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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 00:00

Annonciation Joseph

En ce 4e dimanche de l’Avent, la liturgie nous donne d’entendre le récit de ce que l’on pourrait appeler l’Annonciation à Joseph : la péricope de l’Evangile selon Saint Matthieu au Chapitre 1er, versets 18 à 24. 

Dans ce passage, l’évangéliste nous raconte les « origines » de Jésus-Christ. 

Marie, la mère de Jésus, qui avait été accordée en mariage à Joseph, « fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint », « avant qu’ils aient habité ensemble » précise Saint Matthieu – pour exprimer combien Joseph est étranger à cette naissance ; pour nous signifier qu’il n’est pas lui-même le géniteur de cet enfant. 

Joseph, « qui était un homme juste » poursuit le texte, prit donc la décision de répudier Marie. 

Quoi de plus « normal » jusque là ? Voici une fiancée promise à son époux – au point que dans le judaïsme de l’époque, on les considérait déjà comme mariés – qui tombe enceinte avant d’avoir commencé une vie commune avec son époux… La conclusion s’impose comme une douloureuse évidence : Marie a trompé son époux ; elle a commis un péché d’adultère – du moins Joseph le croit-il – et il paraît juste à l'humble charpentier de Nazareth de s’en séparer légalement par un acte de répudiation... jusqu'à ce que l'Ange du Seigneur intervienne pour lui faire comprendre sa méprise et lui révéler l'origine divine de l'enfant de Marie. 

Cette lecture un peu rapide de l’Evangile de Saint Matthieu est encore celle pratiquée communément dans l’Eglise, ainsi qu’en témoigne l’enregistrement audio de ce jour du prédicateur de Radio Vatican, ou l’homélie entendue ce matin dans ma paroisse, dans laquelle le prêtre a longuement médité sur… la « peur du ridicule » (et d’être tourné en dérision) qui aurait inspiré à Saint Joseph la décision de se séparer de Marie ! 

Ridicule, Joseph l’est certainement dans l’esprit de beaucoup de gens. Il n’a d’ailleurs pas manqué d’être moqué au long des siècles, dans la littérature ou la chanson ; d’être un sujet de quolibet dans les casernes ou sur les chantiers. Pauvre Joseph, se dit-on parfois, ce benêt si naïf… 

Est-on sûr cependant de connaître vraiment l’histoire de Joseph ? Joseph a-t-il réellement douté de Marie ? 

On peut sans doute le penser et le croire. Mais une chose est sûre : cela ne ressort nullement du texte biblique lui-même. Jamais l'Evangéliste Saint Matthieu n’a voulu laisser entendre que Joseph ait pu douter de la fidélité de Marie, de sa virginité. Et il existe deux indices textuels en ce sens. 

Le premier est tiré du verset 19 : « Joseph, qui était un homme juste, nous dit Saint Matthieu, ne voulait pas la dénoncer publiquement : il résolut de la répudier en secret ». 

La clef de compréhension de ce passage réside dans ces mots : « Joseph, qui était un homme juste… ». 

Qu’est-ce qu’un homme juste en effet, dans la Bible ? 

Un homme juste, c’est un homme qui connaît Dieu, qui l’aime de tout son coeur, et qui s’applique à faire sa volonté ; c’est un homme « ajusté » à Dieu, à sa sainte Volonté, c’est-à-dire : qui règle son agir en référence à la Parole de Dieu, à ses commandements et à ses lois. 

Or, que commande la loi juive lorsqu’une jeune fille vierge fiancée à un homme couche avec un autre homme ? « Vous les conduirez tous deux à la porte de [la] ville et vous les lapiderez jusqu’à ce que mort s’ensuive… » (cf. Deut. 22. 23-24). 

Si Joseph était véritablement un « homme juste » au sens biblique, il aurait dû, en raison de l’adultère de son épouse, ordonner la lapidation de Marie. Ce qu’il n'a pas fait… 

On me répliquera que c'est sans doute parce qu’il aimait profondément Marie, en dépit de son infidélité. Et que c’est par délicatesse que Joseph a décidé de la répudier en secret : pour lui éviter un horrible supplice ; pour préserver sa vie – la vie de la femme qu’il aimait. 

Oui, mais quand on dit cela, on fait violence au texte. Car si tel avait été le propos de Matthieu, il aurait écris : « Joseph, qui aimait tendrement Marie, ne voulait pas la dénoncer publiquement : il résolut de la répudier en secret ». Or, Saint Matthieu ne dit pas cela : il écrit « Joseph, QUI ETAIT UN HOMME JUSTE, ne voulait pas la dénoncer publiquement : il résolut de la répudier en secret ». La répudiation secrète se présente ici comme un acte de justice : ce qui nous révèle bien que Joseph avait l’intime conviction de la fidélité et de la virginité de son épouse – car s’il est juste, selon la loi juive, de lapider une femme adultère, il ne l’est absolument pas de lapider une femme innocente… 

Alors… pourquoi cette décision de rompre le lien avec Marie ? Pourquoi cette répudiation de la Vierge – si elle n’est pas coupable ? 

C’est là qu’il nous faut nous mettre un instant à la place de Joseph… 

Marie apprend à Joseph ce qu’il s’est passé. Elle lui raconte la visite de l’Ange Gabriel, et sa conception virginale annoncée (nous allons voir que ce n’est pas l’Ange qui apprend cela à Joseph). Joseph est un homme juste. Il connaît Dieu. Il sait quel est son mode d’agir. Il connaît sa puissance. Et comme tout bon juif, il attend le Messie – il sait que sa venue est certaine et qu’elle peut survenir d’un moment à l’autre. Ce que lui annonce Marie le bouleverse certainement – et profondément. Mais c’est une nouvelle qu’il accueille dans la foi. Car il sait bien que « rien n'est impossible à Dieu ». Il croit volontiers ce que lui dit son épouse. Il ne peut même pas imaginer qu’il lui mente. Cela peut nous paraître incroyable à nous, contemporains d’un siècle livré aux démons de la luxure. Mais Joseph et Marie ne sont pas des païens débauchés vivant dans une société glorifiant la sexualité débridée et télévisée. Ce sont des Juifs pieux, vivant dans une culture marquée par un amour fervent de Dieu et de sa Loi. Ce sont des Saints – les deux plus grands Saints que l’humanité ait jamais connu. Pour comprendre un tant soit peu la réaction de Joseph, il faut le comparer, non pas aux jeunes occidentaux de notre époque, de la génération « préservatif », mais aux chrétiens qui vivent aujourd’hui leur foi avec ferveur – par exemple dans les communautés charismatiques. Dans ces communautés, il se passe des choses vraiment prodigieuses et extraordinaires : Dieu parle directement au cœur des gens, Il agit, Il convertit, Il fait des miracles… Dans certaines veillées de prière, il y a souvent beaucoup de guérisons. Sans doute ne sont-elles pas toutes authentiques. Mais certaines (et elles sont nombreuses) sont absolument réelles et authentifiables. 

Quoiqu’il en soit (et c’est là que je veux en venir), quand une grâce surnaturelle survient, elle est accueillie par la communauté dans la foi. C’est-à-dire que la personne qui témoigne est écoutée avec bienveillance – elle bénéficie d’un a priori favorable… même s’il faut ensuite vérifier, discerner, et obtenir confirmation. On ne croit pas aveuglément, sur parole. Mais chaque parole, chaque témoignage de l’intervention directe de Dieu, est accueillie favorablement. Parce que l’on sait que Dieu agit, qu’Il est vivant, et qu’il ne manifeste puissamment. On ne doute pas d'abord et systématiquement de ce qui est rapporté – même si c’est extraordinaire – ; on accueille la nouvelle dans la foi et l'action de grâce, et on demande ensuite une confirmation ; on discerne. 

Joseph accueille « charismatiquement » l’annonce que Marie lui fait, avec un cœur ouvert, disposé à croire ce que son épouse lui dit. Il ne doute pas. Il consent à croire que l’enfant qu’elle porte vient du Saint Esprit. 

Dès lors, que se passe-t-il dans sa tête ? 

Eh bien, ce qui se passerait dans la nôtre en pareil cas. Nous nous dirions : « Réfléchissons un peu... Mon épouse a conçu du Saint Esprit. L’enfant qu’elle porte est le Fils de Dieu – il est Dieu, en personne. Si j’épouse Marie, et que je la prends chez moi, que va-t-il se passer ? Eh bien : les gens croiront que c’est moi, Joseph, qui suis le père de cet enfant ! Ils vont penser que cet enfant est mon fils – et non pas le Fils de Dieu ! Aussi, en restant avec Marie, je risque de faire échec à la Volonté de Dieu qui est de manifester à Israël et au monde Sa gloire par la conception virginale et miraculeuse de mon épouse. Je dois donc m’effacer… » 

Et c’est en cela que Joseph se révèle Juste. Il est Juste, parce qu’il veut de toute son âme que la Volonté de Dieu s’accomplisse. Or, la Volonté de Dieu, c’est que Marie donne naissance au Fils de Dieu – et que celui-ci soit reconnu comme tel par tous les hommes. Parce que sa présence auprès de Marie risque de semer le doute sur la paternité authentique de l’enfant, Joseph choisit de se retirer discrètement, humblement, et de répudier Marie en secret. Il ne veut s’approprier, en aucune manière, cette postérité qui vient de Dieu. 

« Comment Joseph est-il déclaré juste, si l’on suppose qu’il cache la faute de son épouse ? Loin de là : c’est un témoignage en faveur de Marie. Joseph, connaissant sa chasteté, et bouleversé par ce qui arrive, cache, par son silence, l’évènement dont il [perçoit le grand] mystère. » (St Jérôme, sur Mt 1. 1, PL 26, 24) 

« Pourquoi Joseph voulut-il renvoyer Marie ? Prends cette interprétation, qui n’est pas la mienne mais celle des Pères : Joseph voulut la renvoyer pour la même raison qui faisait dire à Pierre : ‘Eloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur’ ; et au Centurion : ‘Je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit’. Pierre trembla devant la puissance divine et le Centurion trembla en présence de la Majesté. Joseph fut saisi de crainte – comme il était humainement normal – devant la profondeur du mystère ; c’est pourquoi il voulait renvoyer Marie secrètement. » (St Bernard, Hom 2 sur le Missus est, PL 183, 68). 

On perçoit quelque chose de la grandeur d’âme de Joseph, à cent lieux des intentions qu’on lui prête habituellement et des sarcasmes dont il est l’objet dans le monde… 

C’est à ce moment que l’Ange lui apparaît en songe. 

Que dit l’Ange à Saint Joseph ? « Joseph, Fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse. L’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle mettra au monde un fils auquel tu donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : le Seigneur sauve) car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés ». 

Contrairement à ce que la traduction française semble suggérer, l’Ange n’apprend pas à Joseph que l’enfant conçu dans le sein de Marie vient du Saint Esprit – et j’en viens au second indice textuel contredisant l’hypothèse du doute de Joseph sur la virginité de son épouse. Ce que l’Ange vient apprendre à Joseph, c’est que Dieu a besoin de lui pour accomplir pleinement son dessein. 

Non seulement Dieu ne demande pas à Joseph de s’effacer, mais il lui demande tout au contraire de rester : de prendre Marie pour son épouse (et d’introduire l’enfant dans sa « maison ») ; puis de donner son nom à l’enfant – ce qui revient, selon la coutume sémitique, à assumer la paternité légale de l’enfant ! C’est la raison pour laquelle l’Ange interpelle Joseph par l’expression « Fils de David » : pour lui rappeler que le Messie doit s’inscrire, selon le Plan de Dieu annoncé par les prophètes, dans la descendance de David. Et que c’est par son propre lignage [à lui, Joseph] que Jésus deviendra Fils de David, et accomplira en sa personne les promesses de Dieu. 

« C’est Joseph qui est chargé de donner le nom à l’enfant. Et dans la Bible, donner le nom, c’est vraiment lui donner existence. ‘En nommant l’enfant, rôle réservé au père, il l’adoptera. Dans ce monde ancien, toute paternité est un acte d’adoption et toute adoption confère les pleins droits de fils à celui qui le reçoit’(Claude Tassin). Ainsi, Jésus, par l’obéissance de Joseph, peut devenir l’authentique descendant de David : il est pleinement affilié à la lignée davidique. » (P. Denis Sonet). 

Si Jésus n’est pas Fils de David, il ne pourra être reconnu comme le Messie. Or, c’est par Joseph – et non par Marie – que Jésus va pouvoir être reconnu comme le Messie annoncé. Cela est très bien exprimé dans la généalogie de Jésus qui ouvre l'Evangile de Saint Matthieu (juste avant notre passage), où l’on voit bien que Jésus est Fils de David par Joseph, et non par Marie. Cela est très bien exprimé aussi par les versets 21 et 22 de notre texte, en leur version grecque – qui est la version inspirée (et c’est là le fameux 2e indice textuel dont je vous parlais) : la phrase grecque qui compose ces deux versets est bâtie sur une opposition que ne rend malheureusement pas la traduction française : le premier membre de phrase commence par « gar » qui signifie « en effet, certes » ; tandis que le second membre de phrase commence par « dé » qui signifie « mais toutefois ». Il faut donc lire littéralement le texte de Mt 1. 21-22 comme suit : « Certes, l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint [sous entendu : ce que tu sais déjà, puisque ton épouse te l’a appris] ; mais toutefois, elle mettra au monde un fils auquel TU [toi, Joseph, et nul autre] donneras le nom de Jésus [ce que je viens t’apprendre et t’annoncer]. » 

C’est donc bien sa vocation que Joseph reçoit de la parole de l’Ange – qui vient la lui révéler. Vocation qui dépasse largement, on le voit, celle de simple « père nourricier » de l’Enfant-Jésus et d’époux de Marie. 

« On s’est plu à souligner – et on avait raison – combien le Plan de Salut de Dieu était suspendu au OUI de Marie. Dieu ne fait jamais rien pour l’homme sans l’homme. Le fiat de Marie a toujours inspiré à l’humanité une reconnaissance infinie envers celle qui a accepté d’être la mère du Sauveur. Mais on a tendance à oublier que Joseph lui aussi a été partie prenante de la grande aventure de la Rédemption. Sans être comme le OUI de Marie une condition 'sine qua non', le OUI de Joseph au Plan de Dieu était capital : Joseph était chargé d’insérer Jésus dans l’authentique filiation de David » (op. cit.) 

Rendons donc à Saint Joseph l’honneur qui lui est dû, et adressons-lui avec confiance, en ces quelques jours qui nous séparent de Noël, cette magnifique prière : 

Je vous salue, Joseph, vous que la grâce divine a comblé,

le Sauveur a reposé dans vos bras et grandi sous vos yeux.

Vous êtes béni entre tous les hommes,

et Jésus,

 l'Enfant divin de votre virginale épouse est béni.

 Saint Joseph, donné pour père au Fils de Dieu,

 priez pour nous dans nos soucis de famille, de santé et de travail,

 jusqu'à nos derniers jours,

 et daignez nous secourir à l'heure de notre mort. 

Amen.

 

Article initialement publié le 19 décembre 2010 - Lire aussi : Joseph le grand méconnu

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 21:19

Qui est la Vierge Marie? Quelle place occupe-t-elle dans le Plan divin du Salut? A-t-elle encore un rôle à jouer aujourd'hui, ou sa Mission est-elle définitivement achevée ? Quel rapport les croyants, disciples du Christ, doivent-ils entretenir avec elle?

 

Pour nous éclairer sur toutes ces questions, prenons le temps de méditer cet important passage de l'Evangile de Saint Jean, au chapitre 19 versets 25 à 27. Et laissons-nous instruire par l'Esprit de Vérité.


ND-de-France

 

1- Dialogue sur Marie avec un frère protestant

2- Jean 19. 25-27 : le texte fondateur du culte marial (1)

3- Jean 19. 25-27 : le texte fondateur du culte marial (2)

4- Jean 19. 25-27 : le texte fondateur du culte marial (3)

 


"Tous les âges me diront bienheureuse!" (Lc 1. 48)

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 13:10

Nous poursuivons notre lecture de Genèse 1.

 

Nous avons médité jusqu’ici le verset 1 : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre ».

 

Nous commençons aujourd’hui le verset 2 : « La terre était informe et vide, les ténèbres couvraient l’abîme et le souffle de Dieu planait sur les eaux ».

 

« La terre était informe et vide »… En hébreu : « tohou vabohou » – d’où provient le mot « tohu bohu » en français...

 

Le premier de ces mots (« tohu ») a pour racine le mot hébreu « taha » qui signifie « être désert ». Il s’emploie dans la Bible pour désigner une terre ou une ville dévastée (cf. Job 12. 24 ; 26. 7, Is. 24. 10). Le Tohu Bohu se présente donc comme un lieu inhabitable, comme peut l’être un désert brûlant et lugubre ; une terre hostile et désolée. Le désert, c’est aussi l’absence de chemin et de tout repère (Job 6. 18 ; 12. 24).

 

Le second des mots (« bohu »), plus rare, vient, lui, d’une racine qui signifie « être vide ». Il sert plutôt ici à renforcer le premier (« tohu ») qu’à exprimer une idée nouvelle : ils forment tous deux ensemble une locution unique en hébreu que l’on retrouve telle quelle dans la Bible, par exemple en Jérémie 4. 23 pour désigner un manque absolu d’êtres et de lumière (cf. aussi Is. 34. 11 où elle exprime une destruction totale).

 

Cela dit, l’expression « tohu-bohu » s’applique tout autant à une dévastation ou une destruction qu’à une matière non organisée (ce qui est le cas dans notre texte) ; à l’état originaire d’une matière brute dans laquelle aucun être ne se distinguait. Cet état primitif de la matière n’est pas mauvais ni anormal : il est seulement... primitif : c’est l’état de la « terre » telle qu’elle est sortie des mains du Créateur.

 

« La Création s’est donc opérée en deux temps, si l’on peut dire : Dieu a d’abord fait surgir du néant une matière informe et indéfinie, avant d’y faire ensuite le ménage » (P. Manaranche, in « En séparant le sable et l’eau », Le Sarment Fayard).

 

« Dieu a d’abord fait surgir du néant une matière informe et indéfinie… » Insistons sur ce point. Car certains ont prétendu ici (et ailleurs) que le Tohu Bohu n’avait pas été créé par Dieu – ou disons : pouvait ne pas avoir été créé par Dieu ; qu’il pouvait donc avoir pré-existé à l’acte créateur de Dieu – duquel il ne serait pas lui-même issu...

 

[Pour ceux qui voudraient se replonger dans ce passionnant débat avec le pasteur protestant Eric Georges – que je salue fraternellement en passant – voici les liens avec les articles concernés :

 - Ce que nous enseignent les sciences de la nature 

- La confession de foi de Calvin

- Tohu Bohu]

 

Il est vrai que le premier verset de la Bible ne fait pas explicitement référence à une Création ex-nihilo. Et que le texte littéral de Gn 1.1 n’interdit pas a priori de penser que le Tohu Bohu puisse avoir été là, dès l’origine, dès avant le premier acte créateur de Dieu – échappant ainsi lui-même à cet acte créateur.

 

Mais il est tout aussi vrai :

 * que le verbe employé pour désigner l’acte créateur de Dieu (« bara ») ne s’applique dans la Bible… qu’à Dieu et à Lui seul (et non aux hommes – comme pour signifier que Dieu crée « le ciel et la terre » d’une manière dont Lui seul est capable) ;

 * que le judaïsme orthodoxe a toujours compris ce texte de Gn 1.1 dans le sens d’une Création ex-nihilo ;

 * que l’Ecriture elle-même confirme la Création ex-nihilo plus loin (dans la Bible) et plus tôt (dans l’Histoire) : ainsi, dans le 2e livre des Macchabées, la mère des 7 fils dit à l’un d’entre eux : « Mon enfant, regarde le ciel et la terre et vois tout ce qui est en eux, et sache que Dieu les a faits de rien et que la race des hommes est faite de la même manière » (2 M 7. 28).

 

L’Ecriture Sainte affirme donc très explicitement que Dieu a créé « le ciel et la terre » (c’est-à-dire : la totalité de l’univers visible et invisible)... à partir de rien, du néant.

 

« Nous croyons que Dieu n’a besoin de rien de préexistant ni d’aucune aide pour créer. La Création n’est pas non plus une émanation nécessaire de la substance divine », comme l’affirme la tradition métaphysique moniste qui nous vient de l’Inde ancienne, reprise plus tard par Plotin et Spinoza. « Dieu crée librement de rien. » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, § 296) : « Quoi d’extraordinaire si Dieu avait tiré le monde d’une matière préexistante ? Un artisan humain, quand on lui donne un matériau, en fait tout ce qu’il veut. Tandis que la puissance de Dieu se montre précisément quand Il part du néant pour faire tout ce qu’il veut. » (St Théophile d’Antioche).

 

Il n’est donc pas conforme à l’Ecriture sainte, pas davantage qu’aux traditions d’interprétation du judaïsme orthodoxe et du christianisme orthodoxe, de penser que le Tohu Bohu ait pu échapper à l’acte créateur de Dieu ; qu’il n’est pas lui-même créé, et créé à partir de rien.

 

De rien… c'est-à-dire du néant.

 

J’entends tout de suite l’objection : « Mais Matthieu, tu nous as dit que le néant n’existait pas ! Comment peux-tu dire que l’univers vient du néant… si le néant n’existe pas ? si du néant rien ne peut sortir ? »

 

Du néant, rien ne peut surgir spontanément, c’est entendu. Le néant, par définition, est stérile ; le néant, par définition, c’est l’absence de tout être. Or, de l’absence de tout être, de la négation de l’être, du non-être, ne peut sortir aucun être… c’est là une impossibilité absolue qui s’impose à nous… sauf à renoncer à l’exercice de la raison ! De « rien » ne peut sortir « quelque chose »…

 

Mais précisément, Dieu, ce n’est pas « rien »… Dieu, c’est « quelque chose » ; Dieu, c’est même « quelqu’un ». C’est un Être – l’Être absolu : « Je suis Celui qui Suis » dira-t-Il à Moïse dans la révélation du Buisson ardent (cf. Ex 3. 14).

 

Donc : si le ciel et la terre ont été créé de rien (c'est-à-dire : de l'absence de "ciel" et de "terre"), ils n’ont pas été créé par rien. La nuance est d’importance, car un certain athéisme voudrait nous faire croire que l’univers a été créé par rien – ce qui est impensable. Le judaïsme orthodoxe et le christianisme orthodoxe n’affirment rien de tel : l’univers n’a pas été créé par rien, mais par Dieu de rien – ce qui est pensable, quoique mystérieux.

 

De rien, et non par rien ; de rien, et non de Dieu, car l’être de l’univers n’est pas une émanation de Dieu – autrement, il en aurait tous les caractères : l’éternité, l’infinité, l’immutabilité… en vertu de l’identité de nature.

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 09:36

 

« Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre »

 

Nous avons déjà réfléchi sur la notion de « commencement », puis sur Celui que l’auteur biblique appelle « Dieu ». Il nous revient maintenant de méditer sur le concept de « création ».

 

Dieu créé. « Elohim bara » en hébreu. C'est-à-dire qu’Il fait surgir dans l'existence de l’être qui n’est pas de la même substance que Lui : la Création n’est ni une procession, ni une émanation, mais un acte de la Toute Puissance divine qui fait advenir à l’être ce qui n’était pas.

 

Dieu fait exister ce qu’Il créé – tandis que Lui, Dieu, ne dépend de rien ni de personne pour exister, pour être ce qu’il est comme il est : Il est, tout simplement. Il est l’Être absolu (sans aucun lien de dépendance avec un quelconque autre être) ; l’Être éternel, incréé et suffisant. Il est l’Être nécessaire, qui ne peut pas ne pas être, l’Être premier (le néant absolu ne pouvant pas être premier – absolument pas –, car : si rien n’était à l’origine du monde, rien ne serait de toute éternité ; le néant est incapable par lui-même de produire de l'être).

 

Le mot hébreu « bara » que l'on traduit dans nos Bibles par « créer » signifie primitivement « tailler » : il n’implique donc pas, de soi, l’absence de toute matière pré-existante. Quand je taille un rosier, l’action de tailler ne fait pas exister le rosier : le rosier existait déjà avant que je le taille. Toutefois, dans la Bible, quand le verbe « bara » désigne une action sur une matière pré-existante, il prend une autre forme (pihel, béré) ; il a pour sujet dans ce cas un être humain et pour objet la matière sur laquelle s’exerce le travail (cf. Jos. 17. 15). Dans la forme employée ici, le verbe « bara » a toujours, dans la Bible, Dieu pour sujet et le résultat de l’action accomplie pour objet (cf. Is 43. 1) ; il est toujours réservé à l’action créatrice de Dieu ou à ses interventions éclatantes dans l’Histoire. 

 

L’hébreu a en outre d’autres expressions pour désigner l’action de Dieu sur une matière pré-existante : le verbe « asah », « faire » (cf. Gn 1. 7, 16, 26,…) ; le verbe « jatsar », « former » ou « modeler » (Gn 2. 7-8 et 19) ; le verbe « banah », « construire », « façonner » (cf. la création de Eve en Gn 2. 22) ; etc.

 

Mis en relation comme il l’est ici avec l’idée de commencement, le verbe « créer » ne peut que désigner le surgissement dans l’être de l’univers lui-même (visible et invisible) par la Toute Puissance divine ; autrement il faudrait admettre que l’univers supposé pré-existant à l'acte créateur de Dieu soit apparu de lui-même ou encore qu’il soit éternel, deux hypothèses qui seraient en contradiction avec l’intuition de tout le récit.

 

Quand Dieu créé le ciel et la terre, il fait exister le ciel et la terre. Sans Dieu, le ciel et la terre – et tout ce qu’ils contiennent – n’existeraient pas. Ils n’existent pas par eux-mêmes, indépendamment de l’acte créateur de Dieu ; ils reçoivent leur être même de Dieu. Voilà le sens profond de ce premier verset – si dense et si riche – du livre de la Genèse.

 

Avec la Création, se met à exister une deuxième sorte d’être : une sorte d’être qui n’est pas Dieu, dont les caractères ontologiques la distinguent radicalement de Dieu (puisque comportant un commencement, une croissance, des corruptions,…). L’Univers physique, la Nature, les hommes (les empereurs, les rois...) ne sont pas divins ; ils ne sont pas l’Être absolu et nécessaire, l’Être premier ; ils sont créés – ils sont seconds.

 

Il faut donc clairement distinguer l’Être de Dieu et l’être de l’univers (visible et invisible) – cela, contre les deux grandes traditions métaphysiques de l'Histoire de l’humanité que sont l’idéalisme (pour qui l’univers est une apparence, le seul Être existant étant l’Esprit – l’univers apparent étant une manifestation de l’Esprit) et le matérialisme (pour qui le seul Être existant est l’univers physique – l'esprit étant une manifestation de la matière).

 

Pour ces deux grandes traditions métaphysiques, il n’existe qu’une seule sorte d’être : l’Esprit pour les idéalistes (qui considèrent la matière comme de l’Esprit) ; l’Univers physique pour les matérialistes (qui considèrent l'esprit comme un phénomène de la matière). Ces traditions sont monistes, en tant qu’elles ne discernent l’existence que d’une seule sorte d’être, tandis que l’affirmation de foi qui ouvre notre Bible confesse l’existence de deux sortes d’êtres : l’Être même de Dieu, incréé, éternel, impérissable, absolu ; et l’être de l’univers (visible et invisible) qui est créé, fini, corruptible et contingent.

 

La première affirmation de la Bible est donc une affirmation métaphysique. « La première proposition qui ouvre la sainte Bibliothèque hébraïque est une proposition proprement métaphysique, Genèse 1,1 (…). Cette première proposition enseigne que l’Univers physique n’est pas l’Être pris absolument, ou l’Être absolu, ou la totalité de l’Être ; que l’Être absolu est distinct de l’Univers physique, et qu’il existe une certaine relation entre l’Être absolu et l’Univers physique. Cette relation, c’est le don de l’être ou de l’existence. » (Claude Tresmontant, in L’activité métaphysique de l’intelligence et la théologie).

 

***

 

Dieu créé, nous dit le texte biblique, « le ciel et la terre ». C'est-à-dire : la totalité de ce qui existe… en dehors de Lui : « Rien de ce qui est créé n’est Dieu : la terre a été pétrie puis stabilisée sur ses bases ; le ciel est une calotte qui fut martelée comme un cuivre et cloutée de jolies lumières qu’il serait faux de prendre pour des divinités. Cela, la Parole divine devra le répéter longtemps. St Augustin entendra les créatures lui murmurer qu’elles ne sont pas l’Absolu et qu’il doit monter plus haut pour trouver ce qu’il cherche. » (P. André Manaranche).

 

Le mot hébreu qui désigne le ciel est un pluriel : « schamaïm », « les cieux ». Dieu créé les cieux et la terre. Par cieux, il convient d’inclure, outre notre ciel terrestre, l’univers invisible – le monde angélique. Le pluriel fait allusion aux nombreux espaces célestes qui se superposent les uns aux autres (cf. « les cieux des cieux » en 1 R 8. 27 et le « troisième ciel » en 2 Co. 12. 2). « Le ‘ciel’ ou les ‘cieux’ peut désigner le firmament, mais aussi le « lieu » propre de Dieu : « notre Père aux cieux » (Mt 5. 16) et par conséquent aussi le « ciel » qui est la gloire eschatologique. Enfin, le mot ‘ciel’ indique le « lieu » des créatures spirituelles – les anges – qui entourent Dieu » (CEC, § 326).

 

La « terre » quant à elle désigne toute la réalité matérielle qui nous entoure (le Cosmos en grec) : notre Univers Physique pris en son ensemble et en toutes ses composantes, de l’infiniment petit à l’infiniment grand.

 

Sur la base de cette Révélation divine, le Symbole de Apôtres professe que Dieu est « le Créateur du ciel et de la terre » et le Symbole de Nicée-Constantinople explicite : « … de l’univers visible et invisible ».

 

La profession de foi du 4e Concile du Latran affirme pour sa part que Dieu « a tout ensemble, dès le commencement du temps, créé de rien l’une et l’autre créature, la spirituelle et la corporelle, c’est-à-dire les anges et le monde terrestre ; puis la créature humaine qui tient des deux, composée qu’elle est d’esprit et de corps. » (CEC § 325 et 327).

 

[Sur la création de Anges : se reporter au CEC (Catéchisme de l’Eglise catholique aux paragraphes 328 et suivants). Réécouter aussi l'enseignement d'Arnaud Dumouch sur les Anges.]

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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 14:10

Nous poursuivons notre méditation du premier verset du livre de la Genèse.

 

« Au commencement, Dieu… ».

 

Au commencement, c’est-à-dire à la racine ontologique de notre univers, il y a… Dieu. « Elohim » en hébreu. Ce terme nous donne une indication précieuse quant à l’origine du texte biblique – Dieu n’étant pas désigné ainsi dans toute l’Ecriture.

 

L’expression « Elohim » était employée dans l’école hébraïque dite « sacerdotale » – une tradition littéraire se rattachant à une période particulière de l’Histoire d’Israël : l'exil du peuple hébreu à Babylone (587-538). Elle était l'oeuvre de prêtres d’Israël qui relisaient leurs traditions, rites et coutumes pour maintenir la foi et l'espérance du peuple déporté. Nous sommes donc en présence d’un texte rédigé en période de crise ; un texte de combatmarqué « par la rigueur de la théologie, le sentiment aigu de la transcendance de Dieu qui réagit contre les tentations du syncrétisme ambiant » (Alain Marchadour).

 

Avec la prise de Jérusalem en 587, Israël a tout perdu : sa terre (qui lui avait été donnée par Dieu) de laquelle il a été chassé ; son Temple (qui manifestait la présence de Dieu au milieu de son peuple), profané par les troupes de Nabuchodonosor et détruit ; son Roi (de la descendance duquel devait naître le Messie). Des signes de l’Alliance et de la réalisation de la Promesse, il ne reste plus qu’un tas de ruine fumant. Le Dieu d’Israël apparaît vaincu et les dieux concurrents (tel Mardouk, le dieu de Babylone), triomphants et victorieux.

 

Chaque année, à Babylone, était célébrée la grande fête du dieu Mardouk. A cette occasion, les esclaves juifs étaient contraints de réaliser d’importants travaux de terrassement : combler les ravins, abaisser les collines ; de chemins tortueux faire d’amples avenues… pour préparer la voie triomphale par laquelle devait passer le cortège, roi et statue de l’idole en tête ! Pour les juifs croyants, c’était l’humiliation suprême et le déchirement intérieur… A l’occasion de cette fête, on récitait le poème de l’Enouma Elish (poème babylonnien de la Création) racontant les débuts du monde et la Création de l’humanité – qui commençait ainsi : « Lorsqu’en haut le ciel n’était pas nommé, qu’en bas la terre ferme n’avait pas reçu de nom, ce fut Apsou l’initial qui les engendra, la causale Tiamat qui les enfanta tous »

 

Dans ce contexte, les prêtres d’Israël, cherchant à maintenir vivante la foi au Dieu unique et la pratique sacrée du sabbat, ont eu l’idée de composer leur propre poème de Création – et c’est notre texte de Genèse 1. Ses rédacteurs replacent la Création dans le cadre des sept jours de la semaine s’achevant par le repos sabbatique de Dieu (rappelant ainsi la nécessité pour l’homme de se reposer un jour de la semaine pour le consacrer à Dieu).

 

On voit donc que notre texte est relativement tardif dans l’Histoire du peuple Juif (autour du 6e siècle avec Jésus-Christ, vers la fin de l’exil) et que ce n’est pas parce qu’il se trouve en tête de notre Bible qu’il est le plus ancien ! La méditation qu’il propose de l’action créatrice de Dieu intègre toute l’expérience du peuple hébreu de l’action libératrice de Dieu en sa faveur. Notre texte ne se veut donc pas une description exacte de ce qui s’est passé aux origines, mais une profession de foi au Dieu unique et libérateur d’Israël. C’est un texte théologique, et non scientifique.

 

Mais revenons sur le mot « Dieu »… « Elohim » en hébreu. C’est un nom dérivé de l’arabe, « aliah », qui signifie « trembler ». Elohim est l’être devant lequel on tremble, l’être souverainement redoutable, l’être devant lequel aucune puissance humaine et angélique ne peut résister. C’est la toute-puissance de Dieu qui est ici exaltée, sa grandeur et sa magnificence ; sa radicale transcendance. Il est l’Ëtre à la source de tous les êtres ; il est l’Être absolu et incréé, qui n’a besoin de rien ni de personne pour exister : il EST, tout simplement (« Je SUIS Celui qui SUIS » dira-t-il à Moïse dans la révélation au buisson ardent en Ex 3. 14).

 

Le nom « Elohim » a ceci d’étrange qu’il est… au pluriel. Doit-on y voir là un relent de polythéisme ? Non, bien sûr. En raison du contexte historique décrit plus haut dans lequel le texte est rédigé – il s’agit en effet d’affirmer la suprématie du Dieu Unique d’Israël sur les faux dieux païens (les idoles). Et parce que le verbe qui suit immédiatement ce nom d’Elohim (le verbe « bara »), lui, est au singulier. Il est donc évident que l’auteur emploi le nom d’Elohim dans un sens monothéiste, et que le pluriel renvoie à la pluralité des perfections redoutables de l’Être suprême par lesquelles notre auteur désigne Dieu (dont le Nom très Saint est imprononçable pour l’homme). « Ce qu’est Dieu dans son être, personne ne le saisira en profondeur, ni l’esprit angélique, ni l’esprit humain » disait Jésus à Ste Faustine (in Petit Journal, § 30) : « Prends connaissance de Dieu, lui demandait-il, par la contemplation de ses attributs ».

 

Bien sûr, les pères de l’Eglise ont vu dans ce pluriel « Elohim » une référence à la pluralité des personnes divines, et dans le verbe conjugué au singulier une allusion à leur unité. Le tout premier verset de notre Bible porte donc la trace de la Sainte Trinité ! Nous verrons que l’Ecriture elle-même atteste que l’œuvre de la Création est une œuvre Trinitaire ; que Dieu (le Père) créé le monde par sa Parole (le Verbe) dans le souffle de son Esprit.

 

« Au commencement, Dieu… ».

 

« Dès le commencement, Dieu existe et son existence s’impose comme un fait initial qui n’a besoin d’aucune explication. Dieu n’a ni origine, ni devenir ; l’Ancien Testament ignore les théogonies qui, dans les religions de l’Orient ancien, explique la construction du monde par la genèse des dieux. Parce qu’il est seul, « le premier et le dernier », le monde est tout entier son œuvre, sa Création » (Vocabulaire de théologie biblique, « Dieu », Cerf, p. 278).

 

« Au commencement… Dieu. »

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 17:50

Chers amis lecteurs,

 

J’avais entrepris l’année dernière de créer une rubrique « Bible » et d’envisager un partage fraternel avec vous autour des 11 premiers chapitres du Livre de la Genèse.

 

Et puis… je me suis lancé dans une introduction un peu trop longue qui m’a valu des réactions auxquelles je souhaitais répondre de manière détaillée. Et en définitive, je me suis embourbé…

 

Alors, je vais sans doute reprendre le fil de cette introduction, qui est capitale pour disposer des quelques repères utiles pour bien lire l’Ecriture. Mais je vous invite sans tarder à commencer notre partage biblique. Sans quoi, nous ne le débuterons jamais…

 

Prenons donc notre Bible, et ouvrons-là à la première page – au Livre de la Genèse, chapitre 1.

 

La première parole que nous pouvons lire est : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre » (Gn 1. 1). Nous allons prendre le temps de méditer ensemble ce premier verset. Et réfléchir aujourd’hui particulièrement sur l’expression « Au commencement » (« Be reshit » en hébreu, qui donne son titre au livre de la Genèse en sa version hébraïque).

 

Au commencement…

 

La tentation pourrait être grande de voir dans cette notion de commencement une mention principalement d’ordre chronologique. Peut-être la notion de « commencement » implique-t-elle aussi un commencement chronologique – sans doute même, puisque Dieu est en dehors du temps : il est « éternel » (sans commencement ni fin) ; tandis que la Création a un commencement et une fin ; le temps lui-même, au sens où nous l’entendons, est créé (ainsi que le texte lui-même le suggère par la succession des évènements de la Création se déployant par étapes successives, selon un processus évolutif à l’origine duquel il y a Dieu – qui, Lui, par contraste, est sans changement). Il y a donc véritablement un commencement du temps, qui marque le début de l’histoire du cosmos, de la vie, et de l’aventure humaine – et avant lequel, il n’y avait pas de temps. Voilà pourquoi il est vain de se demander ce que Dieu pouvait faire « avant » la Création, puisque par définition, il n’y avait pas « d’avant »…

 

« Pourquoi, demanderons certains, le Dieu éternel a-t-il voulu, un beau jour, faire le ciel et la terre qu’il n’avait pas fait auparavant ? Vous nous demandez pourquoi Dieu n’a pas fait le monde « avant », mais nous pourrions aussi bien vous demander pourquoi il ne l’a pas fait « ailleurs » » (St Augustin, « La Cité de Dieu », XI, 5).

 

Cependant... le « commencement » en Gn 1. 1 ne désigne pas d’abord le commencement temporel du monde ; il renvoie plus profondément et plus essentiellement à l’origine ontologique du monde, qui est Dieu.

 

 Il nous faut introduire ici une distinction importante entre la notion de « Création » et la notion de « commencement » (au sens temporel). « Dire que l’univers a commencé, ce n’est pas encore dire qu’il ait été créé. De même, dire que l’univers est éternel, ce n’est pas dire qu’il soit incréé » (Claude Tresmontant). Dieu existant de toute éternité, on peut parfaitement concevoir qu’il créé de toute éternité – que l’œuvre de la Création soit éternelle du fait même de l’éternité de son Créateur. Inversement, si notre univers commence d’être, il le doit peut-être à un autre univers auquel il succède, selon des processus physico-chimiques qui ne doivent rien à un être surnaturel. La seule vérité sur laquelle on peut s’appuyer fermement, et qui fait l’unanimité depuis l’aube des temps, dans toutes les écoles de pensée : c’est que l’univers ne peut commencer spontanément de lui-même, sans cause. Parce que le néant ne peut pas produire l’être ; et que ce serait folie de le penser. D’ailleurs, personne ne l’a jamais pensé…

 

Dès lors : OU bien l’univers provient d’une source naturelle ; OU bien l’univers a une cause surnaturelle.

 

La Bible, en ce premier verset du Livre de la Genèse, affirme que l’univers vient de Dieu ; qu’il est « créé » ; qu’il dépend ontologiquement de Dieu puisqu’il reçoit son être de Dieu. L’univers n’a donc pas sa raison d’être en lui-même, ni dans aucune autre cause naturelle ; il a sa raison d’être en Dieu. Et quand bien même notre univers proviendrait d’un autre univers, qui lui-même proviendrait d’un autre univers… dans une chaîne ininterrompue d’univers, cela ne changerait rien. Pour notre auteur, ultimement (non pas nécessairement chronologiquement, je le répète, mais ontologiquement), notre univers vient de Dieu : au commencement, à la source, à la racine même de l’être de notre univers (qu'il soit éternel ou pas), il y a Dieu. Enlevez Dieu, et l’univers ne peut pas être. C’est Dieu qui se trouve « au commencement » du monde. Sans Dieu, le monde ne pourrait pas exister. Sans Dieu, JE ne pourrais pas exister…

 

« Ni récit ni reportage, ce texte ne prétend nullement être scientifique et il ne faut pas se méprendre sur le sens des premiers mots : « au commencement ». L’auteur ne prétend pas décrire un fait historique. Il médite sur la relation entre Dieu et l’humanité. Pour lui, l’Origine (le Commencement) de toutes choses est Dieu : c’est un poète qui parle, c’est surtout un croyant, ce n’est pas un savant. En revanche, il est porteur d’un message théologique très important » (Marie-Noëlle Thabut).

 

« Dans le Principe, Dieu créa le ciel et la terre. Quel est le Principe de tout, sinon notre Seigneur Jésus-Christ, le Sauveur de tous, le Premier-né de toute créature ? Dans le Principe, c’est-à-dire dans son Verbe, Dieu fit le ciel et la terre, comme Saint Jean le dit au début de son Evangile : Au principe était le Verbe, et le Verbe était face à Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au Principe en Dieu. Tout a été fait par lui, et sans lui rien n’a été fait. L’Ecriture ne désigne ici aucun début temporel, mais elle dit que dans le Principe, c’est-à-dire dans le Sauveur, ont été faits le ciel, la terre, et tout ce qui a été fait » (Origène, Hom 1 sur la Gn).

 

L’univers n’est donc pas l’Être par excellence ; il n’est pas auto-suffisant ; il ne s’est pas auto-créé ; il n’est pas divin. Tout son être, il le reçoit d’un autre Être que lui, qui est plus grand que lui, et qui, Lui, est vraiment divin ; cet Être que l’auteur biblique appelle dans ce même verset : « Dieu ».

 

 C’est sur le mot « Dieu » que nous réfléchirons la prochaine fois. 

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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 15:38

Nous avons vu la semaine dernière que le livre de la Genèse est le premier d’un groupe de cinq livres que l’on appelle « Pentateuque » ou « Torah » chez les juifs – expression qui signifie « Loi » - ou « Enseignement » comme l’ont fort bien précisé Pneumatis et Jonas.

La Torah constitue la première partie de l’Ancien Testament qui en compte trois – comme le faisait observer Jonas, et non pas deux seulement : les deux principales que sont la « Loi » (le Pentateuque) et les « Prophètes », dont je parlais dans mon précédent article ; la troisième qui regroupe les « Livres Sapientiaux », qui renvoient à un ensemble hétéroclite d’ouvrages (parmi lesquels on trouve les Psaumes, le livre de Job, celui des Proverbes, le Cantique des Cantiques, l’Ecclésiaste…), livres qui nous font communier, sous des formes variées, à la prière, la sagesse et la morale du Peuple hébreu ; qui nous enseignent l’art de servir Dieu dans la vie quotidienne et de devenir des personnes responsables dans la foi.

Il faudrait sans doute mentionner également – pour être parfaitement complet –, l’existence d’une 4e partie composée de ce que les catholiques appellent les « Livres Deutéro-canoniques » (littéralement : « du 2e Canon », à savoir la liste grecque) qui rassemble 7 livres juifs conservés en grec, qui se trouvent inclus dans nos Bibles catholiques, mais ne figurent pas dans les Ecritures Juives, et dont nos frères protestants contestent l’inspiration divine : il s’agit des deux livres des Maccabées, de Judith et Tobit, du livre de la Sagesse, du Siracide (ou l’Ecclésiastique – à ne pas confondre avec l’Ecclésiaste) et de Baruch.

La Tradition juive affirme que l’essentiel de la Révélation est contenue dans les 5 livres du Pentateuque ; et que si Israël n’avait pas péché, il n’y aurait eu besoin de rien d’autre que de la Torah. Elle considère que tout ce qui vient après, non seulement prend sens par rapport à la Torah, mais ne fait que déployer et apparaître au grand jour ce qui est déjà contenu dans la Torah. C’est dire l’importance de la Torah (ou Pentateuque) pour les Juifs et dans la Bible – et donc pour nous aussi chrétiens.

Le Pentateuque contient les commencements fondateurs, c’est-à-dire les évènements et les paroles à l’origine de l’histoire d’Israël et du christianisme, qui en éclairent le sens. On pourrait résumer le "synopsis" de ce groupe de livre en quelques mots très simples : une alliance à vivre sur une terre.

Le peuple juif est sans cesse invité à faire mémoire des évènements fondateurs de son Histoire ; le Pentateuque est lu chaque sabbat dans les synagogues. Nous aussi, chrétiens, sommes convoqués à cette mémoire, l’originalité du Christ ne pouvant se comprendre qu’à la lumière de ces évènements fondateurs. Nous verrons ainsi les conflits entre Jésus et les Juifs se cristalliser autour de la Torah : « Ne pensez pas que c’est moi qui vous accuserai devant le Père. Votre accusateur, c’est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance. Si vous croyiez en Moïse, vous croiriez aussi en moi, car c’est de moi qu’il a parlé dans l’Ecriture » (Jn 5. 45-46).

Moïse est-il le rédacteur unique du Pentateuque ? Non, écrivais-je dans mon précédent article, ce qui n’a pas manqué de soulever l’interrogation de Pneumatis. Si l’on en croit l’Introduction du Pentateuque dans la Bible de Jérusalem, il apparaît que la composition de ce groupe de 5 livres était attribuée à Moïse au début de l’ère chrétienne, et que le Christ et les Apôtres se sont conformés à cette opinion (cf. Jn 1.45, 5. 45-47 ; Rm 10. 5). Mais les Traditions les plus anciennes n’ont jamais affirmé explicitement que Moïse fut le rédacteur de tout le Pentateuque. Lorsque le Pentateuque dit : « Moïse a écrit », il applique cette formule à un passage particulier. Et puis, comme le faisait pertinemment remarquer Jonas, si Moïse était l'auteur unique du Pentateuque, comment pourrait-il parler de sa propre mort (Deut. 34) ?

De fait, l’étude moderne de ces livres a fait ressortir des différences de style et des désordres dans les récits qui font sérieusement douter qu’ils soient l’œuvre d’un unique auteur.

Si l’on tient au seul livre de la Genèse qu’il nous faut maintenant introduire, il apparaît assez clairement qu’il y eut non pas un seul auteur, mais plusieurs.

Le peuple hébreu rassemblait à l’origine des tribus nomades qui ne savaient ni lire ni écrire, et qui portaient en elles le souvenir de leurs ancêtres et des signes que Dieu avait accompli en leur faveur ; les traditions se transmettaient oralement.
Ce n’est que lorsque ces tribus se fixèrent en Palestine qu’elles entrèrent peu à peu dans une nouvelle culture, celle de l’écriture.

Autour du roi, des scribes fixaient par écrit les lois et les croyances du royaume. C’est à l’époque du roi Salomon (au 10e siècle avant Jésus-Christ) qu’un écrivain inconnu, généralement appelé le « Yahviste » - parce qu’il désigne Dieu par « Yahvé » - a écrit une première histoire du peuple de Dieu. Il s’est largement inspiré pour cela de la littérature des Babyloniens se rapportant au premier couple humain et au Déluge, en les « revisitant » pour y exprimer sa foi dans le Dieu unique révélé à Israël.

Ce récit ancien a été complété ensuite à partir d’autres Traditions, et beaucoup plus tard, après l’Exil à Babylone (au 6e siècle avant Jésus-Christ), par les prêtres d’Israël. C’est parmi eux que se trouve l’auteur du poème de la Création en 7 jours qui ouvre le livre de la Genèse et l’ensemble de notre Bible.

On voit donc que le livre de la Genèse a été rédigé et mis en sa forme définitive relativement tardivement dans l’Histoire d’Israël - bien après Moïse ; et que les premiers livres de notre Bible ne sont pas forcément les plus anciens.

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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 13:02

Avant d’entrer de plain-pied dans la méditation du livre de la Genèse, il est important de bien le situer dans la Bible.

Il est assez facile à trouver, puisqu’il se situe au tout début de l’Ancien Testament. C’est sur lui que nous tombons lorsque nous ouvrons notre Bible à la première page.

Le livre de la Genèse appartient à un groupe de cinq livres que l’on appelle le Pentateuque (du grec : hè pentateuchos, « le livre en cinq volumes »).

Les cinq livres du Pentateuque sont :
- le livre de la Genèse : qui débute par l’origine du monde et raconte l’histoire des Pères dans la foi ;
- le livre de l’Exode : qui commence par la sortie d’Egypte du peuple hébreu ;
- le livre du Lévitique : qui contient la loi des lévites (les prêtres d’Israël) ;
- le livre des Nombres : ainsi intitulé en raison des dénombrements des quatre premiers chapitres ;
- le livre du Deutéronome : ou de la « seconde loi ».

Le Pentateuque raconte l’histoire de l’humanité et du peuple d’Israël, depuis la Création du monde jusqu’à la mort de Moïse – survenue à l’arrivée du peuple hébreu à la frontière de la Terre Promise.

Ce groupe de cinq livres formant le Pentateuque compose ce que les Juifs appellent la Torah, qui signifie « Loi ».

La Torah est encore désignée dans le judaïsme par l’expression « Loi de Moïse » ou « Livre de Moïse », la tradition juive (le Talmud, Philon d’Alexandrie, Flavius Josèphe) attribuant – mais faussement – le Pentateuque à Moïse lui-même.

Le terme de « Loi » ne doit pas nous troubler. Il ne s’applique pas seulement aux parties législatives stricto sensu, mais à l’ensemble des cinq livres constituant la première grande partie de la Bible hébraïque (notre Ancien Testament) – l’autre grande partie étant les « Prophètes » : « Jusqu'à Jean Baptiste, il y a eu la Loi et les Prophètes » (Lc 16. 16).

Le mot hébreu « Torah » désignait primitivement un oracle rendu par le prêtre, cet oracle étant regardé comme l’expression de la volonté de Dieu.
« Les cinq livres de la Loi nous révèlent la Volonté de Dieu pour son peuple ; ils comportent toute une législation ; mais ils sont plus et autre chose qu’une législation » (Suzanne de Diétrich, théologienne protestante).

« Dans le Pentateuque, Israël retrouve tout ce qui fonde une communauté à la fois religieuse et nationale, ses ancêtres et ses premiers guides, ses principes doctrinaux et un corpus proprement législatif »
(Pierre Gibert, exégète).

Le Pentateuque n’est donc pas seulement le début des Ecritures d’Israël ; il en est sa partie centrale et fondatrice ; un peu comme les Evangiles dans notre Nouveau Testament (Alain Marchadour).

La Torah revêt aussi une importance majeure dans la foi chrétienne : « Le Pentateuque, en nous présentant comme un tout le legs historique et législatif de la révélation mosaïque [de Moïse, NDLR], héritière elle-même et première interprète des toutes premières révélations faites à Abraham le père des croyants, et aux patriarches, ses premiers descendants, constitue comme la base par excellence, non seulement de toute la Bible, mais de la foi chrétienne catholique comme de la foi juive qui l’avait précédée et lui avait frayé les voies » (Bible Chrétienne, I).

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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 00:00

« ... mais toute Parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Mt 4.4)

Cette vérité, que le Seigneur nous rappelle en ce début de Carême, est sans cesse à redécouvrir.

De même que notre corps a besoin de nourriture physique pour vivre, de même notre âme a-t-elle besoin de s’alimenter régulièrement de la Parole de Dieu pour croître et se développer.

Nous avons lu récemment sur ce Blog les catéchèses du Pape Benoît XVI sur Saint Jérôme. Saint Jérôme était un amoureux passionné des Saintes Ecritures ; il avait mis la Bible au centre de sa vie. Pourquoi ne le prendrions-nous pas en exemple en ce début de Carême ?

Un lecteur faisait remarquer que c’est le Christ que l'on doit mettre au centre de sa vie, non la Bible seule. Ce sur quoi Saint Jérôme lui aurait certainement répondu que quiconque n’a pas mis la Bible au centre de sa vie n’a pas mis non plus Jésus-Christ au centre de sa vie. Car, écrivait-il, « ignorer les Ecritures, c’est ignorer le Christ ».

Mais comment lire les Ecritures ?

Une amie me faisait part récemment de son désarroi en face de la Bible. D’un côté, elle voudrait bien la connaître, la lire et s’en nourrir. Mais d’un autre côté, elle avouait ne pas trop savoir comment s’y prendre, et se décourager à la première tentative, devant l’ampleur de la tâche.

Je lui conseillais de lire l’Ecriture au fil des textes que la liturgie nous donne à méditer chaque jour, de telle manière qu’en deux ans, elle en ait parcouru l’essentiel – et cueilli la « substantifique moëlle ».

Mais une autre idée a germé : celle de créer une nouvelle catégorie « Bible » sur ce Blog – je crois que cela manquait. Et par ce moyen, constituer un groupe de réflexion biblique destiné à tous ceux qui souhaiteraient découvrir la Parole de Dieu sans trop savoir comment s’y prendre.

Je vous propose donc de découvrir la Bible à travers son premier livre : le
livre de la Genèse.

Et pour commencer, je vous invite à en lire
les 11 premiers chapitres, en notant tout ce qui vous passe par la tête : ce que vous comprenez, ne comprenez pas ; les questions qui vous viennent ; les passages qui vous touchent ; ceux qui vous éclairent ; etc.

Prenons le temps de faire ce travail - dans un esprit de prière -, et donnons-nous une dizaine de jours pour cela (à raison par exemple d'un chapitre par jour). Je crois important dans une première étape de lire simplement le texte, de nous en imprégner, de le méditer, de le digérer ; et de le laisser travailler en nous, car la Parole de Dieu n’est pas une parole comme les autres ; c’est une Parole vivante (He 4. 12) : il faut la laisser faire ; il faut se laisser faire.

Nous mettrons ensuite en commun le fruit de nos réflexions, en nous attachant dans un premier temps aux
trois premiers chapitres du livre de la Genèse, parmi les plus importants de toute la Bible - qui risquent de nous occuper un moment.

Êtes-vous partant pour ce « Biblique Globe Challenge » ?

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