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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 09:20

phoca thumb l ordination-pretres-paris (18)En ce dimanche où Jésus nous invite à prier le Maître de la Moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson (Lc 10. 2), je vous invite à lire et méditer la très belle homélie prononcée par le Cardinal André Vingt-Trois lors de la messe d’ordination de neuf nouveaux prêtres en la Cathédrale Notre Dame de Paris, le samedi 26 juin 2010.

 

Frères et Sœurs,

 

Cette année notre célébration de l’ordination des nouveaux prêtres du diocèse de Paris prend une dimension exceptionnelle. D’abord elle marque la clôture de l’année sacerdotale pour le 150eanniversaire de la mort de saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars. D’autre part, j’ai aussi souhaité que cette ordination soit l’occasion d’un rassemblement diocésain qui associe toutes les paroisses et les communautés au terme de notre première année de « Paroisses en mission ».

 

Bien sûr, nous savons que nous ne sommes ici qu’une petite partie de l’immense peuple de Dieu qui constitue le diocèse de Paris. Nous avons bien conscience de n’être que les représentants visibles de ces assemblées dominicales que j’ai appelées cette année à s’investir davantage dans la mission de l’Église.

 

(…) Thomas, Nicolas, Grégoire, Nathanaël, Thierry, Thierry, Joseph, Luc et Sébastien,

 

Célébrer votre ordination sacerdotale au cours de ce rassemblement diocésain n’est pas une manière de relativiser l’événement exceptionnel que vous vivez aujourd’hui, au contraire. C’est au cœur de ces communautés que votre vocation personnelle a pris corps, c’est pour le service de ces communautés que vous êtes ordonnés et que le Christ appelle chacun d’entre vous et vous consacre. La magnifique figure de notre Église assemblée vous donne visiblement le cadre de votre vie de prêtres qui commence aujourd’hui.

 

Vous êtes accompagnés par vos familles que je salue et auxquelles j’exprime la reconnaissance de tous. Autour de votre évêque et de ses auxiliaires, avec l’ensemble du presbyterium qui va vous imposer les mains, entourés des diacres, des religieux et des religieuses, de toutes les personnes consacrées et portés par le peuple tout entier, vous recevez en même temps votre mission et votre place dans l’Église du Christ pour guider et nourrir le peuple chrétien, pour participer à sa mission et rendre témoignage au Christ.

 

Alors que notre Église a été durement touchée tout au long de cette année, nous mesurons bien que notre engagement à la suite du Christ est un engagement de pauvres hommes qui n’échappent ni aux perversions communes, ni aux fautes des membres de l’Église. Notre corps sacerdotal a été secoué par la révélation du mal qu’ont fait un certain nombre de ses membres. L’Église tout entière en a été frappée. Nous en avons souffert, nous en souffrons et nous en demandons pardon à celles et ceux qui en furent les victimes. Mais nous avons assez foi en la puissance de Dieu pour savoir qu’Il continue d’agir malgré nos faiblesses.


Ce n’est pas de nos qualités, de nos talents, ni même de nos convictions que nous sommes les témoins. C’est du Christ ressuscité et de la vie de son Esprit en ce monde. Ce ne sont pas notre valeur morale que nous annonçons, c’est la Bonne Nouvelle du Salut. Dans le Christ, le péché et la mort ont été vaincus et ceux qui essaient d’être disciples du Christ sont témoins de cette victoire. Comme les Apôtres à Césarée, avec le peuple de Dieu tout entier, nous sommes sollicités aujourd’hui encore pour dire qui est Jésus-Christ. Qui il est pour nous ; qui il est pour chaque homme et chaque femme de notre temps.


La véritable réponse aux questions de ce monde n’est pas dans le même registre que celui des questionneurs. Ceux-ci sont tentés de mesurer l’authenticité de l’Église à l’aune des moyens de communication pour lesquels l’image construite et présentée compte plus que la réalité. Notre véritable réponse aux questions de ce monde n’est pas dans une stratégie de communication, elle est ici ce matin, dans cette cathédrale et sur son parvis. C’est l’Église toujours vivante malgré ses faiblesses et ses blessures, c’est l’Église fondée par le Christ, animée par son Esprit, l’Église sans cesse en croissance et en mouvement, l’Église mobilisée et passionnée par l’annonce de Jésus-Christ.

 

Ce sont les chrétiens qui témoignent de Jésus-Christ dans tous les quartiers de notre grande ville et dans tous les domaines de leur vie : leur famille, leur travail, leurs loisirs. Ce sont ces mêmes chrétiens qui se rassemblent chaque dimanche pour proclamer la foi de l’Église, recevoir la Parole de vérité et le Pain de vie. Ces assemblées paroissiales sont variées et bigarrées par les différentes nationalités et les différentes cultures de ceux qui s’y retrouvent comme les membres d’une même famille. Nos communautés essaient, semaine après semaine, de témoigner dans ce monde que la diversité sociale n’est pas un danger, pas plus que la diversité raciale ou culturelle. Ces diversités sont des richesses précieuses.

 

Ces chrétiens qui se réunissent chaque dimanche par dizaines de milliers, sont une puissante force de transformation de notre monde et de notre société. Par leur manière de vivre, par leur persévérance dans les difficultés, par leur espérance dans les possibilités de rendre ce monde meilleur, ils sont une référence et un soutien pour toute notre société. Ils savent que cette société n’est pas toujours prête à porter et à soutenir les valeurs du christianisme et ils acceptent que leur témoignage ne soit pas reconnu et même qu’il soit critiqué. Ils ne demandent aucun traitement de faveur, mais ils demandent d’être respectés au nom de leur service du bien commun.

 

Dans ce monde, dans tous les temps et sous toutes les latitudes, la fidélité à la personne du Christ et à son enseignement a toujours été un combat. Dire qui est Jésus-Christ ne conduit pas nécessairement à se faire des amis. Jésus en a prévenu ses disciples : « Vous serez traduits devant des gouverneurs et des rois, à cause de moi : ils auront là un témoignage pour eux et pour les païens. Lorsqu’ils vous livreront, ne vous inquiétez pas de savoir comment parler ou que dire : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là, car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous. »(Mt. 10, 18-20).

 

Ce n’est pas sur nos forces que nous pouvons compter, mais sur la force de Dieu. On a pu enchaîner Pierre et traduire Paul en jugement. On ne peut pas enchaîner la Parole de Dieu. Chers amis, vous pouvez donc accepter avec confiance le ministère auquel vous êtes appelés, pourvu que vous soyez résolus à vous appuyer sur la grâce de Dieu et sur la vie de l’Église pour conduire votre vie et votre action.

 

Notre rassemblement de ce jour béni est d’abord un acte de foi dans cette puissance de Dieu qui conduit son Église en rassemblant, semaine après semaine, les disciples de Jésus et en les nourrissant de sa Parole et de ses sacrements. Mais, l’authenticité de cette parole et de ces sacrements nous est garantie, non par un contrôle idéologique ou par un alignement de tous sur de bons sentiments généreux. Elle nous est garantie sacramentellement par le ministère des prêtres agissant dans l’Église par l’envoi du Christ pour faire ce que lui-même a fait. Quand nous prêchons, malgré les limites de nos discours, c’est lui-même qui instruit son Église. Quand nous consacrons le pain et le vin, c’est lui-même qui se donne en nourriture et en boisson. Quand nous pardonnons les péchés, c’est lui-même qui fait miséricorde. Quand nous baptisons, c’est lui qui baptise. Dans tous les sacrements par lesquels il nous donne sa vie, il a voulu passer par les simples paroles et les pauvres gestes de ses ministres pour toucher lui-même chaque chrétien dans son âme et dans son corps.


Nous sommes remplis de joie et de gratitude pour le soin que Dieu prend de son peuple à travers le ministère des prêtres. Nous sommes remplis de joie et de gratitude pour tous ces hommes que le Christ a choisis et appelés pour « être avec lui » et partager sa mission pastorale.

 

Je pense aux neuf prêtres que nous allons ordonner aujourd’hui, mais aussi tous ceux qui les ont précédés et dont nous sommes heureux de fêter le jubilé de l’ordination, aux prêtres âgés qui suivent cette célébration depuis la maison de retraite Marie-Thérèse et bien-sûr à tous ceux qui vont vous imposer les mains et appeler sur vous le don de l’Esprit du Christ. Aujourd’hui nous voulons remercier Dieu pour ce don magnifique et vous remercier, vous, ses prêtres et ses diacres, qui avez généreusement répondu à son appel, vous par qui nous avons été enfantés à la foi, reçus dans l’Église et soutenus et fortifiés dans notre suite du Christ.

 

Frères et Sœurs, laissez-moi vous faire une confidence. Je crois que tous vos prêtres réunis ici tout comme ceux qui nous sont unis par la pensée et la prière, tous ont le cœur débordant de joie et de gratitude pour le bonheur que Dieu leur donne grâce à vous. Tous sont émerveillés des fruits que produit l’Esprit dans la vie de tant d’hommes et de femmes, souvent inconnus, qui sont aujourd’hui les témoins du Christ au milieu de ce monde. Ils trouvent leur joie et leur épanouissement à exercer leur service pastoral avec vous et pour vous. Ils se réjouissent de voir comment la force de l’Esprit surmonte vos faiblesses et vous conduit à mettre en pratique le commandement de l’amour. Vous le faites dans vos familles entre époux et avec vos enfants ; vous le faîtes dans vos paroisses et vos mouvements quand vous donnez généreusement de votre temps pour aider à la vie de vos communautés ; vous le faites dans votre vie sociale quand vous vous engagez pour plus de justice et de générosité. Grâce à vous, notre foi est fortifiée, notre espérance est éclairée. Avec Paul, nous pouvons dire : « Je sais en qui j’ai mis mon espérance et je ne serai pas déçu. »

 

Au moment où notre société traverse une crise où les incertitudes économiques font ressortir les questions fondamentales sur notre modèle de vie sociale et appellent à nouveau une réflexion sur le sens de la vie humaine, l’Évangile et son programme de justice et d’amour prennent une actualité nouvelle. Un certain nombre de nos contemporains entendent avec plus d’intérêt et plus d’attention celles et ceux qui ne se laissent pas enfermer dans le piège de l’exploitation anarchique du monde pour la satisfaction de leurs désirs immédiats, celles et ceux qui osent poser les questions des finalités : pourquoi l’homme est-il sur la terre et comment peut-il être digne de sa vocation unique ?


Catholiques de Paris, dans ce temps de grâce, dans ce moment opportun, ne faillissons pas à notre mission ! Que chacune de nos communautés, – et spécialement nos assemblées dominicales –, soit un flambeau d’espérance dans la grisaille des jours. Que chacune et chacun d’entre nous soit un signe que la promesse de Dieu s’accomplit pour ces temps et en ces lieux.

 

Thomas, Nicolas, Grégoire, Nathanaël, Thierry, Thierry, Joseph, Luc et Sébastien, Vous commencez votre ministère de prêtre dans une période pleine de promesses. Vivez le comme une grâce particulière au service de l’Église tout entière. Regardez ce peuple qui vous entoure. Il est le signe et le gage que la mission que vous recevez pourra s’accomplir en communion avec lui.

 

Aux jeunes hommes qui sont ici ce matin, je veux dire encore une fois : l’Église qui est à Paris a besoin de prêtres passionnés par l’annonce de l’Évangile et le service du peuple des chrétiens. Vous pouvez être ces prêtres si vous acceptez tout simplement d’entendre l’appel de Dieu et d’y répondre. En tout cas, moi aujourd’hui je vous y invite sans crainte car je sais que Dieu donne les moyens d’accomplir ce qu’il demande et qu’être prêtre est un chemin de bonheur. « Ne vous amassez pas de trésors sur la terre, où les mites et les vers font tout disparaître, où les voleurs percent les murs et dérobent… Là où est ton trésor là aussi est ton cœur. » (Mt. 6, 19…21). Réfléchissez, priez et demandez souvent à Dieu : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? »



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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 12:21

Homélie du Jour de Pâques prononcée par le Père Walter Covens, le dimanche 4 avril 2010.

 

Jésus, le crucifié, est maintenant ressuscité des morts. Il est vivant. La défaite la plus radicale a été transformée en une victoire irréversible. La mort s’est acharnée contre l’Oint de Dieu, le Messie. Elle a fait tout ce qu’elle pouvait pour réduire à néant le courage et la fidélité du Sauveur. Elle a tiré toutes ses flèches, tout son arsenal de haine, d’injustice, d’humiliation, de douleur. Elle a livré une bataille impressionnante, sanglante, mais le Messie de Dieu est sorti vainqueur du tombeau.

 

Qu’est-ce que cela veut dire pour nous ? Cela veut tout dire, absolument tout. La résurrection est le sceau qui valide tout ce que Jésus a dit et fait : sa prétention d’être Fils de Dieu, d’avoir autorité pour pardonner les péchés et pour rétablir la communion entre Dieu et l’homme ; son appel universel à nous défaire de l’égocentrisme pour aimer Dieu et notre prochain comme une voie vers le bonheur véritable ; sa promesse de donner sa grâce par l’Eglise qui demeurera jusqu’à la fin. Si Jésus n’était pas ressuscité de morts, aucune de ces prétentions ne mériterait que l’on s’y arrête. Dans ce cas, Jésus aurait été l’un de ces hommes, un de plus, bien intentionné sans doute, mais un doux rêveur dont les rêves auraient été anéantis par la dure réalité de la vie.

 

Avez-vous remarqué que chaque fois que des gens se mettent à vivre en ignorant les enseignements et l’exemple du Christ, ils finissent toujours par mettre en doute le réalisme de sa résurrection? Après tout, si le Christ n’est pas ressuscité des morts, il n’a pas plus d’autorité sur nous que Socrate ou Confucius ou Bouddha ou Mohammet, ou même le docteur Rufo…

 

Mais Jésus est bel et bien ressuscité des morts. Sa victoire sur le mal et le mensonge, sur l’injustice et la souffrance est totale, irréfutable, et irréversible. Personne ne peut nier qu’en vingt siècles d’histoire on a pu voir un flot ininterrompu de saints, une croissance durable de l’Eglise catholique et une vitalité chrétienne qui ne se dément pas, quoi qu'en disent les médias en Occident...

 

***

 

Tous les grands conquérants de l’histoire auraient aimé vivre pour toujours, mais aucun d’entre eux n’a pu vaincre son plus grand ennemi : la mort. Le Christ seul l’a fait. L’un des plus fameux d’entre eux a essayé, d’une certaine manière, de le faire. Il s’appelait Napoléon Bonaparte. Il était un officier militaire qui a pris le pouvoir en France pour rétablir l’ordre après la Révolution française. Mais il avait des ambitions qui dépassaient les frontières françaises. Il se considérait comme une sorte de Messie, destiné à établir un Empire français aussi étendu et durable que l’Empire romain.


Pendant un certain temps, il semblait pouvoir réussir. En l’espace de seulement trois années son armée avait conquis toute l’Europe continentale, depuis la frontière russe jusqu’à la Grande Bretagne. Mais la Russie et l’Angleterre résistaient. En 1812 Napoléon entreprit une nouvelle campagne et envahissait la Russie avec une armée de 600.000 hommes venant de toute l’Europe. Cette campagne fut un désastre, et bientôt une alliance des nations conquises repoussera les armées impériales pour envoyer l’Empereur en exil. Et c’est là que les choses deviennent intéressantes…

 

Durant les douze mois qui ont suivi, le général encore jeune arrange secrètement une évasion de son exil, rassemble son ancienne armée et reconquiert la ville de Paris. Sans prendre le temps de se reposer et de savourer son succès, il lance une nouvelle attaque contre ses adversaires internationaux. Il semble alors renouer avec son invincibilité. Et voilà que toute l’Europe tremble à nouveau devant l’ombre de l’Empereur. C’était comme une résurrection.

 

Mais au centième jour après son retour, Napoléon connaît une lourde défaite, lourde et défintive, cette fois, lors de la bataille de Waterloo. Il est renvoyé en exil, et meurt six années plus tard, âgé de 52 ans.

 

C’est le sort de tous les royaumes terrestres, qu’ils soient militaires, politiques, académiques, économiques ou sportifs. Après une centaine de jours, ils s’évanouissent comme la fumée. Seul le Christ a fait un retour gagnant définitif, lui seul a remporté une victoire irréversible. De lui seul on peut dire : "Son règne n’aura pas de fin".

 

***


Aujourd’hui savourons donc cette joie pascale, et rendons grâce à Dieu de nous permettre d’avoir part à cette victoire, pour le don de l’espérance. Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin. Ne nous contentons pas de nous réjouir, mais changeons nos cœurs. La résurrection du Christ n’est pas seulement une belle idée ; c’est la puissance de la vie éternelle qui est à l’œuvre en chacun de nous. Alors pourquoi ne pas prendre une bonne résolution pour les huit semaines du Temps pascal pour nous connecter à cette source d'énergie durable?

 

Nous avons à peu près tous, je pense, pris des résolutions de Carême. Nous avons pu faire des sacrifices. C’était un moyen pratique de permettre à Dieu d’agir par sa grâce dans nos cœurs. Alors, si nous avons fait des sacrifices, si nous avons renoncé à quelque chose durant le temps de pénitence du Carême, pourquoi ne pas maintenant accueillir quelque chose comme une façon de vivre la joie du Temps pascal ?

 

Dans la deuxième lecture, saint Paul nous a encourages à tendre vers « les réalités d’en haut, et non pas vers celles de la terre ». Pourquoi ne pas prendre une résolution pascale qui pourra nous aider à le faire, qui nous aidera à garder en mémoire la vie éternelle dans le Christ qui nous attend, si nous lui sommes fidèles ? Pas besoin de compliquer les choses : par exemple, en invitant un(e) ami(e) ou un membre de notre famille qui a oublié la victoire du Christ à venir à la messe un dimanche, et ensuite à déjeuner à la maison ; ou bien en regardant un beau film ensemble, en famille, chaque dimanche jusqu’à la Pentecôte, un film joyeux, qui fait du bien ; ou bien encore en prenant le temps de lire ou de relire un bon livre, un livre qui est une nourriture pour l'âme et pour l'esprit…


Si nous demandons au Saint Esprit de nous éclairer, il ne manquera pas de le faire. Il suffit de décider de faire quelque chose pour permettre à la grâce pascale de transformer nos cœurs. Cette grâce de Pâques, nous en avons besoin autant que de la grâce du Carême, celle de la pénitence et de la contrition. L’Eglise est une maman qui fait preuve de sagesse en nous donnant six semaines de Carême et huit semaines de Temps pascal. Aujourd’hui, en communiant au Christ ressuscité dans l’Eucharistie, promettons-lui de trouver un moyen de bénéficier de cette sagesse.

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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 17:30

Homélie du Père Raniero Cantalamessa pour le 28e dimanche du temps ordinaire de l’année B.

Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu !

Une observation préliminaire est nécessaire pour supprimer les ambiguïtés qui peuvent surgir en lisant ce que l’Evangile de ce dimanche nous dit de la richesse.

Jésus ne condamne jamais la richesse et les biens terrestres pour eux-mêmes.
Parmi ses amis figurent également Joseph d’Arimathie, un « homme riche » ; Zachée déclaré « sauvé », même s’il garde pour lui la moitié de ses biens qui, étant donné son métier – percepteur d’impôts – devaient être considérables. Ce qu’il condamne est l’attachement exagéré à l’argent et aux biens, le fait d’en faire dépendre sa propre vie et d’accumuler des trésors uniquement pour soi (cf. Lc 12, 13-21).

La parole de Dieu appelle l’attachement excessif à l’argent « idolâtrie » (Col 3, 5 ; Ep 5, 5).
Mammon, l’argent, n’est pas une idole parmi tant d’autres ; il s’agit de l’idole par antonomase. Littéralement, « l’idole de métal fondu » (cf. Ex 34, 17). Mammon est l’anti-dieu car il crée une sorte de monde alternatif, il change l’objet des vertus théologales. La foi, l’espérance et la charité ne reposent plus en Dieu mais dans l’argent. Une effrayante inversion de toutes les valeurs se produit. « Rien n’est impossible à Dieu », dit l’Ecriture ; et encore : « Tout est possible à celui qui croit ». Mais le monde dit : « Tout est possible pour celui qui a de l’argent ».

L’avarice, en plus d’être de l’idolâtrie, est aussi source de malheur.
L’avare est un homme malheureux. Méfiant à l’égard de tous, il s’isole. Il n’a de liens d’affection avec personne, pas même avec les personnes de son propre sang, qu’il voit toujours comme des personnes cherchant à l’exploiter et qui n’éprouvent souvent elles-mêmes qu’un seul vrai désir : le voir mourir le plus rapidement possible pour hériter de ses richesses. Tourmenté à l’extrême par l’idée d’épargner, il se refuse tout dans la vie et ainsi ne jouit ni de ce monde, ni de Dieu, ne pouvant lui-même profiter de ses renoncements. Au lieu d’en tirer de la sécurité et de la tranquillité, il est un éternel otage de son argent.

Mais Jésus ne laisse personne sans espérance de salut, pas même le riche
.
Lorsque les disciples, après le récit de la parabole du chameau et du trou de l’aiguille, effarés, demandèrent à Jésus : « Mais alors, qui peut être sauvé ? », celui-ci répond : « Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ». Dieu peut sauver le riche également. La question n’est pas de savoir « si le riche est sauvé » (ceci n’a jamais été sujet de discussion dans la tradition chrétienne) mais « quel riche est sauvé ».

Jésus montre aux riches comment sortir de leur dangereuse situation : « Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où les mites et la rouille ne dévorent pas » (Mt 6, 20) ; « Faites-vous des amis avec l'Argent trompeur, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles » (Lc 16, 9).

On dirait que Jésus conseille aux riches de transférer leur argent à l’étranger ! Mais pas en Suisse, au ciel ! De nombreuses personnes, affirme saint Augustin, se fatiguent à enterrer leur argent sous terre, se privant également du plaisir de le voir, parfois toute la vie, pour le simple fait de le savoir en lieu sûr. Pourquoi ne pas l’enterrer au ciel, où il serait bien plus en sûreté et où on le retrouverait, un jour, pour toujours ? Comment faire ? C’est simple, poursuit saint Augustin : à travers les pauvres, Dieu te donne des messagers. Ils se rendent là où tu espères aller un jour. Dieu en a besoin ici, dans le pauvre, et il te le rendra quand tu seras là-bas.

Mais il est évident que l’aumône facile et les œuvres de bienfaisance ne sont plus aujourd’hui les seuls moyens pour faire que la richesse serve au bien commun, ni même peut-être le plus recommandable. Il existe aussi celui de payer ses impôts de manière honnête, de créer de nouveaux postes de travail, de donner un salaire plus élevé aux ouvriers lorsque la situation le permet, de lancer des entreprises locales dans les pays en voie de développement. En d’autres termes, faire fructifier l’argent en le faisant circuler. Etre des canaux qui conduisent l’eau et non des lacs artificiels qui la retiennent uniquement pour soi-même.

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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 08:42

Le texte qui suit n’est pas à proprement parler une homélie. Mais comme la femme était à l’honneur en ce dimanche, je vous propose de méditer le très beau texte de Gn 2. 18-24 (1ère lecture de ce 27e dimanche ordinaire de l’année B) avec Marie-Noëlle Thabut, formatrice biblique dont les textes inspirent nombre de prédicateurs dominicaux.

« Au commencement, lorsque le Seigneur Dieu fit la terre et le ciel »
 : cette formule au passé risque de nous tromper ; et c'est peut-être la seule difficulté de ce texte, le piège dans lequel il ne faut pas tomber. Le piège serait de croire que nous sommes en face d'un film pris sur le vif.

Bien évidemment, cette façon de lire ne résiste pas à la réflexion ; d'abord, nous ne sommes pas assez naïfs pour croire qu'un journaliste assistait à l'oeuvre de Dieu au premier jour ; d'autre part, nous savons bien que la première condition pour une bonne lecture consiste à savoir distinguer les genres littéraires.

Nous sommes ici, dans les premiers chapitres de la Genèse, en face d'un écrit qu'on appelle de « sagesse », c'est-à-dire non pas d'histoire mais de réflexion : au dixième siècle avant Jésus-Christ, probablement, à la cour du roi Salomon, un théologien était assailli de questions : Pourquoi la mort ? Pourquoi la souffrance ? Et pourquoi les difficultés des couples ? Et tous les pourquoi de notre vie, auxquels nous nous heurtons si souvent... Pour répondre, il a raconté une histoire comme Jésus racontait des paraboles.
L'auteur n'est pas un scientifique, c'est un croyant : il ne prétend pas nous dire le quand et le comment de la Création ; il dit le sens, le projet de Dieu. En particulier, l'histoire ou la parabole qui nous occupe aujourd'hui cherche à bien situer la relation conjugale dans le plan de Dieu. Comme toute histoire, comme aussi les paraboles de Jésus, cette histoire de notre théologien du dixième siècle emploie des images : le jardin, le sommeil, la côte ; sous ces images se devine un message : un message qui concerne tous les hommes et toutes les femmes de tous les temps (…).

Le message de ce texte tient en quatre points :

Premièrement, la femme fait partie de la Création dès l'origine
 ; cela ne fait de doute pour aucun d'entre nous, aujourd'hui, mais à l'époque, c'était original. En Mésopotamie, par exemple, (la patrie d'Abraham), où on réfléchit tout autant sur la Création et où on se forge aussi des explications à travers des récits tout aussi grandioses et poétiques, on prétendait que la femme n'a pas été créée dès le début, et que l'homme s'en passait très bien. La Bible, au contraire, affirme qu'elle a été créée dès l'origine du monde et surtout qu'elle est un cadeau de Dieu : sans elle l'homme ne peut pas être heureux et l'humanité ne serait pas complète.

Deuxième message : le projet de Dieu, c'est le bonheur de l'homme
 ; en Mésopotamie encore, il y a plusieurs dieux, tous rivaux entre eux, et quand ils se décident à créer l'humanité, c'est parce qu'ils ont besoin d'esclaves. Alors que, dans la Bible, il n'y a qu'un seul Dieu, et quand il crée l'homme et le place dans le Paradis, ce jardin merveilleux est pour l'homme. Et l'expression « Il n'est pas bon que l'homme soit seul » signifie que Dieu recherche le bonheur de l'homme.

Troisième message : c'est une affirmation très importante et très novatrice de la Bible : la sexualité est une chose belle et bonne, puisqu'elle fait partie du projet de Dieu 
; elle est une donnée très importante du bonheur de l'homme et de la femme : « L'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un. »

Quatrième message : l'idéal proposé au couple humain n'est pas la domination de l'un sur l'autre, mais l'égalité dans le dialogue ; et qui dit dialogue dit à la fois distance et intimité.
Sur ce point, l'hébreu est plus suggestif que le français ; dans notre langue, les mots « homme » et « femme » ne sont pas de la même famille ; alors que, en hébreu, homme se dit « ish » et femme « ishshah » : ce sont deux mots très proches, de la même famille et pour autant pas identiques ; le mot « ishshah » qui désigne la femme est tout simplement le mot féminin dérivé de celui qui désigne l'homme. On se rappelle le moment où l'homme avait nommé les animaux : il avait donné un nom à chacun, mais jamais ce mot-là, jamais un nom dérivé de son nom à lui, parce qu'il sentait bien justement la distance, et le pouvoir que Dieu lui conférait sur les animaux ; mais devant la femme, son cri est d'émotion, de reconnaissance au vrai sens du terme : il la reconnaît comme sienne ; et d'ailleurs quand Dieu dit son projet, la Bible dit : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul, je vais lui faire une aide qui lui correspondra » ; on devrait traduire littéralement « comme son vis-à-vis ».

Mais si l'homme reconnaît que la femme est sa plus proche, il n'y est pourtant pour rien, il la reçoit de Dieu comme un cadeau
 ; la délicatesse du texte est extraordinaire ici : « Dieu fit tomber sur lui un sommeil mystérieux, et l'homme s'endormit », lisons-nous. C'est Dieu qui agit, l'homme dort : on retrouve plusieurs fois dans la Bible cette image de sommeil, dans des moments très importants pour l'humanité ; avec Abraham, par exemple, quand Dieu fait alliance avec lui, la Bible emploie le même mot traduit ici par « sommeil mystérieux » et que la Bible grecque traduit par « extase » ; manière très humble de dire que l'action de Dieu est tellement grande, tellement solennelle, qu'elle échappe à l'homme ; il ne peut pas en être témoin.

Enfin, l'image du sommeil évoque aussi, bien sûr, la nuit : quand l'homme se réveillera, une aube nouvelle aura commencé pour l'humanité, puisque la femme est née !

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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 08:45

Homélie du Père Walter Covens du 26e dimanche du temps ordinaire de l’année B.

Il est bon, de temps en temps, de méditer les réalités qui nous dérangent. C’est ce à quoi nous invite la liturgie d’aujourd’hui. A travers les lectures de ce dimanche, elle met l’accent sur une vérité toute simple de notre foi catholique : le péché, c’est sérieux !

Dans la deuxième lecture saint Jacques nous explique clairement que si quelqu’un passe sa vie sur terre à exploiter les autres, mentant, trichant, accumulant des richesses, il pourra jouir des fruits de ses crimes pour un moment, mais il n’échappera pas au jugement pour toujours. Saint Jacques écrit qu’il pleurera et se lamentera à cause des malheurs qui l’attendent.

Jésus est tout aussi clair. Il enseigne que si quelqu’un commet un péché sans s’en repentir, il ira en enfer. Le terme "géhenne" se réfère à une vallée près de la ville de Jérusalem qui avait servi à des sacrifices humains à l’époque où les rois de l’Ancien Testament avaient apostasié.

Au temps de Jésus cette vallée était devenue une sorte d’incinérateur public en plein air. Les ordures, y compris les cadavres d’animaux et de criminels, étaient jetées dans la vallée et progressivement consumés par un feu couvant en permanence. C’est ainsi que la géhenne est devenue le symbole de l’état d’éternelle séparation de l’âme avec Dieu, et de la destruction qui l’accompagne. Selon Jésus, voilà où conduit le péché si on se repent pas.

Ces commentaires de saint Jacques et de Jésus n’ont pas pour but de nous culpabiliser. Il ne s’agit pas d’une quelconque technique de manipulation psychologique. Ils ne font que nous rendre attentifs aux faits : le péché, le fait de s’éloigner de Dieu volontairement et de s’écarter de ses commandements, a des conséquences. Ces conséquences ne sont pas bonnes, et nous devrions tous nous efforcer de les éviter.

Une des raisons pour lesquelles Jésus a voulu mourir comme il est mort est qu’il voulait nous montrer visuellement le caractère destructeur du péché. Strictement parlant, Jésus aurait pu nous sauver en ne versant qu’une seule goutte de son sang, et même par un seul acte d’obéissance. Comme il était vrai homme, cet acte d’obéissance aurait compensé l’acte de désobéissance d’Adam. Comme il était vrai Dieu, cet acte aurait eu un mérite et une valeur infinis, suffisants pour compenser la désobéissance d’Adam et pour restaurer la relation entre Dieu et la race humaine que le péché avait rompue.

Mais le projet de Dieu était autre. Il a choisi la voie de l’obéissance qui l’a conduit dans l’œil du cyclone dévastateur d’une douleur et d’une souffrance indescriptible que nous appelons la Passion.

En 2004 le film La Passion du Christ a voulu nous montrer combien les souffrances de la passion du Christ étaient horribles. Peu d’hommes aujourd’hui ont été témoins d’une flagellation ou d’une crucifixion. Ce film nous a permis de mieux nous rendre compte de tout ce que le Seigneur a voulu souffrir pour nous sauver de nos péchés.

Beaucoup de critiques de cinéma ont dit que le film était trop violent. Si on ne connaît pas les raisons des souffrances du Christ, ces critiques sont compréhensibles. Mais une de ces raisons est précisément qu’il voulait que nous sachions combien le péché est horrible. Le démon nous le fait miroiter sous des apparences séductrices, alors qu’en réalité le péché détruit et flagelle nos âmes, tout comme les fouets et la croix on détruit et lacéré le corps du Christ. Chaque fois que nous voyons un crucifix, nous devrions nous dire que nos péchés, c’est sérieux, qu’ils ont de graves conséquences.

Mais dans cette Eucharistie, l’Eglise nous rappelle également autre chose : que la miséricorde de Dieu, c’est sérieux aussi. Le péché est destructeur, terrible, diabolique. Mais Jésus a vaincu le péché. C’est pourquoi nous disons qu’il est notre Sauveur. Le Catéchisme (420) dit :

« La victoire sur le péché remportée par le Christ nous a donné des biens meilleurs que ceux que le péché nous avait ôtés : " La où le péché a abondé, la grâce a surabondé " (Rm 5, 20). »

La destruction causée par le péché dans notre vie n’est pas le dernier mot de l’histoire. Dieu peut nous pardonner – il n’est jamais trop tard. Il peut nous sauver. Il peut prendre les ruines laissées pas nos péchés et les rebâtir pour arriver à un résultat plus magnifique que nous puissions imaginer. Nous devons juste lui donner sa chance.

Comment cela ? Le premier pas est tellement simple, mais parfois si dur : aller se confesser à un prêtre. Dieu connaît déjà nos péchés ; il sait combien ils empêchent notre progrès spirituel et abîment notre âme ; il sait aussi que nous avons besoin de sa grâce pour les vaincre. C’est la raison pour laquelle il a inventé la confession, pour nous donner une chance de recommencer, aussi souvent que nous en avons besoin.

Beaucoup d’entre nous savent déjà cela, et recourent fréquemment au grand cadeau de la confession. Mais il  y a aussi beaucoup de gens qui ne le font pas – et pour cette raison souffrent beaucoup intérieurement, faisant l’éxpérience des ravages du péché. Peut-être qu’une parole d’encouragement, une invitation, un partage d’expérience de notre part est tout ce dont Dieu a besoin pour les ramener et leur donner ce nouveau départ.

Le péché, c’est sérieux, mais la miséricorde rédemptrice infinie est encore plus importante. Voilà le message de la Messe d’aujourd’hui et de chaque Messe. Cette semaine emportons ce message en sortant de la Messe, apportons-le au monde qui nous entoure, et permettons à la grâce de Dieu de remporter de nouvelles victoires.

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Published by Matthieu BOUCART - dans Homélies
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