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19 mai 2007 6 19 /05 /mai /2007 21:30

 

Chers amis lecteurs,

 

Le Père Daniel-Ange évoque dans la suite de son exposé le mystère de l'Assomption de la Très Sainte Vierge Marie.

L'Assomption de Marie est intimement liée à son immaculée conception. Qui nie l'un de ces deux mystères sera ansi naturellement conduit à nier l'autre.

A la différence de l'immaculée conception, l'Assomption a fait (comme la conception virginale de Jésus) l'unanimité dès les débuts de l'Eglise, aussi bien en Orient qu'en Occident, avec des variantes toutefois : en Orient, l'on parle plus volontiers de dormition, afin de signifier que Marie a traversé notre mort : selon cette conception, Marie s'est endormie dans le sommeil de la mort avant de ressusciter dans son corps. En Occident, il existe deux écoles : l'une proche de la conception orientale de l'Assomption, l'autre qui considère que Marie a été immédiatement glorifiée dans son corps, sans passer par la mort. Marie ayant été miraculeusement préservée du péché, elle ne devait pas connaître la mort corporelle, celle-ci étant la conséquence du péché. Son corps et son âme n'ont donc jamais été séparés : à la fin de sa vie terrestre, l'âme de Marie est montée au ciel avec son corps. L'autre école réplique que si l'Innocent en personne, Jésus-Christ, a voulu passer par la mort, il fallait, pour que Marie soit la première disciple de son Fils, qu'elle fasse elle aussi l'expérience de la mort de son Fils. Le Pape Jean-Paul II a donné sa préférence à la version orientale de l'Assomption. Il convient toutefois de relever que la formule dogmatique retenue par le Pape Pie XII le 1er décembre 1950 ne tranche pas la question, et autorise les deux conceptions.

L'Assomption est un bel exemple de la maturation historique de la pensée théologique ; elle est le fruit de la contemplation de toute l'Eglise.

Il existe de grandes convenances-magnificences à ce mystère :

1°) Par son Assomption, la Vierge Marie participe à la mort-résurrection de son propre Fils.

2°) Par son Assomption, Marie anticipe chacune de nos morts : elle suit son Fils, mais elle précède ses enfants.

3°) L'Assomption est le signe annonciateur et l'assurance de ma propre résurrection. Les apparitions de la Vierge Marie dans le monde confirment ce mystère. Les apparitions de la Mère de Dieu ont pour rôle théologique premier de manifester aux hommes leur avenir. En apparaissant dans son corps glorieux, Marie nous dit : voilà ce qui t'attend de l'autre côté de la mort. Les apparitions sont une brèche ouverte dans le mur de béton de la mort, où il nous est donné d'entrevoir le paysage qui est au-delà. Ton corps sera aussi ressuscité et glorieux que le mien.

L'assomption est donc la preuve tangible de notre résurrection. Ce n'est pas la résurrection de Jésus qui me prouve que je vais ressusciter un jour, c'est l'Assomption de Marie. Pourquoi? Parce que Jésus est Dieu, et que moi, je ne suis pas Dieu. Le miracle n'est pas que Jésus soit ressuscité, car il est le Prince de la Vie, mais c'est qu'il ait pu mourir. Voilà le plus grand miracle de tous les temps : que la Vie en personne ait pu mourir! que le Corps de Dieu, la chair même de Dieu qui donne la vie à toute chose ait pu être morte durant quelques heures. Il s'agit là d'un mirale contre-nature divine inimaginable! Une effraction dans l'ordre de la nature même de Dieu! La résurrection était donc dans l'ordre des choses : elle était ce qu'il y avait de plus naturel pour Jésus. Il ne pouvait pas en être autrement, car il est Dieu, le Vivant.

C'est la raison pour laquelle Jésus a ressuscité, par anticipation de notre résurrection à tous, l'une d'entre nous, une soeur de notre race, de notre chair et de notre sang, une créature, sa Maman. Si l'un d'entre nous en effet est ressuscité, cela me dit quelque chose sur la volonté de Dieu de me ressusciter moi aussi. Je peux dorénavant en avoir la certitude absolue.

Les apparitions sont à cet égard d'une extrême importance. Il faut se reporter à l'important document du cardinal Ratzinger au sujet des apparitions privées (Cardinal Ratzinger dont le Cardinal Meisner de Cologne disait : "il a l'intelligence de 12 professeurs d'université, et le coeur d'un premier communiant"). Les apparitions sont comme l'actualisation de l'Evangile pour le peuple de Dieu à une époque (ou un lieu) déterminée. Comme des piqûres de rappel de l'Evangile. Et l'Eglise hiérarchique, au niveau institutionnel, a assumé officiellement dans beaucoup de cas ce qui a été donné charismatiquement par une apparition ou une révélation privée. Nous avons ainsi des fêtes liturgiques pour toute l'Eglise qui viennent d'une apparition privée (Cf. Marguerite Marie et la fête du Sacré-Coeur, Sainte Faustine et la fête de la Divine Miséricorde, Notre Dame de Fatima, Notre Dame de Lourdes...) Au passage : il ne paraît donc plus possible pour un catholique de ne pas croire en ces révélations privées, puisqu'elles font dorénavant partie de la liturgie de l'Eglise universelle...

Les apparitions sont la confirmation du mystère de la glorification du corps de Marie. Lorsque des saints ou des anges apparaissent, ils prennent une apparence corporelle afin qu'on puisse les reconnaître. Quand la Vierge Marie apparaît, ele se manifeste telle qu'elle est dans la réalité. Elle est vraiment comme ça aujourd'hui! Son corps humain est véritable, réellement charnel, humain, mais... glorifié! 

Les apparitions sont une épiphanie de ma future gloire ; elles manifestent les conséquences de l'Eucharistie. C'est une impossibilité biologique en effet que je reçoive le Corps du Ressuscité et que mon corps ne ressuscite pas! C'est physiquement impossible! Si je mange la chair du Ressuscité, alors mon corps doit ressusciter! Je reçois ainsi dans l'Eucharistie la semence de mon corps glorieux futur. C'est dire la grandeur de la Messe! "Avec l'Eucharistie, écrivait le Pape Jean-Paul II, on assimile le secret du Ressuscité". 

Dieu a pris ma chair mortelle pour me la rendre immortelle. Dieu, qui ne peut pas souffrir, a pris un corps pour souffrir, et il me rend ce corps pour que je ne souffre pas à tout jamais. 

Voilà ce que nous manifeste la glorieuse Assomption de la Très Sainte Vierge Marie.

9e étoile : le mystère de l'Assomption de la Très Sainte Vierge Marie

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13 mai 2007 7 13 /05 /mai /2007 09:53

En ce dimanche 13 mai 2007, nous fêtons le 90e anniversaire de la première apparition de la Sainte Vierge Marie aux trois jeunes bergers de Fatima.

 

Je vous propose en cette occasion de réfléchir sur l’importance de la Sainte Vierge dans le Plan de Dieu à travers cette très belle méditation du Père Marie-Dominique Molinié, issue de son ouvrage, grand classique de la littérature spirituelle, intitulé : "Le courage d'avoir peur".


 

Dieu n’a rien conçu ni accompli sur la terre sans [Marie]… et surtout pas Jésus-Christ. Le Christ et sa Mère constituent un mystère unique… un peu comme les trois Personnes de la Sainte Trinité sont un seul Dieu.

 

D’abord Ils constituent à eux seuls toute la perfection du genre humain : et ceci en deux Personnes, chacune avec un nom irremplaçable… (…) Leur dialogue (qui est déjà trinitaire puisque le Christ est le Verbe) exprime tout ce que les hommes peuvent dire à Dieu et se dire entre eux.

 

Le Christ est le premier-né de toute créature, Il contient virtuellement la perfection des fruits de sa fécondité. Mais justement, Il est destiné à produire des fruits éternels et ne peut être dit fécond sans ces fruits eux-mêmes. Sans doute la Sainte Vierge est-elle le fruit par excellence qui assure la perfection de la fécondité du Christ. Mais Elle est destinée à être féconde à son tour : le dialogue de Jésus et Marie dit tout, mais il a besoin de nous, pour surabonder en reflets infinis. En un sens, on peut dire avec St Paul : nous achevons dans notre corps ce qui manque à la Passion du Christ… et à la Compassion de Marie.

 

Il reste vrai que la plénitude du mystère du Christ s’accomplit dans la Sainte Vierge d’une manière privilégiée : à un certain point de vue, ce n’est pas le Christ seul qui contient tous les hommes, mais le Christ et sa Mère réunis.

 

Le Christ n’a pas besoin de Marie au point de vue du mérite, de la satisfaction, de la plénitude. Mais pour exprimer la splendeur de la vie humaine divinisée, Il a besoin d’être deux parce que c’est essentiel à la nature humaine. La nature humaine ne peut pas manifester toute sa perfection dans un homme ou une femme seuls, la raison la plus profonde en étant que l’homme est déjà par nature un reflet de la vie trinitaire – ce qui suppose un dialogue et une distinction des personnes. Sans le dialogue avec un autre être humain, plus précisément avec une femme, le Christ ne peut pas expliciter toutes les profondeurs du mystère de l’homme.

 

Le Christ est la source de toute grâce, spécialement de la plénitude offerte à la Sainte Vierge. Mais la structure même de la grâce capitale exige qu’elle se développe et se prolonge dans la grâce de Marie. La maternité de la Sainte Vierge explicite la nuance maternelle du mystère du Salut : le Verbe reçoit de Marie l’humanité sans laquelle Il ne serait pas prêtre. Le Sang du Christ est le sang de Marie… Elle a communiqué à son Fils une sensibilité profondément féminine, particulièrement réceptive à l’onction miséricordieuse du Saint-Esprit. Toute l’infirmité de sa nature, Jésus la doit à la Sainte Vierge – et par conséquent la Passion.

 

(…) Autrement dit, la distinction naturelle entre Jésus et Marie (distinction de la mère et du fils – de l’homme et de la femme) est prise en charge par la grâce qui transforme leur dialogue en un reflet des dialogues trinitaires.

 

Le Christ et Marie sont inséparables, mais on peut être attiré plus ou moins vers l’un ou l’autre : en regardant Marie on peut mieux soupçonner l’Esprit maternel du Christ.

 

Toute grâce est désormais un prolongement du jeu de l’amour entre Jésus et Marie : être sauvé, c’est être emporté dans leur dialogue trinitaire. Quand nous prions, nous pouvons regarder le Sauveur comme Elle Le regardait (elle est sauvée comme nous, plus que nous). Mais nous pouvons aussi regarder la Sainte Vierge comme Jésus la regardait : « Voici ta Mère » Il y a des nuances et des variétés infinies. Ainsi comprise, la « dévotion à la Sainte Vierge » n’est plus un moyen offert à notre faiblesse, c’est déjà le Ciel.

 

(…) La Sainte Vierge n’ajoute rien à la Trinité, aucune splendeur, aucune perfection, aucun amour : mais elle ajoute une personne nouvelle, regardant les Trois comme les Trois se regardent, avec la nuance originale de son visage propre, celui de la petitesse et de la pauvreté (c’est le sens du Magnificat).

 

Cela me permet de répondre à l’objection la plus profonde qu’on oppose à la dévotion mariale : si la Sainte Vierge n’est pas un pur miroir qui mène à Dieu, elle fait écran – si elle est un pur miroir, pourquoi la regarder, Elle ? « Je n’aime pas la Sainte Vierge parce que c’est Elle, je l’aime comme un sacrement, comme le canal de la vie trinitaire où se trouvent les seules Personnes que j’aime »… Réponse : ce serait vrai si Dieu Lui-même n’aimait que Lui, et non pas aussi la personne de Marie… et la nôtre. Marie (et chacun de nous) devient ainsi (qu’on me pardonne l’expression) comme intérieure à la Sainte Trinité.

 

A partir de là, chacun de nous a son chant et sa nuance particulière. Certains sentent que la Sainte Vierge forme en eux le visage du Christ, ils se sentent fils de Marie. D’autres au contraire seront aimantés vers le visage du Christ à la manière dont Marie était fascinée par Lui. Les uns regardent Marie avec le visage de Jésus – les autres, Jésus, avec le visage de Marie… tout cela n’étant que nuances, car c’est leur dialogue même que nous aimons de toute façon, et à travers lui, la vie trinitaire. Telle est notre destinée ; reproduire en nous telle nuance de l’amour entre Jésus et sa Mère, cette nuance qui sera notre Nom nouveau. Voilà ce que nous pouvons entrevoir de ce que Dieu réserve à ceux qui L’aiment…

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5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 18:13

 

Chers amis lecteurs, 

Après de longs mois d'interruption, nous poursuivons et achevons, à la faveur de ce mois de mai qui est aussi le mois de Marie, notre écoute et notre étude de la conférence du Père Daniel-Ange consacrée à l'ouvrage de Jacques Duquesne sur Marie.

Le Père Daniel-Ange relève que de nombreuses personnes ont été très troublées et déroutées par ce livre au point d'en perdre la foi, et c'est la raison pour laquelle il a souhaité tenir cette conférence, afin de montrer que notre foi est aussi basée sur des faits et des preuves (à travers notamment la vie de l'Eglise et notre propre existence). Le Père Daniel-Ange, citant l'encyclique Fides et ratio du Pape Jean-Paul II, rappelle à ce sujet que notre foi a besoin d'être éclairée par la raison, et qu'il est bon d'avoir des arguments quand on discute avec des personnes qui ne croient pas ou qui doutent.

Le Père Daniel-Ange indique avoir envoyé son ouvrage à Jacques Duquesne, muni d'une dédicace que je vous laisse le soin de découvrir en cliquant sur le lien suivant...

8e étoile : la foi éclairée par la raison

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31 décembre 2006 7 31 /12 /décembre /2006 11:26

Chers amis lecteurs,

Nous voici donc arrivés au seuil d’une nouvelle année civile.

Le passage d’une année à l’autre donne toujours lieu à une espèce de frénésie de la fête que je n’ai, pour ma part, jamais vraiment compris. D’autant moins d’ailleurs que nos contemporains ignorent pour la plupart quel grand évènement fut à l’origine du décompte de notre calendrier civil.

Combien penseront en effet, en ce réveillon du Nouvel An, à ce petit bébé blotti dans les bras de sa maman, il y a un peu plus de 2000 ans, dans une grotte obscure de la petite bourgade de Bethléem ?

Combien s’émerveilleront de ce que la naissance d’un homme ait pu à ce point couper l’histoire du monde en deux, puisque dorénavant il y a avant Jésus-Christ, et après Jésus-Christ.

Pour la plupart des hommes de notre temps, c’est Jésus-Christ qui est devenu le point de référence de l’histoire du monde ; et en cette nuit de fête, c’est l’ouverture de la 2007e année après sa naissance (à l’erreur de datation près) que nous célèbrerons.

Pour nous chrétiens, le temps est donc venu de rendre grâce à Dieu pour l’année écoulée. Retrouvons, l’espace de quelques instants, le sens de la louange : prenons le temps de remercier Dieu pour cette année 2006 ; faisons mémoire des grâces reçues, par-delà les vicissitudes ou les épreuves de cette vie ; remercions le Seigneur pour ces épreuves mêmes qui « vérifient la qualité de notre foi » (Jc 1.3). N’ayons pas peur de rendre grâce à notre Créateur et Sauveur pour le don de la vie, et pour ce don de la foi qui est toute notre joie !

Le passage d’une année civile à l’autre est aussi pour beaucoup l’occasion de prendre un nouveau départ, à travers de bonnes résolutions. En ce début d’année 2007, je voudrais vous suggérer un chemin, « une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle », comme disait Petite Thérèse, pour grandir en sainteté et en amour, d’une manière rapide et quasi-infaillible. C’est le chemin de la consécration à Marie.

Nous allons fêter cette année le 90e anniversaire des apparitions de la Vierge Marie à Fatima. Prenons d’ores et déjà la résolution de lire un bon livre sur les évènements de Fatima si nous ne les connaissons pas bien, et de découvrir (ou re-découvrir) les messages de la Sainte Vierge aux trois petits bergers (Lucie, François et Jacinthe), en particulier celui adressé le 13 juin 1917 à la petite Lucie :

« Jésus veut établir dans le monde la dévotion à mon Coeur Immaculé.

A celui qui pratiquera cette dévotion, je promets le salut,

et les âmes (qui la pratiqueront) seront aimées de Dieu,

et comme des fleurs placées par Moi pour orner son trône. »

Et saisissons l'occasion de cet anniversaire pour prendre la décision d’exaucer le vœu de notre Seigneur en nous consacrant chacun personnellement  au Cœur immaculé de Marie. Demandons à un prêtre de notre paroisse de nous imposer par exemple le scapulaire du Mont Carmel. Engageons-nous à prier le chapelet quotidiennement. Approfondissons notre connaissance de Marie et notre dévotion envers elle en lisant de bons ouvrages de piété tels que le Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge de St Louis Marie Grignion de Montfort ou encore Les gloires de Marie de St Alphonse de Liguori. Consacrons-nous aussi en famille et en paroisse, et n’ayons pas peur : la Sainte Vierge ne nous éloignera pas de Jésus, et notre dévotion envers elle ne nous distraira pas de notre adoration envers Lui. Car ainsi que le disait encore Petite Thérèse : "Jésus sera bien content, puisque la Sainte Vierge est sa mère"

Bien plus, soyons convaincus à l’instar de St Louis-Marie Grignion de Montfort que « cette dévotion à la Très Sainte Vierge est un chemin court pour trouver Jésus-Christ, soit parce qu'on ne s'y égare point, soit parce qu’on y marche avec plus de joie et de facilité, et par conséquent, avec plus de promptitude. » Celui qui se consacre à Marie « avancera ainsi à pas de géant vers Jésus-Christ, par le même chemin par lequel il est écrit que Jésus-Christ est venu vers nous à pas de géant et en peu de temps. » (VD § 155). « Ayant devant nos yeux un exemple si visible et si connu de tout le monde, sommes-nous assez insensés pour croire trouver un moyen plus parfait et plus court pour glorifier Dieu que celui de se soumettre à Marie, à l'exemple de son Fils? » (VD § 139)

Comme disait le Pape Paul VI : « L'imitation de Jésus-Christ est la voie royale que nous devons emprunter pour atteindre à la sainteté de la vie et reproduire en nous-mêmes, dans la mesure du possible, la perfection absolue du Père céleste. Si l'Eglise Catholique a toujours maintenu cette éminente vérité, elle a pareillement affirmé aussi que l'imitation de la Sainte Vierge, loin de nous écarter du souci de suivre fidèlement le Christ, rend cette marche plus aimable et plus  aisée... C'est aussi pour ce qui touche à l'imitation du Christ que vaut la règle générale : A Jésus par Marie. Et que notre foi ne se trouble pas à la pensée qu'une aide de ce genre pourrait empêcher que les liens de relation par lesquels nous adorons le Fils de Dieu et sommes unis d'amitié avec Lui ne soient très intimes et permanents. » (Paul VI, Signum Magnum).

Faisons donc de cette année 2007 une année mariale (avant 2008, une autre année mariale au cours de laquelle l’Eglise célèbrera le 150e anniversaire des apparitions de Lourdes), et faisons nôtre la fameuse devise de notre regretté Pape Jean-Paul II (qui est aussi la devise de ce Blog) :

Totus tuus ego sum et omnia mea tua sunt

(« Je suis tout à toi et tout ce que j’ai est à toi. »)

Bonne et sainte année 2007 à tous !

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14 octobre 2006 6 14 /10 /octobre /2006 13:18

 

Chers amis lecteurs, 

Avant d'entrer dans la dernière partie de son exposé, le Père Daniel-Ange répond à quelques questions. 

- Karl Barth (in Dogmatique) : "L'Eglise sait très bien ce qu'elle fait lorsqu'elle place le dogme de la conception virginale comme une sentinelle au seuil du mystère de Noël."

- La génétique moderne nous révèle que l'être humain existe en tant que tel dès les premiers instants de la conception. Elle confirme ainsi le dogme de l'Immaculée Conception, très discuté dans le passé en raison des incertitudes concernant le moment précis de l'apparition de l'âme (quelques semaines après la conception physique, selon St Thomas d'Aquin...). Aujourd'hui, la science expérimentale confirme, et nous permet de mieux comprendre le mystère de l'Immaculée Conception, comme celui de l'Incarnation. 

- Le plus grand obstacle à la pleine communion de nos Eglises soeurs, catholiques et orthodoxes n'est plus aujourd'hui la question du ministère pétrinien à Rome, mais le libéralisme théologique en Occident! Pour les orthodoxes, l'Eglise Catholique enseigne, par la voix de certains théologiens libéraux, de véritables hérésies. Les orthodoxes, qui ont un sens fort de la Tradition et de la transmission de la Vérité, nous reprochent de nier la virginité de Marie, la réalité physique des miracles... Ce n'est plus, selon eux, la même foi que nous professons! Dès lors, autour de quoi s'unir?? A force de dissoudre la foi, on ne sait plus autour de quoi se retrouver, ni à quoi communier. 

Plus chaque Eglise approfondit sa Foi, plus on se rapproche les uns des autres dans la même Foi, tels les rayons d'une roue qui convergent vers le moyeu.  

La vraie frontière aujourd'hui n'est plus entre Catholiques, Orthodoxes ou Protestants, mais entre ceux qui sont vraiment croyants, qu'ils soient Catholiques, Orthodoxes ou Protestants, et ceux qui ne le sont plus vraiment, qu'ils soient Catholiques, Orthodoxes ou Protestants. La vraie frontière se situe aujourd'hui au niveau de la Foi : Est-ce que tu crois, oui ou non, que Jésus-Christ est conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie, et qu'il est ton Dieu?

7e étoile : quand la génétique moderne confirme le dogme

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7 octobre 2006 6 07 /10 /octobre /2006 10:12

 

Chers amis lecteurs,

 

Nous poursuivons avec le Père Daniel-Ange, auteur du livre "Touche pas à ma Mère", notre réflexion sur la maternité virginale de Jésus.

 

5°) La virginité consacrée fécondée par l'Esprit Saint : La virginité consacrée à Dieu n'aurait aucun sens si Marie n'était pas vierge, si elle n'était pas la première (l'archétype) des consacrés.

 

Le Père Daniel-Ange évoque ensuite les convergences - magnificences du mystère de la maternité virginale de Jésus.

 

1°) Tout d'abord, la nouveauté radicale : pour qu'un monde nouveau vienne dans ce monde vieillit par le péché, il fallait une conception d'un ordre radicalement nouveau. Car c'est un monde nouveau qui vient et qui commence avec la naissance de Jésus. Par l'Incarnation du Verbe éternel dans le sein de Marie, Dieu fait quelque chose de neuf dans le monde, comme une nouvelle Création (cf. le rapprochement biblique entre le premier chapitre du livre de la Genèse, et le Prologue de l'Evangile selon St Jean).

 

En se faisant homme, Dieu prend ma fragilité pour me donner sa force ; il entre dans mon exil pour me donner son Royaume ; il revêt ma pauvreté pour me combler de sa richesse ; il assume mes peurs pour me communiquer son bonheur ; il vient dans ma chair mortelle pour me faire entrer dans son immortalité...

2°) L'unicité : Pour le Fils Unique du Père, il convenait une naissance unique en son genre dans le sein de sa Mère. Par sa maternité divine, Marie entre ainsi dans l'engendrement éternel du Verbe. Le Verbe est son petit enfant. Elle peut dire à son Dieu : "Mon tout petit..." ; elle peut dire en toute vérité à Jésus cette Parole du Père de toute éternité : "Mon Fils, aujourd'hui, je t'engendre"...

 

Le sein virginal et maternel de Marie est comme l'aspect physique du sein miséricordieux du Père. Le sein virginal de Marie est comme le signe visible (le "sacrement") du sein maternel du Père.

 

3°) L'Eglise peut désormais renaître en Marie à la suite du Christ : De même que Jésus a été conçu dans le sein de Marie, ma conception baptismale se réalise dans le sein de Marie. Si je peux dire "Papa" à Dieu, c'est parce que Dieu a pu dire "maman" à Marie. Si Dieu n'avait pas dit "maman" à une femme de chez nous, personne n'aurait pu dire en toute vérité "papa" à Dieu. C'est l'admirable échange où Dieu prend une maman de chez nous pour nous donner son papa éternel. Tout cela est contenu dans la conception virginale. 

 

4°) La liberté de l'initiative de Dieu : Par la naissance virginale de Jésus dans le sein de Marie, Dieu manifeste sa souveraine liberté. Dieu a choisi de me sauver comme cela, parce qu'Il est libre de me sauver comme Il veut! Ce n'est pas à moi de Lui dire ce qu'Il aurait dû faire! Ce n'est pas à nous de réinventer le Salut comme il aurait dû Le réaliser. La maternité divine est son Oeuvre : plutôt que de la discuter, mettons-nous à genou devant le mystère et adorons...

Le Père Daniel-Ange revient ensuite sur la question des "frères et soeurs" de Jésus : aujourd'hui, c'est nous qui sommes frères et soeurs de Jésus selon la chair et le sang de Jésus, car nous recevons dans le mystère de l'Eucharistie la chair et le sang de Jésus. Jésus ne pouvait avoir de frères et soeurs selon la chair, car la fratrie charnelle nous était réservée... Et si Marie n'engendre pas Jésus dans la douleur, c'est parce qu'elle devait nous enfanter dans la douleur à la Croix. La douleur était réservée à l'enfantement du Corps de toute l'Eglise...

 

Comment imaginer que Marie, après avoir vécu quelque chose d'aussi inouïe que de recevoir du Ciel le Fils Unique du Dieu Vivant, ait pu avoir d'autres enfants avec Joseph? L'intégrité de Marie est le signe de l'intégrité de notre foi.

 

La virginité de Marie au-dedans d'un mariage, c'est pour manifester que les deux vocations à la sainteté (la virginité consacrée et le mariage) s'originent tous les deux à la même source de la Famille de Nazareth. Amoureux fous et mariés, Marie et Joseph sont tous deux consacrés dans la virginité à cause de Jésus.

 

Dans un mariage, ce sont les deux familles qui s'unissent. Ainsi en est-il dans l'évènement de l'Incarnation. Parce que la famille de Jésus est du côté paternel la divine Trinité, et du côté maternel l'humanité, il réunit en Lui le Ciel et la Terre. Jésus reçoit tout exclusivement de son Père dans sa divinité, et tout exclusivement de sa Mère dans son humanité. Aucun enfant n'a jamais autant ressemblé physiquement à sa Mère que Jésus, ni aucune mère à son enfant que Marie...

6e étoile : les convenances du mystère de la conception virginale

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24 juillet 2006 1 24 /07 /juillet /2006 23:21

 

Chers amis lecteurs,

 

Nous poursuivons avec le Père Daniel-Ange, auteur du livre "Touche pas à ma Mère", notre réflexion sur la maternité virginale de Jésus.

 

Le Père rappelle tout d'abord que l'enfantement virginal de Jésus a toujours été, de tout temps, un scandale intolérable. Comme le mystère de la Croix. Scandale que les premiers chrétiens ont dû assumer courageusement, alors qu'il était si facile de le renier : cela leur aurait épargné bien des moqueries et des sarcasmes.

 

Comme le disait le Cardinal Christoph SCHONBORN : "Comment peut-on imaginer que les chrétiens aient pu inventer une histoire ne provoquant que le scandale et le sarcasme". C'était contre leur intérêt de diffuser un tel évangile, et de faire accepter Jésus comme fils d'une vierge! Cf. Tiphon à Saint Justin : "Vous devriez rougir de stupidités pareilles!"... Et pourtant... Ils n'ont pas rougis! Ils l'ont affirmé courageusement. Et nous-mêmes ne rougissons pas, et nous sommes fiers et heureux de la manière que Dieu a choisie pour nous sauver!

 

Le Père Daniel-Ange insiste ensuite sur le lien étroit entre la naissance virginale de Jésus et la résurrection. Pour le théologien Karl Barth, les deux miracles forment ensemble un signe unique. Jésus sort du sein virginal de Marie, comme il va sortir quelques années plus tard du tombeau fermé par la pierre. Aux deux extrémités de la vie de Jésus, il y a une intervention directe et immédiate de Dieu au-dedans des lois de la nature. C'est un mystère qui marque le début et la fin de la vie de Jésus.

 

La conception virginale de Jésus n'est donc pas une donnée secondaire, mais l'authentification même de sa divinité! Elle est le sceau, comme le signe que Jésus est vraiment Fils de Dieu, recevant tout de sa divinité exclusivement de son Père, et tout de son humanité exclusivement de sa mère. Et si Dieu est capable de se faire homme, à combien plus forte raison peut-il naître d'une vierge.

 

Pour Jacques DUQUESNE, il n'est pas possible de croire et à la conception virginale de Jésus, et à l'Incarnation. Selon lui, s'il y a conception virginale, il ne peut y avoir Incarnation. Mais au contraire! Il n'est pas possible de croire à la conception virginale si on ne croit pas qu'il s'agit de Dieu, et il est très difficile de croire en l'Incarnation s'il n'y a pas conception virginale!

 

Tout ce qui touche à la virginité de Marie touche donc à l'identité divine de Jésus. Et la conséquence logique de la négation de la virginité de Marie, c'est la négation de l'identité divine de Jésus. Car tout se tient! Comme le disait Jean-Paul II : "La virginité avant l'enfantement est la plus importante, car elle concerne la conception de Jésus et touche directement au mystère même de l'Incarnation. Dès le commencement, elle a été constamment présente dans la foi de l'Eglise, en Orient comme en Occident".

 

Le Père Daniel-Ange évoque ensuite les concordances et confirmations expérimentales de la conception virginale dans la vie de l'Eglise et dans notre propre vie.

 

1°) La Pentecôte : Le soir de Pâques, lorsque Jésus souffle sur ses Apôtres (la petite Pentecôte), et 50 jours après la résurrection (la grande Pentecôte). Mais aussi au jour de l'Annonciation : "L'Esprit Saint viendra sur toi"... comme au jour de la Visitation.

 

Le jour de la grande Pentecôte, l'Eglise va faire l'expérience d'une descente directe et immédiate de la personne de l'Esprit Saint. Or, Marie dans la Chambre Haute est la seule à avoir déjà fait cette expérience ; elle peut donc préparer les Apôtres à vivre ce qu'elle à vécu au moment de la conception virginale.

 

2°) L'expérience de l'enfantement de l'Eglise : l'expression "L'Esprit Saint viendra sur toi" revient deux fois dans la Bible. En Isaïe 32.15 au sujet du Peuple de Dieu, et... au jour de la Pentecôte. Cette expression est donc liée à l'enfantement de tout le Peuple de Dieu, de toute l'Eglise.

 

Comme disait Luther : "Marie est la mère de l'Eglise, car elle est la mère de tous ceux qui ont été régénérés dans l'Esprit Saint". Marie est la mère de l'Eglise dès la conception de Jésus, car ce petit embryon de Dieu, c'est déjà l'Eglise qui est contenu dedans! C'est le corps physique de Jésus qui contient déjà tout le Corps mystique de l'Eglise qui va en sortir, comme l'arbre sort de son germe, et Marie, en portant ce petit embryon, nous a déjà porté tous : ce "fruit béni de ses entrailles" est la première cellule initiale de toute l'Eglise.

 

3°) Ma propre filiation divine : dans le baptème, j'ai été engendré directement par le Père. Le Père fait de nous son petit enfant. Telle est notre expérience de la conception virginale! Car ce n'est pas l'oeuvre de la chair, c'est une descente de Dieu. Je vais devenir enfant de Dieu comme Dieu est devenu enfant des hommes. Et je vais grandir en enfant de Dieu comme Dieu a grandi en humanité : dans le sein même de Marie. Je vais donc choisir pour être divinisé le lieu même où Dieu a choisi d'être humanisé. Et si je grandis dans le sein virginal de Marie tout rempli de l'Esprit Saint, je suis assuré qu'à ma mort, je vais naître à l'autre vie comme un petit enfant dans ses bras.

 

4°) L'Eucharistie : Dans chaque Eucharistie, nous sommes témoins de ce qui s'est passé à l'Annonciation. A la messe, j'offre le pain et le vin comme Marie a offert sa chair et son sang (c'est la matière). Puis viens l'Epiclèse... A chaque descente de l'Esprit Saint pour que le pain devienne Dieu, c'est l'expérience de la conception virginale!

 

L'Eucharistie est donc une oeuvre conjointe de l'Esprit Saint et de l'Eglise comme l'Incarnation fut l'oeuvre conjointe de l'Esprit Saint et de Marie. A la messe, l'Esprit Saint ne peut rien faire sans le prêtre, comme à l'Annonciation, l'Esprit Saint ne pouvait rien faire sans Marie lui offrant sa chair virginale. A chaque Eucharistie par conséquent, je réalise la conception virginale. Et si la conception virginale, c'est du bidon, alors tous les sacrements de l'Eglise, c'est du bidon aussi!

 

Nier la conception virginale conduit donc naturellement à nier l'Eucharistie, et à nier la présence réelle du Seigneur dans l'Eucharistie. On voit donc toutes les conséquences d'une remise en cause du dogme de la conception virginale de Jésus...

5e étoile : confirmation expérimentale de la conception virginale

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11 juin 2006 7 11 /06 /juin /2006 13:43

[Le présent article est une nouvelle contribution au passionnant débat engagé sur ce Blog au sujet de la délicate question de la virginité perpétuelle de Marie, et constitue la suite de l'article consacré aux "frères et soeurs" de Jésus, ainsi qu'à ma réponse au Commentaire n° 14 du Pasteur Eric Georges].

 

Pourquoi les Evangélistes n’ont-ils pas été plus explicites au sujet de la virginité perpétuelle de la Vierge Marie ? Je me permets de vous livrer ici, cher Pasteur, le fruit de ma réflexion à ce sujet.

 

1°) Tout d’abord parce que les Evangiles ont été écrits pour faire connaître au monde le nom de Jésus, « en dehors duquel il n’y a pas de salut » (Actes 4. 12). La Bonne Nouvelle du Salut, ce n’est pas d’abord un message ou un évènement, ce ne sont pas des prodiges ou des miracles éclatants, c’est d’abord une personne vivante, c’est Jésus-Christ lui-même ! C’est Lui et Lui seul qui est l’objet de la prédication évangélique, car c’est Lui et Lui seul qui est notre Salut. C’est en Lui que nous trouvons la vie, c’est par Lui que nous allons au Père, et c’est de Lui que vient tout don parfait, y compris celui de la virginité perpétuelle de Marie ! A ce dernier titre, ainsi que l’écrivait Roger Bichelberger : « c'est la foi au Christ et elle seule qui fonde (…) notre vénération pour [la Mère de Dieu]. »

 

Les miracles, les signes et les prodiges, dont celui de la virginité perpétuelle de Marie, ne sont donc jamais premiers dans la prédication évangélique. Ceux-là ne valent d’ailleurs qu’en tant qu’ils signifient la présence du Ressuscité au milieu de nous, et manifestent sa puissance salvifique. Beaucoup ne sont sans doute pas relatés, selon l’aveu même de Saint Jean : « Il y a encore beaucoup d’autres choses que Jésus a faites ; et s’il fallait rapporter chacune d’elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l’on écrirait ainsi. » (Jn 21. 25)

 

2°) Comme vous le dites si bien : les Evangiles « ne se veulent pas des récits biographiques (…). En revanche, ils relatent ce qui sort de l’ordinaire. »

 

La vie continente de Marie après la naissance de Jésus sortait-elle vraiment de l’ordinaire ?

 

Sans doute moins que le mystère même de la conception et de la naissance virginales de Jésus, sur lequel les Evangélistes insistent tant  : le grand mystère de l’Incarnation, la venue de Dieu dans notre condition humaine !

 

Rappelons en outre qu’à l’époque de Jésus, la virginité consacrée n’était pas totalement inconnue. Nombreux étaient en effet ceux et celles qui – tout en vivant chez eux – embrassait cet état de vie, à l’intérieur d’un mouvement lié au « monachisme » de Qumran (les Esséniens).

 

La virginité vécue dans le cadre des fiançailles constituait, il est vrai, une nouveauté radicale et... « détonante » dans le judaïsme contemporain. Mais était-elle finalement si… étonnante pour les Evangélistes, au regard de la Radicale Nouveauté manifestée en Jésus-Christ, dont ils ont eue eux-mêmes à témoigner dans leurs écrits ?

 

Même à supposer que cette virginité perpétuelle de Marie ait pu leur paraître chose extraordinaire, dans le nombre si considérable de faits merveilleux ayant parsemé la vie du Fils de Dieu en notre monde, celui-là n’était peut-être pas le plus éclatant…

 

En tout cas, plus grand-chose ne devait les étonner au sujet du Christ et de tout ce qui le concernait de près ou de loin, et surtout pas la vie chaste et pure de sa mère à laquelle ils étaient tous appelés, eux aussi, tous mariés que certains d’entre eux aient pu être !

 

La continence sexuelle pour le Royaume à laquelle fait allusion Jésus en Mt. 19.11-12, n’était pas condamnation de la sexualité ou du mariage, mais elle s'est très vite imposée comme une évidence aux disciples du Christ désireux de vivre, à l'imitation de leur Maître, un amour sans partage à l'égard de tous, et sans réserve à l'égard de l'Unique. L’extraordinaire n’aurait-il donc pas été pour les Apôtres et Evangélistes que la Mère du Sauveur, première des disciples du Christ, après l'avoir enfanté dans la virginité, ne vécût pas elle-même cette continence pour le Royaume ?

 

3°) Enfin, et peut-être même surtout, les Evangélistes n’ont sans doute pas pris immédiatement la pleine mesure du don que Jésus fit sur la Croix au disciple qu’il aimait.

 

Il a fallu en effet des siècles de contemplation du mystère du Christ et de l’Eglise, pour que le peuple de Dieu entre progressivement dans l’intelligence de cet évènement fondateur, et saisisse la portée véritable du rôle maternel de la Vierge Marie à l’égard de l’Eglise toute entière, Corps mystique du Christ.

 

Comme l’écrivait St Louis Marie Grignion de Montfort : « Dieu le Fils veut se former et, pour ainsi dire, s'incarner tous les jours, par sa chère Mère, dans ses membres (…) Si Jésus-Christ, le chef des hommes, est né en elle, les (…) membres de ce chef, doivent aussi naître en elle par une suite nécessaire. Une même mère ne met pas au monde la tête ou le chef sans les membres, ni les membres sans la tête : autrement ce serait un monstre de nature. De même, dans l'ordre de la grâce » (Traité de la Vraie Dévotion, § 31 et 32)

 

Cette prise de conscience "tardive" du rôle de Marie dans l'économie du Salut est sans doute providentielle ! Car de même qu’il fallut que le Fils de l’Homme meure et ressuscite pour que sa messianité puisse être ouvertement proclamée au peuple d’Israël, sans risque de mésentente quant à la véritable signification de cette messianité (je vous renvoie ici à la question du « secret messianique » dans les Evangiles), de même sans doute fallait-il que Marie montât au Ciel, et que le dernier Apôtre disparaisse, pour que la Gloire de la Mère de Dieu (prémisse de notre propre glorification) éclatât et soit pleinement manifestée au monde, et pour que le mystère de sa maternité ecclésiale soit pleinement dévoilée.

 

Une prise de conscience prématurée du rôle de Marie dans l’Eglise aurait pu en effet ouvrir la brèche à d’innombrables dérives, et prêter le flan à de nombreuses hérésies, ou à tout le moins à des dévotions mal placées.

 

C’est ce que suggère du reste encore St Louis Marie Grignion de Montfort : « Marie n'a presque point paru dans le premier avènement de Jésus-Christ, afin que les hommes encore peu instruits et éclairés sur la personne de son Fils, ne s'éloignassent de la vérité, en s'attachant trop fortement et trop grossièrement à elle, ce qui apparemment serait arrivé si elle avait été connue, à cause des charmes admirables que le Très-Haut avait mis même en son extérieur. Ceci est si vrai que saint Denys l'Aréopagite nous a laissé par écrit que, quand il la vit, il l'aurait prise pour une divinité, à cause de ses charmes secrets et de sa beauté incomparable, si la foi, dans laquelle il était bien confirmé, ne lui avait appris le contraire. Mais dans le second avènement de Jésus-Christ, Marie doit être connue et révélée par le Saint-Esprit afin de faire par elle connaître, aimer et servir Jésus-Christ, les raisons qui ont porté le Saint-Esprit à cacher son Épouse pendant sa vie, et à ne la  révéler que bien peu depuis la prédication de l'Évangile, ne subsistant plus. »(Traité de la Vraie Dévotion, § 48)

 

Ainsi donc, de même qu’il a fallu des siècles et des siècles de préparation du peuple hébreu avant que le Seigneur n’envoie son Fils et ne se révèle au monde dans la vérité de son identité trinitaire, de même aussi a-t-il fallu des siècles d’une lente pédagogie divine, et d’une patiente maturation du peuple de Dieu sous la motion de l’Esprit Saint, pour qu’apparaisse peu à peu l’admirable figure de Marie, dans toute sa splendeur et majesté, sans risque de confusion avec le rôle unique et central du Christ dans le plan divin de Salut de l’humanité.

 

Nous avons d’ailleurs trace dans l’Evangile de cette délicatesse du Seigneur envers les disciples, au sujet des vérités qu’ils ne sont pas encore prêts à porter, et qui ne seront dévoilées qu’après un temps de croissance dans l’Esprit Saint : « J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l'instant vous n'avez pas la force de les porter. Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu'il aura entendu ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître » (Jn 16. 12-13).

 

La foi en la virginité perpétuelle de Marie possède donc de solides fondements scripturaires, attestés par l’Histoire, et développés par la tradition catholique sous la conduite de l’Esprit de Pentecôte.

 

Outre ceux que j’ai eu l’occasion d’exposer dans le commentaire auquel vous avez réagi, cher Pasteur, les Pères de l’Eglise se plaisent à citer un autre texte, tiré cette fois de l’Ancien Testament.

 

Il est ainsi écrit dans Ézéchiel 44.2 : "Cette porte sera fermée ; elle ne s'ouvrira point ; et l'homme n'y passera pas parce que le Seigneur Dieu d'Israël est entré par elle."

 

Saint Augustin commente ainsi ce texte : "Que signifie cette porte fermée dans la maison du Seigneur, sinon que Marie sera toujours intacte ? Et que "l'homme n'y passera pas" sinon que Joseph ne la connaîtra pas ? Que signifie : "Seul le Seigneur entre et sort par elle", sinon que le Saint-Esprit la fécondera et que le Seigneur des anges naîtra d'elle ? Et "elle sera fermée pour toujours", sinon que Marie est vierge avant l'enfantement, vierge dans l'enfantement et vierge après l'enfantement ?" 

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10 juin 2006 6 10 /06 /juin /2006 13:04

 

Chers amis lecteurs,

 

Nous poursuivons avec le Père Daniel-Ange, auteur du livre "Touche pas à ma Mère", notre réflexion sur la maternité virginale de Jésus.

 

Après avoir énuméré les présupposés idéologiques sous-jacents à la négation de ce mystère, le Père Daniel-Ange nous convie à une promenade dans le Nouveau Testament, et tout d'abord... dans les Evangiles eux-mêmes.

 

Le premier contradicteur de Jacques Duquesne en effet, ce sont les Evangiles, dans lesquels rien n'est affirmé avec plus de netteté que la naissance virginale de Jésus. C'est une évidence qui ressort de tous les Evangiles.

 

1°) L'Evangile de Matthieu :

 

Il y a tout d'abord la généalogie du Christ. Jésus est présenté comme fils d'Abraham et fils de David... par l'intermédiaire de Joseph, qui est présenté par Matthieu, en rupture avec tout ce qui précède, comme "l'époux de Marie de laquelle fut engendré Jésus".

 

Cette rupture dans la généalogie est tellement spectaculaire que Matthieu se sent obligé d'expliquer ce qui s'est passé. Et c'est la suite de son texte : l'annonce à Joseph. Littéralement, l'Ange dit à Joseph : "Ton épouse fut trouvée ayant en son ventre de par l'Esprit Saint". Ce qui signifie clairement que quelqu'un d'autre que lui est intervenu dans cette mystérieuse conception de Jésus, quelqu'un que l'Ange désigne comme... "l'Esprit Saint".

 

Matthieu cite ensuite la prophétie d'Isaïe, en 7.14 : "Voici que la vierge concevra..." Là dessus, de nombreux exégètes font remarquer que le terme hébreu employé pour désigner la "vierge" signifie en réalité "la jeune fille", et qu'il est donc abusif d'invoquer ce texte pour affirmer que le Messie devait naître d'une vierge. Mais la traduction grecque de laquelle s'inspire Matthieu retient, elle, la référence à la "vierge", par fidélité à la prophétie même d'Isaïe qui évoque indiscutablement une "vierge"! Car autrement, où serait le signe pour Achaz? Qu'y aurait-il d'extraordinaire en effet dans le fait qu'une "jeune fille" enfante? Pour frapper le Roi Achaz, il fallait un grand signe, un signe extraordinaire : ce signe ne pouvait donc résider que dans l'enfantement d'une vierge, car là précisément est l'extraordinaire! Si la "jeune fille" évoquée par Isaïe n'était pas "vierge", toute l'argumentation du prophète tomberait à l'eau...

 

Joseph troublé, devant la grandeur du mystère, souhaite se retirer. Mais l'ange insiste : c'est lui (et non Marie) qui donnera son nom à Jésus, et qui l'inscrira ainsi dans la généalogie davidique. Il est remarquable à cet égard de relever que ni Matthieu, ni Luc n'ont voulu fait de Marie la fille de David, généalogiquement parlant : ils ont ainsi préféré prendre le risque que l'on doute de la filiation davidique de Jésus, plutôt que de sa filiation divine!

 

Il est remarquable aussi de noter que Joseph n'est mentionné dans les Evangiles que dans les passages où il est précisément affirmé que Jésus n'est pas le fruit de sa propre chair!

 

2°) L'Evangile de Luc

 

Dans le récit de l'Annonciation, l'ange Gabriel salue Marie en prononçant les mots "Réjouis-toi". Référence explicite au "réjouis-toi" à la fille de Sion. Or, dans tous les prophètes, la fille de Sion est vierge...

 

Vient ensuite la double annonce : Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils. Il sera Fils du Très Haut et Fils de David. Il y a donc ici conjonction entre la généalogie divine de Jésus, et sa naissance humaine en Marie.

 

Réaction de Marie à cette annonce : "Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge" Réponse de l'Ange : "L'Esprit Saint viendra sur toi". Et voici qu'un signe est donné à Marie : "voici qu'Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu'on l'appelait : 'la femme stérile'". Comme pour Isaïe 7.14, où serait le signe ici si Elisabeth n'était pas une miraculée? Elle reçoit un enfant alors qu'elle est stérile : là est le signe! L'Ange dit d'ailleurs à Marie : "Rien n'est impossible à Dieu". Sur quoi peut donc bien porter l'impossibilité ici, sinon précisément dans le fait qu'une femme stérile puisse enfanter, comme Sarah. Ce qui est donc clairement sous entendu ici, c'est que si une femme stérile et âgée peut enfanter, pourquoi une vierge ne le pourrait-elle pas? Le signe répond en outre directement à la question de Marie : "Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge? Dois-je m'unir à Joseph?"

 

Lorsque Jésus a 12 ans, et que Marie et Joseph le retrouvent après trois jours de recherche dans le Temple de Jérusalem, Marie dit à Jésus : "Vois comme ton père et moi avons souffert en te cherchant". "Ton père et moi"... Réponse Jésus : " Ne le saviez-vous pas ? C'est chez mon Père que je dois être". "Chez mon Père"... A 12 ans, Jésus est donc parfaitement conscient de son identité.

 

En Luc 3. 23 : "Jésus avait environ trente ans ; il était, croyait-on, fils de Joseph". "Croyait-on"...

 

Malgré que Joseph ne soit pas le père naturel de Jésus, sa présence est essentielle dans le Plan de Dieu. Il est tout d'abord pour Jésus le signe visible et sensible de son Père du Ciel. Il est aussi le premier père adoptif : le premier de tous les parents adoptifs qui vont aimer un enfant de tout leur coeur, alors qu'il n'est pas de leur propre chair. Il est un père dans la foi, car il lui est demandé de consentir au mystère, de dire "oui" au "oui" de Marie. Il est enfin le premier des pères spirituels qui engendre spirituellement un enfant qui n'est pas de sa chair. Il est ainsi le "staretz"... de Dieu!

 

3°) L'Evangile de Marc

 

En 6.3, Jésus est étrangement désigné comme étant le fils de Marie, et non celui de Joseph, alors que le contexte se prêterait pourtant à une telle dénomination : "N'est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ?"

 

Sur les "frères et soeurs" de Jésus, voir : Jésus a-t-il eu des frères et des soeurs?

4°) L'Evangile de Jean

 

Dans le prologue, Jean nous dit que Jésus n'est engendré "ni du sang, ni d'un désir d'homme, mais de Dieu".

 

En 8.48, les pharisiens lui lancent : "Nous, nous ne sommes pas nés de la prostitution!" Jésus leur dira : "C'est de Dieu que je suis sorti".

 

5°) En Saint Paul

 

Dans l'Epître au Galate, en 4.4, Saint Paul écrit : "Dieu a envoyé son Fils ; il est né d'une femme". "Né d'une femme" : dans la culture hébraïque, voilà une expression bien étrange...

 

Au ras des Evangiles et du Nouveau Testament, il s'impose donc une évidence : c'est que le fait a précédé l'interprétation. Il y a eu un fait incontournable, qui a beaucoup gêné les Evangélistes, mais que ceux-ci n'ont pu taire, un fait dont il a bien fallu ensuite expliquer le sens. La vérité est ici proclamée au risque de ses conséquences, car elle est scandale impossible à expliquer aux hommes : elle est de l'ordre d'une intervention gratuite de Dieu.

4e étoile : au ras des Evangiles

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2 juin 2006 5 02 /06 /juin /2006 23:45

« La présence de Marie dans le cœur de celui qui prie le chapelet attire en lui la prière de l’Esprit Saint, comme un four solaire attire les rayons du soleil et obtient une température de plusieurs centaines de degrés.

« C’est ce qui s’est passé au Cénacle, quand Marie a joint sa supplication à celle des disciples, devenant ainsi le modèle de l’Eglise en prière : l’Esprit a mis le feu à l’Eglise et au monde en les portant au plus haut degré d’incandescence. »

(Jean Lafrance, « Le chapelet, un chemin vers la prière incessante », Médiaspaul 1997, page 13)

 

« C’est pourquoi [la présence de Marie] était indispensable à la Pentecôte. Vous savez qu’aujourd’hui on fabrique des fours solaires : ce sont des miroirs paraboliques concentrant les rayons du soleil sur un foyer où l’on obtient facilement trois mille degrés. Eh bien, au moment de la Pentecôte, Marie était ce miroir parabolique. Marie n’est pas le Soleil, mais elle attirait les rayons du Soleil par sa confiance. » 

(Marie-Dominique Molinié, « Le courage d’avoir peur », Cerf 2003, pages 222-223).

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