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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 12:40

Chers amis lecteurs,

Je voudrais revenir sur la polémique qui s’est développée suite aux récents propos du Pape Benoît XVI concernant le préservatif comme moyen de lutte contre SIDA. Beaucoup a déjà été écrit à ce sujet et je m’en tiendrai ici à deux ou trois réflexions.

1.
La première concerne la métaphore de la prévention routière. Au Pape qui affirme que la distribution massive de préservatifs aggrave le problème du SIDA – en favorisant les conduites immorales à l’origine de la pandémie –, certains lui rétorquent : « Quand on vous dit de mettre votre ceinture de sécurité, c’est pour vous inciter à conduire comme des malades ? »

Cette observation m’a beaucoup fait réfléchir. Et je la trouve à la vérité très intéressante si on la pousse jusqu’au bout.

Il est vrai que la ceinture de sécurité sauve des vies, et que ceux qui la mettent ne sont pas tous des chauffards, loin s’en faut – d’ailleurs, en principe tous la mettent, vu que c’est obligatoire…

A-t-on pour autant réglé le problème de la sécurité routière ? Non. Et pas seulement parce que certains « oublient » de mettre leur ceinture. Plus fondamentalement, parce que les accidents de la route sont dus – la plupart du temps – à un non respect des règles du Code de la route (vitesse excessive, feux grillés, conduites en état d’ivresse…). C’est donc bien le comportement au volant des automobilistes qui est en cause. Et c’est pourquoi les campagnes de prévention routière mettent surtout l’accent sur la responsabilisation des conducteurs. Tant qu’il y aura des « fous du volant », il y aura des accidents mortels sur les routes. Et la ceinture de sécurité n’y changera rien. Elle limitera tout au plus le nombre de morts – ce qui est déjà bien. Mais elle ne permettra pas d’éviter ces grands drames qui endeuillent tant de familles...

Dans le cas du SIDA, c’est exactement la même chose ! Le préservatif est certes un moyen pratique d’éviter que tel ou tel ne contracte le virus à l’occasion d’un rapport sexuel à risque. Mais il n’est pas – et ne peut être présenté comme – un moyen d’endiguer le fléau et de le faire disparaître (et donc, de s’en prémunir absolument). Car le développement du SIDA ne s’explique pas seulement par le fait que certains « oublient » de mettre un préservatif, mais plus fondamentalement par des comportements sexuels délirants dont l’humanité paye aujourd’hui la lourde note… C’est donc bien le comportement sexuel de nos contemporains qui est en cause. Tant qu’il y aura des adeptes de l’« amour libre » et du libertinage sexuel, le SIDA continuera à frapper durement. Et le préservatif n’y changera rien. Combien de millions de victimes faudra-t-il encore pour que nous ouvrions les yeux ?

2.
Beaucoup dans le « monde » s’insurgent contre les propos du Pape, lorsqu’il dit que « la ceinture de sécurité aggrave le problème de la sécurité routière lorsqu’elle est présentée comme le seul moyen de lutter contre les accidents de la route ». Pourtant, à y bien réfléchir, il est évident qu’une telle présentation n'ouvre pas la voie à une remise en cause des comportements qui sont à l’origine même des accidents de la route ; pis encore : elle risque d’encourager certains à des comportements irresponsables dans l’illusion qu’ils sont d’être préservés de tout danger par leur ceinture de sécurité…

Telle est l’imposture des campagnes « officielles » de prévention du SIDA. On y présente le préservatif comme la panacée, le seul rempart absolu et efficace contre le virus. Et l’on y claironne le message : « Sortez couverts ! » – qui signifie : « Mettez des préservatifs, et vous serez assuré de ne pas contracter le virus » !

Mais on oublie de rappeler que le préservatif n’est pas fiable à 100 % ! Et que quand bien même il le serait à 99 % (ce qui est loin d’être le cas), cela représenterait – sur des millions de milliards de rapports sexuels partout dans le monde – un risque majeur de contamination pour des millions de gens ! L’honnêteté intellectuelle commanderait de le dire, d’avertir, de mettre en garde ! Et d’inviter les femmes et les hommes de notre temps à une prise de conscience collective sur les conséquences possibles de leurs comportements sexuels. Car comme le disait Tony Anatrella :
« La transmission du virus du SIDA est parfaitement évitable. Il ne s'attrape pas comme celui de la grippe. Il est lié aux comportements et aux pratiques sexuelles. En ciblant uniquement le préservatif, en laissant entendre « fais ce que tu veux », on risque de confirmer des comportements qui posent déjà problème et on évite de les penser. Le préservatif n'est pas un principe de vie. C'est la responsabilité qui est un principe de vie. »

L’imposture est donc de présenter le préservatif comme un rempart absolu contre le SIDA – et comme le seul repart –, en diffusant des messages subliminaux, du genre : « Faites tout ce que vous voulez, éclatez-vous, rencontrez qui vous voulez ; avec le préservatif, vous ne risquez rien ». Tel est le message adressé en particulier à la jeunesse, à qui l’on offre des distributeurs de préservatifs dans certains lycées...

D’aucuns diront que j’exagère, que ce n’est pas tout à fait cela, que « préservatif » ne signifie pas nécessairement « licence »… Mais alors, comment expliquer que le « monde » ne supporte pas d’entendre parler de fidélité, de chasteté et d’abstinence ?

Quand Etienne affirma devant le grand conseil :
« Hommes à la tête dure, votre cœur et vos oreilles ne veulent pas connaître l’Alliance : depuis toujours vous résistez à l’Esprit Saint. Y a-t-il un prophète que vos pères n’aient pas persécuté ? », Luc nous dit que ses interlocuteurs se « bouchèrent les oreilles et se mirent à pousser de grands cris » avant de l’entraîner hors de la ville et de le lapider (cf. Actes 7. 51-58). N’est-ce pas là le triste spectacle auquel nous avons assisté ces derniers jours ? N’y avait-il pas comme un relent de lapidation dans certaines réactions de nos hommes politiques ? Je pense par exemple à un responsable (sic) qui affirmait récemment que « ce pape commence à poser un vrai problème », ou encore à un député européen qui s’exclamait furibond : « Il y en a maintenant assez de ce Pape ! ». Or, comment régler ce « vrai problème » qu’est Benoît XVI ? Comment fermer la bouche à « ce pape » qui nous casse les oreilles avec sa morale d'un autre âge, et dont « on » a « assez » ? Réfléchissez-bien, il n’y a pas 36 solutions…

La chasteté, la fidélité et l’abstinence sont donc devenus les ennemis publics n°1 !
Plus encore que le Pape Benoît XVI. Car après Benoît XVI, il y aura un autre Pape, qui dira exactement la même chose. Et ainsi de suite. Le « vrai problème », ce n’est pas « CE pape » ; ce n’est pas Benoît XVI. Le « vrai problème », c’est la doctrine catholique que le Pape a pour mission de porter haut et fort dans le monde ; doctrine de vérité et d’amour, de tendresse et de fidélité, d’appel à la conversion et au changement de vie ; la doctrine de Jésus-Christ, mort et ressuscité pour le salut de tous les hommes. C’est donc bien in fine Jésus-Christ lui-même qui pose encore aujourd'hui « un vrai problème » au monde…

De même que l’on faisait naguère « barrage » au Front national, de même aujourd’hui, les énergies sont mobilisées pour faire « barrage » à la chasteté, à la fidélité et l’abstinence sexuelle, bref, à ce que l’on appelle dans certains milieux le « retour à l’ordre moral », qui est aujourd’hui pour nombre de « bien-pensants » l’horreur absolue. Que la chasteté, la fidélité et l’abstinence soient les seuls vrais remparts contre le SIDA, peu leur importe ! ils ne veulent même pas le savoir. Car nos grands esprits ne luttent pas en vérité contre le SIDA – contrairement à ce qu’ils prétendent avec des trémollos dans la voix ; mais ils se servent du SIDA pour promouvoir une idéologie (devenue mortifère) : celle de la libération sexuelle et de l’affranchissement de toutes règles morales en matière de sexualité (en premier lieu de la morale chrétienne, on l’aura bien compris). On ne s’explique pas autrement leur opposition systématique au discours de l’Eglise sur ces questions là. La pandémie du SIDA ne leur a donc pas servi de leçon. Le cœur de Pharaon s’est endurcit.

Eh bien, tant pis pour Pharaon ! Dieu a investit Moïse pour délivrer son peuple de l’esclavage d’une sexualité inhumaine, et le conduire dans un pays ou ruisselle « le lait et le miel », à savoir : l’amour et la tendresse, le respect de la femme, le don de soi et la fidélité. Ceux qui fixeront leurs regards sur le serpent d’airain de l’amour vrai seront sauvés. Ceux qui continueront de défier la nature en subiront les foudres. Car
« Là où l’écologie est négligée, faune et flore sont menacées… Mépriser une écologie élémentaire du corps, une éducation élémentaire du cœur : la destruction s’en suit » (Daniel-Ange, « Ton corps fait pour l’Amour », Le Sarment Fayard 1988).

L’Eglise continuera de proclamer à temps et à contre-temps qu’il est un chemin qui mène tout droit à la mort, et un autre qui conduit à la vie. Au nom de son Seigneur, elle exhortera l’humanité à choisir la vie ! Elle accomplira ainsi sa fonction prophétique au cœur du monde, afin que les hommes marchent non plus dans les ténèbres, mais dans la lumière. L’Eglise, disait le Père Daniel-Ange, est comme la « tour de contrôle » de l’humanité.
« Chaque avion reçoit un chenal de vol précis à l’intérieur duquel il peut naviguer librement, sans menace de collision. Eh bien ! La tour de contrôle qui t’aiguille et te donne les coordonnées de sécurité, c’est l’Eglise. » (op cit.).

3.
Venons-en pour conclure à cette interrogation du Pasteur Eric Georges (sur le Blog duquel j’ai trouvé la « parabole » de la prévention routière) : « Et si le préservatif et la fidélité ne s’excluaient pas l’un l’autre ? Et si, puisqu’elle refuse (et c’est son droit) le préservatif, l’Eglise Catholique essayait de faire la promotion de la fidélité sans attaquer le préservatif ? »

D’abord, soyons clair : l’Eglise catholique ne « refuse » pas absolument le préservatif comme moyen de prévention contre le SIDA. Elle dit simplement qu’il s’agit là d’un dernier recours, dont on doit savoir qu'il n'est pas fiable à 100 % et qu’il n’exclut pas absolument le danger.

L’Eglise n’attaque pas le préservatif en tant que tel, mais une certaine publicité « sans âme » en faveur du préservatif.
« 
Je dirais que l’on ne peut vaincre ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. S’il n’y a pas l’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d’augmenter le problème. » Voilà ce qu’a dit le Pape.

Il n’est donc pas possible d’entreprendre une vraie campagne de prévention du SIDA sans informer le grand public :
1°) des risques qu’il court par l’utilisation du préservatif (et ce n’est pas « attaquer le préservatif » que de dire la vérité le concernant !) ;
2°) des deux modes alternatifs de prévention que sont la fidélité et la chasteté, seuls vrais moyens d’endiguer le fléau (puisque s'attaquant au mal à la racine).

Mais il semble bien que ces deux derniers modes soient
absolument
rejetés par les propagandistes du préservatif...

Eh bien c’est précisément cette « absence d’âme » (et d'amour vrai) dans les campagnes de prévention qui fait problème et
qui rend la distribution de préservatifs dangereuse
. Dans le contexte dramatique que nous traversons, le grand public a droit à la vérité, à la vérité intégrale : sur le SIDA et ses causes (car le SIDA ne tombe pas du ciel!) ; sur le préservatif et son efficacité relative ; sur la fidélité et la chasteté comme seules vraies réponses au problème du SIDA. Cette vérité est occultée dans le « monde » ; elle est proclamée par l’Eglise. Voilà pourquoi le « monde » hait l’Eglise. « Si le monde a de la haine contre vous, dit Jésus, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi. Si vous apparteniez au monde, le monde vous aimerait, car vous seriez à lui. Mais vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde ; voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous » (Jn 15. 18-20).

Prions pour que les brebis sachent reconnaître dans le brouhaha médiatique la voix du Bon Pasteur qui les aime et donne sa vie pour elles, afin qu’elles ne tombent pas dans les filets des bergers mercenaires qui ne cherchent qu’à défendre leur idéologie mortifère et pour qui les brebis ne comptent pas vraiment (cf. Jn 10. 1-16).

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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 06:48

Le SIDA aggrave-t-il le problème du SIDA? Le Père Daniel-Ange répond à cette question controversée dans une interview-vérité sur les ondes de Radio Notre Dame, suite aux récents propos du Pape Benoît XVI sur le sujet.

Dans la première partie, le Père Daniel-Ange dénonce les campagnes de prévention fondées exclusivement sur la promotion du préservatif, dont il s'attache à démontrer la non-fiabilité, données scientifiques à l'appui.

Dans la seconde partie, Daniel-Ange rappelle que l'abstinence et la chasteté restent les moyens les plus efficaces de lutter contre le fléau et en appelle à un changement radical de nos comportements sexuels - à une
écologie des corps - déjà vécu dans un certain nombre de pays du monde, avec des résultats tangibles sur la réduction du nombre des personnes atteintes par le virus.

A noter aussi une intéressante réflexion sur la position de l'Eglise au sujet du préservatif, sur l'Encyclique Humanae Vitae et sur les campagnes ABC menées sous l'égide de l'OMS (qui devrait clore, je l'espère, le débat avec Yves - cf. 2e partie, à partir de 11'30). 


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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 21:27

Voici quelques bons articles qui nous aident à réfléchir sur les évènements de ces dernières semaines, et nous montrent combien l'Eglise est présente et active sur Internet (parce que l'Eglise, ce n'est pas seulement la hiérarchie des prêtres et des évêques, c'est aussi le peuple chrétien, "toi + moi + eux, et tous ceux qui le veulent"...)! J'ai pu ainsi découvrir des sites tout à fait remarquables et de jeunes auteurs bourrés de talents... bref, de nouvelles raisons d'être fier d'être catholique!

1. Williamson, Recife, le préservatif.... et les cathos gogos

2. Benoît XVI serait-il autiste?

3. Et préserve-nous du mal (avertissement : article décapant!)

4. Mais qu'est-ce donc qu'une excommunication?

5. Le Pape et le SIDA : petit exercice pratique

6. "La misère est provoquée par l'effondrement de la morale"

7. Le débat sur le préservatif ne concerne pas l'Afrique (sur le site du Salon Beige : une mine d'informations!)

8. Le préservatif n'est pas un principe de vie (ben oui, on n'est jamais mieux servi que par soi-même! )

Et puis n'oublions pas de soutenir notre Pape par notre prière fervente et quotidienne, et sur http://www.benoitjaiconfianceentoi.org/!


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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 12:09

Suite de l’interview de Mgr Tony Anatrella par Zenit.org. Mgr Anatrella revient sur la polémique suscitée, surtout en France, autour des propos du pape concernant la prévention contre le sida.

Zenit : Que fait l'Eglise contre le sida et pour les soins des malades ?

Mgr T. Anatrella : 
Dans ses réflexions sur la prévention contre le sida, Benoît XVI a d'abord voulu souligner l'engagement de l'Église dans l'accueil, les soins médicaux et l'accompagnement social et spirituel des personnes touchées par le Sida. Parmi les institutions dans le monde qui s'occupent des personnes ainsi atteintes, l'Église est le plus important prestataire privé de soins aux malades du sida, elle arrive en seconde position après les Etats : 44% sont des institutions d'État, 26,70% sont des institutions catholiques, 18,30% sont des ONG et 11% d'autres religions. (Cf. Conseil Pontifical pour la Santé).

(…) C'est dire combien l'Église est active dans ces domaines et connaît bien les enjeux de cette pandémie. Elle a la compétence en la matière et développe une réflexion autour de l'éducation au sens de la responsabilité. Une exigence humaine accessible à toutes les consciences indépendamment d'un point de vue confessionnel. C'est dans ce sens que le Pape Benoît XVI vient d'affirmer que « l'on ne peut pas régler le problème du sida avec la distribution des préservatifs. Au contraire leur utilisation aggrave le problème ». Il a souligné que la solution passe par « un réveil humain et spirituel » et « l'amitié pour les souffrants ».

Zenit : Comment analysez-vous ces réactions ?

Mgr T. Anatrella : 
Ces réflexions étonnent de nombreux commentateurs qui soutiennent une vision sanitaire de la sexualité humaine. La question qui est pourtant posée à la conscience humaine devant la constante transmission du virus HIV est de savoir quel sens avons-nous de la sexualité, quel modèle sommes-nous en train de construire avec une prévention uniquement centrée sur le préservatif, quelle éducation sur le sens de la relation voulons-nous donner aux jeunes générations ? Au lieu de se fier à un moyen technique qui évacue de nombreuses questions, n'est-il pas décisif de réfléchir sur des comportements qui participent à la transmission de ce virus et de bien d'autres en matière sexuelle ?

A entendre les réactions de l'univers médiatico-politique comment ne pas voir une fracture culturelle importante : on sait plus penser la sexualité que du point de vue sanitaire. Il est pour le moins simpliste et ridicule de laisser entendre que le discours du Pape serait responsable de la pandémie en Afrique. D'un côté on affirme que les gens ne tiennent pas compte des principes moraux de l'Église en matière de sexualité et de l'autre on soutient que son discours faciliterait la transmission du virus. Nous sommes en train d'inverser les rôles et de déplacer les responsabilités selon la modalité du bouc-émissaire. Sans vouloir le reconnaître, il y a un type de prévention qui est incitative de pratiques contre lesquelles on veut lutter et c'est l'inverse qui se produit comme à une époque on voulait « soigner la drogue avec de la drogue ». Nous en sommes revenus après que cette forme de prévention nous a fait perdre du temps pendant près de quarante ans !

Nous sommes dans une sorte d'incapacité à tout simplement comprendre ce que dit le Pape : « Réfléchissons aux comportements sexuels qui transmettent le virus HIV et engageons des mesures d'éducation au sens de la responsabilité ». Cela ne veut pas dire que le discours sanitaire et les « moyens prophylactiques » sont exclus, mais dans une perspective éducative nous ne pouvons pas nous limiter à ses seuls moyens. Cela montre bien à quel autisme se trouvent réduits certains. Où est le bon sens ? Il est étonnant que l'on reproche au Pape de nous faire part de ses réflexions à la suite d'une question posée par un journaliste. L'impuissance à réfléchir les comportements et les modèles sexuels contemporains valorisants les pulsions partielles, les pratiques morcelées et les orientations sexuelles finit par murer dans des clichés. Nous avons ainsi entendu sous forme d'affirmation péremptoire, comme savent le faire des adolescents, « ce qui m'intéresse ce sont les hommes et pas les dogmes ». Avec une telle formule ne somme-nous pas dans le degré zéro de la culture ? Des responsables politiques réduisent le champ de la réflexion à un soliloque puisque le Pape ne parle pas ici de dogmes mais jette un regard réaliste d'adulte sur une vision quasi immature et enfantine de la sexualité humaine. Quel aveuglement, quel obscurantisme, quelle vision idéologique du préservatif pour ne pas voir quelles sont les pratiques qui sont à l'origine de la transmission virale. La maladie provoquée par ce virus est tragique et il nous revient de tout mettre en œuvre pour l'éviter et soigner dignement les malades et notamment en Afrique par la gratuité des soins et des médicaments comme le suggère le Pape. Mais en même temps, il y a une sorte d'enfermement dans un type de sexualité depuis près de quarante ans qui pose de sérieux problèmes. Le refus de la réflexion montre bien quelle angoisse on cherche à éviter sans la traiter à travers des conduites problématiques. On oublie également, que l'on meurt davantage d'autres maladies que du sida et pourtant on ne parle que de lui. Comme si c'était une façon de vouloir maintenir des modèles comportementaux sous le biais de la compassion pour ne pas à les interroger et les remettre en question. Une culture, c'est aussi une façon de signifier la sexualité et l'expression sexuelle qui reste une modalité de la relation humaine entre un homme et une femme, et non pas seulement un exutoire des angoisses primaires et des pulsions partielles comme pour se libérer d'un sentiment de castration alors que l'on ne fait que de la renforcer.

La pandémie du sida nous interroge une fois de plus sur les comportements sexuels. Elle nous incite à changer de comportement plutôt que de changer de pratiques techniques. En effet devons-nous nous limiter uniquement à une vision pulsionnelle et technique de la sexualité qui en favorise sa déshumanisation ou bien rechercher les conditions épanouissantes de son exercice dans la perspective d'une rencontre qui vient enrichir la relation engagée entre un homme et une femme ? Dans l'acte sexuel l'homme et la femme s'accueillent et se donnent. Grâce à l'amour sexuel, ils se rejoignent dans la jouissance pour être ensemble et se donner vie. Si l'acte sexuel n'engage pas la relation et répond simplement à une excitation, il demeure un acte hygiénique et, dans ces conditions, le préservatif apparaît comme une protection sanitaire mais aussi une protection relationnelle. En revanche, si l'expression sexuelle est vécue comme un engagement entre l'homme et la femme alors l'abstinence et la fidélité s'imposent.
Mais depuis quelques années nous fabriquons un modèle sexuel assez surréaliste qui produit le sexe-préservatif. Est-ce à cet objet sanitaire de définir la sexualité et de l'humaniser ? D'ailleurs lors de campagnes de prévention, ne voit-on pas sur les murs de Paris des affiches avec le slogan : « Paris aime » ... suivi de l'image d'un préservatif en forme de lever de soleil. Il serait plus sain d'apprendre à découvrir ce qu'est l'amour entre un homme et une femme plutôt que de déplacer le sens de l'amour sur un condom. Un message qui prête à confusion et, une fois de plus, à l'inversion des sens et des choses.

Zenit : L'Église parle d'amour ?

Mgr T. Anatrella : Oui, mais pas d'une façon émotionnelle où tout et n'importe quoi peut se dire et se faire en son nom. Encore faut-il savoir ce qu'est l'amour et dans quelles conditions il est possible de le vivre. L'amour est indissociable de la vérité. Toutes les relations affectives et toutes les expressions sexuelles ne sont pas synonymes d'amour.

(…) L'Église ne cesse de rappeler la dignité de la personne humaine et la signification de l'amour. Elle affirme qu'il n'y a de remède ultime au sida que grâce à un comportement digne de l'homme, c'est-à-dire capable de respect, de fidélité et de maîtrise de soi qui sont les conditions même de l'amour. Cette perspective n'exclue nullement un discours sanitaire et le recours dans certaines situations au préservatif afin de ne pas mettre la vie en danger. Le discours sanitaire (et le préservatif) peut être nécessaire mais restent largement insuffisant quand il s'arrête à des mesures purement techniques. En langage moral, le préservatif reste une question de casuistique, comme l'évoquait déjà le cardinal Ratzinger en 1989 que je cite dans mon livre « L'amour et l'Eglise » : « L'erreur de base est de centrer le problème du Sida sur celui de l'usage du préservatif. Certes, les deux se rejoignent à un certain point, mais là n'est pas le vrai problème. Se polariser sur le préservatif comme moyen de prévention, c'est mettre au second plan toutes les réalités et tous les éléments humains qui entourent le malade, et qui doivent demeurer présents dans notre réflexion. La question du préservatif est marginale, je dirais casuistique. [...] Il me semble que le problème fondamental est de trouver le juste langage en la matière. Pour ma part, je n'aime pas l'expression de "moindre mal". Malgré tout, pour l'instant, la question n'est pas de trancher entre telle ou telle position, mais de chercher ensemble l'avis le meilleur pour définir et comprendre aussi l'action possible. [...] C'est le signe d'une réflexion qui n'est pas figée. [...] Ce qui est clair pour ma part, c'est la nécessité d'une sexualité personnalisée, que je considère être la meilleure et l'unique prévention véritable. Il faut en tenir compte non seulement du point de vue de la théologie, mais aussi du point de vue des sciences » (Propos recueillis par G. Mattia, La Croix du 22 novembre 1989)

Il existe deux attitudes pour éviter le sida : la fidélité et l'abstinence et un moyen technique : le préservatif. Si les deux attitudes ne peuvent pas être vécues, alors il est préférable d'avoir recours à des moyens de protection pour ne pas répandre la mort. La priorité reste toujours la formation au sens de la responsabilité.

Le Cardinal Lustiger avait bien situé les enjeux dans cette perspective en déclarant aux journalistes de l'Express : « Il faut aider la nouvelle génération : elle désire découvrir la dignité de l'amour. La fidélité est possible. Tout véritable amour doit apprendre la chasteté. Des malades du sida sont appelés, comme chacun de nous, à vivre la chasteté non dans la frustration, mais dans la liberté. Ceux qui n'y parviennent pas doivent, en utilisant d'autres moyens, éviter le pire : ne donnez pas la mort. » Le journaliste de reprendre : « Un pis-aller, le préservatif ? » « Un moyen de ne pas ajouter au mal un autre mal... »

Autrement dit, au nom de l'amour tout n'est pas possible encore faut-il que les actes soient en cohérence avec lui.

Zenit : « L'Eglise est experte en humanité », selon la formule de Paul VI à l'ONU, et également éducatrice des consciences en appelant chacun au sens de sa conscience, de sa liberté à ne pas aliéner et au sens d'une relation authentique à l'autre. Comment tout ceci peut-il se traduire face au fléau du sida ?

Mgr T. Anatrella : Pour l'Eglise, la sexualité doit être orientée, élevée et intégrée par l'amour qui, seul, la rend humaine.
Même si la personne n'est pas située dans cette perspective, elle est invitée à assumer son existence là où elle en est de sa conscience d'elle-même par rapport aux réalités et aux exigences morales. Autrement dit, l'amour est une perspective et un ordre relationnel à partir de duquel il convient d'évaluer la nature, la qualité et la vérité de sa relation et de son engagement vis-à-vis d'autrui. Ensuite, face à cette exigence, c'est à chacun de prendre ses responsabilités en usant de la vertu de la prudence, celle qui calcule et tient compte de tous les risques de la vie. Le préservatif, au-delà de son aspect sanitaire, lorsqu'il vient simplement justifier le multipartenariat, devient au regard du sens de l'amour humain le signe de l'inauthenticité de la relation et donc moralement illicite. Une telle conduite feint l'amour, elle n'en relève pas. Autrement dit, il ne suffit pour éviter des accidents de la route de mettre sa ceinture de sécurité, encore faut-il savoir respecter le code de la route.

Benoît XVI assume sa fonction et reste dans son domaine spirituel et moral lorsqu'il réaffirme les principes humains au sujet de la sexualité qui nous concernent tous.
Le sida devrait-il en changer la signification ?

Les relations entre les êtres humains engagent plus que nous ne le croyons. L'expression de l'amour sexuel n'est pas banale. Un homme et une femme n'ont pas trop de toute leur vie pour s'aimer.
La multiplication des partenaires sans discernement est un malheur complet pour la dignité humaine.

La sexualité humaine ne peut pas s'élaborer psychologiquement et se signifier moralement en fonction d'une maladie, à moins que l'on veuille profiter d'une telle situation pour justifier et édifier des tendances problématiques comme modèles sexuels. Ce n'est pas à partir du sida qu'on définit la sexualité humaine, mais à partir du sens de l'amour, de l'amour qui est un engagement entre un homme et une femme dans une relation et dans la responsabilité. L'Église témoigne d'un amour de vie, d'un amour prophétique.
 

Relire la première partie de l'interview de Mgr Tony Anatrella

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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 12:10

"La pente naturelle de notre société nie la vraie nature de l'homme, empêchant chacun de tirer le meilleur et le plus juste profit de lui-même et des autres.

J'ai mal de voir la jeunesse gavée d'illusions, flattée et trompée par des adultes égarés ou pervertis, se perdre en s'éloignant de la lumière de la vérité.

Combien de jeunes seront ainsi empêchés de connaître les joies et le bonheur d'un véritable amour et risqueront une mort affreuse dans la solitude et le désespoir.

Non, le préservatif ne donne aucune certitude d'échapper à cet anéantissement de l'être.

Combien de jeunes, incités au vagabondage sexuel par les mensonges d'une publicité criminelle, en font l'amère expérience ! Je pense ici à celui ou celle que l'on engage à prendre un risque mortel sans l'avertir de la fiabilité relative du préservatif. Ceux-là ont le droit absolu que cette proposition leur soit présentée en parfaite honnêteté.

De toutes les façons, nous ne pourrons encore faire très longtemps l'économie d'une véritable réflexion."


(Dominique Morin, 36 ans, malade du SIDA - Source : Relais de la Touque)

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 00:00

Monseigneur Tony Anatrella est Psychanalyste et Spécialiste de Psychiatrie Sociale. Il enseigne à Paris et à Rome. Il est consulteur du Conseil pontifical pour la famille et du Conseil pontifical pour la santé. Il a publié : « L'amour et le préservatif », Paris, Flammarion en 1995. Un livre qui reste d'actualité et qui a été réédité sous le titre : « L'amour et l'Eglise », Paris, Champ-Flammarion. Son dernier ouvrage paru : « La tentation de Capoue », - anthropologie du mariage et de la filiation - Paris, Cujas. Un livre qui s'interroge sur les modifications en cours où l'on voudrait ouvrir le mariage et la filiation de façon déguisée à des partenariats unisexués. Un ouvrage de référence en la matière.

Mgr Tony Anatrella revient dans une interview à
ZENIT.org sur la polémique suscitée, surtout en France, autour des propos du pape concernant la prévention contre le sida.
Nous publions ci-dessous la première partie de cet entretien.

Zenit : Les propos du Pape Benoît XVI soulèvent une tempête médiatique. A-t-il commis une faute de communication ?

Mgr Tony Anatrella :
 Non ! Le Pape a parlé clairement. Il est très bien informé sur les questions concernant la transmission du virus HIV et des problèmes posés par les campagnes de prévention. Il nous interroge en remettant en question une vision de la prévention limitée au seul préservatif. Il adopte un point de vue anthropologique et moral pour critiquer une orientation sanitaire qui, à elle seule, n'est pas en mesure de juguler la pandémie. En l'espace de vingt-cinq ans ces campagnes n'ont pas réussi à la réduire. Une autre approche doit être soulignée qui fait davantage appel au sens de la conscience humaine et de la responsabilité afin d'évaluer le sens des comportements sexuels. Mais cette perspective, on s'en aperçoit, est difficilement entendue actuellement dans le discours social. Le préservatif est devenu une sorte de tabou incritiquable qui devrait, curieusement, participer à la définition de la sexualité. N'est-ce pas une façon de masquer des interrogations ?

Zenit : Est-ce un dialogue de sourds ?

Mgr T. Anatrella : 
Sans aucun doute. Les décideurs et les prescripteurs politiques et sociaux véhiculent et confortent une représentation de l'expression sexuelle qui est souvent instrumentale et délétère. L'acte sexuel recherché pour lui-même au gré des rencontres n'humanise pas la sexualité ni la relation humaine. Il entraîne bien des souffrances et pèse sur la qualité du lien social. Dans le meilleur des cas, l'acte sexuel n'a de sens que s'il s'intègre dans une relation amoureuse mais pas comme une réponse à une impulsion réflexe. L'Eglise soutient que seul l'amour qui s'inscrit dans une perspective conjugale et familiale est source de vie, là où nous entendons des discours de confusion relationnelle et identitaire et des discours de mort qui nous en éloignent.

Zenit : La prévention à partir du préservatif aggrave t-elle la pandémie du sida ?

Mgr T. Anatrella : 
Que dit le Pape exactement ? Je le cite car ses propos ont été rapportés d'une façon approximative et, une fois de plus, déformés. « Je pense que l'entité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est justement l'Église catholique, avec ses mouvements, ses réalités diverses. Je pense à la communauté de Sant'Egidio qui fait tellement, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida. Je pense aux camilliens, à toutes les sœurs qui sont au service des malades. Je dirais que l'on ne peut vaincre ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. S'il n'y a pas l'âme, si les Africains ne s'aident pas, on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d'augmenter le problème. On ne peut trouver la solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c'est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l'un envers l'autre, et le second, une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent, la disponibilité à être avec les malades, au prix aussi de sacrifices et de renoncements personnels. Ce sont ces facteurs qui aident et qui portent des progrès visibles. Autrement dit, notre effort est double : d'une part, renouveler l'homme intérieurement, donner une force spirituelle et humaine pour un comportement juste à l'égard de son propre corps et de celui de l'autre ; d'autre part, notre capacité à souffrir avec ceux qui souffrent, à rester présent dans les situations d'épreuve. Il me semble que c'est la réponse juste. L'Église agit ainsi et offre par là même une contribution très grande et très importante. Nous remercions tous ceux qui le font ».

C'est le rôle du Pape d'affirmer que, sans une éducation au sens des responsabilités, on pourra difficilement faire diminuer l'expansion virale. La transmission du virus du sida est parfaitement évitable. Il ne s'attrape pas comme celui de la grippe. Il est lié aux comportements et aux pratiques sexuelles. En ciblant uniquement le préservatif, en laissant entendre « fais ce que tu veux », on risque de confirmer des comportements qui posent déjà problème et on évite de les penser. Le préservatif n'est pas un principe de vie. C'est la responsabilité qui est un principe de vie.

Dans la société actuelle, le sens des choses et des mots est souvent inversé quand on affirme par exemple que « le sida est la maladie de l'amour ». Il s'agit plutôt du contraire : il est surtout l'expression d'une errance affective et d'une impulsivité sexuelle. Autrement dit, il y a un certain conformisme de la prévention qui évite de poser les vraies questions au sujet des comportements sexuels aujourd'hui. Nous avons à nous interroger afin de considérer l'expression sexuelle avec davantage de dignité qu'en favorisant des conduites et des pratiques inconsidérées. C'est la question du sens de l'amour et de la fidélité qui se trouve posée. Il ne s'agit pas de propos régressifs comme certains ont voulu le dire, mais bien au contraire d'inviter à une réflexion qui est d'abord humaine avant d'être confessionnelle. Il y a une autre façon d'orienter la prévention qui est plus structurante que de s'en tenir uniquement au préservatif qui incite à continuer des pratiques problématiques. N'est-ce pas une façon d'entretenir la confusion de laquelle Benoît XVI nous invite à sortir. Car je le répète, avoir comme seul horizon des moyens « prophylactiques » pour lutter contre le sida est insuffisant si cette lutte n'est pas accompagnée d'une réflexion psychologique, sociale et morale. La politique de santé publique aurait à y gagner en humanité et en efficacité.

Zenit : L'Afrique semble moins touchée par cette polémique que la France ?

Mgr T. Anatrella : 
L'accueil fait au Pape par les africains est extraordinaire. Les foules sont nombreuses et très joyeuses. Les discours de Benoît XVI sont d'une grande qualité et tracent des voies d'espérance pour ce continent. Malheureusement, l'obsession des médias pour le préservatif obture l'importance de ces discours. Faut-il y voir une forme de paresse intellectuelle et d'obscurcissement de la conscience, et d'une vision étroite et partiale des choses ?

Il est vrai que les premiers concernés par les propos du Pape savent les entendre et les recevoir à quelques exceptions près. D'ailleurs de nombreux pays africains organisent la prévention contre le sida autour de trois principes : « abstinence, fidélité ou préservatif » et cela provoque des effets positifs. Les occidentaux sont incapables de comprendre cette démarche. Nous recevons d'ailleurs de nombreuses réactions venues d'Afrique qui en ont assez de se voir imposer les modèles sexuels des sociétés occidentales, qui pour soutenir ces modèles sexuels, sont évidemment accompagnés de moyens de protection. Il s'agit d'un nouveau colonialisme comportemental qui bouleverse les sociétés africaines. Certains se révoltent de voir se développer un « vagabondage » inconnu jusque-là en Afrique où le sens de la fidélité et de la famille est respecté et honoré. Certains occidentaux perdent le sens de cette dignité.

Il y a un décalage entre l'Afrique et les pays occidentaux concernant la sexualité. Je dois me rendre prochainement en Afrique et je mesure, en préparant mes conférences, combien ce continent a beaucoup de choses à nous apprendre là où nos modèles occidentaux du sexe recherché pour lui-même, véhiculés par les médias, brouillent le sens de la sexualité humaine.

Zenit : Comment voyez-vous le rôle des médias et les prises de position de décideurs politiques et sociaux ?

Mgr T. Anatrella : 
Nous assistons à une sorte de lynchage médiatique où la mauvaise foi se mêle au procès d'intention et à la surinterprétation. Tout et n'importe quoi s'exprime contre le Saint-Père, le plus souvent sans tenir compte de ce qu'il dit vraiment. Ce n'est pas le Pape qui est un problème. En revanche, les médias et les réactions de certains décideurs politiques et des prescripteurs sociaux posent un sérieux problème. L'unanimité en la matière est pour le moins suspecte. Le Pape sème le trouble à juste raison ! Les médias pourraient parler avec un minimum de rigueur en cherchant à davantage à expliquer afin que les propos du Saint-Père soient au moins restitués en vérité. Comme à l'habitude, une phrase citée hors contexte déclenche une série de réactions totalement irrationnelles. Comment voulez-vous que des personnes qui n'ont comme écho que ce que rapportent les médias puissent réagir avec sérénité ? Mais je pense qu'en réalité on ne souhaite pas entendre un autre discours que celui du préservatif ! Certains tentent de porter un autre message mais les réactions des journalistes sont toujours les mêmes : « C'est trop compliqué ! ». Effectivement le sens de la vie et de l'amour est complexe, mais il est pourtant nécessaire de prendre le temps pour l'expliquer. Ce temps n'est apparemment pas celui des médias. Je viens d'en faire l'expérience : pour la radio, la télévision et la presse écrite, le temps qui nous est accordé pour répondre est extrêmement limité alors qu'ils consacrent un espace très large à toutes sortes de détracteurs. Il y a notamment les professionnels de la contestation parmi une faible minorité de catholiques extrémistes qui sont édifiés en experts et ne parlent que d'eux-mêmes en faisant de la surinterprétation idéologique, bien loin de la pensée chrétienne. Des responsables politiques se présentant comme catholiques, cherchent à se démarquer de l'Église en adoptant des idées qui ne sont pas en cohérence avec son enseignement, et affirment s'y opposer au nom de leur foi comme s'ils prenaient leur foi personnelle pour un magistère. Nous sommes soumis à un conformisme dominant qui nous éloigne du bon sens et des simples normes d'humanité si nécessaire en matière de sexualité.


Lire la seconde partie de l'interview

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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 20:05

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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 23:08

Après la levée de l’excommunication des quatre Evêques de la Fraternité Saint Pie X, l’Eglise catholique a eu à affronter une nouvelle grande tempête médiatique avec l’affaire de cette petite fille de neuf ans, violée à plusieurs reprises par le compagnon de sa mère, et devenue par suite enceinte de jumeaux. Après 15 semaines de grossesse, la jeune enfant a avorté de ces deux jumeaux, s’attirant les foudres de l’Eglise Catholique qui l’aurait alors excommuniée (ce qui s'est avéré inexact), ainsi que sa mère, et tout le personnel médical ayant pratiqué l’opération.

Cette affaire a provoqué dans le monde et chez les catholiques de très violentes réactions – y compris sur ce Blog (cf. commentaires 37 à 78). Réactions indignées envers une Eglise prompte à excommunier la mère d’une pauvre enfant victime d’un bourreau tortionnaire, et à absoudre ce dernier – que l’on dit par ailleurs « opposé à l’avortement »…

Ces évènements – non pas tant ceux du Brésil, dont on ignore les tenants et les aboutissants, que ceux que j’ai personnellement vécu ces derniers jours – m’inspirent les commentaires suivants.

1.
Comme souvent, les catholiques s’enflamment les uns contre les autres sur la base d’informations médiatiques tronquées et mensongères dont il apparaît clairement aujourd’hui qu’elles sont l’œuvre d’une manipulation.

Mgr Rey, évêque de Fréjus-Toulon, qui revient tout juste du Brésil, nous informe qu’y sont actuellement « débattues des dispositions législatives tendant à élargir le droit à l’avortement. Certains lobbies se sont saisis d’une tragédie particulière pour justifier l’extension des conditions légales de l’interruption volontaire de grossesse. La manière dont cette affaire a été souvent rapportée et traitée travestit l’objectivité des faits et instrumentalise un drame particulier au bénéfice de la transgression du respect de la vie. »

Cf. La réalité des faits.

Les catholiques seraient donc bien inspirés de pratiquer la vertu de prudence, afin d’éviter de commettre sottement de graves péchés contre la charité fraternelle et l’unité.

2.
Les échanges acerbes qui se sont développés sur ce Blog entre Yves et Jonas m’ont littéralement atterrés. Comment des frères catholiques peuvent-ils s’entredéchirer avec autant de violence ?

A Yves : l’annonce de la Vérité est la première des charités, nous sommes d’accord. Mais cette annonce doit elle-même être faite avec délicatesse et amour. Si tu assènes la Vérité comme un coup de massue, avec mépris et arrogance, alors tu contribues toi-même à la rendre peu aimable et désirable, au risque d’en éloigner le plus grand nombre. Est-ce cela que tu veux ?

A Jonas : les propos outranciers que vous tenez contre l’Eglise institutionnelle et votre propension à la provocation trahissent un parti-pris idéologique qui décrédibilise entièrement vos positions. Vous dites choisir le camp de la Miséricorde, mais le moins qu’on puisse dire est qu’elle ne transparaît pas du moindre de vos commentaires. Comment dès lors vous prendre au sérieux ?

Souvenons-nous que ce n’est pas (d’abord !) par l’orthodoxie de la doctrine que l’on reconnaît un authentique disciple du Christ. Mais par la charité qu’il manifeste envers ses frères. « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on vous reconnaîtra pour mes disciples », dit Jésus (Jn 13. 35).

Et si nous essayions de développer entre nous et avec les autres une culture de l’amitié ?
« Pour que ma joie soit complète, ayez les mêmes dispositions, le même amour, les mêmes sentiments ; recherchez l'unité. » (Ph 2. 2)

3.
Je me garderai bien de porter le moindre jugement sur l’attitude de l’archevêque de Recife, dom José Cardoso, dans l’ignorance des circonstances précises de l’affaire de la petite fille violée. Je me contenterai simplement de relever cette parole de l’Ecriture, que la liturgie nous a donné à méditer à l’office des Vêpres samedi soir : « Pour que notre ministère ne soit pas exposé à la critique, nous veillons à ne choquer personne en rien, mais au contraire nous nous présentons comme de vrais ministres de Dieu par notre vie entière » (2. Co 6. 3-4).

Ainsi, comme l’a déclaré Mgr Vingt-Trois,
« l’on peut se demander si dans une situation de détresse de ce type, la chose la plus importante à faire soit de déclarer publiquement l’excommunication. (...) » Propos confirmé par Mgr Fisichella (Président de l’Académie Pontificale pour la Vie) : « il n'y avait nul besoin de tant d'urgence et de publicité pour déclarer un fait qui se réalise de manière automatique". » (cf. point n°6, ci-dessous).

Cela dit, si le ministre ne doit pas chercher à choquer quiconque par son attitude, sa mission consiste à porter une Parole qui le dépasse et qui comporte en elle-même une remise en cause radicale des mœurs du monde. Telle est la vocation prophétique du ministre du Seigneur. Or, nous le savons bien, le prophète dans le Bible n’est pas aimé. Il est détesté de tous ceux qui sont interpellés par l’exhortation au changement de comportement et de vie. Et bien souvent, cela finit mal pour lui... Rien de nouveau, on le voit, sous le soleil.

4.
Un mot sur le procédé de l’excommunication. J’entends dire ici et là que Jésus n’a jamais excommunié quiconque, qu’il n’a été qu’amour et miséricorde envers les pécheurs ; que l’exclusion est le fait de l’Eglise qui, décidément, n’a rien compris au message de son divin fondateur et souvent « déraille » (j’ai entendu cela).

C’est ignorer profondément ce que Jésus nous dit lui-même dans l’Evangile. Lorsque Jésus évoque l’impératif de la correction fraternelle, il envisage le cas où le pécheur n’écouterait pas les reproches de son frère dans la foi, ni celle des témoins, ni celle de la communauté de l’Eglise : « S’il refuse d’écouter l’Eglise, dit Jésus, considère-le comme un païen et un publicain » (Mt. 18. 17). Autrement dit : retranche-le du peuple, et considère-le non plus comme un frère, mais comme un étranger. C’est cette opération qui se réalise dans l’excommunication.

Jésus poursuit en déclarant : « tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel » (Mt. 18. 18) Il le redira à ses disciples au soir de la Résurrection. Soufflant sur eux, il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus » (Jn 20. 23). Ce pouvoir a été spécialement confié à Saint Pierre à qui Jésus confie les « clefs du Royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux » (Mt 16. 19).

La « communauté de l’Eglise » en la personne de ses ministres et de son Pape se voient donc confier par Jésus le pouvoir de remettre les péchés en son nom sur la terre, mais aussi le pouvoir de retrancher du peuple saint les pécheurs impénitents qui, aveuglés par leur orgueil, refusent d’écouter l’Eglise et s’endurcissent dans leur péché. Ceux-ci sont alors regardé par l’Eglise comme des païens et des publicains.

Mais au fait… comment l’Eglise regarde-t-elles les païens et les publicains ? Comment Jésus dans l’Evangile regarde-t-il lui-même les païens et les publicains ? Avec mépris ? Dédain ? Répulsion ? Point du tout ! Avec amour et miséricorde, comme des âmes à sauver, des brebis égarées pour lesquelles il abandonne toutes celles qui paissent paisiblement dans leur enclos. C’est pour elles que Dieu s’est fait homme ; ce sont elles qui sont aimées d’un amour de prédilection par le Seigneur ; c’est pour elles qu’il a donné sa vie sur la Croix. « Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs » disait-il à ceux qui lui reprochaient de frayer avec "ces gens-là". « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » affirmait-il encore (Lc 19.10). Si Jésus choisit un camp, on le voit : c’est celui des pécheurs. L’exclusion de la communauté de l’Eglise n’est donc pas une exclusion du cœur Jésus, du cœur même de Dieu.

L’excommunication n’est d'ailleurs pas une exclusion définitive, qui scellerait irrémédiablement le sort du pécheur. Elle n’équivaut pas à une damnation. Elle vise simplement à faire prendre conscience au pécheur de la gravité de sa faute et de son éloignement de la vérité évangélique. Elle a donc avant tout une valeur pédagogique, et comporte toujours en elle-même un appel au retour. C’est une mesure forte et radicale, qui peu paraître extrèmement dure, mais qui est destinée en réalité à réveiller le pécheur ! En ce sens, elle est un authentique acte de charité et de miséricorde, ainsi que nous le rappelait Yves.

« Inscrite dans le droit de l’Eglise, l’excommunication a une double fonction.
 Elle rappelle à l’humanité une limite à ne pas franchir, un interdit à ne pas transgresser. Faute de quoi, elle n’est plus digne de ce pour quoi elle existe. De plus, l’excommunication a toujours été présentée dans une perspective thérapeutique et médicinale. Elle invite à une prise de conscience, à une conversion, elle ouvre à la Miséricorde du Seigneur. En effet, la Charité s’accomplit toujours dans la Miséricorde. » (Mgr Rey).

5.
Beaucoup se sont scandalisés de ce que le viol soit considéré par l’Eglise comme « moins grave » que l’avortement. Quoi ! Mais le viol ne détruit-il pas l’âme de la personne qui en est victime ? Ne tue-t-on pas la personne de l’intérieur ? La vie de la personne violée n’est-elle pas détruite en un certain sens ? Pourquoi excommunier la femme qui avorte et non l’homme qui viole ? N’y a-t-il pas là « deux poids, deux mesures » ?

Il y aurait là beaucoup à dire. Ce qui importe en premier dirais-je, ce n’est tant pas la matérialité du péché ni sa gravité que le repentir du pécheur. C’est là que le Salut de l’homme se joue. L’Eglise est généreuse envers quiconque se repend sincèrement de son péché, fut-il un assassin avorteur ou un violeur. Car le Seigneur est riche en miséricorde :
« Que le méchant abandonne son chemin, et l'homme pervers, ses pensées ! Qu'il revienne vers le Seigneur qui aura pitié de lui, vers notre Dieu qui est riche en pardon. » (Is 55. 7).

Ensuite, il est vrai que l’Eglise distingue selon la gravité des péchés. Et qu’elle place le meurtre parmi les péchés les plus graves. Elle considère la vie humaine comme sacrée « par ce que dès son origine, elle comporte l’action créatrice de Dieu et demeure pour toujours dans une relation spéciale avec le Créateur. Dieu seul est le maître de la vie de son commencement à son terme : personne en aucune circonstance ne peut revendiquer pour soi le droit de détruire directement un être humain innocent » (CEC, n° 2258).

Or, tel est l’horreur qui se produit lors d’un avortement : la suppression d’une vie innocente. Il ne s’agit pas de relativiser le viol ; simplement de dire qu’on ne répare pas les conséquences d’un viol en ajoutant à ce grand mal un mal plus grand encore. Dans l’affaire brésilienne, la petite fille s’est vue infliger deux blessures : le viol et l’avortement. Qu’a-t-on gagné au change ? « Je peux témoigner de mon expérience de confesseur : la blessure provoquée chez une femme suite à un avortement est terrible! et profonde. Si seulement les médecins pouvaient savoir la conséquence effroyable d'un avortement, ils cesseraient immédiatement de le procurer. » (abbé Dominique Rimaz).

J’ai beaucoup apprécié à ce sujet ce qu’écrivait Ti’Hamo sur ce Blog : « En quoi l'évêque brésilien a-t-il [mal] agit (….) ? (au-delà, bien sûr, de la maladresse des mots, ou des critiques que l'on pourrait formuler sur la forme ou sur le fond (…) Il est possible qu'il ait manqué de tact, et de pédagogie.) Il a rappelé que l'avortement est un mal, et ne peut être justifié. Il n'a lapidé ni appelé à lapider personne. Actuellement, tout le monde condamne le violeur (…). Sans besoin de trop y réfléchir. Par contre, tout fait divers concernant l'avortement est utilisé pour justifier, excuser, valoriser, glorifier, encourager cet acte, qui d'ailleurs se banalise et devient quasiment un droit universel acquis et intouchable. Donc, peut-être a-t-il semblé à ce monseigneur, plus important, plus urgent, plus gravement indispensable, de se prononcer à ce sujet.

« Notons en tout cas (…) qu'une condamnation publique et tonitruante du violeur eût sans doue été démagogique, facile, sans risques, médiatiquement correcte, bien vue, encensée et éminemment sympathique aux yeux du monde ; rappeler que l'avortement est un crime, semble évidemment moins vendeur, moins porteur, et est de toute façon beaucoup moins bien vu par le monde médiatique ou l'opinion publique.
Tout simplement parce que condamner le viol, ne remet pas grand monde en cause et en question ; remettre en cause l'avortement, par contre, cela remet en cause les pratiques, la pensée et le mode de vie d'une majorité. »

6.
L’Eglise sanctionne l’avortement d’une peine canonique d’excommunication latae sententiae, c’est-à-dire par le fait même de la commission du délit. « L’Eglise n’entend pas ainsi restreindre le champ de la miséricorde. Elle manifeste la gravité du crime commis, le dommage irréparable causé à l’innocent mis à mort, à ses parents et à toute la société » (CEC, n° 2272).

« L'avortement provoqué a été toujours condamné par la loi morale comme un acte intrinsèquement mauvais et cet enseignement demeure inchangé depuis les premiers jours de l'Église. Le concile Vatican II, dans
Gaudium et Spes - document de grande ouverture et perspicacité en référence au monde contemporain - emploie de manière inattendue des mots sans équivoque et très durs contre l’avortement direct. Même la collaboration formelle constitue une faute grave qui, lorsqu'elle est réalisée, met automatiquement hors de la communauté chrétienne. Techniquement, le Code de droit canonique emploie l’expression latae sententiae pour indiquer que l'excommunication se réalise dans l'instant même où le fait se produit". » (Mgr Fisichella)

Précision importante toutefois :
« l’excommunication qui est liée à l’avortement – comme toute excommunication d’ailleurs - est effective dans la mesure où les auteurs des actes sont à la fois pleinement conscients et pleinement libres
. Nous n’avons aucun élément d’appréciation pour savoir si, dans ce cas précis, la mère et les médecins étaient conscients et libres de ce qu’ils faisaient. » (Mgr Vingt Trois)

7.
Maintenant, il n’est pas concevable pour un chrétien d’exhorter quiconque à la conversion sans lui annoncer en même temps la Bonne Nouvelle de la Miséricorde divine. Lorsque Jésus prêche la conversion des coeurs, il invoque une raison : « le règne de Dieu s’est approché » (Mc 1. 15). Or, le règne de Dieu, c’est Jésus en Personne. C’est parce que Dieu a manifesté en Jésus-Christ son amour pour tous les hommes que ceux-ci sont invités à se tourner vers lui. C’est parce que Dieu nous dit son amour que nous pouvons entendre son appel au retour.

Il faudrait sans doute relire le Petit Journal de Sainte Faustine pour comprendre l’importance de la Miséricorde divine en ces temps qui sont les derniers. Jésus parle à Faustine de sa Miséricorde comme de
« l’ultime planche de salut » pour les pécheurs. Omettre d’annoncer la Miséricorde du Seigneur reviendrait à priver les pécheurs de cette planche de salut qui leur est destinée. La Miséricorde doit donc être au centre absolu de toute prédication chrétienne, de tout enseignement, de toute doctrine. Tous les jours, nous devrions, fidèles du Christ, nous poser avec tourment cette seule question : « Ai-je annoncé aujourd’hui la Miséricorde de mon Dieu envers les pauvres pécheurs ? Leur ai-je donné le désir de se tourner vers Lui ; des raisons de croire que Lui, il est bon pour eux, tous méchants qu’ils soient ? »

Méditons donc ces paroles puissantes de Jésus adressées à Sainte Faustine :

« Je veux répandre mes grâces inconcevables sur les âmes qui ont confiance en ma miséricorde »
(PJ n° 687)

« Qu’aucune âme n’aie peur de s’approcher de moi, même si ses péchés sont comme l’écarlate »
(PJ 699)

« Il suffit,
dit Jésus, de se jeter avec foi aux pieds de celui qui tient ma place [le prêtre] et de lui dire sa misère, et le miracle de la miséricorde divine de manifestera dans toute sa plénitude. Même si cette âme était en décomposition comme un cadavre, et même si humainement parlant il n’y avait plus aucun espoir de retour à la vie, et que tout semblait perdu – il n’en est pas ainsi selon Dieu, le miracle de la miséricorde divine redonnera vie à cette âme dans toute sa plénitude » (PJ 1448).

Soyons donc fidèles à l’Evangile en prenant garde de ne pas séparer l’appel à la conversion de l’annonce de la Miséricorde – et vice-versa. De même qu’on ne peut annoncer la Miséricorde divine sans exhorter à la conversion du coeur, de même on ne peut prêcher la conversion sans dire aux hommes de quel amour ils sont aimés.

« Seigneur, tu as pitié de tous les hommes parce que tu peux tout. Tu fermes les yeux sur leurs péchés pour qu’ils se convertissent. Tu aimes en effet tout ce qui existe, tu n’as de répulsion envers aucune de tes œuvres »
(Sg 11. 23-24)

« Est-ce donc la mort du méchant que je désire, déclare le Seigneur, n’est-ce pas plutôt qu’il se détourne de sa conduite et qu’il vive ? »
(Ez 18. 23)

« Revenez à moi, dit le Seigneur, ma présence ne vous sera plus accablante. Oui, je suis fidèle – oracle du Seigneur – je ne tiens pas rigueur pour toujours. »
(Jr 3. 12)

8.
Une dernière petite chose. Peut-être avez-vous été bouleversé comme moi par la dernière lettre du Saint Père aux Evêques du monde entier au sujet de la levée des excommunications des Evêques lefebristes. Dans cette lettre, le Pape déclare « avoir été peiné du fait que même des catholiques, qui au fond, auraient pu mieux savoir ce qu’il en était, aient pensé devoir m’offenser avec une hostilité prête à se manifester (…). Parfois, on a l’impression que notre société a besoin d’un groupe au moins, auquel ne réserver aucune tolérance ; contre lequel pouvoir tranquillement se lancer avec haine. Et si quelqu’un ose s’en rapprocher – dans le cas présent le Pape – il perd aussi le droit à la tolérance et peut lui aussi être traité sans crainte ni réserve ».

Dans cette épreuve, le Pape confesse avoir reçu beaucoup de consolations de la part des évêques qui lui ont manifesté leur soutien, ainsi que des fidèles catholiques :
«  Je voudrais remercier de tout cœur les fidèles qui ces jours-ci m’ont donné un témoignage de leur fidélité immuable envers le Successeur de Saint Pierre. » écrit-il.

Aussi, si vous cherchez un moyen, vous aussi, de manifester au Pape votre affection et votre soutien, il en existe un, tout simple, très humble : il se trouve là. N’hésitez pas à déposer votre signature, et si vous le souhaitez un message d’affection au Saint Père.

« Mes enfants, nous devons aimer,
non pas avec des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité » dit Saint Jean (1 Jn 3. 18). Posons ce petit geste d’amour à l’intention de notre Pape. Et portons-le dans notre prière. Remercions Dieu de nous avoir fait un si grand don en la personne de Benoît XVI.

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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 14:08

« Je voudrais demander à la communauté juive de ne pas condamner l'Eglise catholique sur des propos extrêmement minoritaires de quelqu'un qui n'a aucun statut et aucune mission dans notre Eglise. Le chemin que nous avons parcouru ensemble et qui s'ouvre devant nous est trop important pour que nous nous laissions manipuler par des ultras. »

Mgr André Vingt-Trois, Cardinal Archevêque de Paris.



Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité Saint Pie X (in Famille Chrétienne) :

"Nous condamnons évidemment tout acte de mise à mort de l’innocent. C’est un crime qui crie contre le ciel! D’autant plus quand il s’agit d’un peuple. Nous rejetons toute accusation d’antisémitisme. Totalement et absolument. Nous rejetons toute forme d’approbation de ce qui s’est passé sous Hitler. Cela est quelque chose d’abominable. Le christianisme pousse jusqu’à un degré suprême la charité. Saint Paul, parlant des Juifs, s’exclame : ‘je désirerais être anathème pour mes frères !’ (Rom. 9,3). Les juifs sont « nos frères aînés » dans le sens où nous avons quelque chose de commun, à savoir l’ancienne Alliance. Il est vrai que la reconnaissance de la venue du Messie nous sépare.

"C
’est très intéressant de voir que l’Eglise n’a pas attendu le Concile pour donner des lignes de conduite par rapport aux Juifs
. Dès les années 30, même pendant la guerre, plusieurs textes de Rome donnent une position très juste : il faut réprouver les abominations du régime hitlérien ! « Spirituellement, nous sommes des sémites » avait dit le pape Pie XI. C’est une vérité qui vient de l’Ecriture sainte elle-même, ‘nous sommes des fils d’Abraham’ affirme encore saint Paul."

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1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 12:23

Chers amis,

Samedi 24 janvier 2009, le Pape Benoît XVI faisait publier par la Congrégation romaine pour les évêques un décret levant les excommunications prononcées en 1988 par le Pape Jean-Paul II à l’encontre des quatre évêques de la Fraternité Saint Pie X ordonnés sans autorisation pontificale par Mgr Marcel Lefebvre.

Cf. le dossier complet du schisme sur le site Jésusmarie.com

Cette décision a suscité de nombreuses réactions dans le monde entier – jusques et y compris dans l’Eglise catholique –, réactions dont la violence s’est intensifiée après que l’on ait appris que l’un des évêques de la Fraternité avait tenu publiquement des propos négationnistes sur le génocide juif durant la Seconde guerre mondiale.

Aujourd’hui, nombre d’observateurs estiment que l’Eglise traverse une très violente tempête, une « secousse » de très-très grande magnitude…

1.
Je voudrais d’abord inviter les personnes qui se déclarent indignées par la décision du Pape à se calmer. La colère n’est pas bonne conseillère. Elle n’accomplit pas ce que le Seigneur attend du juste (Jc 1. 19-20). Elle peut nous conduire à affirmer aujourd’hui des choses que nous pourrions regretter demain – et je m’adresse ici spécialement à certains jeunes auteurs qui ont commis l’imprudence de flétrir le beau nom de « catholique »…

Aussi difficile que cela puisse être, nous devons nous efforcer de surmonter notre émotion première et chercher à réfléchir sereinement ; à comprendre le sens et la portée véritable du geste du Saint Père. Nous devons pour cela retrouver le sens de la prière, de l’intimité avec Dieu. La virulence de certaines réactions au sein même de l’Eglise me paraissent trahir un manque d’intériorité chez certains fidèles, et donc : de prière. Cela est d’autant plus regrettable que nous sortons tout juste d’une semaine de prière précisément, et d’une semaine de prière pour l’unité des chrétiens ! A croire que cette semaine n’ait pas porté tous ses fruits dans le cœur des croyants…

D’une manière générale – je parle bien sûr pour les catholiques : les actes d’un Pape doivent être reçus dans un esprit de foi et de paisible confiance. Lui qui est le « doux Christ sur la terre » – selon l’expression fameuse de Sainte Catherine de Sienne –, il est le pasteur universel de toutes les Eglises, établi par Jésus-Christ lui-même. Nous devons accueillir chacun de ses actes avec bienveillance, comme un acte du Seigneur en personne, dans une humble et filiale obéissance. Si nous ne comprenons ou n’acceptons pas telle ou telle de ses initiatives, nous pouvons toujours interroger nos prêtres ou nos évêques. Mais la critique ouverte du Pape – ou d’un évêque en communion avec le Pape – est un acte grave pour un catholique, qui sape l’esprit fraternel devant régner entre chrétiens, et constitue un germe de division dont nous aurons à assumer la responsabilité devant le Seigneur de la communion et de l’unité. Cela ne signifie pas bien sûr que le Pape ou les évêques soient toujours exempts de tous reproches ! Cela signifie qu’avant de critiquer le Pape ou les évêques, il faut sans doute beaucoup réfléchir et beaucoup prier ; et qu'en tout état de cause, il convient d'agir avec douceur et respect (cf. 1 P 3. 16), en ayant l’humilité de considérer les personnes que nous critiquons supérieures à nous (cf. Phi. 2. 3).

2.
Considérons maintenant l’acte du Saint Père. Il s’agit d’une levée d’excommunication concernant quatre évêques de la Fraternité Saint Pie X. Qu’entend-on par levée d’excommunication ? Contrairement à ce que beaucoup ont pu croire – sans doute abusés de bonne foi par des journalistes peu rompus au vocabulaire juridique de l’Eglise – il ne s’agit pas de réintégration ! Les quatre évêques de la Fraternité Saint Pie X n'ont pas été réintégrés dans l’Eglise catholique ; ils demeurent encore à ce jour en dehors de la communion ecclésiale.

Mgr Hippolyte Simon nous aide à comprendre le sens de ces levées d'excommunications : « Pour prendre une comparaison familière, je dirai ceci : quand Mgr Lefebvre est sorti, c’est-à-dire quand il a désobéi en ordonnant quatre évêques malgré l’avis formel du Pape, c’est comme s’il y avait eu, automatiquement, une barrière qui était tombée et un feu qui s’était mis au rouge pour dire qu’il était sorti. Cela voulait dire que si, un jour, il voulait rentrer, il faudrait qu’il fasse d’abord amende honorable. Mgr Lefebvre est mort. Paix à son âme ! Aujourd’hui, ses successeurs, vingt ans après, disent au Pape : « Nous sommes prêts à reprendre le dialogue, mais il faut un geste symbolique de votre part. Levez la barrière et mettez le feu au clignotant orange ! » Le Pape, pour mettre toutes les chances du côté du dialogue, a donc levé la barrière et a mis le feu au clignotant orange. Reste à savoir maintenant si ceux qui demandent à rentrer vont le faire. Est-ce qu’ils vont rentrer tous ? Quand ? Dans quelles conditions ? On ne sait pas. »

3.
L’acte du Pape est donc comparable à une main tendue.

Après l’élection de Benoît XVI au siège pontifical, la Fraternité Saint Pie X avait exprimé son désir de renouer le dialogue avec l’Eglise catholique moyennant deux préalables : la libéralisation du Missel de 1962 et la levée des excommunications. Le Pape a répondu à cette invitation en promulguant en juillet 2007 le Motu Proprio Summorum Pontificum, puis en levant le 24 janvier dernier les excommunications pesant sur les quatre Evêques de la Fraternité. Peut-on reprocher au Saint Père de chercher à renouer le dialogue avec des frères chrétiens égarés hors de l’Eglise ? N’est-il pas dans sa mission de chercher à rassembler tous les chrétiens en un seul peuple, autour d’un seul banquet eucharistique ? N’a-t-on pas prié intensément en ce début d’année 2009 pour l’unité des chrétiens ? Cette unité, la voulons-nous vraiment ?

L’unité des chrétiens implique que soit rassemblées dans l’Unique Eglise du Christ des personnes d’origines diverses, de toutes sensibilités et de tous horizons. Sommes-nous prêts à « cohabiter » en frères avec des personnes différentes de nous, qui, tout en adhérant à la même confession de foi, n’ont pas la même manière de penser ou de vivre la foi? Voulons-nous vraiment vivre ensemble, dialoguer et rechercher les voies de l’unité, de la concorde et du respect mutuel (cf. Phi 2. 2) ? Ou bien sommes-nous de ceux qui raillons volontiers ceux qui ne sont pas comme nous, qu’il s’agisse des « charismatiques-dévisseurs-d’ampoules », des « cathos de gauche » ou des « intégristes de Saint-Nicolas-du-Chardonnet ».

La division entre chrétiens est une profonde blessure, et le plus grand frein à l’évangélisation du monde (cf. Jn 17. 23). Voilà pourquoi il est important d’y remédier, et d’encourager tous les gestes de réconciliation entre frères séparés.

Pourquoi vouloir rejeter a priori toute discussion avec la Fraternité Saint Pie X ? Parce qu’ils sont « intégristes » ? Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Que leur reproche-t-on exactement – mis à part bien sûr l’acte schismatique de 1988. D’être attachés à la Tradition ? Mais un catholique par définition est attaché à la Tradition ! D’aimer la liturgie selon le Missel de 1962 ? Mais de nombreux catholiques dans l’Eglise aiment célébrer la Messe selon l’ancien rite ! De critiquer le Concile Vatican II ? Mais Mgr Lefebvre avait signé tous les textes du Concile ! Leur critique n’est donc pas un rejet, et jusqu’à preuve du contraire, ils ne sont pas hérétiques. Dès lors, puisque nous partageons la même foi, pourquoi devrions-nous laisser perdurer plus longtemps ce scandale de la division ?

Ayant moi-même été converti en 1998, soit 10 ans après le schisme de Mgr Lefebvre, je n’ai pas vécu les déchirures et les souffrances de ce terrible évènement. Je n’ai donc, concernant la Fraternité Saint Pie X, aucune rancœur particulière, ni aucun préjugé défavorable, sinon celui lié à leur positionnement volontaire en dehors des structures de l’Eglise catholique. Mais à partir du moment où la Fraternité manifeste son intention de renouer le dialogue rompu avec Rome, je ne vois pas pour quelle raison l’Eglise devrait s’interdire d’y répondre positivement. J’ai tendance à penser pour ma part que des chrétiens amoureux de la Messe, de l’adoration eucharistique ou de la prière du Rosaire, ne peuvent pas être tout à fait mauvais. Il n’existe plus à ce jour aucun obstacle objectif à l’instauration d’un dialogue fraternel avec les « traditionalistes ».

4.
Certains estiment que le Pape fait là un bien mauvais calcul. Qu’en essayant de récupérer quelques centaines de brebis égarées, il risque d’en effaroucher un nombre bien plus important. Pis encore : qu’il risque de compromettre le travail œcuménique réalisé avec d’autres chrétiens, profondément choqués par cette initiative.

A ceci je répondrais d’abord qu’il semblerait que la main tendue aux « traditionalistes » soit plutôt bien vue par nos frères orthodoxes. Ce qui serait un bon point pour le dialogue œcuménique.

Ensuite, je dirais qu’il faut se méfier des réactions épidermiques de masse. Souvenons-nous par exemple du discours du Pape à Ratisbonne en 2006 et des violentes réactions qu’il avait suscitées dans le monde musulman. Qu’en est-il aujourd’hui du dialogue avec les musulmans ? Non seulement il n’est pas compromis, mais encore 138 intellectuels et responsables religieux venus de tous les horizons de l'islam ont récemment écrit une lettre au Pape pour l’inviter à entrer en dialogue avec eux ! Jamais, de part et d’autre, on n’avait autant exprimé le désir de se rencontrer, de se connaître et de s’aimer que depuis la conférence de Ratisbonne ! Eh bien pareillement : nous verrons dans deux ans ce qu’il en sera du dialogue œcuménique et interreligieux. Ne jugeons pas la main tendue du Pape à l’aune des premières réactions constatées parmi les croyants. Laissons les passions s’apaiser, la raison et la foi reprendre le dessus, et nous verrons bien... Ne préjugeons pas de l’issue des discussions avec la Fraternité Saint Pie X, et de ses répercussions sur l’ensemble du dialogue œcuménique. Croyons que le Seigneur bénira tous les efforts entrepris pour tendre à l’unité, et que l’Esprit Saint agira le moment venu, pour peu que les parties soient de bonne volonté.

Et puis je crois qu’il faut se départir de tout esprit de calcul et de stratégie dans notre recherche de l’unité. Ce n’est pas avec des comptes d’apothicaire que l’on fera l’unité (« si je donne tant aux protestants, je perds tant avec les orthodoxes et les traditionalistes ; et si je donne tant aux traditionalistes, je gagne tant avec les orthodoxes mais je perds tant avec les protestants… »). L’unité des chrétiens ne se trouve pas au bout de nos efforts et de nos plans savamment conçus. Elle n’est pas une œuvre à portée humaine ; elle est une grâce à demander. A vue humaine, l’unité est impossible à réaliser. Nous ne pouvons qu’y tendre et y travailler du mieux que nous pouvons. Ce qui nous appartient, ce sont les gestes d’unité que nous pouvons poser. Mais l’unité elle-même ne peut être qu’un don de Dieu. Dans cette recherche de l’unité, le Seigneur attend aussi de nous que nous comptions sur Lui, que nous faisons appel à Lui, que nous sollicitions de Lui son intervention et sa grâce, que nous croyions avec foi en l’efficacité de notre prière. Si Dieu ne veut pas faire l’unité sans nous et compte sur nos efforts, nous ne ferons pas non plus l’unité sans Dieu et le secours de sa sainte grâce.

5.
Dernière remarque. Toute l’agitation – légitime ! – autour des propos – révoltants ! – de Mgr Williamson laisse à penser que le démon aussi se manifeste en ces temps. Signe sans doute que le Pape est sur la très bonne voie ; qu’il a touché là un point « sensible »…

« A qui profite le scandale provoqué par des propos d’une telle obscénité ? »
demandait Mgr Hippolyte Simon dans sa Lettre ouverte. Aux opposants à la réconciliation bien sûr, dont semble-t-il Mgr Williamson lui-même... Mais plus encore, à celui-là même qui est désigné dans la Bible comme le « Diviseur », le « Satan ». Ne nous laissons donc pas impressionner par ses basses manœuvres – et encore moins dicter par lui notre conduite ! Réjouissons-nous bien plutôt de l’expression visible de sa colère, de sa tentative – vouée à l’échec ! – de déstabiliser l’Eglise par la technique – bien éprouvée – de l’amalgame, et opposons à ses flèches furibondes le bouclier de notre humilité, de notre foi et de notre amour pour l’Eglise et pour le Pape.

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