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21 avril 2006 5 21 /04 /avril /2006 17:59

Article revu et corrigé le 17 février 2019

Gigantesque, oui, notre Galaxie l’est assurément. Mais à l’aune de notre Terre et de nos petites vies. Car notre Galaxie elle-même se trouve perdue au milieu de 100 milliards d’autres galaxies toutes aussi gigantesques que la nôtre, si ce n’est plus…

"Une poignée de sable contient environ 10.000 grains, soit un nombre plus grand que celui des étoiles que nous pouvons apercevoir par une nuit claire. Mais le nombre des étoiles que nous pouvons voir n’est qu’une petite fraction du nombre des étoiles qui existent (…). La richesse du cosmos est au-delà de toute mesure : le nombre total des étoiles dans l’univers est plus grand que tous les grains de sable contenus dans l’ensemble des plages de la planète Terre" (Carl SAGAN in Cosmos).

Certes, le cosmos tel que l’entend la science moderne n’est pas infini, comme on a pu le croire en d’autres temps, mais il est d’une "richesse au-delà de toute mesure", tel le nombre des grains de sable formant l’ensemble des plages de toute la Terre qui n’est pas non plus infini, mais peut nous apparaître comme tel tant leur nombre est gigantesque.

Comme notre galaxie contient 10 puissance 11 soleils (soit 100.000.000.000) et qu’il y a également 10 puissance 11 galaxies, le nombre total des étoiles dans le cosmos est de 10 puissance 22 (soit 10.000.000.000.000.000.000.000)! La dimension de l’univers est d’environ 10 puissance 20 kilomètres : la lumière, qui voyage à la vitesse de 300.000 kilomètres à la seconde, met ainsi 10 milliards d’années pour aller d’un bout à l’autre.

Tout cela dépasse l’imagination et l’entendement…

Alors, que suis-je moi, avec mes projets, mes ambitions, mes espoirs, vu de cette nébuleuse ? Bien moins qu’un grain de poussière qu’une voiture soulèverait dans le désert du Nevada, à 9.000 kilomètres d’ici…

Ces chiffres nous font sentir – ô combien ! – notre petitesse… 

Pourtant, l’immensité de notre univers n’est peut-être pas totalement étrangère à la vie sur la Terre. Si extraordinaire que cela puisse paraître, de nombreux physiciens pensent que les forces d’inertie s’appliquant aux objets terrestres sont engendrées par la totalité des forces gravitationnelles exercées par l’ensemble de la matière contenue dans le cosmos, y compris celle des étoiles et des galaxies les plus lointaines : "L’idée que la matière distante exerce parfois une influence bien plus grande que la matière proche peut paraître déconcertante. Pour lui donner un tour plus concret, on peut essayer de chiffrer la proportion dans laquelle les objets proches influent sur l’inertie des corps figurant sur la Terre : la totalité de la Voie Lactée y contribue seulement à proportion d’un dix-millionième ; le Soleil, un centième de millionième ; et la Terre elle-même, un milliardième (…). En fait, 80 % de l’inertie affectant la matière locale provient de l’influence de galaxies trop distantes pour être aperçues au télescope de 5 mètres de diamètre"  (Dennis Sciama, in The Unity of the Universe).

"Donc, renchérit le biochimiste australien Michael Denton (in L'évolution a-t-elle un sens?), s’il existe des êtres de notre taille et de notre masse, dotés de la station debout, d’une démarche bipède et de la capacité d’allumer du feu, c’est grâce à l’influence des galaxies les plus lointaines dont la masse collective détermine la grandeur des forces d’inertie prévalant sur la Terre."

Aussi incroyable que cela puisse être, si j'existe aujourd'hui sur cette Terre, c'est parce que l'Univers est exactement de la dimension qui est la sienne à cette époque de son histoire. Ou dit autrement (puisque l'Univers est en expansion, la dimension spatiale est inextricablement liée à celle du temps) : c'est parce que l'Univers a exactement l'âge qu'il a. Nous ne sommes pas apparu n'importe où ni n'importe quand. "Les moments de l'apparition de telle ou telle catégorie d'êtres ne sont ni fortuits ni arbitraires. La vie ne pouvait pas, pour des raisons physico-chimiques bien déterminées, apparaître avant que l'Univers n'ait atteint un certain état, et n'ait franchi un certain seuil caractérisé par ces conditions physico-chimiques (température de la planète, rayonnement, etc.) (...). La genèse des êtres ne pouvait pas s'effectuer dans n'importe quel ordre ni à n'importe quel moment. Il existe (...) une généalogie de la terre et des cieux (...). L'homme corporel ne pouvait pas être créé avant que la biosphère n'ait atteint un certain seuil, avant que l'arbre de la vie n'ait poussé sa pointe vers certaines formes d'animalité supérieures, et la vie ne pouvait apparaître avant que la terre soit à bonne température, que l'Univers tout entier ne soit prêt pour cette synthèse des micro-organismes." (Claude Tresmontant, in Etudes de métaphysique biblique).

L'impression que nous avons d'être perdus au milieu d'un océan infini de galaxies et de planète est donc trompeuse : nous sommes en réalité la fine fleur de l'Univers - ce pour quoi l'Univers existe et ce à quoi il conduit à ce stade de son évolution historique : "Si l'on considère l'homme, ou seulement notre planète, dans l'Univers, du point de vue spatial de l'étendue, nous nous apparaissons à nous-mêmes comme perdus entre les deux infinis de grandeur et de petitesse (...). Mais si, au lieu de regarder l'Univers en nous plaçant au point de vie géométrique de l'immense, nous regardons le même paysage, sans rien changer bien entendu à son ordonnance, mais sous l'angle biochimique cette fois de la Complexité, que voyons-nous? Un complet reversement des valeurs. Un retournement de la perspective." (Claude Tresmontant, op. cit.)

En contemplant ces différentes données concernant notre système solaire, notre Galaxie et l’Univers tout entier, tout semble merveilleusement ordonné pour que la vie puisse apparaître sur la Terre - dont la nôtre. N'est-il pas incroyable de penser que l'univers entier - dans son immensité - a été conçu pour que la vie - et la mienne en particulier - émerge sur notre petite planète? Suis-je vraiment conscient d'être embarqué dans une fabuleuse aventure?

"A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts,
La Lune et les étoiles que tu fixas
Qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui,
Le fils d'un homme que tu en prennes souci?"

(Psaume 8)

 

 

Bibliographie de cette Partie consacrée à l'infiniment grand : 

- Dominique MORIN, « Dieu existe-t-il ? », Les Carnets de Fête et saisons, Carnet n° 6, 1993

- Jacques LACOURT, « Croire en Dieu : est-ce possible aujourd’hui ? », Droguet & Ardant, 1991

- Michaël DENTON, « L’évolution a-t-elle un sens ? » Fayard 1997

- « L’univers », Editions du Scorbier

 

Et de nombreuses références sur Internet sans lesquelles je n’aurais pu écrire grand chose… 

http://atomos.cssmi.qc.ca/article.php?id=79&se=9

http://www.notre-planete.info/geographie/atmosphere.php

http://cera-astronomie.forumactif.com/ftopic45.htm

http://cera-astronomie.forumactif.com/ftopic50.La-Lune.htm

http://www.astronomes.com/c2_etoiles/p241_soleil.html

http://www.astrosurf.org/lombry/astro-enfant-lune.htm

http://www.chez.com/chouette/actu/077.htm

http://perso.wanadoo.fr/constellations/Templates/La%20voie%20Lact%E9e%20plus%20photos.htm

http://www.astrosurf.com/astrospace/galaxies.htm

http://www.futura-sciences.com/communiquer/f/post40937-14.html

http://www.astrosurf.org/lombry/astro-enfant-voielactee.htm

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17 avril 2006 1 17 /04 /avril /2006 21:06

Article revu et corrigé le 15 février 2019

Notre Soleil fait partie d’un amas gigantesque d’autres astres, et cet amas porte le nom de Galaxie.

Notre Galaxie comporte une bonne centaine de milliards d’étoiles, constituées par la gravité en forme de disque. Au centre du disque, les étoiles sont plus nombreuses et plus rapprochées, formant une sorte de noyau autour duquel des bras d'étoiles s'enroulent en spirale.

Notre Galaxie est dénommée la "Voie Lactée", à cause de la traînée blanchâtre qu'elle laisse apparaître au dessus nos têtes, qui est composée de myriades d'étoiles.

La Voie Lactée tourne légèrement sur elle-même (à la vitesse de 300 Km/s) mais elle est tellement grande que le Soleil et les planètes mettent environ 250 millions d'années pour en faire le tour.

Notre système solaire est au bord de ce disque, et tourne avec la Voie Lactée. Cette position périphérique est remarquable puisqu'elle nous permet de scruter plus avant les profondeurs du ciel en direction des plus lointaines galaxies, et d’observer ainsi la physionomie globale de l'Univers. Encore un heureux hasard… Si nous nous étions trouvés au centre de la Galaxie, jamais nous n’aurions pu admirer la beauté des galaxies spirales, ni nous faire la moindre idée de la structure de notre Univers.

Le diamètre global de la Voix Lactée est de 100.000 années-lumières. Vous rendez-vous compte de ce que cela représente ?

Une année-lumière est la distance que parcourt la lumière en un an, sachant qu’elle va à la vitesse fabuleuse de 300.000 kilomètres… à la seconde !

Imaginez les 70 ou 80 années (pour les plus vigoureux) de nos pauvres existences. Cela nous paraît long. Certes, la vie est toujours trop courte pour être vécue. Tout ce qui a une fin est court. Le temps passe vite. Mais avouons qu’à 20 ans, nous nous sentons à une distance infinie des personnes âgées que nous rencontrons… et l’on ne se sent pas concerné par la vieillesse.

Imaginez maintenant la Révolution française. C’était il y a 230 ans. Reconnaissons que lorsque nous voyons certaines images concernant cette période dans nos livres d’Histoire, nous avons l’impression d’un abîme béant entre nous et ces événements du passé.

Imaginez encore le Christ. Sa venue dans notre monde. Son incarnation au milieu des hommes. C’était il y a plus de 2.000 ans ! Malgré l’actualité toujours brûlante de l’Evangile, Jésus de Nazareth nous paraît tellement éloigné dans le temps, son histoire tellement appartenir à un autre âge, à nous, contemporains du 21e siècle...

Alors imaginez ce que peuvent représenter 100.000 années… 50 fois la distance qui nous sépare de la venue du Christ, 435 fois la distance qui nous sépare de la Révolution française.

Prenez maintenant une Formule 1, la Mercedes de Lewis Hamilton par exemple. Imaginez-là à Monza, à 300 kilomètre-heures en vitesse de pointe. 300 kilomètres-heures ! Imaginez maintenant ce que peuvent représenter 300 kilomètres… à la seconde ! La vitesse de la lumière...

Essayez de prendre un instant pour vous représenter mentalement ces 300.000 kilomètres à la seconde pendant 100.000 années : tel est le diamètre de notre Galaxie...

Prenons-nous le temps parfois de considérer l’immensité de l’univers, et de nous laisser enivrer par ces "infinis" qui nous enserrent - comme disait Pascal?

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9 avril 2006 7 09 /04 /avril /2006 10:44

Article revu et corrigé le 7 février 2019

Admirée et contemplée de tous temps et par tous les peuples vivants sur la Terre, la Lune occupe une place à part parmi les objets que l'on peut voir dans le ciel.

La Lune n'est pas une étoile car elle n'a pas de lumière propre. La Lune réfléchit la lumière qu'elle reçoit du Soleil, et celle de ce même Soleil que la Terre lui renvoie.

La Lune n'est pas non plus une planète parce qu'elle ne tourne pas autour du Soleil ; la Lune tourne autour de la Terre. Elle est le satellite naturel de la Terre. Les dimensions de ce satellite sont appréciables au regard de celles de notre planète, son rayon mesurant environ 1.748 km, soit un peu plus du quart de celui de la Terre.

Malgré son rapprochement et leurs mesures comparables, la Lune est très différente de la Terre : elle est dépourvue de toute atmosphère protectrice en sorte que les températures passent de 130°C aux heures ensoleillées à – 150°C la nuit. De tels écarts thermiques ont partiellement brisé les roches à la surface du satellite, créant une épaisse couche de poussière appelée régolite.

Faute de bouclier protecteur, la Lune est soumise à un bombardement de météorites beaucoup plus intense que celui subi par notre planète. Aucune perturbation météorologique, ni vent ni pluie, n’a pu effacer les milliards de cratères formés par les impacts : leur présence caractérise la surface lunaire.

La Lune tourne sur elle-même en un peu plus de 27 jours. Par un heureux hasard mathématique – encore un :) –, cette période de rotation est égale au temps mis par notre satellite pour effectuer un tour complet autour de la Terre. L'égalité entre ces deux valeurs est la raison pour laquelle nous observons toujours la même face de la Lune.

En raison de sa masse élevée, la présence de la Lune a permis de stabiliser le mouvement de rotation de la Terre sur elle-même, ainsi que son climat par effet gyroscopique – comme une moto de course qui reste verticale et continue d'avancer alors que son pilote est tombé : la roue tourne suffisamment vite pour que son axe de rotation ne change pas, et la moto poursuit sa route.

Sans la Lune, la Terre tournerait sur elle-même comme une toupie et le climat changerait tout le temps. La durée du jour serait de 15 heures et le mouvement de la Terre deviendrait chaotique. Si les saisons se succèdent paisiblement sur des périodes de temps suffisamment longues pour que la vie puisse s'adapter à chacune d'elles, c'est grâce à l'inclinaison de l'axe de rotation de la Terre – provoquée par la proximité de la Lune.

Lorsque nous contemplons la Lune dans le ciel étoilé, nous arrive-t-il de songer à son influence bénéfique sur la Terre – comme un témoin visible de la Bonté primordiale à l'origine de toutes les merveilles de la nature que nous observons sur la Terre?

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3 avril 2006 1 03 /04 /avril /2006 17:36

Article revu et corrigé le 6 février 2019

Dans notre contemplation de l'Univers, nous avons d'abord regardé la Terre. Observons maintenant notre Soleil. Enfin... façon de parler, naturellement : quelques secondes à l'œil nu suffiraient à vous rendre aveugles!

Le Soleil est une étoile, un astre relativement simple puisqu’il s’agit d’une gigantesque boule de gaz de 1,4 millions de kilomètres de diamètre, soit 110 fois la taille de la Terre (le gaz du soleil est si comprimé et si chaud au cœur de l'étoile que son aspect physique n'a plus rien à voir avec ce qu'on entend couramment par le mot gaz). 

Au centre de l'étoile, dans ce que l’on appelle le noyau du Soleil, qui représente environ 25 % de son diamètre, la température atteint des millions de degrés : 15 millions de kelvins! Cela échappe au sens commun tant la chaleur est élevée.

Le Soleil "brûle" depuis près de 5 milliards d'années plus de 700 millions de tonnes d'hydrogène à chaque seconde, produisant une énergie équivalente à l'explosion de 100 milliards de tonnes de TNT. 

Le Soleil se trouve à 150 millions de kilomètres de la Terre. Sa proximité avec notre planète en fait un objet unique et fondamental. Pour considérer cette proximité, rendons-nous compte que si la lumière met 5 ans à venir de l’étoile la plus proche, elle ne met que 8 minutes à venir du Soleil! C’est de cette lumière que naissent sur la Terre toute énergie et toute vie. La vie sur la Terre dépend complètement du Soleil. Sans lui, notre planète ne serait pas ce qu'elle est.

La position du Soleil par rapport à la Terre est vraiment remarquable : un peu plus près de nous, et le rayonnement du soleil brûlerait tout ; un peu plus loin, et le froid stériliserait toute vie.

Le Soleil nous donne parfois à contempler de vraies splendeurs : qui n'a jamais été saisi d'admiration devant un lever ou un coucher du soleil?

J’ai toujours été frappé, personnellement, par le spectacle des éclipses de soleil. Cela m’a toujours fasciné de voir le Soleil disparaître complètement derrière la Lune. On pourrait presque penser à cette observation que le Soleil et la Lune sont de même dimension. Or, il n’en est rien : la Lune est 400 fois plus petite que le Soleil. D’où vient alors que notre petite Lune voile périodiquement le Soleil ? Eh bien : de ce fait extraordinaire que par un heureux hasard mathématique, la Lune se trouve 400 fois plus proche de la Terre que le Soleil. 400 fois plus petite que le Soleil, mais 400 fois plus proche ! Comment ne pas être frappé de cette étrange coïncidence qui aboutit à l’un des spectacles de la nature parmi les plus étonnants! Et comment ne pas être fasciné par tous ces heureux hasards qui se conjuguent aussi merveilleusement pour faire surgir la vie sur la Terre, et nous éblouir par tant de beauté?

 

 

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30 mars 2006 4 30 /03 /mars /2006 13:02

Article revu et corrigé le 27 janvier 2019

En quoi la Nature nous parle-t-elle de Dieu ?

Adoptons un instant une attitude contemplative.

Regardons les terres, les océans, les montagnes, les étoiles dans le ciel...

Abraham Lincoln disait : "J’arrive à comprendre qu’il soit possible de regarder la terre et d’être athée. Mais je ne comprends pas qu’on puisse lever la nuit les yeux sur le ciel et dire qu’il n’y a pas de Dieu."

Voici ce qu'écrivait un soldat russe, tué en 1943, sur un papier trouvé dans sa poche : "M’entends-tu Dieu ? Jamais encore dans ma vie, je n’ai parlé avec toi. Cependant aujourd’hui, j’éprouve le besoin de te saluer. Tu sais que, depuis ma tendre enfance, on ne cessait de me dire que tu n’existais pas. Et moi, j’étais si sot que je le croyais. Jamais encore jusqu’à ce jour, je n’avais pris conscience de la beauté de la Création. C’est aujourd’hui seulement que je perçois cette beauté, face à cet abîme subitement ouvert, ce ciel étoilé au-dessus de moi. Je contemple émerveillé son scintillement. Comment ai-je pu être si cruellement trompé ? Je ne sais Seigneur si tu me tends la main. Mais je vais te l’avouer et tu me comprendras : c’est un miracle qu’au fond de ce terrible enfer, la lumière ait lui, et que je l’aie entrevue. Je ne te dirai rien d’autre si ce n’est la joie de savoir que tu es. A minuit, nous avons reçu l’ordre de passer à l’attaque. Mais maintenant, je n’ai plus peur. Je sais que tu nous regardes ! Ecoute ! Voici le signal ! Que faire ? Il faut bien y aller ! Pourtant, c’est si bon de rester ici auprès de toi. Je veux bien vite te dire encore ceci : tu sais, le combat sera violent ! Cette nuit peut-être, je frapperai à ta porte. Bien que je ne fus jamais ton ami, me permettras-tu d’entrer chez toi ? Tiens, on dirait que je pleure… Tu vois ce qui m’arrive ! C’est que mes yeux se sont ouverts ! Pardonne-moi mon Dieu ! Je vais, et sûrement, je ne reviendrai pas. Mais quelle merveille ! Maintenant, je n’ai plus peur de la mort…"

***

Notre univers, dont la science nous montre chaque jour l’extraordinaire complexité, est prodigieux et merveilleux. Comment ne pourrait-il pas constituer un premier signe évident de l’existence de Dieu ?

Regardons tout d'abord la Terre - notre planète Terre.

Nous sommes installés sur cette étonnante boule ronde de 12.800 kilomètres de diamètre et 6 trillions de tonnes. Cette boule "flotte" dans l'espace ; elle n’est soutenue par rien. Elle fait un tour complet sur elle-même en un jour, à la vitesse d’environ 1.000 km/h à l’équateur. Elle décrit autour du soleil une orbite en forme d’ellipse d'un rayon de 150 millions de kilomètres à la vitesse moyenne de 108.000 kilomètres à l’heure.

De toutes les merveilles de notre système solaire, de tout ce que l'on peut observer et admirer dans l'Univers, la Terre est assurément l’astre le plus fascinant. Elle est la seule planète - parmi toutes celles que nous connaissons - qui réunisse toutes les conditions nécessaires à l'émergence de la vie.

La première de ces conditions est l'existence d'une atmosphère agissant vis-à-vis du soleil comme un gigantesque filtre. La couche d’ozone absorbe les ultraviolets, très énergétiques et très nocifs - sans elle, toutes formes de vie seraient brûlées. A titre de comparaison, sur Vénus, les températures sont de 400°C à 500°C la nuit comme le jour. D'un autre côté, l'atmosphère conserve une partie de l'énergie reçue du soleil, permettant de garder la chaleur et d'éviter un refroidissement mortel ; sans ce phénomène - qu'on appelle l'effet de serre - aucune vie ne serait possible. Sur la Lune qui n’a presque pas d’atmosphère, la température de la nuit atteint presque celle du vide spatial, une centaine de degrés Celsius en dessous de zéro : invivable.

Lorsque nous levons les yeux vers le ciel bleu azur, réalisons-nous l'importance vitale de cette couche atmosphérique qui nous enveloppe et nous protège ?

Il y aurait beaucoup d'autres choses à dire sur notre fantastique planète. En particulier sur les propriétés physiques et chimiques des constituants élémentaires de la cellule, tels que l’eau, le gaz carbonique, l’oxygène, l’ADN, les protéines… Comme l’écrit le biochimiste et généticien américain Michael Denton : "Toutes les données à notre disposition suggèrent que les caractéristiques chimiques et physiques de tous les atomes et de toutes les molécules qui constituent les êtres vivants doivent être précisément ce qu’elles sont, sans quoi la vie serait impossible" (Michael DENTON, L’évolution a-t-elle un sens ?, Fayard, 1997)

La vie résulte donc d'un nombre incalculable de paramètres dont chacun est absolument indispensable : qu'il en vienne à manquer un seul, et la vie est impossible. Rien de plus improbable donc - de quasi-miraculeux - que la vie. Sans compter que son apparition reste un mystère : même lorsque toutes les conditions sont réunies et optimisées en laboratoire, on n'arrive pas à créer de la vie à partir de la matière inerte. La vie échappe encore à toute tentative d'explication scientifique. Elle résiste à toutes les expériences physico-chimiques entreprises pour la susciter. Cela paraît incroyable, mais aujourd'hui encore, en 2019, les savants sont incapables de nous dire comment la vie a pu jaillir de la non-vie. Voilà pourquoi il existe peu de chance que la vie existe ailleurs que sur la Terre. Parce que les probabilités de trouver une autre Terre ailleurs sont infinitésimales - au regard du caractère fini de l'Univers. Et parce que quand bien même on en trouverait une, rien ne dit qu'il y aurait de la vie, car rien ne dit que la vie procède naturellement des conditions nécessaires à son émergence.

Mesurons-nous la chance d’être nés sur cette étonnante planète qu’est la Terre - cette extraordinaire machine qui paraît unique dans l'Univers, et spécialement configurée pour faire surgir la vie?

 

 

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26 février 2006 7 26 /02 /février /2006 15:38

Article revu et corrigé le 21 janvier 2019

De toutes les grandes questions existentielles qui agitent l'esprit humain depuis l'aube des temps, je crois qu’il n’en est pas de plus importante que celle de Dieu et du sens de la vie.

Qui ne s'est jamais demandé d’où il vient et où il va ? Pourquoi il existe ? Pourquoi il souffre? Pourquoi il meurt ? Ce qu'il y a derrière le voile de la mort?

"Quel est le sens profond de notre vie? demandait un jeune homme à un journaliste d’une revue chrétienne. Je crois, disait-il, qu’on ne peut pas se gaver éternellement de ciné, de télé, de mode, de chansons. Il y a toujours un moment où se pose le problème du pourquoi de notre existence".

Qui sommes-nous vraiment ? Un éclair fugitif entre deux néants? Une petite bulle qui se gonfle un instant, pleine d’intelligence et de gloire, avant d'éclater dans le vide ? Le résultat accidentel d'un hasard aveugle dans un cosmos indifférent voire hostile ? Ou bien le fruit béni d'un Désir de Dieu qui nous a appelé à l'existence par Amour en vue de nouer avec chacun une relation intime et personnelle?

Sommes-nous seuls dans l'immensité de l'Univers? Ou bien y a-t-il un Dieu qui nous aime et pense à nous à chaque instant, formant pour nous de grands projets de bonheur et de vie?

Aucune question ne me paraît plus importante à résoudre que celle de l’existence de ce Dieu-là. Car l’homme ne peut vivre et se comporter de la même manière selon qu’il est aimé d'un Amour infini et éternel ou pas. L'on voudrait échapper à cette question que la vie se chargerait de nous la poser et re-poser sans cesse à l'occasion de la disparition de chacun de ceux que nous aimons. Mais où donc la mort les emportent-ils?...

Toutes les autres questions (scientifiques, techniques, économiques ou politiques) ont, elles aussi, leur importance et leur gravité, et de la réponse qu'on voudra bien leur apporter dépendra une part non négligeable du bien-être individuel et collectif. Mais toutes ces questions se heurtent finalement à une impasse inexorable qui les relativise considérablement : celle du vieillissement inéluctable et de la mort implacable. Mort de chaque personne humaine à la fin de sa vie ; destruction de l’espèce humaine tout entière lorsque s’éteindra notre soleil, et possiblement avant cette échéance ultime.

Une réflexion sur l’existence de Dieu ne constitue donc pas un élément marginal de la pensée humaine. Tout le sens de notre vie se joue et se décide dans cette question que nous avons à résoudre pour tenter de percer le mystère de l’existence humaine : Dieu existe-t-il ?

Blaise Pascal, enivré par les infinis l’entourant de toutes parts, écrivait dans ses Pensées :

"Je ne sais qui m’a mis au monde, ni ce que c’est que le monde, ni ce que je suis moi-même. Je suis dans une ignorance terrible de toutes choses. Je ne sais ce que c’est que mon corps, que mes sens, que mon âme et cette partie de moi-même qui pense ce que je dis, qui réfléchit sur tout et sur elle-même, et ne connaît pas plus que le reste.

"Je vois ces vertigineux espaces de l’univers qui m’enferment, et je me trouve attaché à un coin de cette vaste étendue, sans que je sache pourquoi je suis plutôt placé en ce lieu qu’en un autre, ni pourquoi ce peu de temps qui m’est donné à vivre m’est assigné ici plutôt qu’ailleurs de toute l’éternité qui m’a précédé et de toute celle qui me suivra.

"Je ne vois que des infinis de toutes parts, qui m’enferment comme un atome et comme une ombre qui ne dure qu’un instant sans retour.

"Tout ce que je connais est que je dois bientôt mourir : mais ce que j’ignore le plus est cette mort même que je ne saurai éviter.

"Comme je ne sais d’où je viens, de même, je ne sais où je vais ; et je sais seulement qu’en sortant de ce monde, je tombe pour jamais ou dans le néant, ou dans les mains de Dieu."

***

Dieu ou le néant ? Quel avenir pour l’homme ? Voici les questions auxquelles il nous faut tenter de répondre.

Il est bien entendu que Dieu ne se voit pas au microscope ni au télescope ; il échappe à l'appréhension scientifique des phénomènes - parce qu'il n'est pas de ce monde. La réponse à la question de l'existence de Dieu ne nous viendra donc pas des savants.

Pourtant, il faut choisir.

OU BIEN croire en Dieu malgré l’inévidence de son existence ("Notre Dieu est un Dieu caché", dit le prophète Isaïe) - et vivre sous son regard.

OU BIEN croire en un monde sans Dieu, malgré les obscurs mystères de notre origine, de notre être, et de notre destinée. Et vivre sans Lui.

Face à ce dilemme qui se présente à l’homme, il faut trancher. L’enjeu est trop grave pour que l’on esquive le sujet. Ne pas vouloir répondre est de toute façon une manière de répondre et de proclamer que Dieu ne nous intéresse pas. Comme disait Pascal, qu'on le veuille ou non, nous sommes "embarqués" dans l'aventure de la vie - avec sa destinée tragique. La question du sens est donc inévitable.

Cela dit : si les savants ne peuvent pas répondre à la question de l'existence de Dieu, qui pourra nous renseigner? La réponse est-elle seulement connaissable? Si oui, est-elle absolument certaine ou seulement probable? Et si elle est seulement probable, dans quelle proportion?

Telles sont les différentes questions que nous allons aborder ici au fil de nos articles à venir.

Nous allons voir que si l’on ne peut pas prouver scientifiquement (au sens moderne du mot) que Dieu existe, on peut démontrer aisément, je le pense, qu’il est raisonnable de croire, et même davantage : qu’il est plus raisonnable de croire que de ne pas croire.

Cette démonstration apportée, nous verrons qu'il existe des preuves de l'existence de Dieu. Celles-ci ne sont pas d'ordre scientifique (au sens moderne du mot) ; elles appartiennent plutôt à la catégorie des preuves métaphysiques. Pour autant, ce sont d'authentiques preuves en ce sens qu'elles sont objectivement convaincantes et non réfutables par des propositions rationnelles alternatives. Que la métaphysique nous fournisse des preuves peut surprendre - mais c'est parce que l'on a oublié que la métaphysique est une authentique science, capable de communiquer à l'esprit humain des certitudes aussi solides que celles obtenues dans le domaine des sciences positives.


Le dimanche 26 mars, nous commencerons à contempler la Création, et nous laisserons étourdir par les réalités de l’infiniment grand.   

 

« Qui nous a créés si grands, sinon Quelqu’un de plus grand ? interroge le Père Stan Rougier. Si nous n’étions faits que de matière, nous serions condamnés, comme elle, à l’usure et à la disparition (…). Qui supporterait que le dernier mot de l’aventure de sa vie soit : Rien ? Les millions d’années où nos ancêtres avançaient à tâtons vers plus d’humanité !... Rien ? Les défis incessants lancés pour survivre, l’invention laborieuse du silex taillé et du feu ! rien ? La lutte pour la survie pied à pied contre le froid, la peste, la famine ! Les longues marches des peuples vers la liberté, la solidarité, la fraternité ! rien ? L’insurrection contre la barbarie au risque de la torture ! rien ? Les cris de bonheur dans les bras d’un être aimé ! rien ? La joie d’une jeune maman dont le bébé répond à son sourire ! rien ? Que célébrons-nous aux obsèques d’un être aimé : le départ de rien vers rien ?

« A notre mort, que restera-t-il de nos combats et de nos amours ? Un jour, la planète, qui aura été le théâtre de tant de rencontres, d’amitiés, de tendresses, de passions, de déchirements, de réconciliations, se sera refroidie. Il ne restera donc rien. En attendant, la mort est pour chacun la fin du monde. Le temps qui semble traîner en longueur jusqu’à ce que nous parvenions à l’âge de trente ans s’accélère par la suite. A soixante-dix ans, ou quatre-vingts ans, il faut songer sérieusement à plier bagage. Les prouesses scientifiques auront beau nous donner un sursis, nous faire vivre jusqu’à cent-vingt ans, dans quel état serons-nous ? Nous n’aurons pas réalisé le centième de nos rêves et la pièce sera déjà terminée. Rideau ! Nous rejoindrons les coulisses du néant sans avoir compris ni notre rôle, ni celui de nos compagnons. Nous partirons sans avoir su si la pièce avait ou non un Auteur. C’est trop délirant ! »

Père Stan Rougier, « Dieu était là et je ne le savais pas », Presses de la Renaissance, Pocket, 1998, pages 163-164. 


Bibliographie de cette Introduction

Dominique MORIN, « Dieu existe-t-il ? », Les Carnets de Fête et saisons, Carnet n° 6, 1993
Exposition de la doctrine chrétienne, « Le Dogme », Editions Fideliter, 1992
Mgr André-Mutien LEONARD, « Les raisons de croire », Editions Communio Fayard, 1987
Calendrier 1998 « La Bonne semence »

 

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29 janvier 2006 7 29 /01 /janvier /2006 15:15

Article revu et corrigé le 6 janvier 2019

Nous commençons ce jour notre grande réflexion sur l’existence de Dieu.

Cette étude est le fruit d’un long travail mené en 1998-1999, peu après ma conversion.

Très vite en effet, j’ai été confronté par mon entourage à la question de l’existence de Dieu.

J’avais fait l’expérience de la rencontre personnelle avec Jésus, mon cœur était chaviré par la Parole de Dieu, les sacrements commençaient d'irriguer mon âme et de me transformer en profondeur, bref, je n’avais absolument aucun doute quant à l’existence de Dieu - puisque de Dieu, je faisais l'expérience quotidienne et intime -, mais très vite, il m’a bien fallu "rendre compte de l’espérance qui était en moi" (1 Pierre 3. 15) à tous ceux qui m’interrogeaient sur l’événement de ma conversion et sur ma toute nouvelle foi.

Je me suis trouvé dans une situation analogue à celle vécue par Paul Claudel après sa conversion, lequel après avoir éprouvé la présence de Dieu en la cathédrale Notre-Dame de Paris le jour de Noël (en l'an 1886) a dû travailler ensuite à former son esprit pour intégrer rationnellement l'expérience mystique qu'il avait faite et en tirer toutes les conséquences intellectuelles.

"C’est vrai ! écrivait-il. Dieu existe, il est là. C’est Quelqu’un, c’est un être aussi personnel que moi. Il m’aime, il m’appelle. Les larmes et les sanglots étaient venus, et le chant si tendre de l’Adeste ajoutait encore à mon émotion. Emotion bien douce où se mêlait cependant un sentiment d’épouvante et presque d’horreur. Car mes convictions philosophiques étaient entières. Dieu les avait laissées dédaigneusement où elles étaient, je ne voyais rien à y changer, la religion catholique me semblait toujours le même trésor d’anecdotes absurdes, ses prêtres et les fidèles m’inspiraient la même aversion qui allait jusqu’à la haine et le dégoût" (Paul Claudel, Pages de Prose, "Ma conversion", NRF, Gallimard, 1944, p. 277).

Je n'en étais certes pas là. Tout me paraissait évident bien au contraire. Les contestations ne venaient pas de moi, mais des autres. Et il fallait bien y répondre - affronter loyalement toutes les critiques. Je me mis donc au travail.

La première grande objection rencontrée concernait la question scientifique. J’avais rencontré un Monsieur qui prétendait que les données actuelles de la science suffisaient à mettre en pièces toutes les "croyances" et autres "mythologies" - pour reprendre ses propres expressions -, en ce compris la foi chrétienne.

J’étais évidemment très contrarié par cette appréciation, mais ne savais trop quoi lui répondre.

J'ai commencé alors à étudier de nombreux ouvrages et à lire des auteurs scientifiques, croyants ou non croyants. Par delà le défi à relever, je recherchais la vérité. Est-il vrai, oui ou non, que la science fournit des réponses permettant de réfuter définitivement la foi chrétienne?

Je m'attendais honnêtement à me trouver en face de problématiques insurmontables. Tant de gens pensent comme ce Monsieur. C'est certainement qu'il doit y avoir un fond de vérité - me disais-je en moi-même.

Quel ne fut pas mon éblouissement de découvrir, après des mois d'étude, qu’en l’état actuel de la science, "nier Dieu est devenu moins rationnel que croire en Lui" (cf. André VALENTA, "Le scientisme", Editions Mélodie, page 330).

J’étais bluffé. Non seulement l’étude de la science ne m’éloignait pas de ma foi, mais elle m’en rapprochait et je dois certainement à ces mois de "séminaires" improvisés une formation intellectuelle solide dans laquelle je puise encore aujourd’hui des forces pour ma vie de foi. 

Ce sont les fruits de cet important investissement personnel que je souhaiterais vous faire partager. Je serais heureux de recueillir vos commentaires ou compléments d’information au fur et à mesure que nous progresserons dans notre étude. N’hésitez pas à me faire part de vos réflexions, doutes ou questionnements sur le problème de l’existence de Dieu.


Prochain article : Introduction générale, le dimanche 26 février 2006.


Bibliographie de cet Avant-Propos :

Abbé Pierre DESCOUVEMONT, « Guide des difficultés de la Foi Catholique », Cerf, 1989

André VALENTA, "Le scientisme", Editions Mélodie, 1995

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15 janvier 2006 7 15 /01 /janvier /2006 01:01

Article revu et corrigé le 13 janvier 2019

 

J’ai toujours cru en Dieu. Je crois que je peux dire cela. J’ai toujours été, dès le plus jeune âge, saisi par le fait d’être, d’exister. Pouvoir respirer, voir, sentir, penser… Pouvoir dire « JE »… Cela m’a toujours fasciné, je ne m’y suis jamais habitué. Mon existence a toujours été un sujet d’étonnement, de stupeur. Oui, aussi fou que cela puisse paraître, je suis, j’existe, je vis… MOI…

 

"Nous entrons dans la vie comme si elle nous était due, écrit le Père Stan Rougier dans son autobiographie spirituelle, alors que tout est miracle ! Jamais je n’ai pu considérer mon existence comme naturelle (…). Ce que je ressens à la fois de plus étrange et de plus personnel en moi, c’est l’impossibilité où je suis de me familiariser avec mon existence. Je ne m’y habitue pas." 

 

Cela m’a toujours impressionné, car il s’en serait fallu de peu – c’est un euphémisme – pour que je n’existe pas... Songez… Quelle pouvait être, à l’aube des temps, la probabilité que je vienne un jour au monde, MOI ?…

 

Pour que je naisse, il m’a fallu remporter une première compétition contre des centaines de millions de concurrents. C’était bien sûr perdu d’avance… Qui voudrait tenter un concours administratif en sachant que des CENTAINES DE MILLIONS de candidats postulent… pour UN seul poste disponible ? (Bon, il est vrai que ce n’était pas tout-à-fait moi : le spermatozoïde, ce n’est pas MOI. Il n’empêche : je suis le grand bénéficiaire de cette première grande lutte pour la vie dont l’issue était extrêmement improbable : les spermatozoïdes sont près 250 millions à se lancer dans la course à l'ovule ! Et c’est MOI finalement qui ais tiré le gros lot. Si l’un quelconque des 250 millions autres spermatozoïdes en lice avait pris place au sein de l’ovule de ma maman, JAMAIS je n’aurais vu le jour...)

 

Et je prolongeais la réflexion : pour que mes "concurrents" existent et que le "concours" puisse se dérouler, il fallait que mon père et ma mère viennent eux-mêmes au monde, et qu’ils remportent chacun leur propre couronne contre des CENTAINES DE MILLIONS d’autres candidats, et ainsi de suite pour mes grands-parents… jusqu’au bout de la chaîne.

 

Et puis… si mon père et ma mère ne s’étaient pas rencontrés ?...

 

Pour ne prendre que les deux derniers siècles, "il aura fallu pas moins de deux cent cinquante six (256 !) ancêtres pour que chacun de nous existe ! Enlève un seul de ces maillons, fais manquer le rendez-vous entre ton trisaïeul et sa compagne, et tu n’existes pas. Un autre existera, ça ne sera pas toi."  (Stan Rougier)

 

Tout cela me donnait le vertige. Dire qu’il suffisait d’un tout petit "grain de sable" pour que je ne vienne pas à l’existence. Par exemple, lorsque j’entends mon grand-père me narrer ses souvenirs de guerre en Indochine, je me dis qu’il aurait pu mourir quinze fois. Et je ne serais pas né... S’il avait été tué, comme tant de jeunes soldats français de son âge, ou bien s’il n’avait pas rencontré ma grand-mère au hasard d’une expédition,… je ne serai pas né.

 

"Chacun de nous doit la vie à un nombre phénoménal d’individus qui se sont cramponnés à la planète contre vents et marées, glaces et bêtes sauvages, hordes voisines et virus… A détourner quiconque de toute pensée de suicide ! Notre vie a coûté trop cher à trop de monde !" (Stan Rougier)

 

Oui, c’est fou : je vis, je respire, j’existe. Et je ne m’y habitue pas. C’est tellement beau, tellement… improbable. Comment croire que cela puisse être le simple fruit du hasard ?

 

Tout petit déjà, j’en avais la conviction intime – non pas la preuve, bien sûr, mais comme une intuition très profonde et indiscutable : j’étais habité par cette certitude que je devais mon existence non au hasard, mais à Quelqu’un – Quelqu’un de beaucoup plus grand que mes parents. MA vie, si précieuse, si unique, si improbable… ne pouvait être accidentelle. Je ne pouvais m’imaginer être le fruit d’une succession ininterrompue d’"aléas" et de coïncidences trop nombreuses et trop heureuses... Cela faisait trop de hasards.

 

Certes, le vainqueur du loto peut lui aussi s'étonner d'avoir remporté le gros lot. Pourtant il faut bien un gagnant. Il faut bien que le hasard "tombe" sur quelqu'un - puisque c'est le jeu. La différence, c'est que moi, j'ai remporté le gros lot d'un jeu auquel je n'ai pas participé. Si demain vous gagniez au loto sans avoir mis un billet, vous vous diriez sans doute que quelqu'un l'y a mis pour vous. Cela vous semblerait en tout cas l'idée la plus raisonnable. 

 

L’existence de Dieu s’est donc toujours imposée pour moi comme une évidence. Et même si un peu plus grand, j’ai été confronté aux grandes questions de l’existence, même si ma "croyance" allait être bousculée par les interrogations et le doute, rien n’y faisait : je croyais en Dieu, c’était profondément ancré en moi, c’était indéracinable. Je croyais en Dieu parce que je croyais en MOI, en ma propre existence, et que celle-ci attestait par elle-même l’existence de Dieu. La meilleure preuve de l’existence de Dieu pour moi, c’était moi-même, ma vie, mon être… Dieu ne pouvait pas ne pas être, puisque moi-même j’étais.

 

Mon existence était pour moi un fait tellement prodigieux, tellement "miraculeux", tellement "trop-beau-pour-être-vrai", qu’elle ne pouvait pas ne pas avoir été voulue. Le fait que je puisse exister, MOI, me faisait pressentir que j’avais été désiré, MOI, par Quelqu’un, un TU qui me préexistait et sans lequel je n’aurais pu voir le jour puisque je ne me suis pas donné l’être moi-même. Mon existence elle-même me révélait en filigrane un Amour, un Choix, une Election. "Nous sommes les élus d’un choix qui nous dépasse", écrit Stan Rougier, un choix qui ne se limite pas à la seule décision de nos parents de nous concevoir.

 

"Nos parents ne nous ont pas inventés. Ils le savent mieux que personne. Ils ont transmis le patrimoine génétique d’une lignée d’ancêtres, c’est déjà un cadeau fabuleux, mais ils ne nous ont pas inventés. Ils ont choisi d’avoir un enfant, mais ils ne nous ont pas choisis, nous. Ils ne sont pas nos créateurs, mais nos pro-créateurs… C’est bien grâce à l’employé des postes qu’un message nous parvient, mais ce n’est pas lui qui a écrit le message."  (Stan Rougier)

 

J’existais, et ma vie attestait l’existence d’un AUTRE que MOI à qui je devais d'être tout ce que je suis. Mon être même me révélait un Amour qui me posait dans l'existence et sans lequel je n'aurais pu être. Ma vie n'était donc pas absurde. Elle avait une origine. Elle était le fruit d'une Décision consciente, d'une Volonté délibérée, d'un Désir particulier. Elle avait un sens. Et même si je ne voyais pas clairement lequel, je savais que Quelqu'un quelque part savait, et qu'il en possédait, Lui, la clef secrète.

 

 

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