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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 00:00

Fin du monde

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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 16:00

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 18:59

Un ami me partage un article d’Olivier Py, metteur en scène, dramaturge et comédien, ancien directeur du Théâtre de l'Odéon, au sujet de la position de l’Eglise sur le mariage homosexuel. L’article, publié dans Le Monde du 4 décembre 2012 est intitulé « Intolérable intolérance sexuelle de l'Eglise ». Je vous le livre ici avec mes commentaires. 

« Les catholiques qui s'opposent au mariage homosexuel et à l'homosexualité peuvent citer les deux sources vétéro et néo-testamentaires qui condamnent l'amour entre deux hommes (Genèse 19, 1-13; Lévitique 18, 22 ; Romains 1, 26-27 ; I Corinthiens 6, 9). » 

Il ne s’agit évidemment pas d’une condamnation de "l’amour" entre deux hommes – l’amour d’amitié est une des réalités naturelles les plus nobles et les plus belles – mais des seules pratiques homosexuelles. Condamnation qui traverse toute la Bible, ainsi que le reconnaît M. Py. 

« Précisons simplement qu'un chrétien catholique se refuse à prendre l’Ancien Testament ou le Nouveau au pied de la lettre, il sait que l'ancienne loi doit être selon les mots du Christ accomplie, et non pas suivie pour les siècles des siècles. En d'autres termes, qu'un chrétien doit interpréter les écritures au ratio de l'époque de leur rédaction. » 

C’est tout à fait juste – et c’est ce qui distingue la Bible du Coran. Puisque la Parole de Dieu s’adresse à des intelligences humaines limitées, on ne peut la saisir immédiatement dans sa pureté. Dieu parle le langage des hommes pécheurs. Il faut donc dégager ce qui, dans l’Ecriture, relève de la part humaine marquée par le péché, et ce qui relève de la part divine – afin de ne pas imputer faussement à Dieu ce qui relève du seul péché de l’homme. C’est là tout le travail de la théologie – qui est intelligence de la foi. Simplement, ce qu’oublie de dire Olivier Py, c’est que ce travail, pour être fructueux, ne peut s’accomplir que dans l’Eglise que Jésus-Christ a fondée, qui repose sur l’Apôtre Pierre (à qui sont remises les clefs du Royaume de Cieux) ; qui a reçu l’Esprit Saint (l’Esprit de Vérité) à la Pentecôte et l’assurance de la présence quotidienne du Christ ressuscité à ses côtés jusqu’à la fin du monde, ainsi que la promesse que « les portes de l’enfer » ne l’emporteront pas sur elle (cf. Mt 28. 20 ; 16. 18-19). 

Un chrétien catholique doit donc aussi interpréter les Ecritures au ratio de la pensée de l’Eglise : c’est elle qui nous donne le « la », la clef de sol qui nous permet de jouer notre propre partition – et de réfléchir, chacun, sur les vérités de la foi et de la morale. C’est l’Eglise qui est la « colonne de la vérité » (cf. 1 Tm 3. 15). C’est sur elle que nous devons nous appuyer pour fonder notre pensée – si nous tenons à ce qu’elle soit vraie en Christ. On ne peut pas avoir raison contre l’Eglise – c'est-à-dire contre le Pape, les évêques unis à lui, et les fidèles unis à eux. C’est elle qui est gardienne du dépôt de la foi ; elle à qui ont été confiées les Paroles de la vie éternelle. 

Or, quelle est la pensée de l’Eglise au sujet de l’homosexualité ? L’Eglise dit deux choses. Tout d’abord, elle dit sa réprobation des actes homosexuels : « S'appuyant sur la Sainte Ecriture, qui les présente comme des dépravations graves (cf. G191-29 ; Rm 1, 24-27 ; 1 C610 ; 1 T110), la Tradition a toujours déclaré que les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés. Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas. » (CEC 2758) Texte à méditer par tous les chrétiens qui croient intelligents de se défendre de l’accusation d’"homophobie" en déclarant que l’homosexualité n’est pas un problème, ou même qu'elle est une chose bonne en soi… 

L’Eglise manifeste ensuite sa tendresse envers les personnes ayant une tendance homophile : « Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présente des tendances homosexuelles foncières. Cette propension, objectivement désordonnée, constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie, et si elles sont chrétiennes, à unir au sacrifice de la Croix du Seigneur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer du fait de leur condition. » (CEC 2759) 

Les personnes homosexuelles baptisées ne sont donc pas excommuniées du seul fait qu’elles portent en elle une tendance homophile, ni même du fait des péchés d’homosexualité qu’elles pourraient commettre (à la différence, par exemple, des personnes qui pratiquent l’avortement ou qui y collaborent formellement). Bien plus : l’Eglise exhorte les Communautés chrétiennes à faire effort pour les accueillir, les respecter et les aimer. Il est donc aussi idiot de qualifier l’Eglise d’"homophobe" que… pertinent de qualifier certains militants de la cause homosexuelle de christianophobes (on est toujours le -phobe de quelqu’un…) 

« Aucun catéchisme catholique n'a jamais exigé que l'on suive à la lettre les lois de la Bible. Ceux qui veulent condamner l'homosexualité le font bien plus à partir d'un moralisme qui leur est propre que par respect de la loi biblique, ils passent évidemment sous silence l'amour de Saül pour David, l'amour de David et de Jonathan, et utilisent la Bible pour servir une homophobie non dissimulée. » 

Encore une fois : l’amour d’amitié entre les hommes n’est pas condamné. Ce qui est condamné, ce sont les rapports sexuels entre hommes (ou entre femmes). 

« Quant à Paul aux Romains, 1, 26-27, on pourra d'emblée constater qu'il ne définit pas les rapports sexuels entre hommes comme un péché, ni dans le cadre d'une interdiction stricte. Il parle d'infamie parce que ces rapports font partie des rites et des cultes du paganisme que, dans ce passage, il condamne absolument. Mais c'est l'idolâtrie qu'il condamne. L'idéal de vie paulinien reste chaste, et donc ne défend aucune pratique sexuelle, lesquelles pratiques sont souvent liées au paganisme, au culte de la fécondité notamment. » 

L’homosexualité n’a jamais fait partie des "rites" ou des "cultes" païens. Mais il est vrai qu’elle est largement pratiquée en milieu païen – milieu comparable à notre société actuelle. Elle est, en effet, de l’ordre de l’idolâtrie (cf. Col 3. 5). C’est pourquoi elle est extrêmement grave : elle nous détourne de Dieu en qui seul nous pouvons trouver le bonheur auquel notre cœur aspire profondément – Lui qui est la Vie et la Joie ! 

« Les catholiques se réclament de la protection de la famille, c'est leur droit. Mais objectons que les homosexuels ne veulent pas détruire le mariage puisqu'ils appellent à plus de mariage, au contraire, et à plus de famille, famille atypique mais famille tout de même. En quoi le fait que des homosexuels aient le droit au mariage détruirait-il le mariage pour les hétérosexuels, cela reste une imprécation peu argumentée. » 

Mais il arrive que la "quantité" nuise à la "qualité". Or, le plus de famille souhaité par les homosexuels (en fait : une minorité d’entre eux…) dénaturerait fondamentalement le mariage – qui est l’union naturelle, dans un engagement social, de l’homme et de la femme en vue de fonder une famille. Ce n’est pas l’Eglise catholique qui a inventé cela. C’est une réalité humaine, universelle. Quand un homme épouse une femme (quelle que soit sa religion), c’est qu’il souhaite en faire la mère de ses enfants (et réciproquement). Ce n’est pas l’Eglise qui a inventé la fécondité de la sexualité homme-femme. C’est une réalité naturelle inscrite dans notre biologie. L’homme et la femme sont faits l’un pour l’autre – cela se voit jusque dans leur physiologie – et quand ils s’unissent, conformément à leur nature, il naît des enfants, et l’espèce humaine peut se perpétuer. (Il est quand même effarant qu’au 21e siècle, on soit obligé de rappeler de telles évidences…)  

J’ajoute que dans l’esprit du législateur, il est assez évident que le mariage homosexuel est un cheval de Troie destiné in fine à détruire le mariage – comme tout ce qui porte la trace de la morale et de la civilisation chrétiennes dans notre beau pays. Je vous renvoie au témoignage de l’internaute sur le groupe Facebook Pour l’Humanité durable publié dans mon précédent article sur le sujet. C’est dans la logique du système : si le mariage est fondé sur le sentiment, et lui seul, sachant que le sentiment est fluctuant et qu’il ne dure selon certaines études que 3 ans (a fortiori chez les homosexuels, dont la durabilité des couples est extrêmement réduite par rapport aux couples hétérosexuels – sauf rares exceptions), on ne voit pas pourquoi on devrait contraindre des êtres qui ne s’aiment plus à vivre ensemble toute leur vie. Après le « mariage pour tous » (qui aura vocation à s’étendre à tous ceux qui s’aiment, par exemple : les couples polygames), on aura le « divorce pour tous » – par simple courrier recommandé avec AR. A vouloir plus de mariage, on aura à la fin une espèce de contrat à durée limitée résiliable à la discrétion de l’un ou l’autre des époux. Autant dire qu’on n’aura plus de mariage du tout ! 

« Mais le plus grave est que les catholiques, dont un certain nombre de bonne foi, oublient combien les valeurs familiales sont peu catholiques. Catholique veut dire universel, la catholicité nous commande toujours de considérer notre frère comme frère dans le Christ et non pas dans les liens du sang ou de la nation. C'est le sens de la parabole. 

« L'idéal chrétien chez Paul n'est pas un idéal de vie familiale, au contraire il est celui du saint qui fait de l'ensemble de l'humanité sa famille. Les valeurs familiales sont des valeurs de la société bourgeoise du XIXe, des valeurs de la société protestante anglo-saxonne mais certainement pas des valeurs chrétiennes. 

« Le Christ n'a pas fondé de famille, les prêtres sont interdits de famille au nom de l'imitation du Christ. On disait aussi que l'abolition de la peine de mort (la même Eglise a attendu les années 1990 pour retirer sans restriction l'approbation de la peine de mort de son catéchisme) détruirait le système pénal et finalement toute la justice. » 

Je crains que notre auteur n’ait pas compris grand-chose ni à la Bible, ni au christianisme. Pourquoi Dieu a-t-il donc créé l’homme et la femme ? Quelle est la raison fondamentale de la différence sexuelle dans le plan de Dieu ? Jésus nous le rappelle explicitement, en Matthieu 19 : « N'avez-vous pas lu l'Écriture ? Au commencement, le Créateur les fit homme et femme (…). 'VOILA POURQUOI l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un.' A cause de cela, ils ne sont plus deux, mais un seul. Donc, ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas ! » (Mt 19. 4-6). 

Voici donc le plan de Dieu sur l’homme. Dieu créé l’homme et la femme en vue de la famille. La famille est au cœur même du plan de Dieu ! Et pourquoi cela ? Parce que, nous dit le livre de la Genèse auquel renvoie Jésus : « Dieu créa l’homme à son image, à son image il le créa, homme et femme il les créa » (Gn 1. 27). Si Dieu créé l’homme et la femme, deux personnes différentes, en vue d’une communion d’amour féconde, c’est parce que Dieu lui-même est comme cela ! La famille humaine est à l’image même de Dieu ! Dieu lui-même est famille ! C’est tout le mystère de la Sainte Trinité. 

Maintenant, il est vrai que la famille que Dieu veut créer est plus large que les familles humaines. Il veut faire de l’humanité tout entière une grande famille. Il veut adopter chacun de nous comme Ses enfants adoptifs, et donner à son Fils unique une multitude de frères. Il veut faire de nous les membres de Sa famille. Les homosexuels militants qui s’accrochent à leur petit mariage au rabais réalisent-ils qu’ils sont faits pour entrer dans la famille de Dieu ? 

Si la famille est au centre du Plan de Dieu, pourquoi alors l’Eglise demande-t-elle à ses prêtres de ne pas se marier ? Pourquoi Jésus lui-même ne s’est-il pas marié ? 

Claude Tresmontant nous aide à comprendre cela : « L’ascèse a une signification prophétique. Elle prophétise, dans l’existence même du saint, la condition humaine à venir, dans la durée ou le monde qui vient. ‘Les hommes seront comme les anges de Dieu, ne se mariant pas…’ L’ascèse chrétienne anticipe la vie qui vient, et la réalise dans une certaine mesure dès ici-bas. Cette excellence de l’ascèse, à cause de la liberté qu’elle permet, n’implique aucunement dans la pensée de Paul une attitude manichéenne vis-à-vis du mariage (…). Rien n’est plus étranger à toute la tradition biblique que l’attitude manichéenne vis-à-vis du monde sensible, de l’existence corporelle, de la fécondité. Le monde tout entier est mystère, et Paul a eu l’intelligence du mystère du mariage comme on le voit dans le passage de la lettre aux Ephésiens (…) : ‘Ce mystère est grand…’ (Eph. 5. 32).

 

« Mais précisément parce que le monde est un mystère, il est bon que certains s’abstiennent d’user du monde, pour que ce monde soit connu en tant que mystère prophétique. Il est bon d’user du monde comme n’en usant pas, parce que la figure de ce monde inachevé passe, et laisse place au monde qui vient, prophétisé par ce monde-ci. Ainsi, les vierges comme les gens mariés contribuent à manifester le mystère du mariage. Le mariage ne serait plus vécu comme mystère si la chasteté n’en annonçait le sens eschatologique, et le mystère ne serait plus consacré dans ses espèces sensibles si l’homme ne connaissait pas la femme (…). » (Claude Tresmontant, in Saint Paul et le mystère du Christ, Editions du Seuil 1956, pp. 157-160)

 

« Le pape est allé jusqu'à dire que la survie de l'humanité était menacée par le mariage gay, on rirait si cela n'était à pleurer. Comment une telle idée peut-elle être raisonnablement énoncée ? Le mariage homosexuel remettrait en cause la courbe démographique terrifiante qui nous a fait passer le seuil des 7 milliards ? Il y aurait plus d'homosexuels s'ils pouvaient s'aimer dans un cadre légal ? Et sous peu toute l'humanité pourrait être convertie à l'homosexualité et oublierait de se reproduire ? Fantasme délirant, homophobie a peine dissimulée, qui continue à éloigner du message de l'Eglise des milliers d'hommes et de femmes. » 

Dans un précédent article, j’ai montré de quelle manière on pouvait considérer que « la survie de l'humanité était menacée par le mariage gay ». Cela tient au fait que l’institution du mariage homosexuel introduirait un fâcheux précédent dans notre système juridique dont on ne mesure pas toutes les conséquences. Le mariage homosexuel met en cause l’un des principes fondamentaux de la Déclaration universelle des droits de l’homme (cf. article 16). Or, si l’on commence à toucher aux droits fondamentaux de l’homme, on met le doigt dans un engrenage dont on ne sait jusqu’où il nous mènera. 

S’il n’y a pas de vérité transcendante, inaccessible au bon vouloir des hommes ; si toutes les opinions se valent et ne trouvent leur justification que dans la majorité démocratique du moment, alors… qu’adviendra-t-il si demain la majorité change ; si "l’homophobie" devient un jour majoritaire dans ce pays ? Que se passera-t-il si une majorité politique se met à considérer l’homosexualité comme une tare, une maladie, une anormalité relevant de la rééducation forcée ou… de la peine de mort ? Quels arguments allons-nous invoquer ? Les droits de l’homme ? Mais nous les avons considérés comme "chiffon de papier" quand cela nous arrangeait ! Comment pourrions-nous demain invoquer un argument que nous rejetons aujourd’hui ? Au nom de quelle logique ? Si une majorité populaire peut décider librement ce qui est bien et ce qui est mal sans référence aucune à des principes transcendants, intangibles, inscrits dans la nature même de l’homme, alors quelle protection avons-nous contre un retour possible de la barbarie ? 

Ce n’est pas là pure spéculation théorique, en l’air. L’histoire récente nous montre que le cauchemar peut devenir réalité. 

« La question de l'adoption serait plus délicate ? Mais que nous ayons des parents ou un père et une mère n'est pas une question théologique. On peut et on doit se soucier du bonheur de l'enfant qui sera adopté, c'est ce que font les parents qui adoptent et qui désirent ces enfants qu'ils n'ont pas génétiquement conçus. 

« Quel destin préfère-t-on pour ces milliers d'orphelins ? Un orphelinat à Mogadiscio ou deux parents du même sexe, aimants et attentifs ? Qui peut défendre qu'il y ait moins d'enfants du tiers-monde qui accèdent à nos soins, à notre éducation, à notre paix ? Pourquoi refuser à un enfant d’avoir deux parents quand on accepte légalement qu'il n'en ait qu'un ? Et enfin quel statut donner à tous ces enfants qui ont été élevés par deux parents du même sexe, doit-on nier leur existence, leur histoire, leur identité, sans même leur avoir demandé leur avis ? » 

On ne légifère pas à partir de situations exceptionnelles ; l’exception ne doit pas devenir la norme. On ne résout pas un problème en en créant de plus grands. Pourquoi refuser à un enfant d’être éduqué par un père et une mère dont l’union (hétéro)sexuelle est inscrite en sa chair, dans son ADN – et qui est constitutive de son être, de son identité ? Pourquoi ne pas lui donner les mêmes chances de s’épanouir dans un foyer stable où sa croissance psycho-affective pourra se dérouler aussi paisiblement que possible dans la confrontation à l’identité et à la différence ? Pourquoi confier à un couple homosexuel un enfant pouvant être accueilli dans une famille hétérosexuelle ? S’il y avait une pénurie des familles d’accueil, la question de l’adoption par des couples homosexuels pourrait, à la limite, se poser. Mais il n’y a pas de pénurie… Dans une société où l’on promeut l’égalité des chances, pourquoi ne la garantirait-on pas aux enfants en leur promettant, dès le départ, des conditions égales pour leur développement naturel, leur structuration psychique et leur formation humaine (qui ne se réduit pas à la seule « éducation »). 

« On peine à comprendre comment et pourquoi l'Eglise veut intervenir dans un débat juridique laïque qui est celui de la République elle-même. On semble regretter la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Imagine-t-on les musulmans demander l'interdiction du jambon au nom de leur foi ? Tout simplement parce que les évêques qui condamnent l'homosexualité amalgament facilement le péché et la faute, le péché ne concerne pas la République. » 

Tout d’abord, la laïcité ne signifie pas le mépris des religions, mais le respect de toutes les religions. L’Eglise est un interlocuteur social comme les autres. Elle est dans son rôle quand elle fait part de sa vision du monde à la République laïque – quand elle se préoccupe du bonheur des hommes, de leur avenir. On reproche à l’Eglise d’être silencieuse quand elle ne dénonce pas assez fort le péché intrinsèquement contenu dans une doctrine politique ; et quand elle met fortement en garde contre les dangers de tel projet politique, on lui fait le grief de se mêler de ce qui ne la regarde pas ! En somme, l’Eglise a toujours tort… 

On notera ensuite que l’Eglise ne combat pas le mariage homosexuel seulement au nom de sa foi, mais aussi de la raison . Son exigence n’est pas purement ‘morale’ et ‘arbitraire’ – elle est enracinée dans une vision objective du monde, qui est le même pour tous. D’ailleurs, nombre de ses thématiques sont reprises par des hommes et des femmes de toutes origines philosophiques, politiques et religieuses. Preuve, s’il en est, que l’on touche là au cœur de la civilisation, au cœur d’un universel humain. 

« Enfin on est désespéré en tant que chrétien de voir depuis plus de vingt ans la frange la plus réactionnaire de l'Eglise prendre la parole pour des questions séculières et des questions de morale sexuelle. Quelle perte de temps quand il faudrait mettre toute son énergie à servir la parole du Christ. Quand les évêques parleront de la Trinité plus souvent que de la capote, de la beauté de l'eucharistie, plus souvent que des homosexuels, de la résurrection plus que de la contraception ? Quand l'Eglise renoncera-t-elle à interférer dans les choses séculières pour ne plus être que la flamme de la parole vivante, pour être cette verticalité dans le temps dont nous avons si soif, pour être définitivement avec ceux qui souffrent et non pas avec ceux qui condamnent ? » 

Je ne sais pas quelle église Olivier Py fréquente, mais dans celles que je connais, on parle plus souvent de la Trinité, de la beauté de l’eucharistie et du mystère de la résurrection que de la "capote", des homosexuels et de la contraception ! 

Que l’Eglise parle de morale sexuelle, quoi de plus normal ? Si Dieu a créé la sexualité en vue de l’union des âmes et des corps, Lui seul, parce qu’il en est l’auteur, peut nous en fournir le ‘mode d’emploi’. Le corps n’est pas une "chose" à côté de l’âme – l’Eglise n’étant autorisée à ne nous parler que des choses de l’âme, non du corps. Le corps, c’est nous. C’est notre âme en tant qu’elle se manifeste au monde. Nous n’AVONS pas un corps. Nous SOMMES un corps. Ce que nous faisons de notre corps implique directement notre âme ; est le résultat même d’une action libre de notre âme. « Le corps est, non pas pour la débauche, mais pour le Seigneur Jésus, et le Seigneur est pour le corps (…) Ne le savez-vous pas ? Vos corps sont les membres du Christ (…). Fuyez la débauche. Tous les péchés que l'homme peut commettre sont extérieurs à son corps ; mais la débauche est un péché contre le corps lui-même. Ne le savez-vous pas ? Votre corps est le temple de l'Esprit Saint, qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car le Seigneur a payé le prix de votre rachat. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps. » (1 Co 6. 13-20) 

Quant aux questions séculières, elles intéressent l’Eglise, qui n’est pas indifférente au sort que l’on réserve dans une société aux pauvres, aux immigrés, aux malades, aux familles, aux enfants… Elle ne fait pas de politique mais rappelle sans cesse aux politiques (de droite comme de gauche) le devoir de Justice et de Charité qui doit présider aux relations sociales, la nécessité de mettre l’homme au centre de l’économie, et l'indispensable respect de la dignité humaine, de la conception jusqu’à la mort. C’est le rôle de l’Eglise de rappeler aux Etats que l’homme n’est pas une marchandise, ni un simple amas de cellules dont on peut faire ce qu’on veut, mais une réalité sacrée, faite à l’image et à la ressemblance de Dieu. Après : « celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 11:17

« La politique, c’est-à-dire l’organisation de la Cité

et l’élaboration de ses projets collectifs,

 relève de l’ordre naturel

 et doit mettre en œuvre un débat rationnel

 ouvert sur la transcendance. »

 (Commission théologique internationale,

 in Nouveau regard sur la loi naturelle, § 98)

 

En réaction au projet du gouvernement français d’instituer prochainement le mariage homosexuel – conformément à l’une des promesses de François Hollande durant la campagne présidentielle –, des catholiques font circuler une pétition visant à demander au Président de la République l’organisation d’un référendum sur cette question. 

Beaucoup s’offusquent – à juste titre – qu’une loi de cette importance puisse être votée à la hussarde, sans que les citoyens aient eu le droit à un débat national à la hauteur de l’enjeu. S’agissant d’un choix de civilisation, ils demandent que les Français soient consultés et appelés à statuer directement, par la voie juridique la plus solennelle. 

La proposition est motivée par de très bonnes intentions. Il s’agit de solliciter l’ouverture d’un grand débat démocratique pour sensibiliser l’ensemble des Français sur l’importance de cette réforme, et leur faire prendre conscience des conséquences funestes qui en découleraient sur le lien social et l’avenir du pays. 

Je ne puis cependant m’empêcher d’être profondément choqué qu’une telle proposition provienne de frères catholiques. Pour une raison simple : nous sommes là dans un domaine qui touche à l’humain en ce qu’il a de plus fondamental : sa dignité, son identité, sa vocation. Nous sommes dans le domaine des droits fondamentaux, ceux-ci mêmes qui, précisément, ne sont pas négociables, qu’on ne peut brader ni remettre en question, fût-ce de manière démocratique. 

L’essence de la démocratie, nous le savons, est la souveraineté du peuple. Mais la souveraineté populaire ne signifie pas que le peuple soit le monarque absolu ! Le peuple est libre de choisir sa destinée, de déterminer le modèle social dans lequel il veut vivre ; libre d’organiser sa vie comme il l’entend mais… dans une certaine limite. 

Il est des questions qui ne relèvent pas du débat démocratique – des sujets sur lesquelles il est moralement interdit de statuer, impossible de transiger. Cf. à ce sujet la vidéo du philosophe Alain Finkelkraut (24'45 à 26'26). 

Par exemple : on ne peut pas demander aux Français par voie de référendum si les Juifs sont des êtres humains – ou si l’anthropophagie est un mode de nutrition comme les autres. Ces questions remettent en cause la dignité de la personne humaine ; or, c’est précisément la ligne rouge qu’une démocratie ne doit pas dépasser – à peine de se renier elle-même, et d’ouvrir la porte au totalitarisme. 

La liberté ne signifie nullement l’anarchie. L’anarchie débouche inévitablement sur la loi du plus fort – qui n’est plus un régime de liberté (pour les moins forts, en tous les cas). En économie, une liberté non régulée conduit in fine à des situations oligopolistiques ou monopolistiques, et donc : à la destruction de la liberté elle-même. 

Cela peut paraître paradoxal, mais c’est dans la reconnaissance de ses limites que la liberté peut exister et s’épanouir. Livrée à elle-même, elle s’auto-détruit inexorablement. 

Eh bien : il en est de même sur le plan de l’organisation politique! Si la démocratie autorise aujourd’hui la remise en question des valeurs humaines universelles et transcendantes, alors demain, elles seront remises en question. Ce n’est pas là une hypothèse d’école : il suffit d'ouvrir nos livres d’histoire pour s’en convaincre. 

Or, la question du mariage relève des droits fondamentaux et naturels de l’homme – de ces droits que les Etats ont le devoir d’assurer et protéger, auxquels ils ne peuvent attenter. 

Cela ressort très clairement de l’article 16 de la Déclaration Universelle des droits de l’homme, promulguée à l’unanimité des Etats membres de l’Organisation des Nations Unies (dont la France) en 1948. 

Selon le Point 1 : « A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution. » On relèvera ici que le droit au mariage est attaché à la notion de « nubilité », donc : à la capacité de procréer – non à celle du « sentiment amoureux ». L’homme et la femme ont le droit de se marier dès lors qu’ils ont (ou sont légalement réputés avoir) les capacités physiologiques d’avoir des enfants. Le mariage auquel les hommes et les femmes ont droit est donc le mariage de type hétérosexuel, qui vise à la construction d’une famille. On ne peut séparer les deux perspectives : autoriser le mariage et interdire d’avoir une famille. Le droit d’avoir une famille est indissociablement lié au droit au mariage. Si donc on donnait le droit de se marier aux couples homosexuels au nom d'une interprétation erronée de l'article 16 de la Déclaration de 1948, il faudrait leur accorder aussi le droit d’adopter des enfants. 

Mais c’est le Point 3 qui me paraît essentiel pour notre propos : « La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'Etat. » La famille ici considérée est la famille naturelle – celle qui fleurit naturellement dans toutes les civilisations du monde. C’est le modèle le plus universel, celui que rencontre tout être humain – considérant que tout être humain est né d’un père et d’une mère de sexe différent, avec lesquels il constitue une famille. Or, cette famille naturelle a droit, nous dit le texte, à « la protection de la société et de l’Etat ». C’est un droit ! Un droit de l’homme ! Un droit fondamental ! Au même titre que le droit à la vie, à la liberté, au respect de sa vie privée, à la nationalité, à la propriété… 

« Au lendemain de la Deuxième Guerre Mondiale, la communauté des nations, tirant les conséquences des complicités étroites que le totalitarisme avait entretenues avec le pur positivisme juridique, a défini dans la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948) des droits inaliénables de la personne humaine qui transcendent les lois positives des Etats et doivent leur servir de référence et de norme. Ces droits ne sont pas simplement concédés par le législateur : ils sont déclarés, c’est-à-dire que leur existence objective, antérieure à la décision du législateur, est rendue manifeste. Ils découlent en effet de la « reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine » (Préambule). » (Commission théologique internationale, Ibid., § 5) 

On est donc en droit d’exiger de l’Etat (et de la société : ce qui inclut, me semble-t-il, les médias) la protection de la famille naturelle, exigée par la Déclaration universelle des droits de l’homme. On n’a pas à demander au peuple s’il souhaite remettre en question ce droit : il est inaliénable ; il appartient au patrimoine moral commun à toute l’humanité. Les « comportements moraux universels sont appelés par la nature même de l’homme : ils expriment la manière dont l’homme doit s’insérer de façon à la fois créative et harmonieuse dans un ordre cosmique ou métaphysique qui le dépasse et donne sens à sa vie. Cet ordre est en effet imprégné par une sagesse immanente. Il est porteur d’un message moral que les hommes sont capables de déchiffrer. » (Commission théologique internationale, Ibid., §12) 

Or, l’accès au mariage de personnes de même sexe bouleverserait en profondeur l’institution, et le dénaturerait substantiellement. 

Comme l’écrivait le P. Mathieu Rouger : « L’orientation sexuelle n’a pas l’objectivité de l’identité sexuelle. L’expérience prouve qu’elle peut changer au cours de la vie et elle n’apparaît pas sur les cartes d’identité. Compte tenu de l’extrême souplesse de fait des obligations juridiques liées au mariage, rien n’empêcherait le cas échéant que deux hommes ou deux femmes totalement hétérosexuels se « marient » pour des raisons fiscales ou en vue d’un « regroupement » professionnel… Le mariage ne serait plus en réalité qu’une association contractuelle d’intérêts privés. On ne serait donc pas passé du PACS au mariage mais on aurait résorbé le mariage, institution sociale, dans le PACS, contrat privé. L’ouverture du mariage aux partenaires de même sexe reviendrait finalement à supprimer le mariage civil. » Sans compter le risque de surenchère qui pourrait en découler : « Pourquoi le mariage unit-il deux personnes ? Parce qu’il s’agit d’un homme et d’une femme, en vue notamment de la procréation. Si l’on sort de ce modèle, pourquoi limiter à deux le nombre de partenaires ? (…) Quels seraient donc les arguments probants qui permettraient de restreindre les ouvertures d’un "mariage" désormais détaché de son lien objectif avec la procréation ? Se posent d’ailleurs non seulement la question des partenaires multiples mais aussi celle des relations intrafamiliales ou intergénérationnelles. » 

Un internaute écrivait ceci, dans le groupe Facebook Pour l’Humanité Durable : « Mardi après midi, j'ai assisté au Sénat à un de ces pseudo-débats qui tiennent davantage de la conférence de consensus que de l'échange d'arguments contradictoires (…) autour de la proposition de loi visant à l'ouverture du mariage aux personnes de même sexe et à l'ordonnancement des conditions de la parentalité. (…) Nous avons eu confirmation de la part des trois intervenants, tous dévoués à la cause (la bonne cela va de soi... – celle des personnes homosexuelles…) que le mariage des personnes du même sexe n'était en fait qu'une étape vers un processus de déconstruction organisé du schéma familial "traditionnel" marqué ô scandale du sceau de la culture judéo-chrétienne ainsi que des institutions qui s'y rattachent (…). Suppression des exigences de fidélité entre époux, de communauté de vie, de solidarité ainsi que de l'obligation de passer devant un juge pour divorcer. J'en passe et des meilleures (…). Bref, on se demande bien pourquoi ouvrir le mariage aux couples de même sexe si c'est en définitive pour le vider de sa substance. » 

Voilà pourquoi la proposition du référendum est une folie – une aberration venant de catholiques, pleins de bonne volonté sans doute et dont la bonne foi n’est pas en cause, mais visiblement mal informés. 

Je voudrais ici rappeler ces paroles du Pape Benoît XVI à la Commission théologique internationale : « En raison de l'influence de facteurs d'ordre culturel et idéologique, que la société civile et séculière d'aujourd'hui se trouve dans une situation d'égarement et de confusion : on a perdu l'évidence originelle des fondements de l'être humain et de son action éthique, et la doctrine de la loi morale naturelle s'oppose aux autres conceptions qui en sont la négation directe. Tout cela a des conséquences immenses et graves dans l'ordre civil et social. Chez de nombreux penseurs, semble aujourd'hui dominer une conception positiviste du droit. Selon eux, l'humanité ou la société, ou de fait la majorité des citoyens, devient la source ultime de la loi civile. Le problème qui se pose n'est donc pas la recherche du bien, mais celle du pouvoir, ou plutôt de l'équilibre des pouvoirs. A la racine de cette tendance se trouve le relativisme éthique, dans lequel certains voient même l'une des conditions principales de la démocratie, car le relativisme garantirait la tolérance et le respect réciproque des personnes. Mais s'il en était ainsi, la majorité d'un moment deviendrait la source ultime du droit. L'histoire démontre avec une grande clarté que les majorités peuvent se tromper. La véritable rationalité n'est pas garantie par le consensus d'un grand nombre, mais seulement par la compréhension qu'a la raison humaine de la Raison créatrice et par l'écoute commune de cette Source de notre rationalité. 

« Lorsque les exigences fondamentales de la dignité de la personne humaine, de sa vie, de l'institution familiale, de la justice, de l'organisation sociale, c'est-à-dire les droits fondamentaux de l'homme, sont en jeu, aucune loi faite par les hommes ne peut renverser la règle écrite par le Créateur dans le cœur de l'homme, sans que la société elle-même ne soit dramatiquement frappée dans ce qui constitue sa base incontournable. La loi naturelle devient ainsi la véritable garantie offerte à chacun pour vivre libre et respecté dans sa dignité et à l'abri de toute manipulation idéologique et de toute décision arbitraire ou d'abus du plus fort. Personne ne peut se soustraire à cet appel. Si, en raison d'un obscurcissement tragique de la conscience collective, le scepticisme et le relativisme éthique parvenaient à effacer les principes fondamentaux de la loi morale naturelle, l'ordre démocratique lui-même serait radicalement blessé dans ses fondements. » 

Certains me disent : « Tu as raison Matthieu. Mais chut ! c’est un positionnement stratégique. On fait ça pour obtenir un grand débat national et donner ainsi la possibilité aux Français de rejeter la proposition du gouvernement. Sans le référendum, la loi passera en quelques semaines. On ne peut pas rester inactifs! » 

Mais c’est là un raisonnement digne de Machiavel!  « Je suis contre le référendum, mais je vais le demander quand même POUR obtenir un débat. C'est savamment calculé... » Un chrétien cependant a un devoir de cohérence : s’il considère que la question ne relève pas, dans son essence, de la délibération électorale – ce que lui enseigne son pape et les évêques unis à lui –, alors il ne faut pas demander de référendum – c’est aussi simple. 

Et si on demande quand même un référendum, alors il faut se préparer à en assumer toutes les conséquences, à savoir : le double risque d’un désaveu électoral et de la remise en cause progressive d’autres droits fondamentaux de l’homme. 

Autoriser un référendum sur le mariage homosexuel créerait en effet un dangereux précédent. Si la France s’arrogeait le droit de mettre aux voix, par référendum, un droit fondamental proclamé par l’article 16 de la Déclaration de 1948, alors demain, rien n’empêcherait que certains demandent que l’on mette aussi aux voix l’article 3, puis l’article 6, puis l’article 11… Ce serait l’ensemble de la structure éthique mise en place par les Etats après le traumatisme de la Seconde Guerre Mondiale qui s’exposerait à être progressivement démantelé. Ce serait la porte ouverte au retour à la Barbarie… 

On notera en passant que c’est la même logique qui conduit aujourd’hui certains à demander l’égalité des droits pour les couples homosexuels qui pourrait conduire demain (ce qu’à Dieu ne plaise !) une autre majorité politique à dénier aux homosexuels la qualité d’être humain… Ce serait nécessairement bon, puisque majoritairement admis! Pas sûr que le mariage homosexuel serve, à long terme, la "cause" homosexuelle…  

Je déplore donc le calcul politicien de certains de mes frères et amis catholiques – qui les conduit à solliciter du président de la République un référendum sur une question qui touche à l’essence de l’humanité. 

D’autant qu’il s’agit à mon avis d’un mauvais calcul. On part un peu vite du présupposé qu’un débat de grande envergure ferait pencher les électeurs du bon côté, et que les Français rejetteraient majoritairement le mariage homosexuel. J’aurais plutôt tendance à penser le contraire… Compte tenu du délabrement moral de nombre de nos concitoyens, et des moyens de propagande massive dont la Pensée Dominante dispose, je ne mettrais pas ma main à couper que le bon sens finisse par l’emporter. Il est extrêmement dangereux de jouer avec le feu. 

Que se passerait-il si demain, une majorité de Français votaient POUR le mariage homosexuel, à l’occasion d’un référendum demandé par les catholiques? Que ferait-on alors? Devrait-on cesser d’être catholique? Devrait-on reconnaître quelque légitimité au mariage homosexuel? On ne peut demander l'application des règles de la démocratie, et ne pas jouer le jeu jusqu'au bout si ces règles se retournent contre vous. Si les catholiques persistent, après leur défaite électorale, à combattre le mariage homosexuel, on leur reprochera de ne pas être cohérent avec eux-mêmes (puisque le référendum, c'est eux-mêmes qui l'auront demandés!) ou de ne pas être authentiquement démocrates (ce qui pour le coup, ne serait pas complètement faux…). Le fossé grandirait davantage entre la République et les catholiques, qui auraient perdu le peu de crédibilité qu’il leur reste dans l’esprit de beaucoup de gens...  

Qu’un débat soit nécessaire, cela est absolument évident. Mais il existe bien d’autres moyens de le susciter. Nous sommes à l’ère des communications modernes et des réseaux sociaux. Les chrétiens disposent aujourd’hui d’outils nombreux et puissants pour susciter la réflexion. Certains d’entre eux sont engagés politiquement, et peuvent peser dans les débats – beaucoup d’hommes politiques s’interrogent ; ils sont à l’écoute des arguments évoqués, leur avis n’est pas tranché ; c’est un sujet qui est loin de faire l’unanimité, qui transcende les clivages partisans. 

Et puis… il reste une voie qui a fait ses preuves : la manifestation. Les plus anciens d’entre vous se souviennent de la gigantesque manifestation pour l’école libre qui rassembla en 1984 plus d'un million de personnes dans la rue – et provoqua le retrait de la loi Savary. François Mitterrand avait dit alors : « Quand il y a plus d'un million de gens dans la rue qui ne veulent pas d'un texte, on retire le texte ». La franc-maçonnerie se demande encore comment elle a pu échouer sur une question aussi importante – après avoir réussi à faire passer tous ses autres projets… Cf. la vidéo sur la franc-maçonnerie (46'52 à 48'53). 

Si par malheur, en dépit de tous nos efforts, la loi sur le mariage homosexuel venait à être adoptée par le Parlement, ce ne serait pas la fin du monde : nous ne serions pas complètement démunis. 

Il y aurait tout d’abord de grandes chances qu’elle soit déclarée inconstitutionnelle – parce que contraire à l’article 16 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, dont la Constitution française reconnaît la primauté sur les lois françaises. 

Si tel n’était pas le cas (on ne peut jurer de rien dans ce beau pays...), de nombreux maires ont d’ores et déjà annoncé qu’ils refuseraient de célébrer des mariages homosexuels dans leur municipalité – une résistance civique s’organiserait. L’Eglise elle-même pourrait célébrer des mariages sacramentels sans attendre que les époux passent préalablement à la mairie... 

Enfin et surtout, il y aurait l’espoir qu’une prochaine majorité parlementaire abroge un jour cette loi... 

Si le mariage homosexuel, en revanche, était adopté par la voie du référendum, on ne pourrait plus en sortir – sauf… à renverser la République! 

J’implore donc les chrétiens engagés dans le bon combat à réfléchir aux conséquences de leurs actes. Les bonnes intentions ne suffisent pas – l’enfer en est pavé… Il faut mener une réflexion approfondie sur le droit naturel et le problème que pose à la démocratie, objectivement, le positivisme juridique ; inventer des modes d’actions qui soient compatibles avec ce que l’Eglise demande ; et… ne pas négliger les moyens spirituels de combat qu’elle nous donne : la prière personnelle, le jeûne, la célébration de l’eucharistie, le sacrement de pénitence, l’étude de la Parole de Dieu… 

Si je veux que les hommes politiques se convertissent, je dois commencer par convertir mon propre cœur. Toute âme qui s’élève élève le monde. Et sans le Seigneur, nous ne pouvons rien faire. Or, nous sommes aujourd’hui dans une situation comparable à celle de David contre Goliath. La plus redoutable des armes dont nous disposons, c’est (à l’instar du jeune David) notre foi en Dieu, le Vivant. Cela suffit – pourvu que nous l’ayons aussi grosse qu’une graine de moutarde... 

Remettons donc l’avenir de la France entre les mains de notre Dieu – sûr qu’il nous aime et nous protège, qu’il est avec nous, et qu’il interviendra si nous l'en supplions. N’oublions pas que, comme disait Jeanne d’Arc : « L’homme combat, mais c’est Dieu qui donne la victoire ! »

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 10:08

Document préparé par le P. Matthieu Rougé, directeur du Service pastoral d’Etudes Politiques du diocèse de Paris.

 

Certains affirment que notre législation actuelle du mariage et de l’adoption serait liée à une conception religieuse de la société. On notera qu’en fait, aucun des arguments ici énumérés n’a de connotation religieuse. En revanche, on voit que s’affrontent une vision strictement individualiste et une approche sociale.

 

1. Le mariage : une forme de vie précise mais pas exclusive

 

Le mariage est une forme particulière de vie commune. C’est le nom et l’institution juridique correspondant à l’engagement durable d’un homme et d’une femme qui souhaitent fonder une famille. Mais le mariage n’est pas un modèle universel. Il y a des célibataires, des concubins. Respecter vraiment les personnes homosexuelles, c’est les respecter aussi dans le fait de ne pas se plier au seul modèle du mariage, présenté ou perçu comme universel ou dominant.

 

2. Le mariage n’est pas la reconnaissance publique des sentiments

 

C’est se tromper sur la nature et la définition du mariage que de le considérer comme la reconnaissance sociale de l’amour, à laquelle pourraient aspirer tous ceux qui s’aiment sincèrement. On ne voit pas bien d’ailleurs l’utilité et la légitimité de la reconnaissance par les pouvoirs publics d’une relation amoureuse, la réalité la plus intime qui soit. Le mariage est en fait l’inscription de la filiation dans une institution stable, notamment pour protéger la mère (matri-monium) : il est en effet présumé que l’enfant d’une femme mariée a son mari pour père, avec les droits et les devoirs qui en découlent.

 

3. Le statut économique du mariage est lié à sa fonction sociale

 

Si le mariage est perçu comme un modèle attractif, c’est en particulier en raison des facilités économiques qui y sont liées. Mais celles-ci ne sont justifiées que par le soutien que la société estime devoir apporter à ceux qui contribuent à son renouvellement par la transmission de la vie et le travail éducatif. Il ne s’agit pas d’une « niche » fiscale et sociale, mais d’une prise en compte de l’apport spécifique de ce mode de vie à l’effort collectif. Détachées de cette justification, les contours économiques du mariage n’ont plus de raison d’être. Les célibataires devraient alors avoir exactement les mêmes droits que les « mariés ».

 

4. Le mariage entre personnes de même sexe entraînerait en fait la fin du mariage civil

 

L’orientation sexuelle n’a pas l’objectivité de l’identité sexuelle. L’expérience prouve qu’elle peut changer au cours de la vie et elle n’apparaît pas sur les cartes d’identité. Compte tenu de l’extrême souplesse de fait des obligations juridiques liées au mariage, rien n’empêcherait le cas échéant que deux hommes ou deux femmes totalement hétérosexuels se « marient » pour des raisons fiscales ou en vue d’un « regroupement » professionnel… Le mariage ne serait plus en réalité qu’une association contractuelle d’intérêts privés. On ne serait donc pas passé du PACS au mariage mais on aurait résorbé le mariage, institution sociale, dans le PACS, contrat privé. L’ouverture du mariage aux partenaires de même sexe reviendrait finalement à supprimer le mariage civil.

 

5. Conséquences logiques d’une déstructuration du mariage

 

Pourquoi le mariage unit-il deux personnes ? Parce qu’il s’agit d’un homme et d’une femme, en vue notamment de la procréation. Si l’on sort de ce modèle, pourquoi limiter à deux le nombre de partenaires ? C’est ainsi qu’un mariage à trois a été célébré au Danemark récemment. Dans le contexte français, la polygamie est devenue une question sociale sensible. Elle fait partie de l’expérience culturelle de certaines populations immigrées. Mais elle est aussi paradoxalement, certes sous une forme non juridique, le mode de vie assumé d’une frange de la population qui revendique ce droit aux partenaires multiples et simultanés. Le cas échéant, quels seraient donc les arguments probants qui permettraient de restreindre les ouvertures d’un « mariage » désormais détaché de son lien objectif avec la procréation ? Se posent d’ailleurs non seulement la question des partenaires multiples mais aussi celle des relations intrafamiliales ou intergénérationnelles.

 

6. Le mariage entre personnes de même sexe aggraverait le communautarisme

 

Le tout nouveau « code de la laïcité et de la liberté religieuse » justifie l’obligation de ne marier religieusement que ceux qui se sont mariés civilement par un souci d’« intégration dans l’espace public ». Si le mariage civil devenait totalement équivoque par rapport à ce que l’ensemble des religions entendent par mariage, cette lourde obligation du code pénal leur deviendrait inacceptable et elles demanderaient vraisemblablement sa suppression. Dans le contexte sensible de la montée des communautarismes en France, il y aurait là un facteur de désintégration sociale.

 

7. Privilégier les droits « de » l’enfant plutôt que le droit « à » l’enfant

 

L’adoption consiste fondamentalement à donner des parents à des enfants qui en sont dépourvus et non l’inverse. Ce qui est premier dans ce processus n’est donc pas le désir des parents mais le besoin des enfants. Faire en sorte que leurs parents adoptifs remplacent au plus près leurs parents biologiques est donc une priorité.

 

8. L’adoption par les célibataires : un faux argument

 

La possibilité de l’adoption par des célibataires remonte aux lendemains de la guerre et s’explique au départ par un déficit de partenaires masculins pour les femmes et par une recrudescence du nombre des orphelins. On dira aujourd’hui que permettre l’adoption par le partenaire de même sexe d’un parent adoptif, c’est « sortir de l’hypocrisie ». En réalité, même si un parent adoptif a un partenaire de même sexe, le désigner comme un deuxième père ou une deuxième mère ne correspond pas à la réalité et constitue donc un mensonge. Il peut être légitime et opératoire en revanche d’établir un dispositif circonscrit de « délégation de l’autorité parentale pour les actes de la vie courante ».

 

9. Le mariage entre personnes de même sexe fragiliserait l’adoption internationale

 

On dira souvent qu’il vaut mieux qu’un enfant soit adopté par des partenaires de même sexe plutôt que de ne pas être adopté de tout. Chacun sait qu’en réalité cette question ne se pose pas puisque le nombre d’enfants adoptables est moins important que les demandes de parents adoptifs. En revanche, comme l’évoque un film récent, un certain nombre de pays refusent que leurs ressortissants soient adoptés par des parents provenant de pays où l’adoption par des partenaires de même sexe est autorisée. S’il y avait une légalisation en France, un grand nombre de pays interrompraient l’adoption internationale vers notre pays, ce qui diminuerait considérablement les possibilités d’adoption pour les familles françaises.

 

10. Le recours à la GPA largement identifié comme une atteinte à la dignité des femmes

 

L’aide médicale à la procréation peut sembler changer les règles de la parenté. Mais qu’on le veuille ou non, tout enfant, même s’il est né grâce à une insémination artificielle ou une fécondation in vitro, n’a pas deux pères ou deux mères : il a un père et une mère biologiques. Certains hommes vivant avec un partenaire de même sexe souhaiteraient, pour adopter des enfants, recourir à la gestation pour autrui. Celle-ci est actuellement rejetée et par la majorité (position du Gouvernement pendant la révision de la loi de bioéthique) et par l’opposition (vote du Conseil National du PS en décembre 2010) comme gravement attentatoire à la dignité des femmes. La coïncidence des revendications appelle en retour une cohérence du discernement.

 

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 10:51

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 19:00

Mgr Jean-Pierre CattenozA deux jours du premier tour de l'élection présidentielle, un important message de Mgr Jean-Pierre Cattenoz, archevêque d'Avignon.

 

En cette période de crise, et à la veille des élections présidentielles et législatives, je me réjouis des germes d’espérance présents dans les nombreuses propositions énoncées par les programmes des divers candidats. Mais, en même temps, je suis consterné par des déclarations qui portent en elles les germes d’une culture de mort pour notre société.

 

Certes, comme archevêque d’Avignon, je n’ai pas à prendre position pour l’un ou l’autre des candidats. De même, en intervenant, je n’entends nullement porter atteinte à la liberté politique des catholiques du Vaucluse. Je voudrais seulement les alerter, et alerter tous les hommes de bonne volonté, sur plusieurs points de la campagne électorale qui portent sur des "principes non négociables" pour l'avenir de notre société (Cf. Benoit XVI, discours aux participants au Congrès du Parti populaire européen, 30 mars 2006).

 

Nous vivons une crise économique grave et nous ne pouvons pas ne pas entendre le cri de tous ceux qui en sont les victimes : les chômeurs, les habitants des banlieues, les retraités et tous ceux dont le pouvoir d’achat stagne ou recule. Personne n’est capable de prédire ce que nous vivrons à l’échéance d’un an ou même de quelques mois : connaîtrons-nous la situation dramatique de la Grèce ou verrons-nous s’éloigner le spectre d’un nouveau crack boursier avec l’effondrement d’un système économique devenu fou ?

 

En même temps, comment fermer les yeux sur l’égoïsme qui est le nôtre dans nos pays du Nord ? Nous vivons au-dessus de nos moyens et refusons de voir que cet égoïsme entraîne la dégradation de la situation des populations du Sud. Une famine endémique continue à régner sur toute une partie du continent africain. L’augmentation du prix de la farine de blé et du riz a entraîné de nombreuses révoltes dans les capitales du Tiers-Monde ces dernières années et la misère continue de faire son œuvre de mort dans de nombreux pays en nous laissant trop souvent indifférents.

 

Certes, notre monde traverse une crise économique grave dont nul n’entrevoit la fin, mais nous traversons une autre crise, plus grave encore : nous voyons triompher un relativisme absolu qui mine notre société de l’intérieur. Chacun peut penser ce qu’il veut, vivre ce qu’il veut, du moment que cela lui semble bon : il est libre de ses choix, il est LIBRE ! La tolérance est devenue le leitmotiv des lobbys qui sont les maîtres de notre société. Mais – pour reprendre le titre d’une pièce de Jan Fabre jouée au festival d’Avignon – « l’orgie de la tolérance » dans l’ordre de l’argent, de la consommation, du sexe et de la violence, aboutit à la décomposition de notre « vivre ensemble ».

 

Il y a des « principes non négociables » sans lesquels toute société court à sa ruine et l’Histoire montre combien les fins de civilisations se répètent avec leurs lots de dépravations, de barbarie et de décomposition de l’homme dans sa dignité d’homme.

 

1- Le premier de ces "principes non négociables" est celui du respect de toute vie humaine, et spécialement celle des plus fragiles d'entre nous.

 

« L’homme est homme de l’utérus au sépulcre », selon les termes de Léon Bloy, et il ne nous appartient pas de porter atteinte à une vie humaine commencée ou à une vie humaine qui touche à son terme ici-bas.

 

N’ayons pas peur de rappeler la vision prophétique du pape Jean-Paul II s’appuyant sur les affirmations du Concile Vatican II. Parmi tous les crimes que l’homme peut accomplir contre la vie, l’avortement provoqué présente des caractéristiques qui le rendent particulièrement grave et condamnable. Le Concile Vatican II le définit comme « un crime abominable en même temps que l’infanticide » (Gaudium et spes, n°51). Aujourd’hui, la perception de sa gravité s’est progressivement obscurcie. L’acceptation de l’avortement dans les mentalités, dans les mœurs et dans la loi elle-même est un signe éloquent d’une crise très dangereuse du sens de la vie. L’homme est devenu incapable de distinguer entre le bien et le mal, même lorsque le droit fondamental à la vie est en jeu. Nous devons avoir le courage de regarder la vérité en face et appeler les choses par leur nom. « Malheur à ceux qui appellent le mal bien et le bien mal, qui font des ténèbres la lumière et de la lumière les ténèbres ! » (Is 5, 20). La réalité demeure incontournable : « l’avortement provoqué est le meurtre délibéré et direct, quelque soit la façon dont il est effectué, d’un être humain dans la phase initiale de son existence, située entre la conception et la naissance » (Jean-Paul II, L’Évangile de la vie, n°58). 


Au moment de la mise en place d’une législation en faveur de l’avortement, nous avions assisté au développement d’une terminologie ambiguë qui tendait à en cacher la véritable nature et à en atténuer la gravité dans l’opinion publique. L’avortement est ainsi devenu une interruption volontaire de grossesse. Aujourd’hui, certaines déclarations des candidats opèrent la même dérive linguistique à propos de l’euthanasie, on emploie pudiquement l’expression « assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité », peut-être pour en cacher la véritable nature, et afin d’en faire un droit à inscrire dans la loi. Mais la vérité est là dans toute sa brutalité : les familles, aidées par le corps médical, pourront mettre un terme à la vie d’un de leurs proches âgés, vie devenue intolérable et insupportable pour eux. Les vieillards eux-mêmes pourront demander à se suicider dans la dignité. Nous touchons alors à une barbarie semblable à celles des régimes les plus odieux du siècle dernier. Le droit à l’euthanasie n’est en fait qu’une conséquence ultime, dans le temps, du droit à l’avortement. Ce prétendu droit ouvrirait également la porte au droit à faire mourir dans la dignité les enfants nés qui ne mériteraient pas de vivre aux yeux d’une société, dont les critères fondamentaux seraient l’eugénisme et les facteurs économiques. Bref, le droit à la vie est un principe non négociable, et porter atteinte à ce droit est le signe d’une civilisation en décomposition.

 

Nous avons en France une législation très précise concernant les soins palliatifs et le droit à refuser l’acharnement thérapeutique. Nous devons continuer à développer les équipes de soins palliatifs, sachant qu’aux dires mêmes des médecins, les demandes des patients d’en finir avec la vie deviennent extrêmement rares dans un environnement où les besoins physiques, psychologiques et spirituels sont pris en compte. De plus, demander à des médecins de participer activement à la mise à mort de patients provoquerait une remise en cause radicale de la finalité même de la médecine. Les soins palliatifs permettent à l’équipe soignante et au patient de marcher ensemble jusqu’à l’ultime exercice d’une liberté vitale et responsable, tandis que l’euthanasie laisse le malade seul avec l’illusion d’être libre de choisir la mort. Comment peut-on parler de compassion à propos de l’euthanasie, alors même que la compassion s’exprime pleinement au sein des équipes de soins palliatifs, qui ont pour mission d’aider les patients à vivre le mieux possible jusqu’à la mort ? Ces soins sont donnés quand la mort est inéluctable et dans le but de la rendre le moins pénible possible. Ils s’arrêtent avec la mort du patient. Les arrêter en provoquant la mort sciemment revient à nier les soins palliatifs. Comment parler de compassion en vue de soulager « non la famille mais la personne », alors que la même déclaration affirme que la famille et les médecins seraient consultés ? Comment être sûr qu’à aucun moment le désir de soulagement de la famille ou des médecins ne prendra le pas sur le bien du patient et sur le désir de vivre qui habite le cœur de tout homme ?

 

La manipulation des embryons et leur utilisation à des fins de recherche, proposées par certains candidats dans leur programme, fait également peser une lourde menace sur notre société. L’embryon est un être vivant qui possède un patrimoine génétique humain. Il est une personne humaine qu’il faut protéger car elle est membre à part entière de l’espèce humaine et mérite notre respect, à plus forte raison si l’embryon est malade. 

 

Les progrès de la science et de la technique peuvent se transformer en menace si l’homme perd le sens de ses limites. S’agissant de la recherche sur les cellules souches, il est aujourd’hui reconnu que les cellules du cordon ombilical possèdent les mêmes caractéristiques que celles de l’embryon. Elles peuvent être utilisées pour la recherche sans porter atteinte à l’embryon qui, lui, est et demeure une personne humaine en devenir. La chosification de l’embryon nous conduira tôt ou tard à l’eugénisme.

 

En effet, le dépistage prénatal a changé de nature, il n’est plus destiné à traiter mais bien souvent à supprimer. Un tel dépistage renvoie à une perspective terrifiante, celle de l’éradication. Ainsi, certaines recherches biotechnologiques toujours plus pointues visent à instaurer des méthodes d’eugénisme toujours plus subtiles, dans leur recherche de l’enfant parfait, fruit d’une sélection totalement contrôlée par des diagnostics cherchant à en assurer la sélection. Par leur maladie, leur handicap, ou plus simplement par leur présence même, ceux qui auraient le plus besoin d’amour, d’accueil, de soins, sont jugés inutiles et considérés comme un poids insupportable dont il faut se débarrasser. Nous voyons ainsi se déchaîner une véritable conspiration contre la vie.

 

2- Le second de ces "principes non négociables" touche à l'éducation et particulièrement à l'éducation sexuelle et affective des jeunes, et à la responsabilité première des parents en cette matière.

 

Or, parmi les déclarations des candidats, figure le projet de mise en place, dès le lendemain de l’élection présidentielle, d’un « forfait mineur contraception » garantissant l’anonymat et la qualité de la prise en charge pour une sécurité parfaite. Ce forfait repose sur un constat contestable : « Nous avons des jeunes filles mineures qui ne peuvent accéder à la contraception pour des raisons qui tiennent à la géographie, à des situations familiales, à des préventions psychologiques ». Il devrait être accompagné, au niveau des collèges et lycées, de séances d’éducation sexuelle, d’information des jeunes par rapport à ce qu’est la vie sexuelle et surtout la contraception. Enfin arrive la justification morale : « Nous devons faire en sorte que la liberté soit donnée avec la responsabilité : nous mettrons tous les moyens dans les établissements scolaires pour permettre aux jeunes d’avoir la sexualité qu’ils désirent sans les conséquences qu’ils ne désirent pas ».

 

Cet engagement, que bien d’autres candidats défendent plus ou moins dans les mêmes termes, est irrecevable pour trois raisons essentielles : tout d’abord la liberté d’un jeune est en devenir, il convient d’abord d’éduquer la liberté ; de plus, les parents ont leur mot à dire concernant l’éducation de leur enfant et il n’appartient pas à un candidat de décider à leur place de ce qui convient le mieux à leur enfant ; enfin, la sexualité ne saurait être séparée de la personne dont elle est une des composantes. 

 

La pulsion sexuelle est une réalité bonne en soi mais inséparable de la personne dont elle est une des dimensions vitales.

 

L’éducation vise, non pas à isoler une des dimensions de la personne comme une fin en soi, mais au contraire à intégrer l’ensemble des richesses de la personne pour lui permettre de découvrir et de déployer l’ensemble de ses virtualités. Ainsi, la sexualité doit-elle progressivement trouver sa dimension adulte, et pour cela une authentique éducation est-elle indispensable. L’homme n’est pas une bête qui pourrait assouvir ses passions sans les conséquences qu’il ne désirerait pas. Il est une personne humaine dont la sexualité est une dimension de son être personnel, elle lui permettra de découvrir sa vocation à s’unir à une personne de l’autre sexe et à vivre une unité dans la dualité. Chacun apporte à l’autre sa richesse propre et s’enrichit de celle de l’autre. Une complémentarité des sexes est inscrite dans le cœur de l’homme, comme une richesse qui lui ouvre le chemin d’une vie de couple et de famille.

 

Pousser les jeunes à vivre une sexualité débridée risque tout au contraire de les empêcher de découvrir et de mettre en place toute la richesse de leur être personnel, mais aussi de les empêcher d’apprendre que l’autre ne se limite pas à sa sexualité, mais est une personne dont je dois découvrir toute sa beauté et sa grandeur.


Par ailleurs, l’État n’a pas à se substituer à la responsabilité des parents en matière d’éducation sexuelle et affective. Il n’a pas à décider à la place des parents de ce qui est bien ou mal pour leurs enfants. L’école n’a pas pour mission de remplacer les parents dans leur rôle d’éducateur. Les parents chrétiens sont en droit, et ils ont même le devoir, de récuser de telles propositions. Elles risqueraient de conduire leurs enfants à ne plus percevoir l’importance en ce domaine d’une éducation qui prenne en compte l’ensemble des dimensions de la personne humaine dans son être sexué.

 

Enfin, il y a là un contresens sur la nature même de la liberté. Celle-ci ne consiste pas à se laisser aller à toutes les pulsions ou à tous les désirs qui peuvent m’habiter en pensant : « Je suis libre de faire ce que je veux ! » Au contraire la liberté authentique consiste à apprendre à maîtriser toutes ses pulsions et ses désirs pour prendre en main sa vie, en fonction du but que je me donne, après avoir mis en place toutes les richesses de ma personne. Les orientations proposées, et que prétend imposer ce candidat s’il était élu, ou d’autres, s’inscrivent en réalité dans le relativisme ambiant qui prétend devoir respecter la simple liberté de choix, en formulant des lois qui font fi des bases naturelles de l’anthropologie et de la richesse de la personne humaine. Comme si toutes les conceptions de la vie avaient une égale valeur. En s’appuyant de façon trompeuse sur la valeur de la tolérance, le candidat en question se montre indulgent envers certaines orientations culturelles ou morales et impose à une partie non négligeable des citoyens – et notamment aux catholiques – de renoncer à la conception de la personne et du bien commun qu’ils pensent humainement vraie et juste. L’Histoire du siècle dernier suffit à démontrer que les citoyens qui ont eu raison sont ceux qui ont jugé fausse la thèse relativiste selon laquelle il n’existe aucune norme morale supérieure enracinée dans la nature de l’homme.

 

La liberté politique n’est pas fondée et ne saurait l’être sur les bases d’un relativisme absolu selon lequel toutes les conceptions du bien de l’homme se valent, mais sur le fait que les activités politiques visent à la réalisation concrète du vrai bien humain et social dans un contexte historique et culturel déterminé.

 

3. Un troisième "principe non négociable" touche à la réalité humaine du couple et de la famille. Mais avant de l'aborder, je voudrais rappeler que je ne porte aucun jugement sur les personnes, car Dieu seul connaît le coeur de l'homme. Je veux seulement réfléchir sur le vrai bien de l’homme et de la société concernant la famille et le mariage.


Au nom de l’Évangile, je veux défendre la vie, l’évangile de la vie. Or je constate combien, en fragilisant la famille, les déclarations de plusieurs candidats portent atteinte au patrimoine de l’humanité. La famille est le sanctuaire de la vie, une réalité décisive et irremplaçable pour le bien commun des peuples. Elle est la cellule vitale et le pilier de toute vie en société. L’avenir de l’humanité passe par la famille. Elle est le centre névralgique de toute société, une école d’humanisation de l’homme où il peut grandir et devenir pleinement homme. La famille est le lieu privilégié et irremplaçable où l’homme apprend à recevoir et à donner l’amour qui seul donne sens à la vie. Elle est le lieu naturel de la conception, de la naissance, de la croissance et de l’éducation des enfants. Elle est le milieu naturel où l’homme peut naître dans la dignité, grandir et se développer de manière intégrale.

 

L’institution du mariage, fondement de la famille, échappe à la fantaisie de l’homme ; le mariage plonge ses racines dans la réalité la plus profonde de l’homme et de la femme, il est l’union de l’homme et de la femme. Impossible de contester cette norme sans que la société n’en soit dramatiquement blessée dans son fondement. L’oublier signifierait fragiliser la famille, pénaliser les enfants et précariser l’avenir de la société.

 

Or, bien des programmes électoraux, loin de protéger et de promouvoir la famille fondée sur le mariage monogame entre l’homme et la femme, ouvrent la porte au mariage entre personnes du même sexe et à l’adoption d’enfants par des couples homosexuels. Aucune autre forme de vie commune que l’union d’un homme et d’une femme ne peut lui être juridiquement assimilable ni ne peut recevoir, en tant que telle, une reconnaissance légale. Toute tentative de relativiser la famille fondée sur le mariage d’un homme et d’une femme est dangereuse pour notre société. De même, les tentatives de relativiser le mariage, en lui donnant le même statut que d’autres formes d’unions radicalement différentes, sont tout aussi dangereuses. Tout cela offense la famille et contribue à la déstabiliser en voilant sa spécificité et son rôle social unique.

 

Aucune idéologie ne saurait effacer de nos esprits cette certitude : le mariage n’existe qu’entre deux personnes de sexe différent qui, par le moyen du don d’eux-mêmes réciproque et exclusif, tendent à la communion. Le mariage n’est pas une union quelconque entre personnes humaines.

 

Il faut distinguer l’homosexualité comme fait privé et l’homosexualité comme relation sociale prévue et approuvée par la loi. La légalisation du mariage homosexuel finira par entraîner un changement de l’organisation sociale toute entière qui deviendra contraire au bien commun. Les lois civiles sont des principes structurants de l’homme au sein de la société pour le bien et pour le mal. Elles jouent un grand rôle dans la formation des mentalités et des habitudes.

 

Le nombre de séparations et de divorces s’accroît, rompant l’unité familiale et créant de nombreux problèmes aux enfants, victimes innocentes de ces situations. La fragilité des foyers monoparentaux devient très inquiétante. La stabilité de la famille est aujourd’hui menacée ; pour la sauvegarder, il ne faut pas avoir peur d’aller à contre-courant de la culture ambiante. Les diverses formes de dissolution du mariage, comme les unions libres ou les mariages à l’essai jusqu’au pseudo-mariage entre personnes de même sexe, sont l’expression d’une liberté anarchique qui se fait passer à tort pour une libéralisation de l’homme. Au contraire, reconnaître et soutenir l’institution du mariage est un des services les plus importants à apporter aujourd’hui au bien commun et au véritable développement des hommes et des sociétés, de même que la plus grande garantie pour assurer la dignité, l’égalité et la véritable liberté de la personne humaine.

 

Malheureusement, bien des projets contenus dans les programmes électoraux sur le mariage, le divorce, l’adoption, tiennent certes compte des désirs des adultes, mais oublient l’intérêt des enfants. Le droit à l’enfant semble prendre le pas sur le droit de l’enfant. 

 

Comme le montre unanimement l’expérience, l’absence d’une maman ou d’un papa au sein d’une famille entraîne bien des obstacles dans la croissance des enfants. Comment des enfants, insérés dans des unions homosexuelles où manquent la bipolarité sexuelle et l’expérience de la paternité et de la maternité, pourront-ils grandir et mûrir humainement sans porter les séquelles de cette absence ? Comment assurer l’équilibre de la structure psychologique sexuelle de l’enfant dans un couple où il n’y a qu’un sexe ?

 

La crise des banlieues a mis en lumière que la majorité des jeunes en difficultés sont issus de familles humainement et socialement fragilisées. L’affaiblissement de la cellule familiale est une des causes majeures des difficultés des jeunes. La crise de la famille est une cause directe du mal être des jeunes.

 

Les enfants et les jeunes ont des aptitudes formidables, mais ils ont besoin pour les épanouir de grandir dans un foyer où les parents pourront apporter leur complémentarité indispensable à toute croissance des enfants. Ainsi, entourés d’attention, de confiance, d’amour et de fermeté de la part de leurs parents, les enfants pourront découvrir les valeurs de la vie, de l’amour, du mariage et de la famille.

 

Nous devons proposer aux jeunes un chemin de vie qui débouche sur un authentique épanouissement humain.

 

4- Enfin, un dernier "principe non négociable" : la crise que nous traversons n'est pas d'abord économique, mais elle touche le coeur même de l'homme et de la société.

 

L’économie est au service de l’homme et non l’inverse. Le droit au travail, le droit à sa juste rémunération, l’accès aux soins, l’accès à la culture relèvent de la justice, mais ils ne trouveront leur juste place dans la société sans une prise de conscience des conséquences de l’individualisme et de l’égoïsme dans le cœur de l’homme. Les racines de notre société sont chrétiennes : toute vie en société est impossible si elle n’est pas fondée sur l’amour. Aujourd’hui encore, cette dimension essentielle de la vie de l’homme demeure indispensable pour construire notre monde.


Depuis trente ans, le droit consacre l’individualisme des droits. Le droit qui dicte et façonne les normes sociales, privilégie l’individu et la vie privée, il voudrait que les choix affectifs de chacun n’aient aucune conséquence sur les enfants et sur la vie civique, économique et sociale. Dans notre culture, la liberté de l’individu est exacerbée, comme si l’individu, sujet autonome, se suffisait à lui-même.

 

Beaucoup voudraient organiser la vie sociale seulement à partir des désirs subjectifs et changeants des personnes, sans référence à une vérité objective, en particulier la dignité de tout être humain au service de laquelle les responsables de notre société doivent se mettre. Ainsi naissent et prospèrent au gré des gouvernements, des politiques à caractère social destinées à pallier les effets de cet individualisme qui gangrène la société. Cette conception individualiste de la société soumet notre pays aux dérives d’une opinion aux repères brouillés et aux groupes de pression qui pèsent de tout leur poids en cette période électorale.

 

Au nom de l’Évangile, je veux défendre la vie, l’évangile de la vie. Je ne peux fermer les yeux devant tant d’hommes et de femmes aujourd’hui en France qui se sentent blessés, exclus, mis sur le bord de la route pour de multiples raisons personnelles, économiques, sociales, politiques ou même religieuses.

 

Certes, il appartient aux politiques de gouverner, mais je ne peux m’empêcher de rappeler que l’économie se doit d’être au service de l’homme et du bien commun dans le respect de la justice sociale et de la solidarité humaine. La mondialisation des échanges commerciaux et la globalisation de l’économie semblent fonder une conception intégralement libérale de l’économie et de ses mécanismes. L’économie prime sur tout, l’individualisme et le libéralisme à tout crin dominent au détriment du respect de l’homme et de la solidarité.

 

Il y a dans notre pays une pauvreté de plus en plus grande : elle ne fait pas forcément beaucoup de bruit car les pauvres sont bien souvent sans voix - y compris électorale. Il y a bien sûr ceux qui se voient, les SDF, ceux qui fréquentent le Secours Catholique ou les autres institutions d'aide, voire ceux qui manifestent… Mais il y a toute une pauvreté cachée et muette : les femmes seules avec des enfants, les personnes âgées oubliées de tous, les gens sans logement qui dorment dans leur voiture, mais aussi les étudiants sans argent, les immigrés clandestins, les victimes du surendettement provoqué par les offres d'achat sans limites de nos grandes surfaces, tous ceux qui ne comptent pas aux yeux de notre monde : tous ceux qui sont handicapés d'une manière ou d'une autre par rapport à notre société d'efficacité qui n'aime pas les icones de l'échec. Voilà les pauvres selon l'Evangile, ceux qui sont les privilégiés du Seigneur parce que le Royaume des Cieux leur est grand ouvert. Quel poids ont-ils face à tous nos puissants en tous genres ?

 

Qui est prêt à opter pour un réel partage des richesses qui, on le sait, suffirait à remettre à flot une grande quantité de gens ? Qui est prêt à proposer à tous dans son programme une réelle baisse de notre niveau de vie personnel pour que le plus grand nombre puisse vivre décemment ? Voilà une vraie question.

 

Comment vivre une authentique fraternité humaine dans notre pays ? Comment respecter les plus pauvres ? Comment répondre au droit au logement ? Comment favoriser des logements qui n’accentuent pas la déstructuration de la cellule familiale ? Comment prendre en compte l’émigration comme un fait désormais structurel de notre société ? Comment accueillir de manière juste tout en étant généreux ? Comment lutter contre tous ceux qui exploitent les immigrés clandestins : les marchands de sommeil, les employeurs véreux ? Comment réfléchir à la question de l’emploi, du travail et de sa juste rémunération ? Comment prendre en compte les menaces écologiques ?

 

Autant de questions pour lesquelles nous attendons des réponses qui ne soient pas des promesses électorales trop souvent sans lendemain, mais des engagements clairement exprimés.

 

Où sont les priorités ? Sont-elles du côté de groupes de pression susceptibles d’apporter des voix le temps d’une élection, ou sont-elles vraiment au service de notre pays ?

 

A la veille de l'élection présidentielle et à la lumière de tout ce que j'entends, je ne peux qu'inviter les chrétiens et tous les hommes de bonne volonté à passer au crible de l'Evangile et de l'Evangile de la vie les propositions et le programmes avant de se déterminer dans leur choix.

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 22:27

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 12:58

C’est en effet la date qui circule en ces jours.

Nous savons tous que la fin du monde aura lieu un jour.

Cela nous a été révélé dans la Bible.

Cela aussi est une réalité scientifique (nous savons par exemple que le soleil s’éteindra un jour, ou que nous sommes toujours à la merci d’un astéroïde tombant du ciel).

Et même si nous ne connaîtrons pas de notre vivant la fin du monde, nous savons qu’un jour nous mourrons ; qu’il y aura un jour où ce sera la fin du monde… pour nous.

Nous sommes donc tous concernés par la fin du monde, parce que tous, un jour, nous la vivrons.

« Quant au jour et à l’heure, nous dit Jésus, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père » (Mc 13. 32).

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 18:49

Homélie prononcée par le Cardinal André Vingt-Trois, lors de la Veillée de prière du 8 décembre dernier en la cathédrale Notre-Dame de Paris. 

Frères et Sœurs, 

Nous n’avons pas honte de la croix du Christ. 

Cette croix est notre fierté. 

Nous n’avons pas honte de Jésus de Nazareth cloué sur le bois. 

L’offrande qu’il fait de sa vie est notre Salut. 

Nous savons qu’aux yeux du monde il a été vaincu et assimilé aux bandits et aux fauteurs de troubles. Nous savons qu’il a été exposé aux moqueries et à la vindicte des hommes. Et pourtant, « défiguré par la souffrance » (Is 53, 10), déchiré par les tortures, couronné d’épines, « n’ayant plus apparence humaine » (Is 52, 14), il est celui qui apporte à l’humanité la vie et le Salut. Selon l’inscription décidée par Pilate, il est le « roi des Juifs » (Jn 19, 19). Et, comme roi des juifs accomplissant la promesse faites à David, il est promis pour régner sur l’humanité (2 Sa 7, 1 et Lc 1, 33). 

Nous vivons dans un univers où la force l’emporte souvent sur le droit, l’argent sur l’honnêteté, la dissolution des mœurs sur la fidélité et le mépris des autres sur le service de nos frères. Dans ce monde, prendre le corps supplicié d’un crucifié comme emblème de la victoire et du Salut est une folie. Qui pourra jamais croire qu’il a vaincu la mort ? Qui pourra croire qu’il a tué la haine ? Qui pourra croire qu’il a abattu le mur qui empêchait les païens d’accéder au Sanctuaire ? 

Nous le savons, sa Résurrection est le cœur de notre foi. 

Nous croyons qu’il est ressuscité parce que nous faisons confiance à la parole des témoins qui l’ont vu vivant, qui ont touché ses mains et son côté, qui ont mangé avec lui après sa résurrection. En le voyant, ils pensaient voir un esprit, mais Jésus leur avait dit : « Touchez-moi, un esprit n’a ni chair ni os, et vous voyez que j’en ai » (Lc 24, 39). Le Christ est ressuscité dans sa chair. 

Si nous croyons au témoignage des disciples, ce n’est pas simplement parce que c’étaient d’honnêtes gens. Nous les croyons parce que la rencontre du Ressuscité et l’accueil de son Esprit Saint ont transformé leur vie : ils sont vraiment devenus disciples de Jésus, non seulement en le suivant, mais en portant dans leur chair « ce qui manquait encore aux souffrances du Christ » (Col 1, 24). Nous pouvons nous appuyer sur leur témoignage parce qu’ils ont eu la force de témoigner du Christ Ressuscité jusqu’au don de leur vie, parce que dans les combats et les évènements de ce monde, ils ont été témoins de l’amour et ont mis en pratique ce qu’ils avaient vu Jésus faire : ils ont pardonné ceux qui les frappaient ; ils ont prié pour leurs persécuteurs ; ils ont accepté de comparaître devant leurs juges ; ils ont subi les humiliations que Jésus lui-même avait subies. Ces pauvres hommes et ces pauvres femmes venus de Galilée, de Judée ou de Samarie, ont parcouru le bassin méditerranéen et ont répandu, comme une poudre, le feu de l’amour. 

Pour nous, essayer de vivre en disciples du Christ, c’est accepter d’aimer, d’aimer toujours et dans toutes circonstances. 

C’est accepter de prendre sur nous une part de la croix de Jésus, tels d’indignes et lointains descendants de Simon de Cyrène. 

C’est accepter de prendre sur nous une part des crachats qui maculaient la face du Seigneur, en descendants indignes de Véronique. 

C’est aussi accepter de recueillir les gouttes de sang qui sourdaient de son cœur, avec l’eau qui allait devenir la fontaine de la vie, en descendants indignes de Marie et du « disciple qu’il aimait ». 

« Il a versé telle goutte de sang pour toi » . 

Être disciple du Christ c’est nous tenir au pied de la croix. C’est vivre dans les sentiments qui étaient ceux de Jésus lui-même [sur la Croix]. 

« Lui qui était de condition divine, il n’a pas retenu jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, mais il a pris la condition humaine et il s’est fait obéissant jusqu’à la mort et la mort de la croix » (Ph 2, 6-8). 

Depuis le Vendredi Saint, aucun homme, aucune femme, aucune parole, aucune injure, aucune dérision, aucune critique, aucun mépris, aucune ignorance, ne pourront plus jamais atteindre le corps de Jésus offert en sacrifice. 

Depuis ce jour, quantité d’hommes et de femmes à travers l’espace et le temps ont essayé de se détourner de lui. Ils ont suivi des chemins étranges, parfois tourmentés, douloureux ou désespérés, et finalement, ils sont revenus. 

Depuis ce jour, quantité d’hommes et de femmes ont combattu la personne de Jésus avec la violence d’un amour insatisfait et d’un désir égaré, parce qu’ils voient en Lui l’emblème de l’amour que Dieu porte aux hommes et que nous ne pouvons pas accepter si nous ne sommes pas prêts nous-mêmes à aimer. 

L’injure ne blesse pas seulement le Christ. Elle dévoile le cœur de celui qui l’injurie. 

L’offense n’offense pas seulement le Christ. Elle manifeste le désespoir de celui qui n’a pas pu accueillir la parole d’amour. 

La haine n’est pas seulement un péché. C’est la face sombre de l’amour que nous ne savons pas vivre. 

Ainsi, frères et sœurs, ce soir, nous ne sommes pas venus pour faire une manifestation ni pour protester contre tel ou tel. Nous sommes venus le cœur débordant d’amour pour nous unir à la personne du Christ. Nous sommes venus avec toute notre affection pour poser mentalement nos mains sur ses pieds. Nous sommes venus pour vénérer les signes de la Passion qu’il a subie par amour. Nous sommes venus pour entrer dans la parole qu’il adresse au bon larron, « Ce soir tu seras avec moi dans le paradis » (Lc 23, 43). 

Amen. 

+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris.

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