu’on lit les Epîtres de Saint Paul, on sent couler en elles le souffle de la puissance de Dieu qui est aussi un feu, la « dynamis tou théou » : « L’Evangile que nous annonçons ne vous a pas été présenté comme un simple discours, mais il a montré surabondamment sa puissance par l’action de l’Esprit Saint » (1Thes. 1. 5).

« Si Saint Paul, à la suite du Christ, disposait de tels moyens pour annoncer l’évangile, comment faire nous, pauvres prédicateurs, pour vous parler de l’Esprit Saint et du Ciel ? C’est le premier problème qui se pose à nous.

« Je pense que la solution à ce problème est la prière, elle est du reste la solution à tous nos problèmes… Nous n’avons peut-être pas la possibilité d’accompagner notre prédication de signes éclatants comme la guérison du boiteux de la Belle Porte (Ac 3. 1), mais il nous est toujours possible de supplier l’Esprit de brûler le cœur de ceux à qui nous expliquerons les Ecritures (Lc 24. 32) : « La parole du prédicateur est inutile si elle n’est pas capable d’allumer le feu de l’amour » (Saint Grégoire le Grand, « Enchiridon Asceticum », 76, 1223.B).

« (…) Le but de la prédication chrétienne ou de toute parole écrite est donc de disposer le cœur des auditeurs ou des lecteurs à accueillir l’effusion de l’Esprit qui ne vient pas de nous, mais uniquement du bon plaisir du Père (Mt. 11. 26).

« Lorsqu’on parcourt les Actes et que l’on voit l’Esprit-Saint tomber sur les chrétiens d’Ephèse (Ac 19. 6), on comprend qu’il est possible à tous, non pas seulement de prolonger l’expérience de la Pentecôte, mais de la recommencer, en recevant aujourd’hui l’Esprit Saint. Ainsi, la Pentecôte n’est pas seulement un évènement du passé, c’est une réalité toujours nouvelle et présente, dans la mesure où nous adhérons par la foi et la prière au Christ Ressuscité qui envoie l’Esprit.

« Il s’agit alors de la Pentecôte sans le vent violent, les langues de feu ou le parler en langue, car la vraie réalité de la Pentecôte n’est pas dans l’extérieur de la coupe, c’est un évènement mystérieux et invisible qui atteint le plus intime du cœur. C’est le mystère de la grâce qui transforme le cœur de l’homme par la puissance de la Résurrection (la « dynamis tou théou »).

« Dans sa première homélie sur la Pentecôte, Saint Jean Chrysostome explique que les hommes à qui parlait Saint Pierre avaient l’esprit grossier et n’étaient capables que de percevoir les réalités corporelles : « Ils ne pouvaient concevoir la grâce spirituelle, visible seulement aux yeux de la foi : voilà pourquoi il y avait des signes. C’est qu’en effet parmi les grâces spirituelles, les unes sont invisibles, la foi seule peut les comprendre ; les autres sont accompagnées d’un signe sensible, pour convaincre les infidèles » (« Oeuvres complètes », 1887, T III).

« Ainsi, il est donné à ceux qui prient vraiment de revivre l’évènement de la Pentecôte dans sa face cachée et mystérieuse, de voir le Christ ressuscité vivant au fond de leur cœur et d’expérimenter la puissance de Dieu qui l’a ressuscité des morts. »

(Jean LAFRANCE, « Persévérance dans la prière : commentaire du Veni sancte et du Veni Créator », Medaspaul 1982, pages 13 à 16).

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24 avril 2006 1 24 /04 /avril /2006 16:58

La croix a gagné les esprits au moyen de prédicateurs ignorants, et cela dans le monde entier.

 

Il ne s’agissait pas de questions banales, mais de Dieu et de la vraie foi, de la vie selon l’Evangile, du jugement futur.

 

Elle a donc transformé en philosophes des rustres, des illettrés. Voilà comment la folie de Dieu est plus sage que l’homme, et sa faiblesse, plus forte.

 

Comment est-elle plus forte ? Parce qu’elle s’est répandue dans le monde entier, qu’elle a soumis tous les hommes à son pouvoir, et qu’elle a résisté aux innombrables adversaires qui voulaient faire disparaître le nom du Crucifié.

 

Au contraire, ce nom s’est épanoui et propagé ; ses ennemis ont péri, ont disparu ; les vivants qui combattaient un mort ont été réduits à l’impuissance.

 

Aussi, quand un Grec dit que je suis fou, il manifeste que lui-même l’est au maximum, puisque moi qu’il juge fou, je me montre plus sage que les sages ; s’il me traite de faible, il se montre lui-même plus faible encore. En effet, ce que des publicains et des pécheurs ont pu réussir par la grâce de Dieu, les philosophes, les rhéteurs, les tyrans, bref la terre entière, dans toute son étendue n’a même pas été capable de l’imaginer.

 

C’est en pensant à cela que Paul disait : la faiblesse de Dieu est plus forte que tous les hommes. Que la prédication soit l’œuvre de Dieu, c’est évident ici.

 

Comment douze hommes, des ignorants, ont-ils pu avoir l’idée d’une pareille entreprise, eux qui vivaient auprès des lacs et des fleuves et dans le désert ?

 

Eux qui n’avaient jamais fréquenté les villes et leurs assemblées, comment ont-ils pu songer à se mobiliser contre la terre entière ?

 

Ils étaient craintifs et sans courage ; celui qui écrit sur eux le montre bien, lui qui n’a voulu ni excuser ni cacher leurs défauts. C’est là une preuve très forte de vérité.

 

Que dit-il donc à leur sujet ? Quand le Christ fut arrêté, après avoir fait d’innombrables miracles, la plupart s’enfuirent, et celui qui était leur chef de file ne resta que pour le renier. 

 

Ces hommes étaient incapables de soutenir l’assaut des Juifs quand le Christ était vivant. Et lorsqu’il fut mort et enseveli, alors qu’il n’était pas ressuscité, qu’il ne leur avait donc pas adressé la parole pour leur rendre courage, d’où croyez-vous qu’ils se seraient mobilisés contre la terre entière ? 

 

Est-ce qu’ils n’auraient pas dû se dire : « Qu’est-ce que cela ? Il n’a pas été capable de se sauver lui-même, et il nous protègerait ? Quand il était vivant, il n’a pas pu se défendre, et maintenant qu’il est mort, il nous tendrait la main ? Quand il était vivant, il n’a pu se soumettre aucune nation, et nous allons convaincre la terre entière en proclamant son nom ? Comment ne serait-il pas déraisonnable, non pas même de le faire, mais seulement d’y penser ? 

 

La chose est évidente ; s’ils ne l’avaient pas vu ressuscité et s’ils n’avaient pas eu la preuve de sa toute puissance, ils n’auraient pas pris un risque pareil. 

 

Saint Jean Chrysostome (P.G. 61, 34-36)

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15 avril 2006 6 15 /04 /avril /2006 23:40

 CHRIST EST RESSUSCITE!

« Ressuscité d'entre les morts, le Christ ne meurt plus ;

sur lui la mort n'a plus aucun pouvoir »

(Rm 6. 9)

 

« La volonté de celui qui m'a envoyé,

c'est que je ne perde aucun de ceux qu'il m'a donnés,

mais que je les ressuscite tous au dernier jour.

Car la volonté de mon Père,

c'est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui

obtienne la vie éternelle ;

et moi, je le ressusciterai au dernier jour »

(Jn 6. 39-40)

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31 mars 2006 5 31 /03 /mars /2006 12:11

ROME, Lundi 27 mars 2006 (ZENIT.org) – Au cœur de la crise qui agite la France autour du « Contrat première embauche » (CPE) Mgr Vingt-Trois, archevêque de Paris, a lancé un message de responsabilisation et d’espérance aux milliers d’étudiants rassemblés pour le pèlerinage de Chartres, les 25 et 26 mars (cf. http://catholique-paris.cef.fr). 

Voici quelques extraits de l’homélie de Mgr Vingt-Trois :

« Nous
[vivons] une crise qui exprime une anxiété par rapport à l’avenir. Il me semble que cette anxiété doit nous faire réfléchir sur la manière dont nous nous représentons l’avenir. Qui a les solutions de l’avenir ? Qu’attendons-nous de l’avenir ? Quelle est notre espérance ? 

« Pour beaucoup, la seule espérance qui les motive est celle de la
sécurité : sécurité de l’emploi, sécurité du niveau de vie, sécurité de la santé, etc. 

« Mais qui peut vous laisser croire, ou vous faire croire, qu’il vous apportera ces garanties ? Honnêtement, je ne crois pas que quiconque aujourd’hui puisse vous garantir cette sécurité, pas plus que vous assurer que vous aurez un niveau de vie comparable à celui de vos parents. 

« Derrière cette promesse en trompe-l’œil, il y a un jugement qui se dessine sur les valeurs communément admises dans notre société. 

« La question radicale est de savoir à quoi nous accordons le plus de prix et ce qui peut vous conduire à une véritable maîtrise de votre vie et à un accomplissement de vos capacités, à un équilibre qui vous permette de connaître le bonheur. Pas seulement un petit bonheur mesurable par les sécurités du contrat social, pas seulement le bonheur d’un CDI ou d’une profession protégée, mais le bonheur réel et profond qui donne la joie d’être au monde et de vivre. 

« Ce bonheur-là, personne ne peut l’apporter tout cuit sur un plateau avec le talisman d’un diplôme. Il faut le construire et le reconstruire chaque jour, parce que ce bonheur là ne résulte pas de ce que les autres ou la société pourraient nous donner, mais de la décision d’engager notre vie pour le service des autres et pour la transformation du monde. Ce bonheur, il est le fruit de l’amour qui transforme notre vie et qui lui donne une dimension nouvelle. Il n’est pas le repos après l’effort, il est le réveil quotidien de l’inquiétude pour la vie de nos frères 


« (…) La lumière que nous donne le Christ, c’est d’abord sa parole qui nous indique les chemins de la vie et du bonheur. 

« Finalement, la question qui s’impose à nous est la suivante : le Christ, avec sa parole, sa présence sacramentelle dans la vie de l’Église, son Esprit qui nous habite, le Christ Jésus est-il vraiment la lumière de notre vie quotidienne ? Est-il celui en qui nous mettons notre confiance pour notre avenir, celui qui ne déçoit pas et qui ne trompe pas, celui qui nous garantit la véritable sécurité, celle qui vient de Dieu. 
 


« Mes chers amis, les circonstances nous mettent tous devant un choix auquel nous ne pouvons pas échapper : quelle est la valeur suprême de notre vie ? Est-ce que nous sommes prêts à faire confiance à Dieu et à risquer nos sécurités dans le service de nos frères ? Ou bien préférons-nous la sécurité de la société de consommation et de la protection du niveau de vie ? 
 


« Personne ne peut imposer la réponse à ces questions. La réponse doit jaillir de votre liberté et de votre désir d’aimer et de servir vos frères. Mais si vous choisissez la liberté dans le Christ, je peux vous garantir qu’il ne vous laissera pas tomber et qu’il vous comblera de joie. Si vous choisissez la sécurité garantie par la société, j’espère que vous savez ce que vous faites et que vous assumerez vos déceptions (…). »
 



+
André Vingt-Trois

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18 mars 2006 6 18 /03 /mars /2006 13:13

Un saint, c'est quelqu'un qui n'a plus aucune autre solution de rechange que la supplication.

Nous voulons bien demander, mais nous voulons avoir des solutions de rechange, pour le cas où la supplication ne marcherait pas. C'est justement cela qui fait que la supplication n'a pas cette force désespérée qui renverse les montagnes et les fait se précipiter dans la mer. On garde une solution de rechange et on ne se livre pas totalement dans cette prière de demande.

Il m'arrive parfois d'entendre: "Mais la sainteté, ce n'est pas la prière de demande, c'est l'Amour. La supplication, c'est une étape à dépasser ; moi, je suis dans l'Amour!" J'ai envie de dire : "Avez-vous déjà vu un amour qui ne supplie pas? Même l'Amour de Dieu pour nous nous supplie. C'est l'attitude la plus divine. Veux-tu de mon amour? Donne moi ton amour!" C'est Dieu qui nous aime le premier, et donc nous supplie. Et quand nous supplions, nous ne faisons que répondre à la supplication de Dieu, dit le Père Varillon.

Dieu est celui qui n'a pas peur de supplier, puisqu'il est communication et tout entier tourné vers l'autre : "Veux-tu m'écouter, me donner ton coeur, ta liberté?" Il ne faut pas faire la "fine" bouche à propos de la supplication en disant que c'est une attitude à dépasser : on ne dépasse pas l'attitude divine. Le Père, le Fils, et l'Esprit Saint se disent "merci" et ils se demandent, sans convoitise. Il y a l'équivalent trinitaire de la demande. On ne vit pas d'amour sans se demander réciproquement l'amour l'un à l'autre. C'est le mystère même de l'amour.

Même en Dieu, il y a Amour et demande réciproque de deux êtres. Si Jésus parle tant de la supplication dans l'Evangile, c'est parce qu'il voulait nous révéler le mystère trinitaire. Lui-même vit avec son Père une relation d'amour où il n'est qu'accueil et don. De tout son être, il aspire à recevoir l'Amour, il le mendie et en retour, il le rend au Père. Et cet amour a une telle consistance qu'il prend le visage et le souffle d'une personne, le Saint-Esprit. On comprend que Jésus appelle l'Esprit Saint dans l'Evangile l'Intercesseur. On pourrait dire qu'il est la supplication mutuelle de chacune des personnes de la Trinité (...).

Ainsi, nous ne dépasserons jamais la supplication et nous n'irons jamais plus loin. Au sommet de la perfection, on supplie Dieu de ne pas nous abandonner. Même dans l'éternité, on supplie Dieu et il répond "oui" à notre supplication perpétuelle.

(Jean Lafrance, "Le chapelet, un chemin vers la prière incessante", Mediaspaul, 1997, pages 58 à 60)

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