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Mercredi 25 octobre 2006 3 25 /10 /Oct /2006 10:00

Les sciences de la nature nous enseignent que la succession des formes organisées ne s’est point déroulée au hasard, et que le mouvement évolutif a un sens et une direction. Elles nous apprennent enfin que l’avènement de l’homme n’est point le résultat de quelque accident, mais le terme naturel de l’évolution organique.

Albert VANDEL, « L’Homme et l’Evolution », Gallimard, 1958, p. 37

Par Matthieu BOUCART - Publié dans : Réflexions & Méditations
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Commentaires

Navré Matthieu, mais il me semble que pour beaucoup d'autres chercheurs plus récents, l'évolution soit plutôt lue comme un buissonnement que comme allant dans un sens prècis. C'est par exemple le cas de la théorie synthétique de l'évolution. Je te recommande chaleureusement la lecture de Stephen Jay Gould pour lire une apporhce absolument pas théologique ni athéologique de la question...
Commentaire n°1 posté par Eric George le 25/10/2006 à 11h52

Merci cher Pasteur de cette précision, mais je ne vois pas pour ma part en quoi cette théorie que vous évoquez aurait plus de poids que celle de Michael DENTON, qui est un auteur tout à fait récent...

Commentaire n°2 posté par Matthieu le 25/10/2006 à 12h08
Ce n'est pas à moi de prouver quelle théorie à le plsu de poids, je disais juste que la théorie synthétique de l'évolution était le consensus actuel des chercheurs et que ceux-ci s'accordent également à voir l'évolution comme un buisson plutôt que comme une échelle.
En fait, je suis très réticent à donner pour des raisons théologiques plus de poids à une théorie scientifique qu'à une autre. On a vui ce que ça a donné quand l'Eglise s'est mise en tête de combattre l'héliocentrisme...
Sur la relation science et théologie, j'avais écrit ça
http://miettesdetheo.over-blog.com/article-1047961.html
Commentaire n°3 posté par Eric George le 25/10/2006 à 13h07

Cher Pasteur,


Je ne m'attache à aucune théorie scientifique. Voilà pourquoi la théorie de l'Evolution de Darwin ne me gène aucunement.


Ce que je conteste en revanche, c'est la tentative d'explication du phénomène par le hasard, qui n'est absolument pas raisonnable, j''aurai l'occasion de développer ce point ultérieurement.


Maintenant, que l'Evolution se fasse "en échelle" ou par "buissonnement" ne change strictement rien au problème de fond soulevé par le fait que cette Evolution se déroule toujours dans le sens d'une complexification croissante, cela jusqu'à l'homme, son cerveau et son intelligence. Il me paraît important de rendre compte de cet étrange phénomène sur le plan métaphysique... surtout si l'on entend exclure par avance l'intervention surnaturelle d'un Créateur!

Commentaire n°4 posté par Matthieu le 25/10/2006 à 16h52
Justement, le problème c'est que voir dans l'évolution un buisson ne permet pas de dire que l'évolution va jusqu'à l'homme et son intelligence. Dans cette vision des choses, l'homme n'est pas le point culminant de l'évolution mais simplement un rameau de ce buisson.
Ce que les faits montrent, par exemple c'est que si l'homo sapiens sapiens est aujourd'hui le seul représentant de l'humanité, d'autres représentants existèrent (le plus célèbre étant l'homme de Néandertal notre cousin qui était tout aussi doué d'intelligence et de conscience que nous). Et c'est gènant si on veut prouver scientifiquement le Dieu créateur.. Mais à travers la Bible Dieu est bien plus un Dieu électeur qu'un Dieu créateur (le créationisme (au sens biblique du terme) est une théologie relativement récente et marginale...)
Commentaire n°5 posté par Eric George le 25/10/2006 à 18h54

1°) Vous dites que rien ne permet d'affirmer que l'Evolution va jusqu'à l'homme et son intelligence : et pourtant l'homme et son intelligence sont au sommet de la Création, en ce sens que la nature n'a rien produit de plus prodigieux. Eh bien, je dis simplement que c'est cela précisément qu'il convient d'expliquer philosophiquement : est-ce que l'homme et son intelligence peuvent provenir raisonnablement du hasard? Ou bien sont-ils le résultat d'un dessein intelligent comme l'existence de lois inscrites au coeur même de la nature pourrait le laisser à penser?


2°) La théorie du rameau du buisson ne me gène pas plus que de savoir que la terre n'est pas physiquement le centre de l'univers. Et l'existence de "cousins" en humanité montrerait bien que des rameaux pourtant indépendants les uns des autres peuvent évoluer malgré tout... dans le même sens.

Commentaire n°6 posté par Matthieu le 25/10/2006 à 19h43
L'être humain au sommet de la Création ? Si, comme j'en ai l'impression par Création vous entendez Nature, c'est une affirmation très discutable. En effet, vous choisissez le critère : l'intelligence" qui nous arrange le mieux. Mais choisissons d'autre critère : la taille par exemple et la baleine bleue devient le sommet de la création, ou alors le nombre, et c'est je ne sais quel insecte qui l'emporte, la résistance et nous nous retrouvons loin derrière les cafards, la cohésion sociale et les fourmis nous battent à platte couture, la durée ,et les dinosaures nous surpassent qui ont regné sur la terre pendant 30 millions d'année et loin devant eux les arthropodes...
Quant au hasard, je pense que c'est mal connaître les théories de Darwin, pour Darwin la sélection naturelle et donc la contingence et l'élément dominant de l'évolution. Contingence et hasard ne sont pas la même chose... Et si c'est Dieu qui a fixé les lois de la contigence et de la sélection anturelle alors on tombe sur la vraie question philosophique : pourquoi un Dieu bon crée-t-il un univers basé sur la prédation...
Décidément, je crois que la science nous pousse à revenir vers le Dieu électeur, le Dieu qui choisit des origines...
J'aime énormément le psaume 8 "qu'est ce que l'homme pour que tu pense à lui et tu en a fait presque un Dieu" (de mémoire) il me semble contenir une affirmation scientifique "l'homme n'est vraiment pas grand chose face à l'univers et une affirmation théologique "Dieu le choisit, lui donne une importance...
Commentaire n°7 posté par Eric George le 25/10/2006 à 20h05

OK, le problème est donc théologique...


J'avoue avoir bien du mal à vous suivre. Dieu créé l'homme à son image et à sa ressemblance, n'est-ce pas? Il me semble avoir lu ça quelque part dans la Bible... L'homme occupe donc une place à part dans la création. Il est "la seule créature sur Terre que Dieu a voulue pour elle-même" (Gaudium et spes 24, § 3). Et tout dans l'univers a été créé pour lui. L'homme est donc bien le sommet de la Création divine. Voilà pour le donné théologique.


Maintenant, c'est vrai, j'ai la faiblesse de croire que les sciences naturelles corroborent cette affirmation théologique. L'homme est le sommet de la Création : c'est vrai aussi, me semble-t-il, dans l'ordre naturel. Ce n'est bien sûr pas par sa taille ou par sa résistance qu'il faut le considérer par rapport à tous les autres animaux, mais précisément par ce par quoi il est à l'image et à la ressemblance de Dieu : son intelligence créatrice, et sa capacité à dominer la nature et à la transformer (sa capacité à aimer aussi).


Au sujet de Darwin, je travaille beaucoup la question en ce moment en vue d'articles futurs. Pour ce que j'en sais à ce stade, c'est que la théorie de la sélection naturelle désigne bien un processus aveugle, mécanique, algorithmique, largement gouverné en conséquence par le hasard.

Commentaire n°8 posté par Matthieu le 25/10/2006 à 21h52
Dieu crée l'homme à son image, je suis entièrement d'accord avec ça et nottament avec l'usage du présent. C'est bien une affirmation théologique et pas scientifique. Dieu nous façonne pour nous rendre conforme à son projet.
Mais là où nous différons, c'est que pour moi la Nature n'est pas la Création. La nature est la matière brute et vivante dans laquelle Dieu crée, si vous voulez je mets une différence importante entre la matière première (la nature) et le résultat (ou même l'étape intermédiaire) la création (le résultat final de la création sera le Royaume). Du coup, il ne me paraît absolument pas gênant de considérer l'humain comme un accident d'une évolution due à une contingence aveugle et de dire que Dieu choisit cet accident de l'évolution pour en faire sa Créature.
Autrement dit, nous ne voyons pas l'acte créateur de Dieu au même endroit : pour ma part, je n'affirmerai pas que la transformation d'un primate en être humain est l'oeuvre créatrice de Dieu. Je ne le nie pas forcément, non plus. Je n'en sais rien mais pour moi, l'oeuvre de Dieu se situe plutôt (et de façon bien plus manifeste) dans la conversion et dans l'inspiration.
Les récits de créations ne me parlent pas, de façon imagée,  de ce qui fut à l'aube des temps, ils me disent le projet de Dieu et la situation de l'homme aujourd'hui (si cela vous intéresse je peux vous retrouver les liens vers mes articles sur ce sujet)
En tout cas, si vous travaillez sur les théories de l'évolution je renouvelle mon conseil : jetez un oeil à Stephen Jay Gould.
Commentaire n°9 posté par Eric George le 25/10/2006 à 23h07

Je considère pour ma part, comme catholique, que l'ensemble du monde matériel a été créé par Dieu, qui "a fait le ciel et la terre" (Ps 115.15 ; 124.8 ; 134.3), et que Dieu n'a eu besoin d'aucune matière première préexistante pour créer. Dieu crée librement ex-nihilo :


"Quoi d'extraordinaire si Dieu avait tiré le monde d'une matière préexistante? Un artisan humain, quand on lui donne un matériau, en fait tout ce qu'il veut. Tandis que la puissance de Dieu se montre précisément quand Il part du néant pour faire tout ce qu'Il veut." (St Théophile d'Antioche).


La foi en la création "de rien" est attestée dans l'Ecriture au 2e livre des Maccabées (7. 22-23. 28) :


"Je ne sais comment vous êtes apparus dans mes entrailles ; ce n'est pas moi qui vous ai gratifiés de l'esprit et de la vie ; ce n'est pas moi qui ai organisé les éléments qui composent chacun de vous. Aussi bien le Créateur du monde, qui a formé le genre humain et qui est à l'origine de toute chose, vous rendra-t-Il, dans sa miséricorde, et l'esprit et la vie, parce que vous vous méprisez maintenant vous-mêmes pour l'amour de ses lois (...) Mon enfant, regarde le ciel et la terre et vois tout ce qui est en eux, et sache que Dieu les a fait de rien et que la race des hommes est faite de la même manière".

Commentaire n°10 posté par Matthieu le 25/10/2006 à 23h37
Le problème c'est que les textes de la Genèse ne parlent pas d'une création ex nihilo (Dieu crée en ordonnant le Tohu Bohu qui n'est pas du rien) Quant aux textes des Macchabées, je je rappelle que les livres des Macchabée sont très tardifs et n'appartiennent pas au canon du judaïsme et leur appartenance à la Bible est donc réfutée également par les protestants...
Mais en fait mon intervention n'a pas pour but de casser ou critiquer votre foi, simplement de dire que l'hypothèse d'un dessein intelligent n'est nécessaire ni à une approche scientifique, ni à une approche théologique.
Ce n'est donc pas votre foi que je conteste ici mais plutôt le caractère raisonnable que vous lui revendiquez et qui me paraît la désservir in fine... Si un jour, la convergence aveugle est prouvée (comme l'a été l'héliocentrisme), que restera-t-il de votre foi ?
Commentaire n°11 posté par Eric George le 26/10/2006 à 06h54


Cher Pasteur,



Je vous rassure : je n’ai perçu aucune agression de votre part au sujet de ma foi. Je ne saurais même assez vous remercier pour tous vos commentaires, qui m’incitent à la plus grande rigueur intellectuelle. Je m’enrichis vraiment à dialoguer avec vous.



« Si un jour, la convergence aveugle est prouvée (comme l'a été l'héliocentrisme), que restera-t-il de votre foi ? » Je vois mal personnellement comment une telle hypothèse pourrait être scientifiquement prouvée, dans la mesure où la question de la cause première de l’évolution (hasard ou dessein intelligent) échappe complètement, me semble-t-il, à l’investigation scientifique. Le scientifique observe, décrit des mécanismes, il explique comment les choses se sont faites historiquement (avec des zones d’ombres notables…), mais il ne lui appartient nullement de déterminer pourquoi les choses se sont déroulées de telle manière plutôt qu’une autre. Cela est du ressort de la réflexion métaphysique et théologique.



Au sujet de votre théorie de l’élection, j’ai beau retourner le problème dans tous les sens, je ne vois pas comment il pourrait exister de l’être en dehors de Dieu.



Si tel était le cas, cela voudrait dire alors que Dieu n’est pas l’Être absolu.



Si Dieu n’est pas l’Être absolu, cela veut donc dire que la matière existe par elle-même de toute éternité ; qu’elle sans cause, ce qui me paraît poser un double problème, philosophique et scientifique.



- Philosophique : car si je peux comprendre que Dieu n’ait pas de cause (puisqu’Il est Dieu !), il me paraît difficile d’admettre que la matière, elle non plus, n’en ait point. Elle serait alors bien plus mystérieuse que Dieu Lui-même…



- Scientifique : car ce que nous enseignent les sciences positives aujourd’hui, c’est que notre univers en tous ses composants matériels a eu un commencement (cf. le Big Bang), à partir duquel on lui peut lui déterminer un âge. On le voit donc : rien n’étaye sur le plan scientifique la théorie de l’éternité de la matière.



Bien étrange en vérité serait cette matière capable de produire l’homme par ses seules ressources, sans intervention créatrice de Dieu qui ne ferait que prendre « acte », si j’ose dire, de son évolution naturelle pour en cueillir le plus beau fruit – l’homme –  et en faire sa Créature (si je comprends bien votre théorie de l’élection).



Quant aux fondements théologiques de cette théorie qui fait de l’homme un simple « accident » de la nature, ils me paraissent hautement discutables. « Ils disent au bois : tu es mon père, et à la pierre : tu m’as mis au monde » (Jérémie, 2. 27).



L’argument du caractère tardif de la doctrine de la Création me paraît à ce sujet peu convaincant : la doctrine de la Résurrection est plus tardive encore ; elle est pourtant le socle solide sur lequel repose toute notre foi chrétienne.



 


Commentaire n°12 posté par Matthieu le 26/10/2006 à 12h31
Tout le problème vient apparemment du fait que nos catégories théologiques ne sont pas les mêmes. Dieu est, nous sommes d\\\'accord et il est de toute éternité là encore nous sommes d\\\'accord. Est ce que la matière est de toute éternité ? Je n\\\'ai jamais rien affirmé de tel, bien au contraire. Je me contente de dire que la Genèse me parle d\\\'un Dieu qui ordonne un chaos sans me dire d\\\'ou vient ce chaos. J\\\'apprécie assez l\\\'exégèse juive qui explique que si la première lettre de la Bible est le B du Berechit, c\\\'est que nous ne savons pas ce qui se passe avant l\\\'acte d\\\'agencement du Tohu Bohu. De même non seulement la Bible ne définit jamais Dieu mais encore elle refuse les définition, la réponse de Dieu à Moïse "Je suis "je suis" est une non-réponse...
Votre théologie est celle du dogme, c\\\'est à dire que vous définissez Dieu (l\\\'être absolu, pur esprit, tout puissant, infiniment bon et puissant, omniscient, éternel, etc.), vous posez des vérités incontestables et à partir de ces dogmes vous relisez l\\\'histoire du monde.
Ce n\\\'est pas comme celà que je vois la théologie, pour moi, il s\\\'agit d\\\'un discours toujours humain et imparfait sur la relation de Dieu à l\\\'homme. Un discours qui est forcément tributaire de la vision que nous avons du monde. Ainsi, je ne crois pas mon discours sur le Dieu électeur soit meilleur ou plus vrai que l\\\'aristotélisme de Thomas d\\\'Aquin ou que le géocentirsme médiéval, il me semble simplement reposer sur que nous savons aujourd\\\'hui de notre monde. Aujourd\\\'hui, demain, d\\\'autres que moi devront inventer d\\\'autres discours, de nouvelles théologies pour rendre compte avec de nouveaux mots, de nouvelles idées de cette bonne nouvelle que Dieu nous adresse.
Deux dernières remarques, je n\\\'ai jamais dit non plus que l\\\'acte rcéateur de Dieu ne concernait que l\\\'humanité (il y a pour moi un vieil homme comme un homme nouveau et une nature et une création). Quant à la citation de Jérémie, elle n\\\'a rien à voir avec la question de la création qui nous occupe ni avec la nature et la place de l\\\'homme dans celle-ci Jérémie fustige les idolâtre qui voient leurs dieux de pierre et de bois comme créateurs (attention aux versets bibliques sortis de leur contextes)
Commentaire n°13 posté par Eric George le 26/10/2006 à 14h56


Cher Pasteur,



Je crois avoir démontré que la foi en un Dieu Créateur de toute chose ex nihilo ne procède pas seulement d’une affirmation dogmatique purement gratuite, mais résulte également d’une analyse philosophique, qui tient compte par ailleurs du donné des sciences positives.



Quant au fondement biblique du « dessein intelligent » (c’est-à-dire de l’évolution orientée) et de la place tout à fait unique de l’homme dans l’univers, il me paraît que le premier récit de la Création (Gn 1) auquel vous faites référence dans votre dernier commentaire suffit amplement. Dieu conduit la matière du Tohu Bohu à la vie, puis de la vie à l’homme, ainsi que les sciences naturelles le confirment dans leur domaine de compétence propre. La proposition théologique de « l’homme accident » ne me paraît donc ni biblique, ni conforme à ce que nous savons aujourd’hui des sciences de la nature.

 


Commentaire n°14 posté par Matthieu le 26/10/2006 à 16h55
En fait ce qui me gène le plus dans votre discours c'est que vous asservissiez à ce point la science à la théologie.  Tant qu'une partie importante et reconnue des scientifiques parle d'accident, de contingence aveugle (lisez donc des auteurs non chrétiens), il est malhonnête de dire que l'homme accident n'est pas conforme à ce que nous savons des sciences de la nature...
De plus, je ne reproche pas au dogme d'être gratuit, je lui reproche de croire que la pensée humaine peut capturer l'être de Dieu (c'est un autre de mes points de désaccords fondamentaux avec le discours de Ratisbonne : Dieu n'est pas assujetti à la raison)
Enfin, si l'univers tel que nous le connaissons est l'expression d'un Dieu tout puissant et infiniment bon, je serais curieux de savoir comment vous expliquez rationnellement comment un Dieu bon a pu fixer des lois naturelle qui nous font vivre dans un univers ou la vie se repaît de la mort.
Commentaire n°15 posté par Eric George le 26/10/2006 à 17h08


Eh bien moi, cher Pasteur, je trouve malhonnête « qu’une partie importante et reconnue des scientifiques parle d’accident et de contingence aveugle », faisant ainsi passer de pures spéculations philosophiques pour des théories scientifiques.



« Comment un Dieu bon a pu fixer des lois naturelle qui nous font vivre dans un univers ou la vie se repaît de la mort ? ». C’est la grande question de tous les athéismes. C’est aussi la grande question posée par la Bible : pourquoi y a-t-il dans le monde du mal et de la souffrance? Pourquoi la mort, la "prédation" disiez-vous. Vous aurez un début de réponse si vous tournez quelques pages de votre Bible pour vous rendre au chapitre 3 du livre de la Genèse. Vous y verrez que ce monde matériel dans lequel nous vivons n’est pas le paradis terrestre, qu’il n’est pas le monde tel que Dieu l’a voulu et conçu originellement, et que si ce monde reste fondamentalement bon, il n’en est pas moins profondément abîmé, altéré dans son intégrité originelle, « cassé »…




Cf. http://totus-tuus.over-blog.com/article-1852164.html


Commentaire n°16 posté par Matthieu le 26/10/2006 à 19h33
Alors là, je ne comprends pas très bien... Le dessein intelligent que vous professez est une démarche philosophique mais les scientifiques que j'ai lu ne disent pas les mécanismes de l'évolution prouvent qu'il n'y a pas de Dieu ou de dessein, ils disent "il est inutile d'avoir recours au concept d'un dessein intelligent pour expliquer l'évolution". C'est un peu comme si vous disiez que la loi de la pesanteur est une preuve de l'existence de Dieu. Vous avez en tant que croyant le droit d'y voir un signe de l'existence de Dieu et de louer Dieu pour cette loi mais il me parait légitime que d'autres vous disent que cela ne prouve rien...
Quant au péché originel expliquant la force destructrice de la nature, désolé mais que la faute de l'homme "casse" la nature entière est une explication à laquelle même le chrétien convaincu que je suis ne peut adhérer...
Commentaire n°17 posté par Eric George le 26/10/2006 à 20h56

Je trouve pour ma part ahurissant que des scientifiques osent dire : "Il est inutile d'avoir un raisonnement philosophique sur la question de l'évolution, notre science suffit à tout expliquer!" Cette invasion du domaine de la réflexion philosophique par la science est typique d'une pensée "positiviste" et "scientiste" qui décidément, a bien du mal à quitter la scène de l'Histoire...


Comme l'écrivait Etienne Wolff, un maître de la biologie contemporaine, professeur au Collège de France : "Lorsqu'[un biologiste en embryologie] a démontré avec succès certains mécanismes, lorsqu'il a prouvé qu'une différenciation en commande une autre, qu'un tissu exerce une induction sur un autre tissu par l'intermédiaire de substances chimiques, il n'a pas expliqué pourquoi ces substances apparaissent à un moment précis du développement et à un emplacement déterminé de l'embryon, pourquoi tout se met en place suivant un plan rigoureux et une chronologie précise, comme si tout était prévu et harmonisé à l'avance"...

Commentaire n°18 posté par Matthieu le 26/10/2006 à 22h01

Hello Eric,


Bravo pour toutes ces interventions sensées auxquelles je souscris largement et qui vont, je l'espère, me faciliter le travail ! Je trouve important que quelqu'un comme toi qui a la foi tombe d'accord avec ma critique des arguments de Matthieu, laquelle n'est en rien une objection à l'existence de Dieu, mais une objection aux tentatives de fonder l'existence de Dieu sur la raison logique et/ou empirique.


Pour Matthieu :


"L'homme est le sommet de la Création : c'est vrai aussi, me semble-t-il, dans l'ordre naturel. Ce n'est bien sûr pas par sa taille ou par sa résistance qu'il faut le considérer par rapport à tous les autres animaux, mais précisément par ce par quoi il est à l'image et à la ressemblance de Dieu : son intelligence créatrice, et sa capacité à dominer la nature et à la transformer (sa capacité à aimer aussi)."


Donc tu admets que pour que l'évolution de la vie vers l'intelligence soit un argument en faveur de l'existence de Dieu il faut préalablement admettre... l'existence de Dieu :-) Puisque sans lui, il n'y a aucune raison de privilégier l'intelligence plutôt que la taille, la résistance, etc.


"Je crois avoir démontré que la foi en un Dieu Créateur de toute chose ex nihilo ne procède pas seulement d’une affirmation dogmatique purement gratuite, mais résulte également d’une analyse philosophique, qui tient compte par ailleurs du donné des sciences positives."


Désolé mais une création ex nihilo est en complète opposition avec les principes de la philosophie et de la science. Le principe logique d'identité affirme en effet (sous sa formulation ontologique) que : l'être est, le non-être n'est pas. Ce n'est pas juste un constat empirique si j'ose dire, c'est une caractérisation d'essence : il est de la nature de l'être... d'être ! C'est une nécessité ontologique. Par conséquent, il n'y a pas lieu de se demander pourquoi y a-t-il de l'être plutôt que du non-être, car il est nécessaire, ontologiquement, qu'il y ait de l'être et qu'il n'y ait pas de non-être. Et qui dit "nécessaire" dit aussi : "de tout temps". Par conséquent, pas besoin de rechercher une cause ou origine de l'être. L'être est par lui-même, de toute éternité.


"Eh bien moi, cher Pasteur, je trouve malhonnête « qu’une partie importante et reconnue des scientifiques parle d’accident et de contingence aveugle », faisant ainsi passer de pures spéculations philosophiques pour des théories scientifiques"


Excuse moi Matthieu, mais je te trouve plutôt "gonflé" sur ce coup-là ! Ne sombrons pas dans la paranoïa : penses-tu vraiment que la plupart des scientifiques défendent une idéologie envers et contre tout ? Dans quel but ? Quels éléments de preuves peux-tu apporter concernant cette affirmation ? Tu nages en pleine "théorie du complot"...


Jusqu'à preuve du contraire, il revient à la communauté scientifique prise dans son ensemble de définir ce qu'est la science. Si cela ne te convient pas, libre à toi de créer ta propre doctrine, mais merci de ne pas appeler cela de la science...


Enfin, que connais-tu vraiment de la science, de l'épistémologie, de l'activité des chercheurs ? As-tu une formation universitaire dans ces domaines ? Je ne trouve pas très modeste l'attitude qui consiste à critiquer le dur labeur des scientifiques parce que l'on n'a pas forcément compris leurs méthodes, leurs principes, leurs théories, etc. et qu'on ne veut pas l'admettre. Tu n'en as peut-être pas conscience, mais tous tes raisonnements contiennent d'importants présupposés métaphysiques, ils ne relèvent pas d'une démarche purement rationnelle, logique, scientifique, comme tu voudras. Ces présupposés métaphysiques ne sont pas nécessairement faux, mais ils ne sont pas nécessairement partagés par tout un chacun. De là, les difficultés que tu as à me convaincre et à convaincre les athées, agnostiques, et même certains croyants (comme Eric) de la pertinence de ta démarche. Ce n'est pas une question de mauvaise foi ou de dureté de coeur comme aiment à le répêter inlassablement de trop nombreux croyants qui fustigent et stigmatisent à loisir les mécréants de passage (ton coreligionnaire Yves s'en est fait une spécialité...), c'est une question de postulats, principes méthodologiques, présomptions métaphysiques, etc. qui ne sont pas les mêmes.


Amicalement,


Miky

Commentaire n°19 posté par Miky le 26/10/2006 à 22h18

"Je trouve pour ma part ahurissant que des scientifiques osent dire : "Il est inutile d'avoir un raisonnement philosophique sur la question de l'évolution, notre science suffit à tout expliquer!"" :


Moi aussi je trouve cela ahurissant : une réflexion philosophique est nécessaire pour critiquer correctement les prétentions à la scientificité de l'Intelligent Design et montrer la scientificité du néodarwinisme :-)


"Comme l'écrivait Etienne Wolff, un maître de la biologie contemporaine, professeur au Collège de France : "Lorsqu'[un biologiste en embryologie] a démontré avec succès certains mécanismes, lorsqu'il a prouvé qu'une différenciation en commande une autre, qu'un tissu exerce une induction sur un autre tissu par l'intermédiaire de substances chimiques, il n'a pas expliqué pourquoi ces substances apparaissent à un moment précis du développement et à un emplacement déterminé de l'embryon, pourquoi tout se met en place suivant un plan rigoureux et une chronologie précise, comme si tout était prévu et harmonisé à l'avance"..."


Ah, mince, j'avais mal lu : par "philosophie" tu entendais "bien sûr" "philosophie au service de la théologie", de la même façon que par "science" tu entends "science au service de la théologie" :-)


Amicalement,


Miky

Commentaire n°20 posté par Miky le 26/10/2006 à 22h28

Cher Miky,


Je suis heureux en un sens que tes positions soient aussi radicalement opposées aux miennes. Les débats entre nous n’en auront que plus de piquant…


Je ne suis pas très étonné que le Pasteur et toi vous retrouviez ensemble dans cette discussion. Le Pasteur me met en garde contre le risque pour ma foi de trop vouloir chercher à la justifier par la raison. Mais je constate qu’à trop la négliger, on coure le risque de nourrir l’athéisme…


« Tu admets que pour que l'évolution de la vie vers l'intelligence soit un argument en faveur de l'existence de Dieu il faut préalablement admettre... l'existence de Dieu » : Absolument pas ! Je ne crois pas du tout qu’il faille nécessairement être croyant pour reconnaître que l’homme, son cerveau, sa pensée, soit la plus grande merveille que l’univers ait pu produire. Mais la phrase que tu extraits (habilement ?) de son contexte s’inscrit dans une controverse avec un frère protestant. Il n’est dès lors pas étonnant que l’existence de Dieu apparaisse entre nous comme un présupposé.


« Désolé mais une création ex nihilo est en complète opposition avec les principes de la philosophie et de la science. (…) L'être est, le non-être n'est pas. (…) Il est de la nature de l'être... d'être ! C'est une nécessité ontologique. Par conséquent, il n'y a pas lieu de se demander pourquoi y a-t-il de l'être plutôt que du non-être, car il est nécessaire, ontologiquement, qu'il y ait de l'être et qu'il n'y ait pas de non-être. Et qui dit "nécessaire" dit aussi : "de tout temps". Par conséquent, pas besoin de rechercher une cause ou origine de l'être. L'être est par lui-même, de toute éternité. » Alleluia Miky, te voilà croyant ! Car l’univers n’étant pas lui-même éternel, tu démontres ainsi la nécessité de l’existence d’un Être éternel pour susciter l’être même de l’univers. Eh bien, c’est cet Être éternel que nous appelons Dieu. Et moi qui te croyais athée…


« Excuse moi Matthieu, mais je te trouve plutôt "gonflé" sur ce coup-là ! Ne sombrons pas dans la paranoïa : penses-tu vraiment que la plupart des scientifiques défendent une idéologie envers et contre tout ? Dans quel but ? Quels éléments de preuves peux-tu apporter concernant cette affirmation ? Tu nages en pleine "théorie du complot"... » Là encore, Miky, un peu de rigueur ! Relis bien le contexte : je ne fais que reprendre les termes du Pasteur, auxquels je n’adhère naturellement pas. Pour connaître un peu le monde scientifique, je sais que les opinions y sont très partagées, et que nos amis scientifiques sont beaucoup plus humbles et bien moins arrogants qu’à une certaine époque…


« Tu n'en as peut-être pas conscience, mais tous tes raisonnements contiennent d'importants présupposés métaphysiques, ils ne relèvent pas d'une démarche purement rationnelle, logique, scientifique, comme tu voudras » : je ne crois pas cette remarque justifiée. Je te concède qu’en ce qui me concerne, ma « religion » est faite, mais je m’efforce dans mes dialogues avec des personnes athées de partir de leur propre point de vue… qui exclut par hypothèse le moindre présupposé religieux. Par contre, je ne m’interdis pas de raisonner ensuite sur le plan philosophique, et de démontrer que l’exploration du réel conduit naturellement à l’hypothèse du Créateur… (c’est la méthode de ce que l’on appelle la « philosophie première »). J’essaie ensuite d’expliquer pourquoi les autres options ne me paraissent pas raisonnables…


Mais sur toutes ces questions passionnantes, je te promets que l’on reviendra dans les semaines et les mois à venir.

 


Commentaire n°21 posté par Matthieu le 26/10/2006 à 23h54

Cher Matthieu,


Je me permet de répondre juste à ceci, pour le moment :


"Alleluia Miky, te voilà croyant ! Car l’univers n’étant pas lui-même éternel, tu démontres ainsi la nécessité de l’existence d’un Être éternel pour susciter l’être même de l’univers. Eh bien, c’est cet Être éternel que nous appelons Dieu. Et moi qui te croyais athée…"


Sauf que je parlais de l'être, là où toi tu parles d'un être en particulier (fut-il suprême). Et à mon avis, c'est là une regrettable erreur... L'être ne s'identifie pas à un être, car ce dernier ne peut être un être que parce que l'être est. C'est comme en informatique, il ne faut pas confondre les classes et les objets qui instancient ces classes. Autrement dit, en identifiant l'être à un être on commet une confusion de niveaux ontologiques, une erreur de catégorie, on prend un "universal" pour un "particulier" et inversement.


Evidemment, ce n'est pas la seule différence entre nos vues, puisque outre le fait que tu assimiles l'être à un être, tu affubles cet être de tout un ensemble de propriétés "anthropormophiques" comme la bonté, la volonté, etc.


Bien amicalement,


Miky

Commentaire n°22 posté par Miky le 27/10/2006 à 00h40

Je suis désolé Matthieu, mais je ne peux pas vous laisser dire que le libéralisme théologique et le refus d'une foi dogmatique et prétendument (le terme n'est pas à prendre de façon péjorative) rationelle nourrissent l'athéisme. Et ce pour trois raison


Historique d'abord : A l'époque du géocentrisme,la terre au centre de l'univers montrait bien qu'il était raisonnable de croire en Dieu qui avait ainsi mit le joyaux de sa création au centre. Il était impensable qu'on puisse prouver le contraire et pourtant... A l'époque du fixisme, la perfection de la nature ou chaque chose avait sa place depuis la nuit des temps montrait bien qu'il était raisonnable de croire en Dieu qui vait fait une création parfaite. Il était impensable qu'on puisse prouver le contraire et pourtant... Aujourd'hui dites-vous, la tendance de l'évolution vers la perfection de l'homme montre bien qu'il est raisonnnable. Il vous parait impensable qu'on puisse prouver le contraire et pourtant les faits sur lesquels reposent certains scientifiques pour dire que l'évolution semble se faire à taton à coup d'extinction de masse et d'impasse évolutive me paraissent assez convainquants). Je ne reviens pas sur ce débat mais il me paraît quand même évident que ce qui a le plus nourrit l'athéisme, c'est l'affirmation de preuves (ou de signe forts) de l'existence de Dieu qui se sont avérées fausses (et le refus des religieux à admettre leurs erreurs). Mon discours n'est pas sans danger, je le reconnais, mais celui-ci n'en fait pas partie.
Philosophique ensuite : je suis navré mais pour le croyant que je suis les arguments de Micky et d'autres philosophes athées me paraissent meilleurs que les votres. Donc, si ma foi me venait de ma raison, je serais athée, fort heureusement Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages (I corinthiens I, 27) (et je vous invite à relire tout le développement de Paul sur la folie de la croix).
Personnelle enfin : Vous avez vu que d'après mon parcours, si je n'avais pas trouvé une Eglise qui me permette de découvrir que Dieu était bien plus que les images qu'on m'en avait donné au catéchisme, si ma lecture de la Bible ne m'avait pas montré un Dieu toujours inattendu et surprenant et très différent de celui qu'attaque les athées anti-religieux il est très probable que je serais athée ou agnostique, ou vaguement déiste. J'ai un certain nombre de paroissiens et de collègues qui sont dans le même cas (issus d'Eglises plus dogmatiques que la notre). Attention, je ne dis pas celà pour affirmer la supériorité de l'Eglise réformée mais plutôt pour souligner l'importance de l'existence de différentes Eglises (je sais aussi que des gens issus du protestantisme réformés on découvert que le protestantisme évangélique ou le catholicisme romain leur parlait d'avantage du Dieu sauveur).


Bref, je suis vraiment ravi de discuter avec vous, de découvrir une pensée et une expression de foi qui est à la fois à des lieues de la mienne et à la fois très proche. Je vous remercie de votre franchise et de vos critiques mais de grâce essayons d'éviter les accusations faciles (sans doute ne suis-je pas exempt de tout reproches sur ce point non plus...)

Commentaire n°23 posté par Eric George le 27/10/2006 à 12h07

Réponse au Commentaire n°22


Cher Miky,


Admettons que Dieu n'existe pas (ou que UN Être n'existe pas, au sens où te le définis). Il y a l'être, tout simplement. Je suppose que tu veux nécessairement parler de l'être de l'univers, parce que je ne vois pas d'autre être possible si Dieu n'existe pas.


Le problème, c'est que notre univers n'existe pas de toute éternité. L'être de l'univers n'a pas toujours existé (comme l'être de Miky n'a pas toujours existé, et pourtant l'être de Miky existe aujourd'hui). Alors... L'énigme demeure : d'où vient l'être de l'univers?

Commentaire n°24 posté par Matthieu le 27/10/2006 à 14h13

Cher Matthieu,


Il y a l'univers avec un petit u, celui qui "commence" avec le Big-Bang. Il y a l'Univers avec un grand U, qui possiblement contient plusieurs univers en parallèle, en succession (Big-Crunch --> Big-Bang --> Big-Crunch --> etc.) ou les deux. Cet Univers avec un grand U s'identifie à l'être. Cela ne fait pas de l'être un être car il m'apparaît problématique de considérer l'Univers comme un être. L'Univers peut être défini comme l'ensemble de tous les êtres, or l'ensemble de tous les êtres ne peut pas être lui-même un être car sinon il devrait s'inclure lui-même pour être l'ensemble de tous les êtres.


S'il n'existe qu'un univers, le nôtre, alors l'ensemble de cet univers, du Big-Bang qui le "commence" et du Big-Crunch éventuel qui le "termine", constitue l'Univers. Je te rappelle que le Big-Bang lui-même est en dehors du temps et de l'espace (on dit parfois qu'il a "eu" lieu partout et nulle part à la fois), c'est pourquoi on ne peut remonter jusqu'à lui par la science. L'image d'un Big-Bang qui serait comme une grande explosion ayant lieu à un moment et à un endroit est approximative et métaphorique. Le terme de "singularité" rend bien compte du caractère paradoxal pour l'esprit du Big-Bang.


Bien amicalement,


Miky

Commentaire n°25 posté par Miky le 27/10/2006 à 14h52

Cher Miky,


Quand je te lis, j'ai quand même l'impression que celui de nous deux qui jongle avec les théories les plus audacieuses, c'est bien toi!


Tu évoques ainsi le Big Crunch. Mais cette théorie est aujourd'hui abandonnée pour des raisons physiques (densité de l'univers trop faible).


Voici quelques liens intéressants à ce sujet :


- http://www.astrofiles.net/article39.html


- http://www.infoscience.fr/articles/articles_aff.php3?Ref=216


- http://forums.futura-sciences.com/thread98707.html


On en reviens donc à ce que je te disais dans mon précédent commentaire (Commentaire n° 24)...

Commentaire n°26 posté par Matthieu le 27/10/2006 à 18h22
Oui, le Big-Crunch est probablement infirmé pour notre univers (c'est pourquoi j'ai dit "éventuel"), mais cela n'enlève pas sa possibilité pour d'autres univers éventuels... De toute façon, je ne vois pas ce que cela enlève à mon propos. Peux-tu me le dire ?

S'il n'existe qu'un seul univers, le nôtre, alors l'ensemble de cet univers et du Big-Bang qui le "commence" constitue l'Univers, etc.

Cet Univers, qu'on le concoive comme formé d'un seul univers ou de plusieurs, d'univers qui se succèdent les uns les autres ou non, cet Univers donc, disais-je, pourquoi ne serait-il pas éternel ?

Amicalement,

Miky
Commentaire n°27 posté par Miky le 27/10/2006 à 18h43

D'autres univers éventuels... Ton propos me laisse songeur, Miky. Ca me paraît bien plus difficile à avaler que l'existence d'un Dieu créateur, tu ne crois pas?


Un univers éternel? Alors là je décroche, Miky, je ne te suis plus. Si notre univers a eu un commencement (le Big Bang), et s'il aura une fin (programmée, fut-ce dans 10 puissance 1076 ans), je ne vois pas très bien comment l'on peut maintenir la théorie de l'éternité...

Commentaire n°28 posté par Matthieu le 27/10/2006 à 18h57
Je répète que ces univers ne sont qu'une hypothèse invérifiable et métaphysique. Tu as parfaitement le droit de ne pas y croire, je suis moi-même sceptique à leur sujet. Mais je ne trouve pas cette hypothèse plus dure à avaler que celle d'un Dieu créateur. Elle est du même tonneau, si ce n'est qu'elle dispose d'un verni plus scientifique. Pourquoi trouves-tu l'hypothèse "Dieu créateur" moins dure à avaler ? Je serais curieux de le savoir...

Bien, pour répondre à la suite de ton propos, supposons que notre univers est le seul, ce sera plus simple.

J'ai mis "commencement" entre guillemets, cela a son importance. On ne peut pas dire, strictement parlant, que "un jour, quelque part, il y eu une grande explosion, le Big Bang, qui fit naître l'univers". Les notions de temps, d'espace voire de causalité n'ont plus de sens en-deça du mur de Planck.

C'est un peu comme le champ visuel : il est fini (tu ne vois pas tout partout) mais illimité en ce sens que tu ne peux pas en percevoir un bord, car pour se faire il te faudrait réussi à voir de part et d'autre de ce bord, ce qui est bien entendu impossible.

Pour éclaircir ma position, je te conseille ce lien :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Big_Bang#Quelques_id.C3.A9es_fausses_sur_le_Big_Bang

Je me permet d'en citer ce qui me paraît essentiel à mon propos :




  • Le Big Bang ne se réfère pas à un instant « initial » de l'histoire de l'univers. Il indique seulement que celui-ci a connu une période dense et chaude. De nombreux modèles cosmologiques décrivent de façon très diverse cette phase dense et chaude. Le statut de cette phase a d'ailleurs été soumis à maints remaniements. Dans un des ses premiers modèles, Georges Lemaître proposait un état initial dont la matière aurait la densité de la matière nucléaire (1015 g/cm3). Lemaître considérait (avec raison) qu'il était difficile de prétendre connaître avec certitude le comportement de la matière à de telles densités, et supposait que c'était la désintégration de ce noyau atomique géant et instable qui avait initié l'expansion (hypothèse de l'atome primitif, voir l'article en question). Auparavant, Lemaître avait en 1931 fait part du fait que la mécanique quantique devait invariablement être invoquée pour décrire les tout premiers instants de l'histoire de l'univers, jetant par là les bases de la cosmologie quantique, et que les notions de temps et d'espace perdaient probablement leur caractère usuel[7]. Aujourd'hui, certains modèles d'inflation supposent par exemple un univers éternel, d'autres modèles comme le pré Big Bang suppose un état initial peu dense mais en contraction suivi d'une phase de rebond, d'autres modèles, basés sur la théorie des cordes prédisent que l'univers observable n'est qu'un objet appelé « brane » plongé dans un espace à plus de quatre dimensions (le « bulk »), le big bang et le démarrage de l'expansion étant dus à une collision entre deux branes (univers ekpyrotique). Cependant, c'est lors de cette phase dense et chaude que se forment les particules élémentaires que nous connaissons aujourd'hui, puis, plus tard toutes les structures que l'on observe dans l'univers. Ainsi reste-t-il légitime de dire que l'univers est né du Big Bang, au sens où l'univers tel que nous le connaissons s'est structuré à cette époque.



  • Le Big Bang n'est pas une explosion, il ne s'est pas produit « quelque part », en un point d'où aurait été éjectée la matière qui forme aujourd'hui les galaxies, contrairement à ce que son nom suggère et à ce que l'imagerie populaire véhicule souvent. À l'époque du Big Bang les conditions qui régnaient partout dans l'univers (du moins la région de l'univers observable) étaient identiques. Il est par contre vrai que les éléments de matière s'éloignaient alors très rapidement les uns des autres, du fait de l'expansion de l'univers. Le terme de Big Bang renvoie donc à la violence de ce mouvement d'expansion, mais pas à un lieu privilégié. En particulier il n'y a pas de « centre » du Big Bang ou de direction privilégiée dans laquelle il nous faudrait observer pour le voir. C'est l'observation des régions lointaines de l'univers (quelle que soit leur direction) qui nous permet de voir l'univers tel qu'il était par le passé (car la lumière voyageant à une vitesse finie, elle nous fait voir des objets lointains tels qu'ils étaient à une époque reculée, leur état actuel nous étant d'ailleurs inaccessible) et donc de nous rapprocher de cette époque. Ce qu'il nous est donné de voir aujourd'hui n'est pas l'époque du Big Bang lui-même, mais le fond diffus cosmologique, sorte d'écho lumineux de cette phase chaude de l'histoire de l'univers. Ce rayonnement est essentiellement uniforme quelle que soit la direction dans laquelle on l'observe, ce qui indique que le Big Bang s'est produit de façon extrêmement homogène dans les régions qu'il nous est possible d'observer. La raison pour laquelle il n'est pas possible de voir jusqu'au Big Bang est que l'univers primordial est opaque au rayonnement du fait de sa densité élevée, de même qu'il n'est pas possible de voir directement le centre du Soleil mais que l'on ne peut observer que sa surface. Voir l'article fond diffus cosmologique pour plus de détails.



  • Le Big Bang n'aurait été alors qu'un agrandissement de l'univers comme il était avant.




Bien amicalement,

Miky
Commentaire n°29 posté par Miky le 27/10/2006 à 20h04
Un autre lien intéressant : http://www.planck.fr/article468.html


Ce que l’on sait relativement bien évaluer, c’est l’« âge » de l’univers. Qu’entend-on exactement par là ? Comme l’univers est en expansion, il était par le passé très dense et très chaud. De ce fait, on ne sait pas bien remonter aux époques les plus anciennes de l’histoire de l’univers car on ne connaît pas les lois de la physique qui régnaient dans les conditions d’alors. En fait, on ne sait même pas si l’univers a un âge fini (qu’il est « né » à un instant précis) ou s’il est éternel. Ce que l’on sait par contre, c’est le temps qui nous sépare de l’époque d’émission des objets les plus lointains que l’on voit. Ce temps, que l’on peut appeler « âge » de l’univers, est bien connu (ce qui ne veut pas dire qu’il soit facile à mesurer !) : il est très vraisemblablement compris entre 13 et 15 milliards d’années.
Commentaire n°30 posté par Miky le 27/10/2006 à 20h54
Bref, "l'instant initial", c'est le mur de Planck, "l'âge de l'univers", c'est la fin de l'ère de Planck. La singularité dénommée "Big Bang" se "situe" hors des catégories d'espace et de temps car ces catégories sont "créés" par le Big Bang lui-même (et il n'y a pas de sens à dire que cette "création du temps" se situe à un moment du temps ou que la "création de l'espace" se situe à un certain endroit de l'espace).

J'explicite ma comparaison avec le champ visuel :
- le contenu du champ visuel, c'est le contenu de l'univers (compris comme référentiel espace-temps) : étoiles, planètes, maisons, hommes, etc.
- le champ visuel lui-même c'est l'univers : de même que l'on ne peut voir notre champ visuel, ce qui impliquerait qu'il est contenu en lui-même, on ne peut parler de début et de fin de l'univers, ce qui impliquerait que l'univers est contenu dans le temps, donc dans lui-même, puisque le temps est une propriété de l'univers considéré comme référentiel espace-temps.

En éspérant que tous ces éclaircissements seront effectivement éclairants...

Miky
Commentaire n°31 posté par Miky le 27/10/2006 à 21h28

... sauf qu'un jour, la matière et l'espace-temps dont tu parles disparaîtront.


Cf. http://www.astrofiles.net/article39.html


Je vois mal en conséquence comment ce qui finira un jour peut être considéré comme éternel.


Et je vois mal également comment ce qui a une fin peut ne pas avoir eu de commencement.


Mais je comprends parfaitement, Miky, tes efforts désespérés pour sauvegarder l'éternité de l'univers, car si l'univers comporte un commencement absolu, je pense que tu seras d'accord avec moi pour considérer que l'athéisme est impensable.


Cela dit, je rassure tout de suite le Pasteur Eric, dont j'entrevois le froncement de sourcils : je ne fais nullement dépendre ma foi de la supériorité d'une théorie scientifique sur une autre, fût-elle admise par la majorité de la communauté scientifique. Car autant l'athéisme est inconcevable dans une cosmologie où le monde commence d'exister, autant la foi en un Dieu créateur n'est nullement incompatible avec l'hypothèse d'un univers éternel : que l'univers soit éternel ne prouve pas en effet qu'il soit incréé. Mais ceci est un autre débat...

Commentaire n°32 posté par Matthieu le 28/10/2006 à 10h43


Réponse au Commentaire n° 23



Cher Pasteur,



Je voudrais revenir sur votre réflexion concernant la folie de la Croix.



« Si ma foi me venait de ma raison, je serais athée, fort heureusement Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages (I corinthiens I, 27) »



1°) Il me semble que vous confondez là la proclamation de l’Evangile avec la question métaphysique de l’existence de Dieu qui n’est pas un article de foi, mais un simple préambule à la foi.



C’est ce qu’écrivait le grand Thomas d’Aquin : « l’existence de Dieu et les autres vérités sur Dieu qui peuvent être connues par la raison naturelle ne sont pas des articles de foi, mais des préambules à ces articles. En effet, la foi présuppose la connaissance naturelle, comme la grâce présuppose la nature (…). Toutefois, rien n’empêche que ce qui, de soi, est objet de démonstration et de science, ne soit reçu comme objet de croyance par celui qui ne saisit pas la démonstration » (Somme de Théologie, I, question 2, article 2, resp. ad 1).



Voltaire sera dans la même ligne sur ce point : « On peut trouver, par le seul raisonnement, des preuves de la création. Or, en voyant que la matière n’existe pas par elle-même et n’a pas le mouvement par elle-même, etc., on parvient à connaître qu’elle doit être nécessairement créée. » (Lettres philosophiques, appendice à la lettre n° 25).



Voir aussi : http://totus-tuus.over-blog.com/article-2568062.html



2°) Ce texte sur la folie de la Croix n’abroge pas les autres textes sur la Sagesse de Dieu ! Il y a même un passage plus haut dans le texte que vous citez que je me permets fraternellement de vous rappeler, le verset 21 : « Puisque le monde, avec toute sa sagesse, n’a pas su reconnaître les œuvres de la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par cette folie qu’est la proclamation de l’Evangile ».



Ainsi donc, la Croix est folie pour les hommes qui ne savent plus aimer, comme la doctrine de la Création est folie pour les hommes qui ne savent plus penser.

 


Commentaire n°33 posté par Matthieu le 28/10/2006 à 12h12
Cher Matthieu,

Ce que j'ai dit des "débuts" de l'univers peut être transposé tel quel à ses "fins", même dans l'hypothèse d'un univers en expansion.

Le site que tu... cites, mentionne ceci :

" Pour simplifier, l’univers ne connaît pas la mort dans le temps, mais il connaît la mort du temps, et donc de l’espace. Autrement dit, la question de la naissance et la mort de l’univers ne se pose ni dans le temps ni dans l’espace. Ils sont eux même la trame de l’ univers."

C'est exactement ce que je dis. Si le "début" et la "fin" de l'univers sont le "début" et la "fin" de l'espace-temps, alors l'univers est éternel en ce sens que l'on ne peut penser son "début" et sa "fin", que ce sont des abstractions de l'esprit. Comment veux-tu que l'écoulement du temps puisse amener l'univers à un instant où le temps n'existe pas ? Comment veux-tu que le temps soit apparu à un instant avant lequel il n'existait pas ? S'il n'y a pas de temps, alors il n'y a pas de sens à parler d'instants, d'avant, d'après, de causalité, etc.

Si tu te poses les questions : "qu'y avait-il avant le temps ?", "qu'y avait-il après le temps ?", "quel est la cause du temps ?", tu emplois des concepts qui n'ont de sens qu'inscrit dans une temporalité. Tu supposes donc l'existence d'un temps avant le temps, d'un temps après le temps, etc. (et tu y places ton Dieu qui, un jour, a décidé de créer l'univers [se faisant : tu emplois encore des catégories de temps]). Mais ce temps avant le temps, ce temps après le temps, pose les mêmes questions... Après "quelques tours de manivelles", il faut se rendre à l'évidence : le "commencement" du temps ne s'inscrit pas dans le temps, la "fin" du temps ne s'inscrit pas dans le temps, le temps lui-même ne s'inscrit pas dans le temps (il n'y a pas de sens à se demander à quelle vitesse le temps s'écoule puisque toute vitesse se mesure par rapport au temps).

Comme l'explique le site : le temps et l'espace sont eux-mêmes la trame de l'univers.

Se demander ce qu'il y avait avant le temps et ce qu'il y aura après le temps, c'est du même genre que se demander ce qu'il y a au sud du pôle sud et au nord du pôle nord.

Ce qui serait plus adéquat de dire, c'est que l'espace-temps existe de toute éternité, hors du temps, et qu'il mesure X milliards d'années de durée et Y milliards de kilomètres de circonférence. Sachant qu'il faut éviter la tentation que l'on a de vouloir le mesurer "de l''extérieur", en l'imaginant inclu dans quelque chose de plus vaste, ce qui n'est pas forcément le cas.

Il y a deux apories contradictoires au sujet du temps :
- soit on le conçoit comme éternel au sens d'une durée infinie, ce qui est rationnellement inconcevable ;
- soit on suppose que le temps est apparu à un moment donné, et qu'avant il n'existait pas, ce qui est rationnellement inconcevable également car on utilise des concepts temporels en dehors du domaine où ces concepts prennent sens.

La meilleure conception, c'est d'admettre à la fois que le temps est fini, mais qu'il n'a pas de limites, de la même manière qu'une sphère est finie mais n'a pas de limites. On ne peut pas sortir du temps, de même qu'un être bidimensionnel qui vivrait "dans" la surface d'une sphère ne peut pas sortir de cette sphère. On peut aussi dire que le temps a bien des limites, mais ces limites sont hors du temps, donc éternelle, de même que la sphère a bien des limites, mais ces limites sont hors de la sphère, elles correspondent à la sphère qui entoure immédiatement cette sphère et à la sphère qui est entourée immédiatement par cette sphère, ce qui introduit en passant une dimension supplémentaire.

Bien sûr, si l'univers est en expansion pérpétuelle, alors il s'agit davantage d'un entonnoir que d'une sphère, mais le principe reste le même.

Sinon, merci mais je ne suis pas désespéré et je ne cherche pas à tout prix à sauvegarder l'éternité de l'univers car je trouve que ça serait chouette et super cool si un bon Dieu qui m'aime personnellement existait et qu'on pouvait le prouver... Malheureusement, malgré tes tentatives de fonder son existence sur les difficultés de notre esprit à appréhender la complexité de l'univers, il reste un fait concret et bien établi qui vient balayer ton château de cartes : ce Dieu, s'arrange pour ne pas dévoiler sa présence ou est dans l'incapacité de nous la dévoiler. Dès lors, se pose la question de sa bonté et de sa puissance...

L'idée de la théologie du process n'est pas mauvaise : la matière peut être considérée comme quelque chose d'une grande force d'inertie, mue par un déterminisme physique puissant, que Dieu éprouve les plus grandes difficultés à modeler. Si ce n'est que l'homme, normalement beaucoup moins puissant, parvient à la dompter relativement bien (progrès de la médecine, ordinateurs, fusées sur la Lune, etc.). On pourrait aussi penser comme certains que Dieu ne peut influencer que l'esprit des hommes. Cela réduit de manière drastique son champ d'action. On peut encore imaginer deux principes moralement opposés en compétition, mais pourquoi les traces de ce combat n'apparaissent pas sur Terre, comme dans la série Charmed ? On peut pourtant penser que les deux camps auraient tout avantage à révéler leur présence aux hommes. La liberté, contrairement à une idée théologique répandue, n'est pas brimée mais au contraire exhaltée par la connaissance.

La seule position qui me paraît raisonnable sur Dieu consiste à le placer dans les trous de la connaissance, non pas dans les trous temporaires, qu'une meilleure connaissance pourrait venir combler, mais dans les trous incomblables car présupposés par l'activité même de connaître : les principes premiers de la connaissance ne peuvent, en effet, pas être l'objet de la connaissance, et laissent une marge de manoeuvre pour la croyance. Ils constituent la part de mystère résiduelle et insondable de l'univers, le "point aveugle" qui permet la "vision" de l'univers.

La seule position raisonnable sur Dieu est donc une sorte de déisme agnostique qui pose un principe absolu qui fonde ontologiquement la connaissance mais qui n'intervient pas (ou alors de manière indétectable) dans le cours des choses, et qui semble indifférent aux personnes prises individuellement.

Bien amicalement,

Miky
Commentaire n°34 posté par Miky le 28/10/2006 à 14h16


Cher Miky,



Tu reprends un passage du site sur lequel je te renvoyais, qui postule que « la question de la naissance et de la mort de l’univers ne se pose ni dans le temps ni dans l’espace. » Peut-être… mais elle se pose quand même dans l’absolu pour le philosophe qui cherche à comprendre le monde dans lequel il vit !



« Si le "début" et la "fin" de l'univers sont le "début" et la "fin" de l'espace-temps, alors l'univers est éternel en ce sens que l'on ne peut penser son "début" et sa "fin", que ce sont des abstractions de l'esprit. » Un univers éternel Miky n’est pas un univers dont on ne peut penser le début et la fin, mais un univers qui n’a ni début, ni fin, ce qui n’est pas la même chose !



« Comment veux-tu que l'écoulement du temps puisse amener l'univers à un instant où le temps n'existe pas ? Comment veux-tu que le temps soit apparu à un instant avant lequel il n'existait pas ? S'il n'y a pas de temps, alors il n'y a pas de sens à parler d'instants, d'avant, d'après, de causalité, etc. » : Ici, deux remarques : tu dis qu’il n’y a pas d’instant avant et qu’il n’y a pas d’instant après, mais tu en déduis un peu hâtivement je trouve qu’il n’y a pas à parler d’instants ! Car si par définition il n’y a pas de temps avant, ni de temps après l’univers et son espace-temps, il y a bien un temps pendant, un espace-temps qui est celui-là même de l’univers ! Et c’est de cela dont il convient de rendre compte sur le plan philosophique !



Deuxième remarque : tu vas un peu vite en besogne en déclarant qu’il n’y a pas lieu de s’interroger sur la cause de l’univers. Tu précises ta pensée au paragraphe suivant : « Si tu te poses les questions : "qu'y avait-il avant le temps ?", "qu'y avait-il après le temps ?", "quel est la cause du temps ?", tu emplois des concepts qui n'ont de sens qu'inscrit dans une temporalité. » : Eh bien pas du tout ! Je ne m’intéresse pas en effet à la cause temporelle de l’univers, mais à sa cause ontologique ! Lorsque j’affirme ma foi en un Dieu Créateur, Cause première de l’univers dans lequel nous vivons, je fais référence à un Dieu éternel, qui par définition est en dehors du temps et de l’espace propres à notre univers qui est la création même de Dieu, mais qui ne se confond pas avec son Créateur.



Après, victime sans doute de l’emballement de ta pensée, tu en viens à énoncer deux absurdités (au sens philosophique) :



- « le "commencement" du temps ne s'inscrit pas dans le temps, la "fin" du temps ne s'inscrit pas dans le temps, le temps lui-même ne s'inscrit pas dans le temps ». Ben voyons ! Le temps ne s’inscrit pas dans le temps, l’univers ne s’inscrit pas dans l’espace, donc, si l’espace-temps, qui est la « trame de l’univers », n’existe pas, alors l’univers lui-même n’existe pas, et en fait tout cela n’est qu’illusion… C’est là Miky l’abdication de toute raison, le refus d’expliquer le pourquoi de l’univers, c’est une fuite dans l’abstraction, lors même que notre univers lui est bien concret, tangible, matériel, et qu’il faut bien en rendre compte philosophiquement !



- « Ce qui serait plus adéquat de dire, c'est que l'espace-temps existe de toute éternité, hors du temps » : je trouve extraordinaire pour ma part que tu trouves intellectuellement satisfaisant de dire que « le temps existe hors du temps »! Non, ce qui serait adéquat de dire, c’est que l’espace temps a été créé par un Être qui lui, est éternel. Cela paraît moins fumeux comme raisonnement que d’énoncer des sophismes absolument étrangers à l’expérience concrète que nous avons de l’univers.



Car enfin, si l’univers est né (peu importe « quand » finalement : on ne sait pas non plus « quand » Jésus est né, mais ce n’est pas vraiment là l’essentiel), si l’univers croît et se développe, et s’il meure un jour (peu importe « quand »), comme semble bien le croire le monde scientifique ; si aucun univers ne précède notre univers et si aucun univers ne le suit, comme cela paraît bien établi aujourd’hui ; alors la conclusion s’impose : notre univers n’est pas éternel.



Et en admettant qu’il le soit (imaginons par exemple que la « fine pointe d’épingle » de laquelle jaillit le Big Bang existe de toute éternité, et que l’univers ayant achevé sa course s’enfonce dans la nuit et le froid pour l’éternité), alors la question qui se pose à notre humaine intelligence est encore plus pressante : que s’est-il passé pour que l’univers sorte subitement de sa léthargie éternelle pour se mettre subitement en mouvement, et entrer dans un cycle unique et irréversible de « naissance-croissance-mort » (typique de l’être contingent) ?



Tu vois donc Miky que la question n’est pas tant de savoir ce qu’est le temps, ou ce qu’il y a à l’extérieur de la « sphère » (pour reprendre ton image), que de savoir ce qu’est la sphère elle-même, ce qu’est notre univers. Quand tu as fini d’expliquer ta théorie sur le temps, tu n’as encore rien expliqué de l’univers.



« … malgré tes tentatives de fonder l’existence de Dieu sur les difficultés de notre esprit à appréhender la complexité de l'univers, il reste un fait concret et bien établi qui vient balayer ton château de cartes : ce Dieu, s'arrange pour ne pas dévoiler sa présence ou est dans l'incapacité de nous la dévoiler. Dès lors, se pose la question de sa bonté et de sa puissance... » : 1°) je ne crois pas du tout que l’esprit humain ait quelque difficulté à appréhender la complexité de l’univers, qu’il perçoit au contraire de plus en plus et de mieux en mieux à mesure que la science progresse. Mais précisément, face à cette complexité qui est une réalité, je trouve pour le moins téméraire de postuler par avance que Dieu n’existe pas, comme si cela allait de soi, et constituait une évidence. Je sais bien que ce n’est pas tout à fait ton cas Miky, mais je m’adresse ici aux véritables athées : il n’est pas raisonnable, compte tenu de ce que nous savons de notre univers d’exclure a priori et définitivement l’existence d’un Dieu Créateur. 2°) Si Dieu n’est pas immédiatement visible aux yeux des hommes, c’est peut-être parce que nous ne savons plus voir, ni penser correctement. Personnellement (et sans vouloir me donner en exemple) la moindre fleur me parle de Dieu, comme le ciel étoilé parlait au cœur d’Abraham Lincoln…



Cf. http://totus-tuus.over-blog.com/article-2510030.html

Commentaire n°35 posté par Matthieu le 29/10/2006 à 17h40
Matthieu, vous avez averti votre hiérarchie de l'existence de mon blog et vous avez écrit des choses démoniaques sur moi. Sachez que DIEU vous donne votre rétribution maintenant. Yeshua Shiva
Commentaire n°36 posté par yeshua shiva le 14/01/2007 à 20h42
J'ai fait un peu de recherches aujourd'hui : la citation de Macchabée se traduit littéralement ainsi : ne les a pas fait de choses qui étaient. Une expression entre autre utilisée dans les mythes de création grec pour parler du chaos primitf... Le rien au sens de néant se dit oudeis en grec et ce n'est pas le terme utilisé ici
Commentaire n°37 posté par Eric George le 20/03/2007 à 20h52

Cher Pasteur,


A mon tour, je me suis permis une petite recherche sur le mot hébreu "bara", que l'on traduit par "créa" au premier verset du livre de la Genèse : "Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre".


Il est vrai que ce terme n'implique pas nécessairement, comme notre mot "créer" peut le suggérer en français, l'absence de toute matière déjà existante : mais il faut observer que dans la Bible, lorsque ce verbe désigne une action exercée sur une matière existante, il se met à une autre forme (pihel, béré) et a pour sujet un être humain et pour objet la matière même sur laquelle le travail s'exerce (Josué 17.15), tandis que dans la forme employée ici, il a toujours pour sujet Dieu et pour objet le résultat de l'action accomplie (Isaïe 43.1).


Du reste l'hébreu a d'autres expressions pour désigner l'action de Dieu sur une matière existante : asa, faire (versets 7, 16, etc.), jatsar, former (2.7), etc.


Mis en relation, comme il l'est ici, avec l'idée de commencement, ce mot ne peut désigner que la formation ex-nihilo de la matière  ; autrement il faudrait admettre que, dans la pensée de l'auteur, le chaos est apparu de lui-même ou qu'il est éternel, deux suppositions qui seraient évidemment contraires à l'intuition de tout le récit (Cf. mon commentaire n°12 ci-dessus).

Commentaire n°38 posté par Matthieu le 21/03/2007 à 21h26
Navré Matthieu, mais je ne vois pas très bien comment vous pouvez prétendre saisir l'intuition du texte sans tenir compte ni de l'historico critique (le récit de la création est une réécriture de mythes babyloniens qui ne parlent pas de création ex-nihilo), ni de la sémantique (le Tohu Bohu n'est pas le rien (le terme utilisé alors en hébreux serait hebel, la brise, le presque rien), Bara est utilisé lorsque Dieu crée l'homme (or dans l'idée de la Genèse, l'homme n'a pas été tiré du néant),  et à de nombreuses autres reprises dans un sens qui ne veut pas dire ex nihilo (quand Dieu crée l'artisan ou le destructeur, (Esaïe LIV, 16, il ne les tire pas du néant ) Il n'y a donc aucune raison probante pour lire bara comme indiquant une création ex-nihilo... Libre à vous de le croire, bien sûr, je ne fais pas de mon point de vue un dogme mais je pense qu'une autre lecture est possible et légitime...
Mais surtout, dans la pensée de l'auteur, comme vous dite, la question de la provenance de ce Tohu Bohu à partir duquel Dieu crée le ciel et la terre ne se pose absolument pas (sinon, il le dirait). Petit rappel, le Beth qui commence la Genèse est considéré dans la pensée juive comme une sorte de mur de Planck, quelque chose qui est inconnaissable pour l'esprit humain. De toute façon, je maintiens que le récit de la création n'est pas un récit sur l'origine mais bien plus un récit de promesse : le 7eme jour est bien plus important que le 1er et c'est vers là qu'il nous faut tourner nos regard. La science nous renseignera peut-être un jour sur ce qui fut à l'origine, mais c'est vers le but que la foi nous pousse à nous tourner et c'est là que la révélation bilbique joue un rôle...
Commentaire n°39 posté par Eric George le 21/03/2007 à 22h37
Commentaire n°40 posté par Matthieu le 22/03/2007 à 08h20
Pour revenir sur l'évolution, rappelons quand-même qu'en sa forme première, cette théorie extrapole un fait observé et compris (par Darwin et queleus autres à une époque ou ce fait n'avait pas encore été si bien décrit et compris) : l'évolution INTRA-espèce, à l'échelle de l'ensemble des espèces, c'est à cire l'évolution INTER-espèce, d'une espèce à l'autre, qui n'est ni observable ni vérifiable.

(...un peu comme affirmer que d'autres espèces humaines ayant intelligence, philosophie, capacité de création et d'amour, ont déjà existé, autres que nous : c'est s'avancer un peu loin quand on ne trouve que des fragments de squelettes. (ou alors je me mets dès aujourd'hui à la squelettomancie)

Bien sûr, concernant l'évolution des espèces, il peut s'agir d'une intuition de génie, mais alors le mécanisme proposé n'est absolument pas satisfaisant (se contenter de dire que les plus faibles se font bouffer et se dire que, comme ça se passe sur très longtemps, il pourrait bien se passer en milliards d'années ce qui ne se passe pas en milliers d'années... : très artificiel, comme extrapolation. pas convainquant.) (d'autant que, appliqué tel quel, le principe de sélection naturelle risque de montrer qu'au contraire aucune évolution lente par étape n'est possible, c'est d'ailleurs à cette dernière affirmation que je souscris).

Quant à partir du principe que "oui mais la majorité des scientifiques pense ceci donc ça m'a l'air très vrai et on va s'en tenir là" ou, plus exact, "oui mais les échos vulgarisateurs qui s'échappent de la communauté scientifique jusqu'à nous présenent les choses ainsi, donc ça doit être vrai",
non seulement c'est là une attitude fort peu scientifique (puisqu'elle revient à s'interdire d'aller explorer ailleurs),
mais c'est avouer très mal connaître l'histoire des sciences.
A l'époque de Pasteur, il passait pour un peu sympathique hérétique avec sa lubie de vouloir (l'idiot !) prouver la non-réalité du principe de génération spontanée (qui faisait alors quasi-l'unanimité). De même les débats sur l'éther, le phlogistique, la nature de la lumière.

C'est aussi faire bien peu de cas du biais introduit dès l'origine dans la construction et la compréhension de l'évolution, puisque justement certains ont voulu, à l'époque, en faire bien plus qu'une théorie scientifique, et en faire une preuve de la non-existence de Dieu (en passant d'ailleurs par des impostures scientifiques te création de faux fossiles).
Or ce biais est resté, dans beaucoup d'esprits. Et les travaux remettant en cause certains principes de la sélection naturelle (mais non de l'évolution !), sont actuellement mis sur la touche demblée, et a priori, pour des motifs non scientifiques.
(donc, non, cen'est pas de la paranoia de croire la communauté scientifique non indemne de malhonnêteté, conflits d'intérêt, mesquineries, esprit dogmatique et manque d'ouverture. c'est juste la connaître et ne pas s'en faire une vision idyllique, parcequ'onne s'appelle pas Voltaire.)

...
...sur la création "ex-nihilo", il me semble que St Augustin a pas mal discuté le sujet, et assez bien conclu... ...que finalement (après plusieurs pages de questions et développements, tout de même) d'après lui, peu importe que la Création telle que nous la connaissons soit ex-nihilo ou à partir d'une matière première informe (et il dit bien que le récit de la Genèse peut s'interpréter dans les deux sens !), puisqu'alors même cette manière informe devrait bien avoir trouvé son origine en Dieu.


(d'autre part, il me semble que l'interprétation sur les "3 grandes blessures à l'amour-propre humain" que constitueraient l'abandon du géo-centrisme, la théorie de l'évolution, et la psychanalyse, sont un mythe, d'ailleurs le propos est, je crois, de Freud lui-même, pour exprimer combien son oeuvre et sa découverte sont génialissimes...
..alors qu'en fait, le géocentrisme ne change rien au fait que l'humain soit ou ne soit pas de première importance dans l'univers, l'évolution ne change rien au fait que la Genèse déjà décrit l'humain comme extrait de la matière et partie intégrante de la Nature, et que le freudisme n'est pas sans failles.)
...
Enfin, quant au fait que Dieu ne soit pas appréhendable par la raison :
- dans ce cas, c'est rien qu'un vieux sadique ("allez, je vous donne un moyen de comprendre et appréhender le monde qui vous entoure, mais il vous servra à rien, vous arriverez pas jusqu'à moi, j'ai brouillé les pistes")
- "être appréhendable par la raison" ne fait pas que Dieu soit "inféodé à la raison" ; ce serait seulement, dans cette optique, qu'il nous donne un moyen naturel de l'appréhender, et qu'en même temps il se met à notre portée ; or, justement, il me semble que cela correpsond assez bien au Dieu que j'ai croisé dans la Bible ou les Evangiles : un Dieu jamais totalement compréhensible, ni visible, ni totalement appréhendable, tellement "gigantesque" métaphysiquement parlant... ...et qui pourtant se met à la portée de sa création et de son peuple. (palabrer pendant 3 heures pour savoir à combien de justes on estime la ville, en partageant un méchoui, pour l'Etre Originel à l'Origine de Toute Chose et de Tout Univers, quand-même... voire s'"abaisser" à supplier et pleurer son peuple de revenir à lui...)
(et à ce sujet si la genèse n'était qu'une reprise de mythes babyloniens, ça poserait un problème puisque ces civilisations vénèrent la nature ou des forces de la nature personnifiées, alors que la Genèse affirme que la Nature n'est rien que la création de Dieu, qu'elle ne tire pas son existence d'elle-même, et que les "forces de la Nature" sont rien que des luminaires ou de la flotte)

Le dieu qu'on voit là, justement ne reste pas caché (et, à ce sujet : non plus, il ne reste toujorus pas caché - nous parlons de Nature? et bien mais toute la nature me parle de Dieu - de l'immensément grand au minusculement petit, et du moindre subtil mécanisme)
Commentaire n°42 posté par ti'hamo le 25/11/2007 à 12h32
Plusieurs choses comme ça, sans être scientifique mais en ayant quand même un peu lu sur la raison...
Si, l'évolution interespèce est observable. Bien sûr vous n'allez pas voir un dinosaure se transformer en oiseau mais l'étude des fossiles, de l'anatomie des animaux correspondent justement à ce qu'on pourrait s'attendre à voir selon la théorie de Darwin. Or c'est justement comme ça que la science fonctionne : une théorie et des faits qui lui donnent raison jusqu'à ce qu'un fait vienne casser le paradigme. Après, sur le mécanisme de l'évolution, là c'est vrai qu'il y a débat...
Pareil pour les différentes espèces humaines : Neanderthal n'est pas Sapiens mais il enterre ses morts de façon rituelles, il fabrique des bijoux. Bref lui prêter des sentiments semblables aux nôtres, n'est pas une pure extrapolation mais bien l'hypothèse la plus vraisemblable. Et ça pose quand même une question sérieuse à l'idée de l'homme comme aboutissement de la création...
Pour Saint Augustin, je viens de finir La création du monde et malgrè tout mon respect pour l'auteur, je n'y vois aucune démonstration. Dire "seul Dieu est incréé donc le Tohu Bohu est créé" ce n'est pas une démonstration.
Commentaire n°43 posté par Eric George le 28/11/2007 à 12h42
Cher Pasteur,

Sur Sapiens, je vous renvoie à ce que nous échangions plus haut (cf. commentaires n°1 à 6).

Sur le Tohu Bohu, j'avoue ne pas très bien saisir où vous voulez en venir. Que souhaitez-vous démontrer? Que le Tohu-Bohu est incréé? Qu'il y aurait donc de l'être en dehors de Dieu? Tout cela n'est pas sans poser un certain nombre de difficultés, ainsi que je vous l'écrivais plus haut, dans mon commentaire n°12.

Sur l'Evolution, je me permets de vous signaler, ainsi qu'à Ti'Hamo et tous mes lecteurs, la sortie prochaine d'un livre du Cardinal Christoph Schönborn, sur la Création et l'Evolution : http://www.amazon.fr/Hasard-plan-Dieu-Cr%C3%A9ation-lEvolution/dp/2204085170/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1196353663&sr=8-1

Nous reviendrons abondamment dans le courant de l'année 2008 sur cette importante question de l'Evolution, ainsi que sur l'ouvrage du Cardinal-Archevêque de Vienne.
Commentaire n°44 posté par Matthieu le 29/11/2007 à 17h39
Qu'il y ait de l'être en dehors de Dieu ne pose problème qu'à une vision augustinienne de Dieu, vision qui doit (sur ce point prècis) plus à Platon qu'à la Bible. Augustin tient absolument à ce que Dieu soit l'être suprême des philosophes grecs...

Pour le reste il s'agissait surtout de corriger ce qui me semblait être des écarts de langage...
Commentaire n°45 posté par Eric George le 29/11/2007 à 21h24
C'est régler un peu vite la question ; oui, effectivement, l'explication de St Augustin suppose que tout être vienne de Dieu - mais c'est justement (en fait, toutes les questions qu'il traite sont liées entre elles) parceque si Dieu est Dieu, il n'y a pas d'être en dehors de Dieu (je résume).
   Après, on veut bien dire "ah oui mais ça se trouve non", mais pas juste ça : comme toutes les questions sont liées, il faut du coup se dire "oui mais, s'il y a de l'être en dehors de Dieu - enfin, si, il y en a, puisque nous ne sommes pas lui - donc plutôt : s'il y a de l'être indépendamment de Dieu, alors d'où vient cet être, et qu'en est-il de Dieu ?
(est-ce que c'est un bonhomme barbu qui joue à la pâte à modeler sans trop savoir où il va ? qui lui a filé sa pâte à modeler ?)

   Quelquechose d'un peu cohérent, quoi, qui tienne la route.

"Si, l'évolution interespèce est observable"
Non. Vous dites bien, juste après, qu'on ne peut l'observer directement.

"l'étude des fossiles, de l'anatomie des animaux correspondent justement à ce qu'on pourrait s'attendre à voir selon la théorie de Darwin."
Justement non. Puisqu'on a jamais trouvé les "chaînons manquants" que nécessite ladite théorie.
Et vous me dites juste après ça qu'il "y a débat" sur le mécanisme de l'évolution : mais c'est justement ça aussi, la théorie de Darwin :
une évolution progressive, par glissements progressifs sur de très longues périodes, par dérive génétique sous la seule influence de la sélection naturelle et de la compétition entre les espèces.

Or, ça ne colle pas et ce n'est pas ce qui est observé.

Par exemple, des individus d'une même espèce, totalement séparés, reproduits chacun de leur côté et soumis à une sélection rigoureuse, subissent une "dérive morphologique", mais demeurent de la même espèce.
  D'autre part, certaines études font état de changements radicaux impliquant un remodèlement de l'individu, mais se produisant au cours de l'embryogenèse et sans aucun lien apparent avec la sélection anturelle, ni avec le moindre "avantage de survie".
 
 On pourrait, du coup, en conclure que tout va bien et que rien n'incite à rien remettre en cause de cette théorie.Reste que, personnellement ça ne me satisfait pas trop.

Bien. et maintenant, qui dit que Néanderthal n'est pas l'être humain ? Faut voir.
Commentaire n°46 posté par ti'hamo le 02/12/2007 à 01h01
1) Ben justement, ce que dit la Bible c'est que nul ne peut contempler Dieu en face et vivre, alors toujours vouloir une définition claire nette et précise de Celui qui dépasse infiniment nos manières de penser, c'est un peu problématique. C'est fou, non comme les auteurs bibliques ont éclairé notre foi sans nous donner une définition cohérente ? Même Jésus qui pourtant était bien placé lui... Alors une définition claire, nette précise et cohérente de Dieu est-elle nécessaire, j'en doute un peu ...
Oh et puis si le tohu bohu primitf est modelé, pétri par Dieu pour un jour être conforme à son projet, est ce qu'on peut vraiment le dire indépendant de Dieu ?
2) Bon alors en astronomie ril n'ets pas grand chose d'observable directement non plus (et de moins en moins), les ondes que nous recevons sont de plus en plus anciennes... Je ne parle même pas de la géologie...
3) L'essentiel de la théorie de Darwin ce n'est pas la progressivité c'est que l'évolution repose sur la sélection naturelle, les héritiers actuels de Darwin (c'est en tout cas comme cela que se revendiquent les sympathisant d'une théorie synthétique de l'évolution) s'orientent de plus en plus sur une évolution brutale (accidentelle) (sur plusieurs milliers d'années quand même) mais dont les survivants sont conditionnés par leur adaptation au milieu... Bref, remodèlement embryonaire de l'individu et changement brutaux de milieu qui transforment ces changements en "avantage de survie"... C'est le coup des papillons blancs des bouleaux qui ont toujours donné naissance parfois à des papillons noirs. Mais avec l'industrialisation et al pollution qui en découle, les noirs prennent l'avantage et les papillons blancs des boulots deviennent les papillons noirs des boulots. Qauf que là ça se passe sur des miliiers et des milliers d'années.
4) Ben si Néanderthal est humain, mais pas de la même espèce que nous, qui sommes Sapiens et ça c'est observable...On a donc bien une "autre espèce humaine ayant intelligence, philosophie, capacité de création et d'amour. Ca ne change pas grand chose à ma foi, ni à la votre j'imagine, mais je vous reprenais juste quand vous niiez le fait...
5) La Genèse est une relecture confessante et polémique des mythes babyloniens, si si. Genre on reprend votre histoire qui est chouette mais on explique bien que vous êtes des abrutis parce que vos dieux, en fait c'est juste des lampions... Les auteurs juifs étaient des gens tout à fait intelligent (et en plus ils étaient inspirés, alors...)
Commentaire n°47 posté par Eric George le 02/12/2007 à 07h26
"Qu'il y ait de l'être en dehors de Dieu ne pose problème qu'à une vision augustinienne de Dieu, vision qui doit (sur ce point prècis) plus à Platon qu'à la Bible."

Connaissez-vous cher Pasteur ce très beau texte de Platon?

"C'est [dans le Christ] que TOUT a été créé,
dans les cieux et sur la terre,
les êtres visibles et les puissances invisibles :
TOUT est créé par lui et pour lui.
Il est avant TOUS les êtres,
et TOUT subsiste en lui."

(Col 1. 16-17)

Ou cet autre :

"Par [le Verbe] TOUT s'est fait,
et RIEN de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui"

(Jn 1. 3)
Commentaire n°48 posté par Matthieu le 02/12/2007 à 12h17
...ah, oui, je me disais, aussi...

Enfin, si la Genèse relit les mythes babyloniens en montrant ce qu'ils ont de faux et de n'importe quoi, donc il ne s'agit absolument pas d'une reprise de ces mythes, ou alors j'ai rien compris. (bon, alors, la Genèse, en fait, c'est rien qu'une reprise des mythes babyloniens sauf que ça n'a rien à voir.)

Et, donc, ce que je disais de la théorie de l'évolution, c'est que telle qu'elle a été construite par darwin, elle supposait des changements très progressifs, uniquement par le hasard et la sélection naturelle,
et que ces deux principes ne sont pas vérifiés.  J'entends bien ce que ovus dites, oui : l'essentiel de cette théorie (de darwin) est de dire que LE moteur est la sélection naturelle,
or je disais justement : ça n'explique pas tout.

(très bon exemple, au passage : oui ; le papillon reste bien un papillon ; c'est ce qu'on disait à propos de l'évolution intra-espèce, qui elle est une observation, bien décrite par darwin alors qu'à l'époque peu de gens semblaient s'en soucier.)  (du moins sur le plan théorie scientifique, puisque la mise en pratique empirique s'appelle l'élevage et la sélection.)


Accessoirement, Dieu dit bien : "Je Suis" t'envoie vers mon peuple. Et, non, je ne vois pas pourquoi on y verrait une réponse volontairement évasive et mystérieuse qui n'explique rien.   Surtout que, bizarrement et comme de par hasard et longtemps avant, cela rejoint les conclusions rationnelles des philosophes grecs sur "l'être" qui est par lui-même et dont la nature est d'être.

(après, on peut aussi proposer la théorie exégétique sleon laquelle Moïse, troubél par le mal des montagnes et la fumée du buisson qui lui pique les yeux, aurait mal compris le message qui en fait serait : "vas devant, je te suis".  ça se tient et de toute façon, nous ne saurons jamais la vérité qui se dérobe à nous et pour laquelle nous ne sommes pas faits.)
Commentaire n°49 posté par ti'hamo le 02/12/2007 à 13h07
Cher Matthieu,

Je constate avec plaisir qu'après avoir dit tant de mal du panthéisme, tu finis par t'y ralier :-)

"J'entends par Dieu un être absolument infini, c'est-à-dire une substance constituée par une infinité d'attributs dont chacun exprime une essence éternelle et infinie. [...] J'ai expliqué dans ce qu'on vient de lire la nature de Dieu et ses propriétés ; j'ai montré que Dieu existe nécessairement, qu'il est unique, qu'il existe et agit par la seule nécessité de sa nature, qu'il est la cause libre de toutes choses et de quelle façon, que toutes choses sont en lui et dépendent de lui, de telle sorte qu'elles ne peuvent être ni être conçues sans lui, enfin que tout a été prédéterminé par Dieu, non pas en vertu d'une volonté libre ou d'un absolu bon plaisir, mais en vertu de sa nature absolue ou de son infinie puissance." (Spinoza, L'éthique)

Amicalement,
Miky
Commentaire n°50 posté par Miky le 02/12/2007 à 14h12

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