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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 16:09



Extrait du discours prononcé par le Pape Benoît XVI à l’abbaye de Heiligenkreuz (Autriche), le 9 septembre 2008.

 




Au cours de mon pèlerinage à la Magna Mater Austriae, je suis heureux d'être venu également à l'Abbaye de Heiligenkreuz, qui n'est pas seulement une étape importante sur la Via Sacra vers Mariazell, mais également le plus ancien monastère cistercien au monde qui est demeuré en activité sans interruption. J'ai voulu venir en ce lieu riche d'histoire, pour attirer l'attention sur la directive fondamentale de saint Benoît, selon la Regula duquel vivent aussi les cisterciens.

Benoît indique avec concision de "ne rien placer avant l'Office divin". C'est pourquoi dans un monastère d'orientation bénédictine, les louanges à Dieu, que les moines célèbrent en une solennelle prière chorale, ont toujours la priorité. Bien sûr – et grâce à Dieu! – les moines ne sont pas seuls à prier ; d'autres personnes prient également : des enfants, des jeunes et des personnes âgées, des hommes et des femmes, des personnes mariées ou en âge de l'être – chaque chrétien prie, ou tout au moins devrait le faire!

Dans la vie des moines, toutefois, la prière a une importance particulière : elle est le centre de leur tâche professionnelle. Ceux-ci, en effet, exercent la profession d'orant. A l'époque des Pères de l'Eglise, la vie monastique était définie comme une vie à la manière des anges. Et la caractéristique essentielle des anges que l'on voyait en eux était d'être des adorateurs. Leur vie est adoration. Cela devrait valoir également pour les moines. Ceux-ci prient avant tout non pas pour telle ou telle autre chose, mais simplement parce que Dieu mérite d'être adoré. "Confitemini Domino, quoniam bonus! – Rendez grâce au Seigneur car il est bon, car éternel est son amour!" exhortent divers Psaumes (par ex. Ps 106, 1). Une telle prière sans objectif spécifique, qui se veut un pur service divin est donc appelée à juste titre "officium". C'est le "service" par excellence, le "service sacré" des moines. Il est offert au Dieu trinitaire qui, par dessus toute chose, est digne "de recevoir l'honneur, la gloire et la puissance" (Ap 4, 11), parce qu'il a créé le monde de manière merveilleuse et de manière plus merveilleuse encore il l'a renouvelé.

Dans le même temps, l'officium des personnes consacrées est également un service sacré aux hommes et un témoignage pour eux. Chaque homme porte dans l'intimité de son cœur, consciemment ou de manière inconsciente, la nostalgie d'une satisfaction définitive, du bonheur suprême, et donc au fond de Dieu. Un monastère, où la communauté se réunit plusieurs fois par jour pour louer Dieu, témoigne que ce désir humain originel ne finit pas dans le néant : le Dieu Créateur ne nous a pas placés, nous les hommes, dans des ténèbres effroyables où, procédant à tâtons, nous devrions désespérément chercher un sens ultime et fondamental (cf. Ac 17, 27) ; Dieu ne nous a pas abandonnés dans un désert de néant, privé de sens, où, en définitive, nous attend seulement la mort. Non! Dieu a éclairé nos ténèbres avec sa lumière, par l'œuvre de son Fils Jésus-Christ. En Lui, Dieu est entré dans notre monde avec toute sa "plénitude" (cf. Col 1, 19), en Lui, toute vérité, dont nous avons la nostalgie, a son origine et son sommet.

Notre lumière, notre vérité, notre but, notre satisfaction, notre vie – tout cela n'est pas une doctrine religieuse, mais une Personne : Jésus Christ. Bien au-delà de nos capacités de chercher et de désirer Dieu, nous sommes déjà auparavant cherchés et désirés, et plus encore, trouvés et rachetés par Lui! Le regard des hommes de tous les temps et de tous les peuples, de toutes les philosophies, les religions et les cultures, rencontre en fin de compte les yeux grands ouverts du Fils de Dieu crucifié et ressuscité ; son cœur ouvert est la plénitude de l'amour. Les yeux du Christ sont le regard de Dieu qui aime. L'image du Crucifié au-dessus de l'autel, dont l'original romain se trouve dans la Cathédrale de Sarzana, montre que ce regard se tourne vers chaque homme. Le Seigneur en effet, regarde dans le cœur de chacun de nous.

Le cœur du monachisme est l'adoration – une vie à la manière des anges. Mais les moines étant des hommes de chair et de sang sur cette terre, saint Benoît, à l'impératif central de l'"ora", en ajoute un second : le "labora". Selon la conception de saint Benoît comme celle de saint Bernard, une partie de la vie monastique, en plus de la prière, est aussi le travail, la culture de la terre conformément à la volonté du Créateur. Ainsi, au fil de tous les siècles, les moines, à partir de leur regard tourné vers Dieu, ont rendu la terre vivable et belle. La sauvegarde et l'assainissement de la Création venaient précisément de leur regard tourné vers Dieu. A travers le rythme de l'ora et labora, la communauté des personnes consacrées rend témoignage de ce Dieu qui en Jésus Christ nous regarde ; et l'homme et le monde, sous Son regard, deviennent bons.
 

Non seulement les moines disent l'officium, mais l'Eglise a tiré de la tradition monastique pour tous les religieux, ainsi que pour les prêtres et les diacres, la récitation du Bréviaire. Il est bon ici aussi que les religieuses et les religieux, les prêtres et les diacres – et naturellement aussi les Evêques – dans la prière quotidienne "officielle", se présentent devant Dieu avec des hymnes et des psaumes, avec des actions de grâce et des requêtes sans objectifs spécifiques.


Chers confrères dans le ministère sacerdotal et diaconal, chers frères et sœurs dans la vie consacrée! Je sais qu'il faut de la discipline, et même parfois un dépassement de soi-même pour réciter fidèlement le Bréviaire ; mais à travers cet officium, nous recevons dans le même temps de nombreuses richesses : combien de fois, lorsque nous le récitons, la fatigue et l'abattement s'évanouissent! Et lorsque Dieu est loué et adoré avec fidélité, sa Bénédiction ne fait pas défaut. A juste titre, on dit en Autriche : "Tout dépend de la Bénédiction de Dieu!".


Votre service prioritaire pour ce monde doit donc être votre prière et la célébration de l'Office divin.
La disposition intérieure de chaque prêtre, de chaque personne consacrée doit être de "ne rien placer avant l'Office divin". La beauté d'une telle disposition intérieure s'exprimera à travers la beauté de la liturgie au point que là où, ensemble, nous chantons, nous louons, nous exaltons et nous adorons Dieu, un fragment du ciel devient présent sur terre. Il n'est vraiment pas téméraire de voir, dans une liturgie entièrement centrée sur Dieu, dans les rites et dans les chants, une image de l'éternité. Autrement, comment nos ancêtres auraient-ils pu, il y a des centaines d'années, construire un édifice sacré aussi solennel que celui-ci? L'architecture elle-même attire ici déjà vers le haut nos sens en direction de "ce que l'œil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a pas entendu, ce qui n'est pas monté au cœur de l'homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment" (Cf. 1 Co 2, 9). Dans toute forme d'engagement au service de la liturgie, un critère déterminant doit être le regard toujours tourné vers Dieu. Nous sommes devant Dieu – Il nous parle, et nous Lui parlons. Lorsque, dans les réflexions sur la liturgie, on se demande seulement comment la rendre attirante, intéressante et belle, la partie est déjà perdue. Ou bien elle est opus Dei avec Dieu comme sujet spécifique ou elle n'est pas. Dans ce contexte, je vous demande : célébrez la sainte liturgie en ayant le regard tourné vers Dieu dans la communion des Saints, de l'Eglise vivante de tous les lieux et de tous les temps afin qu'elle devienne l'expression de la beauté et de la sublimité de ce Dieu ami des hommes!

L'âme de la prière, enfin, est l'Esprit Saint. Chaque fois que nous prions, en vérité, c'est toujours Lui qui "vient au secours de notre faiblesse, en intercédant lui-même en des gémissements ineffables" (cf. Rm 8, 26). En ayant confiance dans cette parole de l'Apôtre Paul je vous assure, chers frères et sœurs, que la prière suscitera en vous cet effet que l'on exprimait jadis en appelant les prêtres et les personnes consacrées simplement des "Geistliche" (c'est-à-dire des personnes spirituelles). Monseigneur Sailer, l'Evêque de Ratisbonne dit un jour que les prêtres devaient être avant tout des personnes spirituelles. Je serais heureux que l'expression "Geistliche" retrouve un usage plus fréquent. Mais il est surtout important que se réalise en nous la réalité que décrit ce terme : que dans la sequela du Seigneur, en vertu de la force de l'Esprit, nous devenions des personnes "spirituelles".
 



Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI

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3 décembre 2008 3 03 /12 /décembre /2008 17:12

 

 

Extrait de l’homélie prononcée par le Pape Benoît XVI à la Cathédrale St Etienne de Vienne (Autriche), le 9 septembre 2007.

 

 

 


[
Si nous prêtons attention à la parole de Dieu entendue ce jour] nous prenons peur : "Celui qui ne quitte pas toutes ses possessions et qui n'abandonne pas aussi tous ses liens familiaux, ne peut pas être mon disciple". Nous voudrions objecter : mais que dis-tu Seigneur? Le monde n'a-t-il pas besoin de sa famille? N'a-t-il pas besoin de l'amour paternel et maternel, de l'amour entre parents et enfants, entre homme et femme? N'avons-nous pas besoin de l'amour de la vie, besoin de la joie de vivre? N'y a-t-il pas besoin de personnes qui investissent dans les biens de ce monde et qui édifient la terre qui nous a été donnée, de manière à ce que tous puissent avoir une partie de ses dons? Ne nous a-t-on pas aussi confié le devoir de nous occuper du développement de la terre et de ses biens?

Si nous écoutons mieux le Seigneur et surtout si nous écoutons l'ensemble de ce qu'Il nous dit, alors nous comprenons que Jésus n'exige pas la même chose de tous. Chacun a sa tâche personnelle et le type de "sequela" préparé pour lui. Dans l'Evangile d'aujourd'hui, Jésus parle directement de ce qui n'est pas la tâche des nombreuses personnes qui s'étaient associées à lui dans le pèlerinage vers Jérusalem, mais qui est un appel particulier aux Douze. Ceux-ci doivent tout d'abord surmonter le scandale de la Croix et doivent ensuite être prêts à vraiment tout quitter et à accepter la mission apparemment absurde d'aller jusqu'aux extrémités de la terre et, avec leur peu de culture, d'annoncer à un monde plein d'une présumée érudition et d'une formation fausse ou véritable – ainsi que bien sûr d'annoncer en particulier aux pauvres et aux simples – l'Evangile de Jésus Christ. Ils doivent être prêts, sur leur chemin dans le vaste monde, à subir en première personne le martyre, pour témoigner ainsi l'Evangile du Seigneur crucifié et ressuscité.

Si la parole de Jésus au cours de ce pèlerinage vers Jérusalem, où une grande foule l'accompagne, s'adresse tout d'abord aux Douze, son appel atteint naturellement, au-delà du moment historique, tous les siècles.
De tous temps, Il appelle des personnes à compter exclusivement sur Lui, à tout quitter et à être totalement à sa disposition, et ainsi à la disposition des autres : à créer des oasis d'amour désintéressé dans un monde dans lequel, si souvent, ne semblent compter que le pouvoir et l'argent. Rendons grâce au Seigneur, car tout au long des siècles, il nous a donné des hommes et des femmes qui par amour pour Lui ont tout quitté, devenant des signes lumineux de son amour! Il suffit de penser à des personnes comme Benoît et Scholastique, comme François et Claire d'Assise, Elisabeth de Thuringe et Edwige de Silésie, comme Ignace de Loyola, Thérèse d'Avila, jusqu'à Mère Teresa de Calcutta et Padre Pio! Ces personnes, à travers toute leur vie, sont devenues une interprétation de la parole de Jésus, qui en eux devient proche et compréhensible pour nous. Et nous prions le Seigneur, afin qu'à notre époque également, il donne à de nombreuses personnes le courage de tout quitter, pour être ainsi à la disposition de tous.

Si, toutefois, nous nous consacrons à présent à nouveau à l'Evangile, nous pouvons nous rendre compte que le Seigneur n'y parle pas seulement de quelques-uns et de leur tâche particulière ; le noyau de ce qu'il entend vaut pour tous. Ce dont il s'agit en dernière mesure est exprimé une autre fois ainsi : "Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi, celui-là la sauvera. Que sert donc à l'homme de gagner le monde entier, s'il se perd ou se ruine lui-même?" (Lc 9, 24sq). Qui veut posséder seulement sa propre vie, la prendre seulement pour soi-même, la perdra. Seul celui qui se donne reçoit sa vie. En d'autres termes : seul celui qui aime trouve la vie. Et l'amour exige toujours de sortir de soi-même, exige toujours de se quitter soi-même. Celui qui se tourne en arrière pour se chercher et veut avoir l'autre seulement pour soi, se perd précisément de cette manière lui-même et l'autre. Sans cette perte plus profonde de soi-même, il n'y a pas de vie. La soif fébrile de vie qui aujourd'hui ne laisse pas les hommes en paix finit dans le vide de la vie perdue. "Qui perdra sa vie à cause de moi...", dit le Seigneur : une manière de se quitter soi-même de manière plus radicale n'est possible que si à travers cela, en fin de compte, nous ne tombons pas dans le vide, mais dans les mains de l'Amour éternel. Seul l'amour de Dieu, qui s'est perdu lui-même pour nous en se remettant à nous, nous permet à nous aussi de devenir libres, de nous laisser aller et ainsi de trouver véritablement la vie. Cela est le cœur de ce que le Seigneur veut nous communiquer dans le texte évangélique apparemment si dur de ce Dimanche. Avec sa parole, Il nous donne la certitude que nous pouvons compter sur son amour, sur l'amour du Dieu fait homme. La sagesse dont nous a parlé la première lecture consiste à reconnaître cela. Il est vrai ici aussi que tout le savoir du monde ne nous sert à rien, si nous n'apprenons pas à vivre, si nous n'apprenons pas ce qui compte vraiment dans la vie.


Lire le texte intégral de l'homélie du Pape Benoît XVI

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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 13:44

 

 

Extrait de l’homélie prononcée par le Pape Benoît XVI à la Cathédrale St Etienne de Vienne (Autriche), le 9 septembre 2007.

 

 

 

 

Chers frères et sœurs!

 

"Sine dominico non possumus!". Sans le don du Seigneur, sans le Jour du Seigneur, nous ne pouvons pas vivre : c'est ainsi que répondirent, en l'an 304, plusieurs chrétiens d'Abitène, dans l'actuelle Tunisie, lorsque, surpris au cours de la Célébration eucharistique dominicale qui était interdite, ils furent conduits devant le juge et on leur demanda pourquoi ils avaient célébré le Dimanche la fonction religieuse chrétienne, alors qu'ils savaient bien que cela était puni par la mort. "Sine dominico non possumus". Dans le mot dominicum/dominico sont liées de façon indissoluble deux significations, dont nous devons à nouveau apprendre à percevoir l'unité. Il y a tout d'abord le don du Seigneur – ce don est Lui-même : le Ressuscité, au contact et à la proximité duquel les chrétiens doivent se trouver pour être eux-mêmes. Cela n'est cependant pas seulement un contact spirituel, intérieur, subjectif : la rencontre avec le Seigneur s'inscrit dans le temps à travers un jour précis. Et, de cette façon, elle s'inscrit dans notre existence concrète, physique et communautaire, qui est temporalité. Elle donne à notre temps, et donc à notre vie dans son ensemble, un centre, un ordre intérieur. Pour ces chrétiens, la Célébration eucharistique dominicale n'était pas un précepte, mais une nécessité intérieure. Sans Celui qui soutient notre vie, la vie elle-même est vide. Abandonner ou trahir ce centre ôterait à la vie elle-même son fondement, sa dignité intérieure et sa beauté.

 

Cette attitude des chrétiens de l'époque a-t-elle également de l'importance pour nous, chrétiens d'aujourd'hui? Oui, elle vaut également pour nous, qui avons besoin d'une relation qui nous soutienne et donne une orientation et un contenu à notre vie. Nous aussi avons besoin du contact avec le Ressuscité, qui nous soutient jusqu'au-delà de la mort. Nous avons besoin de cette rencontre qui nous réunit, qui nous donne un espace de liberté, qui nous fait regarder au-delà de l'activisme de la vie quotidienne vers l'amour créateur de Dieu, dont nous provenons et vers lequel nous sommes en marche (…).

 

"Sine dominico non possumus!". Sans le Seigneur et le jour qui Lui appartient, on ne réalise pas une vie réussie. Le dimanche, dans nos sociétés occidentales, s'est mué en "week-end", en temps libre. Le temps libre, en particulier dans la frénésie du monde moderne, est une chose belle et nécessaire ; chacun de nous le sait. Mais si le temps libre n'a pas un centre intérieur, d'où provient une orientation pour l'ensemble, il finit par être un temps vide qui ne nous renforce pas et ne nous détend pas. Le temps libre a besoin d'un centre – la rencontre avec Celui qui est notre origine et notre but. Mon grand prédécesseur sur la chaire épiscopale de Munich et Freising, le Cardinal Faulhaber, l'a exprimé un jour ainsi : "Donne à l'âme son Dimanche, donne au Dimanche son âme".

 

Précisément parce que, le Dimanche, on traite en profondeur de la rencontre, dans la Parole et dans le Sacrement, avec le Christ ressuscité, le rayon de ce jour embrasse la réalité tout entière. Les premiers chrétiens ont célébré le premier jour de la semaine comme Jour du Seigneur, parce que c'était le jour de la résurrection. Mais très vite, l'Eglise a pris conscience également du fait que le premier jour de la semaine est le jour du matin de la Création, le jour où Dieu a dit : "Que la lumière soit!" (Gn 1, 3). C'est pourquoi le Dimanche est dans l'Eglise également la fête hebdomadaire de la Création – la fête de la gratitude et de la joie pour la Création de Dieu. A une époque où, à cause de nos interventions humaines, la Création semble exposée à de nombreux dangers, nous devrions accueillir consciemment cette dimension du Dimanche également.

 

Pour l'Eglise primitive, le premier jour a ensuite assimilé progressivement également l'héritage du septième jour, du sabbat. Nous participons au repos de Dieu, un repos qui embrasse tous les hommes. Ainsi, nous percevons ce jour-là quelque chose de la liberté et de l'égalité de toutes les créatures de Dieu.

 

Dans l'oraison de ce dimanche, nous rappelons tout d'abord que Dieu, à travers son fils, nous a rachetés et adoptés comme des fils bien-aimés. Ensuite, nous le prions de poser un regard bienveillant sur les croyants dans le Christ et de nous donner la vraie liberté et la vie éternelle. Nous prions pour le regard de bonté de Dieu. Nous-mêmes avons besoin de ce regard de bonté, au-delà du Dimanche, jusque dans la vie de chaque jour. En priant, nous savons que ce regard nous a déjà été donné, et nous savons même que Dieu nous a adoptés comme fils, Il nous a accueillis véritablement dans la communion avec Lui-même. Etre fils signifie – l'Eglise primitive le savait très bien – être une personne libre, pas un esclave, mais quelqu'un qui appartient personnellement à la famille. Et cela signifie être un héritier. Si nous appartenons à ce Dieu qui est le pouvoir au-dessus de tous les pouvoirs, alors nous sommes sans peur et libres, et alors nous sommes des héritiers. L'héritage qu'il nous a laissé c'est Lui-même, son Amour. Oui, le Seigneur fait que cette conscience pénètre profondément dans notre âme et que nous apprenons ainsi la joie des rachetés. Amen.

 

 

Lire le texte intégral de l'homélie du Pape Benoît XVI

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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 14:12

 

 

Extrait de l’homélie du Pape Benoît XVI pour les vêpres avec les prêtres, religieux et religieuses à Mariazell (Autriche), le 8 septembre 2007.

 

 

 

Suivre le Christ signifie croître dans le partage des sentiments et dans l'assimilation du style de vie de Jésus ; c'est ce que nous dit la Lettre aux Philippiens : "Ayez entre vous les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus" (cf. 2, 5). "Regarder vers le Christ" est la devise de ces journées. En se tournant vers Lui, le grand Maître de vie, l'Eglise a découvert trois caractéristiques qui ressortent dans l'attitude de fond de Jésus. Ces trois caractéristiques – nous les appelons avec la Tradition les "conseils évangéliques" – sont devenues les composantes déterminantes d'une vie engagée dans la suite radicale du Christ : pauvreté, chasteté et obéissance. Réfléchissons à présent un peu sur ces caractéristiques. 

 

(…) Dans sa version des Béatitudes (« Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des Cieux est à eux »), saint Matthieu nous explique que la simple pauvreté matérielle ne garantit pas à elle seule la proximité de Dieu, car le cœur peut être dur et rempli du désir de richesse. Matthieu – comme toute l'Ecriture Sainte – nous laisse cependant comprendre que, quoi qu'il en soit, Dieu est proche des pauvres de manière particulière. Cela devient alors clair : le chrétien voit en eux le Christ qui l'attend, qui attend son engagement. Celui qui veut suivre le Christ de manière radicale doit renoncer aux biens matériels. Il doit cependant vivre cette pauvreté à partir du Christ, comme une manière de devenir libre intérieurement pour son prochain. Pour tous les chrétiens, mais en particulier pour nous prêtres, pour les religieux et les religieuses, pour les individus ainsi que pour les communautés, la question de la pauvreté et des pauvres doit être toujours à nouveau l'objet d'un sévère examen de conscience. Précisément dans notre situation, dans laquelle nous ne sommes pas mal, nous ne sommes pas pauvres, je pense que nous devons réfléchir en particulier sur la façon dont nous pouvons vivre cet appel de manière sincère. Je voudrais le recommander à votre – à notre – examen de conscience.

 

Pour bien comprendre ce que signifie la chasteté, nous devons partir de son contenu positif. Nous le trouvons encore une fois uniquement en regardant vers Jésus Christ. Jésus a vécu selon une double orientation : vers le Père et vers les hommes. Dans l'Ecriture Sainte, nous apprenons à Le connaître comme personne qui prie, qui passe des nuits entières en dialogue avec le Père. En priant, il inscrivait son humanité et celle de chacun de nous dans la relation filiale avec le Père. Ce dialogue devenait ensuite toujours à nouveau mission envers le monde, envers nous. Sa mission le conduisait à un dévouement pur et indivis envers les hommes. Dans les témoignages des Saintes Ecritures, il n'y a aucun moment de son existence où l'on puisse apercevoir, dans son comportement envers les hommes, une trace quelconque d'intérêt personnel ou d'égoïsme. Jésus a aimé les hommes dans le Père, à partir du Père – et ainsi, il les a aimés dans leur être véritable, dans leur réalité. Pénétrer ces sentiments de Jésus – en étant totalement en communion avec le Dieu vivant et dans cette communion toute pure avec les hommes, à leur disposition sans réserves – ce fait de pénétrer les sentiments de Jésus Christ a inspiré à Paul une théologie et une pratique de vie qui répond à la parole de Jésus sur le célibat pour le Royaume des cieux (cf. Mt 19, 12). Les prêtres, les religieux et les religieuses ne vivent pas sans liens interpersonnels. Au contraire, chasteté signifie – et c'est de là que je voulais partir – une relation intense ; elle est positivement une relation avec le Christ vivant et, à partir de cela, avec le Père. C'est pourquoi, avec le vœu de chasteté dans le célibat, nous ne nous consacrons pas à l'individualisme ou à une vie isolée, mais nous promettons solennellement de placer totalement et sans réserve au service du Royaume de Dieu – et ainsi au service des hommes – les relations intenses dont nous sommes capables et que nous recevons comme un don. De cette manière, les prêtres, les religieux et les religieuses eux-mêmes deviennent des hommes et des femmes de l'espérance : en comptant totalement sur Dieu et en démontrant de cette manière que Dieu est pour eux une réalité, ils laissent un espace pour sa présence – pour la présence du Royaume de Dieu – dans le monde. Chers prêtres, religieux et religieuses, vous offrez une contribution importante : au milieu de toute la cupidité, de tout l'égoïsme dû au fait de ne pas savoir attendre, de la soif de consommation, au milieu du culte de l'individualisme, nous cherchons à vivre un amour désintéressé pour les hommes. Nous vivons une espérance qui laisse à Dieu la tâche de sa réalisation, car nous croyons qu'Il l'accomplira. Que serait-il arrivé si, dans l'histoire du christianisme, il n'y avait pas eu ces figures phares pour le peuple? Qu'en serait-il de notre monde, s'il n'y avait pas les prêtres, s'il n'y avait pas des femmes et des hommes dans les Ordres religieux et dans les Communautés de vie consacrée – des personnes qui, à travers leur vie, témoignent l'espérance d'une satisfaction plus grande que celle liée aux désirs humains et de l'expérience de l'amour de Dieu qui dépasse tout amour humain ? Le monde a besoin de notre témoignage, précisément aujourd'hui. 

 

Venons-en à l'obéissance. Jésus a vécu toute sa vie, depuis les années cachées à Nazareth jusqu'au moment de sa mort sur la Croix, dans l'écoute du Père, dans l'obéissance envers le Père. Voyons, par exemple, la nuit sur le Mont des Oliviers : "Que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne". A travers cette prière, Jésus assume dans sa volonté de Fils la résistance persévérante de nous tous, il transforme notre rébellion en son obéissance. Jésus était un orant. Mais il était cependant également quelqu'un qui savait écouter et obéir : il s'était fait "obéissant jusqu'à la mort et à la mort sur une croix" (Ph 2, 8). Les chrétiens ont toujours fait l'expérience qu'en s'abandonnant à la volonté du Père, ils ne se perdent pas, mais ils trouvent de cette façon la voie vers une profonde identité et liberté intérieure. En Jésus, ils ont découvert que celui qui se donne se trouve lui-même, que celui qui se lie par une obéissance fondée en Dieu et animée par la recherche de Dieu, devient libre. Ecouter Dieu et lui obéir n'a rien à voir avec une obligation venant de l'extérieur et une perte de soi-même. Ce n'est qu'en entrant dans la volonté de Dieu que nous atteignons notre véritable identité. Le témoignage de cette expérience est aujourd'hui nécessaire au monde, précisément en relation avec son désir d'"autoréalisation" et d'"autodétermination". 

 

Romano Guardini raconte dans son autobiographie que, à un moment critique de son chemin, lorsque la foi de son enfance était devenue incertaine, il prit la décision maîtresse de toute sa vie – la conversion – qui lui fut offerte dans la rencontre avec la parole de Jésus, selon laquelle seul celui qui se perd trouve sa propre personne (cf. Mc 8, 34sq ; Jn 12, 25) ; sans s'abandonner, sans se perdre, on ne peut pas se retrouver soi-même, on ne peut pas se réaliser. Mais ensuite, se pose la question : dans quelle direction est-il licite de me perdre ? A qui puis-je me donner ? Il lui parut évident que nous ne pouvons nous donner complètement que si, en le faisant, nous tombons aux mains de Dieu. Ce n'est qu'en Lui, à la fin, que nous pouvons nous perdre et en Lui que nous pouvons nous trouver. Mais ensuite, se présenta cependant à lui la question suivante : Qui est Dieu? Où est Dieu? Et il comprit alors que le Dieu auquel nous pouvons nous abandonner est uniquement le Dieu qui s'est rendu concret et proche en Jésus Christ. Mais, à nouveau, se posa à lui la question suivante : Où puis-je trouver Jésus Christ? Comment puis-je vraiment me donner à Lui? La réponse trouvée par Guardini dans sa recherche difficile semble vouloir dire : Jésus n'est présent à nous de manière concrète que dans son corps, l'Eglise. C'est pourquoi l'obéissance à la volonté de Dieu, l'obéissance à Jésus Christ, doit dans la pratique être très concrètement une humble obéissance à l'Eglise. Je pense que nous devrions toujours à nouveau effectuer un profond examen de conscience sur cela également. Tout cela se trouve résumé dans la prière de saint Ignace de Loyola – une prière qui m'apparaît toujours trop grande, au point que je n'ose presque pas la prononcer, mais que, toutefois, même si c'est difficile, nous devrions toujours à nouveau nous reproposer : "Prends, Seigneur, et reçois toute ma liberté, ma mémoire, mon intelligence et toute ma volonté, tout ce que j'ai et que je possède ; tu me l'as donné, à toi, Seigneur, je te le rends ; tout est à toi, dispose de tout selon chacune de tes volontés ; donne-moi seulement ton amour et ta grâce et je serai assez riche et ne demanderai rien d'autre" (Eb 234).

 

 

 

Lire le texte intégral de l'homélie du Pape Benoît XVI

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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 10:31

 

 

Extrait de l’homélie du Pape Benoît XVI pour les vêpres avec les prêtres, religieux et religieuses à Mariazell (Autriche), le 8 septembre 2007.

 

 

 

Chers amis, en tant que prêtres, religieux et religieuses, vous êtes les serviteurs et les servantes de la mission de Jésus Christ. De même qu'il y a deux mille ans, Jésus a appelé des personnes à sa suite, aujourd'hui aussi de jeunes hommes et femmes se mettent en marche à son appel, fascinés par Lui et animés par le désir de placer leur vie au service de l'Eglise, en la donnant pour aider les hommes. Ils ont le courage de suivre le Christ et ils veulent être ses témoins. De fait, la vie à la suite du Christ est une entreprise risquée, car nous sommes toujours menacés par le péché, par le manque de liberté et par la défection. C'est pourquoi nous avons tous besoin de sa grâce, de même que Marie la reçut en plénitude. Comme Marie, nous apprenons à regarder toujours vers le Christ, en le prenant comme critère de mesure. Nous pouvons participer à la mission universelle de salut de l'Eglise, dont il est le Chef. Le Seigneur appelle les prêtres, les religieux, les religieuses et les laïcs à entrer dans le monde, dans sa réalité complexe, pour coopérer en ce lieu à l'édification du Royaume de Dieu. Ils le font de manières multiples et variées : dans l'annonce, dans l'édification de communautés, dans les différents ministères pastoraux, dans l'amour effectif et dans la charité vécue, dans la recherche et dans la science exercées avec un esprit apostolique, dans le dialogue avec la culture dans le milieu environnant, dans la promotion de la justice voulue par Dieu et, dans une mesure tout aussi importante, dans la contemplation recueillie du Dieu trinitaire et de sa louange communautaire.

 

Le Seigneur vous invite au pèlerinage de l'Eglise "dans sa marche à travers les temps". Il vous invite à devenir pèlerins avec Lui et à participer à sa vie qui, aujourd'hui encore, est Via Crucis et chemin du Ressuscité à travers la Galilée de notre existence. C'est cependant toujours le même et identique Seigneur qui, à travers le même et unique baptême, nous appelle à l'unique foi. La participation à son chemin signifie donc ces deux choses : la dimension de la Croix – avec les échecs, les souffrances, les incompréhensions, et même le mépris et la persécution –, mais également l'expérience d'une joie profonde dans son service et l'expérience du grand réconfort dérivant de la rencontre avec Lui. Comme l'Eglise, les paroisses, les communautés et chaque chrétien baptisé tirent l'origine de leur mission de l'expérience du Christ crucifié et ressuscité.

 

Le centre de la mission de Jésus Christ et de tous les chrétiens est l'annonce du Royaume de Dieu. Cette annonce au nom du Christ signifie pour l'Eglise, pour les prêtres, les religieux et les religieuses, ainsi que pour tous les baptisés, l'engagement à être présents dans le monde comme ses témoins. En effet, le Royaume de Dieu est Dieu lui-même, qui se rend présent parmi nous et qui règne à travers nous. L'édification du Royaume de Dieu a donc lieu lorsque Dieu vit en nous et que nous apportons Dieu dans le monde. Vous le faites, en rendant témoignage d'un "sens" qui est enraciné dans l'amour créatif de Dieu et qui s'oppose à tout manque de bon sens et à tout désespoir. Vous êtes du côté de ceux qui cherchent avec difficulté ce sens, du côté de tous ceux qui veulent donner à la vie une forme positive. En priant et en demandant, vous êtes les avocats de ceux qui sont à la recherche de Dieu, qui sont en marche vers Dieu. Vous rendez témoignage d'une espérance qui, contre tout désespoir muet ou visible, renvoie à la fidélité et à l'attention pleine d'amour de Dieu. Avec cela, vous êtes du côté de tous ceux dont l'échine ploie sous un lourd destin et qui ne réussissent pas à se libérer de leurs fardeaux. Vous rendez témoignage de cet Amour qui se donne pour les hommes et qui, ainsi, a vaincu la mort. Vous êtes du côté de ceux qui n'ont jamais vécu l'expérience de l'amour, qui ne réussissent plus à croire dans la vie. Vous vous opposez ainsi aux multiples types d'injustice cachée ou ouverte, ainsi qu'au mépris des hommes qui s'étend. 

 

Chers frères et sœurs, en ce moment, toute votre existence doit être comme celle de Jean-Baptiste, un renvoi important et vivant à Jésus Christ, le Fils de Dieu incarné. Jésus a qualifié Jean de "lampe qui brûle et qui éclaire" (Jn 5, 35). Soyez vous aussi des lampes semblables! Faites briller votre lumière dans notre société, dans la politique, dans le monde de l'économie, dans le monde de la culture et de la recherche.Même si ce n'est qu'une petite lampe au milieu de tant de feux de paille, elle reçoit cependant sa force et sa splendeur de la grande Etoile du matin, le Christ ressuscité, dont la lumière brille – veut briller à travers nous – et ne disparaîtra jamais.

 

 

 

Lire le texte intégral de l'homélie du Pape Benoît XVI

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21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 15:17

 

 

Extrait de l’homélie prononcée par le Pape Benoît XVI au sanctuaire de Mariazell (Autriche), le 8 septembre 2007.

 

 

 

 

Le passage évangélique que nous venons d'écouter [la généalogie de Jésus-Christ en Mt 1. 1-17], ouvre (…) notre vision. Il nous présente l'histoire d'Israël à partir d'Abraham comme un pèlerinage qui, suivant des montées et des descentes, à travers des voies courtes et des voies longues, conduit enfin au Christ. La généalogie, avec ses figures lumineuses et obscures, avec ses succès et ses échecs, nous démontre que Dieu peut écrire droit également sur les lignes tortueuses de notre histoire. Dieu nous laisse notre liberté et, toutefois, il sait trouver dans notre échec des voies nouvelles pour son amour. Dieu n'échoue pas. Ainsi, cette généalogie est une garantie de la fidélité de Dieu; une garantie que Dieu ne nous laisse pas choir et une invitation à orienter notre vie toujours à nouveau vers Lui, à marcher toujours à nouveau vers le Christ.

 

Aller en pèlerinage signifie être orientés dans une certaine direction, marcher vers un objectif. Cela confère également au chemin et à ses difficultés une beauté qui leur est propre. Parmi les pèlerins de la généalogie de Jésus, certains avaient oublié l'objectif et voulaient se présenter eux-mêmes comme cet objectif. Mais le Seigneur a toujours suscité à nouveau également des personnes qui se sont laissées entraîner par la nostalgie de l'objectif, en orientant leur propre vie vers lui. L'élan vers la foi chrétienne, le début de l'Eglise de Jésus Christ a été possible, parce qu'existaient en Israël des personnes dont le cœur était en quête – des personnes qui ne se sont pas installées dans l'habitude, mais qui ont regardé au loin, à la recherche de quelque chose de plus grand : Zacharie, Elisabeth, Siméon, Anne, Marie et Joseph, les Douze et beaucoup d'autres. Leur cœur étant en attente, ils pouvaient reconnaître en Jésus Celui que Dieu avait envoyé et devenir ainsi le début de sa famille universelle. L'Eglise des nations est devenue possible car, que ce soit dans la région de la Méditerranée et dans la proche ou la moyenne Asie, là où arrivaient les Messagers de Jésus, il y avait des personnes en attente qui ne se contentaient pas de ce que tous faisaient et pensaient, mais qui cherchaient l'étoile qui pouvait leur indiquer la voie vers la Vérité même, vers le Dieu vivant.

 

Nous avons besoin de ce cœur inquiet et ouvert. C'est le noyau du pèlerinage. Aujourd'hui aussi, il ne suffit pas d'être et de penser en quelque sorte comme tous les autres. Le projet de notre vie va au-delà. Nous avons besoin de Dieu, de ce Dieu qui nous a montré son visage et ouvert son cœur : Jésus Christ. Jean, à juste titre, affirme qu'Il est le Fils unique de Dieu qui est dans le sein du Père (cf. Jn 1, 18) ; ainsi, Lui seul, du plus profond de Dieu lui-même, pouvait nous révéler Dieu – nous révéler également qui nous sommes, d'où nous venons et vers où nous allons. De nombreuses et grandes personnalités ont vécu, au cours de l'histoire, des expériences de Dieu belles et émouvantes. Elles restent cependant des expériences humaines, avec leur limites humaines. Lui seul est Dieu et donc Lui seul est le pont, qui met vraiment Dieu et l'homme en contact direct. Et donc, si nous chrétiens l'appelons l'unique Médiateur du salut valable pour tous, qui concerne chacun et dont, en définitive, tous ont besoin, cela ne signifie pas du tout un mépris des autres religions ni une absolutisation orgueilleuse de notre pensée, mais seulement que nous avons été conquis par Celui qui nous a intérieurement touchés et comblés de dons, afin que nous puissions à notre tour faire des dons également aux autres. De fait, notre foi s'oppose décidément à la résignation qui considère l'homme incapable de la vérité – comme si celle-ci était trop grande pour lui. Cette résignation face à la vérité est, selon ma conviction, le cœur de la crise de l'Occident, de l'Europe. Si, pour l'homme, il n'existe pas de vérité, celui-ci, au fond, n'est même pas capable de distinguer entre le bien et le mal. Les grandes et merveilleuses connaissances de la science deviennent alors ambiguës : elles peuvent ouvrir des perspectives importantes pour le bien, pour le salut de l'homme, mais également – et nous le voyons – devenir une menace terrible, la destruction de l'homme et du monde. Nous avons besoin de la vérité.

 

Mais, certainement en raison de notre histoire, nous avons peur que la foi dans la vérité ne conduise à l'intolérance. Si cette peur, qui a ses bonnes raisons historiques, nous assaille, il est temps de tourner notre regard vers Jésus comme nous le voyons ici au Sanctuaire de Mariazell. Nous le voyons sous deux aspects : comme un enfant dans les bras de sa Mère et, au-dessus de l'autel principal de la Basilique, comme le crucifié. Ces deux images de la basilique nous disent : la vérité ne s'affirme pas à travers un pouvoir extérieur, mais elle est humble et ne se donne à l'homme qu'à travers le pouvoir intérieur du fait qu'elle est vraie. La vérité se démontre elle-même dans l'amour. Elle n'est jamais notre propriété, notre produit, de même que l'amour ne peut pas être produit, mais seulement se recevoir et se transmettre comme don. Nous avons besoin de cette force intérieure de la vérité. En tant que chrétiens, nous avons confiance dans cette force intérieure de la vérité. Nous en sommes les témoins. Nous devons la transmettre en don, de la même manière que nous l'avons reçue, de la même façon que celle-ci s'est donnée.

 

"Regarder vers le Christ" est la devise de cette journée. Cette invitation, pour l'homme en quête, se transforme toujours à nouveau en une question spontanée, une question adressée en particulier à Marie, qui nous a donné le Christ comme son Fils : "Montre-nous Jésus!". Nous prions ainsi aujourd'hui de tout notre cœur; nous prions ainsi également en d'autres moments, intérieurement à la recherche du Visage du Rédempteur. "Montre-nous Jésus!". Marie répond, en nous le présentant tout d'abord comme un enfant. Dieu s'est fait petit pour nous. Dieu ne vient pas avec la force extérieure, mais il vient dans l'impuissance de son amour, qui constitue sa force. Il se donne entre nos mains. Il nous demande notre amour. Il nous invite à devenir nous aussi petits, à descendre de nos trônes élevés et à apprendre à être des enfants devant Dieu. Il nous offre le "Toi". Il nous demande d'avoir confiance en Lui et d'apprendre ainsi à vivre dans la vérité et dans l'amour (…).

 

"Regarder vers le Christ" : jetons encore brièvement un regard sur le Crucifié au-dessus de l'autel majeur. Dieu a racheté le monde non par l'épée, mais par la Croix. Mourant, Jésus ouvre les bras. C'est tout d'abord le geste de la Passion, avec lequel Il se laisse clouer pour nous, pour nous donner sa vie. Mais les bras étendus sont en même temps l'attitude de l'orant, une position que le prêtre prend lorsque, dans la prière, il ouvre les bras : Jésus a transformé la passion – sa souffrance et sa mort – en prière, et il l'a ainsi transformée en un acte d'amour envers Dieu et envers les hommes. C'est pourquoi les bras ouverts du Crucifié sont, à la fin, également un geste d'étreinte, avec lequel Il nous attire à Lui, il veut nous embrasser entre les mains de son amour. Ainsi, Il est une image du Dieu vivant, il est Dieu lui-même, nous pouvons nous confier à Lui.

 

"Regarder vers le Christ!". Si nous le faisons, nous nous rendons compte que le christianisme est quelque chose de plus et de différent qu'un système moral, qu'une série de requêtes et de lois. Il est le don d'une amitié qui perdure dans la vie et dans la mort : "Je ne vous appelle plus serviteur, mais amis" (cf. Jn 15, 15), dit le Seigneur aux siens. Nous nous confions à cette amitié. Mais précisément parce que le christianisme est plus qu'une morale, et qu’il est justement le don d'une amitié, c'est pour cela qu'il contient également en lui une grande force morale dont nous avons tant besoin face aux défis de notre temps. Si avec Jésus Christ et avec son Eglise nous relisons de manière toujours nouvelle le décalogue du Sinaï, en pénétrant dans ses profondeurs, alors il se révèle à nous comme un grand enseignement, valable et permanent. Le Décalogue est tout d'abord un "oui" à Dieu, à un Dieu qui nous aime et nous guide, qui nous conduit et qui, toutefois, nous laisse notre liberté, plus encore, en fait une liberté véritable (les trois premiers commandements). C'est un "oui" à la famille (quatrième commandement), un "oui" à la vie (cinquième commandement), un "oui" à un amour responsable (sixième commandement), un "oui" à la solidarité, à la responsabilité sociale et à la justice (septième commandement), un "oui" à la vérité (huitième commandement) et un "oui" au respect des autres personnes et de ce qui leur appartient (neuvième et dixième commandements). En vertu de la force de notre amitié avec le Dieu vivant, nous vivons ce multiple "oui" et, dans le même temps, nous le présentons comme indicateur de l'itinéraire à cette époque du monde. 

 

 

 

Lire le texte intégral de l'homélie du Pape Benoît XVI

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20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 23:12

 

 

Extrait du discours du Pape Benoît XVI au corps diplomatique, dans la salle de réception de la Hofburg – siège de la présidence de la République – à Vienne (Autriche), le 7 septembre 2007.

   

 

 

C’est ma première visite, comme Évêque de Rome et comme Pasteur suprême de l’Église catholique universelle, dans ce pays que je connais cependant depuis longtemps et par de nombreuses visites précédentes. C’est – permettez-moi de le dire – véritablement une joie pour moi de me trouver ici. J’y compte de nombreux amis et, en tant que voisin Bavarois, le mode de vie et les traditions autrichiennes me sont familiers. Mon grand Prédécesseur le Pape Jean-Paul II, d’heureuse mémoire, a visité l’Autriche à trois reprises. Chaque fois, il a été reçu par la population de ce pays avec une grande cordialité, ses paroles ont été écoutées avec attention et ses voyages apostoliques ont laissé leurs traces (…).

 

Nous nous trouvons ici dans un lieu historique, à partir duquel, pendant des siècles, a été gouverné un empire qui a uni de vastes parties de l’Europe centrale et orientale. Le lieu où nous sommes et le moment que nous vivons nous offrent donc une occasion providentielle pour fixer notre regard sur toute l’Europe d’aujourd’hui. Après les horreurs de la guerre et les expériences traumatisantes du totalitarisme et de la dictature, l’Europe a entrepris le chemin vers une unité du Continent, qui tend à assurer un ordre durable de paix et de développement juste. La division qui, pendant des décennies, a déchiré le Continent de manière douloureuse est, il est vrai, surmontée sur le plan politique, mais l’unité reste encore en grande partie à réaliser dans l’esprit et dans le cœur des personnes. Même si, après la chute du rideau de fer en 1989, une certaine espérance excessive a pu laisser place à la déception, et si, sur quelques aspects, il est possible de formuler des critiques justifiées vis-à-vis de quelques institutions européennes, le processus d’unification est de toute façon une œuvre d’une grande portée qui a permis à ce Continent, longtemps miné par des conflits continuels et des guerres fratricides désastreuses, de vivre une période de paix qu’il n’avait pas connue depuis longtemps. En particulier, la participation à ce processus constitue pour les Pays d’Europe centrale et orientale un stimulant ultérieur pour consolider chez eux la liberté, l’état de droit et la démocratie (…).

 

La « maison Europe », comme nous aimons appeler la communauté de ce continent, sera pour tous un lieu agréable à habiter seulement si elle est construite sur une solide base culturelle et morale de valeurs communes que nous tirons de notre histoire et de nos traditions. L’Europe ne peut pas et ne doit pas renier ses racines chrétiennes. Elles sont une composante dynamique de notre civilisation pour avancer dans le troisième millénaire. Le christianisme a profondément modelé ce continent : en rendent témoignage, dans tous les pays et particulièrement en Autriche, non seulement les nombreuses églises et les importants monastères. Mais la foi se manifeste surtout dans les innombrables personnes qu’elle a portées, au cours de l’histoire jusqu’à aujourd’hui, à une vie d’espérance, d’amour et de miséricorde (…).

 

On parle souvent aujourd’hui du modèle de vie européen. On entend par là un ordre social qui conjugue efficacité économique avec justice sociale, pluralité politique avec tolérance, libéralité et ouverture, mais qui signifie aussi maintien des valeurs qui donnent à ce continent sa position particulière. Ce modèle, face aux impératifs de l’économie moderne, se trouve placé devant un grand défi. La mondialisation, souvent citée, ne peut être arrêtée, mais la politique a le devoir urgent et la grande responsabilité de lui donner des règlements et des limites capables d’éviter qu’elle ne se réalise aux dépens des pays les plus pauvres et des personnes pauvres dans les pays riches et au détriment des générations futures.

 

L’Europe, nous le savons, a certainement vécu et souffert aussi de terribles erreurs. Que l’on pense aux rétrécissements idéologiques de la philosophie, de la science et aussi de la foi, à l’abus de religion et de raison à des fins impérialistes, à la dégradation de l’homme par un matérialisme théorique et pratique, et enfin à la dégénérescence de la tolérance en une indifférence privée de références à des valeurs permanentes. Cependant, l’une des caractéristiques de l’Europe est la capacité d’autocritique qui, dans le vaste panorama des cultures mondiales, la distingue et la qualifie.

 

C’est en Europe qu’a été formulé, pour la première fois, le concept des droits humains. Le droit humain fondamental, le présupposé pour tous les autres droits, est le droit à la vie elle-même. Ceci vaut pour la vie, de la conception à sa fin naturelle. En conséquence, l’avortement ne peut être un droit humain – il est son contraire. C’est une « profonde blessure sociale », comme le soulignait sans se lasser notre confrère défunt, le Cardinal Franz König. En disant cela, je n’exprime pas un intérêt spécifiquement ecclésial. Je voudrais plutôt me faire l’avocat d’une demande profondément humaine et le porte-parole des enfants qui vont naître et qui n’ont pas de voix. Le faisant, je ne ferme pas les yeux devant les problèmes et les conflits de nombreuses femmes et je me rends compte que la crédibilité de notre discours dépend aussi de ce que l’Église elle-même fait pour venir en aide aux femmes en difficulté.

 

J’en appelle dans ce contexte aux responsables de la politique, afin qu’ils ne permettent pas que les enfants soient considérés comme des cas de maladie ni que la qualification d’injustice attribuée par votre système juridique à l’avortement soit de fait abolie. Je le dis par souci profond des valeurs humaines. Mais ceci n’est qu’un aspect de ce qui nous préoccupe. L’autre aspect est de faire tout notre possible pour rendre les pays européens de nouveau plus ouverts à l’accueil des enfants. Je vous en prie, encouragez les jeunes qui, par le mariage fondent de nouvelles familles, à devenir mères et pères! Vous ferez ainsi du bien, non seulement à eux-mêmes, mais aussi à la société tout entière. Je vous encourage fermement dans vos efforts politiques pour favoriser des conditions qui permettent aux jeunes couples d’élever des enfants. Tout ceci, cependant, ne servira à rien, si nous ne réussissons pas à créer de nouveau dans nos pays un climat de joie et de confiance en la vie, dans lequel les enfants ne sont pas perçus comme un poids, mais comme un don pour tous.

 

Le débat sur ce qu’on appelle « l’aide active à mourir » constitue aussi pour moi une vive préoccupation. Il est à craindre qu’un jour puisse être exercée une pression non déclarée ou même explicite sur les personnes gravement malades ou âgées pour qu’elles demandent la mort ou pour qu’elles se la donnent elles-mêmes. La réponse juste à la souffrance en fin de vie est une attention pleine d’amour, l’accompagnement vers la mort – en particulier aussi avec l’aide de la médecine palliative – et non une « aide active à mourir » (…).

 

Fait partie enfin de l’héritage européen une tradition de pensée, pour laquelle un lien substantiel entre foi, vérité et raison est essentiel. Il s’agit ici, en définitive, de se demander si, oui ou non, la raison est au principe de toutes choses et à leur fondement. Il s’agit de se demander si le hasard et la nécessité sont à l’origine de la réalité, si donc la raison est un produit secondaire fortuit de l’irrationnel, et si, dans l’océan de l’irrationalité, en fin de compte, elle n’a aucun sens, ou si au contraire ce qui constitue la conviction de fond de la foi chrétienne demeure vrai : In principio erat Verbum – Au commencement était le Verbe – à l’origine de toutes choses, il y a la Raison créatrice de Dieu qui a décidé de se rendre participant à nous, êtres humains.

 

Permettez-moi de citer dans ce contexte Jürgen Habermas, un philosophe qui n’adhère pas à la foi chrétienne. Il affirme : « Par l’autoconscience normative du temps moderne, le christianisme n’a pas été seulement un catalyseur. L’universalisme égalitaire, dont sont nées les idées de liberté et de solidarité, est un héritage immédiat de la justice juive et de l’éthique chrétienne de l’amour. Inchangé dans sa substance, cet héritage a toujours été de nouveau approprié de façon critique et de nouveau interprété. Jusqu’à aujourd’hui, il n’existe pas d’alternative à cela ».

 

Monsieur le Président fédéral, Mesdames et Messieurs ! L’Autriche est un pays riche de nombreuses bénédictions : la grande beauté des paysages qui attire, année après année, des millions de personnes pour un séjour de repos ; une richesse culturelle inouïe, créée et accumulée depuis de nombreuses générations ; de nombreuses personnes dotées de talent artistique et de grandes forces créatrices. Partout on peut voir les témoignages des réalisations qui sont les fruits de l’application et des dons de la population qui travaille. Il y a là un motif de reconnaissance et de fierté. Mais l’Autriche n’est certainement pas une « île heureuse » et elle ne croit pas l’être non plus. L’autocritique fait toujours du bien et, sans aucun doute, elle est répandue en Autriche. Un pays qui a tant reçu doit aussi donner beaucoup. Il peut compter beaucoup sur lui-même et aussi exiger de lui-même une certaine responsabilité vis-à-vis des pays voisins, de l’Europe et du monde.

 

Beaucoup de ce que l’Autriche est et possède, elle le doit à la foi chrétienne et à sa riche influence sur les personnes. La foi a profondément formé le caractère de ce pays et de ses habitants. Par conséquent, il doit être dans l’intérêt de tous de ne pas permettre qu’un jour dans ce pays il n’y ait peut-être plus que les pierres à parler de christianisme ! Une Autriche sans une foi chrétienne vivante ne serait plus l’Autriche.    

 

 

Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI

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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 13:12



Extrait du discours prononcé par le Pape Benoît XVI à la Mariensäule (colonne de Marie) de la place Am Hof à Vienne (Autriche), le 7 septembre 2007.



Comme première étape de mon pèlerinage vers Mariazell, j'ai choisi la Mariensäule, pour réfléchir un moment avec vous sur la signification de la Mère de Dieu pour l'Autriche du passé et du présent, ainsi que sur sa signification pour chacun de nous (…).
 

A la foi en Jésus Christ, le Fils de Dieu incarné, est liée depuis les premiers temps une vénération particulière pour sa Mère, pour cette Femme, dans le sein de laquelle Il assuma la nature humaine en participant même au battement de son cœur ; la Femme qui accompagna avec délicatesse et respect sa vie jusqu'à sa mort sur la croix, et à l'amour maternel de laquelle Il confia le disciple préféré et avec lui toute l'humanité.

Dans son sentiment maternel, Marie accueille encore aujourd'hui sous sa protection des personnes de toutes les langues et cultures, pour les conduire ensemble, dans une unité multiforme, vers le Christ. Nous pouvons nous adresser à Elle dans nos moments d'inquiétudes et de nécessités. Mais nous devons aussi apprendre d'Elle à nous accueillir les uns les autres avec ce même amour avec lequel elle nous accueille tous : chacun dans sa singularité, voulu comme tel et aimé de Dieu. Dans la famille universelle de Dieu, au sein de laquelle une place est prévue pour toute personne, chacun doit développer ses propres dons pour le bien de tous.


La Mariensäule, érigée par l'empereur Ferdinand III en action de grâce pour la libération de Vienne d'un grand péril et inaugurée par lui il y a précisément 360 ans, doit être également pour nous aujourd'hui un signe d'espérance. Combien de personnes depuis lors, se sont arrêtées auprès de cette colonne et, en priant, ont levé les yeux vers Marie! Combien ont fait l'expérience dans les difficultés personnelles de la force de son intercession! Mais notre espérance chrétienne s'étend bien au-delà de la réalisation de nos désirs, petits et grands. Nous levons les yeux vers Marie, qui nous montre à quelle espérance nous avons été appelés (cf. Ep 1, 18) ; c'est Elle, en effet, qui personnifie ce que l'homme est vraiment!


Nous venons de l'entendre dans la lecture biblique : avant même la Création du monde, Dieu nous a choisis dans le Christ. Il connaît et il aime chacun de nous depuis l'éternité! Et dans quel but nous a-t-il choisis? Pour être saints et immaculés devant lui dans la charité! Et ce n'est pas une tâche inhabituelle : dans le Christ, Il nous en a déjà offert la réalisation. Nous avons été rachetés! En vertu de notre communion avec le Christ ressuscité, Dieu nous a bénis de toutes les bénédictions spirituelles. Ouvrons notre cœur, accueillons ce précieux héritage! Nous pourrons alors entonner avec Marie la louange de sa grâce. Et si nous continuons à présenter nos préoccupations quotidiennes à la Mère immaculée du Christ, Elle nous aidera à ouvrir nos petites espérances toujours vers la grande, la véritable espérance qui donne un sens à notre vie et peut nous combler d'une joie profonde et indestructible.



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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 00:00


Extrait du discours du Pape Benoît XVI prononcé le 7 septembre 2007 lors de la cérémonie de bienvenue à l’aéroport international de Vienne en Autriche, où le Saint Père effectua son septième voyage international, le cinquième en Europe.

 

 

C'est avec une grande joie que je pose aujourd'hui le pied, pour la première fois depuis le début de mon Pontificat, en terre d'Autriche, dans un pays qui m'est familier en raison de sa proximité géographique avec mon lieu de naissance, mais pas uniquement (…). Vous savez combien je me sens lié à votre patrie et à de nombreuses personnes et de nombreux lieux de votre pays. Cet espace culturel au centre de l'Europe dépasse les frontières et relie les élans et les forces de diverses parties du continent. La culture de ce pays est imprégnée de manière essentielle du message de Jésus Christ et de l'action que l'Eglise a accomplie en son nom. Tout cela, et bien d'autres choses encore, me donnent la vive impression d'être parmi vous, chers Autrichiens, un peu comme "chez moi".

Le motif de ma venue en Autriche est le 850e anniversaire du lieu saint de Mariazell
. Ce sanctuaire de la Vierge représente d'une certaine manière le cœur maternel de l'Autriche et possède depuis toujours une importance particulière également pour les Hongrois et pour les peuples slaves. Il est le symbole d'une ouverture qui ne dépasse pas seulement les frontières géographiques et nationales, mais dans la personne de Marie, renvoie à une dimension essentielle de l'homme : la capacité à s'ouvrir à la Parole de Dieu et à sa vérité.

Dans cette perspective, au cours des trois prochains jours, je souhaite accomplir ici en Autriche mon pèlerinage vers Mariazell. Ces dernières années, on constate avec joie un intérêt croissant de la part d'un grand nombre de personnes pour le pèlerinage. En chemin lors d'un pèlerinage, les jeunes peuvent eux aussi trouver une voie nouvelle de méditation ; ils font connaissance les uns avec les autres et se retrouvent ensemble devant la Création, mais également devant l'Histoire de la foi et souvent, sans s'y attendre, ils y trouvent une force pour le présent. Je considère mon pèlerinage vers Mariazell comme une manière d'être en chemin avec les pèlerins de notre époque (…).

Le pèlerinage ne signifie pas seulement chemin vers un sanctuaire. Le chemin du retour vers le quotidien est également essentiel. Notre vie quotidienne de chaque semaine commence le Dimanche – don libérateur de Dieu que nous voulons accueillir et protéger (…).

Mesdames et Messieurs! Je sais qu'en Autriche, le Dimanche, en tant que jour de repos, mais aussi d'autres jours de la semaine, le temps libre est en partie employé par de nombreuses personnes pour un engagement volontaire au service des autres. Un tel engagement, offert avec générosité et désintéressement pour le bien et le salut des autres, marque aussi le pèlerinage de notre vie. Celui qui "tourne son regard" vers son prochain – il le voit et il fait le bien pour lui – tourne son regard vers le Christ et le sert. Guidés et encouragés par Marie, nous voulons aiguiser notre regard chrétien en vue des défis à affronter dans l'esprit de l'Evangile et, emplis de gratitude et d'espérance, forts d'un passé parfois difficile, mais également toujours riche de grâce, nous marchons vers un avenir empli de promesses.



Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI   

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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 21:42

Extrait de l’Audience Générale du Pape Benoît XVI du 1er août 2007.

Basile s'intéressa (…) à la portion élue du peuple de Dieu, que sont les jeunes, l'avenir de la société. Il leur adressa un Discours sur la façon de tirer profit de la culture païenne de l'époque. Avec beaucoup d'équilibre et d'ouverture, il reconnaît que dans la littérature classique, grecque et latine, se trouvent des exemples de vertu. Ces exemples de vie droite peuvent être utiles pour le jeune chrétien à la recherche de la vérité et d'une façon de vivre droite (cf. Ad Adolescentes 3). C'est pourquoi, il faut emprunter aux textes des auteurs classiques ce qui est adapté et conforme à la vérité : ainsi, à travers une attitude critique et ouverte – il s'agit précisément d'un véritable "discernement" – les jeunes grandissent dans la liberté.

A travers la célèbre image des abeilles, qui ne prennent des fleurs que ce dont elles ont besoin pour le miel, Basile recommande : "Comme les abeilles savent extraire le miel des fleurs, à la différence des autres animaux qui se limitent à jouir du parfum et de la couleur des fleurs, de même, de ces écrits également... on peut recueillir un bénéfice pour l'esprit. Nous devons utiliser ces livres en suivant en tout l'exemple des abeilles. Celles-ci ne vont pas indistinctement sur toutes les fleurs, et ne cherchent pas non plus à tout emporter de celles sur lesquelles elles se posent, mais elles en extraient uniquement ce qui sert à la fabrication du miel et laissent le reste. Et nous, si nous sommes sages, nous prendrons de ces écrits uniquement ce qui est adapté à nous, et conforme à la vérité, et nous laisserons de côté le reste" (Ad Adolescentes 4).

Basile, surtout, recommande aux jeunes de croître dans les vertus, dans la façon droite de vivre : "Tandis que les autres biens... passent d'une main à l'autre, comme dans un jeu de dés, seule la vertu est un bien inaliénable, et demeure toute la vie et après la mort" (Ad Adolescentes 5).



Lire le texte intégral de l'Audience Générale du Pape Benoît XVI   

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