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17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 12:27
« Que votre chapelet soit l'un de vos instruments de travail...

Chaque
Ave murmuré avec amour et foi est un « grain pur »
qui tombe dans le champ des âmes.

Aimez donc à l'égrener entre vos doigts.
 »
 
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Published by Matthieu BOUCART - dans Citations
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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 23:13
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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 17:56

Extrait du discours prononcé par le Pape Benoît XVI à Barangaroo, dans la baie de Sydney, devant 150.000 jeunes, le 17 juillet 2008.

Ce soir, je désire (…) rappeler brièvement quelques aspects de notre compréhension du Baptême, avant de parler, demain, de l’Esprit Saint.

Le jour de votre Baptême, Dieu vous a introduits dans sa sainteté (cf. 2 Pt 1, 4). Vous avez été adoptés comme fils et filles du Père et vous avez été incorporés en Christ. Vous êtes devenus la demeure de son Esprit (cf. 1 Co 6, 19). C’est pourquoi, vers la fin du rite du Baptême, le prêtre s’est tourné vers vos parents et vers les participants, et, en vous appelant par votre nom, il a dit : « Tu es devenu une créature nouvelle » (Rite du Baptême, 99).

Chers amis, chez vous, à l’école, à l’université, sur vos lieux de travail et de détente, rappelez-vous que vous êtes des créatures nouvelles !
En tant que chrétiens, vous vivez dans ce monde tout en sachant que Dieu a un visage humain – Jésus Christ – le « Chemin » qui satisfait toute aspiration humaine, et la « Vie », de laquelle nous sommes appelés à rendre témoignage, en marchant toujours dans sa lumière (cf. ibidem, 100). Être témoin n’est pas une tâche facile. Beaucoup prétendent aujourd’hui que Dieu doit être laissé de côté et que la religion et la foi, acceptables sur le plan individuel, doivent être, ou exclues de la vie publique, ou utilisées uniquement pour poursuivre des objectifs pragmatiques limités. Cette vision sécularisée tente d’expliquer la vie humaine et de modeler la société en se référant peu ou sans se référer du tout au Créateur. Il est présenté comme une force neutre, impartiale et respectueuse de chacun. En réalité, comme toute idéologie, le sécularisme impose une vision globale. Si la présence de Dieu est insignifiante dans la vie publique, alors la société pourra être modelée d’après une image dépourvue de Dieu. Mais quand Dieu est éclipsé, notre capacité de reconnaître l’ordre naturel, le but et le « Bien » commence à s’évanouir. Ce qui avec ostentation a été promus comme conquête de l’intelligence humaine, s’est bien vite manifesté comme folie, avidité et exploitation égoïste. C’est ainsi que nous nous sommes rendu toujours plus compte qu’il est nécessaire d’être humbles face à la complexité délicate du monde de Dieu.

Et que dire de notre milieu social ? Sommes-nous également attentifs aux avertissements qui nous sont lancés parce que nous avons tournés le dos à la structure morale dont Dieu a doté l’humanité (cf. Message pour la Journée Mondiale de la Paix 2007, 8) ? Savons-nous reconnaître que la dignité innée de tout individu s’appuie sur son identité la plus profonde, étant image du Créateur, et que, par conséquent, les droits humains sont universels et se basent sur la loi naturelle, et qu’ils ne dépendent ni des négociations ni de la condescendance, et bien moins encore des compromis ? C’est ainsi que nous sommes amenés à réfléchir sur la place qu’occupent dans nos sociétés les indigents, les personnes âgées, les immigrés, les sans-voix. Comment se fait-il que la violence domestique tourmente tant de mères et d’enfants ? Comment se fait-il que l’espace humain, le plus beau et le plus sacré qu’est le sein maternel, soit devenu un lieu de violence indicible ?

Chers amis, la Création de Dieu est unique et elle est bonne. Les préoccupations au sujet de la non-violence, du développement durable, de la justice et de la paix, de la protection de notre environnement sont d’une importance vitale pour l’humanité. Tout cela, cependant, ne peut être compris sans une profonde réflexion sur la dignité innée de toute vie humaine, de la conception jusqu’à la mort naturelle, dignité qui est conférée par Dieu lui-même et qui est, par conséquent, inviolable. Notre monde en a assez de l’avidité, de l’exploitation et de la division, de l’ennui des fausses idoles et des réponses partielles, ainsi que des fausses promesses. N
otre cœur et notre esprit aspirent à une vision de la vie où règne l’amour, où les dons sont partagés, où l’unité se construit, où la liberté trouve sa propre signification dans la vérité, et où l’identité se trouve dans une communion respectueuse. C’est là l’œuvre de l’Esprit Saint ! C’est là l’espérance qu’offre l’Évangile de Jésus Christ ! C’est pour rendre témoignage à cette réalité que vous avez été recréés par le Baptême et affermis par les dons de l’Esprit, reçus à la Confirmation. Voilà le message que, de Sydney, vous portez au monde ! 


Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI

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Published by Matthieu BOUCART - dans Benoit XVI
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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 18:07

En début d’après-midi, le jeudi 17 juillet 2008, accueilli sur le môle de Rose Bay par les danses et les chants traditionnels de chefs aborigènes australiens, le Pape Benoît XVI a pris place à la proue du bateau Sydney 2000. Accompagné par une flottille de petites embarcations, le bateau du Pape a accosté à Barangaroo, dans la baie de Sydney où l’attendaient 150.000 jeunes. Extrait du discours prononcé par le Saint Père à cette occasion.  



Chers amis,

Quelle joie de pouvoir vous saluer ici, à Barangaroo, sur le rivage de la magnifique baie de Sydney, avec son célèbre pont et le théâtre de l’Opéra. Beaucoup d’entre vous êtes de ce pays, venant de l’intérieur ou des dynamiques communautés multiculturelles des villes d’Australie. D’autres parmi vous, arrivent des îles éparpillées dans l’Océanie, d’autres encore viennent de l’Asie, du Moyen Orient, de l’Afrique et des Amériques. Un certain nombre d’entre vous, à la vérité, est arrivé d’aussi loin que moi, de l’Europe !
Quelque soit le pays dont nous provenons, nous voici finalement ici, à Sydney ! Et nous sommes présents dans ce monde qui est le nôtre comme famille de Dieu, comme disciples du Christ, confirmés par son Esprit pour être les témoins de son amour et de sa vérité devant tous.

Je désire tout d’abord remercier les Anciens des Aborigènes qui m’ont donné la bienvenue avant mon embarquement sur le bateau à la Rose Bay. Je suis profondément ému de me trouver sur votre terre, connaissant toutes les souffrances et les injustices qu’elle a supportées, mais conscient aussi du redressement et de l’espérance, actuellement en cours, dont tous les citoyens australiens peuvent être fort justement fiers. Aux jeunes indigènes – aborigènes et habitants des Îles du Détroit de Torres –, et aux jeunes des Tokelau, j’exprime mes remerciements pour leur touchante manifestation de bienvenue. Par votre intermédiaire, j’adresse mes salutations cordiales à vos peuples.

(…)
J’ai sous les yeux une image vibrante de l'Église universelle. La diversité des nations et des cultures dont vous provenez montre que véritablement la Bonne Nouvelle du Christ est pour tous et pour chacun ; elle a atteint les extrémités de la terre. Et cependant, je sais aussi qu’un bon nombre parmi vous est encore à la recherche d’une patrie spirituelle. Quelques-uns d’entre vous – et ils sont tout à fait les bienvenus parmi nous – ne sont pas catholiques ni chrétiens. D’autres, peut-être, se tiennent aux frontières de la vie de leur paroisse et de l'Église. Je désire leur offrir mes encouragements : approchez-vous des bras pleins d’amour du Christ ; reconnaissez en l'Église votre maison ! Personne n’est obligé de rester à l’extérieur, car depuis le jour de la Pentecôte, l'Église est une et universelle.

Ce soir, je désire aussi associer ceux qui ne sont pas présents au milieu de nous. Je pense spécialement aux malades ou aux handicapés mentaux, aux jeunes qui sont en prison, à ceux qui connaissent des situations difficiles en marge de nos sociétés et à ceux qui, pour une raison ou une autre se sentent loin de l'Église. À chacun, je dis : Jésus est proche de toi ! Fais l’expérience de son étreinte qui guérit, de sa compassion et de sa miséricorde !

Il y a presque deux mille ans, les Apôtres, réunis à l’étage de la maison, avec Marie (cf. Ac 1, 14) et avec quelques femmes fidèles, furent remplis de l’Esprit Saint (cf. Ac 2, 4).
En cet instant extraordinaire, qui manifesta la naissance de l’Église, le trouble et la peur qui avaient saisi les Disciples du Christ, se sont transformées en une vigoureuse conviction, et en une prise de conscience d’un objectif. Ils se sentirent poussés à parler de leur rencontre avec Jésus ressuscité, que désormais, ils appelaient affectueusement le Seigneur. À bien des égards, les Apôtres étaient des personnes ordinaires. Aucun d’eux ne pouvait prétendre qu’il était un disciple parfait. Ils n’avaient pas su reconnaître le Christ (cf. Lc 24, 13-32), ils avaient dû rougir de leur ambition (cf. Lc 22, 24-27), ils l’avaient même renié (cf. Lc 22, 54-62). Et pourtant, quand ils furent remplis de l’Esprit Saint, ils furent transpercés par la vérité de l’Évangile du Christ et ils se sentirent poussés à le proclamer sans crainte. Rassurés, ils s’écrièrent : repentez-vous, faites-vous baptiser, recevez l’Esprit Saint (cf. Ac 2, 37-38) ! Fondée sur l’enseignement des Apôtres et y adhérant, rompant le pain et priant (cf. Ac 2, 42), la jeune communauté chrétienne se leva pour s’opposer à la perversité de la culture qui l’entourait (cf. Ac 2, 40), pour prendre soin de ses propres membres (cf. Ac 2, 44-47), pour défendre sa foi en Jésus face aux oppositions (cf. Ac, 4, 33) et pour guérir les malades (cf. Ac 5, 12-16). Et, obéissant au commandement du Christ lui-même, ils partirent, rendant témoignage à la plus grande histoire de tous les temps : que Dieu s’est fait l’un de nous, que le divin est entré dans l’histoire humaine pour la transformer, et que nous sommes appelés à nous immerger dans l’amour salvifique du Christ qui triomphe du mal et de la mort. Dans son célèbre discours à l’aréopage, saint Paul introduisit ainsi le message : Dieu donne toute chose à chacun, y compris le souffle et la vie, afin que toutes les Nations puissent Le chercher, si jamais, marchant à tâtons, elles arrivent à le trouver. En effet, Il n’est pas loin de chacun de nous, puisqu’en Lui, il nous est donné de vivre, de nous mouvoir, d’exister (cf. Ac 17, 25-28).

Depuis lors, des hommes et des femmes se sont mis en route pour raconter la même aventure, rendant témoignage à l’amour et à la vérité du Christ et prenant part à la mission de l'Église. Aujourd’hui, nous pensons à ces pionniers – prêtres, religieuses, religieux – qui sont arrivés sur ces rivages et dans d’autres parties du Pacifique, venant d’Irlande, de France, de Grande-Bretagne et d’autres régions d’Europe. Pour la plupart, ils étaient jeunes, quelques-uns n’avaient même pas vingt ans, et lorsqu’ils prirent congé pour toujours de leurs parents, de leurs frères et sœurs, de leurs amis, ils savaient bien qu’il leur aurait été improbable de revenir chez eux. Leurs vies furent un témoignage chrétien dépourvu de tout intérêt égoïste. Ils devinrent d’humbles mais tenaces constructeurs d’une grande partie de l’héritage social et spirituel qui, de nos jours encore, est porteur de bonté, de compassion et de finalité pour ces nations. Et ils furent capables d’inspirer une autre génération (…). Pensez aussi à vos grands-parents et à vos parents, qui furent vos premiers maîtres dans la foi ! Eux aussi ont fait d’innombrables sacrifices de temps et d’énergie par amour pour vous. Avec le soutien des prêtres et des enseignants de votre paroisse, ils ont le devoir, pas toujours facile mais hautement gratifiant, de vous guider vers tout ce qui est bon et vrai, par leur exemple personnel, par leur manière d’enseigner et de vivre la foi chrétienne.

Aujourd’hui, c’est mon tour.
Certains peuvent avoir l’impression d’être arrivés à l’extrémité du monde ! Pour les personnes de votre âge, de toute façon, chaque vol aérien est une perspective attrayante. Mais, pour moi, ce vol a été dans une certaine mesure cause d’appréhensions. Pourtant, d’en haut, la vue de notre planète fut quelque chose de vraiment magnifique. Le miroitement de la Méditerranée, la magnificence du désert nord africain, la forêt luxuriante de l’Asie, l’immensité de l’Océan Pacifique, l’horizon sur la ligne duquel le soleil se lève et se couche, la splendeur majestueuse de la beauté naturelle de l’Australie, dont j’ai pu jouir au cours de ces derniers jours ; tout cela suscite un profond sentiment de crainte révérencielle. C’est comme si nous capturions de rapides images sur l’histoire de la création racontée dans la Genèse : la lumière et les ténèbres, le soleil et la lune, les eaux, la terre et les créatures vivantes. Tout cela est « bon » aux yeux de Dieu (cf. Gn 1, 1-2, 4). Plongés dans une telle beauté, comment ne pas faire écho aux paroles du Psalmiste quand il loue le Créateur : « Qu’il est grand ton nom par toute la terre » (Ps 8, 2) ?

Mais il y a bien plus encore, quelque chose que, du ciel, il nous est difficile de percevoir : des hommes et des femmes créés rien que moins à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 26). Au cœur de la merveille de la Création, nous nous trouvons, vous et moi, la famille humaine « couronnée de gloire et d’honneur » (cf. Ps 8, 6). Quelle merveille ! Avec le psalmiste, nous murmurons : « Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui ? » (cf. Ps 8, 5). Introduits dans le silence, pleins de reconnaissance et par la puissance de la sainteté, nous réfléchissons.

Que découvrons-nous ? Peut-être à contrecœur arrivons-nous à admettre que des plaies marquent aussi la surface de la terre : l’érosion, la déforestation, le gaspillage des ressources minérales et marines et ce, pour alimenter un besoin de consommation insatiable. Certains d’entre vous proviennent d’îles-États, dont l’existence elle-même est menacée par l’élévation du niveau des eaux ; d’autres viennent de nations qui souffrent des effets dévastateurs de la sécheresse. La merveilleuse Création de Dieu est parfois vécue comme une réalité quasi hostile pour ses gardiens, et même comme quelque chose de dangereux. Comment ce qui est « bon » peut-il apparaître aussi menaçant ?

Il y a plus. Que dire de l’homme, sommet de la Création de Dieu ? Chaque jour, nous touchons du doigt le génie des conquêtes humaines. Des progrès des sciences médicales et de l’application intelligente de la technologie à la créativité exprimée dans les arts, la qualité et la satisfaction de la vie des gens s’améliorent constamment de nombreuses manières. Vous êtes vous aussi sans cesse prêts à accueillir les innombrables opportunités qui vous sont offertes. Certains d’entre vous excellent dans les études, dans le sport, dans la musique ou dans la danse et le théâtre, d’autres parmi vous ont un sens aigu de la justice sociale et de l’éthique, et beaucoup d’entre vous s’engagent pour un temps de service et de volontariat. Nous tous, jeunes et vieux, nous connaissons des moments où la bonté naturelle de la personne humaine – perceptible, par exemple, à travers le geste d’un petit enfant ou l’ouverture au pardon d’un adulte – nous remplit profondément de joie et de gratitude.

Toutefois, ces moments ne durent pas longtemps. Réfléchissons donc encore.
Nous découvrons que non seulement le milieu naturel, mais aussi le milieu social – l’habitat que nous nous créons nous-mêmes – a ses cicatrices ; ce sont des blessures qui montrent que quelque chose ne va pas. Là aussi dans nos vies personnelles et dans nos communautés, nous pouvons rencontrer des hostilités, parfois même dangereuses ; comme un poison qui menace de corroder ce qui est bon, de remanier ce que nous sommes et de nous détourner du but pour lequel nous avons été créés. Les exemples ne manquent pas, vous le savez bien. Parmi les plus évidents, se trouvent l’abus d’alcool et de drogue, l’exaltation de la violence et la dégradation de la sexualité, qui sont souvent présentés par la télévision et par internet comme un divertissement. Je me demande comment peut-on expliquer aux personnes qui sont réellement victimes de violences et d’abus sexuels que ces tragédies, reproduites sous forme virtuelle, doivent être considérées comme un simple « divertissement » !

Il y a aussi quelque chose de sinistre qui découle du fait que la liberté et la tolérance sont très souvent séparées de la Vérité. Cela est alimenté par l’idée, largement diffusée aujourd’hui, qu’aucune vérité absolue ne peut guider nos vies. Le relativisme, en donnant une valeur quasi indistincte à toute chose, a rendu l’« expérience » plus importante que tout. En réalité, les expériences, sans tenir compte de ce qui est bon et vrai, peuvent conduire non pas à une liberté authentique, mais au contraire, à une confusion morale ou intellectuelle, à un affaiblissement des principes, à la perte de la propre estime, et même au désespoir.

Chers amis, la vie n’est pas réglée par le hasard, elle n’est pas accidentelle. Votre existence personnelle a été voulue par Dieu, bénie par Lui et il lui a été donné un but ! (cf. Gn 1, 28) La vie n’est pas une simple succession de faits et d’expériences, même si de tels événements peuvent être utiles. Elle est une recherche de ce qui est Vrai, Bien et Beau. C’est précisément en vue de tels objectifs que nous accomplissons nos choix, que nous exerçons notre liberté et en cela, c’est-à-dire en ce qui est Vrai, Bien et Beau, nous trouvons le bonheur et la joie. Ne vous laissez pas tromper par ceux qui voient en vous de simples consommateurs sur un marché offrants de multiples possibilités, où le choix en lui-même devient le Bien, la nouveauté se fait passer pour Beauté, l’expérience subjective remplace la Vérité.

Le Christ offre davantage ! Bien plus, il offre tout ! Seulement Lui, qui est la Vérité, peut être le Chemin et donc aussi la Vie. Ainsi, le « Chemin », que les Apôtres portèrent jusqu’aux extrêmes limites de la terre, est la vie en Christ. C’est la vie de l’Église. Et l’entrée dans cette vie, dans la vie chrétienne, se fait par le Baptême.


Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI

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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 17:30

Homélie du Père Raniero Cantalamessa pour le 28e dimanche du temps ordinaire de l’année B.

Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu !

Une observation préliminaire est nécessaire pour supprimer les ambiguïtés qui peuvent surgir en lisant ce que l’Evangile de ce dimanche nous dit de la richesse.

Jésus ne condamne jamais la richesse et les biens terrestres pour eux-mêmes.
Parmi ses amis figurent également Joseph d’Arimathie, un « homme riche » ; Zachée déclaré « sauvé », même s’il garde pour lui la moitié de ses biens qui, étant donné son métier – percepteur d’impôts – devaient être considérables. Ce qu’il condamne est l’attachement exagéré à l’argent et aux biens, le fait d’en faire dépendre sa propre vie et d’accumuler des trésors uniquement pour soi (cf. Lc 12, 13-21).

La parole de Dieu appelle l’attachement excessif à l’argent « idolâtrie » (Col 3, 5 ; Ep 5, 5).
Mammon, l’argent, n’est pas une idole parmi tant d’autres ; il s’agit de l’idole par antonomase. Littéralement, « l’idole de métal fondu » (cf. Ex 34, 17). Mammon est l’anti-dieu car il crée une sorte de monde alternatif, il change l’objet des vertus théologales. La foi, l’espérance et la charité ne reposent plus en Dieu mais dans l’argent. Une effrayante inversion de toutes les valeurs se produit. « Rien n’est impossible à Dieu », dit l’Ecriture ; et encore : « Tout est possible à celui qui croit ». Mais le monde dit : « Tout est possible pour celui qui a de l’argent ».

L’avarice, en plus d’être de l’idolâtrie, est aussi source de malheur.
L’avare est un homme malheureux. Méfiant à l’égard de tous, il s’isole. Il n’a de liens d’affection avec personne, pas même avec les personnes de son propre sang, qu’il voit toujours comme des personnes cherchant à l’exploiter et qui n’éprouvent souvent elles-mêmes qu’un seul vrai désir : le voir mourir le plus rapidement possible pour hériter de ses richesses. Tourmenté à l’extrême par l’idée d’épargner, il se refuse tout dans la vie et ainsi ne jouit ni de ce monde, ni de Dieu, ne pouvant lui-même profiter de ses renoncements. Au lieu d’en tirer de la sécurité et de la tranquillité, il est un éternel otage de son argent.

Mais Jésus ne laisse personne sans espérance de salut, pas même le riche
.
Lorsque les disciples, après le récit de la parabole du chameau et du trou de l’aiguille, effarés, demandèrent à Jésus : « Mais alors, qui peut être sauvé ? », celui-ci répond : « Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ». Dieu peut sauver le riche également. La question n’est pas de savoir « si le riche est sauvé » (ceci n’a jamais été sujet de discussion dans la tradition chrétienne) mais « quel riche est sauvé ».

Jésus montre aux riches comment sortir de leur dangereuse situation : « Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où les mites et la rouille ne dévorent pas » (Mt 6, 20) ; « Faites-vous des amis avec l'Argent trompeur, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles » (Lc 16, 9).

On dirait que Jésus conseille aux riches de transférer leur argent à l’étranger ! Mais pas en Suisse, au ciel ! De nombreuses personnes, affirme saint Augustin, se fatiguent à enterrer leur argent sous terre, se privant également du plaisir de le voir, parfois toute la vie, pour le simple fait de le savoir en lieu sûr. Pourquoi ne pas l’enterrer au ciel, où il serait bien plus en sûreté et où on le retrouverait, un jour, pour toujours ? Comment faire ? C’est simple, poursuit saint Augustin : à travers les pauvres, Dieu te donne des messagers. Ils se rendent là où tu espères aller un jour. Dieu en a besoin ici, dans le pauvre, et il te le rendra quand tu seras là-bas.

Mais il est évident que l’aumône facile et les œuvres de bienfaisance ne sont plus aujourd’hui les seuls moyens pour faire que la richesse serve au bien commun, ni même peut-être le plus recommandable. Il existe aussi celui de payer ses impôts de manière honnête, de créer de nouveaux postes de travail, de donner un salaire plus élevé aux ouvriers lorsque la situation le permet, de lancer des entreprises locales dans les pays en voie de développement. En d’autres termes, faire fructifier l’argent en le faisant circuler. Etre des canaux qui conduisent l’eau et non des lacs artificiels qui la retiennent uniquement pour soi-même.

Source

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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 18:15

Pour leur 23e édition, les Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) ont eu lieu pour la première fois en Océanie : aux confins de la Terre vu de Rome, mais au cœur d’un océan Pacifique peuplé de milliers d’îles, et à proximité aussi d’un autre grand continent, l’Asie.

Voici l’extrait du discours du Pape Benoît XVI lors de la cérémonie d’accueil au siège du gouvernement à Sydney, le 17 juillet 2008.

Chers amis Australiens,

C’est avec une grande joie que je vous salue aujourd’hui (…). Comme vous le savez, j’ai pu jouir de quelques jours de repos depuis mon arrivée en Australie dimanche dernier. Je suis très reconnaissant de l’hospitalité qui m’a été offerte. Je me prépare maintenant à participer, ce soir, à la cérémonie de « Bienvenue dans le Pays » de la part de la population indigène et à célébrer ensuite les grands événements qui constituent le but de ma Visite Apostolique dans votre pays : la 23e Journée Mondiale de la Jeunesse.

Certains pourraient se demander ce qui pousse des milliers de jeunes à entreprendre un voyage qui, pour beaucoup d’entre eux, est long et fatigant, en vue de participer à un événement de ce genre.
Depuis la première Journée Mondiale de la Jeunesse, en 1986, il est apparu évident que de nombreux jeunes apprécient de pouvoir se retrouver ensemble pour approfondir leur foi en Christ et pour partager les uns avec les autres une expérience joyeuse de communion au sein de son Église. Ils ont soif d’écouter la parole de Dieu et de mieux connaître les fondements de leur foi chrétienne. Ils désirent prendre part à un événement qui met en évidence les grands idéaux qui les inspirent et ils repartent chez eux remplis d’espérance, renouvelés dans leur décision de construire un monde meilleur. C’est une joie pour moi d’être avec eux, de prier avec eux et de célébrer l’Eucharistie au milieu d’eux. La Journée Mondiale de la Jeunesse me remplit de confiance pour l’avenir de l'Église et pour l’avenir de notre monde.

Célébrer ici la Journée Mondiale de la Jeunesse apparaît particulièrement approprié si l’on considère que l'Église en Australie, non seulement est la plus jeune parmi les Églises des divers continents, mais est aussi un des plus cosmopolites. Depuis le premier établissement d’Européens ici vers la fin du XVIIIe siècle, ce pays est devenu la demeure non seulement de générations de colons occidentaux, mais aussi de personnes provenant de tous les coins du globe. L’immense diversité de la population australienne d’aujourd’hui confère une vigueur particulière à cette nation qui, si on la compare à la majeure partie du reste du monde, pourrait encore être considérée comme jeune. Cependant, pendant des milliers d’années, avant l’arrivée des émigrants occidentaux, les seuls habitants du lieu étaient des personnes originaires de cette terre, aborigènes et insulaires du détroit de Torres. Leur antique héritage a une part essentielle dans le panorama culturel de l’Australie moderne. Grâce à la courageuse décision du Gouvernement australien de reconnaître les injustices commises dans le passé contre les peuples indigènes, des mesures concrètes sont maintenant mises en œuvre pour parvenir à une réconciliation fondée sur le respect réciproque. À juste titre, vous êtes en train de chercher à combler l’écart existant entre Australiens indigènes et non indigènes en ce qui concerne les perspectives de vie, les objectifs éducatifs et les opportunités économiques. Cet exemple de réconciliation est un signe d’espérance pour tous les peuples qui, dans le monde entier, attendent de voir affirmés leurs droits et promue et reconnue leur contribution à la société (…).

Étant donné les milliers et milliers de jeunes qui, en ces jours, découvrent l’Australie, il est juste de nous interroger sur le genre de monde que nous allons remettre entre les mains des générations à venir.
Votre hymne national proclame que cette terre « est comblée des biens de la nature, d’une beauté riche et exceptionnelle ». Les merveilles de la Création de Dieu nous rappellent la nécessité de protéger l’environnement et d’user des biens de la terre en les administrant de manière responsable. Je note à cet égard que l’Australie s’efforce avec sérieux de prendre ses propres responsabilités quant à la protection de la nature. De la même manière, en ce qui concerne la défense de l’homme, ce pays a soutenu généreusement des opérations internationales pour le maintien de la paix, en contribuant à la résolution de conflits dans le Pacifique, en Asie du Sud-Est et ailleurs. En raison des nombreuses traditions religieuses représentées en Australie, il existe ici un terrain particulièrement fertile pour le développement du dialogue œcuménique et interreligieux. Je suis impatient de rencontrer les représentants locaux des diverses communautés chrétiennes et des autres religions au cours de mon séjour, pour encourager cet engagement important, signe de l’action réconciliatrice de l’Esprit qui nous pousse à rechercher l’unité dans la vérité et dans la charité.

Toutefois
je suis ici, avant tout, pour rencontrer les jeunes, qu’ils soient de l’Australie ou de toutes les parties du monde, et pour prier l’Esprit Saint de renouveler de son souffle tous ceux qui prendront part à nos célébrations. Le thème choisi pour la Journée Mondiale de la Jeunesse 2008 est tiré des paroles que Jésus lui-même adresse à ses disciples, telles qu’elles sont rapportées dans les Actes des Apôtres : « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous. Alors vous serez mes témoins… jusqu’aux extrémités de la terre » (1, 8). Je prie l’Esprit Saint afin qu’il apporte un renouveau spirituel à ce pays, au peuple australien, à l'Église en Océanie et véritablement jusqu’aux extrémités de la terre. Aux jeunes d’aujourd’hui une déconcertante variété de choix de vie est proposée, si bien qu’il leur est souvent difficile de discerner comment orienter au mieux leurs idéaux et leurs énergies. C’est l’Esprit qui donne la sagesse pour discerner le juste chemin et le courage pour s’y engager. C’est Lui qui couronne nos pauvres efforts par ses dons divins, comme le vent qui, gonflant les voiles, fait avancer le navire, dépassant de beaucoup ce que les rameurs pourraient obtenir par leurs rudes efforts sur les rames. L’Esprit rend ainsi capables des hommes et des femmes de tout lieu et de toute génération de devenir des saints.


Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 12:01

J’ai publié, il y a quelques mois de cela, un questionnaire qui se voulait un test pour déterminer l’authenticité de notre foi catholique.

Nous savons que beaucoup, à l’occasion de sondages d’opinion, se présentent comme « catholiques ». Certains à bon droit (heureusement…). D’autres, simplement parce qu’ils ont été baptisés dans leur petite enfance et qu’ils demeurent vaguement croyants, même s’ils ne vont pas à la messe tous les dimanches.

Nous savons aussi que nombre de ceux qui se déclarent catholiques sont extrêmement critiques à l’égard de l’Eglise du même nom, que ce soit sur ses positions jugées rétrogrades ou intolérantes, ou sur son Pape, considéré comme réactionnaire et dépassé.

Au point que la question : « suis-je catholique ? » doit certainement être reposée par nombre de ceux qui se considèrent comme tel.

Le principal mérite du petit questionnaire de Cyril Brun, qui relevait 50 points fondamentaux et déterminants de l’identité catholique, était de nous re-situer en face de cette question de notre adhésion à la foi catholique.

L’une de nos lectrices cependant, Nathalie, s’interrogeait sur la pertinence d’une telle démarche. « Qui a élaboré ce questionnaire, demandait-elle, et quelle validité (crédit officiel, si je m'exprime bien, comme venant de l'Eglise elle-même) on peut lui accorder ? Ce que j'entendais, en posant cette question, c'est : est-ce que n'importe qui a le droit de décréter que je suis catholique ? Est-ce que moi-même, j'ai autorité pour affirmer, de manière crédible et indiscutable, que je suis catholique ? Si tout le monde est en droit et légitime pour dire, ceci est catholique, cela ne l'est pas, donc je peux dire que JE suis catholique, mais si mon voisin vient affirmer le contraire, que se passera-t-il ? Enfin, pourquoi inventer un questionnaire lorsque nous avons le Credo ? » (commentaire n°21)

Elle réitérait plus loin sa question :
« Qui est légitime pour dire qui est catholique et qui ne l'est pas. Moi ? la voisine ? Miky ou Jonas ? ou l'auteur de ce blog ? Ce questionnaire est bien intéressant, amusant aussi, sans doute juste, mais d'où tire-t-il sa légitimité ? » (commentaire n°25)

Je demande pardon à Nathalie de n’avoir pas réagit plus tôt à sa légitime interrogation, mais celle-ci est restée dans mon cœur, et je voudrais aujourd’hui tenter d’y répondre.

Qu’est-ce qu’un catholique ? La question peut être posée aujourd’hui comme elle le fut naguère dans le monde anglo-saxon pour un autre terme, celui de « gentleman » (exemple évoqué par CS Lewis dans son ouvrage sur « Les fondements du christianisme »). Le mot « gentleman » désignait autrefois un homme qui possédait des armoiries et des biens fonciers. Ce n’était donc pas là un compliment, une qualité d’être, mais un fait objectif. Et dire de quelqu’un qu’il n’était pas un « gentleman » n’avait rien d’infâmant pour la personne ; il s’agissait simplement d’apporter une précision concernant l’état de son patrimoine. Affirmer que Untel était un grossier personnage et en même temps un gentleman n’avait donc rien de contradictoire, pas plus qu’il ne l’est d’affirmer qu’Untel est un grossier personnage et en même temps diplômé en droit ou en philosophie.

Le mot gentleman a connu cependant une mutation. Des gens ont commencé à considérer que « ce ne sont pas par les possessions matérielles que l’on définit un vrai gentleman, mais par sa conduite ». Et à partir de là, on commencé à dire qu’Untel était « gentleman » en raison de sa courtoisie et de sa gentillesse, tandis qu’Untel autre ne l’était pas en raison de sa morgue et de son manque de savoir-vivre.

Chacun s’accorde à penser qu’être honorable dans sa conduite vaut mieux que d’arborer des armoiries. Mais au-delà du jugement moral que l’on peut porter sur les personnes, le sens du mot « gentleman » s’en trouvait considérablement modifié ; il ne désignait plus la même réalité que celle qu’il visait originellement. L’emploi du terme en cette nouvelle acception était devenu un moyen de rendre hommage à la personne, à ses qualités humaines et morales, non plus de désigner sa situation matérielle et patrimoniale. Dès lors, dénier à quelqu’un la qualification de « gentleman » revenait à porter sur lui un jugement négatif, et pouvait être pris par lui comme une offense, une injure.

Ce changement subreptice du sens de terme anglo-saxon « gentleman » n’est sans doute pas un drame dans l’absolu : mais il serait assurément très malheureux que le mot « catholique » ait à subir le même sort. Car tout comme l’expression « gentleman », l’expression « catholique » renvoie depuis l’origine à une réalité objective que tout un chacun peut apprécier – et non pas seulement l’Eglise elle-même, le terme « catholique » ne comportant en lui-même aucun sens moral sur la personne ainsi qualifiée – même si idéalement, cela le devrait peut-être.

Aujourd’hui, il arrive que l’on dise d’une personne qui se conduit humainement et avec générosité envers les autres qu’elle agit « chrétiennement » ou en vrai « catholique ». La personne en question pourrait ne pas être croyante ou pratiquante que cela ne changerait rien à l’affaire : parce qu’elle fait le bien et qu’elle aime son prochain, elle serait plus proche du Christ qu’un prétendu catholique qui passerait son temps à l’Eglise, à prier et à étudier la Bible, mais qui mépriserait ses frères et ne cesserait par exemple de médire à leur sujet. Untel, non croyant et non pratiquant, pourrait se considérer plus « chrétien » ou « catholique » qu’un habitué des assemblées dominicales ou un érudit sur les questions théologiques.

Alors qu’en est-il ? Qu’est-ce qu’un catholique ? Et qui a autorité pour dire de son frère qu’il est ou non catholique ?

Si l’on entend par catholique quelqu’un de bien, qui pour cette raison, serait habité par l’esprit d’amour et de compassion de Jésus-Christ, alors je suis d’accord avec Nathalie : il n’appartient à personne de juger si quelqu’un est ou non « catholique ». Dieu seul peut sonder les reins et les cœurs ; il ne nous appartient pas en tant qu’hommes de juger nos frères et de les « chasser » de la catégorie des « gens biens » en leur déniant la qualification de « catholique ». Ce serait leur faire offense que de leur dire qu’ils ne sont pas catholiques. Cela reviendrait à porter sur eux un jugement moral dévalorisant. Or, comme chacun sait, il n’est pas permis à un chrétien de juger son frère. « Ne jugez pas, dit Jésus, si vous ne voulez pas être jugés » (Mt 7. 1)

Mais l’emploi du mot catholique en ce sens constituerait une grave dénaturation du mot lui-même, le conduisant à désigner une réalité autre que celle qu’il visait originellement.

Depuis l’origine du christianisme en effet, le mot catholique désigne un fait objectif, que tout un chacun peut constater : l’appartenance visible à l’Eglise catholique. Tout simplement. Ce qui implique plusieurs choses concrètes et vérifiables.

Le catholique est tout d’abord un chrétien, c’est-à-dire un disciple de Jésus-Christ ; une personne qui adhère au Credo et à toutes les vérités de la foi qui y sont déclinées : la Sainte Trinité, l’Incarnation du Fils de Dieu dans le sein d’une Vierge, la mort et la résurrection de Jésus, etc.

Dire de quelqu’un qui ne croit pas en la résurrection (qui adhère par exemple à la théorie de la réincarnation) ou qui refuse de penser que Jésus ait pu naître d’une vierge, qu’il n’est pas catholique ni même chrétien, ne peut être considéré une insulte ou une offense : c’est là simplement la constatation d’un fait objectif. Car on ne peut se prétendre catholique si l’on ne croit pas dans les vérités de la foi chrétienne, si l’on est pas chrétien. Pour être catholique, il faut d’abord être chrétien. S’affirmer catholique quand on affirme que la croyance en la Trinité est une perversion polythéiste de l’idée de Dieu, voilà qui n’a pas beaucoup de sens ; bien plus : cela est faux, tout simplement.

Alors certes, comme le rappelle Cyril Brun dans son analyse des résultats du test : une difficulté de croire ne signifie pas un refus de croire. « Mille difficultés ne font pas un doute » disait le Cardinal Newman. Mais face à telle ou telle difficulté, quelle sera mon attitude ? L’ouverture d’esprit ? La recherche active ? OU BIEN le rejet pur et simple ? la dérision ou le mépris ? Dans le premier cas, je reste chrétien, même si j’ai du mal à croire en tel ou tel article du Credo ; dans le second, je ne le suis plus. Ce qui est mon droit. Encore me faut-il avoir l’honnêteté intellectuelle de reconnaître en ce cas que je ne suis pas (ou plus) catholique.

Ce qui importe dans l’acte de foi, c’est l’orientation de ma volonté. Je crois lorsque je veux croire. Si je n’ai pas la volonté de croire en la divinité de Jésus, en sa naissance virginale, ou en sa prochaine venue dans la gloire, je ne suis pas (ou plus) catholique. Si j’ai le désir de croire en dépit des difficultés que je rencontre pour croire vraiment, je peux dire en vérité que j’appartiens à la famille catholique.

Mais… si tous les catholiques sont nécessairement chrétiens, tous les chrétiens ne sont pas catholiques. Pour être catholique, il ne suffit pas de croire en Jésus-Christ, ni dans l’Evangile, ni dans la vérité de l’amour – de cela, nos frères orthodoxes et protestants sont absolument convaincus. Il faut encore croire que le Pape et les évêques sont les successeurs légitimes dans l’ordre de la grâce de Saint Pierre et des premiers Apôtres ; que l’Eglise catholique actuelle, institutionnelle et organisée hiérarchiquement autour du Pape et des évêques, est le signe visible de l’Unique Eglise du Christ ; la successeur directe de l’Eglise fondée par le Seigneur, dont les Apôtres sont les pierres de fondation.

Je réponds donc à Nathalie : Non, le Credo ne suffit pas pour définir un catholique. Les orthodoxes et les protestants aussi le confessent. Pour être catholique, il ne suffit pas de proclamer la foi commune des chrétiens. Il faut encore l’entendre comme l’Eglise catholique l’entend ; affirmer par exemple le « Je crois en l’Eglise catholique » avec tout ce que cela implique de confiance et d’adhésion à la Tradition de l’Eglise et à son Magistère, d’obéissance filiale à ses pasteurs légitimes en communion avec le Pape.

Encore une fois : on peut avoir des difficultés de croire en l’Eglise catholique. Tel enseignement du Magistère peut nous poser problème, ou tel aspect de la Tradition (sur la Vierge Marie, ou le Purgatoire par exemple) constituer un obstacle. Mais face à ces troubles, je peux décider : OU BIEN d’approfondir ma foi, prier le Seigneur afin qu’il m’éclaire, étudier les points qui me posent question, interroger des prêtres ou des évêques ; OU BIEN de rejeter en bloc l’enseignement de la Tradition et du Magistère sur ces sujets qui me gênent en considérant qu’après tout, il ne s’agit là que de l’œuvre a posteriori d’hommes et non pas de Dieu. Dans le premier cas, même si je tâtonne et en viens à dire des sottises (nous sommes tous des hérétiques, disait le Père Molinié), je suis catholique ; dans le second cas, je cesse clairement de l’être. Ce qui importe fondamentalement, c’est l’orientation de ma volonté : est-ce que OUI ou NON, je veux être fidèle au Pape et à l’Eglise catholique ; est-ce que OUI ou NON j’accepte l’autorité de l’enseignement de l’Eglise comme venant du Christ lui-même – « qui vous écoute, m’écoute » (Lc 10. 16) – même si cet enseignement heurte dans un premier mouvement mes convictions profondes ? Si OUI, je suis catholique, nonobstant les difficultés rencontrées ; si NON, je ne le suis pas (ou plus).

Tu vois donc, chère Nathalie, qu’il est relativement aisé de déterminer si tel ou tel est catholique ou ne l’est pas. Il suffit pour cela de savoir si cette personne fait ou non partie de l’Eglise catholique ; si elle souhaite vivre ou non de ses préceptes et de son enseignement. Il s’agit là d’un fait objectif qui n’implique aucun jugement moral sur les personnes qui en font ou n’en font pas partie. Je ne suis pas catholique parce que je suis meilleur que les autres, mais parce que je crois de tout mon cœur en Jésus-Christ, mon Sauveur, et en l’Eglise catholique par laquelle il se donne au monde.

Si des catholiques se comportent de manière indigne de leur foi, il serait sans doute beaucoup plus juste de les considérer comme de « mauvais catholiques » plutôt que de dire qu’ils ne sont pas catholiques du tout. De même qu’il serait préférable de dire d’une personne généreuse qu’elle est… généreuse, plutôt que de dire qu’elle est catholique, lors même qu’elle ne l’est pas objectivement parlant.

Cela dit, si nous pouvons dire de quelqu’un qu’il est ou n’est pas catholique sans que cela n’implique un jugement moral sur la personne, nous ne sommes peut-être pas les mieux placés pour dire de tel ou tel qu’il est un « bon » ou un « mauvais » catholique… Comme dit Jésus en la messe de ce dimanche : « Personne n’est bon, sinon Dieu seul » (Mc 10. 18).

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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 13:50
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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 12:45

Le samedi 12 juillet 2008, le Pape Benoît XVI s'est envolé en direction de Sydney (Australie) pour les 23e Journées mondiales de la Jeunesse. Dans l'avion, il a accepté de répondre aux questions posées par des journalistes qui l'accompagnaient. Voici quelques extraits des réponses du Pape.

À propos des JMJ

Je vais en Australie avec un sentiment de grande joie. […]
La foi ouvre les frontières et est véritablement capable de faire l'union entre les diverses cultures et de créer la joie. […] Je suis heureux de voir de nombreux jeunes et de les voir unis dans le désir de Dieu et le désir d'un monde réellement humain. […] Ces journées ne sont que le point culminant d'un long chemin qui les a précédées. […]

La société australienne

Je pense que l'Australie dans sa configuration actuelle appartient au « monde occidental ». […] Le monde occidental a connu, ces 50 dernières années, de grandes réussites sur les plans économique et technique ; mais la religion – la foi chrétienne – est, en un certain sens, en crise. Cela apparaît clairement dans cette impression que nous n'avons pas besoin de Dieu […]. Par ailleurs,
nous constatons que la religion est toujours présente dans le monde, et le sera toujours parce que Dieu est présent dans le cœur de l'être humain et ne peut pas en disparaître. […]

L'avenir de la planète

Ce problème sera assurément très présent pendant ces JMJ. […] Je ne prétends pas rentrer dans les questions techniques que les responsables politiques et les spécialistes ont à résoudre, mais donner les impulsions essentielles pour que soient pointées les responsabilités, pour que l'on soit capable de répondre à ce grand défi :
redécouvrir dans la Création le visage du Créateur, redécouvrir notre responsabilité devant le Créateur envers sa Création qu'il nous a confiée, acquérir la capacité éthique d'un style de vie qu'il nous est nécessaire d'assumer si nous voulons affronter les problèmes liés à cette situation et si nous voulons véritablement parvenir à des solutions positives. […]


Source 

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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 14:26

Une semaine avant de s'envoler pour Sydney, où se sont déroulées du 15 au 20 juillet les 23e Journées mondiales de la Jeunesse, le Pape Benoît XVI a rédigé un message à l'attention des catholiques et du peuple australien, message en Australie à son arrivée le 13 juillet 2008, dont voici quelques extraits.

La grâce et la paix de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ soient avec vous tous ! Dans peu de jours désormais, je commencerai ma Visite apostolique en votre pays, afin de célébrer à Sydney les 23e Journées mondiales de la Jeunesse. J'attends avec grande impatience ces jours que je passerai avec vous, et particulièrement les occasions de prière et de réflexion en compagnie de jeunes garçons et jeunes filles venus du monde entier.

« Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins »
(Ac 1, 8). Tel est le thème des 23e JMJ. Quel besoin notre monde n'a-t-il pas d'une nouvelle effusion du Saint-Esprit ! Ils sont encore nombreux ceux qui n'ont pas entendu la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, tandis que beaucoup d'autres, pour quelque raison, n'ont pas reconnu dans cette Bonne Nouvelle la vérité salvifique qui seule peut satisfaire les désirs les plus profonds de leur cœur. Le Psalmiste priait ainsi : « Tu envoies ton Esprit, ils sont créés, tu renouvelles la face de la Terre » (Ps 104, 30). Je suis profondément convaincu que les jeunes sont appelés à être les instruments de ce renouveau, communiquant à leurs pairs la joie qu'ils auront goûtée en connaissant et suivant le Christ, et partageant avec les autres l'amour que l'Esprit répand dans leur cœur, de sorte qu'eux aussi soient remplis d'espérance et de reconnaissance pour tous les biens qu'ils auront reçus de notre Père céleste.

Beaucoup de jeunes sont aujourd'hui sans espérance.
Ils sont désarçonnés par les problèmes qui se posent à eux de manière toujours plus contraignante dans un monde en désarroi, et ils sont souvent hésitants sur la direction à prendre pour trouver des réponses. Ils constatent pauvreté et injustice, et brûlent de trouver des solutions. Ils sont confrontés aux arguments de ceux qui nient l'existence de Dieu, et se demandent comment y apporter réponse. Ils voient les grands dommages causés à l'environnement par l'avidité humaine, et s'efforcent de trouver la manière de vivre en plus grande harmonie avec la nature et les uns avec les autres.

Vers où nous tourner pour trouver les réponses ? L'Esprit nous montre la voie qui conduit à la vie, à l'amour et à la vérité. L'Esprit nous montre Jésus-Christ.
On attribue à saint Augustin une phrase : « Si vous voulez rester jeune, recherchez le Christ ». En lui nous trouvons les réponses recherchées, nous trouvons les idéaux qui sont vraiment dignes que l'on vive pour eux, nous trouvons la force de poursuivre la route qui nous mènera vers un monde meilleur. Notre cœur ne connaîtra pas le repos jusqu'à ce qu'il se repose dans le Seigneur, comme dit saint Augustin au début de ses Confessions, le célèbre récit de sa propre jeunesse. Je prie pour que le cœur des jeunes qui se réunissent à Sydney pour la célébration des JMJ trouve véritablement le repos dans le Seigneur, et pour qu'ils soient remplis de joie et de ferveur pour l'extension de la Bonne Nouvelle parmi leurs amis, en leur famille et chez tous ceux qu'ils rencontrent.


Lire le texte intégral du Message du Pape Benoît XVI

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