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10 mai 2006 3 10 /05 /mai /2006 12:08

Cher ami lecteur,

En cette semaine où l'Eglise prie plus spécialement pour les vocations, je livre à ta méditation ce beau témoignage du Pape Benoît XVI concernant sa propre vocation (extrait de son échange avec les jeunes de Rome et du Latium, le 6 avril dernier) :

« La vocation au sacerdoce a grandi presque naturellement en moi et sans grands événements de conversion. En outre, deux choses m'ont aidé sur ce chemin : dès l'enfance, aidé par mes parents et par mon curé, j'ai découvert la beauté de la Liturgie et je l'ai aimée de plus en plus, car je sentais qu’elle laissait transparaître la beauté divine et que le ciel s'ouvrait devant nous ; le deuxième élément a été la découverte de la beauté et de la connaissance, la connaissance de Dieu, les Saintes Ecritures, grâce auxquelles il est possible de s'introduire dans cette grande aventure du dialogue avec Dieu qu'est la théologie. Ainsi, cela a été une joie d'entrer dans ce travail millénaire de la théologie, dans cette célébration de la liturgie, dans laquelle Dieu est avec nous et se réjouit avec nous.

« Naturellement les difficultés n'ont pas manqué. Je me demandais si j'avais réellement la capacité de vivre le célibat pendant toute la vie. Etant un homme de formation théorique et non pratique, je savais également qu'il ne suffisait pas d'aimer la théologie pour être un bon prêtre, mais qu'il était nécessaire d’être toujours disponible envers les jeunes, les personnes âgées, les malades, les pauvres ; qu’il était nécessaire d'être simple avec les simples. La théologie est belle, mais la simplicité de la parole et de la vie chrétienne est également nécessaire. Et ainsi, je me demandais : serai-je en mesure de vivre tout cela et de ne pas vivre de manière unilatérale, d'être seulement un théologien etc.? Mais le Seigneur m'a aidé et, surtout, la compagnie de mes amis, de bons prêtres et de maîtres m'a aidée. »

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9 mai 2006 2 09 /05 /mai /2006 11:33

Cher ami lecteur,

Pour faire suite à la 43e Journée Mondiale de prière pour les Vocations, je souhaiterais revenir sur l’homélie que le Pape Benoît XVI a prononcée lors de la dernière messe chrismale, le jeudi 13 avril 2006, et en particulier sur ces quelques paroles prononcée au sujet du prêtre :

« Telle est la signification profonde de la condition de prêtre : devenir ami de Jésus Christ. Nous devons nous engager chaque jour à nouveau pour cette amitié. Amitié signifie communion dans la pensée et la volonté. Nous devons nous exercer à cette communion de pensée avec Jésus, nous dit saint Paul dans l'Epître aux Philippins (cf. 2, 2-5). Et cette communion de pensée n'est pas une chose purement intellectuelle, mais c'est une communion des sentiments et de la volonté, et donc également de l'action.

« Cela signifie que nous devons connaître Jésus de façon toujours plus personnelle en l'écoutant, en vivant avec Lui, en nous arrêtant auprès de Lui. L'écouter, — dans la lectio divina, c'est-à-dire en lisant l'Ecriture Sainte non pas de façon académique, mais spirituelle; ainsi, nous apprenons à rencontrer Jésus présent qui nous parle.

« Nous devons raisonner et réfléchir sur ses paroles et sur son action devant Lui et avec Lui. La lecture de l'Ecriture Sainte est prière, elle doit être prière, — elle doit naître de la prière et conduire à la prière.

« Les évangélistes nous disent que le Seigneur, à plusieurs reprises, — des nuits entières — se retirait « sur la montagne » pour prier seul. Nous aussi nous avons besoin de cette « montagne »: c'est le sommet intérieur que nous devons gravir, la montagne de la prière. Ce n'est qu'ainsi que se développe l'amitié. Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons accomplir notre service sacerdotal, ce n'est qu'ainsi que nous pouvons apporter le Christ et son Evangile aux hommes.

« Le simple activisme peut même être héroïque. Mais l'action extérieure, en fin de compte, reste sans fruits et perd de son efficacité si elle ne naît pas de la communion intime avec le Christ. Le temps que nous passons pour cela est véritablement un temps d'activité pastorale, d’une activité authentiquement pastorale.

« Le prêtre doit être surtout un homme de prière. Le monde dans son activité frénétique perd souvent le sens de l'orientation. Si les forces de la prière, dont jaillissent les eaux de la vie capables de rendre féconde la terre aride, viennent à manquer, son action et ses capacités deviennent destructrices.

« Je ne vous appelle plus serviteurs, mais amis. Le coeur du sacerdoce est d'être amis de Jésus Christ. Ce n'est qu'ainsi que nous pouvons véritablement parler in persona Christi, même si notre éloignement intérieur du Christ ne peut compromettre la validité du Sacrement. Etre ami de Jésus, être prêtre signifie être un homme de prière. C’est ainsi que nous le reconnaissons et que nous sortons de l'ignorance des simples serviteurs. C’est ainsi que nous apprenons à vivre, à souffrir et agir avec Lui et pour Lui.

« L'amitié avec Jésus est par antonomase toujours une amitié avec les siens. Nous ne pouvons être amis de Jésus que dans la communion avec le Christ tout entier, avec la tête et le corps; dans la vigne abondante de l'Eglise animée par son Seigneur. Ce n'est qu'en elle que l'Ecriture Sainte est, grâce au Seigneur, une Parole vivante et actuelle. Sans le sujet vivant de l'Eglise qui embrasse tous les âges, la Bible se fragmente en passages souvent hétérogènes et devient ainsi un livre du passé. Celle-ci n’est éloquente dans le présent que là où il y a la « Présence » — là où le Christ reste toujours notre contemporain : dans le corps de son Eglise.

« Etre prêtre signifie devenir l'ami de Jésus Christ, toujours davantage, avec toute notre existence. Le monde a besoin de Dieu — non pas d'un dieu quelconque, mais du Dieu de Jésus Christ, du Dieu qui s'est fait chair et sang, qui nous a aimés jusqu'à mourir pour nous, qui est ressuscité et qui a créé en lui-même un espace pour l'homme. Ce Dieu doit vivre en nous et nous en Lui. Tel est notre appel sacerdotal: ce n'est qu'ainsi que notre action en tant que prêtre peut porter des fruits.

« Je voudrais conclure (…) par des paroles d'Andrea Santoro, le prêtre du diocèse de Rome qui a été assassiné à Trébisonde tandis qu'il priait ; le Cardinal Cè nous l'a communiqué au cours des Exercices spirituels. Ces phrases sont : « Je suis ici pour habiter parmi ce peuple et permettre à Jésus de le faire en lui prêtant ma chair... On ne devient capable de salut qu’en offrant sa propre chair. Le mal du monde doit être porté et la douleur doit être partagée en l'absorbant jusqu'au bout dans sa chair comme l'a fait Jésus ». Jésus a revêtu notre chair. Donnons-lui la nôtre, pour qu’il puisse ainsi venir dans le monde et le transformer. Amen ! »

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30 avril 2006 7 30 /04 /avril /2006 15:43

Cher ami lecteur,

 

Revenons à cette rencontre du Pape Benoît XVI avec les Jeunes de Rome et du Latium, sur la place Saint-Pierre, ce jeudi 6 avril 2006, à l’occasion de la 21e Journée mondiale de la Jeunesse.

 

Cette fois-ci, le Pape s’exprimait sur les principaux défis à affronter pour les chrétiens en ce début de XXIe siècle.

 

« Il me semble que le grand défi de notre temps — c'est ce que me disent également les évêques en visite « ad limina », ceux d'Afrique par exemple — soit la sécularisation : c'est-à-dire une façon de vivre et de présenter le monde comme « si Deus non daretur », c'est-à-dire comme si Dieu n'existait pas. 

 

« On veut réduire Dieu à la sphère du privé, à un sentiment, comme s'Il n'était pas une réalité objective et ainsi, chacun forme son propre projet de vie.

 

« Mais cette vision, qui se présente comme si elle était scientifique, n'accepte comme valable que ce qui peut être vérifié par l'expérience. 

 

« Avec un Dieu qui ne se prête pas à l'expérience immédiate, cette vision finit par déchirer la société également : le résultat est en effet que chacun fait son propre projet et à la fin, tous s'opposent les uns aux autres. Une situation, comme on le voit, absolument invivable.

 

« Nous devons rendre Dieu à nouveau présent dans nos sociétés. Cela me semble être la première nécessité : que Dieu soit à nouveau présent dans notre vie, que nous ne vivions pas comme si nous étions autonomes, autorisés à inventer ce que sont la liberté et la vie.

 

« Nous devons prendre acte du fait que nous sommes des créatures, constater qu'il y a un Dieu qui nous a créés et que demeurer dans sa volonté n'est pas une dépendance, mais un don d'amour qui nous fait vivre. »

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26 avril 2006 3 26 /04 /avril /2006 17:53

Après avoir discuté longuement avec Miky sur la question de savoir s’il existait ou non des raisons de croire, et achevé notre observation de l’infiniment grand dans notre étude « Dieu existe-t-il ? », je souhaiterais revenir sur quelques textes importants publiés par le Vatican ces dernières semaines.

 

Jeudi 6 avril, le Pape Benoît XVI rencontrait les jeunes de Rome et du Latium, place Saint-Pierre, en préparation à la Journée mondiale de la Jeunesse qui avait lieu cette année dans les diocèses le dimanche des Rameaux.

 

Au cours de cette rencontre, cinq jeunes ont posé des questions au Pape. Je vous propose aujourd’hui cette réflexion du Saint Père sur le rapport entre la foi et la science – les mathématiques en particulier.

 

Question de Giovanni : Saint-Père, je m'appelle Giovanni, j'ai 17 ans, je fais mes études au Lycée scientifique technologique « Giovanni Giorgi » à Rome et j'appartiens à la paroisse « Santa Maria Madre della Misericordia ».

 

Je vous demande de nous aider à mieux comprendre comment la révélation biblique et les théories scientifiques peuvent converger dans la recherche de la vérité.

 

Nous sommes souvent conduits à croire que la science et la foi sont ennemies entre elles ; que la science et la technique sont la même chose ; que la logique mathématique a tout découvert ; que le monde est le fruit du hasard, et que si les mathématiques n'ont pas découvert le théorème-Dieu, c'est tout simplement parce que Dieu n'existe pas.

 

En somme, surtout lorsque nous faisons nos études, il n'est pas toujours facile de tout ramener à un projet divin, sous-jacent à la nature et à l'histoire de l'Homme. Ainsi, parfois, la foi vacille ou se réduit à un simple acte sentimental.

 

Moi aussi, Saint-Père, comme tous les jeunes, j'ai soif de Vérité : mais comment puis-je faire pour harmoniser la science et la foi ?

 

Réponse du Pape Benoît XVI : Le grand Galilée a dit que Dieu a écrit le livre de la nature sous forme de langage mathématique. Il était convaincu que Dieu nous a donné deux livres : celui des Saintes Ecritures et celui de la nature. Et le langage de la nature – telle était sa conviction – c’est les mathématiques, qui sont donc un langage de Dieu, du Créateur.

 

Réfléchissons à présent sur ce que sont les mathématiques : en soi, il s'agit d'un système abstrait, d'une invention de l'esprit humain, qui en tant que tel, dans sa pureté, n'existe pas. Il est toujours réalisé de manière approximative, mais – en tant que tel – c’est un système intellectuel, une grande invention géniale de l'esprit humain.

 

La chose surprenante est que cette invention de notre esprit humain est vraiment la clef pour comprendre la nature, que la nature est réellement structurée de façon mathématique et que nos mathématiques, inventées par notre esprit, sont réellement l'instrument pour pouvoir travailler avec la nature, pour la mettre à notre service, pour l'instrumentaliser à travers la technique.

 

Cela me semble une chose presque incroyable qu'une invention de l'esprit humain et la structure de l'univers coïncident : les mathématiques, que nous avons inventées, nous donnent réellement accès à la nature de l'univers et nous le rendent utilisable.

 

La structure intellectuelle du sujet humain et la structure objective de la réalité coïncident donc : la raison subjective et la raison objective dans la nature sont identiques.

 

Je pense que cette coïncidence entre ce que nous avons pensé et la façon dont se réalise et se comporte la nature est une énigme et un grand défi, car nous voyons que, à la fin, c'est « une » raison qui les relie toutes les deux : notre raison ne pourrait pas découvrir cette autre, s'il n'existait pas une raison identique à la source de toutes les deux.

 

Dans ce sens, il me semble précisément que les mathématiques – dans lesquelles, en tant que telles, Dieu ne peut apparaître –, nous montrent la structure intelligente de l'univers.

 

Certes, les théories du chaos existent également, mais elles sont limitées car si le chaos prenait le dessus, toute la technique deviendrait impossible. Ce n'est que parce que notre mathématique est fiable que la technique est fiable. Notre science, qui permet finalement de travailler avec les énergies de la nature, suppose une structure fiable, intelligente, de la matière. Et ainsi, nous voyons qu'il y a une rationalité subjective et une rationalité objective de la matière, qui coïncident.

 

Naturellement, personne ne peut prouver – comme on le prouve par l'expérience, dans les lois techniques – que les deux soient réellement le fruit d'une unique intelligence, mais il me semble que cette unité de l'intelligence, derrière les deux intelligences, apparaît réellement dans notre monde. Et plus nous pouvons instrumentaliser le monde avec notre intelligence, plus apparaît le dessein de la Création.

 

A la fin, pour arriver à la question définitive, je dirais : Dieu existe, ou il n'existe pas. Il n'existe que deux options.

 

Ou l'on reconnaît la priorité de la raison, de la Raison créatrice qui est à l'origine de tout et le principe de tout – la priorité de la raison est également la priorité de la liberté –,

 

Ou l'on soutient la priorité de l'irrationnel, selon laquelle tout ce qui fonctionne sur notre terre ou dans notre vie ne serait qu'occasionnel, marginal, un produit irrationnel – la raison serait un produit de l'irrationalité.

 

On ne peut pas en ultime analyse « prouver » l'un ou l'autre projet, mais la grande option du christianisme est l'option pour la rationalité et pour la priorité de la raison. Cela me semble une excellente option, qui nous montre que derrière tout se trouve une grande intelligence, à laquelle nous pouvons nous fier.

 

Mais le véritable problème contre la foi aujourd'hui me semble être le mal dans le monde : on se demande comment il peut être compatible avec cette rationalité du Créateur. Et ici, nous avons véritablement besoin du Dieu qui s'est fait chair et qui nous montre qu'Il n'est pas une raison mathématique, mais que cette raison originelle est également Amour.

 

Si nous regardons les grandes options, l'option chrétienne est également aujourd'hui la plus rationnelle et la plus humaine. C'est pourquoi nous pouvons élaborer avec confiance une philosophie, une vision du monde qui soit fondée sur cette priorité de la raison, sur cette confiance que la Raison créatrice est amour, et que cet amour est Dieu.

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12 mars 2006 7 12 /03 /mars /2006 15:56

Cher ami lecteur,

La liturgie de ce 2e dimanche de Carême nous invite à nous mettre à l’écoute de Jésus.

« Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l'écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux (…). Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le. » (Mc 9. 2-10).

Dans son point de méditation hebdomadaire, le père Raniero Cantalamessa, prédicateur de la Maison pontificale, nous rappelle que « par ces paroles, Dieu le Père donnait Jésus Christ à l’humanité comme son Maître unique et définitif, supérieur à la Loi et aux prophètes.

« Où Jésus parle-t-il aujourd’hui pour que nous puissions l’écouter ? Il nous parle avant tout à travers notre conscience qui est une sorte de « répétiteur » de la voix même de Dieu en nous.

« Mais notre conscience seule ne suffit pas. Il est facile de lui faire dire ce qu’il nous plaît d’entendre. Elle a par conséquent besoin d’être éclairée et soutenue par l’Evangile et l’enseignement de l’Eglise. L’Evangile est le lieu par excellence où Jésus nous parle aujourd’hui. »

Lorsque l’on essaie d’être attentif à ce que « l’Esprit dit aux Eglises », on ne peut être que frappé par l’insistance de l’Eglise du Ciel et de la Terre sur la nécessaire écoute de la Parole de Dieu.

Ainsi la Vierge Marie à Medjugorje nous invitait-elle, dans son message du 25 janvier 2006, à « être porteurs de l’Evangile dans vos familles. N'oubliez pas, petits enfants, de lire les Saintes Ecritures. Mettez-les dans un lieu visible et témoignez par votre vie que vous croyez et que vous vivez la Parole de Dieu. »

(Cf. La position de l'Eglise sur Medjugorje + Bibliographie février 2006).

Nous avons déjà été frappé par la proximité très forte des message de la Vierge à Medjugorje, et des discours du Pape Benoît XVI : ainsi dans notre article 2006, le temps des résolutions (2) : se décider pour Jésus (Relire aussi : Le Pape, prophète de Dieu). 

Or, dans ses derniers textes, le pape Benoît XVI revient avec beaucoup d’insistance sur la lecture priée, méditée et vécue de la Parole de Dieu. 

Ainsi, lors de l’Angelus du dimanche 26 février 2006, adressa-t-il cette salutation aux pélerins français : « Je vous salue, chers pèlerins de langue française. Que la Parole de Dieu et l’Eucharistie soient votre nourriture spirituelle, pour que vous puissiez vivre chaque jour la nouveauté de l’Évangile, source de joie personnelle et dynamisme missionnaire. Avec ma Bénédiction apostolique. »

Dans sa catéchèse toute consacrée au Mercredi des Cendres, au cours de l’audience générale du mercredi 1er mars 2006, le Pape rappelait qu’« en cette période liturgique [du Carême], le Peuple de Dieu, depuis les premiers temps, se nourrit avec abondance de la Parole de Dieu pour se renforcer dans la foi, en re-parcourant toute l'histoire de la création et de la rédemption. (…) » Méditant sur le signe de l'imposition des cendres (…), accompagné par deux formules « riches de sens, qui constituent un appel pressant à se reconnaître pécheurs et à retourner à Dieu », le Pape insiste sur la seconde qui « se réfère aux paroles prononcées par Jésus au début de son ministère itinérant : « Convertissez-vous et croyez à l’Evangile » (cf. Mc 1, 15). C'est une invitation à adhérer de manière ferme et confiante à l'Evangile comme fondement du renouveau personnel et communautaire. La vie du chrétien est une vie de foi, fondée sur la Parole de Dieu et nourrie par elle.

« Dans les épreuves de la vie et face à chaque tentation, le secret de la victoire réside dans l'écoute de la Parole de vérité et dans le ferme refus du mensonge et du mal. Tel est le programme véritable et central du temps du Carême : écouter la Parole de vérité, vivre, parler et faire la vérité, refuser le mensonge qui empoisonne l'humanité et qui ouvre la porte à tous les maux.

« Il est donc urgent d'écouter à nouveau, au cours de ces quarante jours, l'Evangile, la Parole du Seigneur, parole de vérité, afin qu’en chaque chrétien, en chacun de nous, se renforce la conscience de la vérité donnée, qui nous est donnée, afin que nous en vivions et en devenions le témoin.

« Le Carême nous invite à laisser la Parole de Dieu pénétrer dans notre vie et à connaître ainsi la vérité fondamentale : qui sommes-nous, d'où venons-nous, où devons-nous aller, quel est le chemin à prendre dans la vie ? »

Dans son homélie prononcée lors du rite des Cendres, ce même mercredi 1er mars, le Pape insistait encore : « Au cours du carême, nous entendrons souvent retentir l'invitation à nous convertir et à croire à l'Evangile, et nous serons constamment encouragés à ouvrir notre esprit à la puissance de la grâce divine. »

Mais c’est surtout dans son message aux jeunes du monde entier, à l’occasion de la 21e Journée Mondiale de la Jeunesse 2006 du dimanche des Rameaux à venir que le Pape revenait avec force sur la nécessité de fonder sa vie chrétienne sur le roc de la Parole divine :

« Les Apôtres ont écouté la parole de salut et l'ont transmise à leurs successeurs comme une perle précieuse conservée, en toute sûreté, dans l'écrin de l'Église : sans l'Église, cette perle risque de se perdre ou de se briser.  

« Chers jeunes, aimez la Parole de Dieu et aimez l'Église, qui, en vous apprenant à en apprécier la richesse, vous permet d'accéder à un trésor d'une si grande valeur. 

« Aimez et suivez l'Église, qui a reçu de son Fondateur la mission d'indiquer aux hommes le chemin du vrai bonheur. Il n'est pas facile de reconnaître et de rencontrer l'authentique bonheur dans le monde où nous vivons, où l'homme est souvent l'otage de courants de pensée qui le conduisent, tout en se croyant "libre", à se fourvoyer dans les erreurs ou les illusions d'idéologies aberrantes. Il est urgent de « libérer la liberté » (cf. Encyclique Veritatis splendor, n. 86), d'éclairer l'obscurité dans laquelle l'humanité avance à tâtons. Jésus a indiqué comment cela peut se faire: « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres » (Jn 8, 31-32). Le Verbe incarné, Parole de Vérité, nous rend libres et oriente notre liberté vers le bien.  

« Chers jeunes, méditez souvent la parole de Dieu et laissez l'Esprit Saint devenir votre maître. Vous découvrirez alors que les pensées de Dieu ne sont pas celles des hommes. Vous serez amenés à contempler le vrai Dieu et à lire les événements de l'histoire avec ses yeux ; vous goûterez pleinement la joie qui naît de la vérité.

« (…) La présence aimante de Dieu, à travers sa Parole, est une lampe qui dissipe les ténèbres de la peur et qui éclaire le chemin, même dans les moments les plus difficiles (…).

« Si Abraham est le modèle de cette écoute qui est obéissance, Salomon se révèle, lui aussi, un chercheur passionné de la sagesse contenue dans la parole. Quand Dieu lui propose: « Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai", dans sa sagesse le roi répond: "Donne à ton serviteur un cœur attentif » (1 R 3, 5.9). Le secret pour avoir « un cœur attentif » est de se former un cœur qui sache écouter. On y parvient en méditant sans cesse la parole de Dieu et en y demeurant enracinés, en prenant l’engagement de la connaître toujours mieux.

« Chers jeunes, je vous exhorte à devenir des familiers de la Bible, à la garder à portée de la main, pour qu'elle soit pour vous comme une boussole qui indique la route à suivre. En la lisant, vous apprendrez à connaître le Christ. Saint Jérôme observe à ce propos: "L'ignorance des Écritures est l'ignorance du Christ".

« Un moyen assuré pour approfondir et goûter la parole de Dieu est la lectio divina, qui constitue un véritable itinéraire spirituel par étapes. De la lectio, qui consiste à lire et relire un passage de l'Écriture Sainte en en recueillant les principaux éléments, on passe à la meditatio, qui est comme un temps d'arrêt intérieur, où l'âme se tourne vers Dieu en cherchant à comprendre ce que sa parole dit aujourd'hui pour la vie concrète. Vient ensuite l'oratio, qui nous permet de nous entretenir avec Dieu dans un dialogue direct, et qui nous conduit enfin à la contemplatio; celle-ci nous aide à maintenir notre cœur attentif à la présence du Christ, dont la parole est une « lampe brillant dans l’obscurité, jusqu'à ce que paraisse le jour et que l'étoile du matin se lève dans nos cœurs » (2 P 1, 19). La lecture, l'étude et la méditation de la Parole doivent ensuite déboucher sur l'adhésion d’une vie conforme au Christ et à ses enseignements.

« Saint Jacques nous avertit: « Mettez la Parole en application, ne vous contentez pas de l’écouter : ce serait vous faire illusion. Car écouter la parole de Dieu sans la mettre en application, c’est ressembler à un homme qui se regarde dans une glace, et qui, aussitôt après, s’en va en oubliant de quoi il avait l’air. Au contraire, l’homme qui se penche sur la Loi parfaite, celle de la liberté, et s'y tient, celui qui ne l’écoute pas pour l’oublier, mais l’applique dans ses actes, heureux sera-t-il d’agir ainsi » (1, 22-25). Celui qui écoute la parole de Dieu et y fait constamment référence, fonde son existence sur des bases solides. « Tout homme qui écoute ce que je vous dis là et le met en pratique – dit Jésus – est comparable à un homme prévoyant qui a bâti sa maison sur le roc » (Mt 7, 24): il ne cédera pas aux intempéries. »

« Construire votre vie sur le Christ, en accueillant avec joie sa parole et en mettant en pratique ses enseignements : jeunes du troisième millénaire, tel doit être votre programme! Il est urgent que se lève une nouvelle génération d'apôtres enracinés dans la parole du Christ, capables de répondre aux défis de notre temps et prêts à répandre partout l'Évangile. C'est ce que le Seigneur vous demande, ce à quoi l'Église vous invite, ce que le monde – même sans le savoir – attend de vous! »

Attisons donc en nous, jeunes et moins jeunes, le désir de connaître Dieu dans sa Parole, et prenons l’engagement concret de nous préserver des temps de désert (cf. Le carême, une cure de désintoxication de l'âme) pour lire, étudier, et prier la Parole de Dieu : seul, dans une prière personnelle, mais aussi si possible en Eglise à travers les nombreuses propositions qui existent en paroisse, notamment les groupes bibliques spécialement constitués à l’occasion du Carême. Car on ne peut séparer la Parole et l'Eglise.

Si nous ne sommes pas familiers de la Bible, commençons par un Evangile, ou méditons les textes du dimanche avec Marie-Noëlle THABUT (voir liens). Mais mettons-nous en marche ; il s’agit d’une invitation pressante du Seigneur en ce début d’année 2006 : écouter, et découvrir (ou re-découvrir) sa Parole, dans l’Ecriture Sainte.

« Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la Voix du Seigneur »

 (Psaume 92)

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10 mars 2006 5 10 /03 /mars /2006 09:51

[Nous poursuivons notre commentaire de l’Encyclique Deus Caritas Est du Pape Benoît XVI ; nous avons réalisé aujourd’hui le quart de notre parcours]

10. L’eros de Dieu pour l’homme, comme nous l’avons dit, est, en même temps, totalement agapè. Non seulement parce qu’il est donné absolument gratuitement, sans aucun mérite préalable, mais encore parce qu’il est un amour qui pardonne.

C’est surtout le prophète Osée qui nous montre la dimension de l’agapè dans l’amour de Dieu pour l’homme, qui dépasse de beaucoup l’aspect de la gratuité.    

Israël a commis «l’adultère», il a rompu l’Alliance; Dieu devrait le juger et le répudier. C’est précisément que se révèle cependant que Dieu est Dieu et non pas homme :      

«Comment t’abandonnerais-je, Éphraïm, te livrerais-je, Israël ? ...

Mon cœur se retourne contre moi, et le regret me consume.

Je n’agirai pas selon l’ardeur de ma colère, je ne détruirai plus Israël,

car je suis Dieu, et non pas homme :

au milieu de vous je suis le Dieu saint»

(Os 11, 8-9).

L’amour passionné de Dieu pour son peuple – pour l’homme – est en même temps un amour qui pardonne. Il est si grand qu’il retourne Dieu contre lui-même, son amour contre sa justice. Le chrétien voit déjà poindre là, de manière voilée, le mystère de la Croix : Dieu aime tellement l’homme que, en se faisant homme lui-même, il le suit jusqu’à la mort et il réconcilie de cette manière justice et amour.  

L’aspect philosophique, historique et religieux qu’il convient de relever dans cette vision de la Bible réside dans le fait que, d’une part, nous nous trouvons devant une image strictement métaphysique de Dieu : Dieu est en absolu la source originaire de tout être; mais ce principe créateur de toutes choses – le Logos, la raison primordiale – est, d’autre part, quelqu’un qui aime avec toute la passion d’un véritable amour. De la sorte, l’eros est ennobli au plus haut point, mais, en même temps, il est ainsi purifié jusqu’à se fondre avec l’agapè.

À partir de là, nous pouvons ainsi comprendre que le Cantique des Cantiques, reçu dans le canon de la Sainte Écriture, ait été très vite interprété comme des chants d’amour décrivant, en définitive, la relation de Dieu avec l’homme et de l’homme avec Dieu. De cette manière, le Cantique des Cantiques est devenu, dans la littérature chrétienne comme dans la littérature juive, une source de connaissance et d’expérience mystique, dans laquelle s’exprime l’essence de la foi biblique; oui, il existe une unification de l’homme avec Dieu – tel est le rêve originaire de l’homme. Mais cette unification ne consiste pas à se fondre l’un dans l’autre, à se dissoudre dans l’océan anonyme du Divin; elle est une unité qui crée l’amour, dans lequel les deux, Dieu et l’homme, restent eux-mêmes et pourtant deviennent totalement un : «Celui qui s’unit au Seigneur n’est avec lui qu’un seul esprit», dit saint Paul (1 Co 6, 17).  

[« L’amour passionné de Dieu pour son peuple – pour l’homme –, écrit le Souverain Pontife, est en même temps un amour qui pardonne. Il est si grand qu’il retourne Dieu contre lui-même, son amour contre sa justice ».

Voilà bien une parole qu’il faut prendre le temps d’intérioriser, de « digérer ». Combien de nos contemporains se font-ils de Dieu une image terrible : un Dieu Juge, Vengeur du Mal, qui punit les pécheurs, et épie les sourcils froncés chacun de nos faits et gestes pour les noter dans son Livre, et nous en faire le reproche le Jour venu…

Cette vision de Dieu, tirée de l’imagerie païenne, et qui renvoie à la figure mythologique d’un Jupiter ou d’un Zeus grecs, est absolument contraire au visage du Père révélé par Jésus Christ.

En Jésus, nous pouvons contempler le vrai visage de Dieu. « Qui m’a vu a vu le Père », dit Jésus. Et que voyons-nous en Jésus ? La douceur, l’humilité, la patience (vis-à-vis de ces disciples), le dialogue (vis-à-vis des pécheurs, et de tous ceux qui s’approchent de lui), la bonté (Jésus guérit les malades, chasse les démons, ressuscite les morts), la solidarité (Jésus partage la faiblesse de notre condition en rencontrant la faim, la soif, la fatigue,… la souffrance et la mort), et par-dessus tout, la miséricorde (il pardonne aux pécheurs). Il a passé sur la terre en faisant le bien, libérant l’homme de tout ce qui l’opprime et l’empêche de vivre vraiment.

« Le Christ eut à pâtir des lois figées, canaux que la vie a désertés : sabbats inventés pour le bien de l’homme et qui en viennent parfois à le mutiler. Si le Christ m’a séduit si fort, c’est parce qu’Il me rejoignait au cœur de cette réalité. N’était-il pas le rebelle qui s’indigne et se dresse contre tout ce qui limite, brime, rétrécit, empêche l’amour ? » (Stan Rougier, « Dieu était là et je ne le savais pas », Presses de la Renaissance 1998, page 143).

Tel est le vrai visage de Dieu, le visage du seul Vrai Dieu, le Dieu d’Israël, le Dieu de toute la terre. Un Dieu Juste et Saint, il est vrai, mais un Dieu dont la Sainteté et la Justice s’exprime précisément… en faisant miséricorde, et en aimant, bien au-delà du raisonnable, chacun de ses enfants, en aimant comme aucun homme livré à ses seules forces ne peut aimer.

C’est en aimant que Dieu se révèle le plus Dieu ; c’est en aimant qu’il fait valoir sa différence par rapport aux hommes, et qu’il se révèle le Tout Autre (« Je n’agirai pas selon l’ardeur de ma colère CAR je suis Dieu et non pas homme » dit Dieu au Prophète Osée) ; c’est en devenant pour chacun de nous le Tout Proche qu’il manifeste paradoxalement le plus sa distance infinie par rapport à l’homme, et qu’il dévoile pleinement la splendeur de sa divinité. En Jésus, l’amour de Dieu pour l’homme pécheur prend ainsi les dimensions de la folie. « Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi ? »…

C’est dans cette descente dans les abîmes de notre pauvre humanité pécheresse pour la tirer de sa détresse et la sauver de sa perdition, « sans aucun mérite préalable » de notre part, ainsi que l’écrit le Saint Père, que le Seigneur fait resplendir le plus sa Puissance et sa Grandeur, qu’Il manifeste le plus qu’Il est vraiment Amour, à un degré qui n’est pas humain, et qu’Il est vraiment le Père de tous les hommes.]  

 

Texte intégral de l'Encyclique

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2 mars 2006 4 02 /03 /mars /2006 23:13

[Nous poursuivons notre étude de l'Encyclique du Pape Benoît XVI sur l'Amour]

La nouveauté de la foi biblique

9. Il s’agit avant tout de la nouvelle image de Dieu. Dans les cultures qui entourent le monde de la Bible, l’image de Dieu et des dieux reste en définitive peu claire et en elle-même contradictoire.

Dans le parcours de la foi biblique, à l’inverse, on note que devient toujours plus clair et plus univoque ce que la prière fondamentale d’Israël, le shema, reprend par ces paroles : «Écoute, Israël: le Seigneur notre Dieu est l’Unique» (Dt 6, 4). Il existe un seul Dieu, qui est le Créateur du ciel et de la terre, et qui est donc aussi le Dieu de tous les hommes.

Deux éléments sont singuliers dans cette précision : le fait que, en vérité, tous les autres dieux ne sont pas Dieu, et que toute la réalité dans laquelle nous vivons remonte à Dieu, qu’elle est créée par lui. Naturellement, l’idée d’une création existe aussi ailleurs, mais c’est là seulement qu’apparaît de manière absolument claire que ce n’est pas un dieu quelconque, mais l’unique vrai Dieu, lui-même, qui est l’auteur de la réalité tout entière; cette dernière provient de la puissance de sa Parole créatrice.

Cela signifie que sa créature lui est chère, puisqu’elle a été voulue précisément par Lui-même, qu’elle a été «faite» par Lui. Ainsi apparaît alors le deuxième élément important: ce Dieu aime l’homme.

La puissance divine qu’Aristote, au sommet de la philosophie grecque, chercha à atteindre par la réflexion, est vraiment, pour tout être, objet du désir et de l’amour – en tant que réalité aimée cette divinité met le monde en mouvement –, mais elle-même n’a besoin de rien et n’aime pas ; elle est seulement aimée.

Au contraire, le Dieu unique auquel Israël croit aime personnellement. De plus, son amour est un amour d’élection : parmi tous les peuples, il choisit Israël et il l’aime, avec cependant le dessein de guérir par là toute l’humanité. Il aime, et son amour peut être qualifié sans aucun doute comme eros, qui toutefois est en même temps et totalement agapè.

Les prophètes Osée et Ézéchiel surtout ont décrit cette passion de Dieu pour son peuple avec des images érotiques audacieuses. La relation de Dieu avec Israël est illustrée par les métaphores des fiançailles et du mariage ; et par conséquent, l’idolâtrie est adultère et prostitution. On vise concrètement par là, comme nous l’avons vu, les cultes de la fertilité, avec leur abus de l’eros, mais, en même temps, on décrit aussi la relation de fidélité entre Israël et son Dieu.

L’histoire d’amour de Dieu avec Israël consiste plus profondément dans le fait qu’il lui donne la Torah, qu’il ouvre en réalité les yeux à Israël sur la vraie nature de l’homme et qu’il lui indique la route du véritable humanisme. Cette histoire consiste dans le fait que l’homme, en vivant dans la fidélité au Dieu unique, fait lui-même l’expérience d’être celui qui est aimé de Dieu et qu’il découvre la joie dans la vérité, dans la justice, la joie en Dieu qui devient son bonheur essentiel : «Qui donc est pour moi dans le ciel si je n’ai, même avec toi, aucune joie sur la terre ? ... Pour moi, il est bon d’être proche de Dieu» (Ps72 [73], 25.28).  

[Il peut paraître étrange en ce début de Carême de parler d’érotisme sur ce Blog ! Mais le Pape Benoît XVI continue de nous étonner en évoquant l’amour de Dieu pour son peuple, décrit par les prophètes « avec des images érotiques audacieuses ».

Cette évocation suggère en moi cette réflexion : il n’est pas étonnant que la Parole de Dieu contienne des « images érotiques audacieuses », car la Bible est le lieu où l’Epoux parle à son épouse. Avons-nous conscience d’être chacun de nous, pour Dieu, une épouse ?

L’amour humain est le signe de l’Amour de Dieu pour l’homme, et il en découle, car « l’Amour vient de Dieu » (1 Jn 4.7). L’amour humain, y compris en son aspect le plus charnel, nous dit quelque chose de l’Amour de Dieu pour chacun de nous. Dans l’Eucharistie, Jésus ne se donne-t-il pas à nous dans sa chair ? « Ceci est mon corps ».

« Jésus se déclare l’Epoux qui vient renouer l’Alliance avec son Peuple infidèle. Il est là pour rendre visible le « Dieu amoureux » dont parlait le prophète Osée ; il est cet « époux » qui veut faire confiance toujours et toujours, celui qui a scellé l’alliance de l’amour dans son propre sang » (Père Bruno Lefevre Pontalis, Feuille paroissiale de St Léon, 26 février 2006).

Un chrétien ne peut donc pas mépriser l’amour humain, ni la chair, ni la sexualité. L’amour humain ? Il procède de l’amour de Dieu. La chair ? Dieu Lui-même a prit un corps… La sexualité ? « Elle est un don de Dieu. Elle est donc bonne en soi, et utilisée comme Dieu l’entend, elle enrichit et ennoblit. » (D’après l’intervention de Mgr Bernardin archevêque de Cincinnati lors du synode de 1980).

« Dans la vie conjugale, les relations charnelles sont le signe et l’expression de la communion entre les personnes. Les manifestations de tendresse et le langage du corps expriment le pacte conjugal et représentent le mystère de l’alliance et celui de l’union du Christ et de l’Eglise. » (Message de Jean-Paul II, Septembre 96, Ste Anne d’Auray)

L'église prend tellement au sérieux la sexualité qu'elle est malheureuse quand on s'en sert de manière légère, car pour elle, elle est signe du don total à l'autre. Donner son corps, c'est le don suprême : « Les ayant aimé jusqu'au bout, il leur dit, voici mon corps livré... » Ainsi, l'Eglise souhaite que le don du corps soit un aboutissement de l'amour. Donner son corps, ce n'est pas le prêter... c'est le signe que l'on arrive au bout de l'amour. (Source : http://mariage.eklesia.net/COUPLE/eglise.php)

« Quand il s'agit du corps, dit Jean-Paul II aux jeunes de la Réunion, le 2/5/1989, on veut connaître la jouissance tout de suite. Le plaisir dans la relation à l'autre, dans la relation sexuelle, a été voulu par Dieu, mais pas n'importe comment. Dieu ne veut pas de ces contrefaçons de l'amour que l'on présente trop souvent comme normales dans l'existence. Non, Dieu veut que l'homme et la femme forment un couple fidèle, liés par un amour à l'image de l'amour en Dieu, où les trois Personnes qui composent la famille trinitaire sont sans cesse tournées l'une vers l'autre dans un don réciproque et dans une parfaite unité. »] 

 

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25 février 2006 6 25 /02 /février /2006 00:54

[Suite de notre lecture commentée de l'Encyclique de Benoît XVI]

7. À l’origine plutôt philosophiques, nos réflexions sur l’essence de l’amour nous ont maintenant conduits, par une dynamique interne, jusqu’à la foi biblique.

Au point de départ, la question s’est posée de savoir si les différents sens du mot amour, parfois même opposés, ne sous-entendraient pas une certaine unité profonde ou si, au contraire, ils ne devraient pas rester indépendants, l’un à côté de l’autre.

Avant tout cependant, est apparue la question de savoir si le message sur l’amour qui nous est annoncé par la Bible et par la Tradition de l’Église avait quelque chose à voir avec l’expérience humaine commune de l’amour ou s’il ne s’opposait pas plutôt à elle. À ce propos, nous avons rencontré deux mots fondamentaux : eros, comme le terme désignant l’amour «mondain», et agapè, comme l’expression qui désigne l’amour fondé sur la foi et modelé par elle.

On oppose aussi fréquemment ces deux conceptions en amour «ascendant» et amour «descendant». Il y a d’autres classifications similaires, comme par exemple la distinction entre amour possessif et amour oblatif (amor concupiscentiæ – amor benevolentiæ), à laquelle on ajoute parfois aussi l’amour qui n’aspire qu’à son profit.

Dans le débat philosophique et théologique, ces distinctions ont souvent été radicalisées jusqu'à les mettre en opposition entre elles : l’amour descendant, oblatif, précisément l’agapè, serait typiquement chrétien ; à l'inverse, la culture non chrétienne, surtout la culture grecque, serait caractérisée par l’amour ascendant, possessif et sensuel, c’est-à-dire par l’eros.

Si on voulait pousser à l’extrême cette antithèse, l’essence du christianisme serait alors coupée des relations vitales et fondamentales de l’existence humaine et constituerait un monde en soi, à considérer peut-être comme admirable mais fortement détaché de la complexité de l’existence humaine.

En réalité, eros et agapè – amour ascendant et amour descendant – ne se laissent jamais séparer complètement l’un de l’autre. Plus ces deux formes d’amour, même dans des dimensions différentes, trouvent leur juste unité dans l’unique réalité de l’amour, plus se réalise la véritable nature de l’amour en général.

Même si, initialement, l’eros est surtout sensuel, ascendant – fascination pour la grande promesse de bonheur –,lorsqu’il s’approche ensuite de l’autre, il se posera toujours moins de questions sur lui-même, il cherchera toujours plus le bonheur de l’autre, il se préoccupera toujours plus de l’autre, il se donnera et il désirera «être pour» l’autre. C’est ainsi que le moment de l’agapè s’insère en lui ; sinon l'eros déchoit et perd aussi sa nature même.

D’autre part, l’homme ne peut pas non plus vivre exclusivement dans l’amour oblatif, descendant. Il ne peut pas toujours seulement donner, il doit aussi recevoir. Celui qui veut donner de l’amour doit lui aussi le recevoir comme un don.

L’homme peut assurément, comme nous le dit le Seigneur, devenir source d’où sortent des fleuves d’eau vive (cf.Jn 7, 37-38). Mais pour devenir une telle source, il doit lui-même boire toujours à nouveau à la source première et originaire qui est Jésus Christ, du cœur transpercé duquel jaillit l’amour de Dieu (cf. Jn 19, 34).

Dans le récit de l’échelle de Jacob, les Pères ont vu exprimé symboliquement, de différentes manières, le lien inséparable entre montée et descente, entre l’eros qui cherche Dieu et l’agapè qui transmet le don reçu. Dans ce texte biblique, il est dit que le patriarche Jacob vit en songe, sur la pierre qui lui servait d’oreiller, une échelle qui touchait le ciel et sur laquelle des anges de Dieu montaient et descendaient (cf. Gn 28, 12; Jn 1, 51). L’interprétation que le Pape Grégoire le Grand donne de cette vision dans sa Règle pastorale est particulièrement touchante. Le bon pasteur, dit-il, doit être enraciné dans la contemplation. En effet, c’est seulement ainsi qu’il lui sera possible d’accueillir les besoins d’autrui dans son cœur, de sorte qu’ils deviennent siens: «Per pietatis viscera in se infirmitatem caeterorum transferat». Dans ce cadre, saint Grégoire fait référence à saint Paul qui est enlevé au ciel jusque dans les plus grands mystères de Dieu et qui, précisément à partir de là, quand il en redescend, est en mesure de se faire tout à tous (cf. 2 Co 12, 2-4; 1 Co 9, 22). D’autre part, il donne encore l’exemple de Moïse, qui entre toujours de nouveau dans la tente sacrée, demeurant en dialogue avec Dieu, pour pouvoir ainsi, à partir de Dieu, être à la disposition de son peuple. «Au-dedans [dans la tente], ravi dans les hauteurs par la contemplation, il se laisse au dehors [de la tente] prendre par le poids des souffrantsIntus in contemplationem rapitur, foris infirmantium negotiis urgetur».

8. Nous avons ainsi trouvé une première réponse, encore plutôt générale, aux deux questions précédentes : au fond, l’«amour» est une réalité unique, mais avec des dimensions différentes; tour à tour, l’une ou l’autre dimension peut émerger de façon plus importante.

Là où cependant les deux dimensions se détachent complètement l’une de l’autre, apparaît une caricature ou, en tout cas, une forme réductrice de l’amour.

D’une manière synthétique, nous avons vu aussi que la foi biblique ne construit pas un monde parallèle ou un monde opposé au phénomène humain originaire qui est l’amour, mais qu’elle accepte tout l’homme, intervenant dans sa recherche d’amour pour la purifier, lui ouvrant en même temps de nouvelles dimensions.

Cette nouveauté de la foi biblique se manifeste surtout en deux points, qui méritent d’être soulignés: l’image de Dieu et l’image de l’homme.

[Voilà une question que je me suis souvent posée, et qui trouve ici une réponse lumineuse : doit-on aimer sans rien attendre en retour ? Est-il légitime d’attendre un retour ?

Le Pape Benoît XVI affirme fortement que la vérité de l’amour réside dans la rencontre d’un amour qui cherche l’autre –l’Eros- avec un amour qui se donne à l’autre –l’Agapè-, et qu’en dehors de cette rencontre, il n’y a pas véritablement amour. L’Eros sans Agapè « déchoit et perd aussi sa nature même » ; l’Agapè sans l’Eros est une impasse, car « l’homme ne peut pas (…) vivre exclusivement dans l’amour oblatif (…). Il ne peut pas toujours seulement donner, il doit aussi recevoir. » « Là où (…) les deux dimensions se détachent complètement l’une de l’autre, apparaît une caricature ou, en tout cas, une forme réductrice de l’amour ».

L’amour est fait pour être partagé, c'est-à-dire donné et reçu ; sans ce double mouvement réciproque d’offrande et d’accueil, d’accueil et d’offrande, la circulation de l’amour ne peut se faire, et la sève ne pouvant se diffuser, il ne peut pas porter de fruit.

Mais ce qui est vrai de nos relations humaines l’est également par analogie de notre relation avec Dieu. Lui qui, dans son Amour infini, nous donne l’Être et la vie, Lui qui en son Fils, nous ouvre toutes grandes les portes de l’Eternité bienheureuse, Lui qui nous a aimé à en mourir sur une Croix pour nous enfanter à la vie nouvelle… Lui aussi attend une réponse d’amour de notre part au don de son Amour. Lui aussi attend de recevoir. Il n’exige pas son dû, comme il serait en droit de le faire. Mais il attend patiemment, comme le père de l’enfant prodigue, et il espère…

Voilà pourquoi nous ne pouvons pas rester indifférent vis-à-vis de Dieu, et combien il est important de chercher à vivre en sa présence. La foi en Dieu n’est pas quelque chose de facultatif, une option comme une autre… C’est une exigence interne à l’Amour inconditionnel et infini que Dieu nous donne. Et c’est une violence inouïe pour Dieu que de ne pas recevoir l’hommage d’amour de sa petite créature bien-aimée qu’Il se plaît sans cesse de combler de ses dons. Son cœur de Père en est profondément brisé, comme le corps de Jésus sur la Croix…

"Voilà ce coeur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consumer pour leur témoigner son amour et, pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart que des ingratitudes ...", dit Jésus à Sainte Marguerite Marie Alacoque en lui dévoilant son Coeur Sacré dans Sa poitrine ouverte,…

"Mon cœur déborde d'une grande miséricorde pour les âmes et particulièrement pour les pauvres pécheurs, dit encore Jésus à Sainte Faustine cette fois-ci. Si elles pouvaient comprendre que je suis pour elles le meilleur Père, que c'est pour elles que le sang et l'eau ont jailli de mon cœur comme d'une source débordante de miséricorde ; pour elles je demeure dans le tabernacle, comme Roi de miséricorde je désire combler les âmes de grâces, mais elles ne veulent pas les accepter. Toi, au moins, viens vers moi le plus souvent possible et prends ces grâces qu'elles ne veulent pas, ainsi tu consoleras mon cœur. Oh! combien est grande l’indifférence des âmes pour tant de bonté, tant de preuves d'amour ; mon cœur n'est abreuvé que d'ingratitude, d'oubli de la part des âmes qui vivent dans le monde ; elles ont du temps pour tout, mais elles n'ont pas de temps pour venir vers moi, ni pour chercher des grâces."]

 

Texte intégral de l'Encyclique

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22 février 2006 3 22 /02 /février /2006 20:53

[Nous poursuivons notre commentaire de l’Encyclique Deus Caritas Est. Aujourd’hui, le paragraphe n°6]

6. Comment devons-nous nous représenter concrètement ce chemin de montée et de purification ? Comment doit être vécu l’amour, pour que se réalise pleinement sa promesse humaine et divine ?

Nous pouvons trouver une première indication importante dans le Cantique des Cantiques, un des livres de l’Ancien Testament bien connu des mystiques. Selon l’interprétation qui prévaut aujourd’hui, les poèmes contenus dans ce livre sont à l’origine des chants d’amour, peut-être prévus pour une fête de noces juives où ils devaient exalter l’amour conjugal.

Dans ce contexte, le fait que l’on trouve, dans ce livre, deux mots différents pour parler de l'«amour» est très instructif.

Nous avons tout d’abord le mot «dodim», un pluriel qui exprime l’amour encore incertain, dans une situation de recherche indéterminée. Ce mot est ensuite remplacé par le mot «ahabà» qui, dans la traduction grecque de l’Ancien Testament, est rendu par le mot de même consonance «agapè», lequel, comme nous l’avons vu, devint l’expression caractéristique de la conception biblique de l’amour.

En opposition à l’amour indéterminé et encore en recherche, ce terme exprime l’expérience de l’amour, qui devient alors une véritable découverte de l’autre, dépassant donc le caractère égoïste qui dominait clairement auparavant.

L’amour devient maintenant soin de l’autre et pour l’autre. Il ne se cherche plus lui-même – l’immersion dans l’ivresse du bonheur – il cherche au contraire le bien de l’être aimé : il devient renoncement, il est prêt au sacrifice, il le recherche même.

Cela fait partie des développements de l'amour vers des degrés plus élevés, vers ses purifications profondes, de l'amour qui cherche maintenant son caractère définitif, et cela en un double sens : dans le sens d’un caractère exclusif – «cette personne seulement» – et dans le sens d’un «pour toujours». L’amour comprend la totalité de l’existence dans toutes ses dimensions, y compris celle du temps. Il ne pourrait en être autrement, puisque sa promesse vise à faire du définitif : l’amour vise à l’éternité.

Oui, l’amour est «extase», mais extase non pas dans le sens d’un moment d’ivresse, mais extase comme chemin, comme exode permanent allant du je enfermé sur lui-même vers sa libération dans le don de soi, et précisément ainsi vers la découverte de soi-même, plus encore vers la découverte de Dieu : «Qui cherchera à conserver sa vie la perdra. Et qui la perdra la sauvegardera» (Lc 17, 33), dit Jésus – une de ses affirmations qu’on retrouve dans les Évangiles avec plusieurs variantes (cf. Mt 10, 39; 16, 25; Mc 8, 35; Lc 9, 24; Jn 12, 25).

Jésus décrit ainsi son chemin personnel, qui le conduit par la croix jusqu’à la résurrection ; c’est le chemin du grain de blé tombé en terre qui meurt et qui porte ainsi beaucoup de fruit. Mais il décrit aussi par ces paroles l’essence de l’amour et de l’existence humaine en général, partant du centre de son sacrifice personnel et de l’amour qui parvient en lui à son accomplissement.

[Ce passage magnifique du Pape Benoît XVI nous invite à contempler l’amour en sa dimension la plus haute, celle qui vise à l’absolu (« une seule personne ») et à l’éternité (« pour toujours »), cette amour que la Bible traduit par le mot grec agapè.

Si l’amour « Philia » figure sous formes d'adjectifs, de noms et de verbes une cinquantaine de fois dans le Nouveau Testament, l’expression « Agapé » apparaît quant-à-elle plus de trois cents fois ! Ceci nous indique au départ l’agapé est le terme consacré par le Saint-Esprit et les auteurs du Nouveau Testament pour décrire l'amour de Dieu.

Nous reprenons l’admirable étude de Bernard Guy, pasteur protestant, au sujet de l’Amour d’Agape cette fois. Sur l’amour Philia, se reporter à notre article "Eros, Philia et Agapè" du 10 février 2006.

Agapé : un attachement volontaire - Je décide d'aller vers l'autre pour répondre à ses besoins. Je prends la résolution de lui faire du bien, que mes sentiments m'y incitent ou non. Il se peut que je n'éprouve rien de bon pour telle personne, mais cela n'affecte en rien l'amour agapé. Cet amour ne dépend pas du coeur, mais de la volonté. Tu aimes d'un amour agapé lorsque tu décides d'établir une relation avec quelqu'un pour lui faire du bien. Il se peut que la personne dont tu vois les besoins soit la dernière dont tu aimerais prendre soin. Il se peut que ses manières t'agacent, que son comportement t'irrite, mais cela n'a pas d'importance (…).

Agapé : un amour qui peut être commandé - L'agapé est un amour qui peut être commandé. Il est commandé formellement plus de vingt-cinq fois dans le Nouveau Testament. Vingt-cinq fois, Dieu dit : Aime ton prochain ; aime ton frère. L'amour agapé est un amour qui peut être commandé parce qu'il n'engage pas les sentiments. Dieu ne peut pas exiger que tu aies des sentiments de tendresse pour une personne en particulier, mais il peut exiger de toi que tu décides, sans tenir compte de tes sentiments, de combler ses différents besoins.

Agapé : un amour constant - L'ordre que le Seigneur nous donne d'aimer est pour aujourd'hui, demain et pour l'éternité. Il ne s'agit pas d'aimer une fois par semaine ou de temps en temps quand les besoins des autres nous émeuvent. Mais il s'agit de répondre aux besoins des autres jour après jour. Il se peut que je me lève un certain matin du mauvais pied et que je sois d'humeur maussade, mais ce n'est pas une raison pour négliger les besoins des autres. L'amour agapé ne dépend pas de mon humeur, mais de ma décision quotidiennement renouvelée de travailler au bonheur de ceux qui m'entourent. L'agapé est un amour constant. Ce n'est pas parce que mes enfants m'écorchent les oreilles un certain après-midi que je les prive de souper ou de l'affection dont ils ont besoin. Alors que je deviens de plus en plus irrité à cause de leur turbulence, je réclame la force du Seigneur et renouvelle ma décision de les aimer.

Agapé: un amour altruiste - L'amour agapé est un amour altruiste. C'est un amour qui ne cherche pas son plaisir, mais qui a pour devise de mettre ses intérêts volontairement de côté pour le bien des autres. Dieu n'a pas aimé le monde, selon Jean 3.16, en ce sens qu'il a éprouvé une grande sympathie pour nous (…). Dieu a aimé le monde en ce sens qu'il a (…) envoyé son Fils bien-aimé pour nous faire du bien (…).

Agapé : un amour universel - Le Seigneur nous commande d'aimer les autres sans distinction. Il n'est pas question de faire du bien à quelques-uns que nous aurions soigneusement sélectionnés selon nos préférences et de mettre les autres de côté. Le Seigneur nous invite à aimer tout le monde et particulièrement ceux qu'il place sur notre route. Dieu nous commande d'aimer nos frères, le prochain et même nos ennemis. L'amour agapé est le seul amour que nous pouvons avoir pour des ennemis. Nous ne pouvons pas éprouver de sentiments favorables pour un ennemi, mais nous pouvons venir à son secours et lui faire du bien (…).

Agapé: un amour d'inspiration divine - L'agapé est une facette du fruit de l'Esprit (Gal 5.22). Nous ne pouvons pas pleinement le vivre sans être en communion intime avec Dieu et sans être résolument déterminés à le vivre. C'est par l'amour agapé que nous avons les uns pour les autres que les non-croyants sauront que Dieu a sa place au milieu de nous (Jean 13.34, 35). »

Source : http://www.formationbiblique.com/amour.html

Auteur : http://www.formationbiblique.com/bernardguy.html]

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18 février 2006 6 18 /02 /février /2006 17:00

[Nous poursuivons notre étude de l’Encyclique Deus Caritas Est du Pape Benoît XVI]

5. De ce regard rapide porté sur la conception de l’eros dans l’histoire et dans le temps présent, deux aspects apparaissent clairement, et avant tout qu’il existe une certaine relation entre l’amour et le Divin : l’amour promet l’infini, l’éternité – une réalité plus grande et totalement autre que le quotidien de notre existence.

Mais il est apparu en même temps que le chemin vers un tel but ne consiste pas simplement à se laisser dominer par l’instinct. Des purifications et des maturations sont nécessaires; elles passent aussi par la voie du renoncement. Ce n’est pas le refus de l’eros, ce n’est pas son «empoisonnement», mais sa guérison en vue de sa vraie grandeur.

[Beaucoup de nos contemporains s’érigent contre les interdits en matière sexuelle, et souhaiteraient pouvoir vivre une sexualité libérée de toute contrainte. L’interdit serait ainsi l’ennemi juré de la liberté. Mais c’est partir un peu vite du postulat, très rousseauiste, que la sexualité de l’homme serait naturellement harmonieuse et pacifique. Or, l’expérience prouve le contraire. Elle démontre que la sexualité recèle une force qui, livrée à elle-même, peut « emporter » l’être tout entier. L’homme doit donc s’efforcer de soumettre sa propre nature aux instances de sa volonté, selon le projet créateur de Dieu, afin d’humaniser cette nature sauvage et hostile, et en faire une offrande eucharistique au Seigneur.

« L'impureté vire si facilement à l'obsession! On finit par ne plus pouvoir penser à autre chose. (…) Le champ visuel de notre imagination tend à s'y réduire. Terrible rétrécissement de l'esprit! Ne va pas me dire que c'est sans retentissement dans la vie quotidienne (…). L'esprit est alors parasité par des images malsaines, telles des longueurs d'ondes brouillées par un émetteur pirate. Il est paralysé dans le déploiement de ses autres facultés. Le regard en prend un coup! Du visage au sexe, ton regard s'échappe, t'échappe : réflexe conditionné. Tu n'es même plus maître de tes yeux! Et tu ne t'en rends même plus compte (…)!

« Rien comme des actes sexuels ne marque autant la mémoire au fer rouge. Quantités d'événements de telle période de la vie peuvent être oubliés, mais eux, y sont rivés à jamais. Des décades plus tard, leurs images, lancinantes, te reviennent, avec une telle impétuosité, une telle fraîcheur, une telle vivacité; comme si c'était hier! Le passé s'y revit au présent. Là, tu touches du doigt à quel point la sexualité engage non seulement ton corps, mais ton être tout entier. En des profondeurs telles que rien ne peut venir l'en déraciner (…).

« Comprends-moi bien, il ne s’agit nullement de réprimer, de refouler, de sanctionner la sexualité. Mais bien au contraire de l’investir au maximum sur le point précis où elle peut être au service de l’amour et de la vie. Comme on canalise un torrent impétueux pour y construire une centrale électrique. Orienter, maîtriser l’énergie sexuelle pour en faire une source de feu et de lumière : d’amour et de joie. En évitant ses débordements destructeurs, tel un torrent à la fonte des neiges. »

(Père Daniel-Ange, « Ton corps fait pour l’amour », Le Sarment Fayard, 1988.)

« La chasteté comporte un apprentissage de la maîtrise de soi qui est une pédagogie de la liberté humaine. L’alternative est claire : où l’homme commande à ses passions et obtient la paix, ou il se laisse asservir par elles et devient malheureux (cf. Si 1, 22).

« La dignité de l'homme exige de lui qu'il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d'une contrainte extérieure.

« L'homme parvient à cette dignité lorsque, se délivrant de toute servitude des passions, par le choix libre du bien, il marche vers sa destinée et prend soin de s'en procurer réellement les moyens par son ingéniosité.»

(Catéchisme de l’Eglise catholique, § 2339)]

Cela dépend avant tout de la constitution de l’être humain, à la fois corps et âme.

L’homme devient vraiment lui-même, quand le corps et l’âme se trouvent dans une profonde unité ; le défi de l’eros est vraiment surmonté lorsque cette unification est réussie.

Si l’homme aspire à être seulement esprit et qu’il veut refuser la chair comme étant un héritage simplement animal, alors l’esprit et le corps perdent leur dignité. Et si, d’autre part, il renie l’esprit et considère donc la matière, le corps, comme la réalité exclusive, il perd également sa grandeur.

L’épicurien Gassendi s’adressait en plaisantant à Descartes par le salut: «Ô Âme !». Et Descartes répliquait en disant: «Ô Chair !».

Mais ce n’est pas seulement l’esprit ou le corps qui aime : c’est l’homme, la personne, qui aime comme créature unifiée, dont font partie le corps et l’âme. C’est seulement lorsque les deux se fondent véritablement en une unité que l’homme devient pleinement lui-même. C’est uniquement de cette façon que l’amour – l'eros – peut mûrir, jusqu’à parvenir à sa vraie grandeur.

Il n’est pas rare aujourd’hui de reprocher au christianisme du passé d’avoir été l’adversaire de la corporéité ; de fait, il y a toujours eu des tendances en ce sens. Mais la façon d'exalter le corps, à laquelle nous assistons aujourd’hui, est trompeuse. L’eros rabaissé simplement au «sexe» devient une marchandise, une simple «chose» que l’on peut acheter et vendre; plus encore, l'homme devient une marchandise. En réalité, cela n’est pas vraiment le grand oui de l’homme à son corps.

Au contraire, l’homme considère maintenant le corps et la sexualité comme la part seulement matérielle de lui-même, qu’il utilise et exploite de manière calculée. Une part, d’ailleurs, qu'il ne considère pas comme un espace de sa liberté, mais comme quelque chose que lui, à sa manière, tente de rendre à la fois plaisant et inoffensif.

En réalité, nous nous trouvons devant une dégradation du corps humain, qui n’est plus intégré dans le tout de la liberté de notre existence, qui n’est plus l’expression vivante de la totalité de notre être, mais qui se trouve comme cantonné au domaine purement biologique.

L’apparente exaltation du corps peut bien vite se transformer en haine envers la corporéité. À l'inverse, la foi chrétienne a toujours considéré l’homme comme un être un et duel, dans lequel esprit et matière s’interpénètrent l’un l’autre et font ainsi tous deux l’expérience d’une nouvelle noblesse.

Oui, l’eros veut nous élever «en extase» vers le Divin, nous conduire au-delà de nous-mêmes, mais c’est précisément pourquoi est requis un chemin de montée, de renoncements, de purifications et de guérisons

[La maîtrise de l’Eros n’est donc pas une atteinte à la liberté humaine, mais la condition même de son expression. En méditant sur ce 5e paragraphe de l’Encyclique du Pape, il me revient à l’esprit cette autre réflexion de Père Daniel-Ange, cité plus haut, au sujet de l’Eglise et de la sexualité : « Chaque avion reçoit un chenal de vol précis à l’intérieur duquel il peut naviguer librement, sans menace constante de collision. Eh bien ! La tour de contrôle qui t’aiguille et te donne les coordonnées de sécurité, c’est l’Eglise! »]

Pour de plus amples développements sur la question de la sexualité, voir le Site de l'Amour vrai. 

 

Texte intégral de l'Encyclique

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