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12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 12:06

Extrait de la lettre en date du 10 août 2007 du Pape Benoît XVI pour le XVIe centenaire de la mort de Saint Jean Chrysostome.

Vénérés frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce,
Très chers frères et sœurs dans le Christ!

1. Introduction

Nous célébrons cette année le XVIe centenaire de la mort de saint Jean Chrysostome, éminent Père de l'Eglise vers lequel se tournent avec vénération les chrétiens de tous les temps. Dans l'Eglise antique, Jean Chrysostome se distingue pour avoir promu la rencontre fructueuse entre le message chrétien et la culture hellénique qui a eu un impact durable sur les Eglises d'Orient et d'Occident.
Tant la vie que le magistère doctrinal du saint Evêque et Docteur retentissent tout au long des siècles et suscitent aujourd'hui encore l'admiration universelle. Les Pontifes romains ont toujours reconnu en lui une source vive de sagesse pour l'Eglise et leur attention pour le Magistère s'est encore accrue au cours du siècle dernier (…).

2. La vie et le ministère de Saint Jean

Saint Jean Chrysostome naquit à Antioche, en Syrie, vers le milieu du IVe siècle. Il fut instruit aux arts libéraux selon la pratique de son temps et se révéla particulièrement doué dans l'art du discours public. Au cours de ses études, alors qu'il était encore jeune, il demanda le baptême et répondit à l'invitation de son Evêque, Mélèce, à prêter son service comme lecteur dans l'Eglise locale (…).
Sous l'influence de son maître, Diodore de Tarse, Jean décida de rester célibataire toute sa vie et se consacra à la prière, au jeûne rigoureux et à l'étude des Saintes Ecritures. S'éloignant d'Antioche, il conduisit pendant six ans une vie ascétique dans le désert de Syrie et commença à écrire des traités sur la vie spirituelle. Par la suite, il retourna à Antioche où, une fois de plus, il servit l'Eglise comme lecteur et, plus tard, pendant cinq ans, comme diacre. En 386, appelé à la prêtrise par Flavien, Evêque d'Antioche, il ajouta le ministère de la prédication de la Parole de Dieu à celui de la prière et de l'activité littéraire.

Au cours des douze années de son ministère sacerdotal dans l'Eglise antiochienne, Jean se distingua par sa capacité à interpréter les Saintes Ecritures de façon compréhensible pour les fidèles.
Dans sa prédication, il se prodiguait avec ferveur pour approfondir l'unité de l'Eglise en renforçant chez ses auditeurs l'identité chrétienne, à un moment historique où elle était menacée tant de l'intérieur que de l'extérieur. Il percevait à juste titre que l'unité entre les chrétiens dépendait surtout d'une véritable compréhension du mystère central de la foi de l'Eglise, de celui de la Très Sainte Trinité et de l'Incarnation du Verbe divin. Bien conscient, toutefois, de la difficulté de ces mystères, Jean s'engageait fortement à rendre l'enseignement de l'Eglise accessible aux personnes simples de son assemblée, tant à Antioche que, plus tard, à Constantinople. Et il ne manquait pas de s'adresser également à ceux qui étaient en désaccord, préférant faire preuve à leur égard de patience plutôt que d'agressivité, car il pensait que pour surmonter une erreur théologique, "rien n'est plus efficace que la modération et la douceur".

Après avoir servi l'Eglise antiochienne comme prêtre et comme prédicateur pendant douze ans, Jean fut consacré Evêque de Constantinople en 398, et il y demeura pendant cinq ans et demi. Dans cette fonction, il s'occupa de la réforme du clergé, en poussant les prêtres, tant par les paroles que par l'exemple, à vivre en conformité avec l'Evangile. Il soutint les moines qui vivaient dans la ville, et prit soin de leurs besoins matériels, mais s'efforça également de réformer leur vie, en soulignant qu'ils s'étaient proposés de se consacrer exclusivement à la prière et à une vie retirée. Attentif à fuir toute tentation de luxe et à adopter, bien qu'Evêque d'une capitale de l'Empire, un style de vie sobre, il fit preuve d'une très grande générosité pour distribuer l'aumône aux pauvres.
Jean se consacrait à la prédication chaque dimanche et lors des fêtes principales. Il était très attentif à faire en sorte que les applaudissements, que lui valaient souvent ses prédications, ne le conduisent pas à affaiblir la force de l'Evangile qu'il prêchait. C'est pourquoi il se plaignait parfois que, trop souvent, l'assemblée qui applaudissait ses homélies en ignorait les exhortations à vivre de façon authentique la vie chrétienne. Il dénonça inlassablement le contraste qui existait dans la ville entre le gâchis extravagant des riches et l'indigence des pauvres, et, dans le même temps, suggéra aux riches d'accueillir les sans-abris dans leurs maisons. Il voyait le Christ chez le pauvre; il invitait donc ses auditeurs à en faire autant et à agir en conséquence. Sa défense du pauvre et son reproche envers ceux qui étaient trop riches étaient si persistants qu'il suscita la déception et également l'hostilité à son égard de la part de certains riches et de ceux qui détenaient le pouvoir politique.

Parmi les Evêques de son époque, Jean se distingua de façon extraordinaire par son zèle missionnaire; il envoya des missionnaires diffuser l'Evangile parmi ceux qui ne l'avaient pas encore entendu. Il fit construire des hôpitaux pour le soin des malades. En prêchant à Constantinople sur la Lettre aux Hébreux, il affirma que l'assistance matérielle de l'Eglise devait s'étendre à toutes les personnes dans le besoin, sans distinction de croyance religieuse : "La personne dans le besoin appartient à Dieu, même si elle est païenne ou juive. Même si elle ne croit pas, elle est digne d'aide".

Le rôle d'Evêque dans la capitale de l'Empire d'Orient imposait à Jean de servir de médiateur dans les délicates relations entre l'Eglise et la cour impériale. Il était souvent l'objet d'hostilités de la part de nombreux officiers de l'Empire, en raison de la fermeté dont il faisait parfois preuve en critiquant le luxe excessif dont ils s'entouraient. Dans le même temps, sa position d'Archevêque métropolitain de Constantinople le plaçait dans la situation difficile et délicate de devoir négocier une série de questions ecclésiales qui impliquaient d'autres Evêques et d'autres sièges. A la suite des intrigues ourdies contre lui par de puissants opposants, tant ecclésiastiques qu'impériaux, il fut condamné par deux fois à l'exil par l'Empereur. Il mourut le 14 septembre, il y a 1600 ans, à Comana del Ponto au cours du voyage vers la destination finale de son second exil, loin de son bien-aimé troupeau de Constantinople.

3. Le magistère de Saint Jean

A partir du Ve siècle, Jean Chrysostome fut véritablement vénéré par toute l'Eglise chrétienne, orientale et occidentale, en raison de son courageux témoignage en défense de la foi ecclésiale et de son dévouement généreux au ministère pastoral. Son magistère doctrinal, sa prédication, ainsi que sa sollicitude pour
la Sainte Liturgie, lui ont valu très tôt le titre de Père et Docteur de l'Eglise. Sa réputation de prédicateur également, fut consacrée, dès le VIe siècle, par l'attribution du titre de "Bouche d'or", en grec "Crisostomo".
Saint Augustin écrit de lui : "Vois, Julien, dans quelle assemblée je t'ai introduit. Ici, il y a Ambroise de Milan,... ici Jean de Constantinople,... ici Basile,... ici les autres, et leur admirable consensus devrait te faire réfléchir... Ils brillèrent dans l'Eglise catholique en raison de l'étude et de la doctrine. Revêtus et protégés par les armes spirituelles, ils ont conduit de vigoureuses guerres contre les hérétiques, et après avoir conduit fidèlement à terme les œuvres qui leur étaient confiées par Dieu, ils dorment dans le sein de la paix... Tel est le lieu où je t'ai introduit, l'assemblée de ces saints n'est pas la multitude du peuple : ils ne sont pas seulement fils, mais également Pères de l'Eglise".

Il faut également mentionner l'extraordinaire effort mis en place par saint Jean Chrysostome pour promouvoir la réconciliation et la pleine communion entre les Eglises d'Orient et d'Occident. En particulier, sa contribution en vue de mettre fin au schisme qui divisait le siège d'Antioche de celui de Rome et des autres Eglises occidentales, fut décisive. A l'époque de sa consécration en tant qu'Evêque de Constantinople, Jean envoya une délégation au Pape Sirice, à Rome. Pour soutenir cette mission, en vue de son projet de mettre fin au schisme, il obtint la collaboration de l'Evêque d'Alexandrie d'Egypte. Le Pape Sirice répondit favorablement à l'initiative diplomatique de Jean; le schisme fut ainsi résolu de façon pacifique et la pleine communion entre les Eglises fut rétablie (…).

Tant à Antioche qu'à Constantinople, Jean parla passionnément de l'unité de l'Eglise présente dans le monde. Il soulignait à cet égard : "Les fidèles, à Rome, considèrent ceux qui sont en Inde comme membres de leur même corps" et soulignait que dans l'Eglise, il n'y avait pas de place pour les divisions. "L'Eglise – s'exclamait-il – existe non pas afin que ceux qui se sont réunis se divisent, mais afin que ceux qui sont divisés puissent s'unir". Et il trouvait dans l'Ecriture Sainte la ratification divine de cette unité. En prêchant sur
la première Lettre de saint Paul aux Corinthiens, il rappelait à ses auditeurs que "Paul se réfère à l'Eglise comme "Eglise de Dieu", montrant qu'elle doit être unie, car si elle est "de Dieu", elle est unie, et pas seulement à Corinthe, mais également dans le monde ; en effet, le nom de l'Eglise n'est pas un nom de séparation, mais d'unité et de concorde".

Pour Jean, l'unité de l'Eglise est fondée sur le Christ, le Verbe divin qui, à travers son Incarnation, s'est uni à l'Eglise comme la tête à son corps : "Là où il y a la tête, il y a également le corps". Il avait compris que dans l'Incarnation, le Verbe divin non seulement s'est fait homme, mais s'est également uni à nous en faisant de nous son corps : "Etant donné qu'il n'était pas suffisant pour lui de se faire homme, d'être transpercé et tué, il s'unit à nous non seulement en vertu de la foi, mais il fait également de nous son corps". En commentant le passage de la Lettre de saint Paul aux Ephésiens : "En effet, il a tout mis sous ses pieds, et l'a constitué au sommet de tout, Tête pour l'Eglise, laquelle est son Corps, la plénitude de Celui en qui toutes les choses se réalisent", Jean explique que "c'est comme si la tête était complétée dans son corps, car le corps est composé et formé par ses différents membres. Son corps est donc composé de tous. C'est pourquoi la tête est complète et le corps est rendu parfait lorsque nous sommes tous étroitement ensemble et unis". Jean conclut donc que le Christ unit tous les membres de son Eglise à lui et entre eux.
Notre foi dans le Christ exige que nous nous engagions en vue d'une union effective et sacramentelle entre les membres de l'Eglise, mettant fin à toutes les divisions.

Pour Jean Chrysostome, "l'unité ecclésiale qui se réalise dans le Christ est témoignée de façon toute particulière dans l'Eucharistie".
Appelé "docteur eucharistique" en raison de l'étendue et de la profondeur de sa doctrine sur le Très Saint Sacrement, il enseigne que l'unité sacramentelle de l'Eucharistie constitue la base de l'unité ecclésiale dans et pour le Christ. "Certes, bien des liens nous unissent ensemble. Une table a été préparée pour tous... à tous a été offerte la même boisson, ou plutôt, non seulement la même boisson, mais également la même coupe. Notre Père, en voulant nous conduire à une tendre affection, a disposé également cela, que nous buvions à une seule coupe ; ce qui est le fait de l'amour intense". En réfléchissant sur les paroles de la première Lettre de saint Paul aux Corinthiens, "le pain que nous rompons n'est-il pas communion au Corps du Christ?", Jean commente : pour l'Apôtre donc, "de même que ce corps est uni au Christ, ainsi nous aussi sommes unis à Lui au moyen de ce pain". Et encore plus clairement, à la lumière des paroles successives de l'Apôtre : "Parce qu'il n'y qu'un pain, à plusieurs, nous ne sommes qu'un corps, car tous nous participons à ce pain unique", Jean explique : "Qu'est-ce que le pain? Le Corps du Christ. Et que deviennent les communiants? Le Corps du Christ ; non pas une multitude de corps, mais un corps unique. De même que le pain, composé de tant de grains de blé, n'est qu'un pain unique... ainsi, nous tous ensemble, et avec le Christ, nous ne faisons qu'un tout... Eh bien maintenant, si nous participons tous au même pain, et si tous nous devenons cette même substance, pourquoi ne montrons-nous pas la même charité, afin de devenir, par la même raison, un tout unique?".

La foi de saint Jean Chrysostome dans le mystère d'amour qui lie les croyants au Christ et entre eux le conduisit à manifester une profonde vénération pour l'Eucharistie, une vénération qu'il nourrit en particulier à travers la célébration de
la Divine Liturgie. L'une des plus riches expressions de la Liturgie orientale porte précisément son nom : "la Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome". Jean comprenait que la Divine Liturgie place spirituellement le croyant entre la vie terrestre et les réalités célestes qui lui ont été promises par le Seigneur. Il exprimait à saint Basile le Grand sa crainte révérencielle de célébrer les mystères sacrés à travers ces paroles : "Lorsque tu vois le Seigneur immolé et étendu sur l'autel et le prêtre qui, debout, prie sur la victime... peux-tu encore penser être parmi les hommes, être sur terre? N'es-tu pas, au contraire, transporté immédiatement au ciel?" (…).

Avec une grande profondeur, Jean Chrysostome développe la réflexion sur les effets de la communion sacramentelle chez les croyants : "Le sang du Christ renouvelle en nous l'image de notre Roi, produit une beauté indicible et ne permet pas que soit détruite la noblesse de nos âmes, mais il l'alimente et la nourrit constamment". Pour cela, Jean exhorte souvent et avec insistance les fidèles à s'approcher dignement de l'autel du Seigneur, "non pas avec légèreté... non pas par habitude et formalisme", mais "avec sincérité et un esprit pur".
Il répète inlassablement que la préparation à la Sainte Communion doit inclure le repentir des péchés et la gratitude pour le sacrifice accompli par le Christ pour notre salut. C'est pourquoi il exhorte les fidèles à participer pleinement et avec dévotion aux rites de la Divine Liturgie, et à recevoir avec les mêmes dispositions la Sainte Communion : "Ne laissez pas, je vous en prie, que nous soyons tués par votre impudence, mais approchez-vous de Lui avec dévotion et pureté, et lorsque vous le voyez exposé à vos yeux, dites-vous : "En vertu de ce corps, je ne suis plus terre et cendre, je ne suis plus prisonnier, mais libre ; c'est en vertu de lui que j'espère le paradis et d'en recevoir les biens, l'héritage des anges et l'intimité avec le Christ"".

Naturellement, il tire ensuite de la contemplation du Mystère également les conséquences morales auxquelles il conduit ses auditeurs : il leur rappelle que la communion avec le Corps et le Sang du Christ les oblige à offrir une assistance matérielle aux pauvres et à ceux qui ont faim et qui vivent parmi eux. La table du Seigneur est le lieu où les croyants reconnaissent et accueillent le pauvre et celui qui est dans le besoin qu'ils avaient peut-être ignorés auparavant. Il exhorte les fidèles de tous les temps à regarder au-delà de l'autel sur lequel est offert le sacrifice eucharistique et à voir le Christ dans la personne des pauvres en rappelant que c'est grâce à l'aide prêtée aux personnes dans le besoin qu'ils peuvent offrir sur l'autel du Christ un sacrifice agréable à Dieu.

4. Conclusion

Chaque fois que nous rencontrons nos Pères – a écrit le Pape Jean-Paul II à propos d'un autre grand Père et docteur, saint Basile – "nous sommes confirmés dans la foi et encouragés dans l'espérance". Le XVIe centenaire de la mort de saint Jean Chrysostome offre une occasion très propice d'approfondir les études le concernant, redécouvrir ses enseignements et diffuser sa dévotion. Je suis spirituellement présent avec une âme reconnaissante et bienveillante aux diverses initiatives et célébrations, qui sont organisées à l'occasion de ce XVIe centenaire.
Je voudrais également exprimer le désir ardent que les Pères de l'Eglise "dans la voix desquels retentit la constante Tradition chrétienne" deviennent toujours plus un point de référence certain pour tous les théologiens de l'Eglise. Revenir à eux signifie remonter aux sources de l'expérience chrétienne, pour en goûter la fraîcheur et l'authenticité. Quel meilleur vœu pourrais-je donc adresser aux théologiens que celui d'un engagement renouvelé pour récupérer le patrimoine de sagesse des saints Pères? Il ne pourra en découler qu'un enrichissement précieux pour leur réflexion également sur les problèmes de notre temps.

Je suis heureux de terminer cette lettre par une dernière parole du grand Docteur, dans laquelle il invite ses fidèles – ainsi que nous, naturellement – à réfléchir sur les valeurs éternelles :
"Pendant combien de temps encore serons-nous attachés à la réalité présente? Combien de temps faudra-t-il avant que nous puissions nous en arracher? Combien de temps encore négligerons-nous notre salut? Laissez-nous rappeler ce dont le Christ nous a jugés dignes, laissez-nous lui rendre grâce, lui rendre gloire, non seulement par notre foi mais également par nos œuvres concrètes, afin que nous obtenions les biens futurs par la grâce et la tendresse miséricordieuse de Notre Seigneur Jésus Christ, pour lequel et avec lequel gloire soit rendue au Père et à l'Esprit Saint, à présent et pour les siècles des siècles. Amen".


Lire le texte intégral de la lettre du Pape Benoît XVI

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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 08:47

Homélie du Cardinal André Vingt-Trois prononcée en la fête de l’Annonciation à Lourdes, le 26 avril 2008.

Trois mois de bonheur. Entre Elisabeth et Marie sa cousine, trois mois à savourer la joie des enfants qu’elles attendent, chacune : Elisabeth attend Jean-Baptiste qui a tressailli dans son sein et Marie attend Jésus. Pour chacune d’elles, cet enfant qui va venir, qui est déjà présent, qui bouge et qui tressaille, c’est le signe de Dieu vivant. Trois mois de bonheur, trois mois de joie. Comme nous voudrions entrer dans cette joie, partager ce bonheur, nous réjouir avec elles. Qui ?
Qui voudrait ne pas être heureux ? Qui voudrait ne pas chercher le bonheur ? Personne. Tout le monde veut être heureux. Tout le monde veut connaître le bonheur. Et pourtant… Pourtant, tout le monde ne le connaît pas. Alors peut-être faut-il chercher ensemble quelques instants la clef de ce bonheur que l’on cherche sans le trouver, de ce bonheur que l’on croit avoir trouvé et qui se révèle moins « bonheur » qu’on ne le pensait et même quelquefois un peu malheur, ce qui fait qu’au lieu de se laisser porter par la joie de vivre, l’allégresse, on est un peu écrasé par le doute, la mélancolie, la tristesse… On cherche toujours la clef. Qui nous donnera la clef du bonheur ? Qui sera capable d’ouvrir pour nous la porte du bonheur ?

Voilà ce que nous allons essayer de comprendre en regardant et en écoutant Elisabeth et Marie. Qu’est-ce qui les rend heureuses ? Qu’est-ce qui fait que Marie exulte de joie ? Qu’est-ce qui lui fait chanter « Magnificat » ? Ce n’est pas la richesse : elle n’est pas riche. Ce n’est pas la notoriété : elle n’est pas connue ; pas encore ; elle le sera plus tard mais elle ne sera plus sur notre terre. Ce ne sont pas les choses extraordinaires qu’elle fait : elle ne fait rien d’extraordinaire. Ce qui lui fait connaître la joie, c’est d’avoir cru à la Parole du Seigneur. Elle a cru ce que Dieu lui a dit par le message de l’Ange, elle a cru que Dieu voulait faire quelque chose avec elle, elle a cru que Dieu faisait appel à elle pour changer quelque chose dans ce monde. Elle a cru et elle a fait confiance. Cette confiance qu’elle a accordée à la Parole du Seigneur va changer toute sa vie. Non seulement elle va avoir un fils, mais quel fils ! Non seulement elle va être témoin de ce qu’il fait : des paroles, des signes, mais encore elle va être entraînée avec lui jusqu’à donner tout ce qu’elle a : son fils, son fils unique, qui sera cloué sur la croix. Malgré les épreuves, malgré les souffrances, malgré ce Mal absolu, ce fils, qui est le don de Dieu, c’est sa joie.

Essayons cette clef du bonheur sur notre serrure, sur notre vie.
Où cherchons-nous le bonheur ? Qu’espérons-nous ? Où croyons-nous que nous allons trouver la joie ? On peut trouver un peu de joie en buvant, et on peut trouver beaucoup de tristesse en buvant trop. Pas seulement parce que l’on a le vin triste, mais parce que la joie que donne l’effet artificiel laisse la place au vide. On peut trouver un peu de joie en achetant beaucoup de choses, en courant le monde, en cherchant à vivre des « trucs » extraordinaires, mais ce que l’on achète s’use, se perd, ne nous plaît plus ; les retours ne sont pas toujours joyeux, et il n’est pas donné à tout le monde de vivre des « trucs » extraordinaires. La joie, le bonheur que Dieu nous propose, il nous le donne gratuitement, sans payer, sans argent. Nous y entrons en prenant l’eau et le pain et le vin qu’il nous donne et sa Parole qu’il met en nous. Alors, si vous voulez vraiment progresser sur le chemin du bonheur, prenez ce petit sentier, où il y a quelquefois des pierres sous vos pas et des épines qui accrochent, mais où l’eau coule gratuitement, où le pain est partagé gratuitement, où le vin de la fête est donné gratuitement, où la joie est donnée gratuitement.

« Cherchez le Seigneur pendant qu’il est proche » : il est toujours proche, mais nous nous approchons. Il y a des moments où nous sommes un peu plus proches, et des moments où nous sommes un peu plus loin. En ce moment, nous sommes un peu plus proches, grâce à ce que nous vivons ici : alors, cherchez-le maintenant, pendant qu’il est proche, invoquez-le pendant qu’il vous écoute, parlez-lui dans vos cœurs, faites-lui vos confidences ; parlez-lui de vos désirs, de vos espoirs, de vos doutes, de vos peurs, parlez-lui de ce que vous voudriez, mais par dessus tout, écoutez-le ! Ecoutez sa voix qui vient toucher votre cœur. Elle vous indique le chemin du bonheur : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir ». Celui qui veut connaître la joie doit apprendre à aimer, pas apprendre à se faire aimer. Apprendre à aimer ; apprendre à se mettre au service des autres ; apprendre la joie d’avoir pu faire quelque chose d’utile pour nos frères ; apprendre la joie d’avoir pu partager ; apprendre la joie d’avoir pu vivre ces quelques jours ensemble, même si c’est un peu difficile ; apprendre la joie de faire des choses que l’on n’est pas capable de faire tout seul ; apprendre la joie d’entendre une parole, un chant, un silence, une présence.

Ce chemin, c’est le chemin de la sainteté. Le Christ nous appelle à devenir des saints comme il est Saint. Nous devenons des saints comme il est Saint si nous apprenons, comme lui, à nous faire serviteurs des autres, à nous mettre au service des autres (…). Répondez à l’appel du Seigneur ! Ne fermez pas votre cœur : vous connaîtriez le regret et la tristesse. Ouvrez vos cœurs ! Peut-être, quelques-uns et quelques-unes d’entre vous, vous serez appelés pour rendre service à travers le monde pendant quelque temps ; vous serez appelés à aller partager ce que vous avez appris, vous serez appelés à aller aider des pays plus pauvres. Ne fermez pas vos cœurs ! Ouvrez vos cœurs ! Beaucoup d’entre vous découvriront l’amour d’un homme et d’une femme, et ils seront appelés à devenir heureux dans cet amour.
Apprenez à devenir heureux par les autres, ouvrez vos cœurs. Dieu veut faire des vous des saints. Devenez des saints en devenant des serviteurs de l’amour.

+André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris

 

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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 11:32

Extrait de la lettre du Pape Benoît XVI au Cardinal André Vingt-Trois à l’occasion du centième anniversaire du FRAT, en date du 12 avril 2008.

À Monsieur le Cardinal André VINGT-TROIS,
Archevêque de Paris,
Président de la Conférence des Évêques de France

À l’intention des jeunes rassemblés à Lourdes, du 22 au 27 avril, à l’occasion du centième anniversaire du ‘Frat’, organisé par les diocèses de l’Île de France,

Chers jeunes,

En rejoignant la cité mariale de Lourdes, en cette année jubilaire qui marque le 150e anniversaire des apparitions de la Vierge Marie à la jeune Bernadette, vous participez à l’action de grâce de toute l’Église pour le message que la Vierge a confié à Bernadette.
Avec des mots simples, la Mère du Christ indique la voie du renouveau spirituel à travers l’appel à la conversion et à l’amour de l’Église.

En ce lieu, la Vierge est venue visiter Bernadette. Au cours de votre pèlerinage à Lourdes, recevez cette visitation de Marie qui vous confie aujourd’hui les paroles qui lui furent dites par l’ange de la part du Seigneur : « Réjouis-toi ! Tu as trouvé grâce auprès de Dieu » (Lc 1, 30).

En effet, par sa grâce, le Christ vous rend dignes de sa confiance et il désire que vous puissiez réaliser vos rêves les plus nobles et les plus élevés d’authentique bonheur. Ce bonheur est d’abord un don de Dieu, qui se reçoit en empruntant les chemins inattendus de sa volonté. De tels chemins sont exigeants mais aussi source de joie profonde.
Regardez Marie : invitée à prendre un chemin surprenant et déconcertant, sa disponibilité la fait entrer dans une joie que toutes les générations chanteront. C’est le secret qu’elle livre à Élisabeth, sa cousine, alors qu’elle vient la visiter et la servir : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante… Le Puissant fit pour moi des merveilles » (Lc 1, 47-48). À votre tour, acceptez de vous laisser conduire pour que le Seigneur fasse quelque chose de grand avec votre humble vie.

C’est notre OUI à Dieu qui fait jaillir la source du vrai bonheur : ce OUI libère le moi de tout ce qui l’enferme en lui-même. Il fait entrer la pauvreté de notre vie dans la richesse et la force du projet de Dieu, sans pour autant entraver notre liberté et notre responsabilité. Il ouvre notre cœur étroit aux dimensions de la charité divine, qui sont universelles. Il conforme notre vie à la vie même du Christ, dont nous avons été marqués lors de notre Baptême.

Chers jeunes, je vous encourage, pendant ces journées, à célébrer avec enthousiasme la joie de croire, d’aimer et d’espérer dans le Christ, et à parcourir dans la confiance le chemin d’initiation qui vous est proposé. Je vous invite, en particulier, à recueillir avec attention le témoignage de vos aînés dans la foi et à apprendre à accueillir, dans le silence et la méditation, la Parole de Dieu, pour qu’elle puisse modeler votre cœur et porter en vous un fruit généreux. En effet, à chacun d’entre vous, le Seigneur a quelque chose de particulier à dire. N’ayez pas peur de l’écouter. Dans cet esprit, le ‘Frat’ est aussi un temps privilégié pour se laisser interroger par le Christ : « Que veux-tu faire de ta vie ? » Que ceux d’entre vous qui ressentent l’appel à le suivre dans le sacerdoce ou la vie consacrée, dans la ligne de nombreux jeunes qui ont participé au ‘Frat’, consentent à l’invitation du Seigneur, pour se mettre totalement au service de l’Église, dans une vie toute donnée pour le Royaume des Cieux. Ils ne seront pas déçus.

(…) Chers jeunes, je confie chacun d’entre vous à l’intercession maternelle de Notre-Dame de Lourdes et de sainte Bernadette (…).

 


Lire le texte intégral de la lettre du Pape Benoît XV
I

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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 15:27
Mon cher Miky,

Je voudrais t’exprimer ma gratitude pour ton dernier article concernant le problème du Mal en face de l’existence de Dieu – reprenant les termes d’une discussion que nous avions eu à ce sujet il y a quelques mois de cela.

Je te remercie, car cet article, extrêmement stimulant pour la réflexion, me remet un peu en selle, après quelques mois de léthargie.

Je te remercie aussi, car cette question du Mal est essentielle, et je suis prêt à y consacrer du temps pour en débattre si tu le souhaites.

« Une des théodicées les plus en vogues (et défendue notamment par Plantinga), tente d'expliquer l'existence du mal malgré l'existence de Dieu comme un moindre mal : Dieu tenait à ce que nous soyons libres, or la liberté impliquait que l'on puisse choisir le mal. »

Cette théodicée ainsi énoncée n’est pas chrétienne (en tout cas, pas catholique). Dans le christianisme, Dieu est absolument étranger au Mal, à l’idée même de mal. Il n’est pas de Mal en Dieu, et Dieu ne peut absolument pas concevoir le Mal. On ne peut donc pas dire que le Mal – fut-il le « moindre » – ait été voulu par Dieu.

Ce que Dieu a voulu de toute éternité, en créant les anges et les hommes – qui ont en commun d’être des créatures libres –, c’est manifester sa Bonté souveraine et sa Toute-Puissance. L’existence est un Bien. La liberté aussi (n’est-ce pas ton avis ?). Aussi, quand Dieu crée un être libre, gratuitement, sans que cet être n’ait rien demandé ni mérité pour cela, en vue d’une communion d’amour avec Lui et une multitude de frères et de sœurs, il manifeste sa Bonté infinie et sa Toute-Puissance ; il fait resplendir sa Gloire et triompher le Bien.

Contrairement à ce que tu dis, la liberté n’implique pas que l’on puisse choisir le Mal. Elle implique que l’on puisse choisir le Bien, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Elle comporte certes comme conséquence la possibilité d’un refus, d’un choix différent. Mais cette conséquence est hors des vues de Dieu. Lorsque Dieu créé, Il ne peut pas imaginer que des anges et des hommes vont le rejeter – comme je ne peux pas imaginer que si je t’offrais le choix entre une cerise et une Ferrari, tu choisirais la cerise (la comparaison vaut ce qu’elle vaut, mais elle me paraît éclairante). Voilà pourquoi le Mal est un mystère ; pour l’homme, qui en fait l’amère expérience sur la terre ; mais aussi, je crois, pour Dieu. C’est peut-être la raison pour laquelle la Bible ne nous éclaire pas vraiment sur ce « mystère d’iniquité » (cf. 2 Th 2. 7) qui ravage la Création, et qui conserve ainsi toute son épaisseur. Si Dieu ne nous apporte aucune explication à l’existence (si l’on peut dire) du Mal, c’est sans doute… qu’il n’en a aucune ! Il nous révèle certes que « c’est par l’envie du Diable que la mort est entrée dans le monde » (Sg 1. 13). Mais pourquoi cette envie de l’Ange déchu? Pourquoi le Mal ? Pourquoi cet usage dévié de la liberté des créatures, et ce choix par elles d’un moindre bien que le Bien souverain – qui est Dieu et la vie avec Dieu (la cerise contre la Ferrari ; le plat de lentille contre le droit d’aînesse…). Nul ne le sait. Pas même Dieu, je pense.

« Dieu ne pouvait donc pas atténuer le mal sans nous rendre esclaves et donc brimer notre liberté. »

En fait, pour remédier au problème du Mal, Dieu avait trois possibilités :

Ø
OU BIEN détruire purement et simplement les anges et les hommes ; les réduire à néant : on efface tout… et on ne recommence pas !

Ø
OU BIEN les maintenir dans l’être, mais leur ôter effectivement toute liberté de faire le Mal ; et par voie de conséquence : toute liberté de choisir le Bien (car de même que le choix du Bien implique la possibilité du non-choix du Bien, donc du Mal ; de même la suppression du Mal implique la suppression du libre choix en faveur du Bien – ne resterait donc plus sur la scène du monde que des esclaves soumis ou des robots pré-programmés) ;

mais dans ces deux cas, le Mal aurait finalement triomphé de Dieu, puisqu’à cause du Mal, Dieu aurait été contraint de faire « marche » arrière et de renoncer aux Biens que sont la vie et la liberté ; le Mal aurait donc paradoxalement le dernier mot, en dépit de sa suppression !

Ø
 OU BIEN utiliser le Mal commis par les anges et les hommes pour… le retourner contre lui-même, le vaincre et en triompher ; en tirer un plus grand Bien ; et manifester de cette manière-là sa Bonté et sa Toute-Puissance.

C’est cette dernière option que Dieu a choisi (si l’on peut dire, car Dieu ne peut vouloir QUE le Bien, donc : la Vie et la Liberté ; la suppression de l’une ou de l’autre était hors de ses vues ; elle l’aurait conduit à se renier lui-même).

« Un monde "bon" mais sans liberté ne serait pas aussi parfait qu'un monde "mauvais" mais où les êtres sont libres. Par conséquent, Dieu a actualisé ce dernier type de monde, et non le premier. »

Je ne crois pas que l’on puisse dire que Dieu a actualisé le type d’un monde « mauvais » où les hommes sont libres au nom d’une convenance supérieure de ce type de monde. Car ce type de monde (qui correspond au monde dans lequel nous vivons) n’est justement pas celui que Dieu a voulu ! Ce monde qui est le nôtre n’est pas le Paradis terrestre du Jardin d’Eden (cf. Gn 2), ni le Ciel nouveau et la Terre nouvelle à venir (cf. Is 65. 17 ; Ap 21. 1). Il est un monde transitoire et inachevé « qui gémit dans les douleurs d’un enfantement qui dure encore » (Rm 8. 22). Et qui doit déboucher sur un monde parfaitement « bon » dans lequel la liberté des hommes est totalement préservée. Dès lors, si « un monde "bon" mais sans liberté ne serait pas aussi parfait qu'un monde "mauvais" mais où les êtres sont libres », tu reconnaîtras avec moi qu’un monde « mauvais » où les êtres sont libres ne serait pas aussi parfait qu’un monde « bon » où les êtres sont libres. Or, c’est ce dernier type de monde (le plus parfait) que Dieu actualise dans notre Histoire. Il l’actualise en son Fils Jésus-Christ – dont la Résurrection inaugure le monde nouveau et annonce la restauration finale de la Création déchue ; et dont chaque eucharistie re-présente (présente à nouveau) l’évènement pascal aux hommes d’aujourd’hui pour les y associer, avec les heureuses conséquences que l’on peut voir et mesurer (la vie des Saints).

Oui, Miky, je te l’annonce avec joie – telle est la Bonne Nouvelle de l’Evangile : le Royaume des Cieux est déjà là ; il est actuel. Le Christ est ressuscité ; il est réellement présent au milieu de nous, et il est porteur de la puissance de transformation de l’humanité acquise sur la Croix et appliquée aux âmes dans chaque sacrement (qui est le canal privilégié de la grâce transformante). Le Mal dont souffre l’humanité est déjà vaincu en son Principe – qui est la rébellion du cœur de l’homme ; avant sa déroute finale, à la fin des temps, et l’avènement du Royaume de Dieu dans lequel il n’y aura plus de pleurs, ni de larmes, ni de souffrance et de Mal (cf. Ap. 21. 4) – qui est le seul type de monde que Dieu peut actualiser, en considération de sa Bonté, de sa Sagesse et de sa Toute-Puissance.

« Le présupposé de cette théodicée semble être qu'il est impossible de pouvoir librement choisir entre le bien et le mal si nous ne pouvons pas causer, par nos actions, des actes bons ou mauvais aux conséquences profondes, durables, voire définitives. D'où la nécessité, non seulement que puisse naître en nous des mauvaises intentions, mais encore qu'elles trouvent moyen de s'actualiser pleinement, et donc que de véritables atrocités (comme l'Holocauste) puissent être commises. »

Selon la théodicée catholique, le Mal n’est pas nécessaire à la Liberté. La preuve : Dieu est souverainement libre ; il est pourtant incapable de faire le Mal.

De même, la Sainte Vierge, parce qu’elle était immaculée, était totalement libre de répondre à l’appel de Dieu. C’est la raison pour laquelle elle a répondu OUI et n’a pas commis de péché – non pas parce qu’elle était moins libre, mais au contraire : parce qu’elle était plus libre (même si la possibilité théorique de dire NON et de commettre le péché existait – l’exemple de Eve et des anges est là pour nous le montrer).

Ce qui fonde la liberté, ce n’est pas la possibilité du Mal, c’est la possibilité du Bien. Possibilité qui implique secondairement (pour une créature) celle de faire du Mal (c’est-à-dire de se détourner de Dieu). Mais qui ne met pas celui qui fait le Mal sur le même plan que celui qui fait le Bien, du point de vue de la liberté. Car celui qui fait le Bien use de la liberté que Dieu lui a donné ; tandis que celui qui fait le Mal en abuse. La Liberté ne nous a pas été donnée pour le Mal, mais pour le Bien. Il ne faut donc pas penser la liberté en terme d’alternative entre le bien et le mal, mais uniquement en terme de possibilité de choix du bien ; de même qu’il ne faut pas penser le mal en terme de liberté, mais seulement de péché (au sens littéral de « manquer sa cible », en l’occurrence celle de la vraie Liberté – le choix du Bien – et du vrai bonheur). Celui qui fait le mal peut certes avoir l’illusion d’être libre et de s’affranchir du carcan des règles morales qu’il juge brimante pour la satisfaction de ses désirs égoïstes (cf. Ga 5. 13). Mais en réalité, il perd sa liberté et devient un esclave (cf. Jn 8. 34), lorsque celui qui fait le bien devient toujours plus libre, au point de devenir lui-même libérateur pour ses frères.

« Or, il se trouve que par l'action des forces publiques et les décisions des tribunaux, des criminels sont mis hors d'état de nuire. Cela ne supprime pas nécessairement leurs mauvais penchants, mais cela permet d'éviter que ceux-ci s'expriment, ou du moins qu'ils s'expriment au-delà d'une certaine limite. On peut imaginer sans peine que de telles mesures ont permis, sinon un perfectionnement moral des dits criminels, au moins d'éviter que d'horribles méfaits soient perpétrés. »

« Toutefois, si une condition, pour que l'on puisse vraiment choisir entre le bien et le mal, est que nous pouvions causer, par nos actions, des actes bons ou mauvais aux conséquences profondes, durables, voire définitives, alors il est manifeste que ces criminels mis hors d'état de nuire ne peuvent plus choisir véritablement entre le bien et le mal. Si cela, c'est-à-dire choisir véritablement entre le bien et le mal, est un bien plus important que le fait que des actes mauvais ne soient pas commis et que des actes bons soient réalisés, alors il vaudrait mieux laisser ces criminels libres, afin qu'ils puissent, en commettant délibérement leurs crimes, réaliser ce bien supérieur. »

Si la Liberté pour Dieu est un Bien tel qu’il justifie à lui seul la prolifération du Mal sur la terre, alors pourquoi (demandes-tu) ne Le prendrions-nous pas en exemple en ouvrant toutes grandes les portes de nos prisons en permettant aux délinquants et criminels d’accomplir librement leurs méfaits ?

Tu réponds toi-même partiellement à cette question un peu plus loin dans ton article en faisant observer que la liberté des loups anéantirait la liberté des agneaux…

Je te renvoie en outre à ce que je t’écrivais déjà à ce sujet dans mon précédent article (cf. le point 5 sur le combat de Dieu contre le Mal, et le point 6 sur la question de la Liberté et du libre-arbitre).

Comme je te le disais naguère, Dieu n’est pas passif face au Mal (au contraire de Toto dans ton exemple, ou de l’attitude que tu préconises dans ton dernier article pour nous inviter à imiter Dieu). Dieu agit contre le mal. Et son action passe principalement… par nos propres mains.
« Il se trouve que par l'action des forces publiques et les décisions des tribunaux, des criminels sont mis hors d'état de nuire. » C'est vrai Miky, et c’est tant mieux. Simplement, c’est Dieu qui donne à l’homme la Raison qui lui permet d’organiser une vie sociale pacifiée, et qui donne à Untel une vocation de policier, à Untel autre, une vocation de magistrat ou d’avocat… (cf. Jn 19. 10-11) Dieu appelle – interpelle ! – les hommes dans le tréfonds de leur conscience, et les incite à se liguer contre le Mal. Aussi, quand un homme décide de consacrer son temps ou sa vie à la lutte contre telle ou telle forme de Mal ou d’injustice, il répond à un appel qui vient d’au-dedans… et d’au-delà de lui ! Dieu n’est donc pas étranger aux efforts entrepris pas les hommes pour lutter contre le Mal ; au contraire, c’est Lui qui les inspire et les suscite. C’est pourquoi laisser le Mal prospérer au nom de la Liberté des hommes serait une pure folie ; non seulement, nous n’imiterions pas Dieu dans son action face au Mal, mais nous entraverions son action contre le Mal. Nous nous ferions ainsi les complices du Mal, et nous rangerions parmi les ennemis de Dieu.

« Cela ne supprime pas nécessairement leurs mauvais penchants, mais cela permet d'éviter que ceux-ci s'expriment, ou du moins qu'ils s'expriment au-delà d'une certaine limite (…). On peut imaginer sans peine que de telles mesures ont permis, sinon un perfectionnement moral des dits criminels, au moins d'éviter que d'horribles méfaits soient perpétrés. »
Tes observations montrent bien qu’un système de justice purement humain ne peut régler le problème du Mal au fond. Car dans un tel système, le mal peut être empêché de « s’exprimer », non « d’exister » (si l’on peut dire). Les « mauvais penchants », ainsi que tu le reconnais, ne sont pas supprimés. Or, ce sont précisément ces mauvais penchants que Dieu veut extirper du cœur de l’homme. Définitivement. Pour qu’il puisse enfin goûter le vrai bonheur. Sans qu’il soit besoin pour cela de lui ôter la liberté (ce qui serait le choix de la facilité, mais consacrerait l’échec de Dieu en face du Mal, ainsi que je le disais plus haut, Dieu devant renoncer à un Bien… à cause du Mal). La manœuvre que cela implique est délicate ; elle s’exerce sur le théâtre de ce monde, un monde où coexistent et s’affrontent le Bien et le Mal, et où le Mal semble même parfois l’emporter ; mais sa réussite passe précisément par le mystère de la Croix. C’est sur la Croix que le Mal est vaincu de l’intérieur – et non seulement empêché d’agir ; c’est sur la Croix que les penchants mauvais des hommes sont engloutis dans la Miséricorde divine ; et c’est de la Croix que les hommes reçoivent leur "perfectionnement moral" – par la puissance transformante du Cœur de Jésus sur le cœur des hommes qui consentent à l’accueillir en eux par le moyen des sacrements (spécialement le baptême, la confession et l'eucharistie). C’est par la Croix que Dieu manifeste sa victoire et sa Toute-Puissance sur le Mal, en détruisant les forces hostiles, non par l’emploi d’une force supérieure, mais par la toute-faiblesse du Fils de l’homme crucifié. En Jésus-Christ, la faiblesse de Dieu se révèle plus puissante que toutes les ligues de l’enfer réunies. Dieu se révèle sur la Croix dans la vérité de son être : Bon et Tout-puissant, mais non pas selon nos conceptions étriquées (parce que trop humaines) de la bonté et de la Toute Puissance.

« A la limite, il faudrait que Dieu empêche les maux résultants en une diminution de la liberté morale de quelqu'un. Il y aurait donc un peu moins de liberté morale, mais elle serait équitablement répartie. Tout le monde pourrait causer des maux profonds, durables, voire définitifs, à l'exception des maux qui, limitant la liberté d'action des gens, les empêcheraient de commettre les maux en question ou des biens et donc porterait ainsi atteinte à leur libre-arbitre. »

Si je te suis, il faudrait – pour que Dieu fasse bien son travail – un peu moins de liberté, afin qu’il y ait un peu moins de mal ; un subtil dosage entre la Liberté et le Mal en somme. Mais la merveille, Miky, c’est que Dieu va faire mieux que cela : il va supprimer totalement le mal en sauvegardant totalement notre Liberté. Et cette entreprise n’est pas une promesse fumeuse pour un avenir lointain et incertain ; elle est déjà commencée (cf. Is. 43. 19).

Alors dis-moi : ce monde nouveau que Dieu est en train de créer, n’est-il pas infiniment plus beau que le monde « parfait » que tu nous dépeins ?
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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 10:17

Psaume 69
envoyé par KTOTV
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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 09:44

Extrait du discours prononcé par le Pape Benoît XVI aux participants à un cours de la Pénitencerie apostolique, le 7 mars 2008.

Je suis heureux de vous accueillir, alors que s'achève le cours sur le for interne que la Pénitencerie apostolique promeut depuis plusieurs années pendant le
carême (…). Le carême est un temps propice pour méditer sur la réalité du péché à la lumière de l'infinie miséricorde de Dieu, que le sacrement de la Pénitence manifeste sous sa forme la plus élevée. Je saisis donc volontiers l'occasion pour proposer à votre attention certaines réflexions sur l'administration de ce sacrement à notre époque, qui perd hélas de plus en plus le sens du péché.

Il faut aujourd'hui faire faire à qui se confesse
l'expérience de cette tendresse divine envers les pécheurs repentis
que tant d'épisodes évangéliques montrent avec des accents d'émotion intense. Prenons, par exemple, la célèbre page de l'Evangile de Luc qui présente la pécheresse pardonnée (cf. Lc 7, 36-50). Simon, pharisien et riche "notable" de la ville, donne chez lui un banquet en l'honneur de Jésus. De façon inattendue, au fond de la salle, entre une personne qui n'était pas invitée, ni prévue : une prostituée bien connue. Le malaise des personnes présentes est compréhensible, mais la femme ne semble cependant pas s'en préoccuper. Elle avance, et, de façon plutôt furtive, elle s'arrête aux pieds de Jésus. Ses paroles de pardon et d'espérance pour tous, même pour les prostituées, sont parvenues à ses oreilles ; elle est bouleversée, et demeure silencieuse. Elle baigne de ses larmes les pieds de Jésus, les essuie de ses cheveux, les embrasse et les oint d'un parfum suave. En agissant ainsi, la pécheresse veut exprimer l'affection et la reconnaissance qu'elle nourrit envers le Seigneur, par des gestes qui lui sont familiers, même s'ils sont socialement censurés.

Devant l'embarras général, c'est Jésus lui-même qui fait face à la situation :
"Simon, j'ai quelque chose à te dire". "Parle, Maître", lui répond le maître de maison. Nous connaissons tous la réponse de Jésus par une parabole que nous pourrions résumer par ces paroles que le Seigneur dit en substance à Simon : "Tu vois? Cette femme sait qu'elle est pécheresse et, mue par l'amour, elle demande compréhension et pardon. Toi, au contraire, tu penses être juste, et tu es peut-être convaincu de ne rien avoir de grave à te faire pardonner".

Le message qui transparaît dans ce passage évangélique est éloquent :
à qui aime beaucoup, Dieu pardonne tout. Qui place sa confiance en lui-même et dans ses propres mérites est comme aveuglé par son moi et son cœur s'endurcit dans le péché. Qui au contraire se reconnaît faible et pécheur met sa confiance en Dieu et obtient de lui grâce et pardon. Tel est justement le message qu'il faut transmettre : ce qui compte le plus c'est de faire comprendre que dans le sacrement de la réconciliation, quel que soit le péché commis, si on le reconnaît humblement, et si l'on vient trouver avec confiance le prêtre confesseur, on fait toujours l'expérience de la joie pacificatrice du pardon de Dieu.

Dans cette perspective, votre cours assume une importance notable, parce qu'il vise à préparer des confesseurs bien formés du point de vue doctrinal et capables de proposer aux pénitents l'expérience de l'amour miséricordieux du Père céleste. N'est-il pas vrai que l'on assiste aujourd'hui à une certaine désaffection de ce sacrement?
Lorsque l'on insiste seulement sur l'accusation des péchés, qui est également indispensable et il faut aider les fidèles à en comprendre l'importance, on risque de reléguer au second plan ce qui est central, c'est-à-dire la rencontre personnelle avec Dieu, Père de bonté, et de miséricorde. Ce n'est pas le péché qui est au cœur de la célébration sacramentelle, mais la miséricorde de Dieu, qui est infiniment plus grande que toute notre faute.

L
'engagement des pasteurs, et spécialement des confesseurs, doit être aussi celui de mettre en évidence le lien étroit existant
entre le sacrement de la Réconciliation et une existence orientée avec décision vers la conversion. Il convient qu'entre la pratique du sacrement de la Confession et une vie visant à suivre sincèrement le Christ s'instaure une sorte de "cercle vertueux" que l'on ne peut arrêter, dans lequel la grâce du sacrement soutienne et alimente l'engagement à être de fidèles disciples du Seigneur. Le temps du carême, dans lequel nous nous trouvons, nous rappelle que notre vie chrétienne doit tendre toujours à la conversion et lorsque l'on a souvent recours au sacrement de la Réconciliation, l'aspiration à la perfection évangélique reste vivante chez le croyant. Si cette aspiration incessante disparaît, la célébration du sacrement risque hélas de devenir quelque chose de formel qui n'a pas d'incidence sur le tissu de la vie quotidienne. D'autre part, si, tout en étant animés par le désir de suivre Jésus, on ne se confesse pas régulièrement, on risque peu à peu de ralentir le rythme spirituel jusqu'à l'affaiblir toujours davantage et peut-être même l'éteindre.


Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI

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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 17:09



Extrait de l’homélie prononcée par le Pape Benoît XVI au Yankee Stadium de New York devant 57.000 fidèles, le 20 avril 2008.



Chers frères et sœurs dans le Christ,

Dans l'Evangile que nous venons d'entendre, Jésus dit à ses apôtres de placer leur foi en lui, parce qu'il est "le chemin, la vérité et la vie" (Jn 14, 6). Le Christ est le chemin qui conduit au Père, la Vérité qui donne un sens à l'existence humaine, et la source de cette vie qui est joie éternelle avec les Saints dans le royaume des cieux. Prenons le Seigneur au mot! Renouvelons notre foi en lui et plaçons notre espérance dans ses promesses!

Avec cet encouragement à persévérer dans la foi de Pierre (cf. Lc 22, 32; Mt 16, 17), je vous salue tous avec une grande affection (…). Pendant cette messe, l'Eglise aux Etats-Unis célèbre le 200e anniversaire de la création des sièges de New York, Boston, Philadelphie et Louisville, à partir du démembrement du siège "mère" de Baltimore. La présence du successeur de Pierre à cet autel, de ses confrères évêques et prêtres, des diacres, des religieux, des religieuses, et des fidèles laïcs des cinquante Etats de l'Union, manifeste de façon éloquente notre communion dans la foi catholique qui nous vient des apôtres.

Notre célébration d'aujourd'hui est aussi le signe de la croissance impressionnante dont Dieu a béni l'Eglise de votre pays au cours des deux cents dernières années. C'est à partir du petit troupeau, tel qu'il est décrit dans la première lecture, que l'Eglise s'est construite en Amérique, dans la fidélité au deux commandements de l'amour de Dieu et de l'amour du prochain. Dans ce pays de liberté et d'opportunités, l'Eglise a réuni des troupeaux très différents, dans la profession de foi et, à travers ses nombreuses œuvres d'éducation, de charité et d'assistance sociale, elle a aussi contribué de façon significative à la croissance de la société américaine dans son ensemble.

Ce grand résultat ne s'est pas fait sans défis. La première lecture d'aujourd'hui, tirée des Actes des Apôtres, parle des tensions linguistiques et culturelles, déjà présentes dans la communauté de l'Eglise primitive. En même temps, cela montre la puissance de la Parole de Dieu, proclamée avec autorité par les Apôtres et reçue dans la foi, pour créer une unité qui transcende les divisions qui sont le fruit des limites et des faiblesses humaines. Ici, nous est rappelée une vérité fondamentale : l'unité de l'Eglise n'a pas d'autre base que la Parole de Dieu, faite chair en Jésus Christ notre Seigneur. Tous les signes extérieurs d'identité, toutes les structures, les associations et les programmes, aussi valables et même essentiels soient-ils, n'existent, en définitive, que pour soutenir et favoriser l'unité profonde qui, dans le Christ, est le don indéfectible de Dieu à son Eglise.

La première lecture indique aussi clairement, comme nous le voyons de l'imposition des mains aux premiers diacres, que l'unité de l'Eglise est aussi "apostolique". C'est une unité visible, fondée sur les apôtres que le Christ a choisis pour être les témoins de sa résurrection, et elle est née de ce que les Ecritures appellent "l'obéissance de la foi" (Rm 1, 5; cf. Ac 6, 7).

"Autorité"... "obéissance". Pour être francs, ces paroles ne sont pas faciles à prononcer aujourd'hui. De tels mots représentent une "pierre d'achoppement" pour beaucoup de contemporains, spécialement dans une société qui donne à juste titre une valeur élevée à la liberté personnelle. Cependant, dans la nuit de notre foi, en Jésus Christ, - "le chemin, la vérité et la vie" - nous voyons peu à peu la signification, la valeur, et même la beauté de ces paroles. L'Evangile nous enseigne que la vraie liberté, la liberté des enfants de Dieu, ne se trouve que dans l'abandon de soi qui appartient au mystère de l'amour. Ce n'est qu'en se perdant soi-même, nous dit le Seigneur, que nous nous trouvons vraiment nous-mêmes (cf. Lc 17, 33). La liberté véritable fleurit lorsque nous nous détournons du fardeau du péché qui embrume nos perceptions et affaiblit nos résolutions, pour trouver la source de notre bonheur ultime en celui qui est l'amour infini, la liberté infinie, la vie infinie. "Dans sa volonté nous trouvons la paix".

La liberté véritable est alors un don gratuit de Dieu, le fruit de la conversion à sa vérité, la vérité qui nous rend libre (cf. Jn 8, 32). Et cette liberté dans la vérité apporte dans son sillage une façon nouvelle et libératrice de regarder la réalité. Lorsque nous revêtons "l'esprit du Christ" (cf. Ph 2, 5), de nouveaux horizons s'ouvrent à nous! A la lumière de la foi, dans la communion de l'Eglise, nous trouvons aussi l'inspiration et la force de devenir dans le monde un levain de l'Evangile. Nous devenons la lumière du monde, le sel de la terre (cf. Mt 5, 13-14), auquel est confié "l'apostolat" de rendre nos vies et le monde où nous vivons, toujours plus conformes au dessein de salut de Dieu.

La magnifique vision d'un monde transformé par la vérité libératrice de l'Evangile se reflète dans la description de l'Eglise que l'on trouve dans la deuxième lecture de ce jour. L'Apôtre nous dit que le Christ, ressuscité des morts, est la clef de voûte d'un grand temple qui se construit aujourd'hui encore dans l'Esprit. Et nous, en tant que membres de ce corps, par le baptême, nous sommes devenus des "pierres vivantes" de ce temple, participant par grâce à la vie de Dieu, bénis par la liberté des enfants de Dieu, et ayant le pouvoir d'offrir des sacrifices spirituels qui lui plaise (cf. 1 P 2, 5). Et quelle est cette offrande que nous sommes appelés à faire, sinon de diriger toutes nos pensées, nos paroles et nos actions vers la vérité de l'Evangile et de mobiliser toutes nos énergies au service du Royaume de Dieu? Ce n'est qu'ainsi que nous pouvons construire avec Dieu, sur l'unique fondation qui est le Christ (cf. 1 Co 3, 11). Ce n'est qu'ainsi que nous pouvons construire quelque chose qui durera vraiment. Ce n'est qu'ainsi que nos vies peuvent trouver une signification ultime et porter un fruit éternel (…).


Lire le texte intégral de l'homélie du Pape Benoît XVI

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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 12:43

Le dimanche 20 avril 2008 à 9 h 30, le Pape Benoît XVI s'est rendu à Ground Zero, lieu désignant l'ancien emplacement des deux tours du World Trade Center, à New York, qui se sont effondrées après avoir été percutées par deux avions le 11 septembre 2001. Il y a été accueilli par M. Michael Bloomberg, maire de New York, M. David A. Paterson, gouverneur de l'État éponyme, et M. John Corzine, gouverneur de l'État du New Jersey. Entouré de 24 personnes, membres des services de secours présents le jour du drame, de blessés et de parents de victimes de l'attentat, le Pape a allumé un cierge, béni les lieux et prononcé une prière.

Ô Dieu d'amour, de compassion, et de guérison, regarde nous, gens de toutes religions et de traditions diverses, qui nous rassemblons aujourd'hui sur ce site, théâtre d'une violence et d'une douleur incroyables.

Nous te demandons, dans ta bonté, d'accorder la lumière éternelle et la paix à tous ceux qui sont morts ici, en héroïques secours d'urgence : nos pompiers, nos agents de police, nos ambulanciers et médecins urgentistes, et le personnel de l'Autorité portuaire, avec tous les innocents, hommes et femmes, qui furent victimes de cette tragédie simplement parce que leur travail ou leur service les a conduits ici le 11 septembre 2001.

Nous te demandons, dans ta compassion d'apporter la guérison à ceux qui, par suite de leur présence ici ce jour-là, souffrent de blessures et de maladies. Guéris aussi la douleur des familles toujours en deuil et de tous ceux qui ont perdu des personnes chères dans cette tragédie. Donne-leur la force de poursuivre dans la vie avec courage et espérance. Nous pensons aussi à ceux qui sont morts, ont été blessés, et ont perdu des proches, le même jour au Pentagone et à Shanksville en Pennsylvanie. Notre cœur est uni au leur, alors que notre prière embrasse leur douleur et leur souffrance.

Dieu de paix, apporte ta paix à notre monde violent : paix dans le cœur de tout homme et de toute femme, et paix entre les nations du monde. Conduis à tes voies d'amour ceux dont le cœur et l'esprit sont consumés de haine.

Dieu de compréhension,submergés par l'ampleur de cette tragédie, nous cherchons ta lumière et tes conseils alors que nous sommes face à ces événements terribles. Accorde à ceux dont la vie a été épargnée de vivre en sorte que les vies détruites ici n'aient pas été détruites en vain. Réconforte-nous, console-nous, fortifie-nous dans l'espérance, et donne-nous la sagesse et le courage de travailler inlassablement pour un monde où règnent la paix et l'amour véritables, entre les nations et dans le cœur de tous.


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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 09:18

 

Explications du procureur général de l'Ordre des Frères mineurs (Franciscains).

ROME, Mercredi 29 juillet 2009 (ZENIT.org) - L'acceptation, par Benoît XVI, de la perte de l'état clérical du père Tomislav Vlasic, ne constitue pas un jugement sur les témoignages d'apparition de Marie à Medjugorje, a expliqué le procureur général de l'Ordre des Frères mineurs (Franciscains).

Dans une déclaration à ZENIT, le P. Francesco Bravi, ofm, a affirmé que cette mesure n'a pas été imposée par le Saint-Siège mais qu'il s'agit de la conséquence de la demande présentée par le P. Vlasic, qui était jusqu'à présent membre de l'Ordre des Frères mineurs, d'être dispensé non seulement du célibat sacerdotal mais aussi des voeux religieux.

« C'est lui qui l'a demandé », a déclaré le P. Bravi.

Le procureur général de l'Ordre des Frères mineurs a par ailleurs précisé que s'il est vrai que le P. Vlasic était vicaire à la paroisse de Medjugorje à l'époque des premiers témoignages des apparitions (1981), il vivait en Italie depuis plus de vingt ans (depuis 1985).

Le P. Vlasic était religieux de la province franciscaine de San Bernardino di Siena (L'Aquila) et avait fondé la communauté « Kraljice mira potsuno Tvoji - po Mariji k Isusu » (Reine de la Paix, tous à toi - à Jésus par Marie).

Le P. Bravi a expliqué que le P. Vlasic a demandé au Saint-Siège d'être dispensé des obligations du ministère sacerdotal, car il refuse d'accepter les sanctions que lui avait imposé la Congrégation pour la doctrine de la foi par le décret (prot. 144/1985) du 25 janvier 2008, signé par le cardinal William Levada, préfet, et par Mgr Angelo Amato, secrétaire de la Congrégation.

Le décret fut publié, à la demande de la Congrégation pour la doctrine de la foi, par Mgr Ratko Peric, évêque de Mostar-Duvno, diocèse dans lequel est située la ville de Medjugorje. Il explique que les sanctions ont été imposées suite à des accusations portées contre le P. Vlasic. Il était notamment accusé de « diffusion d'une doctrine douteuse, de manipulation des consciences, de mysticisme suspect, de désobéissance à des ordres donnés de façon légitime ». Il était également accusé d'avoir violé le sixième commandement (actes impurs).

Le décret établissait cinq sanctions, dont l'obligation de demeurer dans une maison de l'Ordre franciscain de la région de Lombardie, en Italie, choisie par le ministre général de l'Ordre, le P. José R. Carballo, et l'interdiction de maintenir des liens avec la communauté Reine de la paix, et avec ses membres.

Le décret interdisait d'effectuer « des accords juridiques et d'agir dans des organismes administratifs » sans autorisation écrite du ministre général de l'Ordre. Il établissait par ailleurs l'obligation de suivre une formation théologique et spirituelle avec une évaluation finale, et l'émission de la profession de foi, avec l'approbation de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Le décret interdisait enfin « l'exercice du 'soin des âmes', la prédication, les interventions publiques et révoquait la faculté de confesser ».

Le P. Francesco Bravi a expliqué à ZENIT que le P. Vlasic refusait de reconnaître les accusations portées contre lui et qu'il refusait donc également les sanctions. Comme conséquence de ce rejet, il a demandé à être dispensé de l'exercice de son ministère sacerdotal et de sa condition de religieux. Il lui est en même temps interdit d'exercer toute forme d'apostolat et de faire des déclarations, spécialement sur Medjugorje.

Il lui est arrivé de proposer, publiquement et par écrit, des interprétations des messages reçus par les voyants, mais celles-ci ont parfois été contredites par les voyants eux-mêmes. Il a notamment affirmé que la communauté « Reine de la Paix », qu'il avait fondée, était née à la demande explicite de la Vierge, ce que la voyante Majija Pavlovic a nié dans une lettre adressée au Saint-Siège.

L'évêque de Mostar a affirmé publiquement qu'il ne croyait pas à la véracité des apparitions de Medjugorje mais le dossier est actuellement examiné par la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Dans son ouvrage publié en 2007 en italien « L'ultima veggente di Fatima » (La dernière voyante de Fatima), le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat et ancien secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi, écrit : « Les déclarations de l'évêque de Mostar reflètent une opinion personnelle, elles ne sont pas un jugement définitif et officiel de l'Eglise. Tout est renvoyé à la déclaration de Zadar des évêques de l'ex-Yougoslavie, du 10 avril 1991, qui laisse la porte ouverte à de futures enquêtes. La vérification doit donc se poursuivre. En attendant, les pèlerinages privés, avec un accompagnement pastoral des fidèles, sont autorisés. Enfin, tous les pèlerins catholiques peuvent se rendre à Medjugorje, lieu de culte marial où il est possible de s'exprimer à travers toutes les formes de dévotion ».
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Published by Matthieu BOUCART - dans Medjugorje
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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 10:25
(1) Très haut, tout-puissant, bon Seigneur,
à toi sont les louanges, la gloire, l'honneur,
et toute bénédiction.
(2) A toi seul, Très-Haut, ils conviennent,
et nul homme n'est digne de te nommer.
(3) Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,
spécialement messire frère soleil
qui est le jour, et par lui tu nous illumines.
(4) Et il est beau et rayonnant avec grande splendeur,
de toi, Très-Haut, il porte le signe.
(5) Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour soeur lune et les étoiles,
dans le ciel tu les as formées
claires, précieuses et belles.
(6) Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère vent,
et pour l'air et le nuage et le ciel serein
et tous les temps,
par lesquels à tes créatures tu donnes soutien.
(7) Loué sois-tu, mon Seigneur, pour soeur eau,
qui est très utile et humble,
et précieuse et chaste.
(8) Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère feu,
par lequel tu illumines la nuit,
et il est beau et joyeux, et robuste et fort.
(9) Loué sois-tu, mon Seigneur, pour soeur notre mère la terre,
qui nous soutient et nous gouverne,
et produit divers fruits
avec les fleurs colorées et l'herbe.
(10) Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour ceux qui pardonnent par amour pour toi
et supportent maladies et tribulations.
(11) Heureux ceux qui les supporteront en paix,
car par toi, Très-Haut, ils seront couronnés.
(12) Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour soeur notre mort corporelle,
à qui nul homme vivant ne peut échapper.
(13) Malheur à ceux qui mourront
dans les péchés mortels,
heureux ceux qu'elle trouvera dans tes très saintes volontés,
car la seconde mort ne leur fera pas mal.
(14) Louez et bénissez mon Seigneur,
et rendez-lui grâces
et servez-le avec grande humilité.
(Trad. Sources Chrétiennes, n°285)

Très haut, tout puissant, bon Seigneur,
à Toi sont les louanges, la gloire et l'honneur,
et toute bénédiction.

A Toi seul, Très-Haut, ils conviennent ;
et nul homme n'est digne de prononcer Ton Nom.

Loué sois-Tu, mon Seigneur, avec toutes Tes créatures :
spécialement Messire frère soleil
qui donne le jour, et par qui Tu nous éclaires ;
il est beau et rayonnant avec une grande splendeur :
de Toi, Très-Haut, il est le symbole.

Loué sois-Tu, mon Seigneur, 
pour soeur lune et pour les étoiles :
dans le Ciel Tu les as créées, claires, précieuses et belles.

Loué sois-Tu, mon Seigneur, 
pour frère vent,
pour l'air et les nuages, et le ciel pur, et tous les temps,
par lesquels à Tes créatures Tu donnes soutien.

Loué sois-Tu, mon Seigneur, 
pour soeur eau,
qui est très utile et humble, précieuse et chaste.

Loué sois-Tu, mon Seigneur, pour frère feu,
par qui Tu éclaires la nuit ;
il est beau et joyeux, robuste et fort.

Loué sois-Tu, mon Seigneur, 
pour soeur notre mère la terre,
qui nous soutient et nous nourrit,
et produit divers fruits avec les fleurs
aux mille couleurs et l'herbe.

Loué sois-Tu, mon Seigneur,
pour ceux qui pardonnent pour l'amour de Toi,
et supportent douleur et tribulation ;
bienheureux ceux qui persévèreront dans la paix,
car par Toi, Très-Haut, ils seront couronnés.

Loué sois-Tu, mon Seigneur, 
pour notre soeur la mort corporelle,
à qui nul homme vivant ne peut échapper.
 Malheur à ceux qui meurent en état de péché mortel.
 Bienheureux ceux qu'elle trouvera conforme 
à Tes très Saintes Volontés,
car la seconde mort ne leur fera point de mal.

Louez et bénissez mon Seigneur et rendez-Lui grâces,
et servez-Le avec grande humilité.

("Cantique de frère soleil" de St François d'Assise) 
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Published by Matthieu BOUCART - dans Prières
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