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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 00:00

LE POINT (Existence de Dieu)Nous poursuivons ici notre critique du numéro spécial du Point consacré à l’existence de Dieu - publiée simultanément sur le blog Claude Tresmontant.

 

A l'instar de l'éditorial de Franz-Olivier Giesbert, l'article de Jean d'Ormesson commence plutôt bien : "Dieu n'est pas seulement le rêve le plus grand et le plus beau qui ait jamais hanté l'esprit des hommes. Il est peut être la seule réalité, celle auprès de qui l'Histoire, l'existence, l'Univers, l'espace et le temps, vous et moi et tout le reste ne sont qu'un brouillard qui se dissipe, un cauchemar passager, une illusion, un néant. Il est l'origine de tout, la cause de tout, le but final et l'explication dernière. Il ne tolère ni discussion, aucune hésitation, pas la moindre réserve. Il est toutes les réponses et ne pose aucune question." On peut ne pas être d'accord avec toutes ces formules, mais la transcendance de Dieu est ici exaltée – ainsi que son absoluité.

 

"Il est toutes les réponses et ne pose aucune question. Sauf une (poursuit d'Ormesson) : existe-t-il?" C'est en effet la première question. Il ne faut pas la minimiser ni la mépriser. Car Dieu n'est pas évident. Il ne l'est "ni quant à son existence ni quant à sa nature ; de sorte que, avant de le contempler, pour arriver à le contempler, des raisonnements sont nécessaires." (Roger Verneaux, in Introduction générale et logique, Editions Beauchesne 1997, p. 16)

 

D'Ormesson narre ensuite la genèse de l'idée de Dieu dans l'humanité jusque vers "le début du siècle écoulé", et constate qu'après 19 siècles de domination sans partage de Dieu (ou du moins de l'idée de Dieu)"qui régnait en souverain absolu (...), la science prend le pouvoir et l'emporte sur l'Eglise, sur l'armée, sur les politiques ; Dieu est mis en question." D'Ormesson exacerbe la tension entre "Dieu" et la science, en considérant que "Dieu mène contre la science triomphante un combat d'arrière-garde"... Il est dommage ici que d'Ormesson, qui commençait son article par un hommage à l'absolue transcendance de Dieu, ne l'ait pas situé au dessus de toutes ces contingences historiques... Cela dit, son exposé, pour aussi rapide et caricatural qu'il soit (qui s'explique sans doute par le format d'un bref article dans une revue grand public), n'est pas complètement faux.

 

La suite est franchement décevante. "On ne se donnera pas ici le ridicule d'entrer dans le grand débat POUR ou CONTRE son existence auquel tant de grands esprits, de Platon et Saint Augustin à Spinoza et Leibniz, de Jaspers et Teilhard de Chardin à Jacques Monod et François Jacob, ont donné tant d'éclat". Cela part sans doute d'un bon sentiment de la part de l'auteur – qui ne se sent pas de la dimension des penseurs précités pour entrer lui-même dans la mêlée. Il n'empêche… on serait en droit d'attendre d'un reportage portant sur "les questions et réponses sur l'existence de Dieu" un exposé loyal et objectif des diverses positions exprimées sur le sujet – une entrée, précisément, dans le débat. Au lieu de quoi, l'auteur nous livre un tableau de 8 lignes et 2 colonnes POUR et CONTRE censé résumer les arguments des partisans et détracteurs de l'existence de Dieu – mais qui trahit surtout sa méconnaissance des termes actuels de la discussion.

 

d'Ormesson

POUR : Le Big Bang créateur de l'espace et du temps.

CONTRE : Le Big Bang se produisant dans le temps.

 

Pour d'Ormesson, si le Big Bang est à l'origine du temps et de l'espace – et si ceux-ci n'existaient pas "avant" –, ce serait un argument fort en faveur de l'existence d’un Dieu créateur. D'Ormesson ne croit donc pas en la génération spontanée de l'univers – sur ce point, il est rationnel. Comme tous les grands philosophes de l'Histoire de la pensée (à quelques rares exceptions), il considère que le temps et l'espace n’ont pu jaillir du néant absolu ; que s'ils sont venus à l'existence, c'est qu'ils le doivent à un autre Être existant qui, Lui, est en dehors du temps et de l'espace ; au-delà de l’Univers physique et matériel.

 

Le CONTRE en revanche est contestable. Car même à supposer qu'il y ait eu du temps et de l'espace avant le Big Bang – ce que la science réfute aujourd'hui – cela ne démontrerait pas que Dieu n'existe pas (l'éternité du temps pouvant être un corollaire de l'éternité de Dieu). Il faudrait encore rendre compte des étonnantes propriétés de l’univers connu (le nôtre) – caractérisé par une succession de créations se manifestant dans une évolution irrésistiblement orientée vers la complexité, jusqu’au seuil critique de l’apparition de la vie puis de la pensée, tout cela à partir d'un point 0 et avec la seule matière (qui n'existait pas au point 0…). Comme disait Tresmontant : on aurait tort de se focaliser sur le seul Big Bang, comme si cette première "création" était la seule dans l’Histoire de l’univers. Il faut aussi considérer l’apparition continue, tout au long de l’Histoire de l’univers, d’informations nouvelles qui ne pré-existaient en aucune manière et qui ont surgit "spontanément" au fil du temps – ce que Bergson appelait la "création continue d’imprévisible nouveauté".

 

POUR : Une certaine idée de la transcendance.

CONTRE : Les progrès de la science, l'évolution, le transformisme.

 

Autrement dit : l'idée contre les faits. Là, d'Ormesson a clairement un siècle de retard – sa présentation est surannée dans les largeurs. Les progrès de la science accréditent plus que jamais l'existence de Dieu, puisque les thèses de l'éternité de la matière et du hasard ne sont plus recevables aujourd'hui. Dieu est donc plus nécessaire aujourd’hui que jamais.

 

Quant à l'évolution, nous dit Tresmontant, elle "n'est pas un principe d'explication – elle est ce qu'il s'agit d'expliquer". Elle est la création en train de se faire.

 

POUR : La tradition, une intime conviction.

CONTRE : La raison. La régression à l'infini exigée par la notion de Dieu.

 

Autrement dit : la subjectivité irrationnelle et mécanique contre l'objectivité rationnelle. Affligeant... Où l'on se prend à regretter que d'Ormesson n'ait pas lu une ligne de Claude Tresmontant... C'est précisément la raison qui postule l'idée d'un Être transcendant, éternel et absolu – un Être nécessaire qui ne doit son existence à rien ni à personne. Car le néant ne peut être absolument premier. S'il y a de l'être, c'est que de l'être a toujours existé – car autrement, cela reviendrait à affirmer la primauté du néant sur toute chose, ce qui n'est pas une pensée rationnelle. Entre le néant et l’Être, la raison tend vers l’Être. Or, cet Être ne peut être l'Univers – puisqu'il n'est pas éternel, et que ses caractéristiques ne sont pas celles d'un Être auto-suffisant. Dès lors : nous pouvons savoir avec certitude par la raison qu'il existe un autre Être que l'Univers, qui existe de toute éternité, qui est incréé, et qui donne à l'Univers d'exister. Cet Univers évoluant par ailleurs dans un sens déterminé (celui de la complexité croissante jusqu'à l'apparition de la vie et de la pensée) ; et la matière étant structurée de manière mathématique (donc : intelligente) ; nous pouvons entrevoir l'existence d'une Intelligence organisatrice à l'oeuvre conduisant l'évolution jusqu'à son terme, et communiquant à l'Univers les informations nouvelles dont il a besoin (et qu'il ne peut se donner lui-même) pour franchir chaque nouvelle étape de son développement.

 

POUR : Le réglage d'une précision inouïe observé dans l'Univers.

CONTRE : Le jeu du hasard et de la nécessité.

 

Reconnaissons que l'objection du hasard est devenue inoffensive – maintenant que nous connaissons l'Histoire de l'univers (qui rétrécit considérablement le champ des possibles) et l'abîme de complexité de la plus petite cellule vivante.

 

POUR : Un Univers ayant un début et une fin.

CONTRE : Des multiunivers se succédant en accordéon.

 

Cette dernière thèse étant un pur roman, sans le moindre fondement dans la réalité objective...

 

POUR : La dignité de l'homme mêlée à sa misère.

CONTRE : La misère de l'homme mêlée à sa grandeur.

 

C'est la seule objection recevable du point de vue de la raison. L’objection du mal. Comment croire en l’existence de Dieu dans un monde aussi profondément marqué par le mal (guerres, génocides, maladies, handicaps,…) ? Comment Dieu, le Créateur souverainement puissant et intelligent que nous découvre la raison, a-t-il pu créer un tel monde – théâtre de tant d’horreurs ?

 

Pour recevoir une lumière sur ce grand mystère, il faut écouter ce que Dieu lui-même nous en dit. Car s’il en est un qui peut nous dire ce qui ne "fonctionne" pas dans la Création, c’est bien le Créateur lui-même ! Cela suppose évidemment que l'on ait préalablement résolu la question de son existence. Tresmontant fait remarquer à ce sujet que la question du mal renvoie immanquablement au mystère du bien ; que celui-ci est premier, quoiqu’on en dise. Qu'est-ce que le mal en effet, sinon la privation d'un bien? (la mort : la privation de la vie... la maladie : la privation de la santé... la servitude : la privation de la liberté...). En rigueur de terme, le mal n’existe pas – il n’est pas un être, mais un défaut d’être, un manque d’être, un mal être. Ce qui existe, c’est le bien. La question du bien doit donc être traitée en premier, et c'est elle qui nous conduit irrésistiblement à Dieu – du moins, à son existence. La question du mal vient après. Elle ne remet pas en cause l’existence de Dieu (démontrée à partir du bien qui est premier), mais toute tentative d’explication du mal sans Dieu. Pour savoir pourquoi il y a du mal dans le monde, il faut interroger le Créateur et accueillir sa réponse. Il faut donc s’intéresser de près à la notion de "révélation", ainsi qu’à son contenu.

 

POUR : L'esprit humain seul capable d'essayer de comprendre l'Univers.

CONTRE : L'existence statistiquement inéluctable d'autres intelligences dans l'Univers".

 

D'abord, on ne voit pas pourquoi l'existence d'autres intelligences dans l'Univers serait un obstacle à l'existence de Dieu. Dieu n'aurait pas le droit de créer d'autres êtres ailleurs que sur la terre? Ensuite, statistiquement, il est douteux que d'autres intelligences existent dans l'Univers – car les conditions pour qu'elles existent sont si nombreuses qu'il est hautement improbable de les trouver toutes réunies ensemble ailleurs (compte tenu, finalement, de la "petitesse" de notre univers – qui n'est pas le Cosmos infini imaginé par nos Anciens, mais un espace fini et limité). Et quand bien même les statistiques seraient favorables, on ne sait toujours pas d'où vient la vie. On sait quelles sont les conditions nécessaires à son émergence – on ne sait pas si ces conditions sont suffisantes. On n'a toujours pas réussi à "fabriquer" de la vie en laboratoire à partir de la matière inerte (même en maximisant les chances)... La vie relève davantage du "miracle" et du "mystère" que d'un simple processus physico-chimique. Dès lors : quand bien même nous découvririons une autre planète terre quelque part dans l’Univers, rien ne dit que l'on y trouverait de la vie – et encore moins de "l'intelligence"...

 

POUR : La résignation ou mystère.

CONTRE : La résignation à l'absurde.

 

C'est en effet ici que tout se joue. Il y a un choix fondamental à faire – on ne peut y échapper. OU BIEN Dieu existe, et nous devons consentir au mystère – admettre qu'il existe une Vérité au-delà de notre Raison. OU BIEN Dieu n'existe pas et nous devons consentir à l’absurde – admettre qu’il existe des vérités contraires à la Raison.

 

Mais comme disait avec grande sagesse Jean Guiton, dans une inspiration pascalienne : "L'absurdité de l'absurde me conduit au mystère"...

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 12:35

LE POINT (Existence de Dieu)Nous commençons ici notre critique du numéro spécial du Point consacré à l’existence de Dieu - publiée simultanément sur le blog Claude Tresmontant.

 

L'éditorial de Franz-Olivier Giesberg donne le "la"... Il commence bien pourtant, lorsqu'il affirme : « C'est un fait : on sent ou voit souvent le Tout Puissant là-haut, notamment par une nuit étoilée, quand, devant la beauté de la nature, quelque chose nous transcende. » Cela me fait irrésistiblement penser à cette parole d'Abraham Lincoln : « J'arrive à comprendre qu'il soit possible de regarder la terre et d'être athée. Mais je ne comprends pas qu'on puisse lever la nuit les yeux sur le ciel et dire qu'il n'y a pas de Dieu. »

 

Après, ça se gâte : « Dieu n'est pas scientifiquement prouvé et on peut se demander s'il le sera un jour. » Non Franz-Olivier, ça, on ne peut pas se le demander. La question de Dieu n'est pas une question scientifique. La science est INCAPABLE de dire quoi que ce soit sur Dieu – POUR ou CONTRE son existence. Non en raison de l’insuffisance de ses connaissances. Mais parce que tel n’est pas son objet. Le scientifique sortirait du champ de la science à vouloir statuer sur cette importante question (ce qu’il peut légitimement faire, bien sûr, mais pas en tant que scientifique).

 

L’objet de la science est de scruter la réalité matérielle, et elle seule (d’appréhender seulement ce qui est observable et calculable) – pas de réfléchir sur la question de savoir si la matière est la seule réalité existante ; cette dernière question est d’ordre métaphysique.

 

Bien entendu, la métaphysique est une science – en ce sens qu’elle est une « connaissance par les causes » (ce qui est la définition de la science, selon Aristote). Mais en cette acception, il ne faut pas dire que « Dieu n’est pas scientifiquement prouvé », puisque de fait, il l’est. Et les découvertes scientifiques du siècle passé ont considérablement renforcé les preuves métaphysiques établies par la philosophie réaliste de Saint Thomas d’Aquin, réactualisée de manière magistrale au siècle passé par Claude Tresmontant ou Marie-Dominique Philippe (au sujet desquels le reportage du Point ne pipe mot…)

 

FOGBlaise Pascal est désigné ensuite « puits de contradiction »... parce qu'il passe « sans cesse de la foi à la raison et inversement »... comme s'il y avait contradiction à passer de l'un à l'autre ! Rappelons que la foi et la raison ne s’opposent pas, mais se répondent l’une l’autre et s’éclairent réciproquement. La foi présuppose la raison (la connaissance rationnelle de Celui à qui l’on donne sa foi – de son existence et de sa nature) ; elle est un mode de connaissance de vérités, certes indémontrables (c’est pourquoi elles sont révélées), mais non inintelligibles : la raison cherche à comprendre les vérités accueillies par la foi – c’est là l’essence même de la théologie. Ce qui est objet de foi peut être pensé par la raison (par ex. la Trinité).

 

Autrement dit : si la raison doit se soumettre à la foi – en vertu même des exigences de la raison, selon la pensée de Pascal [1] –, elle ne doit nullement se démettre. Ni en amont – où elle est fondée à rechercher les preuves rationnelles de l’existence de Dieu et de l’authenticité de la révélation divine ; ni en aval – où elle est fondée à mieux comprendre le donné révélé. Pour reprendre l’admirable formule de Saint Augustin : le théologien croit pour comprendre et comprend pour croire. 

 

« Alors que s'agrandit sans cesse le champ de nos connaissances, un domaine reste inaccessible à la science, celui de la foi, où nous demeurons libres d'inventer notre propre vérité. C'est le dernier domaine où nous pouvons dire (ou croire) ce que nous voulons sans crainte d'être démenti par les faits. » Franz-Olivier Giesberg gagnerait vraiment à lire les BD de Brunor... Si l'on entend par « foi » toute conviction religieuse, alors si : nous pouvons être démentis par les faits. Par exemple : ceux qui professent l'éternité de l'univers, la divinité des astres, le mythe de l'éternel retour,... ceux-là sont démentis par les faits. Ce en quoi ils croient ne trouve aucun écho dans la réalité concrète que nous expérimentons. La raison nous conduit donc à les tenir pour faux.

 

La foi ne consiste pas à « croire » en n'importe quoi, selon mes désirs et ma volonté – elle n'est pas un lieu « d'invention », mais au contraire : d'humble accueil de la vérité qui se donne à connaître. La foi est la démarche ultime de la raison qui se soumet à Dieu – dont elle peut connaître avec certitude l'existence et quelque chose de son essence, à partir de la considération de l'univers tel qu'il existe et tel que les sciences positives nous le dévoilent ; et dont elle peut vérifier l'authenticité de la « révélation » faite à Abraham et au peuple hébreu, et son accomplissement plénier en Jésus-Christ.

 

La foi est donc une démarche « contrainte » par la vérité observée, laquelle ne dépend nullement de mes préférences, mais s'impose à moi dans son objectivité. Je peux certes la refuser (je reste libre face à cette « contrainte ») mais non pas l’ignorer. Car elle se présente à moi sous la forme d’une proposition inévitable en raison de son caractère suprêmement raisonnable.

 

Si nous ne pouvons nous « passer » de Dieu – comme le constate Franz-Olivier Giesberg à la fin de son article –, c'est parce que Dieu est profondément enraciné dans notre raison, et que pour l'en déloger, il faudrait que l'homme perde la raison. Dès lors, tant qu'il y aura des hommes, la question de Dieu s'imposera – car il n'existe, à la vérité, aucune alternative rationnelle à son existence

 


[1] "Il n’y a rien de si conforme à la Raison que ce désavoeu de la Raison (...). La dernière démarche de la Raison est de reconnaître qu’il y a une infinité de choses qui la surpassent : elle n’est que faible si elle ne va pas jusqu’à connaître cela" (Pascal).

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 11:54

Très prochainement sur ce blog (et en simultané sur le blog Claude Tresmontant) : notre critique du numéro de fin d'année de la revue Le Point consacré aux "questions et réponses sur l'existence de Dieu". A très vite!

LE POINT (Existence de Dieu)

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 14:00

  


A lire absolument
:


I - notre série d'articles sur la question de l'existence de Dieu, et sur l'importance de la raison dans la démarche de foi :

1.
Débat autour de l'existence de Dieu
2. Peut-on connaître Dieu au moyen de notre intelligence?
3. La constante insistance de l'Eglise Catholique sur la raison
4. La métaphysique au service de l'évangélisation
5. Hors de l'Eglise, point de rationalisme
6. La raison et le Christ
7. Est-il raisonnable de croire... en la raison?
8. Compagnons de route sur le chemin de la vérité
9. Croire ou ne pas croire... en la métaphysique?
10. "L'impuissance à accueillir la vérité est la maladie de la raison"
11. Le néant existe-t-il?
12. La théologie naturelle est-elle vaine? (1/2)
13. La théologie naturelle est-elle vaine? (2/2)
14. Comment savoir si Dieu existe et quelle est la "vraie" religion?
15. L'Epiphanie de Dieu dans la Création
16. La pertinence rationnelle de la croyance en Dieu (et l'irrationalité des croyances alternatives)
17. Et Dieu? Qui l'a créé?
18. La foi est un acte de l'intelligence
19. NOUVEAU : L'athéisme : une croyance irrationnelle
20. NOUVEAU : D'où vient qu'il y ait du "beau" dans l'univers?
21. NOUVEAU : L'univers a besoin d'un Créateur (une esquisse de réponse au conte mythologique de Stephen Hawking)


II- Notre série d'articles en réponse à Miky sur la question des "preuves" de l'existence de Dieu.

22.
Existe-t-il des preuves de l'existence de Dieu?
23. Les limites de la démarche scientifique
24. La foi chrétienne : une expérience personnelle ancrée dans une Histoire


III- Notre série d'articles en réponse à l'article de Miky : "Science ou métaphysique, il faut choisir".

25.
Science ou métaphysique : faut-il choisir?
26. La métaphysique peut-elle nous donner des certitudes?
27. L'existence de Dieu : un préjugé?


IV- Le passionnant débat avec Miky et le Pasteur Eric Georges sur la question du "dessein intelligent"

28. Ce que nous enseignent les sciences de la nature



V- Quelques bon liens

29. NOUVEAU : Le blog Claude Tresmontant
30. NOUVEAU : Episthéo
31.
Le Blog des raisons de croire
32. Le Site du livre "Notre existence a-t-elle un sens?"
33. "Les cieux proclament la gloire de Dieu" (vidéo du Psaume 18)
34. Voltaire et la raison
35. L'univers m'embarrasse...
36. NOUVEAU : La science conduit à Dieu
37. Dieu existe-t-il ? (vidéo du Père Antoine Guggenheim)
38.
"Dieu existe-t-il?" (vidéo du Père Guy Pagès)
39. "Savoir et connaître Dieu" (vidéo du Père Guy Pagès)
40. "Qui est Jésus-Christ?" (1/2 - vidéo du Père Guy Pagès)
41. "Qui est Jésus-Christ?" (2/2 - vidéo du Père Guy Pagès)
42. "Aime de tout coeur l'intelligence" (vidéo du Père Henry de Villefranche)
43. La Cause première de toute chose (vidéo d'Arnaud Dumouch)
44. La foi et la raison, amies ou ennemies? (vidéo du Père Michel Fédou)
45. L'intelligence de la foi (vidéo du Père Philippe Capelle-Dumont)
46. Comment la science légitime la démarche philosophique et religieuse (vidéo de Jean Staune)
47. Les sciences modernes s'opposent-elles aux croyances religieuses? (Jean Staune)
48. NOUVEAU : Dieu et le Big Bang (vidéo de Igor et Grichka Bogdanov)
49. NOUVEAU : L'athéisme de Michel Onfray (vidéo de Bertrand Vergely)
50. NOUVEAU : L'athéisme, ou la négation de la raison (vidéo de Alexis Masson)
51. NOUVEAU : Un effet pervers de l'athéisme...
52. NOUVEAU : L'homme peut-il se passer de religion? (vidéo de Fabrice Hadjadj) 1 - 2 - 3 - 4
53. NOUVEAU : "La foi catholique nourrit l'intelligence" (témoignage vidéo d'un mathématicien)
54. NOUVEAU : "La foi et la raison unies au service de l'amour" (vidéo de Sylvain Clément)
55.
 Les cinq voies de St Thomas d'Aquin : la Raison prouve Dieu!
56.
Dieu existe-t-il au delà du monde?
57. Le premier degré de la foi
58. Une incroyable sensibilité au mot "Dieu"
59. Pourquoi dénier à Dieu le droit d'exister?
60.
Quelques bons textes du Pape Benoît XVI sur la question
61. NOUVEAU : Le mystère de la Très Sainte Trinité
62.
Peut-on croire en la résurrection du Christ?
63. La résurrection : témoignage suprême de la vérité du Christ
64. La résurrection du Christ : un Big Bang spirituel
65. Le mystère Jésus
66. NOUVEAU : Jésus est-il "devenu" Dieu? (réponse du Père Sesboué à Frédéric Lenoir)
67. NOUVEAU : Dieu et le mystère du mal
 

 

VI- Bibliographie

68. Ce qui fait vaciller André Comte-Sponville...
69. "C'est par la raison que je suis redevenu chrétien"
70.
La démonstration de l'existence de Dieu est si simple...
71. L'intelligence humaine face à Dieu
72.
La Raison : trait d'union entre la Science et la Foi
73. L'escalier de service... qui nous conduit à Dieu
74. L'athéisme n'existe pas
75. Il est raisonnable de croire
76. NOUVEAU : De la connaissance naturelle de Dieu à la foi
77. 
NOUVEAU : Le point de départ de la connaissance, c'est l'expérience objective

 

 

VII- Et bien sûr, toujours, nos séries en cours...

78. 
Dieu existe-t-il?
79. 
A la découverte de Claude Tresmontant

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 21:04

 

Un lecteur m’écrit : « Je suis juif, j'aime le message de mon frère Jésus mais je ne me convertirai pas parce que je ne crois ni en sa médiation ni en sa mort expiatrice. Selon vous, suis-je damné? »

 

Voici ma réponse :

 

« C'est au dernier jour de notre vie que nous serons jugé. Votre vie n'est pas achevée. Il est donc impossible de dire aujourd'hui si vous serez damné ou non – vous êtes encore en chemin. Et ce que je dis pour vous vaut aussi pour moi. J'espère que nous nous retrouverons tous deux au ciel. 

 

« Pour être sauvés, il faut chercher avec droiture la vérité. Vous n'en êtes pas loin, puisque vous considérez Jésus comme votre frère – ce qui n'est pas le cas de tous les juifs. Vous avez le droit de ne pas croire en la "médiation" du Christ ni "en sa mort expiatrice" – car vous avez certainement des raisons de ne pas y croire. Mais vous avez le devoir aussi (le devoir moral) d'approfondir la question. Le sujet est trop grave pour dire : "Je ne me convertirai pas ; pour moi, l'affaire est classée". Le fait que vous m'interrogiez montre d'ailleurs que pour vous, l'affaire n'est pas classée. Il faut donc creuser la question, aller plus loin.

 

« Si j'ai un conseil à vous donner pour être sauvé, c'est... intensifiez votre relation à Dieu en pratiquant avec ferveur votre judaïsme. Soyez heureux et fier de ce que vous êtes déjà. Vous avez la grâce d'appartenir à un grand peuple, le peuple élu de Dieu. Soyez vraiment juif de tout votre être. Et puisque vous considérez Jésus comme votre "frère", j'ajouterais... soyez vraiment juif à la manière de Jésus. Qu'il soit pour vous un modèle – à défaut d'être (encore?) pour vous votre Sauveur et votre Dieu.

 

« Et puis n'hésitez pas à discuter avec des chrétiens formés sur cette question de la médiation et de l'expiation ; ne classez pas trop vite le dossier, gardez le coeur ouvert – c'est important. Je suis prêt, si vous le voulez, à engager un dialogue avec vous à ce sujet là. Si vous êtes un peu intellectuel, je vous conseille un ouvrage (un peu difficile, mais important) : celui du Père Sesbouë, Jésus-Christ, l'Unique Médiateur.

 

« La "médiation" de Jésus et sa "mort expiatrice" s'enracinent profondément dans les Ecritures (ce que nous appelons l'Ancien Testament, que nous avons en commun). Voilà pourquoi je vous invite à approfondir ces deux notions, ainsi que celle de "Nouvelle Alliance", à partir de la Bible hébraïque – sans rien renier, par conséquent, de ce que vous êtes. Demandez à Dieu sa lumière, afin qu'il vous éclaire sur le secret de l'identité de Jésus. Ne dites jamais : Je ne me convertirai pas (c'est très dangereux – et cela vaut pour moi aussi!). Restez ouverts à l'accueil d'une Bonne Nouvelle qui, non seulement ne contrariera pas votre foi dans le Dieu d'Israël, mais l'accomplira pleinement. Car le judaïsme trouve son achèvement en Jésus-Christ : il est le judaïsme incarné, la loi de Moïse faite chair, LE prophète par excellence puisqu'il est LA Parole même de Dieu... faite homme.

 

« Je demande à Jésus, mon Seigneur, de vous bénir, et lui rends grâce pour notre échange. Vous pouvez compter sur ma prière et mon amitié. "Que le Seigneur vous bénisse et vous garde, qu'il fasse briller sur vous son visage, qu'il se penche vers vous. Qu'il tourne vers vous son visage, qu'il vous apporte la paix." (cf. Nombres, 6. 24-26) »

 

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 14:13

DiableUn lecteur m’envoie un message en privé et me dit : « Si Dieu a fait l'homme a son image, alors on peut dire que Dieu est le Diable. »

 

En effet, quand on observe le monde et les atrocités dont l’homme peut se rendre coupable (les guerres, les meurtres, les viols, les tortures…) – spécialement en ce jour anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 – il y a de quoi s’interroger sur cette image et cette ressemblance de Dieu. Ce que nous donne à contempler l’homme aujourd’hui ressemble davantage, par bien des aspects, à l’idée qu’on se fait du Diable…

 

Mais… il faut lire la Bible en son entier, et ne pas s’arrêter à son premier chapitre! Car il est évident que l’homme tel qu’il est aujourd’hui n’est pas l’homme tel qu’il est sorti des mains de Dieu ; et que le monde dans lequel nous vivons n’est pas le monde tel qu’il est sorti des mains de Dieu.

 

La Bible affirme certes qu’à l’origine, Dieu créa l’homme « à son image et à sa ressemblance » (Gn 1. 26). C’est là la grande affirmation du premier chapitre du Livre de la Genèse. La Création de l’univers – et de tout ce qui le constitue – est jugée « bonne » par le Créateur (« Dieu vit que cela était bon » répète l’Ecriture par 6 fois dans ce passage !). Et après la création de l’homme et de la femme, Dieu, contemplant l’ensemble de son œuvre, la considère même « très bonne » (Gn 1. 31).

 

Ceci posé : la Bible nous raconte ensuite – de manière imagée – un mystérieux évènement qui s’est produit à l’aube des temps, et qui a plongé l’homme et l’ensemble de la Création dans ce que Saint Paul appelle le « pouvoir du néant » (cf. Rm 8. 20) : cet évènement, c’est celui que la Tradition catholique appelle le « péché originel ».

 

Ce péché des origines n’est pas d’abord le fait de l’homme, mais celui du Diable : « c’est par l’envie du Diable que la mort est entrée dans le monde » (Sg 2. 24).

 

Le péché originel, commis par nos premiers parents sous la séduction de Satan, c’est lui qui a introduit le mal dans le monde, ainsi que la souffrance et la mort – non pas Dieu! « Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants » (Sg 1. 13)

 

Depuis lors, l’homme et la Création tout entière sont comme « cassés », « abimés », « livrés » au « pouvoir du néant », aux forces du mal, aux puissances de la mort.

 

Leur bonté originelle cependant n’a pas été complètement détruite, annihilée. L’homme reste fondamentalement « image et ressemblance de Dieu »  capable de faire le bien, de reconnaître le vrai, de produire et de contempler le beau ; d’aimer, de prier… – ; c'est même ce qui fonde sa dignité particulière parmi tous les êtres de la terre. Mais cette image est brouillée, et la ressemblance altérée

 

Dieu ne s’est pas résolu à cela : il a envoyé son Fils dans le monde pour ressaisir l’ensemble de la Création, la réconcilier avec Lui, et l’arracher pour toujours à l’emprise des ténèbres.

 

C’est en Jésus-Christ, mort et ressuscité pour notre Salut, que l’humanité retrouve sa beauté originelle (qui resplendit dans la personne même du Christ) – plus encore : qu’elle est promise à la divinisation. « Dieu s’est fait homme, disait Saint Irénée, pour que l’homme devienne Dieu. »

 

Telle est la destinée de l’homme : non pas l’anéantissement et la nuit de la tombe ; mais la glorification de tout son être, corps et âme, dans la lumière de Dieu. Saint Paul annonce une « métamorphose » à venir de l’homme – comparable à la transformation de la chenille en papillon. L’homme pécheur sera transformé de telle manière qu’il ne puisse plus jamais pécher – non par une réduction de sa liberté, mais au contraire, par le don d’un surcroît de liberté (Jésus nous révèle à ce sujet que « tout homme qui commet le péché est esclave du péché » – Jn 8. 34) ; par une participation à la liberté même de Dieu.

 

Nous serons alors – lorsque Dieu sera « tout en tous » (cf. 1 Co 15. 28) – « image et ressemblance » parfaite de Dieu, à un degré tel que nos premiers parents eux-mêmes n’ont pas connus à l’origine.

 

Le Diable, quant à lui, « homicide dès l’origine » (cf. Jn 8. 44), sera jeté au feu éternel – avec tous ceux qui auront pris son parti (cf. Mt 25. 41).

 

C’est pourquoi : il n’y aura plus de mal, ni de souffrance, ni de mort dans le Royaume de Dieu où nous vivrons éternellement (cf. Ap 21. 4). La Création aura alors atteint son plein accomplissement, son plein achèvement – elle sera parvenue au terme de sa croissance, selon le Plan de Dieu.

 

Tout cela peut paraître irréel à certains ; un conte de fée – trop beau pour être vrai. Mais la vie de l’Eglise et l’expérience des saints, ainsi que les manifestations, ici et là, du Royaume, quelque 2000 ans après la venue du Christ (sur les lieux d’apparitions par exemple), attestent que notre monde est habité d’une puissance de transformation en action, dont nous pouvons voir les prémisses.

 

En conclusion, et pour rebondir sur la phrase de notre lecteur, je dirais : « Si Dieu a fait l'homme a son image, alors… on peut dire que cette image a grandement besoin d’être restaurée dans le Christ ! »

 

Ce qui est toujours possible grâce aux sacrements de l'Eglise (baptême, confession...), et à la conversion du cœur (qui est, littéralement : un retournement à 180° vers Dieu).

 

« Tournez-vous vers moi, tous les lointains de la terre, dit le Seigneur, et vous serez sauvés. » (Is 45. 22)

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 09:54

Chers amis lecteurs,

 

L’Eglise nous invite aujourd’hui, et tout au long de la semaine, à contempler le mystère de la Sainte Trinité, qui est le mystère même… de Dieu, et plus exactement d'un seul Dieu… en trois personnes.

  

   

Il s’agit là assurément de l’un des plus grands mystères de notre foi, avec le mystère de l’Incarnation, et celui de la Rédemption. Il s’agit même du premier et du plus grand de tous les mystères chrétiens, parce qu’il nous révèle quelque chose de l'intimité de la vie divine, et que les deux autres mystères le présupposent.

 

Un seul Dieu… en trois personnes!

 

Voilà bien un mystère difficile à comprendre pour nos pauvres intelligences humaines! L’histoire des religions témoigne de l’inévidence d’une telle foi. Seul le christianisme a pu développer une telle conception d’un Dieu Unique mais non solitaire, en Qui existe une communion d’amour éternelle entre trois personnes. Oui, seul le christianisme ose affirmer l’existence d'une pluralité de personnes divines sans verser pour autant dans le polythéisme : les chrétiens croient ainsi de toutes leurs forces en l’unicité de Dieu : la Trinité pour eux est une « tri-unité », le mot Trinité signifiant précisément « Trois dans l’Unité ».

 

Bien entendu, si les chrétiens professent leur foi en la Sainte Trinité, ce n’est pas parce qu’ils sont plus intelligents que les autres, mais parce que cela leur a été révélé par Dieu lui-même. C'est pourquoi il s'agit d'un dogme. C’est le fruit de l’enseignement de Jésus dont toute la pédagogie a consisté à amener progressivement ses disciples à la connaissance du mystère de sa personne, et en particulier de sa divinité ; de sa relation particulière à un Autre qu’il ne cesse d’appeler son Père, avec lequel il dit ne faire qu’UN ; et d’un mystérieux Esprit dont il a annoncé la venue et qui doit conduire l’Eglise « vers la vérité toute entière ». La dernière consigne du Maître à ses disciples ne sera-t-elle pas de baptiser les nations « au nom (et non aux noms) du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » (Mat. 18. 19)?

 

Un Père, un Fils, et un Esprit Saint…

 

A la lumière de cette révélation de Jésus, et sous la motion de l'Esprit Saint reçu au jour de la Pentecôte, les Apôtres et les rédacteurs du Nouveau Testament, ainsi que les Pères de l’Eglise et les Docteurs des premiers siècles, dans leur travail de relecture des Ecritures, ont pu déceler des « traces » (devenues évidentes) de la Sainte Trinité dans l’Ancien Testament lui-même. Ainsi, dans le fameux passage du chapitre 8 du Livre des Proverbe que nous avons lu aujourd’hui, et qui met en scène un mystérieux personnage se présentant comme la Sagesse, fondée par Dieu avant la Création du monde, à laquelle elle a elle-même participée comme « maître d’œuvre », et qui déclare « trouver ses délices parmi les enfants des hommes » : toute la Tradition chrétienne a vu dans cette Sagesse personnifiée la figure même du Christ Seigneur, « engendré non pas créé », qui était au commencement auprès de Dieu, qui était Dieu, et « par qui tout a été fait ».

 

Depuis les Apôtres jusqu’à ce jour, l’Eglise a donc toujours professé la croyance en ce mystère, comme on le voit dans ses symboles, sa liturgie et dans les déclarations des Conciles : « La foi catholique est que nous adorions un seul Dieu en trois personnes et trois personnes en un seul Dieu, sans confondre les personnes ni diviser les substances » (Symbole de Saint Athanase) ; « Nous croyons fermement et nous reconnaissons qu’il n’y a qu’un seul vrai Dieu, Père, Fils et Saint Esprit, trois personnes mais une seule substance, une seule nature » (IVe Concile du Latran).

 

L’unité s’applique donc à la substance, à la nature, à l’essence même de Dieu : dans la Trinité, il n’y a qu’une seule substance divine, qu’une seule nature divine, qu’une seule essence divine, qu’une seule divinité. La distinction s’applique quant à elle aux personnes, aux processions, aux relations, aux noms, et aux missions.

 

En Dieu, il y a trois personnes distinctes : le Père, le Fils et le Saint Esprit. Le Père est Dieu. Le Fils est Dieu. Le Saint Esprit est Dieu. Mais ils ne sont pas trois dieux : ils sont un seul et même Dieu. Ils sont un seul et même Dieu parce qu’ils n’ont qu’une seule et même nature, une seule et même divinité.

 

On objecte qu’il y aurait contradiction à dire que trois font un. Mais la contradiction existerait si nous affirmions que trois personnes ne font qu’une personne, ou qu’une nature fait trois natures. Or nous croyons, ce qui est bien différent, que Dieu est UN en TROIS personnes ; qu’il y a trois personnes en un seul Dieu. Dans le dogme de la Sainte Trinité, l’unité affecte la nature, et la trinité, les personnes.

 

La distinction des personnes divines ne détruit donc pas l’unité de leur nature, car en même temps qu’elles sont autres par leur relations incommunicables et leurs propriété personnelles, les personnes divines sont mêmes par leur nature et leurs perfections absolues : le Père communique ainsi toute sa nature et toutes ses perfections à son Fils, et le Père et le Fils communiquent au Saint Esprit, qui procèdent d’eux, cette même nature et ces mêmes perfections.

 

Unité de nature, distinction de personnes : voilà les deux « bouts de la chaîne » à tenir fermement. On tomberait dans le « modalisme » si l’on présentait les Trois Personnes divines comme trois « modes », trois facettes du seul et même Dieu : le Père serait par exemple Dieu en tant qu’Il nous crée ; le Fils, Dieu en tant qu’Il nous parle et nous sauve ; et l’Esprit-Saint, Dieu en tant qu’Il nous habite et nous sanctifie. On tomberait symétriquement dans le « trithéisme » si l’on oubliait que les Trois Personnes n’ont à elles trois qu’une seule nature, une seule intelligence, une seule volonté. Les Trois Personnes de la Sainte Trinité ne sont pas en effet un triumvirat, la réunion de trois personnes qui voteraient à l’unanimité les différentes décisions qu’elles auraient à prendre. Ce ne sont pas trois personnes qui mettent en commun leurs idées et leur énergie ; ce sont Trois Personnes qui partagent la même vie, la même intelligence, la même volonté et la même activité. Les chrétiens ne croient donc pas en trois dieux, ainsi que le pensent certains musulmans peu instruits de notre foi, mais en un seul et même Dieu en trois personnes.

 

Ce n’est que de façon analogique, à la vérité, que nous utilisons les chiffres 1 et 3 pour parler des Trois Personnes divines et de leur unique nature. Selon Maxime le Confesseur : « Même si la divinité, qui est au-delà de tout, est célébrée par nous comme Trinité et comme Unité, elle n’est ni le TROIS ni le UN que nous connaissons comme nombres » (Scholies sur les noms divins, 13 – PG 4, 411 C). Les Trois Personnes divines ne sont pas des réalités que l'on peut additionner, comme trois objets posés l’un à côté de l’autre sur une table. On ne peut pas davantage additionner le Dieu unique avec d’autres êtres, comme on pourrait le faire pour des mètres carrés et des mètres cubes. Les êtres créés sont en effet d’un autre ordre, le Tout-Autre étant présent à tout instant en chacun d’eux, ne cessant de les porter dans l’être et de les créer...

 

Que ce mystère de la Sainte Trinité soit... un fâmeux mystère difficilement compréhensible à nos esprits humains, cela est facilement… compréhensible! Comme aime à le dire le Père Descouvemont, « c’est évident que ce n’est pas évident » ! Mais cela doit-il nous étonner, s’agissant du mystère même de Dieu ? L’intelligence humaine étant limitée et imparfaite, comment pourrait-elle saisir la plénitude de la Vérité de Dieu qui est infinie ? Notre ami Yves rappelait à ce sujet cette savoureuse anecdote de la  rencontre de Saint Augustin et de l'enfant au bord de la mer

 

Les sciences positives ont ainsi beau progresser, beaucoup de choses restent encore à découvrir. On serait même tenté de dire que plus on avance dans les connaissances scientifiques, plus les questions soulevées sont nombreuses, tant nos représentations classiques se trouvent parfois bousculées (que l’on songe par exemple aux extraordinaires découvertes de la mécanique quantique)… Dès lors, si notre monde, qui est fini, renferme encore tant d’obscurité pour notre faible intelligence, comment s’étonner de rencontrer le mystère s’agissant de Dieu, l’« Au-delà de Tout »

 

Ce n’est donc que par la foi en la Parole de Dieu et en la Vérité révélée que nous pouvons avoir « accès au monde de la grâce », et au mystère de la Sainte Trinité qu’il nous est impossible de comprendre et de démontrer par les seules facultés de la raison naturelle.

 

Pour autant, si le mystère de la Sainte Trinité excède les possibilités de la seule raison humaine, elle n’est pas totalement inintelligible, ni contraire à la raison. Nous pouvons ainsi nous en faire quelque idée imparfaite par analogie avec le monde créé dont nous avons l’expérience. Nous y trouvons en effet de nombreux exemples d’unité dans la triplicité. C’est l’homme avec ses trois composantes : le corps, l’esprit et l’âme ; la nature, avec ses trois règnes : minéral, végétal, animal ; la matière, avec ses trois états : solide, liquide, gazeux ; l’espace, avec ses trois dimensions : longueur, largeur, profondeur ; le temps avec son passé, son présent, et son avenir ; l’arbre avec ses trois parties : racines, tronc, branches ; etc.

 

Notre raison pourrait aussi concevoir qu’il y ait en Dieu trois personnes inséparables : l’Aimant, l’Aimé, et l’Amour (Stan Rougier), et comprendre ainsi, avec le solide bon sens de cet enfant du catéchisme, que « Ben, si Dieu est amour, y peut pas êt’ tout seul ! »

 

Comme l’affirmait le Père Descouvemont dans une formule admirable : « le mystère n’est pas un mur sur lequel on bute, mais un océan sans rivages que l’on a jamais fini d’explorer ». Puissions-nous faire nos délices dès ici-bas de la contemplation de la Sainte Trinité, qui sera notre éblouissement éternel...

 

 

Sources : Exposition de la Doctrine chrétienne, Tome I, "Le Dogme", Editions Fideliter

 Père Pierre Descouvemont, "Les apparents paradoxes de Dieu", Presses de la Renaissance 

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 20:23

Cher Xavier, je réponds à votre commentaire à mon article sur le dialogue interreligieux. Et je remercie vivement au passage notre frère Armel de son intervention dans ce débat – Armel, c’est toujours un plaisir de te lire sur ce blog !

 

1. « Je constate quand même que la Bible ne pense tout à fait comme vous : certes, l'exemple est primordial mais il y aussi l'annonce explicite. De fait, je constate que nombre de catholiques se cachent souvent derrière "l'exemple de vie" pour éviter d'avoir à annoncer que le Christ est mort et ressuscité. »

 

Mais où avez-vous lu que je déconseillais l’annonce explicite de l’Evangile ???? Ma référence biblique, disais-je, c’est le dialogue du Christ avec la Samaritaine. Dans ce passage, on voit bien que Jésus révèle à cette femme le secret de son identité. Simplement, il le fait avec prudence et délicatesse, en partant de ce qu’elle est, de ce qu’elle vit et de ce qu’elle croit. C’est ainsi que le Seigneur évangélise (et c’est le modèle que nous, disciples du Maître, devons suivre). Jésus ne vient pas asséner à la femme de Samarie ses vérités de haut, comme si elles étaient étrangères à elle, extérieures à son histoire, à ses convictions, mais… il vient les lui suggérer de bas bien plutôt, dans l'humilité (qui est la vertu essentielle), en l’incitant à poursuivre son cheminement intérieur plus avant.

 

Comme le dit excellemment Armel : « Quand St Paul s'adresse aux païens, il ne commence pas par dire "vous avez tout faux", mais "vous mentionnez d'un dieu inconnu, là : et bien moi je viens vous parler de ce dieu qui vous est inconnu". Quand les missionnaires vont vivre avec les sioux ou les iroquois, ils ne disent pas d'abord "vous racontez n'importe quoi" mais "ce Wakan Tanka, ce Grand Esprit, que vous invoquez, c'est de lui que je viens vous parler". »

 

Evangéliser à la manière du Seigneur, me paraît donc supposer trois choses :

 

1°) La manifestation d’un comportement chrétien d’ouverture, d’accueil et de dialogue.

 

Ce n’est certes pas le tout de l’évangélisation (ainsi que vous semblez vouloir me le faire dire) : mais c’est assurément là le point de départ fondamental !

 

Il ne s’agit pas d’opposer l’annonce explicite du Christ et le comportement individuel à l’égard d’autrui (comme s’il fallait choisir entre les deux options ; comme si les deux n’étaient pas conciliables), mais de les unir tout au contraire, en vue d’une annonce cohérente.

 

Pour annoncer un Dieu qui veut le bien de tous les hommes, il faut commencer par manifester dans notre vie cet amour même de Dieu dont nous témoignons envers tous les hommes. Faute de quoi nous ne serons pas crédibles, et notre témoignage sera suspect.

 

Quand j’écris que « notre mission est de témoigner d’abord du Christ en personne, de son attitude bienveillante et amicale envers les hérétiques et les païens, avant même son message » (c’est la phrase que vous me reprochez d’avoir écrite), je dis bien : « avant » son message, et non pas « au lieu de » son message.

 

Simplement, le message sera d’autant mieux perçu que les croyants des autres traditions religieuses percevront « la bonne odeur du Christ » dans nos gestes et notre attitude envers eux (cf. 2 Co 2. 15).

 

C’est l’exemple que citait Armel de l’auteur du livre « Le prix à payer ».

 

Et c’est ce qu’écrivait également le Pape Paul VI dans son exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi (que je vous invite à relire entièrement) :

 

« L’Evangile doit être proclamé d’abord par un témoignage. Voici un chrétien ou un groupe de chrétiens qui, au sein de la communauté humaine dans laquelle ils vivent, manifestent leur capacité de compréhension et d’accueil, leur communion de vie et de destin avec les autres, leur solidarité dans les efforts de tous pour tout ce qui est noble et bon (…). Par ce témoignage sans paroles, ces chrétiens font monter, dans le cœur de ceux qui les voient vivre, des questions irrésistibles : Pourquoi sont-ils ainsi ? Pourquoi vivent-ils de la sorte ? Qu’est-ce – ou qui est-ce – qui les inspire ? Pourquoi sont-ils au milieu de nous ? Un tel témoignage est déjà proclamation silencieuse mais très forte et efficace de la Bonne Nouvelle. Il y a là un geste initial d’évangélisation. Les questions que voilà seront peut-être les premières que se poseront beaucoup de non chrétiens (…). D’autres questions surgiront, plus profondes et plus engageantes, provoquées par ce témoignage qui comporte présence, participation, solidarité, et qui est un élément essentiel, généralement le tout premier, dans l’évangélisation. » (§ 21)

 

« Pour l’Eglise, le témoignage d’une vie authentiquement chrétienne, livrée à Dieu dans une communion que rien ne doit interrompre mais également donnée au prochain avec un zèle sans limite, est le premier moyen d’évangélisation. L’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres (…) ou s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont des témoins. (…) C’est donc par sa conduite, par sa vie, que l’Eglise évangélisera tout d’abord le monde » (§ 41)

 

2°) Ceci étant posé, le chrétien a le devoir de témoigner du Christ aussi par sa parole – c’est peut-être un point sur lequel je n’ai pas assez insisté. Le dialogue interreligieux, par définition, doit être une occasion d’échange et de partage de nos expériences religieuses respectives, dans la charité ; un lieu de libre expression réciproque sur nos manières de concevoir et vivre notre relation à Dieu et aux autres. Ce qui implique la libre affirmation à nos interlocuteurs musulmans de notre Credo – qu'il ne s'agit nullement d'occulter ni de relativiser.

 

Reprenons à cet égard l’exhortation apostolique du Pape Paul VI :

 

« Nous voulons relever surtout aujourd’hui que ni le respect et l’estime envers [les autres] religions, ni la complexité des questions soulevées ne sont pour l’Eglise une invitation à taire devant les non chrétiens l’annonce de Jésus-Christ. Au contraire, elle pense que ces multitudes ont le droit de connaître la richesse du mystère du Christ dans laquelle nous croyons que toute l’humanité peut trouver, dans une plénitude insoupçonnable, tout ce qu’elle cherche à tâtons au sujet de Dieu, de l’homme et de son destin, de la vie et de la mort, de la vérité. Même devant les expressions religieuses naturelles les plus dignes d’estime, l’Eglise s’appuie donc sur le fait que la religion de Jésus, qu’elle annonce à travers l’évangélisation, met objectivement l’homme en rapport avec le plan de Dieu, avec sa présence vivante, avec son action ; elle fait rencontrer ainsi le mystère de la Paternité divine qui se penche vers l’humanité ; en d’autres termes, notre religion instaure effectivement avec Dieu un rapport authentique et vivant que les autres religions ne réussissent pas à établir, bien qu’elles tiennent pour ainsi dire leurs bras tendus vers le ciel. » (§ 53)

 

3°) Maintenant, il convient d’apporter une importante nuance au 2°) ci-dessus exposé concernant l’annonce explicite de l’Evangile. Quand bien même nous avons l’impérieux devoir d’annoncer Jésus-Christ au monde – et à nos frères musulmans en particulier (« Malheur à moi si je n’évangélise pas ! » - 1 Co 9. 16), nous devons le faire avec prudence et délicatesse. Toute la Bible témoigne d’un Dieu qui se révèle à un peuple, non pas d’un coup et entièrement, mais progressivement, dans une histoire, une expérience commune, qui s’inscrit dans le temps. Jésus lui-même prendra du temps pour conduire ses disciples dans l'intelligence du mystère de sa personne. Et à la fin de sa vie terrestre, il avouera leur tenir caché « beaucoup de choses », ne les jugeant pas suffisamment mûrs et « forts » pour les « porter » (cf. Jn 16. 12).

 

Le disciple n’est pas au-dessus du Maître : si le Maître s’est révélé aux hommes avec patience et pédagogie, nous aussi, nous devons être patients et pédagogues dans nos relations avec les autres. Il n’y a pas d’évangélisation authentique si nous n’avons pas le souci de la personne à qui nous nous adressons, et des vérités qu’elle est capable de « porter ».

 

L’évangélisation n’est pas un bourrage de crâne ; ce n’est pas une entreprise de propagande publicitaire, un prosélytisme intrusif ; les chrétiens ne sont pas des militants politiques, ni des représentants de commerce. Ce serait trop facile. Il suffirait de crier l’Evangile sur tous les toits – de nous cotiser par exemple pour faire paraître une publicité avant le Journal de 20 heures : « Christ est mort et ressuscité pour votre Salut ! » – et nous pourrions rentrer chez nous en sifflotant, l’esprit tranquille, heureux d’avoir accompli notre mission. Nous serions quitte de notre devoir d'évangéliser. C’est un peu plus compliqué que cela… L’Evangile se communique dans la manifestation d'un amour, qui implique une relation personnelle avec celui que l’on veut évangéliser (le Cardinal Lustiger aimait à dire qu’on n’évangélise pas des « masses », mais des « personnes »…) ; et que l'on fasse effort pour trouver le chemin de son coeur. Cela suppose un don de soi ; et un respect absolu de la personne rencontrée, de son cheminement spirituel, de sa liberté.

 

Paul VI à nouveau : « L’oeuvre de l’évangélisation suppose, dans l’évangélisateur, un amour fraternel toujours grandissant envers ceux qu’il évangélise. Ce modèle d’évangélisateur qu’est l’Apôtre Paul écrivait aux Thessaloniciens cette parole qui est un programme pour nous tous : “Telle était notre tendresse pour vous que nous aurions voulu vous livrer, en même temps que l’Evangile de Dieu, notre propre vie, tant vous nous étiez devenus chers”.

 

« Quelle est cette affection ? Bien plus que celle d’un pédagogue, elle est celle d’un père ; et plus encore : celle d’une mère. C’est cette affection que le Seigneur attend de chaque prédicateur de l’Evangile, de chaque bâtisseur de l’Eglise. Un signe d’amour sera (…) le respect de la situation religieuse et spirituelle des personnes qu’on évangélise. Respect de leur rythme qu’on n’a pas le droit de forcer outre mesure. Respect de leur conscience et de leurs convictions, à ne pas brusquer. » (§ 79)

 

Le dialogue interreligieux s’inscrit dans cette démarche d’évangélisation prudente et respectueuse. Voilà pourquoi elle peut paraître frustrante à quiconque veut en découdre avec l’islam…

 

2. « une chose est certaine : les Pères de l'Église ont combattu le paganisme, non pas en passant de la pommade aux doctrines païennes mais en réfutant le faux et en prêchant le vrai. Loin de moi l'idée de nier l'importance du dialogue avec les musulmans mais où sont les catholiques qui réfutent l'islam ? »

 

Eh bien,… sur ce blog par exemple ! Je ne crois pas manifester par mon travail un quelconque relativisme, ni la moindre « complaisance pour une doctrine résolument anti-christique (puisqu'elle nie le Père et le Fils, ainsi que la crucifixion et la Résurrection du Seigneur). »

 

Mais comme je l'évoquais plus haut, le dialogue interreligieux selon l’Eglise catholique n’est pas une disputatio (même si parfois, elle y conduit, et qu’elle est nécessaire par ailleurs). Comme dit Armel, « démontrer en quoi l'autre se trompe n'est qu'une petite partie de ce dialogue. » Il ne s’agit pas seulement (ni premièrement) de débattre de nos positions théologiques respectives – car alors, on ne pourrait rien construire ensemble ; le dialogue se transformerait vite en foire d’empoigne. Le dialogue interreligieux vise d’abord à établir des ponts entre les croyants de toutes religions, par la recherche d’une amitié fondée sur nos croyances réciproques.

 

On peut ne pas toujours être d’accord avec ses propres amis (avec leurs convictions religieuses, politiques, morales…). Il n’empêche qu’on les aime quand même et qu’on estime cet amour mutuel désintéressé comme une richesse en soi – qui manquerait cruellement s’il venait à se briser. Eh bien, c’est ce trésor de l’amitié que l’Eglise recherche avec tous les croyants (et au-delà du dialogue interreligieux : avec tous les hommes de bonne volonté qui recherchent la vérité et écoutent avec droiture la voix intérieure de leur conscience).

 

Dans le dialogue interreligieux se fera jour un certain nombre de points d’accords fondamentaux, pouvant servir de base à un témoignage universel dans un monde qui a perdu le sens de Dieu et le sens de l’homme – ce témoignage sera d’autant plus fort qu’il sera commun à tous les croyants de toutes les religions.

 

Dans le dialogue interreligieux se fera jour aussi un certain nombre de différences irréductibles. Il conviendra d’en prendre acte, de les assumer, et de les dépasser par ces liens d’amour mutuel que nous aurons su tisser les uns avec les autres – et qui a du prix en soi, indépendamment de nos divergences doctrinales. C’est sur ce terreau de l’amitié, de la bonne volonté de chacun, de l’ouverture au dialogue, de l’accueil bienveillant des traditions religieuses jusque dans leur différence, que l’Evangile pourra être annoncé – et que la bonne semence pourra germer.

 

Nous reviendrons dans un article ultérieur sur le contenu du dialogue interreligieux – dans une synthèse de la pensée du Pape Benoît XVI à ce sujet.

 

3. « Ainsi, on voit tel prêtre annoncer qu'il lui arrive de prier avec le coran (comme si la Bible ne suffisait pas), tel laïc dire sottement que la Bible et le coran c'est globalement le même message, telle prière commune établie pour que chrétiens et musulmans puissent "prier" ensemble ce qui revient TOUJOURS à diminuer la foi chrétienne, etc. »

 

Je suis tenté ici de reprendre in extenso le propos de notre ami Armel : « Il serait bon d'être précis : de qui parle-t-on ? Est-ce de la doctrine catholique, la doctrine de l'Église catholique sur le sujet du dialogue avec les non catholiques ? Ou bien est-ce de l'attitude de certains catholiques ? Ce n'est pas la même chose. Par exemple, quant à l'annonce de la foi catholique, il me semble que le pape est assez clair à ce sujet, de même qu'il n'est jamais ambigu dans ses déclarations sur le sujet. Ce que vous pointez c'est donc plutôt le défaut de certains – défaut de leur temps, d'ailleurs, de leur époque, qui sans doute les a trop influencé sur ce point –, de ne plus oser affirmer réellement leur foi ni rechercher la vérité, pour éviter les dissensions à tout prix et obtenir une sorte de consensus mou : soit. Mais ce n'est pas "les catholiques", cela, ni le dialogue auquel appelle l'Église catholique. Or, c'est bien [de cela dont il est question ici] : ce qu'affirme et ce à quoi appelle et encourage l'Église catholique. »

 

4. « Un dialogue authentique est un dialogue en vérité. Ce n'est pas en se voilant la face (sans mauvais jeu de mots) ou en multipliant les bons sentiments que nous allons participer au combat de Dieu. »

 

On rappellera quand même que le « combat de Dieu » n’est pas un combat dirigé contre des hommes, mais contre « les forces invisibles, les puissances des ténèbres qui dominent le monde, les esprits du mal qui sont au-dessus de nous » (Ep. 6. 12).

 

5. « Alors, oui, il faut évangéliser par l'exemple mais je suis au regret de constater que ce leitmotiv porte des fruits bien maigres : les musulmans convertis ne se pressent pas aux portes des églises. »

 

Il y en a quand même ! Mais admettons... Ce que le Seigneur nous demande, ce n’est pas de réussir, mais de travailler (St Jean Chrysostome). On ne mesure pas l’efficacité d’une action apostolique au nombre des convertis – parce que l’avancée du Royaume de Dieu dans le monde ne s’évalue à la manière du monde. Le plus souvent même, les fruits d’une bonne œuvre restent invisibles à nos yeux – selon un décret de la divine Providence elle-même, pour nous préserver de l’orgueil. Mais dans la communion des Saints, nous sommes assurés que les bonnes œuvres profitent à l’Eglise et au monde. Qui sait par exemple si le dialogue interreligieux ne contribue pas au Salut des âmes des terroristes islamistes qui martyrisent les chrétiens de par le monde ? « Si nous plaçons notre confiance dans le Seigneur et que nous suivons ses enseignements, nous recueillerons toujours d’immenses récompenses » (Benoît XVI, à Malte, le 18 avril 2010). Cette simple promesse suffit au missionnaire de l’Evangile.

 

6. « A mon sens, l'Église a perdu ce souffle de l'évangélisation. Oh, ce n'est que passager, bien entendu - je la crois guidée par l'Esprit – mais je crois qu'il y a un réel problème de nos jours avec la notion de vérité et le fait d'annoncer explicitement et sans détours la Bonne Nouvelle. »

 

Personnellement, je ne reconnais pas mon Eglise dans cette présentation.

 

L’Eglise du Pape Benoît XVI, une Eglise qui a un « réel problème avec la notion de vérité » ? (je rappelle que la devise pontificale du Saint Père est… « Collaborateur de la Vérité » !)

 

L’Eglise des communautés charismatiques, qui a un « réel problème avec le fait d’annoncer explicitement et sans détours la Bonne Nouvelle » ?

 

Non vraiment, je ne sais pas de quoi vous parlez...

 

7. « Laisser entendre que la façon actuelle qu'à l'Église de s'y prendre est la bonne me semble très discutable dans les faits... »

 

Je vous renvoie alors à ce que je disais au sujet de Michel, et de ce protestantisme latent que l’on retrouve chez nombre de catholiques, qui tend à réduire l’Eglise à une simple réalité institutionnelle et humaine – comme si Dieu n’avait rien à voir avec son gouvernement actuel

 

Je rappelle à toutes fins utiles la finale de la Déclaration Nostra Aetate, qui est la Magna Charta du dialogue interreligieux initié par l’Eglise catholique depuis le dernier Concile : « Tout l’ensemble et chacun des points qui ont été édictés dans cette déclaration ont plu aux Pères du Concile. Et Nous, en vertu du pouvoir apostolique que Nous tenons du Christ, en union avec les vénérables Pères, Nous les approuvons, arrêtons et décrétons dans le Saint-Esprit, et Nous ordonnons que ce qui a été ainsi établi en Concile soit promulgué pour la gloire de Dieu. » Toute l’autorité de l’Eglise se trouve donc solennellement engagée dans le dialogue interreligieux, en sorte qu’il n’est pas possible de le contester sans remettre gravement en cause la « catholicité » de son engagement chrétien.

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 12:42

 

Cher Michel, je réponds à votre commentaire à mon article sur l'islam.

 

« Il est étrange que l`an 700 à 1960, l`église catholique, ses docteurs et ses papes ont vu en l`islam une doctrine venant de l`ange déchu une doctrine de l`esprit de l`antichrist. Depuis 1960, voilà une grande religion d`amour à respecter alors que l`histoire montre que l`islam est persécutrice par sa doctrine. »

 

Je ne crois pas pour ma part que les choses soient aussi caricaturales… Il me paraît difficile en effet de présenter l’année 1960 comme une année de rupture avec la Tradition catholique, comme si l’Eglise romaine depuis lors errait loin d’elle... La Tradition continue de vivre et de se déployer dans l’Eglise catholique, invinciblement (cf. Mt 16. 18). Si vous en recherchez l’essence, c’est auprès du Souverain Pontife et des évêques, successeurs des Apôtres, unis à lui que vous la trouverez ; nulle part ailleurs. Là où se trouve la communion entre le Pape et les évêques successeurs des Apôtres, là est la Tradition catholique ; là où n’est pas cette communion, là ne peut pas être la Tradition catholique qui englobe cette communion même. Dès lors, toute attaque contre le Magistère catholique est une attaque directe contre la Tradition catholique…

 

Chacun a certes le droit de ne pas être d’accord avec l’Eglise catholique ; mais il faut alors avoir l’honnêteté intellectuelle de ne pas se présenter soi-même comme un « catholique » – au sens où l’Eglise l’entend, depuis plus de 2000 ans.

 

L’Eglise catholique n’a certes pas commencé avec le Concile Vatican II (comme certains n’ont pas manqué de me le rappeler en d’autres lieux). Mais elle n’a pas non plus fini avec le Concile. C’est toujours la même Eglise ; toujours la même communion ecclésiale ininterrompue depuis plus de deux millénaires entre les évêques successeurs des Apôtres et le Pape – que Sainte Catherine de Sienne aimait appeler « le doux Christ sur la terre ». Il n’y a rien de nouveau sous le soleil.

 

Ce qui vous paraît nouveau, c’est le changement dans le discours de l’Eglise au sujet de l’islam, depuis les années 60. Il est vrai qu’il existe aujourd’hui une autre manière de considérer les fidèles des autres religions qu’à une certaine époque ; d’envisager nos relations avec eux. Mais cela tient au développement de la doctrine catholique sous la conduite de l’Esprit Saint – développement que Jésus lui-même avait annoncé (cf. Jn 16. 13), et que le Cardinal Newman a admirablement théorisé dans son admirable Essai sur le développement de la doctrine chrétienne – ouvrage indispensable dans la bibliothèque de tout fidèle catholique !

 

Le discours de l’Eglise change, parce que son intelligence du Mystère de Dieu et de son Dessein d’amour et de Salut sur tous les hommes s’approfondit à mesure que l’Histoire avance et que l’Esprit pétrit le Corps de l’Eglise, le conduisant vers la Vérité toute entière.

 

Pour autant, ce changement dans le discours ne dénote pas d’une nouveauté dans la doctrine, car en réalité, « la réalisation de l’organisme n’est que la manifestation de ce qui était impliqué dans le germe » (Claude Tresmontant, in Essai sur la Pensée Hébraïque, Cerf 1953, p. 130).

 

On voit ainsi déjà dans l’Evangile le dialogue interreligieux à l’œuvre, à travers le fameux épisode de la rencontre de Jésus avec la Samaritaine (que nous avons récemment réentendu). Vous savez que les Juifs « ne voulaient rien avoir de commun » avec les Samaritains (cf. Jn 4. 9) qu’ils tenaient pour des païens et des hérétiques. Jésus, la Vérité incarnée, n’a pas voulu prendre le parti du mépris et de la condescendance. Bien au contraire : dans cette péricope, c’est lui-même qui prend l’initiative du dialogue, avec beaucoup de délicatesse, de finesse... et d’intelligence ! Non seulement le dialogue avec la Samaritaine ne rabaisse pas la Vérité au niveau de l’erreur et d’une certaine immoralité au risque de s’y perdre, mais ce dialogue va être le lieu même de sa manifestation. Comment la Samaritaine aurait-elle pu recevoir la Bonne Nouvelle de Jésus si le Seigneur l’avait méprisée, condamnée et évitée à l’instar des Juifs – s’il n’avait rien voulu avoir de « commun » avec elle ? Comment aurait-elle pu recevoir son message de grâce et de Salut si elle n’avait pas reçue d’abord sa personne ? Et comment aurait-elle accueillie sa personne si Jésus ne lui avait pas tendu la main, s’il n’était pas venu à sa rencontre, s’il ne lui avait pas proposé un dialogue ?

 

Le dialogue interreligieux me paraît ressortir de la logique même de l’Incarnation : car ce n’est pas d’abord un message que nous proclamons (une vérité abstraite), c’est une personne – la personne de Jésus-Christ, le « Sauveur du monde » (Jn 4. 42).

 

La personne de Jésus-Christ se manifeste aujourd’hui au monde à travers son Corps qui est l'Eglise et dans la personne des fidèles baptisés qui sont les « membres » de son Corps  : c’est-à-dire vous, nous ; toi, moi… C’est nous qui avons aujourd’hui la mission (et la responsabilité) de témoigner du Christ Sauveur du monde, en tendant la main à notre tour aux hérétiques et aux païens de notre temps pour les inviter à une rencontre, un dialogue, bienveillant et amical, emprunt de la douceur même que le Christ manifestât à la Samaritaine. Notre mission est de témoigner d’abord du Christ en personne, de son attitude bienveillante et amicale (quoique sans concession) envers les hérétiques et les païens, avant même son message. Car le message chrétien, en vérité, c'est le Christ lui-même. C’est Lui qui est la Bonne Nouvelle que nous devons annoncer (et manifester par nos gestes et notre attitude). C’est Lui qui est le Salut en personne. C'est Lui que les musulmans, les juifs, les hindoux, les bouddhistes... ont besoin de rencontrer aujourd'hui. C'est Lui qu'ils leur faut découvrir à travers le geste prophétique de notre accueil fraternel et de notre ouverture au dialogue.

 

Proposer un dialogue aux religieux de toutes les traditions, et au-delà, à tout homme, c’est permettre au Christ de s’inviter aujourd’hui chez Zachée (cf. Lc 1-10), chez les publicains et les pécheurs (cf. Mt 9. 9-13), chez les Samaritains (Cf. Jn 4)… Le Christ, fondamentalement, est l’homme de la rencontre et du dialogue – et comment pourrait-il en être autrement, puisqu’il est Dieu, la Deuxième personne de la Trinité, le Logos : il est lui-même, dans l’essence même de sa personne, rencontre (avec le Père) et dialogue : il est la Parole qui vient du Père et qui se donne au Père. L’homme à l’image et à la ressemblance de Dieu, c’est donc celui qui rencontre et qui dialogue – en un mot, qui aime plutôt qu'il ne méprise ; qui descend vers ses frères, plutôt qu’il ne les toise avec mépris et condescendance du haut de sa supériorité (comme le Christ est descendu et a été « compté avec les pécheurs » – cf. Is 53. 12).

 

Le dialogue interreligieux (comme avec tout homme, qu’il soit "pécheur" ou "publicain") n’est pas contraire à la Tradition catholique, parce qu’il s’enracine dans l’Evangile, et plus profondément, dans le Cœur de Jésus, dans le Mystère de son être, dans l’essence même de la Trinité d’Amour qui est par nature rencontre et dialogue – mouvement incessant vers l’Autre, d’où jaillit l’Esprit de Vérité.

 

Il n’y a pas d’autre manière d’évangéliser qu’en manifestant, par nos gestes et notre comportement, l’Amour indéfectible et inconditionnel que Dieu porte envers tous les hommes, son désir de les rencontrer chacun personnellement et d’entrer en dialogue avec eux.

 

Nous n'avons pas à craindre que notre parole se perde dans le brouhaha des convictions diverses, et que la proposition chrétienne de la foi s'en trouve relativisée, car notre parole (qui s’exprime principalement dans notre attitude, qui est signe en soi) est porteuse de la Parole de Vérité qui ne passera pas (Cf. Mt 24. 35 ; Mc 13. 31 ; Lc 21. 33), qui est éternelle, qui ne reviendra pas à Dieu sans résultat (cf. Is 55. 11) et qui a le pouvoir de transpercer les cœurs (cf. He 4. 12), bien plus sûrement (et efficacement, dans la perspective du Salut) que le glaive des Croisés…

 

« Vous dites que l`Église ne pratique pas la langue de bois!

Allons donc - si l`Église ne pratiquait pas la langue de bois elle aurait gardée le meme enseignement qu`avant 1960. L`Église n`enseigne plus au Québec, les 10 commandements, la damnation, l`enfer, l`existence de Satan, pour ne pas déplaire. Ce n`est pas de la langue de bois ça! »

 

Non, ce n’est pas de la langue de bois ; c’est une trahison pure et simple de l’Evangile – ce qui est beaucoup plus grave. Il y a certainement de l’excès dans votre condamnation de « l’Eglise du Québec » (il doit encore y rester, quand même, des prêtres et des évêques orthodoxes dans la foi !). Mais si ces faits étaient avérés, ils témoigneraient d’une Eglise locale en crise, en rupture grave avec la Tradition catholique. Les points que vous évoquez ne sont pas facultatifs ; ils font partie des vérités que nous devons croire si nous voulons être catholiques (parce qu’ils appartiennent au donné révélé – et que l’Eglise les a toujours enseigné). Les contester reviendrait à se placer de fait en dehors de la communion de l’Eglise dont je parlais plus haut.

 

« L`Église pratique énormément de langue de bois sinon elle ferait enquête pour trouver si la Franc-maçonnerie n`a pas réussi a l`infiltrée et a influencer le concile Vatican 2. Des gens qui ne se questionnent pas sur eux-mêmes pratique la langue de bois et s`aveuglent!

Je pense que l`Église erre sérieusement sur l`islam. »

 

Si vous placez votre opinion personnelle au-dessus de celle de l’Eglise (ce qui est votre droit le plus strict en tant qu’homme libre), vous rejoignez l’attitude des protestants – pour qui l’obéissance au Christ est obéissance à sa conscience personnelle, non à l’autorité de l’Eglise. Je ne dis pas qu’il ne faut pas suivre sa conscience. Mais il faut savoir que notre discernement est altéré par le péché originel – c’est pourquoi il est important de former notre jugement, et de l’éduquer à la lumière de l’enseignement de l’Eglise à qui l’Esprit Saint (l’Esprit même de Dieu) a été donné à la Pentecôte.

 

Jésus nous l’a promis : l’Eglise ne peut pas errer (cf. Mt 16. 18). Les hommes d’Eglise pris individuellement, oui – l’Histoire ne nous le montre que trop ; mais non pas l’Eglise-Corps-du-Christ (dont l’essence, je le répète, réside dans la communion des évêques successeurs des Apôtres avec le Pape) : car elle est directement reliée à la tête qui est Jésus-Christ lui-même (Cf. Rm 12. 5 ; Col 1. 18…), et reçoit de Lui la sève vivifiante de l’Esprit.

 

La foi en Jésus-Christ est aussi foi en l’Eglise catholique. Nous avons confiance en l’Eglise catholique parce que nous avons foi en Jésus-Christ. C’est parce que celui-ci nous a dit que les portes de l’enfer ne prévaudraient pas sur elle que nous pouvons nous appuyer sur elle avec confiance, et régler notre pensée sur sa pensée sans crainte de nous tromper, ni d’errer ; c'est elle qui est la colonne puissante et le soutien de la Vérité (cf. 1 Tm 3. 15).

 

Que l’Eglise soit infiltrée de l’intérieur par une Franc maçonnerie ecclésiastique, c’est fort possible (et même probable…). Mais cela ne doit pas nous inquiéter outre mesure – compte tenu de la foi que nous pouvons placer dans la Parole du Christ. Même s’il existait des bribes d’une doctrine franc-maçonne dans la pensée du Concile Vatican II, cela n’enlèverait rien à l’action providentielle de Dieu qui fait tout concourir au bien de ceux qu’il aime (cf. Rm 8. 28). C’est Lui, le Maître et le Souverain ; c’est Lui qui gouverne l'Eglise, qui enseigne et inspire ses serviteurs le pape et les évêques, particulièrement lorsqu’ils se réunissent solennellement en Concile dans la communion et l’unité : nous savons que l’Esprit Saint est là (cf. Ac 15. 28), dans cette communion, et qu’Il ne peut ni se tromper ni nous tromper parce qu’il est Dieu.

 

Demeurons donc dans la paix, quelque soient les remous existant dans le monde et à l’intérieur même de l’Eglise. Tant que nous resterons greffés sur cette communion des évêques successeurs des Apôtres avec le Pape, le Mauvais ne pourra rien contre nous. Car nous avons l’assurance que Jésus est là, au cœur même cette communion, tous les jours, et jusqu’à la fin des temps (cf. Mt 28. 20).

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 15:30

Cher Miky,

 

Dans le cadre de ma relecture des articles anciennement publiés, je réponds aujourd’hui à ton commentaire de l’article introductif à l’étude de la Création – dans la série « Dieu existe-t-il ? » (comme je m’efforcerai de répondre à toutes les questions demeurées sans réponse sur ce blog).

 

« Matthieu (…), en gros, tu nous suggères de contempler la beauté de l'univers et que cette beauté serait un argument favorable à l'existence de Dieu. Toutefois, la beauté est une notion relative. Peut-être qu'une civilisation extraterrestre ne trouverait pas belles les mêmes choses que nous.

 

« Le fait que nous trouvions beaucoup de choses belles doit être balancé par le fait que nous en trouvons aussi beaucoup qui ne sont pas belles voire qui sont carrément moches : champignons nucléaires, pourrissement, maladies, purulence, violence, malformations, amputations, décrépitude, etc. Si la beauté doit être un argument en faveur de l'existence de Dieu, alors l'absence de beauté et la mocheté doivent être, en toute logique, des arguments en défaveur de l'existence de Dieu. »

 

Je ne crois pas que la beauté soit une donnée relative – qui ne serait qu’affaire de goût. D’ailleurs, tu le supposes toi-même en énonçant toute une série de choses « pas belles » (dont tu ne te demandes pas si des extraterrestres pourraient les trouver belles...) – champignons nucléaires, pourrissement, maladies…

 

Les choses que nous ne trouvons « pas belles » sont justement celles qui affectent le beauté des êtres : le champignon nucléaire, parce qu’il est destructeur de la vie ; le pourrissement, parce qu’il est la conséquence de la décomposition d’un organisme ; la maladie, parce qu’elle est dégradation de la santé ; etc.

 

On voit donc que la beauté est première, et qu’elle est liée à l’être et à la plénitude de ses potentialités (la vie, la santé…) tandis que la « non beauté » est seconde en ce qu’elle n’a d’existence que relativement à la première, qu’elle altère. La question fondamentale et absolument première reste donc : d’où vient qu’il y ait du beau dans l’univers – c’est-à-dire de l’être, de la vie, de la santé ?

 

La question du mal (ou du « pas beau ») vient ensuite, et sa solution doit être trouvée à la lumière de la réponse donnée à la première question – celle du bien (ou du « beau ») –, qu’elle ne peut annuler. Si l’on parvient ainsi à établir que le beau dans l’univers est le signe, la preuve tangible de l’existence de Dieu (et c’est là la question à traiter en premier), on ne pourra considérer (si l’on veut rester cohérent) que le mal dans l’univers (qui est la question à traiter en second) est une preuve de son inexistence ; il faudra simplement chercher à concilier les deux points de vue, et penser le problème du mal à l’aune de l’existence de Dieu – ce que fait le judéo-christianisme.

 

On remarquera que le problème du mal ne se pose en vérité qu’au croyant, c’est-à-dire à celui qui a résolu la question première en répondant : « OUI, Dieu existe ». Car c'est alors que se pose à lui la seconde question : « Si Dieu existe, pourquoi y a-t-il du mal dans le monde ? ». « Pour qu’il y ait du mal, il faut d’abord qu’il y ait des êtres capables de souffrir ce mal, et ce sont ces êtres mêmes qui sont le point de départ de la démarche par laquelle l’intelligence va jusqu’à la connaissance de l’existence de Dieu » (Claude Tresmontant, in Comment se pose aujourd’hui le problème de l’existence de Dieu, Livre de Vie 1966, p. 428-429). Mais « dans la perspective athée, ce qui fait problème, ce n’est pas le problème du mal qui est dans le monde (…), mais l’existence du bien, du bon, [du beau,] de l’être, de la vie… » (qui est la première question à résoudre, la seconde – celle du mal – ne se posant pas, puisque dans un monde sans Dieu, livré au hasard du brassage des atomes, il n’est pas étonnant qu’il y ait des « ratés » dans la nature – des champignons nucléaires, du pourrissement, des maladies… ; ce qui est étonnant, c’est qu’il n’y en ait pas davantage ; ce qui est étonnant, c'est « que les êtres soient, en général et le plus souvent, réussis et même beaux, qu'il y ait si peu de monstres, que nous soyons tous constitués d'une manière qui, en gros, est viable. C'est un miracle quotidiennement renouvelé et stupéfiant »).

 

« Le fait que nous trouvions beaucoup de choses belles peut être expliqué autrement : par un mécanisme néodarwinien de sélection naturelle des mutations avantageuses pour la survie et la reproduction. Prenons deux individus : un trouve qu'il vit dans un environnement formidable, beau, stimulant, l'autre trouve qu'il vit dans un environnement horrible, moche, ennuyant. Lequel, selon toi, aura le plus de chance de survivre et de se reproduire ? 

 

Drôle de question à la vérité, puisqu’elle présuppose une certaine conscience de l’« individu ». Il ne peut donc s’agir que d’êtres humains. Or la sélection naturelle ne s’applique plus à l’homme (heureusement d’ailleurs !), en raison précisément de l’avènement de sa conscience qui lui a permis de dominer la nature. L’évolution biologique est achevée depuis que l’homme existe. Et on a déjà vu des gens déprimés par la vie assassiner des gens heureux de vivre…

 

Cela dit, ton raisonnement implique encore l’idée du « beau » – dont l’existence reste une question irrésolue. Quand bien même on supposerait que des êtres survivent et se reproduisent effectivement sous l’effet du « beau », il resterait encore à expliquer l’existence même de ce « beau » si attractif, si stimulant pour la vie. Sans cela, on expliquerait rien du tout.

 

Il me paraît ainsi vain de se référer au « mécanisme néodarwinien de sélection naturelle » produisant « des mutations avantageuses pour la survie et la reproduction » si tu n’expliques pas l’existence même de ce « mécanisme néodarwinien de sélection naturelle » ! C’est un peu comme si, à la question « pourquoi la poule ? », tu me répondais : « parce que l’œuf ! ». Je reconnais  certes que c’est une manière de répondre ; mais ça ne peut en aucun cas être la réponse définitive, qui implique que soit résolue aussi la nouvelle question suscitée par ta réponse même : « pourquoi l’œuf ? » Laisser sans réponse cette dernière interrogation reviendrait à ne pas répondre du tout à la première question – sinon superficiellement – ou en tous les cas : à substituer à la réponse de fond (qui rend compte de l’origine ontologique des choses) une réponse partielle (qui ne rend compte que de leur origine historique dans la succession des temps, mais non de l’existence même de leur être).

 

« Même si nous n'avions aucune explication de la beauté que nous percevons dans le monde, cela ne nous autoriserait pas logiquement à en inférer l'existence d'un Créateur. Cela voudrait juste dire que nous ne savons pas tout, et ça, nous le savons déjà que nous ne savons pas tout ! »

 

C’est vrai que nous ne savons pas tout. Mais nous en savons suffisamment, d’autant qu’il n’y a pas une infinité de solutions possibles – il n’y en a que trois. Si l’on examine sereinement ces trois options à la lumière des certitudes scientifiques que nous avons sur l’univers (sur sa structure, son histoire, son évolution…), on se rend compte qu’il est possible d’entrevoir LA solution à notre problème de l’existence du « beau ».

 

OU BIEN la beauté (c’est-à-dire : l’être, dans sa splendeur d’être) vient de Dieu (ou disons : d’un dieu) – hypothèse théiste (ou déiste) ; OU BIEN elle vient de l’univers lui-même (hypothèse matérialiste athée) ; OU BIEN elle vient du néant. Je ne vois pas d’autre explication possible.

 

On peut écarter aisément, je crois, la dernière option en raison de son évidente absurdité : le néant ne produit rien de lui-même ; il en est bien incapable pour la bonne raison qu’il n’existe pas (c’est sa définition même) !

 

Tout se joue donc entre la première et la seconde option. L’univers est-il le seul être, ou bien doit-il son existence à un Autre Être que lui ?

 

Imaginons qu’il soit démontré que l’univers ait tout fait lui-même ; que l’on parvienne à établir que ce sont des processus physiques qui aient tout créés (c’est la thèse de Stephen Hawking). Eh bien cela ne prouverait pas que l’univers soit le seul être ! Que le nuage primordial d’hydrogène et d’hélium ait été capable de produire, par ses seules ressources, la matière, puis la vie, puis la conscience et l’intelligence humaines, voilà en effet qui donne à réfléchir. Est-il rationnel de songer qu’un Mozart ou un Einstein aient put émerger d’un gaz qui n’avait pas en lui-même les propriétés pour créer de tels génies ? D’où vient que l'univers ait acquis ces propriétés ? D’où vient qu’elles soient apparues dans l’histoire de l’univers ?

 

Deux hypothèses se présentent à nous : OU BIEN l’univers n’avait pas en lui-même originellement les ingrédients pour créer de tels génies (ainsi que l’affirme la science aujourd’hui : il y avait moins à l’origine de l’univers que maintenant), et c’est donc qu’elles sont effectivement apparues ; qu'elles ont surgies. Puisqu'elles ne peuvent provenir du néant (qui est stérile et ne peut produire de l’être) ni de l’univers lui-même (puisque par hypothèse, il ne les avait pas en lui-même dès l’origine, et se trouvait donc dans l’incapacité de se les donner à lui-même), c’est donc… qu’elles proviennent nécessairement d’un Autre Être qui, Lui, possède en Lui-même tout ce qu’il communique à l’univers pour créer in fine ces deux génies que nous venons d'évoquer  c’est-à-dire : la vie, la conscience, la pensée, l’intelligence, la sensibilité artistique, le génie rationnel.

 

Où l'on voit que cette première hypothèse ne nous conduit nullement à l’athéisme, mais au théisme.

 

OU BIEN (deuxième hypothèse) l’univers possédait en lui-même dès l’origine (mais alors, de manière occulte…) la vie, la conscience et l’intelligence qui allaient apparaître au terme de l’évolution cosmique : et cela revient à attribuer à l’univers… tous les caractères que les théologiens monothéistes reconnaissent à Dieu seul, à savoir : la suffisance ontologique, l’éternité, la vie, la puissance créatrice, l’intelligence… Dans cette hypothèse, c’est l’univers qui est Dieu ! C’est lui le Divin, le Grand Animal Pensant qui se trouve à l’origine de toutes choses, et qui créé du beau en son sein, au fil de son évolution historique. C'est donc lui qu'il faut adorer...

 

Où l'on voit que cette seconde hypothèse ne nous conduit nullement à l’athéisme, mais au panthéisme.

 

L’athéisme n’est donc pas une option rationnelle, car lorsque l’on pose comme postulat de départ que l’univers est le seul être, on est conduit irrésistiblement à poser les deux hypothèses ci-dessus qui conduisent l’une au théisme, l’autre au panthéisme.

 

Pour survivre, l’athéisme n’a plus qu’une seule ressource : démontrer scientifiquement que l’univers n’évolue pas et que tous les êtres existants aujourd’hui ont toujours existé – que rien n’est apparu dans l’univers ; que tout existe depuis toujours, sans changement. Pour survivre, l’athéisme doit combattre le fait de l’Evolution…

 

Il faut alors se rendre à l’évidence : l’athéisme a été vaincu par les grandes découvertes du siècle dernier. Il ne représente plus aujourd’hui une alternative rationnelle à l’existence de Dieu. Que Dieu soit transcendant à l’univers ou immanent (ce qu’il convient de trancher), peu importe à ce stade : ce que nous pouvons dire aujourd’hui avec certitude, c’est que nous savons qu’Il existe (que nous avons les moyens, en tous les cas, de le savoir), et que notre univers n’est pas un assemblage hasardeux – et pour le moins heureux…– d’atomes. Notre univers a été pensé par Dieu ; chacun de nous est le fruit d’une pensée divine. Nous existons parce que chacun de nous, personnellement, a été pensé, voulu, désiré par Dieu. Personne ne s’est donné l’être à soi-même. Personne ne l’a reçu du néant (c’est chose impossible). Personne ne l’a reçu non plus de l’univers (puisque celui-ci n’avait pas en lui-même de quoi nous créer à l'origine). Tous, sur cette terre, nous avons reçu l’existence, la vie, la conscience, la pensée, l’intelligence et la capacité d’aimer de Celui-là même qui, de toute éternité, est l’Être et la Vie, et qui possède en Lui-même la conscience, la pensée, l’intelligence et la capacité d’aimer.

 

« Celui qui, ne supportant pas son ignorance, s'invente un "Dieu des trous" ne fait que couvrir son ignorance d'un peu de dignité, mais ne résout fondamentalement rien. »

 

Comme je viens de le dire, il ne s’agit pas de boucher des trous. Il s’agit d’analyser correctement le donné existant. C’est ce que nous savons du réel qui nous révèle l’existence de Dieu, pas ce que nous ignorons. Quand bien même nous saurions tout de la réalité matérielle de l'univers, cela n’expliquerait rien : les mécanismes naturels ayant présidé à l’histoire de notre univers ne diront jamais rien de leur propre raison d’être. Parce que cette question n’est pas une question scientifique, mais métaphysique. Il ne s’agit donc pas tant d’accroître la quantité de nos connaissances scientifiques (même si bien sûr, il faut sans cesse chercher) que d’approfondir la qualité de nos analyses métaphysiques à partir des informations certaines donc nous disposons sur le monde et la nature.

 

« Pour rendre compte de qqch de mystérieux, il pose une hypothèse encore plus mystérieuse : d'où vient Dieu ? Pourquoi a-t-il créé le monde ? Pourquoi l'a-t-il créé ainsi qu'il la créé ? Si on pousse ta logique jusqu'au bout, le fait même que Dieu ait eu l'intention, le projet, de créer un monde beau devrait nous interroger et nous faire admettre l'existence d'un Méta-Dieu qui a créé cette intention, ce projet, en Dieu, et ainsi de suite... La régression à l'infini n'est pas évitée ! »

 

Non, ce que tu exprimes n’est pas une pensée rationnelle. La rationalité postule l’existence d’un autre Être que l’univers, qui possède en Lui-même tout ce qui est nécessaire pour donner à l’univers d’être ce qu’il est comme il est (et que l’univers ne possède pas en lui-même – sauf à admettre le panthéisme) : la suffisance ontologique, l’éternité, la vie, la puissance créatrice, l’intelligence…

 

Le mouvement naturel de la pensée conduit nécessairement à l’existence de Dieu (ou disons : d’un dieu) ; d’un Dieu unique et Créateur ; d'un Être absolu qui ne dépend de rien ni de personne pour exister, en qui se trouve la plénitude de l'être depuis toujours et pour toujours. On peut supposer, si l’on veut, des dieux intermédiaires entre l’univers et son créateur. C’est une possibilité théorique. Mais ce n’est pas une nécessité métaphysique. La nécessité métaphysique, c’est l’existence d’un Dieu unique et créateur.

 

Il n’y a donc aucune bonne raison pour rejeter a priori l’existence d’un Dieu unique et créateur, au seul (et pâle) motif que l’explication serait trop compliquée.

 

Je ne vois pas en effet pourquoi ce Dieu Créateur là devrait être moins mystérieux que l’univers créé, car le « moins » ne créé pas du « plus ». En revanche, le « plus » peut créer du « moins ». Ce qui est créé est donc nécessairement « moins » mystérieux que ce qui a créé – la consistance ontologique de celui qui crée est nécessairement « plus » riche que celle de l'être créé (on peut le comprendre aisément par une analogie tirée de notre expérience : l’ordinateur le plus puissant au monde sera toujours infiniment moins mystérieux que le cerveau du savant génial qui l’a pensé et élaboré…).

 

Il n’est donc pas pertinent d’éliminer l’explication de l’univers par l’existence de Dieu au seul motif qu’elle serait trop mystérieuse. D’autant moins que, si le Dieu auquel la raison humaine conduit naturellement à partir de la considération de l’univers, de son histoire et de tout ce qui le constitue, s’avère être un Être vivant, pensant et intelligent, il est permis de penser qu’il soit possible d’entrer en relation avec Lui ; de recevoir de Lui une Parole qui nous communiquera l’intelligence de ce qu’Il est en Lui-même et de ce qu’il fait. Cela nous permet donc d’espérer avoir quelques lumières sur les mystères qui entourent son être et son dessein créateur. Cela suppose certes qu’il veuille bien nous le révéler (car par nous-mêmes, nous ne pouvons que spéculer à l’infini). Mais pourquoi ne le voudrait-il pas ?  « Lui qui façonné nos bouches, il ne parlerait pas ? »

 

« - Enfin, je n'ai rien contre le fait que l'on croit en Dieu, mais je pense qu'il faut être vigilant quant aux motifs que l'on se donne d'y croire. Si ton but, à travers cette série d'articles, est de démontrer rationnellement et/ou empiriquement seulement, l'existence (probable) de Dieu, ton entreprise est vouée à l'échec, car les exigences de la rationalité et de l'empirie ne sont pas respectés, et pour cause : une explication scientifique doit relier logiquement des faits empiriques objectifs. Dieu est peut-être logique, mais il n'est certainement pas entièrement observable objectivement. J'enfonce le clou : si Dieu était une hypothèse scientifique valable, il ne serait pas Dieu, car il existerait au même titre que les êtres humains, les animaux, les plantes, les minéraux, les artéfacts, etc. A mon avis, toute approche possible de Dieu se doit de déborder le cadre de la science voire de s'en détacher. Mais il faut définir un nouveau cadre de référence, un nouveau paradigme si tu préfères, avant de pouvoir approcher Dieu, à l'intérieur de ce paradigme. Et ce paradigme doit s'efforcer, à mon avis, de reposer sur le sens commun ou la science, pour qu'il soit convainquant pour tous. Note bien que je ne me contredis pas en disant d'une part : Dieu ne peut être scientifiquement prouvé et d'autre part un paradigme à l'intérieur duquel Dieu peut être prouvé devrait s'efforcer de reposer sur le sens commun et la science. Ce sont deux idées différentes. »

 

Tout à fait Miky, je te suis entièrement ! Tu as tout à fait raison de dire qu’il ne peut exister de preuves scientifiques de l’existence de Dieu – pour la bonne raison que Dieu est Dieu, et qu’il ne se confond pas avec l’univers créé que scrutent les sciences. Les sciences, au bout de leur télescope ou de leur microscope, ne verront jamais rien d’autre que l’univers et sa matière. Comme tu le dis au sujet de l’eucharistie : « l’analyse objective d’une hostie consacrée par un prêtre ne révèlera rien d’autre que de la farine et du sel ».

 

Il faut donc, comme tu le dis, « déborder le cadre de la science » - je ne rajouterais pas pour ma part le « voire s’en détacher » qui suit dans ta phrase, car je pense qu’il ne faut surtout pas s’en détacher. Le nouveau cadre de référence à l’intérieur duquel on va pouvoir approcher Dieu, et qui doit « reposer sur le sens commun ou la science pour qu’il soit convainquant pour tous », le « nouveau paradigme », c’est tout simplement : le cadre rationnel méta-physique – dans lequel s'inscrit l’effort de la raison humaine pour penser jusqu’au bout le réel empiriquement observé dans l’expérience commune et l’activité scientifique, et qui présente de ce point de vue tous les caractères nécessaires pour être « convainquant pour tous ».

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