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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 18:21

«(…) il se créa peu à peu cette catégorie de « gens sérieux » qui montre du Christianisme le visage le plus déplaisant. Estimant avec justesse au plus haut point la Vérité, ils se sont enfermés avec elle de la façon la plus stricte comme on le ferait d’un lingot d’or dans un coffre fort. Mais la Vérité n’est pas un métal ; elle est fleur, elle est vie, elle respire l’air et le soleil de Dieu. La Vérité des « gens sérieux » s’est desséchée ; et ce qui en a survécu n’a plus aucun rayonnement… accusant les catholiques les plus humains et normaux d’être des libéraux… »

Monseigneur Ducaud-Bourget

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 20:31

"En Occident, ou tout au moins en Europe, le christianisme lui-même traverse une crise.  […] Il y règne une ignorance et une négligence non seulement de la doctrine catholique, mais du B.A-BA même du christianisme. On sent donc l’urgence de la nouvelle évangélisation, qui commence par le kérygme pur et nu annoncé aux non-croyants, suivi d’une catéchèse continue alimentée par la prière. Mais le Seigneur n’est jamais vaincu par la négligence humaine et il semble que, tandis qu’en Europe on lui ferme les portes, ailleurs il les ouvre toutes grandes, particulièrement en Asie. Et Dieu ne manquera pas, même en Occident, de se réserver un reste d’Israël qui n’a pas fléchi le genou devant Baal, un reste que nous trouvons principalement dans de très nombreux mouvements laïcs dotés de charismes divers qui apportent actuellement une importante contribution à la nouvelle évangélisation."

Méditation prononcée devant les cardinaux au début du dernier conclave.

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13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 19:15

Dans l'évangile de ce dimanche, un docteur de la Loi interroge Jésus : "Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle?"

C'est peut-être une question qui nous habite. Comment faire pour aller au ciel? Comment atteindre le Paradis? Comment accéder au bonheur sans fin auprès de Dieu? Y a-t-il un chemin qui mène à la joie éternelle? Et si oui, quel est-il?

Jésus renvoit son interlocuteur aux Ecritures : "Dans la Loi, qu'y a-t-il d'écrit? Que lis-tu?"

Au fond, Jésus nous invite à trouver nous-même la réponse. La réponse, nous la connaissons. Elle ne nous est pas étrangère. Elle ne nous est pas extérieure. Elle est en nous - inscrite dans notre propre nature. "Cette Loi que je te prescris aujourd'hui n'est pas hors de ton atteinte" dit le Seigneur dans la première lecture de ce jour. Elle n'est pas "dans les cieux" ou "au-delà des mers" que tu ne puisses l'attraper. "Elle est tout près de toi cette parole, elle est dans ta bouche et dans ton coeur."

Comme l'écrit le Pape François dans sa première encyclique, au sujet du père des croyants : "La Parole de Dieu, même si elle apporte avec elle nouveauté et surprise, ne se trouve en rien étrangère à l’expérience du Patriarche.  Dans la voix qui s’adresse à lui, Abraham reconnaît un appel profond, inscrit depuis toujours au coeur de son être (...). Pour Abraham la foi en Dieu éclaire les racines les plus profondes de son être, lui permet de reconnaître la source de bonté qui est à l’origine de toutes choses, et de confirmer que sa vie ne procède pas du néant ou du hasard, mais d’un appel et d’un amour personnels. Le Dieu mystérieux qui l’a appelé n’est pas un Dieu étranger, mais celui qui est l’origine de tout, et qui soutient tout."

Voilà pourquoi le secret du bonheur absolu se trouve là : "Tu aimeras..." C'est l'amour qui est la source de la vie, c'est l'amour qui fait vivre et rend heureux, c'est l'amour qui permet aux êtres de s'épanouir et de déployer leurs potentialités, c'est l'amour qui libère intérieurement et qui donne la joie profonde et véritable. Voilà une vérité absolue (LA vérité absolue) - dont tout le monde, au fond, est convaincu. L'expérience de chaque jour nous offre maintes illustrations de cette vérité qui ne se dément jamais.

Tous les maux viennent d'une déficience d'amour - tous les biens d'une expression de l'amour. Preuve s'il en est que nous ne sommes pas simplement un conglomérat de molécules constituées d'atomes et de vide, fruit du néant et du hasard, mais que nous sommes structurés de façon à recevoir de l'amour et à en donner. Cette structure intérieure de notre être nous révèle le secret de notre origine : nous venons de l'Amour ; c'est l'Amour qui nous a conçu et donné la vie ; notre vie est faite pour l'amour ; et tout nous donne à penser que notre vie s'accomplira dans l'amour, pour toujours (car ce que donne l'amour, l'amour ne peut le reprendre).

"Tu aimeras" donc... Mais qui? Mon prochain, bien sûr - Jésus nous invitant dans l'Evangile à nous faire le prochain de tout homme.

Mais la Loi ne parle pas d'abord du prochain. La Loi parle d'abord de Dieu. Parce que Dieu est Amour, qu'il nous a créé par amour et pour l'amour - donc pour la vie, la joie, le bonheur éternels - il est infiniment adorable. Et il mérite, Lui, plus que tout autre être au monde, d'être aimé. Totalement. Absolument. Infiniment. Pour tout ce qu'il est. Pour tout ce qu'il fait. Voilà pourquoi la Loi nous demande d'aimer le Seigneur "notre" Dieu. De tout notre coeur, de toute notre âme, de toute notre force et de tout notre esprit. Parce qu'il est "notre" Dieu, Lui qui nous a fait, Lui qui nous aime et qui veut nous partager sa joie d'aimer et d'être aimé.

Comment aimer Dieu comme il convient? Ainsi que le texte biblique le suggère :

* De tout notre coeur - en aimant ce qu'il est, ce qu'il fait ; en cherchant à comprendre ses voies lorsque celles-ci nous déconcertent ; en acceptant sa volonté sur nous ; en aimant ses serviteurs, ses messagers, ses saints.

* De toute notre âme - en lui donnant du temps dans la prière, en écoutant la Parole de Dieu et en recevant les sacrements qui sont la nourriture de notre âme.

* De toute notre force - en renonçant au mal et en choisissant le bien, autant que nous le pouvons.

* De tout notre esprit - en nous ouvrant à l'intelligence de la foi par de bons livres ou... de bons sites internets et autres blogs! 

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 00:00
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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 23:00

Ceux qui, avec une intention droite, désirent amener des gens étrangers à la religion chrétienne, à la foi juste, doivent s'y efforcer par des paroles de bonté et non pas par des paroles dures, en sorte que l'inimitié ne repousse pas au loin ceux dont l'esprit aurait pu être mis en mouvement par l'indication d'une raison claire. Car tous ceux qui agissent autrement, et qui sous ce couvert veulent les éloigner de la pratique habituelle de leur rite, il s'avère qu'ils travaillent à leur propre cause plus qu'à celle de Dieu. 

Pape Grégoire Ier dit Le Grand, Lettre "Qui sincera" à l'évêque Paschase de Naples, novembre 602.

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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 18:28

Le mardi 16 août 2005, pendant la prière du soir, au milieu de ses frères et de nombreux jeunes, Frère Roger, fondateur de la communauté de Taizé est assassiné par une ressortissante roumaine déséquilibrée. Tel un agneau, immolé...

 

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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 11:18

"Ô mon Dieu, serait-il possible de trouver une âme qui, après avoir reçu de vous des faveurs si élevées, des joies si intimes, et compris que vous mettiez en elle vos délices, vous ait offensé de nouveau, et ait oublié tant de faveurs et tant de marques de votre amour dont elle ne pouvait douter puisqu’elle en voyait les effets merveilleux ?

 

"Oui, cela est possible, je l’affirme.

 

"Il y a une âme qui vous a offensé, non pas une fois seulement, mais souvent, et cette coupable, c’est moi, ô mon Dieu..."

 

Sainte Thérèse de Jésus, d'Avila

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 21:52

 

Padre Pio

 

"Il est capital que tu insistes sur ce qui est la base de la sainteté et le fondement de la bonté, je veux parler de la vertu par laquelle Jésus se présente explicitement comme modèle : l'humilité (Mt 11,29). L'humilité intérieure ; plus intérieure qu'extérieure. Reconnais qui tu es véritablement : un rien, bien misérable, faible, pétri de défauts, capable de changer le bien en mal, d'abandonner le bien pour le mal, de t'attribuer le bien et de te justifier dans le mal, et par amour de ce mal, de mépriser Celui qui est le Bien suprême.

 

"Ne te mets jamais au lit sans avoir au préalable examiné en conscience comment tu as passé ta journée. Tourne toutes tes pensées vers le Seigneur, et consacre-Lui ta personne ainsi que tous les chrétiens. Puis offre à Sa gloire le repos que tu vas prendre, sans jamais oublier ton Ange gardien, qui se tient en permanence à tes côtés."

 

Saint Padre Pio de Pietrelcina (1887-1968)

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 21:53

Il y a environ un an, j’ai été invité à écrire un chapitre pour un ouvrage collectif portant sur la philosophie politique et les croyances religieuses, qui doit être publié l’an prochain par des presses universitaires. Mon chapitre est provisoirement intitulé : "Fides, ratio et juris : Comment certains tribunaux et certains juristes se font une idée fausse de la rationalité des croyances religieuses," et il traite des prétentions des tribunaux et des théoriciens juristes qui défendent la position selon laquelle les projets de politiques publiques d’inspiration religieuse n’ont pas leur place dans une démocratie libérale parce que les visions du monde religieuses d’où elles émanent sont fondamentalement non-raisonnables, puisqu’elles dépendent de croyances irrationnelles.

 

En préparant ce chapitre, j’ai lu et relu nombre d’actes de procès et de monographies académiques. Les opinions juridiques qui affirment pour la plupart, explicitement ou implicitement, l’irrationalité de la croyance religieuse, ne m’ont pas surpris, puisque les juristes qui les formulent n’ont souvent aucune connaissance de la littérature portant sur la rationalité des croyances religieuses, alors que celle-ci est pourtant au cœur de la philosophie anglo-américaine depuis presque cinq décennies.

 

La surprise est venue du côté des théoriciens du droit. Leur ignorance est confondante. Prenons par exemple l’affirmation d’un de ces chercheurs : "La science laïque et le libéralisme politique, tous deux dévouées au primat de la raison, affirment qu’il est nécessairement impossible d’avoir une vérité incontestable." Nous pouvons mettre cette affirmation sous la forme d’une proposition :

 

"A. La raison dénie nécessairement l’existence de vérités incontestables."

 

Qu’est-ce qu’une vérité incontestable ? Si la raison dénie nécessairement l’existence de vérités incontestables, et si cet auteur offre A comme canon de la raison, alors A n’est pas une vérité incontestable. Mais dans cette situation, il n’est pas incontestable que la raison dénie nécessairement l’existence de vérités incontestables. Par conséquent, la raison pourrait en fait affirmer l’existence de vérités incontestables.

 

D’un autre côté, si A est une vérité incontestable, et que l’auteur présente A comme un canon de la raison, alors il n’est pas avéré que la raison dénie nécessairement l’existence de vérités incontestables. En conséquence, la raison requiert que nous croyions au moins une vérité incontestable, selon laquelle la raison dénie nécessairement l’existence des vérités incontestables. Dans ce cas la raison est complètement non-raisonnable.

 

Mais il est possible de rejeter A parce que c’est une proposition que l’on appelle, dans le langage philosophique, contradictoire dans les termes, mais aussi parce que c’est tout simplement une proposition fausse. Prenons par exemple ces affirmations :

 

“B. Tous les hommes célibataires sont des mâles non-mariés.”

 “C. 2+2 = 4”

 “D. C = 2πr”

 

B, C, et D sont des vérités nécessaires. Elles sont vraies dans tous les mondes possibles. Pourtant les vérités nécessaires sont des vérités incontestables. S’il est raisonnable de croire en l’existence de vérités incontestables - et il semble que cela soit bien le cas, puisqu'elles sont en fait des "vérités" - alors il est non seulement faux que la raison dénie nécessairement l’existence de vérités incontestables, mais de plus, dans certains cas, la raison affirme la nécessité de l’existence de vérités incontestables.

 

Retour aux fondamentaux : les chrétiens doivent insister sur la compatibilité entre foi et raison.

 

Maintenant, considérons ces affirmations : “E. Il est toujours et partout immoral de torturer un enfant pour le plaisir.”

 “F. La finalité intrinsèque de l’esprit humain est l’acquisition de la sagesse.”

 “G. Les personnes humaines sont des êtres d’une valeur et d’une dignité incommensurables.”

 

E, F et G semble être des croyances parfaitement rationnelles. Elles sont, certes, non pas incontestables à la manière de B, C et D, mais elles semblent bien moins contestables que la théorie de la relativité d’Einstein, théorie scientifique bien établie s’il en est une. Cependant, il est facilement concevable que la théorie d’Einstein puisse être réfutée, alors qu’il est difficile de concevoir comment les propositions E, F, et G pourraient être fausses. En conséquence, il semble qu’il y ait des croyances que personne ne doit réfuter ou prouver et qui sont néanmoins parfaitement rationnelles, n’ayant pas besoin d’argumentaire ou de preuve.

 

Les théoriciens du droit que j’ai consultés se prétendent tous experts en loi et en religion et leurs travaux paraissent dans des journaux de droit publiés par des universités prestigieuses. Pourtant, je n’ai pas trouvé chez eux la moindre référence, même superficielle, à l’abondante littérature traitant de la religion et de la rationalité qui est produite par des penseurs, souvent philosophes, religieux ou non, depuis cinquante ans.

 

Il n’y avait aucune mention d’Alvin Plantinga, de William Lane Craig, de Robert C. Koons, de John Haldane, de William Alston, de J.P. Moreland, de Brian Leftow, de Nicholas Wolterstorff, de Linda Zabzebski, de Charles Taliaferro, de C. Stephen Evans, de Dallas Willard, de Richard Swinburne, de John Polkinghorne, d’Eleanore Stump, de John E. Hare, ou de N. T. Wright.

 

Ces chercheurs contemporains, parmi de nombreux autres, ont publié des argumentaires parmi les plus sophistiqués et ciselés concernant des aspects importants de la foi chrétienne, notamment sur la rationalité de la foi en Dieu, sur l’échec du matérialisme philosophique, sur l’existence de l’âme, sur le réalisme moral, sur l’incohérence du scientisme, sur l’historicité de la résurrection du Christ, et sur la coexistence entre Dieu et le mal.

 

Alors même que ces écrits sont complètement absents des articles juridiques que j’ai consultés, leurs auteurs affirment pourtant avec certitude que toutes les croyances religieuses sont sans aucun lien avec l’exercice de la preuve et la confrontation aux étalons ordinaires de la raison.

 

Nous ne devrions donc pas être surpris si, à l’occasion des conflits politiques entre l’Etat et l’Eglise, les élites médiatiques et académiques considèrent le point de vue de l’Eglise comme s’il s’agissait de l’émanation irrationnelle d’un corps étranger à la culture contemporaine. Comme j’ai fini par le réaliser à mon grand regret, ceux-ci n’y connaissent rien, puisque leur éducation les a isolés de points de vue contraires à l’hégémonie laïciste omniprésente dans leur formation intellectuelle.

 

Cela signifie que nous autres chrétiens - protestants, catholiques ou orthodoxes - ne pouvons nous résigner à une simple attitude de tolérance culturelle (ou au simple droit d’expression) sans en même temps défendre la position selon laquelle notre foi, avec tout ce qu’elle comporte et présuppose, est compatible avec la raison. Comme le disait le pape Jean-Paul II, "La foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettent à l’esprit humain de s’élever vers la contemplation de la vérité."


Francis J. Beckwith

Source : France Catholique

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 10:57

J’ai suggéré antérieurement (...) que ce que nous croyons — le contenu de la Foi — est important, non parce qu’il faut obtenir un examen de théologie pour gagner le Ciel, mais parce que la Foi chrétienne est une réponse à une personne, et que l’amour, de par sa nature même, désire connaître le bien-aimé.

 

J’en ai eu un exemple instructif l’autre jour. Un ami professeur de philosophie lisait avec sa classe Le commentaire littéral de la Genèse, ouvrage de saint Augustin notoirement complexe, quand un des ses étudiants a demandé (dans le langage habituel aux étudiants) : « mouais, mais qu’est-ce que ça peut bien foutre ? »

 

A quoi mon ami a répliqué : « — Aimez-vous Dieu ? » « — Oui » a répondu l’étudiant, un peu interloqué. « — Eh bien, écoutez, a dit mon ami. un jour arrivera où vous aurez le bonheur de vous marier. Si ce jour arrive, vous pourriez vous retrouver en discussion avec votre femme, parce qu’elle aurait dit quelque chose et que vous auriez répondu  : « Je ne comprends pas ». Alors, elle essaierait de s’expliquer, et vous diriez probablement quelque chose du genre : « Est-ce cela que tu veux dire ? », et elle : « Non, ce n’est pas du tout ce que je voulais dire ».

 

« Et là, a finalement dit mon ami à son étudiant, là, vous avez un choix à faire. Vous pouvez choisir de dire : "mouais, qu’est-ce que ça peut bien foutre ?" ou vous pouvez choisir de ne pas être idiot. Croyez-moi, c’est important. »

 

C’est pour des raisons comparables que Saint Augustin a essayé sans relâche -à quatre différentes reprises -d’écrire un bon commentaire littéral de la Genèse. Y parvenir avait vraiment de l’importance pour lui, indubitablement parce qu’il croyait que la Genèse était la Parole de Dieu, et ce que Dieu essayait de dire à travers ces mots faisait toute la différence. Ainsi donc, si comme catholiques nous croyons que l’Esprit Saint continue de nous enseigner par les paroles du Magistère de l’Eglise, alors nous devrions prendre garde à comprendre convenablement ces paroles.

 

Dans mon travail de professeur de théologie, je rencontre plein de gens qui ont ce que j’appelle des "pseudo-réponses" à l’enseignement de l’Eglise. Il y en a de plusieurs types.

 

Le premier type est fondé sur une ignorance complète. Quelqu’un vous dit : je suis en désaccord complet avec l’enseignement de l’Eglise sur X !" "Avez-vous lu l’un ou l’autre des documents traitant de cette question ?" "Bien sûr que non, puisque je suis sûr d’être en désaccord."

 

Vraiment ? Combien de fois avez-vous fait l’expérience de rencontrer quelqu’un qui a seulement entendu parler de vous, par des gens parlant dans votre dos ? "Je n’aime pas ce que vous dites et faites", vous déclarent-ils. Puis, après un bref échange, il apparaît que vous n’avez rien dit ni fait de ce qu’ils s’imaginaient. Ils ont haï une chimère, une illusion. De même avec l’Eglise. Fréquemment, quand les gens me décrivent un enseignement de l’Eglise qu’ils détestent, j’ai à leur dire que l’Eglise n’enseigne pas ça du tout. J’ai eu des gens qui n’étaient pas catholiques, qui admettaient ne rien connaître du catholicisme, et qui soutenaient mordicus que l’Eglise avait dit X, Y ou Z quand elle n’en avait rien fait. Les préjugés ont la vie dure.

 

La seconde sorte de pseudo-réponse à l’enseignement de l’Église est basée sur une ignorance partielle et conduit la personne à tordre l’enseignement de l’Église dans une direction donnée.

 

L’Église enseigne que la propriété privée est un élément important de l’épanouissement humain. Ils entendent : l’Église enseigne que la propriété privée doit être protégée en toute circonstance. Non. L’Église enseigne la destination universelle des ressources nécessaires à l’homme. Oui. Ils comprennent : l’Église dit que les programmes d’Etat de redistribution des richesses sont une obligation morale. Non. En réalité, l’Église enseigne à la fois la valeur de la propriété privée et la destination universelle des ressources nécessaires à l’homme.

 

Vous pouvez soit infléchir l’enseignement de l’Église pour le faire cadrer avec vos propres prédispositions, soit essayer de comprendre ce que l’Église essaie réellement de dire. Cela demande un effort. Les préjugés ont la vie dure.

 

Dans ce pays, si vous êtes conservateur, vous aurez tendance à dire oui à l’enseignement de l’Église en matière de morale sexuelle, et non à l’enseignement de l’Église sur la justice sociale. Si vous êtes libéral, vous direz oui à l’enseignement sur la justice sociale et non à l’enseignement sur la morale sexuelle. Quand le Magistère affirme ce que vous aimez, il est "prophétique". Quand il enseigne ce que vous n’aimez pas, ce n’est qu’une poignée de vieillards à côté de la plaque.

 

Les gens demandent : « — Quest-ce qu’une poignée de prêtres peut bien connaître à propos de X » Remplacez l’inconnue par ce qui vous chante : sexe, économie, guerre, politique, science et technologie, comment bombarder une ville, etc. Eh bien, laissez-moi vous dire que leur clairvoyance collective est à l’image de celle de votre mère, bien plus profonde que vous ne l’imaginez. Mais nous ne croyons pas à la claivoyance des évêques per se ; nous croyons à la promesse du Christ d’être avec son Eglise jusqu’à la fin des temps et d’envoyer son Esprit-Saint pour la guider et la protéger.

 

Si vous aimez votre mère, vous vous efforcez de comprendre ce qu’elle vous dit. Et vous êtes attentif à la façon dont elle le dit pour découvrir ses véritables intentions. Si elle insiste sur le fait que quelque chose est vraiment important, vous ne le considérez pas comme un simple conseil, et quand elle dit "ce serait bien", vous n’en faites pas un commandement divin. De même avec l’Église, si vous êtes réellement à l’écoute, parce que vous vous préoccupez de ce qu’elle enseigne, vous ne considérerez pas l’avortement, par exemple, comme juste un choix de vie parmi d’autres, et ne traiterez pas des énergies renouvelables comme d’un commandement de Dieu. Non plus que, si vous aimez votre mère, n’est-ce pas, et que vous êtes avisé, vous n’allez pas lui tapoter la tête quand elle vous fait part de sa sagesse et lui disant : « Oui, oui, mère, comme vous êtes délicieusement vieux jeu ».

 

Nous écoutons souvent sélectivement et nous n’entendons que ce que nous avons envie d’entendre. Mais si le Verbe fait toute la différence dans nos vies, alors ce qu’Il nous enseigne doit tout aussi bien devenir important à nos yeux. L’amour désire connaître le bien-aimé.



Randall Smith, professeur de théologie à l’université Saint-Thomas, à Houston.

 Source : France Catholique

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