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22 novembre 2007 4 22 /11 /novembre /2007 21:33


Lorsque nous faisons défiler mentalement devant nous la seule image des évêques du monde entier, les tempéraments, les situations d’Eglise qu’ils représentent sont très différents. Mais ils ont tous en commun le fait d’être catholique, qui s’exprime dans la liturgie, dans d’autres formes de piété, dans des décisions morales fondamentales, dans des convictions marquantes.

Même si l’Eglise est devenue plus diverse, elle est pourtant dans son cœur même une Eglise qui s’exprime par sa profession de foi, et aussi, d’un point de vue très pratique, par le lien qui la rattache à Rome, c’est-à-dire à une identité de foi commune.
Ainsi vivent côte à côte des mondes sans aucun doute très différents, mais dont l’unité est si forte, au-delà de ces grandes différences, que l’on peut à tout instant célébrer la messe ensemble, parler les uns avec les autres, et que l’on se comprend dans les concepts et éléments fondamentaux. Là, je crois, l’Eglise catholique apporte à l’humanité une contribution importante : elle maintient des univers aussi différents dans un consensus commun, et lance ainsi des ponts par-dessus les mondes.

Joseph Ratzinger, in « Le sel de la terre », Flammarion/Cerf, Paris, 1997.

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31 octobre 2007 3 31 /10 /octobre /2007 13:07


La fête de la Toussaint c'est le 1er novembre.  Les saints ne sont pas nés saints! Ils le sont devenus peu à peu... Ils se sont laissés transformer peu à peu.

Un peu comme une fleur, ils ont germé, grandi, se sont épanouis, ont fructifié sous le soleil de Dieu. Un jour, leurs multiples graines sont tombées vers la terre.

Le chemin vers la sainteté est bien sûr ouvert à tous!

Les saints sont des exemples pour nous. Ils nous disent que nous sommes capables de devenir petites images de Dieu, lueurs d'amour pour notre prochain, flammes d'espérance dans les obscurités humaines.



Source :
Aumônerie du Val de Juine

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10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 16:46

Extrait du commentaire de l’Evangile du dimanche 7 octobre (Lc 17. 5-10), proposé par le père Raniero Cantalamessa OFM Cap, prédicateur de la Maison pontificale, et diffusé par l’Agence de Presse Zenith (sur zenith.org).


La foi a des significations nuancées. Je voudrais aujourd’hui considérer la foi dans son acception la plus commune et la plus élémentaire : croire ou ne pas croire en Dieu. Non pas la foi en fonction de laquelle on décide si l’on est catholique ou protestant, chrétien ou musulman, mais la foi en fonction de laquelle on décide si l’on est croyant, ou non croyant, croyant ou athée. Un texte de l’Ecriture dit : « Celui qui s’approche de Dieu doit croire qu’il existe et qu’il se fait le rémunérateur de ceux qui le cherchent » (He 11, 6). C’est le premier degré de la foi, sans lequel on ne peut en gravir d’autres.

Pour parler de la foi à un niveau aussi universel on ne peut pas se baser uniquement sur la Bible car cela n’aurait de valeur que pour nous chrétiens et, en partie pour les juifs, mais pas pour les autres. Heureusement, Dieu a écrit deux « livres » : l’un est la Bible et l’autre, la création. L’un est composé de lettres et de mots, l’autre de choses. Il n’est pas donné à tout le monde de connaître, ou de pouvoir lire le livre des Ecritures ; mais tous, où qu’ils vivent et quelle que soit leur culture, peuvent lire le livre de la création. La nuit, peut-être encore mieux que le jour. « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’œuvre de ses mains, le firmament l’annonce… pour toute la terre en ressortent les lignes et les mots jusqu’aux limites du monde » (Ps 19, 5). Paul affirme : « Ce qu’il y a d’invisible depuis la création du monde se laisse voir à l’intelligence à travers ses œuvres » (Rm 1, 20).

Il est urgent de dissiper le malentendu très répandu selon lequel la science a désormais résolu le problème et expliqué le monde de manière exhaustive, sans qu’existe le besoin de recourir à l’idée d’un être extérieur, appelé Dieu. D’une certaine manière, la science nous rapproche aujourd’hui davantage de la foi en un créateur, que par le passé.
Prenons la fameuse théorie qui explique l’origine de l’univers par le Big Bang, ou la grande explosion initiale. En un milliardième de milliardième de seconde, on passe d’une situation où il n’y a encore rien, ni espace ni temps, à une situation où le temps a commencé, où l’espace existe, et dans une particule infinitésimale de matière, il y a déjà, en puissance, l’univers de milliards de galaxies tel que nous le connaissons aujourd’hui.

A qui affirme : « Cela n’a pas de sens de se poser la question de ce qu’il y avait avant cet instant, car il n’existe pas un ‘avant’ puisque le temps n’existait pas encore », je réponds : « Comment peut-on ne pas se poser cette question ? ». « Remonter dans l’histoire du cosmos, affirme-t-on encore, c’est comme feuilleter les pages d’un livre immense en commençant par la fin. Arrivé au début, on s’aperçoit que c’est comme s’il manquait la première page ». Je crois que c’est précisément sur cette première page manquante que la révélation biblique a quelque chose à dire. On ne peut pas demander à la science de se prononcer sur cet « avant » qui est en dehors du temps, mais celle-ci ne devrait pas non plus fermer le cercle en faisant croire que tout est résolu.

On ne prétend pas « démontrer » l’existence de Dieu, dans le sens que nous donnons communément à ce terme. Ici bas, nous voyons comme dans un miroir ou à travers une énigme, dit saint Paul. Lorsqu’un rayon de lumière entre dans une pièce, ce que l’on voit n’est pas la lumière elle-même, mais la danse de la poussière qui reçoit et révèle la lumière. C’est ce qui se passe avec Dieu : nous ne le voyons pas directement, mais nous voyons comme un reflet de Dieu dans la danse des choses. Ceci explique pourquoi seul le « saut » de la foi peut nous permettre d’atteindre Dieu.

© Innovative Media, Inc.

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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 18:44

J’ai découvert ces derniers jours (par l’intermédiaire du Blog Anuncio blog) la page Dailymotion du Père Pages.

En quelques clips de quelques minutes, le Père répond en quelques mots édifiants à des questions touchant à la foi chrétienne. C’est court-bref-et-pas-long, c’est dense et nourrissant, bref, il vaut la peine de s’y rendre et de se laisser enseigner. Je me permettrai avec l’aimable autorisation de l’auteur de vous renvoyer de temps à autre à telle ou telle de ses interventions, en espérant qu’elles vous feront grandir dans la connaissance de notre foi, et dans la joie de croire dans le Dieu de Jésus-Christ.

Cette récente découverte me suggère une réflexion. Nous vivons, je trouve, une époque formidable, vraiment extraordinaire. Avec Internet, la Nouvelle Evangélisation connaît un essor nouveau, avec les nombreux sites existants, l’explosion des Blogs, et le surgissement croissant des moyens audio-visuels (songeons au remarquable travail d’un Joseph-Marie Verlinde ou d’un Père Pagès, ou aux sites de téléchargement gratuits - ou peu onéreux - tels que EXULTET ou les Conférences de Samarie). Grâce à ce média, l’Eglise devient accessible et visible au grand public, par delà les frontières physiques et autres barrières intellectuelles ; elle peut ainsi aller à la rencontre de nombreuses âmes qu’elle ne pourrait sans doute pas toucher autrement.

Surtout : Internet est le lieu par excellence où l’Eglise peut montrer son vrai visage, que ce soit à travers les prêtres ou séminaristes qui ont investi la « toile », ou par les nombreux laïcs qui ont la part belle dans ce nouveau cyber-paysage, et qui peuvent réaliser pleinement leur vocation baptismale : sacerdotale et prophétique. L’Eglise elle-même peut accomplir sa mission sans prosélytisme aucun, en se proposant simplement à la curiosité des internautes, qui ont tout loisir de passer leur chemin d’un simple clic, ou bien de s’arrêter un peu plus longuement s’ils le souhaitent.

Comme le disait le Pape Jean-Paul II dans son Message 24 janvier 2002, à l'occasion de la Journée mondiale des Communications : « Internet est certainement un nouveau "forum", entendu dans son antique sens romain d'espace public où étaient conduites la vie politique et les affaires, où étaient remplis les devoirs religieux, où se déroulait la plupart de la vie sociale et où était exposé ce qu´il y a de meilleur et de pire dans la nature humaine, (...) un espace peuplé et bruyant, qui reflétait à la fois la culture environnante et créait une nouvelle culture propre. Cela est tout aussi vrai du "cyberspace", qui est en quelque sorte une nouvelle frontière qui s'ouvre au début de ce nouveau millénaire. Comme toutes les nouvelles frontières des autres époques, celle-ci également est riche de dangers et de promesses et est marquée par l'esprit d'aventure qui a caractérisé d'autres grandes périodes de changement. Pour l'Eglise, le nouveau monde du "cyberspace" est une exhortation à la grande aventure d'utiliser son potentiel pour proclamer le message de l'Evangile. Ce défi est au cœur de ce que signifie, au début du millénaire, suivre le commandement du Seigneur d'"avance au large : Duc in altum ! »

Je me réjouis personnellement d’être engagé dans cette grande aventure qui ne fait que commencer… De nouveaux développements sont à prévoir, tous aussi réjouissants les uns que les autres. Rendons grâce à Dieu pour toutes les œuvres qu’il suscite pour Se rendre présent à l’esprit et au cœur des hommes de notre temps. Grande est Sa miséricorde et merveilleuses sont toutes Ses œuvres ! Qu’Il soit béni maintenant et toujours, et qu’Il vous bénisse, chers lecteurs, tous et chacun en particulier, Lui qui vient à vous pour vous révéler son amour et vous donner sa paix.

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16 juin 2007 6 16 /06 /juin /2007 10:48

Pourquoi dormons-nous si mal ? Pourquoi tant de nos contemporains souffrent-ils d’insomnie ? RV, sur le site Chère Gospa, nous invite à y réfléchir, et nous propose une thérapie toute simple…

Beaucoup de gens de notre époque souffrent d'insomnie. Les médias nous parlent tous les jours de ce problème. Pour essayer d'apporter une solution, nombreux sont ceux qui proposent des méthodes du type : infusions, décoctions, exercices de relaxation, gymnastique, acupuncture, bains aromatiques, oreillers ou matelas spéciaux...

 

Ceux-là ne se rendent pas compte, en conseillant ces méthodes (qui ont sûrement une certaine utilité), qu'elles ont un impact surtout sur le corps (et non pas sur l'âme). Or, c'est bien dans l'âme qu'est le problème.

 

En effet, quand la nuit vient et que le silence se fait peu à peu, autour de nous, alors l'âme – privée des excitations extérieures qui l'étourdissent – est rendue à elle-même. Elle n'a rien à quoi se raccrocher pour oublier ce dont elle souffre. C'est pourquoi les tourments intimes se réveillent. Tous ces "petits démons intérieurs", qui sont le fruit de notre péché, viennent tournoyer en nous. Ils donnent à notre âme des mouvements désordonnés qui l'empêchent de s'abandonner à la douceur de la nuit : angoisses, frayeurs, vertiges, inquiétudes, culpabilités... Oui, tout cela remonte à la surface et déséquilibre l'être humain.

 

C'est pourquoi il me semble que le vrai remède contre l'insomnie est la confession. Si d'aventure nous avons des problèmes de sommeil, allons voir un prêtre et avouons-lui tous nos péchés. Prenons également l'habitude de faire cette démarche régulièrement (…).

 

Nous verrons que, peu à peu, notre sommeil reviendra. Notre conscience, rétablie dans l'amitié avec Dieu par le sacrement du pardon, sera en nous "comme un petit enfant contre sa mère" (psaume 130).

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10 juin 2007 7 10 /06 /juin /2007 10:29

 Dieu s’est fait pain, et non pas acier, caviar ou étoffe,

parce que le pain est porteur d’un symbolisme inouï.

Fruit de la terre et du travail des hommes,

il représente à la fois l’action merveilleuse de Dieu

et celle de l’homme.  

Il est cadeau de Dieu : pas besoin d’être poète pour admirer à cette période de l’année les magnifiques champs de blé qui déjà commencent à se dorer, les épis drus et serrés qui demain donneront de beaux grains gonflés de farine. Et dans ce regard sur les blés, nous englobons tout ce qu’il y a dans la nature : le soleil et la mer et la lune et les vents et les pluies sans lesquels ces blés ne seraient pas là. Tout est cadeau de Dieu, et symbolisé par ce pain. Il est aussi cadeau de Dieu parce qu’il est nourriture tellement riche et à la portée du plus pauvre. Et c’est ainsi que de lui-même, le pain invite à la louange du Créateur.

Mais il est aussi cadeau de l’homme : le pain doré qui sort au petit matin du four du boulanger est le fruit du travail de l’homme. Il est fait de farine, d’eau, de sel et de levure, mais aussi de combien de sueurs! Sueurs du mitron, mais aussi du cultivateur qui a labouré, semé, désherbé, moissonné dans la poussière. Sueurs de tous ces hommes qui ont construit les semoirs et les moissonneuses-batteuses. Sueurs des ingénieurs qui ont inventé ces machines.

Oui, le pain représente aussi symboliquement tout le travail des hommes. Quelle offrande merveilleuse le prêtre fait alors à Dieu quand il lui offre à chaque messe ce pain si humble et si riche de symbolisme.

Voilà pourquoi le Christ a choisi le pain comme signe de sa présence à nos côtés pour louer le Père : de ce pain, le Christ va faire son propre corps. Le blé, la belle farine ont dû être humanisés par l’homme pour devenir baguette ou miche paysanne. Cette fois, le Christ va faire un pas de plus : diviniser cette pauvre réalité matérielle, de sorte que la louange de l’homme devant la beauté du monde va pouvoir devenir la louange du Fils à son Père pour le monde, de sorte que le travail de l’homme, représenté par ce pain, va devenir travail du Christ.

« L’hostie consacrée, ce n’est pas le Christ qui tombe du ciel dans un morceau de pain ; l’hostie consacrée, c’est l’homme christifié, l’homme devenu Christ » (Père Varillon).

L’Eucharistie, c’est le pain de la louange, c’est le chant d’amour de toute la création qui remonte vers Dieu par le Christ fait pain. « Il prit du pain et rendît grâces ». C’est aussi l’homme qui offre à Dieu le plus beau fruit de la terre : son propre Fils. Louange qui monte chaque jour de nos autels à l’heure où tant de blasphèmes et de haines montent parfois vers le ciel.

Mais le pain, si beau soit-il, n’est pas fait pour rester en vitrine. Il est fait pour être mangé. Il n’entretiendra la vie de l’homme qu’en étant lui-même consommé, détruit. Nous retrouvons l’une des grandes lois de la vie : « si le grain ne meurt pas ». On pourrait imaginer la fable du petit pain qui ne veut pas être mangé, qui se cache au fond d’une armoire, et qui finit en quelques jours par devenir pain rassis et moisi, dont personne ne veut plus.

Et là encore, ce symbolisme de la nourriture qui est détruite pour donner la vie va être particulièrement révélateur du sacrifice que le Christ a fait de lui-même pour que tous ses frères les hommes possèdent sa vie. Le Christ, sous les apparences du pain rompu, est bien le Christ de la Croix. Ce pain rompu nous rappelle que nos messes nous projettent vingt siècles en arrière, devant le grand sacrifice du Calvaire. Surtout, que sur l’autel, le Christ est bien présent sous les deux espèces qui, ici, sont symboliquement (mais seulement symboliquement) séparées, pour mieux évoquer la séparation qui se réalisa sur la Croix, du sang qui jusqu’à la dernière goutte quitta son corps sacré. En offrant ce pain au Père, nous offrons le seul sacrifice qui peut lui plaire : celui de son Fils, en qui Dieu reconnaît tous les sacrifices de toutes les religions, mais aussi le sacrifice de tous ceux qui ont donné leur vie pour une cause. « Ceci est mon corps ».

On sait combien le pain dans la vie courante est un symbole de communion. Manger à la même table, partager le même pain unit profondément les êtres. Il a vraiment fallu, pour qu’on s’en rende compte, qu’on invente ces inhumains selfs où chacun remplit son plateau, paie, puis va chercher une place où il va pouvoir manger tout seul, un peu comme le chien qui va dans un coin savourer son os à l’abri de la convoitise des autres. Le pain partagé, c’est un symbole tellement fort de l’amitié et de l’amour, que celui qui ne se sent plus compris dans le groupe familial refuse de se mettre à table avec les autres : il ne mangera pas ou ira manger seul sa pitance dans son coin.

On comprend là encore que le Christ ait choisi le pain pour manifester sa volonté de réunir tout le peuple de Dieu. Tous ceux qui reçoivent son corps sacré dans l’Eucharistie sont unis au Christ bien sûr, dans ce contact charnel et formidable avec la chair du Christ, mais par le fait même, ils sont unis entre eux.

Impossible pour un conjoint de s’approcher de la sainte table alors qu’il rejette l’amour de l’autre. « Va d’abord te réconcilier avec ton frère… » Impossible de s’approcher du Prince de la Paix avec la haine au cœur. Nous savons bien que le grand rêve de l’œcuménisme ne sera pleinement réalisé que lorsque tous pourront s’asseoir à la même table eucharistique, en donnant le même sens à ce repas. 

EN CONCLUSION 

Terminons avec le Père Monier : « Ô Homme, pauvre, anxieux, Homme qui a faim ! Viens à Bétlhéem (maison du pain), là est le pain de vie. Mange sa parole, l’intonation de sa voix, son regard aimant et lumineux. »

Les déportés des camps savaient quel réconfort fut pour eux ces parcelles d’hostie distribuées sous le manteau. Dans son livre sur Dachau, le Dr Py, un déporté, raconte comment il sentit monter soudainement en lui une tendresse infinie pour ceux-là même qui le torturaient, comment il fut soulevé d’un bonheur et d’un amour inattendus, parce qu’au fond de sa pochette, dans un papier plié, il avait oublié un instant, un tout petit fragment d’hostie.

Ø Père Denis SONET, in L’Evangile au présent, Tome II, « Du Carême B au Carême C », Editions Fates 1997, page 93 et s.

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8 avril 2007 7 08 /04 /avril /2007 23:31

Je vous propose aujourd'hui de méditer ce commentaire de l’Evangile du Dimanche de Pâques proposé par le père Raniero Cantalamessa OFM Cap, prédicateur de la Maison pontificale. Source : ZENIT.org

Il y a des hommes – nous le voyons dans le phénomène des terroristes kamikazes – qui meurent pour une cause erronée ou même injuste, convaincus, à tort, même s’ils sont de bonne foi, que celle-ci est bonne. La mort du Christ elle-même, ne témoigne pas en soi de la vérité de sa cause mais uniquement du fait qu’il croyait à la vérité de sa cause. La mort du Christ est le témoignage suprême de sa charité, mais pas de sa vérité. Le seul témoignage approprié de sa vérité est la résurrection. « La foi des chrétiens, dit saint Augustin, est la résurrection du Christ. Il n’est pas difficile de croire que Jésus est mort ; les païens le croient également, tout le monde le croit. Mais ce qui est vraiment grand, c’est de croire qu’il est ressuscité ».

Mais, fidèles à l’objectif qui nous a guidés jusqu’ici, nous sommes cependant contraints de laisser la foi de côté pour le moment, et de nous en tenir à l’histoire. Nous allons tenter de répondre à la question :
pouvons-nous ou non, définir la résurrection du Christ comme un événement historique, dans le sens commun du terme, c’est-à-dire de quelque chose qui s’est « réellement produit » ?

Deux faits s’offrent à la considération de l’historien et lui permettent de parler de la résurrection : tout d’abord, la foi soudaine et inexplicable des disciples, une foi d’une ténacité telle, qu’elle résiste même à l’épreuve du martyre ; deuxièmement, l’explication de cette foi que les intéressés, c’est-à-dire les disciples, nous ont laissée.
Au moment décisif, lorsque Jésus fut arrêté et exécuté, les disciples n’étaient dans l’attente d’aucune résurrection. Ils prirent la fuite et considérèrent que le cas de Jésus était clos.

Il a donc dû se produire quelque chose qui, en peu de temps, a non seulement provoqué le changement radical de leur état d’âme mais les a conduits à une activité complètement nouvelle et à la fondation de l’Eglise. Ce « quelque chose » est le noyau historique de la foi de Pâques.

Le témoignage le plus ancien de la résurrection est celui de Paul qui dit : « Je vous ai donc transmis en premier lieu ce que j'avais moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Ecritures, qu'il a été mis au tombeau, qu'il est ressuscité le troisième jour selon les Ecritures, qu'il est apparu à Céphas, puis aux Douze. Ensuite, il est apparu à plus de 500 frères à la fois -- la plupart d'entre eux demeurent jusqu'à présent et quelques-uns se sont endormis -- ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. Et, en tout dernier lieu, il m'est apparu à moi aussi, comme à l'avorton ». (1 Co 15, 3-8).

Ces paroles ont été écrites en 56 ou 57 après J.C. Le noyau central du texte cependant, est constitué d’un credo antérieur, que saint Paul dit avoir lui-même reçu d’autres personnes. Si l’on tient compte du fait que Paul apprit ces formules immédiatement après sa conversion, nous pouvons les faire remonter à environ 35 après J.C, c’est-à-dire à cinq, six ans après la mort du Christ. Un témoignage d’une rare valeur historique, par conséquent.

Les récits des évangélistes furent écrits quelques décennies plus tard et reflètent une phase ultérieure de la réflexion de l’Eglise. Le noyau central du témoignage demeure toutefois inchangé : le Seigneur est ressuscité et est apparu vivant. A cela s’ajoute un élément nouveau, peut-être déterminé par une préoccupation apologétique et donc de moindre valeur historique : l’insistance sur le fait du sépulcre vide. Pour les évangiles également, les apparitions du Ressuscité restent le fait décisif.

Les apparitions témoignent toutefois également de la nouvelle dimension du Ressuscité, sa manière d’être « selon l’Esprit », qui est nouvelle et différente de la manière d’être antérieure, « selon la chair ». Il ne peut pas être reconnu par exemple par toute personne qui le voit mais seulement par celui de qui il se fait connaître. Son corps est différent d’avant. Il est libre des lois physiques : il entre et sort à portes closes ; il apparaît et disparaît.

Rudolf Bultmann avance une explication différente de la résurrection, encore reproposée par certains, selon laquelle il s’agit de visions psychogènes, c’est-à-dire de phénomènes subjectifs, du genre des hallucinations. Mais si cela était vrai, ce serait en définitive un miracle aussi grand que celui que l’on veut éviter d’admettre. Cela suppose en effet que des personnes différentes, dans des situations et des lieux différents, aient toutes eu la même impression, ou hallucination.

Les disciples n’ont pas pu se tromper : ils étaient des personnes concrètes, des pêcheurs, loin d’être enclins à avoir des visions. Au départ, ils ne croient pas ; Jésus doit presque forcer leur résistance : « Ô cœurs… lents à croire ! ». Ils n’ont pas pu vouloir tromper les autres non plus. Tous leurs intérêts y étaient opposés ; ils auraient été les premiers à se sentir trompés par Jésus. S’il n’était pas ressuscité, à quoi cela servait-il d’affronter la persécution et la mort pour lui ? Quel avantage matériel en tiraient-ils ?

Après avoir nié le caractère historique, c’est-à-dire le caractère objectif et pas seulement subjectif de la résurrection, la naissance de l’Eglise et de la foi devient un mystère encore plus inexplicable que celui de la résurrection elle-même. L’on a remarqué à juste titre que : « L’idée que l’imposant édifice de l’histoire du christianisme soit comme une énorme pyramide placée en équilibre sur un fait insignifiant est certainement moins crédible que l’affirmation selon laquelle l’événement dans son ensemble – c’est-à-dire l’état de fait et la signification inhérente à cet état de fait – ait réellement occupé une place dans l’histoire comparable à celle que lui attribue le Nouveau Testament ».

Quel est alors le résultat de la recherche historique à propos de la résurrection ?
Nous le saisissons dans les paroles des disciples d’Emmaüs : le matin de Pâques, quelques disciples se sont rendus au sépulcre de Jésus et ont trouvé les choses comme l’avaient rapporté les femmes, qui y étaient allées avant eux, « mais lui, ils ne l’ont pas vu ». L’histoire également se rend au sépulcre de Jésus et doit constater que les choses sont comme les témoins l’ont affirmé. Mais lui, le Ressuscité, elle ne le voit pas. Il ne suffit pas de constater historiquement, il faut voir le Ressuscité et cela, l’histoire ne peut le donner, seule la foi peut le faire.

L’ange qui apparut aux femmes, le matin de Pâques, leur dit : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? » (Lc 24, 5). Je vous confesse qu’au terme de ces réflexions je sens ce reproche comme s’il m’était adressé à moi également. Comme si l’ange me disait : « Pourquoi t’attardes-tu à chercher parmi les arguments morts de l’histoire, celui qui est vivant et qui agit dans l’Eglise et dans le monde ? Va plutôt et dis à tes frères qu’il est ressuscité ».

Si cela ne dépendait que de moi, je ne voudrais faire que cela. J’ai laissé depuis trente ans l’enseignement de l’histoire des origines chrétiennes pour me consacrer à l’annonce du royaume de Dieu, mais ces derniers temps, face aux négations radicales et infondées de la vérité des évangiles, je me suis sentis obligé de reprendre mes outils de travail. D’où la décision d’utiliser ces commentaires des évangiles du dimanche pour enrayer une tendance souvent provoquée par des intérêts commerciaux, et donner à ceux qui par hasard, les liront, la possibilité de se faire une opinion sur Jésus, moins influencée par le tapage publicitaire.

Lire aussi "Les vivants qui combattaient un mort ont été réduits à l'impuissance"

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18 mars 2007 7 18 /03 /mars /2007 14:14

Chers amis lecteurs,

L'Eglise nous donne à méditer ce dimanche l'une des plus belles pages de l'Evangile : la parabole de l'enfant prodigue.

Pour réfléchir plus avant sur cette extraordinaire révélation de la bonté du Père des Cieux pour chacun de nous, je vous invite à découvrir et écouter l'enseignement du Père Yves Le Saux, prêtre de la Communauté de L'Emmanuel, donné en 1999 à Paray le Monial, lors d'une session d'été.

 

 1- La parabole du fils prodigue (1ère partie)

 2- La parabole du fils prodigue (2e partie)

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23 février 2007 5 23 /02 /février /2007 00:00

Bien avant qu’il ne devienne un exégète savant et réputé, brillant directeur de dames de la haute société romaine, Jérôme avait un moment essayé de vivre en ermite dans quelque grotte du Désert de Juda. Avec la présomption propre à cet âge, le jeune Jérôme s’était livré avec ardeur aux multiples formes d’ascèse en usage parmi les moines. Mais les fruits s’en faisaient attendre. Le temps lui fera vite comprendre que sa vraie vocation était ailleurs dans l’Eglise, et que son séjour parmi les moines de Palestine n’en serait que le prélude.

 

Cependant, St Jérôme avait encore beaucoup à apprendre. Entre-temps, le jeune novice se trouvait plongé dans le désespoir. En dépit de tous ses efforts généreux, aucune réponse n’était venue du ciel. Il partait à la dérive, sans gouvernail, au milieu de ses tempêtes intérieures, si bien que les vieilles tentations déjà bien familières ne tardèrent pas à lever la tête. Jérôme avait perdu courage. Qu’avait-il donc fait de mal ? Où trouver la cause de ce court-circuit entre Dieu et lui ? Et comment rétablir le contact avec la grâce ?

 

Jérôme se creusait ainsi la tête, quand soudain il remarqua un crucifix qui était venu se fixer entre les branches desséchées d’un arbre. Jérôme se jeta sur le sol et se frappa la poitrine d’un geste solennel et vigoureux. C’est dans cette position humble et suppliante que la plupart des peintres le représentent.

 

Aussitôt, Jésus rompit le silence et s’adressa à St Jérôme du haut de la croix :

 

- Jérôme, dit-il, qu’as-tu à me donner ? Que vais-je recevoir de toi ?

 

La seule voix de Jésus suffit à rendre courage à Jérôme, et il songea immédiatement à quelque présent qu’il pourrait offrir à son ami crucifié.

 

- La solitude dans laquelle je me débats, Seigneur, répondit-il.

 

- Excellent, Jérôme, répondit Jésus. Je t’en remercie. Tu as vraiment fait de ton mieux. Mais as-tu quelque chose de plus à m’offrir ?

 

Jérôme n’hésita pas un instant. Bien sûr qu’il avait une foule de choses à offrir à Jésus :

 

- Naturellement, Seigneur, reprit-il, mes jeûnes, la faim, la soif : je ne mange qu’au coucher du soleil !

 

A nouveau Jésus répliqua :

 

- Excellent Jérôme, je t’en remercie. Je le sais, tu as fait de ton mieux. Mais as-tu encore autre chose à me donner ?

 

Une nouvelle fois Jérôme songea à ce qu’il pourrait encore offrir à Jésus. Et le voilà à mentionner ses veilles, la longue récitation des psaumes, son étude assidue de la Bible, de jour comme de nuit, le célibat auquel il s’essayait tant bien que mal, le manque de confort, la pauvreté, les hôtes les plus imprévus qu’il se faisait fort d’accueillir sans grogner et avec une mine pas trop désagréable, enfin la chaleur du jour et le froid de la nuit.

 

A chaque fois, Jésus le félicitait et l’en remerciait. Il le savait depuis longtemps : Jérôme tenait tellement à faire de son mieux. Mais à chaque fois aussi, un sourire malicieux sur les lèvres, il le pressait un peu plus et lui demandait encore :

 

- Jérôme, as-tu quelque chose de plus à me donner ?

 

A la fin, ayant énuméré toutes les bonnes œuvres dont il se souvenait, et comme Jésus lui posait une dernière fois la même question, un peu découragé et ne sachant plus à quel saint se vouer, Jérôme ne put que balbutier :

 

- Seigneur, je t’ai déjà tout donné, il ne me reste vraiment plus rien !

 

Alors il se fit un grand silence dans la grotte et jusqu’aux confins du Désert de Juda, et Jésus répliqua une dernière fois :

 

- Si Jérôme, tu as oublié une chose : donne-moi encore tes péchés, afin que je puisse te les pardonner…

 

 

 

In "Au gré de sa grâce" , André Louf, Desclée de Brouwer, 1989

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24 janvier 2007 3 24 /01 /janvier /2007 09:52

[Lu dans la dernière livraison de la revue « Philosophie magasine » n° 5 de décembre 2006 – janvier 2007, cette intéressante réflexion de Denis Moreau, professeur de philosophie à l’université de Nantes, sur la question du "statut de la raison en contexte religieux".]

L’attention portée au court passage sur la critique de l’islam chez un Byzantin du XIVe siècle a pu masquer le thème central du « discours de Ratisbonne » prononcé par Benoît XVI en septembre : le statut de la raison, considérée en elle-même, et dans son éventuel usage en contexte religieux.

 

Sur la première question, le pape s’oppose sans surprise à une conception positiviste qui réserverait la rationalité aux seules sciences exactes. Il esquisse une « critique de la raison moderne » et réclame un « élargissement de notre concept de raison et de l’usage de celle-ci », notamment aux domaines de la philosophie et de la théologie.

 

Sur la seconde question, la thèse est schématiquement la suivante : lorsqu’on estime que Dieu existe, ou bien on considère qu’il y a du rapport, de la ressemblance entre raison humaine et raison divine ; Dieu et ce qui le concerne – la « religion » – sont alors légitimement objets d’un discours rationnel. Nous pouvons par exemple raisonner et débattre pour tenter de confirmer ou de critiquer les prescriptions morales des religions. Ou bien on estime que « Dieu est absolument transcendant, [que] sa volonté n’est liée à aucune de nos catégories, fût-ce celle du raisonnable ». Dans ce cas, Dieu est hors de portée de notre raison, ses décisions sont de notre point de vue aussi arbitraires qu’indiscutables (« c’est ainsi parce que Dieu l’a voulu »), et il est envisageable d’imposer l’obéissance aux prescriptions religieuses par des voies elles aussi arbitraires, notamment par la contrainte.

 

Le texte fait ensuite l’éloge de la rationalité et de la philosophie, présentées comme les outils privilégiés d’une religion ouverte au dialogue, et condamne l’irrationalisme religieux, qui dériverait facilement vers des formes violentes.

 

Cette analyse conduit-elle à superposer le couple rationalisme-irrationalisme ainsi entendu au couple christianisme-islam ? En quelques lignes caricaturales, Benoît XVI signale une forme d’irrationalisme islamique. Mais le volet polémique de sa critique de la déraison en théologie vise d’abord et explicitement la tradition intellectuelle chrétienne issue des théologies « volontaristes » du XIVe siècle (…).

 

Ce texte dégage donc une opposition de fond entre deux conceptions de la religion, mais ne la réduit pas à un choc du christianisme et de l’islam. Il suggère plutôt un affrontement séculaire et répété entre deux tendances présentes aussi bien dans l’islam que dans le christianisme. Ainsi considéré, il invite les croyants de tous pays à se défier de l’irrationalisme religieux et à s’unir en une sorte d’internationale philosophique pour discuter sous les auspices de la « rationalité élargie ». L’idée est assurément contestable. Mais après tout, on a connu et on connaît encore quelques croyants affairés à des activités moins raisonnables et pacifiques que celles-ci proposées.

 

Exagérons, pour conclure. Quel est le dernier ouvrage écrit par une personnalité d’envergure planétaire et qui défend mordicus l’importance de la philosophie et du travail des philosophes ? L’encyclique « Foi et raison » de Jean-Paul II. Et c’est l’actuel Pape qui a conduit une bonne partie des intellectuels, éditorialistes et chroniqueurs occidentaux à s’interroger, le temps d’une polémique, sur le statut de la raison, l’importance de la philosophie et leur rôle dans le dialogue entre les cultures. De là une question qu’on posera aux membres et sympathisants de l’Eglise catholique : êtes-vous toujours à la hauteur des exigences rationnelles de vos pontifes ?

 

Et à ceux qui ne partagent pas les options religieuses de Benoît XVI, on pourrait demander s’il est bien raisonnable de laisser aux papes et à certains de leurs coreligionnaires le quasi-monopole de la défense publique de la philosophie.

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