Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
28 mai 2006 7 28 /05 /mai /2006 13:46

[Le présent article fait suite au passionnant débat engagé sur ce Blog au sujet de la délicate question de la virginité perpétuelle de Marie, et constitue une réponse au Commentaire n° 14 du Pasteur Eric Georges].


Cher Pasteur,

 

Tout d’abord, un grand merci pour l’attention que vous voulez bien portez à ce Blog, et pour vos différentes réactions, toujours intelligentes et argumentées. C’est un réel honneur que de vous compter parmi mes lecteurs, je le dis sans forfanterie aucune, mais avec grande sincérité de cœur, soyez-en bien assuré.

 

En vous lisant, je prends la mesure de ce qui nous divise. En même temps, je me rappelle que ce qui nous uni est plus important que ce qui nous sépare, et il me revient en mémoire cette parole de l’abbé Couturier, grand artisan de l'unité des chétiens : « Les murs qui nous séparent ne montent pas jusqu’au Ciel »

 

Je garde aussi dans mon coeur la parole d’une fidèle de ma paroisse, qui nous a quitté récemment, qui était protestante et se plaisait à dire : « Je ne cherche pas à vous convertir au protestantisme, comme vous ne cherchez pas à me convertir au catholicisme, mais nous nous retrouvons en Christ ».

 

Ce préalable, cher Pasteur, pour inscrire notre dialogue et ma réponse à votre dernier commentaire dans un climat d’amitié fraternelle et d’union spirituelle au Christ que je n’ai nulle intention de rompre, même si je m’autoriserai, pour vous répondre, une certaine liberté de parole, au risque peut-être de vous heurter par moment, ce que je regrette sincèrement par avance. Sachez en tous les cas, cher Pasteur, que tel n’est pas mon propos.

 

Cela étant dit, votre dernier commentaire sur la virginité perpétuelle de Marie me suggère les éléments de réflexion suivants :

 

1°) Vous dites : « les évangiles parlent des frères et sœurs de Jésus ». Cela est parfaitement exact. Comme il est exact aussi de rappeler, cher Pasteur, que les Evangélistes aiment à employer le mot « frère »… dans un sens très large !

 

C’est ainsi que dans certains cas, le terme « adelphoï » désigne indiscutablement une parenté spirituelle. Par exemple, la fameuse phrase de Jésus sur le Jugement Dernier : « En vérité, je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères (« adelphoï »), c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25.40). A l’instar du mot « frère » en français, le mot grec « adelphoï » est souvent employé dans un sens extensif. Dans l’Ecriture, il désigne en particulier les disciples de Jésus (cf. Mt. 28. 10 ou Rm 8.29).

 

Si l’on s’en tient maintenant au sens plus restreint d’une parenté charnelle, le mot « adelphoï » renvoie de prime abord, j’en conviens, aux enfants nés de la même mère et/ou du même père. D’où de légitimes interrogations (suggérées par l’Ecriture elle-même !) au sujet de ces mystérieux frères et soeurs de Jésus... Car si le mot « adelphoï » était entendu dans une acception stricte, alors les « frères » de Jésus seraient effectivement des frères cadets, nés de l’union ultérieure de Marie et de Joseph. Et Marie ne pourrait être dite en vérité « perpétuellement vierge »…

 

Mais là encore, il convient d’être extrêmement prudent, car dans le domaine de la parenté charnelle, le mot « adelphoï » peut tout aussi bien désigner des « cousins » ou des « parents », (voire des « compatriotes »), que des « frères » consanguins, les langues sémitiques utilisant un seul mot pour dire « frère » et « cousin ».

 

J’entends bien votre argument selon lequel les Evangiles ont été rédigés en grec, et non en hébreu ou en araméen. Et je sais bien aussi qu’il existe un mot grec, « anepsios », pour désigner le « cousin » (voire le « neveu »). Mais voilà : nos Evangélistes sont tous quatre juifs de culture et de langue, et il faut s’attendre à ce qu’ils usent couramment du terme « adelphoï » pour désigner aussi bien un frère par cousinage à quelque degré, qu’un frère au sens strict, conformément à la mentalité hébraïque : n’est-ce pas d’ailleurs ce qu’ont fait les traducteurs grecs de l’Ancien Testament (la Septante), par exemple en Genèse 29.12 ?

 

2°) Conjecture que tout cela ? Je ne le crois pas. Car l’affirmation que je viens d’énoncer trouve sa justification… dans l’Ecriture elle-même !

 

Lorsque l’on scrute en effet les Evangiles d’un peu plus près, on s’aperçoit tout d’abord que les fameux frères de Jésus ne sont étrangement jamais désignés comme fils de Marie ou Joseph : seul Jésus est appelé ainsi (cf. Mc 6.3 : « Celui-là n’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joset, de Jude et de Simon ? »).

 

Même quand elle se trouve réunie avec les « frères » de Jésus, Marie n’est toujours appelée que la « mère de Jésus » (Ac 1. 14 : « Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec quelques femmes, dont Marie, mère de Jésus, et avec ses frères ».)

 

Et notre étonnement va grandissant à mesure que nous poursuivons notre investigation. Car le verset de Marc que nous avons évoqué plus haut cite nommément les frères de Jésus : il s’agit de « Jacques, Joset, Jude et Simon » (Matthieu les cite également en 13.55). Je rappelle ce que vous écrivez dans votre dernier commentaire au sujet de l’un des quatre « frères » de Jésus : « un frère de Jésus va malgré tout prendre une place importante dans la communauté des disciples : un certain Jacques. Comment expliquer autrement que par les liens du sang la place primordiale qu’il va occuper dans l’Église primitive alors qu’il n’était même pas un des apôtres ? »

 

Cette interprétation est intéressante, mais elle me paraît infirmée par l’Ecriture elle-même. Toujours dans l’Evangile selon Saint Marc, il est question en effet, au moment de la Passion, d’une femme se tenant à distance de la Croix, aux côtés de la mère de Jésus. Cette femme est désignée de manière significative en Mt 28.1 comme « l’autre Marie ». On sait par ailleurs qu’elle est la « femme de Clopas » (Jn 19.25), sans doute même (selon une interprétation de Jn 19.25) la soeur de la mère du Seigneur, et en tout état de cause… la « mère de Jacques et de Joset » ! (Mc 15. 40. Voir aussi Mt 27.56). Voilà donc au moins deux des frères de Jésus sur les quatre précités,… qui n’en sont pas ! Selon l’enseignement même des Ecritures ! Et voilà qui nous donne aussi une précieuse indication sur la manière d’interpréter et de comprendre le terme « adelphoï » sous la plume de nos quatre évangélistes…

 

3°) Cette dernière appréciation se trouve confirmée… par l’Histoire ! Non pas la tradition catholique ! L’Histoire…, avec laquelle l’exégèse doit s’accorder, au même titre qu’elle doit trouver à s’harmoniser avec les données de la science.

 

C’est ainsi que Hégésippe, cité par Eusèbe de Césarée dans son « Histoire Ecclésiastique », nous apprend de Jacques qu’il avait le privilège de pénétrer dans le Saint des Saints pour intercéder pour le peuple – privilège normalement réservé au grand prêtre le jour de la fête de Yom Kippour –, qu’il le faisait fréquemment et avec ferveur. Ce renseignement est précieux, car il nous révèle que ce fameux Jacques appartenait en fait à une famille sacerdotale –tout comme Zacharie, parent de Marie–, et donc à la tribu de Levi. Il ne pouvait donc être le fils de Joseph le Charpentier, celui-ci appartenant à la tribu de Juda.

 

Eusèbe de Césarée, citant toujours Hégésippe, nous renseigne également sur un certain Syméon, dont il dit qu’il fut choisi à la tête de l’Eglise de Jérusalem après le martyr de Jacques, en précisant : « Tous le préférèrent comme deuxième évêque, parce qu’il était un autre cousin du Seigneur ». Soit dit en passant cher Pasteur : vous n’aviez pas tort, en un sens, d’expliquer « par les liens du sang la place primordiale » de Jacques « dans l’Église primitive alors qu’il n’était même pas un des apôtres ». Eusèbe de Césarée n’explique pas autrement le choix de son successeur. Sauf qu’en fait de « liens de sang », il s’agit en réalité d’un « cousin » du Seigneur, et non d’un « frère » au sens strict.

 

Pour en revenir à ce Syméon, successeur de Jacques dans l’Eglise de Jérusalem : il pourrait très bien être l’un des quatre « frères » du Seigneur nommés par Marc et Matthieu, car « Simon » n’est qu’une autre forme du même nom. En outre, Eusèbe précise que Syméon était… « fils de Clopas » ! Voilà donc trois des quatre frères de Jésus clairement identifiés… comme d’authentiques « cousins » du Seigneur !

 

4°) Vous dites que si Marie avait été perpétuellement vierge, Matthieu n’aurait pas écrit : « il n’eut pas de relations avec elle jusqu’à ce qu’elle eût mis au monde un fils, qu’il appela du nom de Jésus. »

 

Mais c’est faire un contresens majeur sur ce texte dont l’objet n’est pas d’affirmer la virginité perpétuelle de Marie, mais bien la maternité virginale de Jésus ! Quand Matthieu écrit de Joseph qu’« il n’eut pas de relations avec elle jusqu’à ce qu’elle eût mis au monde un fils », il faut entendre « Jésus est né d’une Vierge », non pas « Marie n’est pas demeurée vierge après la naissance de Jésus ». Ce serait trahir le texte à mon sens (pardonnez-moi la force des mots) que de lui faire dire ce qu’il ne dit pas.

 

De même :

 - lorsque la Bible dit : « Nos regards se sont tournés vers le Seigneur notre Dieu jusqu’à ce qu’il nous prenne en pitié » (Ps 123. 2), cela ne veut pas dire qu’après avoir obtenu miséricorde, nos regards se sont détournés de Dieu ! Au contraire !

- ou lorsque la Bible dit : « Assieds-toi à ma droite jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis l’escabeau de tes pieds » (Ps 110. 1), cela ne veut pas dire que le Messie ne sera plus assis à la droite de Dieu par la suite !

 Et ainsi de suite, on pourrait multiplier les exemples…

 

Reste la question fort pertinente que vous posez au sujet des récits évangéliques : « si les évangélistes avaient considérés que Marie était perpétuellement vierge, ne pensez-vous qu’ils l’auraient affirmé de manière explicite ? »

 

(à suivre…)

Partager cet article
Repost0
24 mai 2006 3 24 /05 /mai /2006 12:05

 

Chers amis lecteurs,

 

Après avoir médité sur le mystère de l'Immaculée conception, et avant d'entrer dans le buisson ardent de la maternité virginale de Jésus, le Père Daniel-Ange, auteur du livre "Touche pas à ma Mère", fait le point sur les présupposés idéologiques sous-jacents à la négation de ce mystère de la naissance virginale du Seigneur.

 

1°) Marie serait plus humaine si elle était une brave mère de famille nombreuse, de même que Jésus serait plus proche de nous s'il était un pécheur comme nous, s'il s'était marié et avait eu des enfants. C'est l'idée finalement que tout ce qui sort de l'ordinaire serait moins beau. On ne pourrait admirer avec un tel raisonnement une aurore boréale, puisque ce phénomène n'arrive pas tous les jours!

 

2°) Dieu est interdit d'ingérence dans sa Création, sommé de ne pas se mêler de notre existence, et d'y faire quoi que ce soit d'exceptionnel!

 

3°) Tout ce qui déborde notre raison raisonnante est péremptoirement décrété impossible : c'est la porte fermée à tout miracle, et à toute intervention de Dieu dans le cours de l'Histoire. Cela conduit in fine à nier le mystère de l'incarnation comme celui de la résurrection du Christ. Cette remise en cause des miracles pourtant fondés sur des observations scientifiques indiscutables est dérisoire : c'est un peu court de nier le réel!

4°) Le virtuel l'emporte sur le réel. On va dire que ce qui compte, ce ne sont pas les faits, mais leur signification. Qu'un évènement ait eu lieu ou non, cela n'a aucune importance : ce qui compte c'est le message... Tout devient ainsi parabolique! Par exemple : le fait que Jésus ait travaillé à Nazareth, ce serait un symbole pour nous dire que c'est bien de travailler... C'est la négation de la signification même de l'incarnation où Dieu entre dans le temps pour vivre notre existence dans sa réalité et son épaisseur quotidiennes. Que l'Incarnation du Verbe se trouve ainsi réduite à une pure abstraction, telle est l'hérésie fondamentale de l'Occident débranché du réel. Une telle conceptualisation du donné de la  Révélation conduit à vider celle-ci de son contenu même! Débranché de la chair, on tombe dans le spiritualisme, dans le gnosticisme et dans les idéologies.

5°) Il est établi une dichotomie entre le Jésus historique et le Christ de la foi (ce sont les théologies issues de la Réforme) : c'est le Christ de la foi qui compte. C'est l'image que je me fais moi-même du Christ qui l'emporte sur toute autre considération. Cette conception débranche la foi chrétienne du Jésus historique. Mais les Apôtres n'étaient pas les disciples d'une idée, d'un système de pensée! Leur vie a bien été bouleversée par une personne! Donc, à la base de toute la foi chrétienne, il y a des faits, des évènements vécus dans notre chair. La foi s'enracine dans l'Histoire, car Dieu est entré dans notre Histoire! La mystique chrétienne se greffe sur le physiologique. Si Dieu a pris mon corps, tout ce qui est charnel a une dimension spirituelle. "Le temps est devenu une dimension de l'éternel", disait Jean-Paul II. Notre foi n'est donc pas adhésion à une idée, mais à une personne en chair et en os, dont je peux même aujourd'hui et partout dans le monde, manger la chair et boire le sang.

6°) On va suspecter la Révélation elle-même : ce sont les pseudos théologiens de la suspicion qui ont fait plus de ravages dans l'Eglise que les philosophes du soupçon. Or, lorsqu'on inocule dans l'organisme de la foi le virus de la suspicion, on ne sait plus où s'arrêter. Toutes les hérésies actuelles gravitent autour du mystère du Corps de Dieu (cf. l'islam, le New Age...). Or Dieu n'est pas uniquement transcendant, un grand tout cosmique, mais il s'est fait aussi zigote, tout petit bébé dans le sein d'une maman!

Ce qui a engendré l'athéisme, ce sont des caricatures de Dieu : la caricature d'un Dieu tyran (réponse de Dieu... un enfant!) ; la caricature d'un Dieu indifférent (réponse de Dieu : un enfant pourchassé par la Police, réfugié politique, etc.)

On va en arriver à ce sophisme incroyable : croire, cela veut dire douter......... On fait ainsi l'apologie du doute. Mais on ne construit pas toute une existence sur l'incertitude et le doute! On construit une vie sur un rocher, une certitude! Le mot "espérance" lui même a été considérablement dévalué, dans le langage courant. Or, l'espérance chrétienne signifie que je suis prêt à me faire "zigouiller" plutôt que de renier ma certitude. Voilà l'Espérance! Tout le contraire du doute...

7°) La Tradition vivante est rejetée. Jésus pourtant l'évoquait, lorsqu'il affirmait : "L'Esprit Saint vous conduira vers la vérité toute entière". On nie aujourd'hui la présence de l'Esprit Saint dans l'Eglise, et son action qui consiste à désenvelopper progressivement dans l'Histoire le code génétique de la vérité évangélique, comme se désenveloppe progressivement le code génétique d'un enfant au fil de sa croissance.

Le sens de la Tradition, c'est la montée de la sève évangélique dans l'Arbre de l'Eglise. L'erreur des progressistes est de vouloir couper la racine de l'arbre en décrétant que seul ce qui est nouveau est intéressant. L'erreur symétrique des intégristes conduit à garder les racines et le tronc, mais à couper les branches nouvelles, ainsi que les fruits nouveaux, en décrétant que ceux-ci ne peuvent pas venir de l'Esprit Saint. Tout l'équilibre de la Tradition, c'est donc cela : la vie de l'Esprit Saint qui, à partir des racines, monte dans le tronc et peut donner en tout temps des nouveaux fruits, de nouvelles fleurs. Or, on nie aujourd'hui ce mécanisme de croissance de la Vérité dans tout son rayonnement à partir de la lumière initiale.

8°) Les méthodologies des auteurs en causes sont le plus souvant défectueuses, et les conduisent ainsi à multiplier les déclarations péremptoires, les généralisations hâtives, les anachronismes, et autres faux arguments scripturaires...

"Le Fils de l'homme, quand il reviendra, trouvera-t-il encore la foi sur la terre?"

La question est posée par le Seigneur lui-même... On peut se poser la question de l'authenticité de la foi de nombre d'auteurs se prétendant catholiques. Car on ne peut se dire catholique en vérité lorsqu'on nie une vérité essentielle à la Révélation, ou lorsqu'on en fait une réalité tout à fait secondaire.

 

Ceci étant posé, le Père Daniel Ange rappelle cette parole de Bérulle au sujet de Marie : "En elle, le Soleil ne fait pas d'ombre"... Et cette autre de Sainte Catherine Labouré, quand on lui demande à quoi ressemble la Vierge : "Elle est couleur d'aurore"... Elle est l'aurore qui précède le Soleil...

3e étoile : des présupposés idéologiques

Partager cet article
Repost0
13 mai 2006 6 13 /05 /mai /2006 07:24

 

Chers amis lecteurs,

 

En cette fête de Notre-Dame de Fatima, je vous propose d'entrer dans le vif de la Conférence que le Père Daniel-Ange a tenue, en janvier 2006 à PARIS, sur la Vierge Marie.

 

Dans la première partie de son intervention, inspirée de son ouvrage "Touche pas à ma Mère", lui-même rédigé en réponse au livre de Jacques DUQUESNE sur "Marie", le Père Daniel-Ange nous fait réfléchir sur le mystère de l'Immaculée conception de la Mère de Dieu (Marie conçue sans péché dans le sein de sa maman).

 

Le Père évoque tout d'abord le Conseil de Guerre de la Trinité, spécialement réuni après le désastre du péché originel. L'humanité s'est égarée, elle courre à la catastrophe éternelle, il faut lui envoyer un Sauveur. Pour que l'homme puisse être racheté à la racine de sa liberté (et non seulement de l'extérieur), le Père envoie son Fils s'incarner dans la chair. Toutefois, pour que l'Incarnation du Verbe ne soit pas affectée par la souillure du péché, il faut préparer au Fils une maman, exempte de la tâche originelle : le Père envoie donc l'Esprit Saint dans le sein d'Anne, et c'est ainsi que s'opère la divine dyalise : en un instant, au moment précis de la conception de Marie, tout le sang infecté de l'humanité est purifié. Marie est conçue sans péché : c'est la Conception Immaculée de la Vierge.

 

Ce mystère de l'Immaculée Conception de Marie inspire plusieurs réflexions au Père Daniel-Ange :

 

1°) Jésus est le seul enfant dans l'histoire du monde à avoir choisi sa maman!

 

2°) Comment Jésus peut-il être le Sauveur de tous si Marie est sauvée avant le Sacrifice de son Fils sur la Croix? Réponse : Marie est sauvée dans le Sang de Jésus par anticipation de la Passion de son Fils. Le Sang de Jésus versé sur la Croix un jour du temps rejoint en effet tous les hommes dans l'espace et dans le temps. Il rejoint donc également les hommes du passé, qui n'ont pu le connaître. Et il rejoint Marie, au jour de sa conception.

 

3°) Marie est engendrée par son Fils : elle est ainsi l'enfant spirituelle... de son propre enfant! Comme le chante une hymne cistercienne : "Elle est la source du Sang qui va la sauver".

 

4°) L'immaculée conception, c'est le triomphe de la Sola gratia! Luther aurait rêvé de l'Immaculée Conception, qui procède d'un don totalement gratuit, d'une grâce donnée sans la moindre oeuvre méritoire de la part d'une personne. Dans son Immaculée Conception, Marie est le chef d'oeuvre de la Gloire, le fruit béni de la grâce absolument gratuite de Dieu.

 

5°) Marie est au sommet de la grâce et de la Beauté, elle est "grâciée" d'avance, recevant la Beauté même de Dieu. Dès l'instant de sa conception, elle est plus belle qu'Eve! Elle est toute l'humanité telle que Dieu l'a toujours rêvée depuis la Chute.

 

6°) Marie, dans le sein d'Anne, est la première cellule du monde nouveau : dans le marécage de l'humanité pécheresse, il existe dorénavant un cristal tout irradié de la Splendeur de Dieu, et Dieu voit enfin en Marie ce que va devenir l'humanité réconciliée, sauvée, grâciée dans le Christ : en Marie, Dieu voit la Jérusalem céleste...

 

7°) L'Immaculée Conception implique une connivence extraordinaire de la Vierge Marie avec les pécheurs. De même qu'un médecin n'a pas besoin de connaître lui-même physiquement toutes les maladies qu'il soigne, Marie n'avait pas besoin de connaître personnellement le péché pour comprendre de l'intérieur le pécheur, et en devenir la maman.

 

Le Père Daniel-Ange nous fait ainsi méditer sur cette scène admirable de Marie de Nazareth au pied de la Croix avec Marie de Magdala, la pécheresse. Jésus voit à cet instant la beauté de sa maman se communicant à Marie-Madeleine, qui devient belle comme Marie au fur et à mesure que son Sang coule. Marie de Nazareth et Marie de Magdala sont toutes deux engendrées par le Sang de Jésus, l'une avant la Passion, l'autre après (ou pendant). Le Père Daniel-Ange en retire un précieux enseignement, qui nous instruit sur le sens de "l'élection" : si Dieu a donné à Marie ce privilège de l'Immaculée Conception, c'est pour nous "immaculiser" tous!

 

8°) L'Immaculée Conception est l'archétype de ce sacrement de la beauté divine qui nous rend notre innocence baptismale. L'innocence de Marie est comme l'innocence fondatrice de toute innocence baptismale, dans laquelle nous sommes renouvelés à chaque réconciliation. Marie est la première-née de la multitude des pardonnés que nous sommes.

 

9°) Marie est la seule créature parfaitement libre. Notre liberté, marquée par le péché, a besoin d'être libérée. Par son Immaculée Conception, Marie ne connaît aucune entrave à sa liberté. Elle est la seule à être ainsi pleinement et totalement dans la Vérité de la Création de Dieu dès le premier matin du monde.

 

10°) Le Père Daniel-Ange évoque ensuite la confirmation du dogme de l'Immaculée Conception par les apparitions de Lourdes. A une époque où "l'Immaculée Conception" était, dans la théologie catholique, une expression taboue, Marie décline son indentité le 25 mars 1858 (25 mars... le jour où Dieu prend chair en elle...), en affirmant : "Je suis l'Immaculée Conception". Je suis... Marie s'identifie à son titre. Et elle parle au présent, signifiant par là que sa conception est une source qui ne tarit pas : elle est en tout temps engendrée dans cette innocence originelle. L'Immaculée Conception n'est donc pas comparable à un tableau qui vieillit et se craquelle avec le temps, mais bien plutôt à un miroir qui reflète ce qu'elle est maintenant, dans son éternelle jeunesse.

 

11°) L'immaculée Conception m'éclaire sur ma propre conception : si l'Esprit Saint agit de façon unique dans le mystère de l'Incarnation, Il est présent aussi à l'origine de chaque être humain. Moi aussi, d'une certaine manière, je suis conçu de l'Esprit Saint. Sans l'Esprit Saint, je ne pourrais être un homme, je ne pourrais avoir une âme immortelle, celle-ci n'étant pas transmissible génétiquement! Dieu est donc intervenu directement dans ma propre conception, comme il intervient directement et personnellement à chaque conception.

 

12°) L'immaculée Conception me renvoie aussi à ma relation au Père. Car moi aussi, depuis la première Pentecôte de mon baptême, je suis continuellement engendré par le Père. A chaque fraction de seconde, le Père m'engendre, me donne la vie. Et au Ciel, nous pourrons dire nous aussi en vérité : "Je suis l'Immaculée Conception". L'immaculée Conception est donc un mystère qui m'éclaire sur ma destinée éternelle et immortelle.

 

Ainsi préparée par cette première Pentecôte qu'est l'Immaculée Conception, l'Ange Gabriel peut mendier auprès de Marie ce que le Père ne peut Lui-même donner à son Fils : des lèvres pour proclamer la vérité, des yeux pour diffuser la lumière de Dieu sur la terre, un visage pour que l'homme puisse voir Dieu sans mourir, des jambes pour aller à la rencontre des hommes, des mains pour bénir les enfants, des bras pour les étendre sur la Croix, une chair pour la donner en nourriture, du sang pour le verser sur le monde et "immaculiser" l'humanité repentie.

 

Quand Marie dit "Oui" à l'Ange, quand elle lui dit d'une certaine manière "Voici ma chair, voici mon sang livrés pour toi", c'est l'Eucharistie qui commence. Jésus n'aurait pu livrer son corps et son sang sur la Croix et dans l'Eucharistie, s'il n'avait d'abord reçu son corps et son sang de Marie.

 

Et moi-même, lorsque je dis "Amen!" à chaque Communion, c'est le "Oui" de Marie que Jésus entend, avant de venir en moi... 

 

2e étoile : l'Immaculée Conception

Partager cet article
Repost0
5 mai 2006 5 05 /05 /mai /2006 23:07

Chers amis lecteurs,

 

Je vous propose d'écouter aujourd'hui l'introduction de la Conférence que le Père Daniel-Ange a tenue, en janvier 2006 à PARIS, sur la Vierge Marie.

 

Cette conférence s'est déroulée sous l'égide de l'association SENEVE qui nous a donné l'aimable autorisation de diffuser sur ce Blog l'intégralité de cette remarquable intervention.

 

L'objet principal de cette réunion publique était d'apporter une réponse à l'ouvrage de Jacques DUQUESNE consacré (façon de parler) à « Marie », et au-delà de cet auteur, à tous ceux qui s'attaquent ou doutent du dogme de la Virginité perpétuelle de Marie, la Mère de notre Sauveur.

 

Ainsi que l'indique le Père Daniel-Ange en préambule : « une diffamation publique appelait une réponse à la hauteur de cette diffamation ».

 

La Conférence du Père Daniel-Ange, inspirée de son ouvrage "Touche pas à ma Mère", est donc articulée à la manière d'une « Symphonie en 3 mouvements », mettant l'accent successivement sur les trois grands dogmes reconnus par l'Eglise Catholique au sujet de la Vierge Marie : 

 

- 1er mouvement : l'immaculée conception (Marie conçue sans péché dans le sein de sa maman) ;

- 2e mouvement : la maternité virginale (Jésus né d'une vierge) ;

- 3e mouvement : l'Assomption (Marie montée au Ciel avec son corps et son âme).

 

Le Père Daniel-Ange ne cherche pas à travers cette conférence, dit-il, « à convaincre, mais simplement à faire resplendir la beauté du mystère, de telle manière que l'on puisse dire : Quelle beauté ! Quelle harmonie ! Ca ne peut pas être autrement, tellement c'est beau ! C'est digne de Dieu ! »

 

Le Père entend donc en l'espace d'une soirée « flasher la splendeur du mystère pour susciter l'émerveillement », et ainsi « dépasser la polémique par la mystique, l'auto-défense par un esprit d'enfance ».

 

Le postulat de départ étant le suivant :  

 

« La Vérité s'impose par sa seule beauté ».  

 

Bonne écoute à tous ! 


1ère étoile : la Vérité s'impose par sa seule beauté 

Partager cet article
Repost0
1 mai 2006 1 01 /05 /mai /2006 17:57

Cher ami lecteur,

Nous entrons en ce jour dans le mois de Marie.

Vous vous en doutez : tout au long de ce mois, la Sainte Vierge sera particulièrement honorée sur ce Blog qui lui est intimement consacrée.

Je vous proposerai ainsi de réfléchir et méditer sur le mystère de sa virginité perpétuelle à travers la diffusion progressive en douze étapes (qui seront autant d'étoiles à sa Couronne de Reine) d'une conférence spirituelle du Père Daniel-Ange, tenue en janvier dernier à PARIS en réponse à l'ouvrage de Jacques Duquesnes sur "Marie".

Je vous invite, en attendant, à vous mettre à l'écoute du dernier message donné au monde par la Sainte Vierge à Medjugorje (message du 25 avril 2006) :

« Chers enfants,

Aujourd’hui encore, je vous invite à avoir davantage de confiance en moi et en mon Fils.

Il a vaincu par Sa mort et Sa résurrection et Il vous appelle pour qu’à travers moi, vous soyez une part de Sa joie.

Vous ne voyez pas Dieu, petits enfants, mais si vous priez vous sentirez Sa proximité.

Je suis avec vous et, devant Dieu, j’intercède pour chacun de vous.

Merci d’avoir répondu à mon appel. »

(Cf. La position de l'Eglise sur Medjugorje + Bibliographie février 2006).

 

Nous garderons au coeur également, à un mois de la solennité de la Pentecôte, cette invitation du Pape Benoît XVI à invoquer l’Esprit Saint, particulièrement en vue de la promotion de la paix et de la justice dans le monde.

 

Nous ferons nôtre cette intention générale de prière du Saint Père pour le mois de mai : « Pour que la richesse des dons que l'Esprit Saint dispense dans l'Eglise contribue à faire grandir la paix et la justice dans le monde ».

 

Nous nous rappelerons à cette occasion l'union intime qui existe entre la Sainte Vierge et l'Esprit Saint dont elle est l'indissoluble épouse.

 

" Quand le Saint-Esprit, son Epoux, (...) a trouvé [Marie] dans une âme, il y vole, il y entre pleinement, il se communique à cette âme abondamment et autant qu'elle donne place à son Epouse; et une des grandes raisons pourquoi le Saint-Esprit ne fait pas maintenant des merveilles éclatantes dans les âmes, c'est qu'il n'y trouve pas une assez grande union avec sa fidèle et indissoluble Epouse. Je dis : indissoluble Epouse, car depuis que cet Amour substantiel du Père et du Fils a épousé Marie pour produire Jésus-Christ, le chef des élus et Jésus-Christ dans les élus, il ne l'a jamais répudiée, parce qu'elle a toujours été fidèle et féconde." (Saint Louis Marie Grignion de Montfort, Traité de la Vraie dévotion, § 36).

Partager cet article
Repost0
15 avril 2006 6 15 /04 /avril /2006 11:17

Accepter une solitude humaine totale pour s’unir à Marie.

 

Entre la mort et la résurrection de son Fils, elle est la seule à garder la foi, l’espérance et la charité.

 

La réponse de l’humanité au sacrifice du Christ est concentrée en elle seule.

 

De même, dans ces temps qui nous séparent de la résurrection finale, en elle seule nous trouvons toutes les vertus pour espérer, croire et aimer et voir du fond de notre vallée de larmes le triomphe du Christ.

 

« Marie sera toujours avec Jésus… jusqu’au sépulcre, où celle qui est la vie ne peut entrer, ne cherchant point le Vivant parmi les morts.

 

Car il est vivant en son Cœur ; et l’esprit de Jésus, séparé de son corps, repose dans l’esprit et le Cœur de Marie, tandis que son corps repose dans le tombeau. » (Pierre de Bérulle)

Partager cet article
Repost0
12 avril 2006 3 12 /04 /avril /2006 19:34

Cher Stéphane,

 

Ton allergie à la Vierge Marie me rappelle de longues discussions avec un ancien collègue de travail protestant qui n'admettait pas l'idée qu'il puisse y avoir d'autre médiateur entre Dieu et les hommes que Jésus-Christ lui-même.

 

Il s'appuyait ainsi sur cette parole de la première Epître à Timothée : « En effet, il n'y a qu'un seul Dieu, il n'y a qu'un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus, qui s'est donné lui-même en rançon pour tous les hommes. » (1 Tm 2. 5)

 

L'expression de "Marie médiatrice" ou pis, de "Marie co-rédemptrice" le faisait sursauter et provoquait systématiquement de vives réactions de sa part.

 

Mais, lui répondis-je un jour : n’as-tu pas l’impression, lorsque tu annonces Jésus-Christ comme unique Médiateur entre Dieu et les hommes, de te comporter… en médiateur entre le monde encore plongé dans les ténèbres du péché, et son unique Sauveur ?

 

Comment se passer en effet de la médiation des hommes pour connaître Jésus-Christ, l'Unique médiateur entre Dieu et les hommes ? La foi naît d’une parole entendue, écrit l’apôtre Paul (Romains 10. 14-17) :

 

« Comment invoquer le Seigneur sans avoir d'abord cru en lui ?

 Comment croire en lui sans avoir entendu sa parole ?

Comment entendre sa parole si personne ne l'a proclamée ?

Comment proclamer sans être envoyé ?

C'est ce que dit l'Écriture :

Comme il est beau de voir courir
les messagers de la Bonne Nouvelle ! (…)

C'est donc que la foi naît de ce qu'on entend ; et ce qu'on entend, c'est l'annonce de la parole du Christ »

 

Il est donc erroné d’affirmer que nous n’avons pas besoin des hommes pour connaître Dieu. Tu ne connaîtrais pas Jésus-Christ, Stéphane, si personne ne t’en avait parlé. Ce sont des médiations humaines qui t’ont conduit à lui, à moins que tu aies bénéficié d’une apparition directe et particulière, ce qui n’est pas le moyen ordinaire que le Seigneur emploie pour se révéler.

 

Sans l’Eglise, personne n’aurait jamais entendu parler de Jésus-Christ, Fils de Dieu envoyé par le Père pour le Salut du monde.

 

Sans la médiation de Matthieu, Marc, Luc, Jean, Paul, Pierre, Jacques… il n’y aurait pas eu de Nouveau Testament.

 

Sans médiation humaine, il n’y aurait pas de Bible du tout, car la Bible n’est pas un aérolite descendu du Ciel, mais un Livre (une bibliothèque en fait) écrite de main d’homme, sous l’inspiration du Saint Esprit de Dieu.

 

Il a donc fallu de multiples interventions humaines pour que les textes sacrés nous parviennent en leur forme actuelle, comme il en a fallu encore pour discerner parmi les nombreux écrits qui se prétendent inspirés ceux qui le sont effectivement et ceux qui ne le sont pas.

 

Et il a fallu aussi la médiation de Marie pour que la Parole de Dieu se fasse chair. Sans l’acquiescement de la Vierge Marie à la parole de l’Ange, Jésus-Christ ne serait pas né. C’est en ce sens d’abord que Marie est co-rédemptrice. C’est par elle que le Salut est entré dans le monde, comme ce fut par Eve que le péché est entré dans le monde. Jésus-Christ est ainsi le Nouvel Adam, Principe de la Nouvelle Création, et Marie, préfigurant l’Eglise toute entière, la Nouvelle Eve.

 

Tout cela ne remet nullement en cause la vérité que tu as bien raison de proclamer sur tous les toits, à savoir que Jésus-Christ est l’unique médiateur entre Dieu et les hommes, l’unique Rédempteur, et qu’il n’y a pas d’autre nom par lequel nous puissions être sauvé : « En dehors de lui, il n'y a pas de salut. Et son Nom, donné aux hommes, est le seul qui puisse nous sauver. » (Actes 4.12)

 

Mais ceci étant posé, de même qu’il a fallu de multiples médiations humaines pour que la parole de Dieu raisonne à nos oreilles d’homme et touche nos coeurs, de même qu’il a fallu la médiation de Marie pour que l’unique Sauveur des hommes vienne au monde, il faut maintenant la médiation de l'Eglise pour que la Bonne nouvelle du Salut offert par Dieu en Jésus-Christ parviennent aux extrémités du monde.

 

« Allez dans le monde entier, dit Jésus à ses disciples avant de partir vers son Père. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création ». (Mc 16. 15)

 

Sans cette proclamation, sans cette « parole entendue », les hommes (et c’est terrible à dire) ne pourront accueillir leur Sauveur par la foi, et le Salut du monde ne pourra se réaliser.

 

« De même que le Père m’a envoyé [et institué, pourrait-on dire, unique médiateur entre le Ciel et la Terre], moi aussi, je vous envoie [et vous institue à mon tour uniques médiateurs entre le Monde et son Unique Sauveur] (Jn 20. 21).

 

Il faut prendre au sérieux cet envoi. Il manifeste la grandeur de l’homme, à qui il est ainsi donné par Jésus-Christ lui-même de participer à l’oeuvre divine de Rédemption du monde. Avec lui, nous sommes médiateurs et co-rédempteurs. C’est ce que suggère du reste Saint Paul lorsqu’il écrit en Colossiens 1. 24 : « J’achève en ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ pour son corps qui est l’Eglise »

 

Le Salut du monde dépend donc en un sens tout autant du Sacrifice volontaire du Fils, que de la proclamation de l’Evangile par l’Eglise,… et par la Vierge Marie, la « Reine des Apôtres ».

 

Sur tous les lieux d’apparitions de par le monde, elle joint sa voix à celle de l’Eglise pour proclamer, ainsi que tu le fais fort bien, Stéphane : « Jésus-Christ est Seigneur, il est l’unique Sauveur des hommes, tournez-vous vers lui et vous serez sauvés ». Partout où Marie se manifeste dans son corps glorieux, des foules viennent et se convertissent par millions… à Jésus-Christ et à son Eglise.

 

La mission que la Vierge Marie tient du Seigneur est donc celle de toute l’Eglise : conduire l’humanité à son Unique Sauveur. En ce sens, elle est médiatrice et co-rédemptrice. Avec toute l’Eglise.

Partager cet article
Repost0
21 janvier 2006 6 21 /01 /janvier /2006 15:40

C'est surtout dans le domaine de la prière -et cela va de soi- qu'on expérimente cette présence prééminente de Marie, au point que parfois, on se pose des questions -je ne dirai pas qu'on s'inquiète, car Marie donne toujours la paix- mais on se demande quand même s'il n'y a pas concurrence avec Dieu.

C'est alors que la réponse arrive en même temps que la question. Non seulement Marie n'est pas à la première place dans notre prière, mais elle s'efface totalement pour devenir pure transparence de Dieu. Elle est vraiment comme disent les Pères, "Miroir de la Sainteté", Miroir de la Justice et Miroir du Soleil de Dieu. Ce qui fait qu'en la regardant, elle reflète le visage inconnu de Dieu, celui qui ne ressemble à rien : l'Au-delà de tout, qu'on ne peut nommer mais seulement prier.

Peu importe qu'on regarde le soleil directement ou dans un miroir. La seule crainte à avoir est que ce soit un mirage : Marie nous offre-telle le soleil ou la lune? La réponse vient de la totale pureté : elle ne peut que refléter la gloire du Très Haut. Disons en passant (...) qu'en regardant notre visage dans le miroir très pur de la Vierge, nous y découvrirons tout ce qui fait obstacle en nous à la sainteté de Dieu.

(Extrait de "Le chapelet, un chemin vers la prière incessante", de Jean Lafrance, Mediaspaul, 1997, pages 24 et 25)

Partager cet article
Repost0
14 janvier 2006 6 14 /01 /janvier /2006 13:05

Une des plus grandes grâces qu'un homme puisse recevoir ici-bas est d'avoir en permanence la présence de Marie.

"On ne peut pas demander à tout le monde la dévotion totale et le total abandon à Notre Dame", disait le Père Vayssière o.p., parce que c'est une grâce inspirée par le Saint Esprit. Et le Père ajoutait en baissant les yeux : "Moi, je ne sais pas ce qui m'est arrivé, mais je suis tout le temps avec elle".

Tous ceux qui prient réellement la Vierge pourraient souscrire à cette confidence du P. Vayssière, surtout s'ils ont fait l'expérience de la présence "visible" de Marie dans leur vie. Il ne s'agit pas de visions imaginaires ou même intellectuelles, il ne s'agit pas même pas de sentir affectivement la présence de Marie.

Une personne m'a un jour fait cette confidence ; elle avait connu une grande conversion avec l'expérience sensible de la présence agissante de Marie durant quelque temps, puis tout s'était estompé ; mais il demeurait au fond du coeur un attachement de foi à Marie, qu'elle traduisait par la récitation continuelle du chapelet. Je lui ai dit de ne pas s'inquiéter, car c'est la véritable dévotion à la Vierge.

A certains jours, on s'interroge vraiment pour savoir si on aime la Vierge, car il n'y a rien de sensible dans notre relation à elle, mais on la sent présente dans tout ce qu'on pense, dit ou fait. Comme dit le Père Vayssière, "on est avec elle", avec tout ce que cette préposition connote de force, d'amitié, voire d'intimité. Certains iront même jusqu'à dire qu'ils sont en elle : autant d'expressions qui essaient d'approcher ce mystère d'intimité, sans jamais l'épuiser.

(Extrait de "Le chapelet, un chemin vers la prière incessante", de Jean Lafrance, Mediaspaul, 1997, pages 20, 23 et 24)

Partager cet article
Repost0
11 janvier 2006 3 11 /01 /janvier /2006 10:58

 

Ô toi, qui que tu sois

Qui te rends compte que, dans ce flux du monde,

Tu vas à la dérive,

Au milieu des cyclones et des tempêtes

Plutôt que tu n’avances sur la terre ferme,

Ne quitte pas des yeux cet Astre resplendissant

Si tu ne veux sombrer sous la bourrasque.

 

Quand se lève le vent des tentations,

Quand tu vas droit sur les récifs des tribulations,

Regarde l’étoile, appelle Marie !

 

Si tu es le jouet des flots de l’orgueil,

Ou de l’ambition, ou de la jalousie, 

Regarde l’étoile, appelle Marie !

 

Si, bouleversé par l’énormité de tes crimes, 

Horrifié de la laideur de ta conscience, 

Frémissant d’horreur à la pensée du jugement,

Tu commences à sombrer dans l’abîme de la tristesse, 

Dans le gouffre du désespoir,

Pense à Marie !

 

Dans les périls, dans les angoisses,

Aux prises avec le doute,

Pense à Marie, invoque Marie !

 

Qu’elle ne quitte pas ta bouche,

Qu’elle ne quitte pas ton cœur,

Et pour obtenir l’aide de sa prière,

Ne cesse pas d’imiter sa vie.

 

Si tu la suis, point ne t’égares,

Si tu la pries, point ne désespères,

Si tu penses à elle, point de faux pas.

 

Tant qu’elle te tient, pas de chute,

Tant qu’elle te protège, pas de crainte,

Tant qu’elle te guide, pas de fatigue,

Avec son secours, tu touches au port.

 

Saint Bernard

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Totus Tuus
  • : A Jésus par Marie - Un site catholique pour apprendre à connaître et aimer Dieu de tout son coeur et de toute son intelligence.
  • Contact

Cher ami lecteur, tu es le e visiteur. La Paix soit avec toi. 

Ecouter un enseignement sur la foi catholique

Vous rendre sur le blog ami dédié à Claude Tresmontant

Visiteurs actuels