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4 avril 2006 2 04 /04 /avril /2006 18:03

 

Article revu et corrigé le 18 février 2019

 

Cher Miky,

 

Je souhaiterais réagir aux commentaires que tu as laissés à l’article "La terre : une planète spécialement configurée pour donner la vie".

"Si ton but, écris-tu, à travers cette série d'articles, est de démontrer rationnellement et/ou empiriquement seulement, l'existence (probable) de Dieu, ton entreprise est vouée à l'échec (…). Si tu dis qu'il est raisonnable de croire parce que l'objet de cette croyance (et non pas l'attitude de croire) disposerait lui-même d'appuis rationnels, alors je pense qu'il y a peut-être un problème." (Commentaire n°1)

Comme j’ai pu l’indiquer dans mon article introductif auquel tu te réfères – ainsi que dans mes premières réponses –, les sciences expérimentales et mathématiques ne fournissent pas de preuves de l'existence de Dieu.

L’existence de Dieu ne se démontre ni par l'observation ni par le calcul parce que Dieu n’est pas un élément du monde – un objet parmi les autres objets. Il n’est pas situable par rapport à nous : il n’occupe aucune place en hauteur ou en profondeur, il ne s’articule pas sur les phénomènes de l’univers. Dès lors, il ne peut être objet d’investigation scientifique : il ne fait pas corps avec le monde physique que scrutent nos savants.

Notre imagination ne pouvant se représenter que des réalités matérielles, on pourrait être tenté de penser que Dieu n'est pas une réalité parce qu'il n'est pas matériel. Mais est-il vrai qu'il n'est de réalité que matérielle? C'est cela qui est en question dans le problème de l'existence de Dieu. Que Dieu ne soit pas matériel – ou étendu – ne signifie pas nécessairement qu'Il n'est pas ; c'est peut-être au contraire qu'Il est, et qu'Il est trop – au point de transcender la matière. Car la matière restreint ; elle limite. "L'étendue n'est (...) pas une condition nécessaire de l'être ; elle suppose au contraire une restriction ou une limitation dans l'être. Par conséquent, de ce que Dieu n'est pas un corps, un être étendu, que nous puissions saisir avec nos sens, étreindre des bras du corps, voir de nos yeux et entendre de nos oreilles, il ne s'ensuit pas qu'il soit moins réellement et moins véritablement que les êtres corporels qui nous entourent et que nous pouvons atteindre ainsi. Il est infiniment plus réellement et plus véritablement qu'eux ; et si nous ne pouvons pas Le saisir avec nos sens, nous pouvons Le saisir avec notre intelligence, ce qui est un mode d'étreinte et de possession autrement intime, autrement parfait et autrement durable que le mode d'étreinte et de possession purement sensible" (Thomas Pègues, in Commentaire littéral de la Somme théologique de saint Thomas d'Aquin, Prima Pars, Q3, a1)

Ce n'est donc pas par nos sens que l'on trouve Dieu – mais par notre intelligence, en raison même de ce qu'est Dieu. Cela se comprend lorsqu'on se rappelle qu'il est de la nature de l'intelligence de percevoir l'être, comme il est de la nature de la vue de percevoir la lumière et de la nature de l'ouïe de percevoir le son. Si Dieu est l'Être absolu duquel dépend ontologiquement tous les êtres, l'intelligence humaine saura Le percevoir à travers l'existence de tous les êtres – de tous ces êtres de notre réalité matérielle qui ne peuvent avoir leur raison d'être première et fondamentale qu'en Lui.

"Quand on parle de preuves de l’existence de Dieu, déclarait Jean-Paul II dans son audience générale du 10 juillet 1985, il faut souligner qu’il ne s’agit pas de preuves "scientifico-expérimentales". Les preuves scientifiques, au sens moderne du mot, valent seulement pour les choses perceptibles aux sens, car c’est seulement sur celles-ci que peuvent s’exercer les instruments de recherche et de contrôle dont se sert la science. Vouloir une preuve scientifique de Dieu signifierait abaisser Dieu au rang des êtres de notre monde, et donc se tromper déjà méthodologiquement sur ce qu’est Dieu."

Si Dieu est Esprit – au-delà de toute réalité matérielle – c'est par l'esprit que nous allons pouvoir Le trouver – et non par le téléscope ou le microscope (lesquels peuvent bien scruter un cerveau, mais non pas l'esprit de l'homme – qui est une réalité immatérielle).

La question est donc de savoir s'il est vrai qu'il n'est de réalité que matérielle. La seule matière suffit-elle à expliquer l'univers, sa genèse, son histoire, son évolution, son ordre, sa structure mathématique et tous les êtres le composant – et notamment les êtres vivants avec leur cerveau, leurs yeux, leur ADN...? Ou bien la raison impose-t-elle l'existence d'un autre Être que l'univers, lui donnant d'être, lui communiquant sa forme – ordonnée, structurée – et lui fournissant les ressources qu'il ne possédait pas en lui-même pour devenir plus qu'il n'était à son origine – et faire surgir en son sein de nouveaux êtres (par ex. les êtres vivants dans un monde de matière inerte).

Nous allons voir que notre intelligence est irrésistiblement conduite à l'existence de Dieu sous la double pression de l'observation des faits et de la raison logique ; qu'il n'existe aucune alternative rationnelle à l'existence de Dieu ; que la seule manière d'y échapper serait de renoncer à toute raison. Si ce que nous affirmons est vrai – ce qu'il va nous falloir démontrer –, alors nous sommes bien en présence de "preuves" au sens strict du terme, car les "preuves" sont contraignantes par nature – or ici, la raison humaine est contrainte par les conclusions du raisonnement. Et ce sont bien des preuves "scientifiques" puisqu'elles nous communiquent une vraie certitude – une connaissance authentique et démontrée de manière irréfutable – le terme "scientifique" étant donc entendu ici en son sens le plus large.

Je sais que certains croyants répugnent à employer le terme de "preuves" au sujet de l'existence de Dieu. Pourtant, c'est bien de cela dont il s'agit – et c'est de cela dont l'Eglise parle. Si l'on veut être fidèle à l'enseignement de l'Eglise, il ne faut pas hésiter à parler de preuves.  "Créé à l’image de Dieu, appelé à connaître et à aimer Dieu, l’homme qui cherche Dieu découvre certaines 'voies' pour accéder à la connaissance de Dieu. On les appelle aussi "preuves de l’existence de Dieu', non pas dans le sens des preuves que cherchent les sciences naturelles, mais dans le sens d’arguments convergents et convaincants qui permettent d’atteindre à de vraies certitudes" (CEC n°31).

Et comment pourrait-il en être autrement? Si Dieu existe, comment douter que la raison humaine puisse conclure de manière certaine à la connaissance de Son existence? Si le Créateur a donné l'intelligence à l'homme, n'est-ce pas pour qu'il s'en serve afin de Le découvrir, d'esprit à Esprit, sans l'ombre d'un doute? Qu’il serait bien étrange ce Dieu qui donnerait à l’homme une intelligence... pour le détourner de Lui et le conduire inexorablement à l'athéisme! Non, si Dieu existe, notre raison doit pouvoir nous conduire à Lui, sans "violence", d'une façon naturelle et simple. Relevons d'ailleurs que dans l'Ecriture Sainte, non seulement Dieu demande à l'homme d'user de son intelligence pour Le trouver, mais il en fait même un Commandement – et le premier de tous! "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force" (Deut. 6. 5) – ce qui implique l'hommage de notre raison qui est une faculté de notre âme.

Il existe donc des preuves de l'existence de Dieu – et c'est cette idée que nous allons développer au fil des semaines. Ces preuves – répétons-le – ne sont pas d'ordre "scientifico-expérimentales" puisque Dieu n’est pas réductible au monde créé. Mais ce sont des des preuves quand même, qui résident dans une multiplicité d’indices "convergents et convaincants" nous conduisant non pas à une vague opinion mais "à de vraies certitudes". Ces preuves sont de nature métaphysique – donc rationnelles et scientifiques (au sens non restrictif d’une connaissance certaine tirée de l’expérience du monde). Quant aux sciences modernes, si elles ne prouvent pas Dieu, elle fournissent par leurs découvertes de nombreuses raisons d'y croire – leur enseignement constituant la matière première de la réflexion métaphysique sur l'existence de Dieu.

 

Discussion avec les lecteurs suite à la publication de cet article (1)
Discussion avec les lecteurs suite à la publication de cet article (2)
Discussion avec les lecteurs suite à la publication de cet article (3)

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28 mars 2006 2 28 /03 /mars /2006 22:16

[Cet article, qui est la suite de Les révélations privées... au service de la Révélation divine , clôture notre série de quatre articles rédigés en "réponse" à la méditation du Père Cantalamessa sur la parole de Dieu et les révélations privées].

 

3.3. Le message de Marie à Medjugorje en date du 25 janvier 2006

 

Nous le reproduisons à nouveau, tant il nous paraît d’une importance cruciale pour notre monde aujourd’hui : « Chers enfants, aujourd´hui encore, je vous invite à être porteurs de l’Evangile dans vos familles. N´oubliez pas,  petits enfants, de lire les Saintes Ecritures. Mettez-les dans un lieu visible et témoignez par votre vie que vous croyez et que vous vivez la Parole de Dieu. Je suis proche de vous par mon amour et j´intercède devant mon Fils pour chacun de vous. Merci d’avoir répondu à mon appel. »

 

(Cf. La position de l'Eglise sur Medjugorje + Bibliographie février 2006).

 

Dans son commentaire mensuel, le Frère Ljubo Kurtovic écrit que « dans ce message, [la Vierge Marie] nous invite à être porteurs de l’Evangile dans nos familles. Etre porteur de l’Evangile, c’est être porteur du bonheur, l’Evangile étant la bonne, l’heureuse nouvelle. L’Evangile, c’est Jésus-Christ.

 

« Notre-Dame de Medjugorje ne cesse de placer devant nous, qui sommes ses enfants, cet idéal de l’Evangile que les saints ont atteint durant leur vie. C’est pourquoi saint Paul peut dire: «de sorte que ce n'est plus moi qui vis, mais c'est le Christ qui vit en moi» (Ga 2,20). Nous avons besoin de la prière pour atteindre cet idéal et nous identifier au Christ (…).

 

« Dans beaucoup de ses messages, elle nous a invités à la lecture des Saintes Ecritures, et elle le fait aujourd’hui aussi. Marie est la femme de l’Evangile et c’est pourquoi elle nous dit de lire les Saintes Ecritures (…), remplies de Dieu et de Son esprit.

 

« Au cours des 25 années de ses apparitions et de sa présence ici, elle n’essaie pas de révéler des vérités nouvelles, ou d’ajouter quelque chose à l’Evangile. Elle vient en tant que notre Mère et souhaite que nous prenions au sérieux la Parole de Dieu, et que l’Evangile ne soit pas pour nous quelque chose d’abstrait et d’éloigné de notre vie. Car l’Evangile n’est pas quelque chose qui s’est déroulé dans le passé et s’est terminé. L’Evangile se déroule toujours et se renouvelle dans la vie de chaque véritable chrétien.

 

« Ignorer les Ecritures, c'est ignorer le Christ » disait Saint Jérôme. Les Saintes Ecritures nous révèlent Jésus-Christ lui-même, son amour, sa grâce et sa toute-puissance.

 

« La Parole de Dieu n’est pas la parole humaine. Dieu est derrière sa parole. Comme nous le dit l’auteur de l’épître aux Hébreux: «En effet, la parole de Dieu est vivante et efficace. Elle est plus tranchante qu'aucune épée à deux tranchants. Elle pénètre jusqu'au point où elle sépare âme et esprit, jointures et moelle. Elle juge les désirs et les pensées du coeur humain. Il n'est rien dans la création qui puisse être caché à Dieu. A ses yeux, tout est à nu, à découvert, et c'est à lui que nous devons tous rendre compte »

 

« Par la foi, dans les Saintes Ecritures, nous atteignons Dieu même. Lire les Saintes Ecritures, c’est écouter ce que le Seigneur nous dit, c’est recevoir la Parole de Dieu comme un don. C’est cette attitude de Marie qui, après avoir entendu les paroles que lui a adressées le messager de Dieu, les a acceptées et gardées dans son cœur. Il s’agit d’écouter, d’accepter et de garder la Parole de Dieu, dans la dévotion, l’obéissance et l’adoration. Car, nous ne sommes pas maîtres de la Parole de Dieu, mais ses serviteurs. En lisant dans la foi et la prière les Saintes Ecritures, nous ne cherchons pas quelque chose que nous allons raconter aux autres ou quelque chose qui satisfera notre curiosité. Dans le silence et la paix, nous nous mettons à l’écoute de la Parole de Dieu. »

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23 mars 2006 4 23 /03 /mars /2006 22:24

[Cet article est la suite de Canon 1399 § 5 ]

3.2. Révélation divine et révélations privées 

Le Père Cantalamessa termine sa méditation du 12 mars en écrivant :

« Saint Jean de la Croix disait que depuis qu’il a dit de Jésus, sur le Thabor : « Ecoutez-le ! », Dieu est devenu, dans un certain sens, muet. Il a tout dit, il n’a rien de nouveau à révéler. Ceux qui lui demandent de nouvelles révélations ou réponses, l’offensent, comme s’il ne s’était pas encore expliqué clairement. Dieu continue à dire à tous les mêmes paroles : « Ecoutez-le, lui ! Lisez l’Evangile : vous y trouverez non pas moins, mais plus que ce que vous cherchez ».

Concernant cette dernière remarque du Père Cantalamessa, là encore, elle me paraît incomplète, et… terriblement frustrante !

Il est vrai que la Révélation est close avec la mort du dernier Apôtre, ainsi que l’écrit Saint Jean de la Croix (cité par le prédicateur de la Maison pontificale) en commentant He 1, 1-2 :

« Dès lors qu’Il nous a donné son Fils, qui est sa Parole, Dieu n'a pas d’autre parole à nous donner.

« Il nous a tout dit à la fois et d’un seul coup en cette seule Parole et il n’a rien de plus à dire; car ce qu'Il disait par parties aux prophètes, Il l'a dit tout entier dans son Fils, en nous donnant ce tout qu'est son Fils.

« Voilà pourquoi celui qui voudrait maintenant l'interroger, ou désirerait une vision ou une révélation, non seulement ferait une folie, mais ferait injure à Dieu, en ne jetant pas les yeux uniquement sur le Christ, sans chercher autre chose ou quelque nouveauté » (Carm. 2, 22, 3-5).

Le catéchisme de l’Eglise catholique déclare à ce sujet que « Le Christ, le Fils de Dieu fait homme, est la Parole unique, parfaite et indépassable du Père. En Lui Il dit tout, et il n’y aura pas d’autre parole que celle-là. (§ 65)

« L’Économie chrétienne, étant l’Alliance Nouvelle et définitive, ne passera donc jamais et aucune nouvelle révélation publique n'est dès lors à attendre avant la manifestation glorieuse de notre Seigneur Jésus-Christ" (DV 4). »

Mais le Catéchisme ne s’arrête pas là ! Le texte du Magistère poursuit : « Cependant, même si la Révélation est achevée, elle n’est pas complètement explicitée ; il restera à la foi chrétienne d’en saisir graduellement toute la portée au cours des siècles (§ 66)»

Jésus lui-même évoque cette explicitation progressive du donné de la Révélation sous l’action de l’Esprit Saint :

« Le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. » (Jn 14. 26)

« Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d'auprès du Père, lui, l'Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. » (Jn 15. 26).

« J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l'instant vous n'avez pas la force de les porterQuand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu'il aura entendu ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître » (Jn 16. 12-13).

Comme l’écrit le Père Molinié : « Ce n’est pas parce que la Révélation est close que Dieu a cessé de parler (…). A cause de cela, il ne faut pas se faire de « programme » trop précis, fondé soi-disant sur la Parole de Dieu : si cette Parole est vivante, nous ne savons jamais ce qu’elle va nous dire. Si nous prétendons le savoir à l’avance sous prétexte que « c’est dans le texte », nous tuons la Parole dans notre cœur, et l’obligeons pratiquement à se taire.

« On ne sait pas ce qu’il y a dans la Révélation, finalement : c’est un secret. Dieu ne peut plus rien dire qui ne se trouve déjà inscrit dans le dépôt révélé, la Révélation étant close depuis la mort du dernier Apôtre. Mais cela ne veut pas dire qu’on a compris ! La profondeur de cette Parole est infinie, elle ne bouge pas, mais elle est plus vivante que ce qui bouge, elle peut nous réserver bien des surprises.

« Dieu a tout dit, mais comme Il dit des choses éternelles dont la profondeur est insondable, c’est toujours nouveau » (Cf. "Le courage d'avoir peur" , Editions du Cerf, 1994, pages 196 et 197).

Les apparitions et autres Révélations privées s’inscrivent donc dans ce processus de développement de la Révélation divine.

Le Catéchisme de l’Eglise catholique déclare à ce sujet qu’« Au fil des siècles il y a eu des révélations dites " privées ", dont certaines ont été reconnues par l’autorité de l’Église. Elles n’appartiennent cependant pas au dépôt de la foi. Leur rôle n’est pas d’"améliorer " ou de "compléter" la Révélation définitive du Christ, mais d’aider à en vivre plus pleinement à une certaine époque de l’histoire. Guidé par le Magistère de l’Église, le sens des fidèles sait discerner et accueillir ce qui dans ces révélations constitue un appel authentique du Christ ou de ses saints à l’Église.

« La foi chrétienne ne peut pas accepter des " révélations " qui prétendent dépasser ou corriger la Révélation dont le Christ est l’achèvement. C’est le cas de certaines religions non chrétiennes et aussi de certaines sectes récentes qui se fondent sur de telles " révélations ". » (§ 67).

(à suivre...)

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21 mars 2006 2 21 /03 /mars /2006 21:21

[Cet article est la suite de La Bible... ou les astres? ]

 

3. Et les révélations privées ? 

 

3.1. Révélations et jugement de l’Eglise

 

Le Père Cantalamessa évoque un dernier point sur lequel nous nous permettrons d’être en désaccord.

 

« Je dois évoquer, écrit-il, un autre domaine dans lequel Jésus ne parle pas mais où, en revanche, on le fait parler constamment : celui des révélations privées, des messages célestes, des apparitions et des voix de différentes natures.

 

« Je ne dis pas [ouf !] que le Christ ou la Vierge ne peuvent pas parler également à travers ces moyens. Ils l’ont fait dans le passé et ils peuvent le faire, de toute évidence, encore aujourd’hui.

 

« Mais avant de partir du principe que c’est Jésus ou la Vierge qui parle, et qu’il ne s’agit pas de la fantaisie maladive de quelqu’un ou, pire, de petits malins qui jouent sur la bonne foi des personnes, il faut avoir des garanties. Il faut, dans ce domaine, attendre le jugement de l’Eglise, et non le précéder. Les paroles de Dante sont encore d’actualité : « Soyez, chrétiens, à vous mouvoir plus graves, ne soyez comme plumes à tout vent » (Paradis V, 73 s. cf. Editions du Cerf pour la traduction française). »

 

J’avoue que ces dernières lignes m’ont peiné. Sans doute ont-elles été écrites trop rapidement de la part de l’auteur, qui n’a pas vu qu’il pouvait blesser le cœur de nombreuses personnes ayant vécu une expérience spirituelle forte sur tel ou tel lieu de pèlerinage.

 

Qu’il faille des garanties, c’est une évidence. Mais il me parait injuste d’écrire : « Il faut, dans ce domaine, attendre le jugement de l’Eglise, et non le précéder. » Pour une raison historique que le Père René Laurentin évoque dans son ouvrage sur la « Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd’hui » (Fayard 1995) : « Depuis un demi-siècle, on faisait silence sur les nouvelles apparitions, sinon pour signaler celles qui étaient l’objet d’un jugement négatif. On en parle aujourd’hui davantage. Pourquoi ?

 

« Cela tient à l’abolition du Canon 1399, § 5 de l’ancien Code de droit Canonique qui « interdisait les livres et libelles qui racontent de nouvelles apparitions, révélations, visions, prophéties et miracles, ou lancent de nouvelles dévotions, même sous le prétexte qu’elles sont privées » (et du Canon 2318 qui excommuniait les contrevenants).

 

« C’est Paul VI qui abolit ces canons, moins d’un an après la fin du Concile, le 14 octobre 1966 (Décret de la Congrégation de la Doctrine de la Foi, Acta Apostolicae Sedis, 29 décembre 1966, Page 1186). Cet article n’a donc pas été repris dans le nouveau Code de droit Canonique. Les apparitions n’étaient plus sous le boisseau.

 

« Cette libéralisation est conforme à la liberté chrétienne que le Concile a remise en honneur, en faisant davantage confiance aux grâces et initiatives prophétiques des laïcs.

 

« Mais cette ouverture ne pourra faire ses preuves et durer que si les chrétiens en usent avec discernement, modération et obéissance aux évêques, qui ont à veiller sur ces phénomènes non exempts de risques, avec la même autorité et la même prudence qu’auparavant. » 

 

Ainsi en est-il des révélations privées comme de l’Ecriture Sainte : chacun peut – et chacun est même fortement invité par l’Eglise, à travers la voix de son Pape – à lire, méditer, travailler et prier l’Ecriture d’une manière personnelle, en laissant raisonner la Parole divine dans son intelligence, et dans les profondeurs de son âme ; mais il conviendra toujours de confronter sa propre lecture avec celle de l’Eglise, à qui revient le dernier mot : elle est notre rocher, le lieu sûr où nous pouvons nous abriter lorsque la tempête menace (et elle peut se déchaîner à la lecture de l’Ecriture. Cf. les manœuvres de Satan au désert…).

 

Concernant les lieux d’apparitions non encore reconnus, tel Medjugorje dont il est souvent question sur ce Blog, les chrétiens sont libres de s’y rendre en pèlerinage, de croire à l’authenticité des messages de la Vierge et de ses apparitions. Le 6 août 1996, le Dr Joaquim Navarro-Valls, Porte-parole du Saint-Siège déclara ainsi au Service d’information Catholique : « Vous ne pouvez pas interdire aux pèlerins d’y aller [à Medjugorje] à moins que les apparitions aient été prouvées fausses. Cela n’ayant pas été fait, toute personne peut s’y rendre si elle le désire ».

 

Mais il conviendra en dernier ressort d’abandonner le jugement définitif à l’Eglise, lorsqu’elle se prononcera. Telle est notre unique garantie : l’Eglise, toujours l’Eglise, encore l’Eglise. Notre confiance en elle doit être totale. Car elle repose sur la parole même du divin Maître : « Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle » (Mt 16. 18).

 

Des garanties, il en faut donc. Mais à ce sujet, je trouve la parole de Jésus dans son Evangile plus édifiante que la référence à Dante :

 

« Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans ce sont des loups voraces. C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. On ne cueille pas du raisin sur des épines, ni des figues sur des chardons. C'est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits, et que l'arbre mauvais donne des fruits détestables. Un arbre bon ne peut pas porter des fruits détestables, ni un arbre mauvais porter de beaux fruits. Tout arbre qui ne donne pas de beaux fruits est coupé et jeté au feu. C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. »

 (Mt 7. 15-20)

 

Voilà donc notre unique garantie, tant que l’Eglise ne s’est pas prononcée : les « fruits » (mot qui revient 7 fois dans le passage que nous venons de citer) ; ceux que nous pouvons déceler en telle personne, en tel évènement, ou en tel lieu où semble souffler l’Esprit.

 

Ce sont ces fruits qui nous permettent « d’avancer spirituellement », comme nous l’a demandé un jour la Vierge Marie en répondant à une question posée par les voyants sur la reconnaissance des apparitions de Medjugorje par l'Eglise. "Il faut suivre l'autorité de l'Eglise, bien sûr. Cependant, avant qu'elle ne se prononce, il faut avancer spirituellement ; car elle ne pourra pas se prononcer dans le vide, mais dans une confirmation qui suppose la croissance de l'enfant. L'Eglise viendra confirmer ce qui est né de Dieu".

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19 mars 2006 7 19 /03 /mars /2006 17:57

Cher ami lecteur,

 

Je voudrais revenir sur le texte de méditation du Père Raniero Cantalamessa OFM Cap, prédicateur de la Maison pontificale, sur l’Evangile du 12 mars 2006, concernant la Parole de Dieu.

 

Le thème de sa méditation portait le titre suivant : « Il est important de savoir où Jésus parle… et où il ne parle pas ».

 

1. Où Jésus parle-t-il ? La Parole de Dieu et l’Eglise

 

« Où Jésus parle-t-il aujourd’hui pour que nous puissions l’écouter ? demande le Père Cantalamessa. Il nous parle avant tout à travers notre conscience qui est une sorte de « répétiteur » de la voix même de Dieu en nous.

 

« Mais notre conscience seule ne suffit pas, poursuit le Père. Il est facile de lui faire dire ce qu’il nous plaît d’entendre. Elle a par conséquent besoin d’être éclairée et soutenue par l’Evangile et l’enseignement de l’Eglise. L’Evangile est le lieu par excellence où Jésus nous parle aujourd’hui. »

 

Le Père Cantalamessa met toutefois ses lecteurs en garde : « Nous savons (…) par expérience que même les paroles de l’Evangile peuvent être interprétées de différentes manières. L’Eglise, instituée par le Christ précisément dans ce but, est celle qui nous assure une interprétation authentique : « Qui vous écoute, m’écoute ! ». Pour cette raison, il est important que nous cherchions à connaître la doctrine de l’Eglise, à la connaître personnellement, telle que l’Eglise la comprend et la propose, et pas selon l’interprétation, souvent déformée et réductrice des mass media. »

 

On ne peut donc séparer l’Eglise et la Parole de Dieu, car c’est l’Eglise qui nous la livre, et c’est donc elle, et elle seule qui est habilitée par le Seigneur à en interpréter le sens, sous la motion de l’Esprit Saint qui lui a été donnée au jour de la Pentecôte.

 

Il faut dès lors résolument se défier d’une lecture qui ne soit pas en tout point conforme avec la doctrine de l’Eglise : n’oublions pas que Satan lui-même tenta –vainement– de perdre Jésus… au moyen de la Bible ! (cf. le récit des tentations au désert ).

 

Comme l’écrit le Père Molinié : « Pratiquement, nous sommes tous hérétiques : l’erreur est humaine. Nous ne pouvons pas éviter de nous tromper, nous déraillons tout le temps. Le problème n’est pas d’éviter de dérailler, mais d’être toujours assez souples pour que Dieu puisse nous remettre sur les rails. » (Cf. "Le courage d'avoir peur" , Editions du Cerf, 1994, pages 8 et 9).

 

« Ne croyons pas trop vite que nous avons compris. Ce serait probablement le signe que nous avons substitué à l’Evangile une religion à nous. Présentons-nous à la Parole comme des enfants qui ne savent rien, et qui sentent que leurs efforts sont impuissants à leur ouvrir les yeux » (p. 14).

 

Et laissons-nous donc enseigner par l’Eglise, notre Mère et Educatrice. Elle est le lieu de la présence réelle et permanente de Jésus à son Peuple et au monde (« Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » Mt 28.20), et c’est par elle que le Christ ressuscité nous enseigne encore aujourd’hui : le Père Cantalamessa nous rappelle cette parole de Jésus adressée à ses Apôtres : « Qui vous écoute m’écoutes ».

 

2. Où Jésus ne parle-t-il pas ? Dans les astres…

 

Le Père Cantalamessa développe ensuite la question sous un angle négatif, en posant la question de savoir où Jésus ne nous parle-t-il pas.

 

« Savoir où Jésus ne parle pas est presque aussi important que savoir où il parle aujourd’hui. Il ne parle certes pas à travers les mages, les devins, les nécromanciens, les diseurs d’horoscopes, les prétendus messages extra-terrestres ; il ne parle pas dans les séances de spiritisme, dans l’occultisme. Dans l’Ecriture nous lisons une mise en garde à ce propos : « On ne trouvera chez toi personne (…) qui pratique divination, incantation, mantique ou magie, personne qui use de charmes, qui interroge les spectres et devins, qui invoque les morts. Car quiconque fait ces choses est en abomination à Yahvé ton Dieu » (Dt 18, 10-12).

 

« Il s’agissait des moyens typiques que les païens utilisaient pour entrer en relation avec le divin. Ils prenaient les augures en consultant les astres, les entrailles des animaux ou le vol des oiseaux. Avec cette parole de Dieu : « Ecoutez-le ! » tout cela est terminé. Il y a un seul médiateur entre Dieu et les hommes ; nous ne sommes plus obligés d’avancer « à tâtons » pour connaître la volonté de Dieu, de consulter telle ou telle chose. Nous avons chaque réponse en Jésus Christ.

 

« Aujourd’hui malheureusement ces rites païens sont à nouveau à la mode. Comme toujours, lorsque la vraie foi diminue, la superstition augmente.

 

« Prenons la chose la plus inoffensive de toutes : l’horoscope. Il n’existe pas de journal ou de station radio qui ne propose quotidiennement l’horoscope à ses lecteurs ou ses auditeurs.

 

« Pour les personnes mûres, dotées d’un minimum de sens critique ou d’ironie, il ne s’agit que d’une ridiculisation réciproque inoffensive, une sorte de jeu et de passe-temps. Mais observons ses effets à long terme. Quelle est la mentalité qui se développe, surtout chez les enfants et les adolescents ? La mentalité selon laquelle le succès dans la vie ne dépend pas de l’effort, de l’application dans l’étude et de la constance dans le travail, mais de facteurs externes, impondérables ; du fait de réussir à détourner à son propre avantage certains pouvoirs, personnels ou d’autrui. Pire encore, tout cela conduit à penser que, dans le bien et dans le mal, ce n’est pas nous qui sommes responsables mais les « astres », comme pensait Dom Ferrante de mémoire manzonienne. »

 

 

(à suivre…)

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21 février 2006 2 21 /02 /février /2006 22:09

Lu dans l'Echo de Marie Reine de la Paix n°185 des mois de janvier et février 2006, une entrevue avec le P. Tomislav. Une question a retenu particulièrement mon attention.

"Pourquoi tant de nos prières ne sont pas exaucées, même quand il nous semble que nous demandons des choses bonnes?

"Saint Augustin l'explique en disant que les gens prient en restant mali (mauvais), en priant male (mal), en demandant des mala (des choses mauvaises).

"Cela signifie que, quand nous sommes mauvais, nous prions de façon mauvaise et pour des intentions mauvaises. Nous tournons autour de nous-mêmes, nous voulons impliquer tout et tous, Dieu compris, dans notre besoin égoïste, égocentrique. Dieu se retire de tout cela.

"Dans [son message du 25 décembre 2005 à Medjugorje, la Vierge nous dit] : "Fils, Jésus est paix, amour, joie. Décidez-vous donc pour Jésus".

La vraie prière élève la personne qui prie, l'introduit dans la vie du Christ, la détachant de l'égoïsme et la rendant participante au dynamisme du salut. C'est cela la prière qui atteint son but."

Deux textes bibliques me sont revenus à l'esprit en lisant ce passage :

- Jacques 4. 3 : "Vous n'obtenez rien parce que vous ne priez pas ; vous priez, mais vous ne recevez rien parce que votre prière est mauvaise : vous demandez des richesses pour satisfaire vos instincts."

- Isaïe 1. 15-17 : "Quand vous étendez les mains, je me voile les yeux. Vous avez beau multiplier les prières, je n'écoute pas : vos mains sont pleines de sang. Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de ma vue vos actions mauvaises, cessez de faire le mal. Apprenez à faire le bien."

La prière n'a donc rien de "magique". Elle est l'expression d'un amour qui demande avec humilité, et non une formule dont la répétition assure un effet. Pour que notre prière soit juste, il faut qu'elle manifeste une demande avec amour, et non... l'amour de la demande!

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19 février 2006 7 19 /02 /février /2006 12:29

Cher ami lecteur,

 

Voilà une question qui m’a souvent été posée depuis la création de ce Blog : Pourquoi l’Eglise impose-t-elle à ses prêtres la discipline du célibat ?

 

La question mérite attention, tellement elle est récurrente et semble heurter le sens commun. Comment demander à de jeunes hommes un tel sacrifice, un tel renoncement au bonheur familial, sans les « mutiler » d'une certaine manière d’une partie de leur humanité ?

 

Si la vie de famille est si bonne pour l’homme, source d’équilibre et de joie (ce que dit l’Eglise !), pourquoi en priver les prêtres, si ce n’est par machisme, ou au nom de je ne sais quelle sainte horreur de l’Eglise au sujet de tout ce qui touche à la sexualité ?

 

Comment un prêtre peut-il d’ailleurs prêcher l’amour, s’il n’en vit pas lui-même activement ? Ne risque-t-il pas d’être déconnecté des réalités de ce monde en vivant dans un repli frileux sur soi ?

 

Telles sont les principales objections que l’on entend à ce sujet.

 

Le présent article n’a pas vocation bien entendu à apporter une réponse définitive à cette brûlante question, mais à ouvrir la réflexion et le débat sur un sujet qui me paraît essentiel finalement pour comprendre quelque chose du mystère de l’Eglise, de cette Eglise qu’a voulue Jésus pour le monde.

 

Je me bornerai ici à deux observations :

 

1°) Il n’est pas exact de dire que « l’Eglise-interdit-aux-prêtres-de-se-marier ». Outre que cette discipline ne s’applique que dans l’Eglise latine, elle ne s’adresse qu’à des personnes ayant reçu un appel de Dieu au célibat pour le royaume.

 

Jésus parle de ces « étranges » personnages au Chapitre 19 de l’Evangile de Matthieu, suite à un enseignement sur le… mariage. Ecoutons bien les paroles du Maître :

 

« Ce n'est pas tout le monde qui peut comprendre cette parole, mais ceux à qui Dieu l'a révélée.

 

« Il y a des gens qui ne se marient pas car, de naissance, ils en sont incapables ;

 

« il y en a qui ne peuvent pas se marier car ils ont été mutilés par les hommes ;

 

« il y en a qui ont choisi de ne pas se marier à cause du Royaume des cieux.

 

« Celui qui peut comprendre, qu'il comprenne ! » (Mt 19. 11-12)

 

« Il y en a qui ont CHOISI de ne pas se marier », dit Jésus. Et c’est précisément parmi ceux-là que l’Eglise choisi ses prêtres.

 

Saint Paul évoque lui aussi le célibat consacré au Chapitre 7 de sa première lettre aux Corinthiens en ses termes :

 

« Au sujet du célibat, je n'ai pas reçu d'ordre spécial du Seigneur, mais je donne mon avis, moi qui suis devenu digne de confiance grâce au pardon du Seigneur. Je pense que le célibat est une chose bonne, étant donné les événements redoutables qui nous attendent ; oui, c'est une chose bonne de vivre ainsi. » (1 Co 7. 25-26).

 

Et l’on voit bien au passage combien le célibat sacerdotal trouve sa justification dans l’Ecriture, contrairement à ce qu’affirment certains…

 

2e remarque : certains choisissent de ne pas se marier, dit Jésus, « à cause du Royaume des Cieux ». Que cela veut-il dire ? En quoi le Royaume des Cieux peut-il conduire à une décision aussi radicale que la renonciation au mariage, et à la vie de famille ?

 

Saint Paul dans son Epître citée plus haut répond en partie à cette question :

 

« (…) J'aimerais vous voir libres de tout souci. Celui qui n'est pas marié a le souci des affaires du Seigneur, il cherche comment plaire au Seigneur. Celui qui est marié a le souci des affaires de cette vie, il cherche comment plaire à sa femme, et il se trouve divisé (…).

 

« En disant cela, c'est votre intérêt à vous que je cherche ; je ne veux pas vous prendre au piège, mais vous proposer ce qui est bien, pour que vous soyez attachés au Seigneur sans partage. » (1 Co 7. 32-35).

 

Le célibat est donc vécu comme une consécration totale de l’homme aux « affaires » de son Dieu. Il est ainsi entièrement donné à la mission de l’Eglise, et libéré des soucis de ce monde, il peut être « tout à tous » (1 Co 9. 22).

 

Mais au-delà de cette question de la disponibilité matérielle aux « affaires » du Seigneur, il y a plus fondamental, me semble-t-il : dans le choix du célibat, il est question surtout de rendre témoignage au Royaume des Cieux, de manifesterque le Royaume des Cieux s’est approché, que le Royaume est , présent, au milieu de nousJe pense qu’il s’agit là de la toute première justification au célibat des prêtres, dans l’ordre de l’importance.

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24 janvier 2006 2 24 /01 /janvier /2006 23:35

Il y a quelques semaines, j’ai eu une conversation avec une amie croyante qui refuse obstinément de croire dans le Dieu d’Israël, le Dieu de Jésus-Christ.

Pour elle en effet, Dieu est au-delà de tout, bien au-dessus de tous les hommes. Il est fondamentalement le Tout-Autre, l’Inaccessible. Que Dieu puisse faire Alliance avec un petit peuple comme celui d’Israël, à l’exclusion de tous les autres, cela lui paraît inconcevable. Dieu est le Dieu de tous les hommes, et non seulement le Dieu d’Israël ! Aucun peuple ne peut prétendre avoir le monopole de l’Alliance avec Dieu.

Que Dieu puisse se faire homme lui paraît également impensable. Que Dieu s’incarne en Jésus-Christ, cela signifierait qu’il n’y aurait pas d’autre choix pour l’humanité que d’opter en faveur de Jésus-Christ pour entrer en relation avec Dieu. Or, les chrétiens, pour aussi nombreux qu’ils soient, sont minoritaires dans le monde et dans l’histoire. Si Jésus-Christ est Dieu, cela signifierait que les milliards d’hommes dans le temps et dans l’espace qui ne l’ont pas reconnu comme tel sont exclus de la relation avec Dieu. Or, cela est impossible, car Dieu, s’Il est vraiment Dieu, est le Dieu de tous les hommes, et que le Dieu chrétien puisse exclure de ses vues des milliards d’hommes suffit à démontrer qu’Il n’est pas, selon elle, le vrai Dieu.

J’espère n’avoir pas dénaturé les propos de mon amie en les schématisant ainsi, mais le titre du présent article me paraît bien résumer globalement son point de vue : Dieu serait trop Grand pour se faire petit, pour se "compromettre" avec notre humanité au risque d’être ignoré, voire méprisé et rejeté par les hommes dont Il est le Père universel.

Il y aurait beaucoup à dire sur ces différents propos, et le présent article n’a pas la prétention d’épuiser le sujet. Je souhaiterais simplement revenir sur quelques textes de méditations du Pape Benoît XVI sur ce mystère d’un Dieu Tout-Puissant qui renonce à ses prérogatives divines pour venir à la rencontre de l’homme, dans la pauvreté de sa condition.

Car ce qui est finalement en cause, ce n’est pas tant la question de savoir si Dieu est ou non le Dieu de tous les hommes. Cela, la Bible l’énonce clairement : « Il n'y a qu'un seul Dieu et Père de tous, qui règne au-dessus de tous, par tous, et en tous. » (Ep. 4. 5)

Non, ce qui est véritablement en cause me semble-t-il, dans les affirmations de mon amie, c’est la méthode que Dieu adopte pour se faire connaître -et aimer- de tous les hommes. Pour se révéler à nous, Dieu va employer en effet des moyens pour le moins… déconcertants. Mais pourrait-il en être autrement ? Ce qui fait que Dieu est Dieu pour moi, ce n’est pas tant sa grandeur inaccessible que son… imprévisibilité. Si Dieu est Dieu, Il ne peut être que déroutant pour un esprit  humain : si Dieu était à notre portée, serait-il Dieu ? Si Dieu est Dieu, Il ne peut être immédiatement à la portée de nos intelligences, faute de quoi, il serait éminemment suspect... « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus des vôtres, et mes pensées, au-dessus de vos pensées » (Isaïe 55. 8-9).

Ainsi, affirmait le Pape Benoit XVI lors de la veillée avec les Jeunes à Marienfeld aux dernières JMJ, les mages d’Orient venus à Jérusalem rencontrer le Roi des Juifs « étaient (…), des personnes qui avaient les pieds sur terre et qui savaient que, pour changer le monde, il faut disposer du pouvoir. C’est pourquoi ils ne pouvaient chercher l’enfant de la promesse ailleurs que dans le palais du Roi.

« Maintenant, ils se prosternent cependant devant un enfant de pauvres gens, et ils en viennent rapidement à savoir que, fort de son pouvoir, Hérode – le Roi auprès duquel ils s’étaient rendus – avait l’intention de le poursuivre, en sorte qu’il ne resterait plus à la famille que la fuite et l’exil.

« Le nouveau Roi, devant lequel ils s’étaient prosternés, était très différent de ce qu’ils attendaient. Ainsi, ils devaient apprendre que Dieu est différent de la façon dont habituellement nous l’imaginons. C’est ici que commença leur cheminement intérieur. Il commença au moment même où ils se prosternèrent devant l’enfant et où ils le reconnurent comme le Roi promis.

« Mais la joie qu'ils manifestaient par leurs gestes devait s'intérioriser. Ils devaient changer leur idée sur le pouvoir, sur Dieu et sur l’homme, et, ce faisant, ils devaient aussi se changer eux-mêmes. Maintenant, ils le constataient : le pouvoir de Dieu est différent du pouvoir des puissants de ce monde. Le mode d’agir de Dieu est différent de ce que nous imaginons et de ce que nous voudrions lui imposer à lui aussi.

« Dans ce monde, Dieu n’entre pas en concurrence avec les formes terrestres du pouvoir. Il n’a pas de divisions à opposer à d’autres divisions. Dieu n’a pas envoyé à Jésus, au Jardin des Oliviers, douze légions d’anges pour l’aider (cf. Mt 26, 53). Au pouvoir tapageur et pompeux de ce monde, Il oppose le pouvoir sans défense de l’amour qui, sur la Croix – et ensuite continuellement au cours de l’histoire – succombe et qui cependant constitue la réalité nouvelle, divine, qui s’oppose ensuite à l’injustice et instaure le Règne de Dieu.

« Dieu est différent – c’est cela qu’ils reconnaissent maintenant. Et cela signifie que, désormais, eux-mêmes doivent devenir différents, ils doivent apprendre le style de Dieu. »

Or, le style de Dieu est tout de délicatesse, et de douceur, aussi léger que le doux murmure d’une brise légère (cf. 1 R 19. 12). C’est dans le silence et la nuit qu’Il descend sur la terre des hommes pour nous révéler son vrai visage, dans les traits d’un nouveau-né. « Dans cet Enfant, proclamait le Saint Père dans son homélie de Noël, Dieu oppose sa bonté à la violence de ce monde et il nous appelle à suivre l’Enfant. »

« L’aujourd’hui éternel de Dieu est descendu dans l’aujourd’hui éphémère du monde et il entraîne notre aujourd’hui passager dans l’aujourd’hui éternel de Dieu.

« Dieu est si grand qu’il peut se faire petit.

« Dieu est si puissant qu’il peut se faire faible et venir à notre rencontre comme un enfant sans défense, afin que nous puissions l’aimer.

« Dieu est bon au point de renoncer à sa splendeur divine et descendre dans l’étable, afin que nous puissions le trouveret pour que, ainsi, sa bonté nous touche aussi, qu’elle se communique à nous et continue à agir par notre intermédiaire (…).

« Dieu est devenu l’un de nous, afin que nous puissions être avec Lui, devenir semblables à Lui. Il a choisi comme signe l’Enfant dans la crèche: Il est ainsi. De cette façon nous apprenons à le connaître. »

Cette « descente » vertigineuse du Dieu Saint et Tout-Puissant sur la paille de la crèche de Bethléem peut scandaliser à première vue le croyant qui se fait une haute idée de la Souveraineté de Dieu. Mais si l’on y regarde bien, « c'est précisément le fait de se cacher qui constitue la plus éloquente « manifestation » de Dieu : l'humilité, la pauvreté, l'ignominie même de la Passion nous font découvrir comment Dieu est réellement. Le visage du Fils révèle fidèlement celui du Père. » (Benoît XVI, homélie de l’Epiphanie, 6 janvier 2006).

Ainsi que l’écrivait le Père Varillon, théologien éminent du XXe siècle : « Il faut beaucoup plus de puissance pour s’effacer que pour dominer et s’imposer. Les chrétiens considèrent la Toute Puissance de Dieu comme une puissance d’expansion et de domination, alors que c’est une puissance d’effacement. Faites-en l’expérience. Il en faut de l’amour et un amour puissant pour s’effacer afin que l’autre soit. C’est cela la Création. » (Père Varillon, « Un chrétien devant les grandes religions », Bayard 1995, p. 117-118.)

"En entrant dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie, sa mère" (Mt 2, 11). « Rien d'extraordinaire à première vue,affirmait le Pape Jean-Paul II dans son dernier message pour les XXe Journées Mondiales de la Jeunesse. Et pourtant, cet Enfant est différent des autres : il est le Fils unique de Dieu qui s'est dépouillé de sa gloire (cf. Ph. 2, 7) et qui est venu sur la terre pour mourir sur la Croix. Il est descendu parmi nous et s'est fait pauvre pour nous révéler la gloire divine, que nous contemplerons pleinement au Ciel, notre patrie bienheureuse.

« Qui aurait pu inventer un signe d'amour plus grand ? Nous sommes en admiration devant le mystère d'un Dieu qui s'abaisse pour revêtir notre condition humaine jusqu'à s'immoler pour nous sur la Croix (cf. Ph. 2, 6-8). Dans sa pauvreté, Celui qui - comme nous le rappelle saint Paul - "de riche qu'il était, s'est fait pauvre pour vous, afin de vous enrichir par sa pauvreté" (2 Co 8, 9), est venu offrir le salut aux pécheurs. Comment rendre grâce à Dieu pour tant de bonté manifestée ? »

Maintenant, cette « méthode » qu’emploie Dieu pour se révéler aux hommes a-t-elle pour effet pervers d’exclure les milliards d’hommes qui n’adhèrent pas au Christ, ou au Dieu d’Israël ?

L’Ecriture Sainte nous enseigne que « Dieu, notre Sauveur, (…) veut que tous les hommes soient sauvés et arrivent à connaître pleinement la vérité. » (1 Tm 2. 3). Tous les hommes... Tel est le dessein bienveillant de Dieu, pour reprendre une expression de St Paul. Et comment va-t-Il s'y prendre? Le Pape Benoît XVI, dans son homélie de la messe de l’Epiphanie, emploie l’image des cercles concentriques pour nous faire comprendre l’articulation entre l’élection d’Israël et le mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu en Jésus-Christ d’une part, et le projet divin de rassembler et unifier le monde entier (et donc chacun de nous personnellement) en un seul Corps.

« Dans le mystère de Noël, la lumière du Christ rayonne sur la terre, en se diffusant comme par cercles concentriques.

« Avant tout sur la sainte Famille de Nazareth : la Vierge Marie et Joseph sont illuminés par la présence divine de l'Enfant Jésus.

« La lumière du Rédempteur se manifeste ensuite aux bergers de Bethléem qui, avertis par l'ange, accourent immédiatement à la grotte et y trouvent le « signe » qui leur avait été annoncé : un enfant enveloppé de langes et couché dans une mangeoire (cf. Lc 2, 12). Les bergers, avec Marie et Joseph, représentent ce « reste d'Israël », les pauvres, les anawim, auxquels est annoncée la Bonne Nouvelle.

« L'éclat du Christ parvient enfin jusqu'aux Rois mages, qui constituent les prémices des peuples païens (…).

« Mais qu'est-ce que cette lumière ? Est-ce seulement une métaphore suggestive ou cette image correspond-elle à une réalité ? L'Apôtre Jean écrit dans sa Première Epître : « Dieu est Lumière, en lui point de ténèbres » (1 Jn 1, 5) ; puis il ajoute : « Dieu est amour ». Ces deux affirmations, mises ensemble, nous aident à mieux comprendre : la lumière, apparue à Noël, et qui se manifeste aujourd'hui aux nations, est l'amour de Dieu, révélé dans la Personne du Verbe incarné. Les Rois mages arrivent d'Orient, attirés par cette lumière.

« Dans le mystère de l'Epiphanie, par conséquent, en plus d'un mouvement de rayonnement vers l'extérieur, se manifeste un mouvement d'attraction vers le centre qui achève le mouvement déjà inscrit dans l'Ancienne Alliance. La source d'un tel dynamisme est Dieu, Un dans la substance et Trine dans les Personnes, qui attire tout et tous à lui.

« La Personne incarnée dans le Verbe se présente ainsi comme le principe de réconciliation et de récapitulation universelle (cf. Ep 1, 9-10). Il est le but ultime de l'histoire, le terme d'un « exode », d'un chemin providentiel de rédemption, qui culmine dans sa mort et sa résurrection. »

Le Pape Benoît XVI observe que « La fidélité de Dieu à Israël et sa manifestation aux nations pourraient apparaître comme des aspects divergents entre eux à un regard superficiel ; en réalité ce sont les deux faces d'une même médaille.

« En effet, selon les Ecritures, c'est précisément en restant fidèle au pacte d'amour avec le peuple d'Israël que Dieu révèle également sa gloire aux autres peuples.

« Grâce et fidélité » (cf. Ps 88, 2), « amour et vérité » (cf. Ps 84, 11) sont le contenu de la gloire de Dieu, son « nom », destiné à être connu et sanctifié par les hommes de toute langue et de toute nation. Mais ce « contenu » est inséparable de la « méthode » que Dieu a choisie pour se révéler, celle de la fidélité absolue à l'alliance, qui atteint son sommet en Jésus Christ.

« Le Seigneur Jésus est, dans le même temps et de manière inséparable, « lumière pour éclairer les nations païennes, etgloire d'Israël [son] peuple » (Lc 2, 32) (…). Les Rois mages ont adoré un simple Enfant dans les bras de sa Mère Marie car en Lui ils ont reconnu la source de la double lumière qui les avait guidés : la lumière de l'étoile et la lumière des Ecritures. Ils ont reconnu en Lui le Roi des Juifs, gloire d'Israël, mais aussi le Roi de toutes les nations. »

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17 janvier 2006 2 17 /01 /janvier /2006 12:46

Que penser de ces e-mails envoyés par de bons amis, qui énoncent un beau texte de méditation ou une prière, et qui vous invitent à faire un vœu avant de le renvoyer à un certain nombre d’autres bons amis de manière à ce que votre souhait se réalise ?

 

J’ai reçu un tel e-mail encore hier au bureau, dont voici le contenu :

 

« Bonjour, je vous ai choisi car je pense que vous aimez particulièrement la petite et si grande Thérèse de Liseux.

Pour information, Sainte Thérese est connue comme la sainte des petits chemins.
> Cela signifie qu'elle faisait les petits gestes de la vie avec attention et
> avec beaucoup d'amour. Elle faisait les choses ordinaires de façon
> extraordinaire. Elle est aussi reconnue comme Sainte Patronne des
> horticulteurs et fleuristes. Elle est représentée par les roses.
> Que chaque destinataire de ce message soit béni(e) La priere de Ste Thérese ne
> peut pas être supprimée. PENSEZ à faire un voeu avant de lire le poème.
> C'est tout ce qu'il y a à faire. Il n'y a pas de fichier joint.
> Envoyez simplement ce document à sept personnes et dites moi ce qui se passe
> le quatrieme jour. Ne l'interrompez pas, s'il vous plaît.
> La priere est un des meilleurs dons gratuits dont on bénéficie. Il n'y a pas
> de coût, mais une récompense certaine.
> Suggestion : faites "Copier/Coller" plutôt que "Transférer" pour protéger
> les adresses et éviter les virus.
>
> (Vous avez fait un voeu?) Si vous ne faites pas de voeux, il ne se réalisera pas.
> Derniere chance de faire un voeu !
> Prière de Sainte Thérese :
> Qu'aujourd'hui vous ayez la paix intérieure. Que vous puissiez faire confiance
> à votre puissance supérieure de vous avoir placé(e) exactement là où vous devez être.
> Que vous n'oubliez pas les possibilités sans limite qui naissent de la foi.
> Que vous exploitiez les dons que vous avez reçus, et fassiez suivre l'amour
> qui vous a été donné. Que vous soyez serein de savoir que vous êtes un enfant
> de Dieu... Laissez cette présence pénétrer vos os, et donne à votre âme la
> liberté de chanter, danser, adorer et aimer. Elle est la pour chacun et chacune d'entre vous.
> Maintenant, envoyer ceci a 7 personnes dans les cinq minutes qui suivent et votre voeu se réalisera.
> Et pensez à le retourner a l'expéditeur..
> Vous verrez pourquoi »

 

Suite à cela, j’ai fait parvenir à un prêtre de ma paroisse un petit e-mail afin de savoir comment réagir face à ce type d’envoi. Voici sa réponse :

 

"Cher Matthieu,

 

Il faut réagir, en précisant que l’on sait que la personne est de bonne foi, mais qu’il y a des choses à ne pas laisser passer : 

 

1- On n’a pas de vœu à faire, mais une demande de grâce, par l’intercession de la petite Thérèse. 

 

2- Il n’y a pas, dans le christianisme, de « puissance supérieure » anonyme. Il y a un Dieu qui se révèle comme Père, Fils et Saint Esprit. 

 

3- Ce texte ne peut pas être appelé « prière de sainte Thérèse », car elle a composé des prières, et ce texte n’en fait pas partie. 

 

4- Jamais il n’y a d’effet automatique à une prière, quelle qu’elle soit, et surtout pas à une pratique qui consiste à expédier sept messages ! 

 

5- On ne peut attribuer aucune efficacité à l’envoi d’une prière à quelqu’un, que ce soit 7 fois ou dix mille fois : cela ne fait que surcharger les boîtes postales électroniques ; ce n’est pas cela qui va indiquer la qualité de ma foi en Dieu. 

 

6- Cette « présence » dont parle le texte n’est pas nommée ; il y a là danger, car toute « présence » n’est pas bonne à accueillir. En outre qu’une présence envahisse vos os, voilà qui ne correspond pas à ce qu’on peut demander à Dieu. 

 

7- Les « possibilités sans limite qui naissent de la foi » : ce n’est pas vrai ! Dieu lui-même est limité par l’accueil qui est fait par chacun de sa grâce. Ce n’est pas la foi qui produit de grands effets, c’est Dieu, auquel la foi nous unit. 

 

Voici donc quelques remarques à faire et à envoyer pour éviter que ce genre de superstitions (au mieux) se propage."

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7 janvier 2006 6 07 /01 /janvier /2006 11:20

En quoi consiste la "bénédiction" de Dieu ? Que se passe-t-il pour nous ?

Bénir, c'est un mot latin : "bene dicere", "dire du bien"... Dieu dit du bien de nous ... j'ai envie de dire : qu'est-ce que vous voulez qu'il fasse d'autre? puisqu'il nous aime... Il pense du bien de nous, il dit du bien de nous... Il ne voit en nous que ce qui est bien...

Or la Parole de Dieu est acte : "Il dit et cela fut" (Gn 1). [Quand Dieu cause (= parle), dirait le Père Manaranche, il cause (= produit)]. Donc quand Dieu dit du bien de nous, sa Parole agit en nous, elle nous transforme, elle nous fait du bien. Quand nous demandons la bénédiction de Dieu, nous nous offrons à son action transformante.

Ce n'est pas pour autant un coup de baguette magique !! Etre "béni", c'est être dans la grâce de Dieu, vivre en harmonie avec Dieu, vivre dans l'Alliance. Cela ne nous épargnera pas pour autant les difficultés, les épreuves comme tout le monde ! Mais celui qui vit dans la bénédiction de Dieu, traversera les épreuves en "tenant la main de Dieu".

Dt 7, 14 : " Béni tu le seras, plus qu'aucun autre peuple " Le peuple d'Israël est béni, cela ne l'a pas empêché de traverser des périodes terribles. Mais au sein de ses épreuves, Dieu l'accompagne.

On trouve encore chez le prophète Zacharie cette phrase : "Dix hommes de toutes langues saisiront un Juif par le pan de son manteau : "nous voulons aller avec vous parce que nous avons entendu dire que Dieu est avec vous." ( Za 8, 23). Prenons donc note de cette très belle définition de la "bénédiction" : dire que Dieu nous bénit, c'est dire que Dieu nous accompagne, que Dieu est avec nous ...

(Extrait de "L'Intelligence des Ecritures", de Marie-Noëlle THABUT, Année A - Tome 1, Editions SOCEVAL, 1999, pages 95 et 97)

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