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20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 23:12

 

 

Extrait du discours du Pape Benoît XVI au corps diplomatique, dans la salle de réception de la Hofburg – siège de la présidence de la République – à Vienne (Autriche), le 7 septembre 2007.

   

 

 

C’est ma première visite, comme Évêque de Rome et comme Pasteur suprême de l’Église catholique universelle, dans ce pays que je connais cependant depuis longtemps et par de nombreuses visites précédentes. C’est – permettez-moi de le dire – véritablement une joie pour moi de me trouver ici. J’y compte de nombreux amis et, en tant que voisin Bavarois, le mode de vie et les traditions autrichiennes me sont familiers. Mon grand Prédécesseur le Pape Jean-Paul II, d’heureuse mémoire, a visité l’Autriche à trois reprises. Chaque fois, il a été reçu par la population de ce pays avec une grande cordialité, ses paroles ont été écoutées avec attention et ses voyages apostoliques ont laissé leurs traces (…).

 

Nous nous trouvons ici dans un lieu historique, à partir duquel, pendant des siècles, a été gouverné un empire qui a uni de vastes parties de l’Europe centrale et orientale. Le lieu où nous sommes et le moment que nous vivons nous offrent donc une occasion providentielle pour fixer notre regard sur toute l’Europe d’aujourd’hui. Après les horreurs de la guerre et les expériences traumatisantes du totalitarisme et de la dictature, l’Europe a entrepris le chemin vers une unité du Continent, qui tend à assurer un ordre durable de paix et de développement juste. La division qui, pendant des décennies, a déchiré le Continent de manière douloureuse est, il est vrai, surmontée sur le plan politique, mais l’unité reste encore en grande partie à réaliser dans l’esprit et dans le cœur des personnes. Même si, après la chute du rideau de fer en 1989, une certaine espérance excessive a pu laisser place à la déception, et si, sur quelques aspects, il est possible de formuler des critiques justifiées vis-à-vis de quelques institutions européennes, le processus d’unification est de toute façon une œuvre d’une grande portée qui a permis à ce Continent, longtemps miné par des conflits continuels et des guerres fratricides désastreuses, de vivre une période de paix qu’il n’avait pas connue depuis longtemps. En particulier, la participation à ce processus constitue pour les Pays d’Europe centrale et orientale un stimulant ultérieur pour consolider chez eux la liberté, l’état de droit et la démocratie (…).

 

La « maison Europe », comme nous aimons appeler la communauté de ce continent, sera pour tous un lieu agréable à habiter seulement si elle est construite sur une solide base culturelle et morale de valeurs communes que nous tirons de notre histoire et de nos traditions. L’Europe ne peut pas et ne doit pas renier ses racines chrétiennes. Elles sont une composante dynamique de notre civilisation pour avancer dans le troisième millénaire. Le christianisme a profondément modelé ce continent : en rendent témoignage, dans tous les pays et particulièrement en Autriche, non seulement les nombreuses églises et les importants monastères. Mais la foi se manifeste surtout dans les innombrables personnes qu’elle a portées, au cours de l’histoire jusqu’à aujourd’hui, à une vie d’espérance, d’amour et de miséricorde (…).

 

On parle souvent aujourd’hui du modèle de vie européen. On entend par là un ordre social qui conjugue efficacité économique avec justice sociale, pluralité politique avec tolérance, libéralité et ouverture, mais qui signifie aussi maintien des valeurs qui donnent à ce continent sa position particulière. Ce modèle, face aux impératifs de l’économie moderne, se trouve placé devant un grand défi. La mondialisation, souvent citée, ne peut être arrêtée, mais la politique a le devoir urgent et la grande responsabilité de lui donner des règlements et des limites capables d’éviter qu’elle ne se réalise aux dépens des pays les plus pauvres et des personnes pauvres dans les pays riches et au détriment des générations futures.

 

L’Europe, nous le savons, a certainement vécu et souffert aussi de terribles erreurs. Que l’on pense aux rétrécissements idéologiques de la philosophie, de la science et aussi de la foi, à l’abus de religion et de raison à des fins impérialistes, à la dégradation de l’homme par un matérialisme théorique et pratique, et enfin à la dégénérescence de la tolérance en une indifférence privée de références à des valeurs permanentes. Cependant, l’une des caractéristiques de l’Europe est la capacité d’autocritique qui, dans le vaste panorama des cultures mondiales, la distingue et la qualifie.

 

C’est en Europe qu’a été formulé, pour la première fois, le concept des droits humains. Le droit humain fondamental, le présupposé pour tous les autres droits, est le droit à la vie elle-même. Ceci vaut pour la vie, de la conception à sa fin naturelle. En conséquence, l’avortement ne peut être un droit humain – il est son contraire. C’est une « profonde blessure sociale », comme le soulignait sans se lasser notre confrère défunt, le Cardinal Franz König. En disant cela, je n’exprime pas un intérêt spécifiquement ecclésial. Je voudrais plutôt me faire l’avocat d’une demande profondément humaine et le porte-parole des enfants qui vont naître et qui n’ont pas de voix. Le faisant, je ne ferme pas les yeux devant les problèmes et les conflits de nombreuses femmes et je me rends compte que la crédibilité de notre discours dépend aussi de ce que l’Église elle-même fait pour venir en aide aux femmes en difficulté.

 

J’en appelle dans ce contexte aux responsables de la politique, afin qu’ils ne permettent pas que les enfants soient considérés comme des cas de maladie ni que la qualification d’injustice attribuée par votre système juridique à l’avortement soit de fait abolie. Je le dis par souci profond des valeurs humaines. Mais ceci n’est qu’un aspect de ce qui nous préoccupe. L’autre aspect est de faire tout notre possible pour rendre les pays européens de nouveau plus ouverts à l’accueil des enfants. Je vous en prie, encouragez les jeunes qui, par le mariage fondent de nouvelles familles, à devenir mères et pères! Vous ferez ainsi du bien, non seulement à eux-mêmes, mais aussi à la société tout entière. Je vous encourage fermement dans vos efforts politiques pour favoriser des conditions qui permettent aux jeunes couples d’élever des enfants. Tout ceci, cependant, ne servira à rien, si nous ne réussissons pas à créer de nouveau dans nos pays un climat de joie et de confiance en la vie, dans lequel les enfants ne sont pas perçus comme un poids, mais comme un don pour tous.

 

Le débat sur ce qu’on appelle « l’aide active à mourir » constitue aussi pour moi une vive préoccupation. Il est à craindre qu’un jour puisse être exercée une pression non déclarée ou même explicite sur les personnes gravement malades ou âgées pour qu’elles demandent la mort ou pour qu’elles se la donnent elles-mêmes. La réponse juste à la souffrance en fin de vie est une attention pleine d’amour, l’accompagnement vers la mort – en particulier aussi avec l’aide de la médecine palliative – et non une « aide active à mourir » (…).

 

Fait partie enfin de l’héritage européen une tradition de pensée, pour laquelle un lien substantiel entre foi, vérité et raison est essentiel. Il s’agit ici, en définitive, de se demander si, oui ou non, la raison est au principe de toutes choses et à leur fondement. Il s’agit de se demander si le hasard et la nécessité sont à l’origine de la réalité, si donc la raison est un produit secondaire fortuit de l’irrationnel, et si, dans l’océan de l’irrationalité, en fin de compte, elle n’a aucun sens, ou si au contraire ce qui constitue la conviction de fond de la foi chrétienne demeure vrai : In principio erat Verbum – Au commencement était le Verbe – à l’origine de toutes choses, il y a la Raison créatrice de Dieu qui a décidé de se rendre participant à nous, êtres humains.

 

Permettez-moi de citer dans ce contexte Jürgen Habermas, un philosophe qui n’adhère pas à la foi chrétienne. Il affirme : « Par l’autoconscience normative du temps moderne, le christianisme n’a pas été seulement un catalyseur. L’universalisme égalitaire, dont sont nées les idées de liberté et de solidarité, est un héritage immédiat de la justice juive et de l’éthique chrétienne de l’amour. Inchangé dans sa substance, cet héritage a toujours été de nouveau approprié de façon critique et de nouveau interprété. Jusqu’à aujourd’hui, il n’existe pas d’alternative à cela ».

 

Monsieur le Président fédéral, Mesdames et Messieurs ! L’Autriche est un pays riche de nombreuses bénédictions : la grande beauté des paysages qui attire, année après année, des millions de personnes pour un séjour de repos ; une richesse culturelle inouïe, créée et accumulée depuis de nombreuses générations ; de nombreuses personnes dotées de talent artistique et de grandes forces créatrices. Partout on peut voir les témoignages des réalisations qui sont les fruits de l’application et des dons de la population qui travaille. Il y a là un motif de reconnaissance et de fierté. Mais l’Autriche n’est certainement pas une « île heureuse » et elle ne croit pas l’être non plus. L’autocritique fait toujours du bien et, sans aucun doute, elle est répandue en Autriche. Un pays qui a tant reçu doit aussi donner beaucoup. Il peut compter beaucoup sur lui-même et aussi exiger de lui-même une certaine responsabilité vis-à-vis des pays voisins, de l’Europe et du monde.

 

Beaucoup de ce que l’Autriche est et possède, elle le doit à la foi chrétienne et à sa riche influence sur les personnes. La foi a profondément formé le caractère de ce pays et de ses habitants. Par conséquent, il doit être dans l’intérêt de tous de ne pas permettre qu’un jour dans ce pays il n’y ait peut-être plus que les pierres à parler de christianisme ! Une Autriche sans une foi chrétienne vivante ne serait plus l’Autriche.    

 

 

Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI

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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 13:12



Extrait du discours prononcé par le Pape Benoît XVI à la Mariensäule (colonne de Marie) de la place Am Hof à Vienne (Autriche), le 7 septembre 2007.



Comme première étape de mon pèlerinage vers Mariazell, j'ai choisi la Mariensäule, pour réfléchir un moment avec vous sur la signification de la Mère de Dieu pour l'Autriche du passé et du présent, ainsi que sur sa signification pour chacun de nous (…).
 

A la foi en Jésus Christ, le Fils de Dieu incarné, est liée depuis les premiers temps une vénération particulière pour sa Mère, pour cette Femme, dans le sein de laquelle Il assuma la nature humaine en participant même au battement de son cœur ; la Femme qui accompagna avec délicatesse et respect sa vie jusqu'à sa mort sur la croix, et à l'amour maternel de laquelle Il confia le disciple préféré et avec lui toute l'humanité.

Dans son sentiment maternel, Marie accueille encore aujourd'hui sous sa protection des personnes de toutes les langues et cultures, pour les conduire ensemble, dans une unité multiforme, vers le Christ. Nous pouvons nous adresser à Elle dans nos moments d'inquiétudes et de nécessités. Mais nous devons aussi apprendre d'Elle à nous accueillir les uns les autres avec ce même amour avec lequel elle nous accueille tous : chacun dans sa singularité, voulu comme tel et aimé de Dieu. Dans la famille universelle de Dieu, au sein de laquelle une place est prévue pour toute personne, chacun doit développer ses propres dons pour le bien de tous.


La Mariensäule, érigée par l'empereur Ferdinand III en action de grâce pour la libération de Vienne d'un grand péril et inaugurée par lui il y a précisément 360 ans, doit être également pour nous aujourd'hui un signe d'espérance. Combien de personnes depuis lors, se sont arrêtées auprès de cette colonne et, en priant, ont levé les yeux vers Marie! Combien ont fait l'expérience dans les difficultés personnelles de la force de son intercession! Mais notre espérance chrétienne s'étend bien au-delà de la réalisation de nos désirs, petits et grands. Nous levons les yeux vers Marie, qui nous montre à quelle espérance nous avons été appelés (cf. Ep 1, 18) ; c'est Elle, en effet, qui personnifie ce que l'homme est vraiment!


Nous venons de l'entendre dans la lecture biblique : avant même la Création du monde, Dieu nous a choisis dans le Christ. Il connaît et il aime chacun de nous depuis l'éternité! Et dans quel but nous a-t-il choisis? Pour être saints et immaculés devant lui dans la charité! Et ce n'est pas une tâche inhabituelle : dans le Christ, Il nous en a déjà offert la réalisation. Nous avons été rachetés! En vertu de notre communion avec le Christ ressuscité, Dieu nous a bénis de toutes les bénédictions spirituelles. Ouvrons notre cœur, accueillons ce précieux héritage! Nous pourrons alors entonner avec Marie la louange de sa grâce. Et si nous continuons à présenter nos préoccupations quotidiennes à la Mère immaculée du Christ, Elle nous aidera à ouvrir nos petites espérances toujours vers la grande, la véritable espérance qui donne un sens à notre vie et peut nous combler d'une joie profonde et indestructible.



Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI

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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 14:21


Tous les chrétiens, de par leur foi en Jésus-Christ et en la Parole de Dieu contenu dans les Saintes Ecritures, croient au paradis et à l’enfer. Que l’on songe par exemple au grand récit du Jugement dernier en Matthieu 25, où Jésus annonce pour les uns « le Royaume préparé pour [eux] depuis la Création du monde » (25. 34) et pour les autres « le feu éternel préparé pour le démon et ses anges » (25. 41). Il n’est donc pas douteux pour un disciple du Christ qu’au terme de notre vie, selon le Jugement de Dieu, nous irons les uns « à la vie éternelle », les autres au « châtiment éternel » ; au Paradis ou en enfer (Mt 25. 46).

L’Eglise catholique indique cependant une troisième destination possible pour les âmes : le Purgatoire.

Le Purgatoire, selon l’enseignement de l’Eglise catholique, est un état de purification accordé par Dieu à tous ceux qui, bien que Sauvés par leur foi en Jésus-Christ, auraient encore besoin d’être lavés des conséquences de leurs fautes, et purgés des mauvaises habitudes contractées par leur péché.

Cette troisième destination n’est en rien comparable au Paradis ou à l’enfer, puisqu’à la différence de l’un et de l’autre, le Purgatoire ne durera qu’un « temps » ; il n’est pas éternel et cessera d’exister à la fin des temps. Le Purgatoire n’est donc pas une troisième voie alternative au Paradis et à l’enfer. Il est le « sas » qui conduit l’homme sauvé de l’ombre de son péché à la pure lumière de Dieu : il est chemin vers le Ciel.

Ne sont donc admis au Purgatoire que les Sauvés. Le Purgatoire n’est nullement une session de rattrapage pour ceux qui auraient vécu leur vie terrestre égoïstement, dans le mépris de Dieu et des hommes – ceux-là devront assumer pour l’éternité devant Dieu les conséquences de leurs actes. « Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, nous dit l’Ecriture, après quoi vient le jugement. » (Heb. 9. 27).
Le Purgatoire est donc une grâce offerte par Dieu après ce jugement à tous ceux qui, s’étant entièrement repentis de leurs fautes et ayant obtenu le pardon de Dieu, n’auraient pas encore achevé leur conversion intérieure sur cette terre, conservant quelque compromission avec le mal, et n’étant pas complètement disposés à vivre la plénitude de la grâce et de l’amour de Dieu dans l’éternité du Royaume « où rien de souillé ne peut pénétrer » (Ap. 21. 27).

Dans le Purgatoire, Dieu vient au secours de notre faiblesse, et achève notre transformation commencée ici-bas, de telle manière à ce que nous devenions des êtres capables de lui dire OUI pour l’éternité (sans quoi, nous pourrions encore pécher au ciel…). Bref, des pauvres pécheurs que nous sommes ici-bas (et que nous demeurons après que Dieu nous ait pardonné nos fautes), Dieu fait de nous des Saints, de telle sorte que nous ne péchions plus jamais. Et cette transformation du pauvre pécheur que nous sommes en Saint de Dieu (cette métamorphose aurait dit Saint Paul) sera d’autant plus douloureuse que nous n’aurons pas entrepris ici-bas ce qu’il convenait pour déraciner le péché de notre cœur et devenir un Saint, malgré toute notre bonne volonté et notre désir sincère du Salut.

Cette croyance dans l’existence du Purgatoire est un dogme de l’Eglise catholique.
C’est-à-dire : une vérité que celle-ci estime divinement révélée. C’est pourquoi il n’est pas permis à un fidèle catholique de la contester. C’est ce qu’ont affirmé très explicitement les conciles de Florence et de Trente.

Concile de Florence – 1439 : « Nous déclarons que les âmes des véritables Pénitents, morts dans la charité de Dieu, avant que d'avoir fait de dignes fruits de pénitence pour expier leurs péchés de commission ou d'omission, sont purifiés après leur mort par les peines du Purgatoire ».

Concile de Trente – 1545-1563 : « Si quelqu'un dit qu'à tout pécheur pénitent qui a reçu la grâce de la justification, l'offense est tellement remise et l'obligation à la peine éternelle tellement effacée et abolie, qu'il ne lui reste aucune peine temporelle à payer, soit en cette vie, soit en l'autre dans le Purgatoire, avant que l'entrée au Royaume du Ciel puisse lui être ouverte, qu'il soit anathème » (c’est-à-dire hors du Corps de la Pensée de l’Eglise universelle).

Ces deux conciles, intervenus tardivement dans l’Histoire de l’Eglise, expliquent sans aucun doute pourquoi certains considèrent le Purgatoire comme une « invention » sur le tard de l’Eglise catholique.

Toutefois, il convient de noter que dix siècles avant le Concile de Trente, le Pape Saint Grégoire le Grand (540-604), affirmait déjà que : « Pour ce qui est de certaines fautes légères, il faut croire qu'il existe avant le jugement un feu purificateur, selon ce qu'affirme Celui qui est la Vérité, en disant que si quelqu'un a prononcé un blasphème contre l'Esprit Saint, cela ne lui sera pardonné ni dans ce siècle-ci, ni dans le siècle futur (Mt 12,31). Dans cette sentence nous pouvons comprendre que certaines fautes peuvent être remises dans ce siècle-ci, mais certaines autres dans le siècle futur » (Dialogues 4. 39).

Il est donc manifeste que le Purgatoire « existait » dans la pensée de l’Eglise bien avant les conciles de Florence et de Trente. Faut
-il alors considérer Saint Grégoire le Grand comme le « père » du Purgatoire ?

Ce serait oublier la requête de Sainte Monique adressée, peu avant de mourir, à son fils Saint Augustin, de se souvenir de son âme à chacune de ses messes (Confessions, 9. 11). Requête qui n’aurait pas grand sens si Monique ne croyait pas que son âme pouvait être aidée par des prières – chose inconcevable au Paradis (où l’âme est pleinement comblée par Dieu) ou en enfer (où elle ne peut plus jouir de la moindre consolation ni de la moindre assistance de quiconque). Rappelons que les Confessions ont été écrites à la fin du 4e siècle. Faut-il donc attribuer la paternité du Purgatoire à Saint Augustin – ou Sainte Monique ?

Ce serait négliger les graffitis trouvées dans les catacombes romaines, où les premiers chrétiens, durant les persécutions des trois premiers siècles, inscrivaient leur prière pour les morts. Il est évident que si de telles prières ont pu être composées, c’est parce que nos Pères dans la foi croyaient en la réalité du Purgatoire, même s’ils n’en avaient pas le mot.

L’histoire de l’Eglise nous révèle donc l’existence d’une croyance commune, dès les origines du christianisme, en la possibilité de prier et d’offrir des sacrifices pour les défunts qui ne seraient ni au Paradis ni en Enfer, et donc – même s’il a fallu de nombreux siècles pour que l’Eglise précise sa pensée sur cette réalité mystérieuse, sous la conduite du Saint Esprit (cf. Jn 16. 13) – en l’existence du Purgatoire.

Il est dès lors inexact de prétendre que le Purgatoire serait une « construction théologique » tardive et artificielle de l’Eglise catholique. Aussi loin que l’on puisse remonter dans l’histoire du christianisme, on observe des traces de cette pratique de la prière pour les défunts. Le Purgatoire a donc toujours fait partie de la foi des fidèles ; et l’Eglise fondée par Jésus-Christ y a toujours cru.

Si tel n’avait pas été le cas d’ailleurs, de nombreuses voix n’auraient pas manqué de se lever contre une telle « invention ». La croyance dans le Purgatoire aurait apporté en effet un tel changement dans la foi catholique qu’elle aurait soulevé un tollé chez les défenseurs de l’orthodoxie. Or, curieusement, il n’existe, dans les années immédiatement postérieures à l’âge apostolique, pas la moindre trace de protestation contre l’insertion du Purgatoire (ou de la prière en faveur des morts) comme d’une doctrine nouvelle.

Ceux qui affirment que le Purgatoire serait une invention de l’Eglise catholique se trouvent confrontés, on le voit, à une double difficulté : 1°) définir la datation de l’introduction de cette « nouveauté », et 2°) expliquer l’absence de toute controverse au moment de cette prétendue introduction.

Mais il est un autre élément de preuve encore plus décisif : c’est le témoignage même de l’Ecriture qui atteste de l’existence, dans le judaïsme des derniers siècles avant Jésus-Christ, de cette antique pratique de la prière pour les défunts. Ainsi, pouvons-nous lire, dans le deuxième livre des Maccabée : « Le jour suivant, on vint trouver Judas Macchabée pour relever les corps de ceux qui avaient succombé [au combat] et les inhumer avec leurs proches dans le tombeau de leurs pères. Or, ils trouvèrent sous les tuniques de chacun des morts des objets consacrés aux Idoles, que la Loi interdit aux Juifs (…). Tous donc (…) se mirent en prière pour demander que le péché commis fût entièrement effacé (…). Si Judas n’avait pas espéré que les soldats tombés dussent ressusciter, il était superflu et sot de prier pour les morts, et s’il envisageait qu’une très belle récompense est réservée à ceux qui s’endorment dans la piété, c’était là une pensée sainte et pieuse. Voilà pourquoi il fit faire ce sacrifice expiatoire pour les morts, afin qu'ils fussent délivrés de leur péché ». Ce texte est essentiel pour notre propos, car il est évident que ce n’est ni au Paradis, ni en enfer que quiconque peut être délivré de ses péchés ! Même si de nombreux chrétiens ne reconnaissent pas la valeur canonique de ce texte, il reste que sa valeur historique, elle, est incontestable. Il constitue donc un précieux témoignage de ce qu’était la croyance d’une partie du judaïsme peu avant l’arrivée de Jésus. Et là encore, nous voyons bien que l’Eglise catholique n’a rien « inventé » ; que la croyance dans le Purgatoire remonte au judaïsme, même si elle n’a été définie dogmatiquement par l’Eglise qu’en 1439, au Concile de Florence, à l'occasion des controverses avec les Grecs.

« Mais le Purgatoire ne figure pas dans la Bible »
 ! répliquent alors ceux qui ne reconnaissent pas le livre des Maccabées.

Il est vrai que le mot « Purgatoire » ne se trouve pas dans l’Ecriture. Mais les mots « Trinité » et « Incarnation » non plus ! Et pourtant, la Bible nous parle bien de l’une et de l’autre ! Eh bien ainsi en est-il du Purgatoire. Passons sur 2 Maccabée déjà cité, et non reconnu par tous. Plusieurs paroles de Jésus pourraient être comprises comme renvoyant à la réalité du Purgatoire. Songeons à Mt. 12. 32 (cité plus haut par Saint Grégoire le Grand) : « Si quelqu’un parle contre l’Esprit Saint, dit Jésus, cela ne lui sera pardonné ni en ce monde-ci, ni dans le monde à venir ». Dans ce passage, le Seigneur évoque des péchés qui pourraient être pardonnés non « en ce monde-ci », mais « dans le monde à venir ». Comme il ne peut s’agir du Paradis (où tout est déjà pardonné), ni de l’enfer (où il n’y a plus de possibilité de pardon), il ne peut être question ici que du Purgatoire. Il est intéressant de noter que Jésus « canonise » dans ce passage l’attitude de Judas Macchabée, qui croyait en la possibilité d’intercéder pour les défunts, et de leur obtenir « dans le monde à venir » la délivrance de leur péché.

Mais il existe d’autres références évangéliques. Ainsi en Mt. 5. 25-26 : « Hâte-toi, dit Jésus, de t’accorder avec ton adversaire tant que tu es encore avec lui sur le chemin, de peur que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu'on ne te jette en prison. Amen, je te le dis, tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou ». Dans cette péricope, Jésus évoque clairement la nécessité d’une réparation « jusqu'au dernier sou ». Il nous parle d’une prison – qui est un lieu de privation de liberté où nous satisfaisons à la pure justice –, et d’une peine temporaire puisque Jésus évoque la perspective d’une sortie de prison (inconcevable en enfer), ainsi que sa condition : que nous ayons « payé jusqu’au dernier sou ». Jésus nous donne aussi un moyen très simple pour éviter d’aller dans cette prison subir cette peine temporaire : c’est de s’accorder bien vite avec notre adversaire, tant que nous sommes en chemin avec lui…

Autre parole de Jésus : « Tout homme sera salé au feu » (Mc 9. 49)… Rappelons que le sel est ce qui donne goût à ce qui est fade (« c’est une bonne chose que le sel » dit Jésus au verset suivant). Or, Jésus nous parle d’un feu qui transformera l’homme fade en un homme « bon », ayant retrouvé toute sa saveur évangélique…

Saint Paul, dans son enseignement, est plus explicite encore : « Cette révélation [de l’œuvre de chacun au jour du jugement] se fera par le feu, et c’est le feu qui permettra d’apprécier la qualité de l’ouvrage de chacun. Si l’ouvrage construit par quelqu’un résiste, celui-ci recevra un salaire ; s’il est détruit par le feu, il perdra son salaire. Et lui-même sera sauvé, mais comme s’il était passé à travers un feu » (1 Co 3. 13-15). Ce passage à travers le feu ne peut faire référence ici à l’enfer qui ne conduit pas au Salut, ni au Paradis où il n’y n’a plus de destruction. Ce passage en vérité ne peut avoir de sens qu’en référence au Purgatoire, qui se présente comme ce feu « salant » l’homme sauvé, et détruisant ce qui est mauvais dans son ouvrage pour ne conserver que ce qui résiste.

La conception du Purgatoire comme lieu de purification et d’expiation des péchés commis par les hommes pardonnés et sauvés par Dieu n’est donc pas une pure invention de l’Eglise. Même si le mot est apparu tardivement au Concile de Florence, l’Ecriture Sainte, ainsi que l’Histoire du judaïsme et du christianisme, témoignent de l’existence dans le Peuple de Dieu d’une croyance séculaire en cette réalité mystérieuse du Purgatoire comme un feu temporaire, consumant toutes souillures et redonnant à l’âme – satisfaisant à la justice divine – toute sa saveur, la disposant à vivre pour l’éternité avec Dieu dans la compagnie des Saints et des bienheureux.

Cette croyance séculaire s’accompagne de la conviction qu’ici-bas, nous pouvons être utiles à nos défunts et leur obtenir des faveurs et des grâces ; que les liens de la charité par conséquent ne sont pas rompus avec la mort biologique, mais perdurent au contraire par delà la mort, en raison de la survivance de l’âme – qui est immortelle – et de la communion des saints (ou des « sauvés ») en Jésus-Christ ressuscité.

N’oublions donc pas nos chers défunts. Car s’ils ne peuvent plus rien pour eux-mêmes, nous pouvons ici-bas les soulager, les consoler, et même les délivrer des flammes purificatrices en leur obtenant ce que l’Eglise appelle des « suffrages ». Rappelons-nous en ce mois de novembre les différentes pratiques que l’Eglise recommande en faveur des défunts : la prière, le jeûne et l’aumône ; les indulgences gagnées à leur intention ; la sainte communion et surtout le Saint Sacrifice de la Messe offert à leur intention.

Et croyons que Dieu, dans sa Miséricorde, nous rendra au centuple le bien que nous aurons fait à toutes ces âmes qui lui sont si chères, et que celles-ci, une fois délivrées, dans leur reconnaissance éternelle, prieront Dieu pour nous, et nous deviendront des alliées précieuses et sûres tout au long de notre route vers le Ciel.


Pour approfondir le sujet :
Ø écouter "Le Purgatoire : de l'ombre du péché à la pure lumière de Dieu" ;
Ø lire "Pourquoi prier pour les morts?".  

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Published by Matthieu BOUCART - dans Questions sur la foi
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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 00:00
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Published by Matthieu BOUCART - dans Enseignements vidéos
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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 00:00


Extrait du discours du Pape Benoît XVI prononcé le 7 septembre 2007 lors de la cérémonie de bienvenue à l’aéroport international de Vienne en Autriche, où le Saint Père effectua son septième voyage international, le cinquième en Europe.

 

 

C'est avec une grande joie que je pose aujourd'hui le pied, pour la première fois depuis le début de mon Pontificat, en terre d'Autriche, dans un pays qui m'est familier en raison de sa proximité géographique avec mon lieu de naissance, mais pas uniquement (…). Vous savez combien je me sens lié à votre patrie et à de nombreuses personnes et de nombreux lieux de votre pays. Cet espace culturel au centre de l'Europe dépasse les frontières et relie les élans et les forces de diverses parties du continent. La culture de ce pays est imprégnée de manière essentielle du message de Jésus Christ et de l'action que l'Eglise a accomplie en son nom. Tout cela, et bien d'autres choses encore, me donnent la vive impression d'être parmi vous, chers Autrichiens, un peu comme "chez moi".

Le motif de ma venue en Autriche est le 850e anniversaire du lieu saint de Mariazell
. Ce sanctuaire de la Vierge représente d'une certaine manière le cœur maternel de l'Autriche et possède depuis toujours une importance particulière également pour les Hongrois et pour les peuples slaves. Il est le symbole d'une ouverture qui ne dépasse pas seulement les frontières géographiques et nationales, mais dans la personne de Marie, renvoie à une dimension essentielle de l'homme : la capacité à s'ouvrir à la Parole de Dieu et à sa vérité.

Dans cette perspective, au cours des trois prochains jours, je souhaite accomplir ici en Autriche mon pèlerinage vers Mariazell. Ces dernières années, on constate avec joie un intérêt croissant de la part d'un grand nombre de personnes pour le pèlerinage. En chemin lors d'un pèlerinage, les jeunes peuvent eux aussi trouver une voie nouvelle de méditation ; ils font connaissance les uns avec les autres et se retrouvent ensemble devant la Création, mais également devant l'Histoire de la foi et souvent, sans s'y attendre, ils y trouvent une force pour le présent. Je considère mon pèlerinage vers Mariazell comme une manière d'être en chemin avec les pèlerins de notre époque (…).

Le pèlerinage ne signifie pas seulement chemin vers un sanctuaire. Le chemin du retour vers le quotidien est également essentiel. Notre vie quotidienne de chaque semaine commence le Dimanche – don libérateur de Dieu que nous voulons accueillir et protéger (…).

Mesdames et Messieurs! Je sais qu'en Autriche, le Dimanche, en tant que jour de repos, mais aussi d'autres jours de la semaine, le temps libre est en partie employé par de nombreuses personnes pour un engagement volontaire au service des autres. Un tel engagement, offert avec générosité et désintéressement pour le bien et le salut des autres, marque aussi le pèlerinage de notre vie. Celui qui "tourne son regard" vers son prochain – il le voit et il fait le bien pour lui – tourne son regard vers le Christ et le sert. Guidés et encouragés par Marie, nous voulons aiguiser notre regard chrétien en vue des défis à affronter dans l'esprit de l'Evangile et, emplis de gratitude et d'espérance, forts d'un passé parfois difficile, mais également toujours riche de grâce, nous marchons vers un avenir empli de promesses.



Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI   

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Published by Matthieu BOUCART - dans Benoit XVI
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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 21:42

Extrait de l’Audience Générale du Pape Benoît XVI du 1er août 2007.

Basile s'intéressa (…) à la portion élue du peuple de Dieu, que sont les jeunes, l'avenir de la société. Il leur adressa un Discours sur la façon de tirer profit de la culture païenne de l'époque. Avec beaucoup d'équilibre et d'ouverture, il reconnaît que dans la littérature classique, grecque et latine, se trouvent des exemples de vertu. Ces exemples de vie droite peuvent être utiles pour le jeune chrétien à la recherche de la vérité et d'une façon de vivre droite (cf. Ad Adolescentes 3). C'est pourquoi, il faut emprunter aux textes des auteurs classiques ce qui est adapté et conforme à la vérité : ainsi, à travers une attitude critique et ouverte – il s'agit précisément d'un véritable "discernement" – les jeunes grandissent dans la liberté.

A travers la célèbre image des abeilles, qui ne prennent des fleurs que ce dont elles ont besoin pour le miel, Basile recommande : "Comme les abeilles savent extraire le miel des fleurs, à la différence des autres animaux qui se limitent à jouir du parfum et de la couleur des fleurs, de même, de ces écrits également... on peut recueillir un bénéfice pour l'esprit. Nous devons utiliser ces livres en suivant en tout l'exemple des abeilles. Celles-ci ne vont pas indistinctement sur toutes les fleurs, et ne cherchent pas non plus à tout emporter de celles sur lesquelles elles se posent, mais elles en extraient uniquement ce qui sert à la fabrication du miel et laissent le reste. Et nous, si nous sommes sages, nous prendrons de ces écrits uniquement ce qui est adapté à nous, et conforme à la vérité, et nous laisserons de côté le reste" (Ad Adolescentes 4).

Basile, surtout, recommande aux jeunes de croître dans les vertus, dans la façon droite de vivre : "Tandis que les autres biens... passent d'une main à l'autre, comme dans un jeu de dés, seule la vertu est un bien inaliénable, et demeure toute la vie et après la mort" (Ad Adolescentes 5).



Lire le texte intégral de l'Audience Générale du Pape Benoît XVI   

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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 12:39

Extrait du Message du Pape Benoît XVI pour la Journée Mondiale des Missions 2007.


A l'occasion de la prochaine Journée mondiale des Missions, je voudrais inviter le Peuple de Dieu tout entier – pasteurs, prêtres, religieux, religieuses et laïcs – à une réflexion commune sur l'urgence et sur l'importance que revêt, à notre époque également, l'action missionnaire de l'Eglise. Les paroles à travers lesquelles Jésus Christ, crucifié et ressuscité, avant de monter au Ciel, confia aux Apôtres le mandat missionnaire : "Allez, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit", ne cessent en effet de résonner, comme un rappel universel et un appel ardent. Et il ajouta : "Et voici que je suis avec vous jusqu'à la fin du monde" (Mt 28, 19-20). Dans l'œuvre exigeante d'évangélisation, nous accompagne et nous soutient la certitude que Lui, le maître de la moisson, est avec nous et guide sans cesse son peuple. Le Christ est la source inépuisable de la mission de l'Eglise.

(…) "L'Eglise est missionnaire par nature – écrit Jean-Paul II dans l'Encyclique Redemptoris missio car le précepte du Christ n'est pas quelque chose de contingent ni d'extérieur, mais il est au cœur même de l'Eglise. Il en résulte que toute l'Eglise, que chaque Eglise, est envoyée aux païens (…)." (n. 62).

(…) L'engagement missionnaire reste donc, comme je l'ai répété à plusieurs reprises, le premier service que l'Eglise doit à l'humanité d'aujourd'hui, pour orienter et évangéliser les transformations culturelles, sociales et éthiques ; pour offrir le salut du Christ à l'homme de notre temps, dans de nombreuses régions du monde humilié et opprimé à cause des formes de pauvreté endémiques, de la violence, de la négation systématique des droits de l'homme.

L'Eglise ne peut se soustraire à cette mission universelle ; celle-ci revêt pour elle une forme d'obligation. Le Christ ayant confié en premier lieu à Pierre et aux Apôtres le mandat missionnaire, celui-ci revient aujourd'hui avant tout au Successeur de Pierre, que la Providence divine a choisi comme fondement visible de l'unité de l'Eglise, et aux Evêques directement responsables de l'évangélisation, tant comme membres du Collège épiscopal que comme pasteurs des Eglises particulières (cf. Redemptoris missio, n. 63).

(…) Que la Journée mondiale des Missions soit une occasion de nous souvenir dans la prière de nos frères et sœurs dans la foi, ainsi que de tous ceux qui continuent de se prodiguer dans le vaste domaine missionnaire. Nous demandons à Dieu que leur exemple suscite partout de nouvelles vocations et une conscience missionnaire renouvelée chez le peuple chrétien. En effet, chaque communauté chrétienne naît missionnaire, et c'est précisément sur la base du courage d'évangéliser que se mesure l'amour des croyants pour leur Seigneur. Nous pourrions ainsi dire que, pour les fidèles, il ne s'agit plus simplement de collaborer à l'activité d'évangélisation, mais de se sentir eux-mêmes protagonistes et coresponsables de la mission de l'Eglise. Cette coresponsabilité exige que croisse la communion entre les communautés et que s'intensifie l'aide réciproque en ce qui concerne tant le personnel (prêtres, religieux, religieuses et laïcs volontaires) que l'utilisation des moyens aujourd'hui nécessaires pour évangéliser.

Chers frères et sœurs, le mandat missionnaire confié par le Christ aux Apôtres nous concerne véritablement tous.
Que la Journée mondiale des Missions soit donc une occasion propice pour en prendre plus profondément conscience et pour préparer ensemble des itinéraires spirituels et de formation appropriés qui favorisent la coopération entre les Eglises et la préparation de nouveaux missionnaires pour la diffusion de l'Evangile à notre époque. N'oublions pas, toutefois, que la contribution première et prioritaire que nous sommes appelés à offrir à l'action missionnaire de l'Eglise, est la prière. "La moisson est abondante mais les ouvriers peu nombreux – dit le Seigneur. Priez donc le Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers à sa moisson" (Lc 10, 2). "Priez donc, vénérables frères et chers fils – écrivait, il y a cinquante ans, le Pape Pie XII de vénérée mémoire ; priez davantage. Souvenez-vous des immenses besoins spirituels de tant de peuples encore si éloignés de la vraie foi ou si démunis de secours pour y persévérer" (AAS, cit. p. 240). Et il exhortait à multiplier les Messes célébrées pour les Missions, observant que "ces intentions sont celles mêmes du Seigneur, qui aime son Eglise et la voudrait répandue et florissante en tous lieux de la terre" (ibid., p. 239).

Chers frères et sœurs, je renouvelle moi aussi cette invitation plus que jamais actuelle. Que dans toutes les communautés s'étende l'invitation commune à "Notre Père qui est aux Cieux" afin que vienne son Royaume sur terre. Je fais appel en particulier aux enfants et aux jeunes, toujours prêts à de généreux élans missionnaires. Je m'adresse aux malades et aux personnes souffrantes, en rappelant la valeur de leur collaboration mystérieuse et indispensable à l'œuvre du salut. Je demande aux personnes consacrées et en particulier aux monastères de clôture d'intensifier leur prière pour les missions. Que grâce à l'engagement de chaque croyant s'étende dans toute l'Eglise le réseau spirituel de la prière au service de l'évangélisation (…).

Du Vatican, le 27 mai 2007, Solennité de Pentecôte.



Lire le texte intégral du Message du Pape Benoît XVI pour la Journée Mondiale des Missions 2007

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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 22:55


Glorieux Saint Paul,
Apôtre plein de zêle,
martyr d'amour du Christ,
obtiens-nous une foi profonde,
une espérance indestructible,
un amour ardent pour le Seigneur,
afin que nous puissions dire avec toi :
"Ce n'est plus moi qui vis,
c'est le Christ qui vit en moi"
.

Aide-nous à devenir des apôtres
qui servent l'Eglise
avec une conscience pure,
témoins de sa vérité
et de sa beauté
au milieu des obscurités
de notre temps.

Avec toi, nous louons Dieu notre Père,
"à lui la gloire,
dans l'Eglise et dans le Christ
pour tous les siècles des siècles"
,
Amen.

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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 00:00

Le présent article est la suite de "Tout ce que je sais est que je dois bientôt mourir..."


A Medjugorje, les voyants parlent beaucoup du ciel. Il faut dire qu’ils
voient
le ciel en la personne de la Vierge Marie. Dès lors, il ne faut pas s’étonner qu’ils soient habités par le ciel. Certaines de leur réflexion (dont les suivantes, glanées sur le site Chère Gospa  – merci RV !) nous donnent vraiment à réfléchir tant elles sont justes - et pourtant si éloignées de nos pensées premières et habituelles. Voici par exemple ce qu'a dit le voyant Ivan à un journaliste qui l’interviewait :

Le Journaliste : « Que dirais-tu si la Gospa [la Vierge Marie] te proposait de t'emmener avec elle après l'apparition ? »

Ivan (sans hésiter) : « Je la suivrais tout de suite ! »

Le Journaliste : « Mais tu as une épouse et une petite fille ! »

Ivan : « Au Ciel, je pourrai faire beaucoup plus pour elles que je le peux sur terre ! »

La réponse est pour le moins surprenante! et nous donne à réfléchir… Elle nous dit quelque chose de la puissance d’intercession de nos frères et sœurs les Saints – dont le secours peut être plus efficace que celui d’un frère ou une sœur vivant sur cette terre –, et du lien (plus que du « contact »…) pouvant s’établir entre eux et nous par delà la frontière de la mort (qui n’est pas sans me rappeler cette parole de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus : « Je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre »…). Le caractère déconcertant de la réponse d'Yvan, et le fait qu'elle ne soit pas spontanément la nôtre, nous en dit long également sur notre manque de foi en Dieu et en la communion des Saints, et sur notre attachement peut-être excessif aux réalités de cette terre (nous entendions Jésus nous redire encore cette semaine : "Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et soeurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple"... cf. l'Evangile de mercredi dernier 5 novembre, Lc 14. 26.) Combien d'entre-nous considèrerait ainsi la mort comme un "avantage" ? (cf. Phi 1. 21).

Voici maintenant une petite histoire parue dans le Bulletin de Liaison des Enfants de Medjugorje n° 85 (automne 2008) mettant en scène une autre voyante de Medjugorje, Vicka. Un homme âgé, qu'elle connaissait bien, venait de perdre son épouse après 52 ans de mariage. L'homme était rempli d'amertume et de rage contre Dieu, l'accusant d'avoir "pris" son épouse. Il jurait tant qu'il pouvait et blasphémait contre Dieu. L'entendant parler ainsi, Vicka bondit et, se plaçant bien en face de lui, lui dit avec fermeté : « Cesse de blasphémer ! Au contraire, mets-toi à genoux et rends grâce à Dieu pour ces 52 ans où vous avez pu rester ensemble ! Car cela est un grand don ! » Elle fit mettre l'homme à genoux et continua : « Qu'est-ce que tu crois ? Que vous deviez rester sur terre pour toujours ? » L'homme se calma et rendit grâce à Dieu avec Vicka. Puis il se mit à considérer les choses sous un autre angle.

« Chers enfants,
nous dit la Sainte Vierge à Medjugorje, n'oubliez pas que le but de votre vie, c'est le ciel ! N'oubliez pas que votre demeure, c'est le ciel ! »

Il y a des révoltes devant la souffrance et la mort qui me laissent songeur. Nous savons tous que nous pouvons souffrir beaucoup et que nous allons mourir un jour. Nous le savons, parce que telle est la condition humaine, et qu’il suffit d’ouvrir sa télévision pour voir le triste spectacle de gens souffrir et mourir partout sur la terre. Pourtant, certains se révoltent contre Dieu le jour où la souffrance ou la mort vient les frapper personnellement, eux-mêmes ou quelqu’un qui leur est cher. Cette révolte à retardement me paraît révélateur de cette propension évoquée dans mon précédent article à vivre dans l’ignorance du réel, comme si nous étions inaccessibles à la souffrance et à la mort ; comme si nous n’étions pas concernés par la souffrance et la mort de tant d’hommes et de femmes sur la terre. Et c’est lorsque notre petit monde à nous s’effondre que nous nous révoltons contre Dieu… Nous oublions cette vérité première que Vicka nous rappelle à travers cette anecdote, à savoir que « nous sommes poussières, et que nous retournerons à la poussière » ; que notre patrie définitive n'est pas sur cette terre, mais au ciel. Et qu’il est inéluctable que chacun de nous prenne un jour son grabat, et y marche…

Sur l’enfer, Vicka nous rappelle des vérités essentielles :
« Je voudrais dire ceci : l'Eglise ne peut pas dire ce que les gens veulent entendre, les gens disent qu'ils ne sont pas d'accord avec l'Eglise, mais je peux vous dire cette vérité parce que je l'ai vu de moi-même, c'est que l'enfer n'est pas vide, en enfer il y a beaucoup de gens. La Vierge m'a emmenée là-bas avec mon corps et en me prenant par la main, et j'ai vu qu'il y avait beaucoup de gens en enfer. » (Radio Maria Italia le 2 janvier 2008, traduit par notre ami RV).

Cette parole n’est pas sans rappeler celle que la Vierge Marie avait adressée aux petits voyants de Fatima, le 19 août 1917 : « Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs, car beaucoup d’âmes vont en enfer, parce qu'il n'y a personne qui se sacrifie ni prie pour elles ».

Nous devons prendre ces avertissements au sérieux. Car contrairement à ce que pense la frange fondamentaliste des protestants évangéliques, il n’existe aucune assurance du Salut éternel pour aucun d’entre nous ! Le Seigneur Jésus, sur la Croix, nous a tout donné, il est vrai ; il nous a ouvert toutes grandes les portes du ciel, et par son sacrifice rédempteur, nous a mérité le ciel. « Tout est accompli » par conséquent… du côté de Dieu! Mais l’Alliance nouvelle scellée dans le sang de Jésus-Christ reste… une Alliance, c’est-à-dire une union de deux volontés libres et consentantes. Nous avons nous aussi maintenant notre part à accomplir, notre OUI à donner ; et la grâce salvifique communiquée par les sacrements - dont la source est le Coeur ouvert de Jésus sur la Croix - nous aidera progressivement à entrer dans ce OUI du Christ qui est le OUI de l'humanité à Dieu (cf. 2 Co 1. 19-21). Mais sans ce OUI de notre part, ce OUI fidèle et quotidien qui nous engage personnellement et jusqu'à notre dernier jour dans la vie du Christ avec le Christ, nous ne pourrons pas être sauvés. « Dieu qui nous a créé sans nous, ne nous sauvera pas sans nous » disait Saint Augustin.

Iront donc en enfer ceux qu’ils l’auront eux-mêmes voulu. Ce n’est pas Dieu qui nous « punit » en nous « condamnant » à l’enfer ; c’est nous qui refusons le Salut de Dieu irrévocablement offert à toute l’humanité par Jésus-Christ sur la Croix. C’est ce que disait Vicka au sujet des damnés dans son interview sur Radio Maria : « Ils y sont allés de leur propre volonté. Dieu n'envoie personne en enfer contre sa volonté. Il nous donne la liberté de choisir et ils ont donc choisi cela et y sont allés. (…) La Vierge nous a dit que ces gens étaient allés là-bas [en enfer] de leur propre volonté. Dieu ne les a pas envoyés là-bas, la Vierge ne les a pas envoyés là-bas. Ils ont voulu aller là-bas, et c'est là-bas qu'ils sont allés. »

Bien sûr, il faut bien comprendre ce que Vicka veut nous dire. Elle ne dit pas que les damnés ont voulu consciemment aller en enfer (même le plus méchant de tous les êtres ne voudrait pas souffrir le supplice des flammes éternelles pour l’éternité – personne ne veut souffrir) ; je crois qu’elle veut nous dire simplement que les damnés ont par les actes de leur vie manifesté qu’ils ne voulaient pas vivre selon Dieu. Et par suite, ils ont obtenu en quelque sorte ce qu’ils voulaient : une vie sans Dieu, une vie loin de Dieu, une vie contre Dieu.

Alors certes, il est permis d'espérer pour tous. L'Eglise, qui canonise certaines personnes et qui affirme infailliblement qu'elles sont au Paradis, ne nous dit rien (mais alors rien du tout) sur les damnés : ni sur leur identité, ni sur leur nombre. Pourtant, l'histoire des hommes fournit nombre d'exemples de personnalités qu'elle aurait pu déclarer comme tel ; de personnes dont on pourrait raisonnablement penser qu'elles sont en enfer (que l'on songe par exemple à Judas ou Hitler). L'Eglise pourtant ne nous dit rien sur les damnés, tout simplement parce qu'elle n'a rien à nous en dire : rien ne lui a été révélé par Dieu à ce sujet. Et si la damnation des hommes ne fait pas l'objet d'une révélation spéciale de la part du Seigneur, ce n'est sans doute pas par hasard ; ce n'est sûrement pas un "oubli" de la part de Dieu! Ce silence de la Révélation divine sur l'identité et le nombre des hommes damnés me paraît une divine invitation à l'espérance dans le Salut de tous ; non pas l'optimisme béât du paresseux spirituel qui attend tout de Dieu en croyant n'avoir pas sa part de souffrance à prendre pour la cause de l'Evangile (cf. 1 Tm 1.8) ; mais la confiance du croyant qui sait que ses prières d'intercession seront entendues, et que ses sacrifices offerts dans la communion des saints ne seront pas vains.

Nous devons donc affirmer avec toute l'Eglise la réelle possibilité de l'enfer pour chacun de nous, ainsi que le devoir de prier et d'espérer pour le salut de tous
(notons bien au passage que le reproche adressé par Marie à Fatima n'est pas dirigé contre les pécheurs inconvertis, mais contre tous ceux  qui ne se sacrifient ni ne prient pour eux...). Mobilisons-nous donc pour le salut des pauvres pécheurs (dont nous sommes) ; offrons nos prières et nos sacrifices au Seigneur qui fait dépendre son action salvatrice de notre propre intercession ; demandons pour chacun de nous (et les uns pour les autres) la grâce d'une "bonne mort" et de la persévérance finale ; et jetons-nous d'autant plus généreusement dans le combat pour le Salut des âmes que la Sainte Vierge a levé à Fatima un coin du voile sur la possibilité de l'enfer, avec cette parole terrible qui devrait nous réveiller et nous faire sortir de notre torpeur : à savoir que "beaucoup d'âmes vont en enfer"... (parole confirmée par Vicka à Medjugorje).

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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 23:54
Découvrez la Web TV / Lyon fourvière, le nouveau rendez-vous vidéo bimensuel du site de l’Eglise catholique à Lyon, réalisé en partenariat avec la chaîne de télévision catholique KTO.

Dans sa première édition, la Web TV / Lyon Fourvière a interrogé le cardinal Philippe Barbarin depuis Rome, où s’achevait le synode consacré à la Parole de Dieu, du 5 au 26 octobre dernier. Il y dresse un premier bilan et partage librement ses impressions.

« La Parole de Dieu est une voix, il faut l'entendre, c'est une personne il faut la contempler, c'est une maison il faut l'habiter, c'est un chemin il faut partir et porter ce témoignage en sortant de nous-même... »
a résumé le cardinal.

Source : Anuncioblog


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